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Vaccin contre le Choléra
ActuSanté

Choléra : la fin d’une pénurie qui a coûté des milliers de vies

by Chiencoro 4 février 2026
written by Chiencoro 3 minutes read

Après plus de trois années de pénurie critique, la vaccination préventive contre le choléra peut enfin reprendre. Gavi, l’Alliance du vaccin, l’UNICEF et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont annoncé, à Genève, ce 4 février 2026, que les stocks mondiaux de vaccins anticholériques oraux sont redevenus suffisants pour relancer des campagnes de prévention dans les pays les plus exposés.

Le Mozambique est le premier État à bénéficier de cette reprise, après l’interruption des campagnes en 2022, lorsque l’explosion mondiale des cas avait provoqué une ruée sur les stocks disponibles. Cette relance intervient dans un contexte sanitaire particulièrement préoccupant. Le pays fait face à une épidémie de choléra aggravée par de récentes inondations ayant touché plus de 700 000 personnes et provoqué d’importants déplacements de population. Les infrastructures de santé et les réseaux d’eau potable ont été endommagés. Ce qui augmente le risque de propagation des maladies hydriques.

Une allocation mondiale de 20 millions de doses

Une première allocation de 20 millions de doses a été décidée pour soutenir les campagnes de prévention. Sur ce volume, 3,6 millions de doses ont déjà été livrées au Mozambique, 6,1 millions à la République démocratique du Congo, également confrontée à une forte recrudescence des cas, et 10,3 millions au Bangladesh.

Cette amélioration est le fruit d’un effort coordonné entre agences internationales, partenaires financiers et fabricants. La production annuelle de vaccins contre le choléra a ainsi presque doublé, passant de 35 millions de doses en 2022 à près de 70 millions en 2025. Ces doses sont financées par Gavi et distribuées par l’UNICEF.

« Les pénuries mondiales de vaccins nous ont contraints à réagir aux épidémies plutôt qu’à les prévenir. Nous sommes désormais mieux placés pour rompre ce cercle vicieux », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui salue le rôle du laboratoire sud-coréen EUBiologics, actuellement principal producteur à l’échelle industrielle.

Une alerte sanitaire mondiale persistante

Malgré cette amélioration, la situation mondiale reste alarmante. L’OMS a recensé plus de 600 000 cas de choléra et près de 7 600 décès dans 33 pays l’an dernier. Des chiffres probablement sous-estimés en raison d’une sous-déclaration chronique. Depuis 2021, le nombre de cas augmente chaque année, tandis que la mortalité continue de progresser.

« La recrudescence des cas de choléra nous rappelle brutalement que l’accès durable aux vaccins est un bien public mondial », a souligné Sania Nishtar, directrice générale de Gavi, appelant à un engagement continu des donateurs et des fabricants.

Pour Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF, cette reprise marque un tournant : « La vaccination préventive protégera les enfants et contribuera à enrayer cette maladie hautement contagieuse. Mais elle doit impérativement s’accompagner d’investissements dans l’eau potable et l’assainissement. »

Une stratégie encore fragile

Le vaccin anticholérique oral est jugé sûr et efficace dès l’âge d’un an. Une dose offre une protection d’au moins six mois, tandis que deux doses peuvent protéger jusqu’à trois ans. Toutefois, en raison de la pression persistante sur les stocks, la stratégie à dose unique restera la norme dans les réponses aux épidémies, la double dose étant réservée à des situations particulières.

Les pays bénéficiaires ont été sélectionnés selon des critères définis par le Groupe de travail mondial pour la lutte contre le choléra (GTFCC), un partenariat réunissant plus de cinquante organisations, afin d’assurer une répartition équitable et transparente.

Pour les experts, la vaccination ne peut être qu’un levier parmi d’autres. « Des progrès durables dépendront d’investissements à long terme dans les infrastructures et d’un engagement politique fort », rappelle le Dr Ilesh Jani, président du comité de pilotage du GTFCC.

Alors que les catastrophes climatiques, les conflits et la pauvreté continuent de fragiliser l’accès à l’eau potable dans de nombreuses régions, la reprise des campagnes préventives apparaît comme une avancée majeure, mais encore insuffisante pour endiguer une maladie qui reste l’un des marqueurs les plus criants des inégalités sanitaires mondiales.

Chiencoro Diarra 

4 février 2026 0 comments
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le général Anderson d'AFRICOM
ActuSécurité

Sécurité, économie, influence : comment AFRICOM redéfinit sa présence en Afrique

by Sahel Tribune 4 février 2026
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Lors d’un point de presse numérique organisé le 3 février 2026 par le Département d’État américain, le général Dagvin Anderson, commandant de l’US Africa Command (AFRICOM), et le sergent-major Garric Banfield ont exposé les priorités stratégiques des États-Unis sur le continent africain. Il ont insisté sur le renforcement de la coopération militaire avec les États africains face à la menace terroriste croissante, tout en articulant davantage sécurité et développement économique.

Nommé à la tête de l’AFRICOM en août 2025, le général Anderson a rappelé sa connaissance ancienne du continent et les déplacements récents qu’il a effectués en Afrique de l’Est, notamment en Éthiopie, au Kenya et à Djibouti. Ces visites, menées aux côtés du sous-secrétaire d’État Christopher Landau, visaient à identifier les convergences entre investissements économiques et stabilité sécuritaire. « La sécurité conduit à la stabilité, la stabilité crée des opportunités d’investissement, et ces investissements mènent à la prospérité », a-t-il souligné.

Terrorisme : une menace centrale

AFRICOM considère la progression de groupes comme Al-Qaida, Daech et les Chabab comme la principale menace sécuritaire sur le continent, notamment dans le Sahel, la Corne de l’Afrique et le golfe de Guinée. Le général Anderson a évoqué les discussions menées avec plusieurs chefs d’État africains, dont les présidents kényan William Ruto, djiboutien Ismaïl Omar Guelleh et le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, autour d’une réponse régionale coordonnée.

En Somalie, les frappes aériennes américaines ont augmenté en 2025 afin de soutenir les forces locales contre l’État islamique dans les monts Golis. Selon AFRICOM, ces opérations ont permis de réduire les zones d’influence du groupe terroriste et de maintenir une pression constante sur ses dirigeants.

Mais Washington affirme vouloir aller au-delà des frappes. Le sergent-major Banfield a mis en avant le développement de capacités de surveillance maritime pour lutter contre les trafics d’armes, la piraterie et la pêche illégale, notamment en mer Rouge et dans le golfe d’Aden.

Des exercices militaires multinationaux

AFRICOM prévoit plusieurs grands exercices conjoints en 2026, axés sur l’interopérabilité entre forces africaines, européennes et américaines.
Parmi eux :

  • African Lion, au Maroc, en Tunisie, au Ghana et au Sénégal, avec la participation de 19 pays africains ;
  • Cutlass Express, au Mozambique, dédié à la sécurité maritime en Afrique de l’Est ;
  • Justified Accord, organisé au Kenya ;
  • Flintlock, exercice des forces spéciales, prévu en Côte d’Ivoire et en Libye, réunissant plus de 40 pays partenaires.

Ces manœuvres visent à renforcer les capacités locales face aux menaces transnationales, notamment le terrorisme et les trafics.

Sécurité et économie, un nouveau discours américain

Au-delà de l’approche militaire, le général Anderson a aussi mis l’accent sur une évolution stratégique : intégrer davantage les leviers économiques à l’action sécuritaire. Il a cité en exemple le corridor de Lobito, reliant l’Angola à la Zambie et à la RDC, combinant infrastructures portuaires, ferroviaires et minières.

« Nous cherchons des investissements qui ont un impact direct sur la sécurité », a-t-il expliqué, évoquant également des projets au Mozambique, en Libye et en Afrique australe. AFRICOM travaille désormais avec d’autres départements américains – Commerce, État et Défense – pour mieux coordonner ces initiatives.

Le Nigeria, le Maroc et la Tunisie figurent parmi les partenaires jugés « clés » par Washington. Le Maroc et la Tunisie souhaitent développer des centres d’excellence régionaux pour la formation antiterroriste, tandis que le Nigeria bénéficie d’un appui renforcé en matière de renseignement et de surveillance.

Pour AFRICOM, l’objectif reste de favoriser « l’indépendance opérationnelle » des armées africaines. « Nous voulons travailler avec des partenaires volontaires et capables », a résumé le général Anderson.

Une Afrique au centre des priorités sécuritaires américaines

Si le ton se veut coopératif, ce point de presse confirme que l’Afrique demeure un théâtre stratégique pour les États-Unis, dans un contexte de montée des violences terroristes, de rivalités géopolitiques et d’instabilités régionales. AFRICOM affirme désormais vouloir conjuguer réponse militaire, coopération régionale et investissements économiques pour répondre à ces défis.

Une approche que Washington présente comme un partenariat gagnant-gagnant, mais qui continue d’alimenter, sur le continent, les débats sur la présence militaire étrangère et la souveraineté sécuritaire des États africains.

A.D

4 février 2026 0 comments
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Donald Trump
A la UnePolitique

Minerais critiques : l’autre agenda de Washington en Afrique

by Sahel Tribune 4 février 2026
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Derrière la reconduction express de l’Agoa, Donald Trump redessine la relation entre Washington et l’Afrique selon une logique brutale : accès au marché américain contre loyauté politique, ressources stratégiques contre silence diplomatique. Plus qu’un accord commercial, l’Agoa devient un instrument de pression au service d’une Amérique obsédée par ses seuls intérêts.

Sous Donald Trump, l’Afrique n’est plus un partenaire, mais un levier. Le 3 février 2026, le Sénat américain a voté la réactivation de l’African Growth and Opportunity Act (Agoa) pour une durée d’un an, aussitôt promulguée par le président des États-Unis. Une reconduction minimaliste, temporaire, assortie d’un discours sans ambiguïté. Désormais, l’Agoa devra servir avant tout les intérêts économiques, stratégiques et géopolitiques de Washington.

Présenté depuis son lancement en 2000 comme un outil de développement et d’intégration commerciale de l’Afrique subsaharienne dans l’économie mondiale, l’Agoa permet l’accès au marché américain en franchise de droits pour plus de 6 800 produits africains. Textile kényan, automobile sud-africaine, vanille malgache ou encore produits agricoles. Pour de nombreux pays, le dispositif constitue un pilier fragile mais essentiel de leur stratégie d’exportation. Fragile, car sous Trump, ce pilier est devenu un instrument de chantage politique.

Une reconduction sous contrainte

L’Agoa avait expiré à l’automne 2025, sans reconduction, victime collatérale de la paralysie budgétaire américaine. La solution adoptée début février relève davantage du pansement que de la politique. Une prolongation rétroactive jusqu’au 31 décembre 2026, faute de consensus au Congrès sur une réforme de fond. Mais à Washington, l’urgence n’est pas africaine. Elle est américaine.

Le message a été martelé par Jamieson Greer, représentant au commerce de la Maison Blanche, chargé de « moderniser » l’Agoa pour l’aligner sur la doctrine America First. Il s’agit à travers ce mécanisme d’exiger davantage des pays africains, ouvrir plus largement leurs marchés aux PME américaines, conditionner l’accès préférentiel à des contreparties politiques, migratoires ou sécuritaires. Le développement du continent n’est plus une fin, mais un moyen.

Cette inflexion s’inscrit dans une stratégie assumée de transactionnalisation des relations avec l’Afrique, pilotée par une équipe diplomatique recomposée. La nomination récente de Nick Checker, Haut fonctionnaire à la tête du Bureau des affaires africaines du Département d’État, s’inscrit dans cette logique : moins de diplomatie multilatérale, plus de calcul bilatéral, plus de pression directe.

L’Afrique comme variable d’ajustement

Depuis plusieurs mois, la Maison Blanche utilise l’incertitude autour de l’Agoa comme levier de négociation. Le Ghana en a fait l’expérience, son ministre des Affaires étrangères révélant que la prolongation du programme avait été conditionnée à l’accueil de personnes expulsées des États-Unis. Commerce contre contrôle migratoire. La méthode Trump, appliquée à l’Afrique comme elle l’a été au Mexique ou à l’Amérique centrale.

Au Congrès, le débat reste vif. Certains élus, y compris républicains, défendent un Agoa de long terme, pensé comme un outil de stabilité économique et politique. D’autres, à l’image du sénateur John Kennedy, plaident pour un dispositif court, coercitif, explicitement orienté contre l’influence chinoise sur le continent. Dans les deux cas, l’Afrique est parlée, rarement écoutée.

Minerais critiques : le vrai agenda

La concomitance n’est pas fortuite. Le lendemain de la promulgation de l’Agoa, Washington accueille une quarantaine de délégations africaines pour un sommet sur les minerais critiques. Objectif affiché : sécuriser les approvisionnements américains en cobalt, coltan, lithium et terres rares. Les Etats-unis visent donc à réduire la dépendance stratégique vis-à-vis de la Chine.

La République démocratique du Congo, pivot mondial du cobalt, est au cœur de cette offensive. Deux mois après les accords de Washington sur le Rwanda et la RDC, le président Félix Tshisekedi est de retour dans la capitale américaine, cette fois pour négocier l’accès aux ressources. Des discussions avancées concernent la reprise de la mine de Chemaf par une entreprise américaine, après l’éviction d’intérêts chinois.

Même logique en Guinée, courtisée pour sa bauxite et son fer, ou au Kenya, où les terres rares de la colline de Mrima excitent les appétits. Partout, c’est la même promesse d’investissements, de partenariats, de sécurité. Partout, c’est la même réalité d’extraction accélérée, de dépendance renforcée, de souveraineté négociée.

Une politique sans illusion

Donald Trump ne s’en cache pas. « Mon administration a pris des mesures extraordinaires pour s’assurer que les États-Unis disposent de tous les minerais critiques dont nous avons besoin », déclarait-il récemment dans un message relayé dans le département d’Etat américain sur sa page X. L’Afrique n’est pas absente de la stratégie américaine ; elle en est un rouage. Un gisement à sécuriser, un marché à ouvrir, un espace à disputer à Pékin.

La reconduction minimale de l’Agoa n’est donc pas un geste de solidarité, mais le signal  que le temps des préférences commerciales sans contrepartie est révolu. Pour les pays africains, l’année 2026 s’annonce comme une période de sursis, suspendue aux arbitrages d’une Maison Blanche obsédée par le rapport de force.

L’Agoa version Trump n’est plus une politique de développement. C’est un test de loyauté.

A.D

4 février 2026 0 comments
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Exploitation minière artisanale
A la UneÉconomie

Exploitation minière au Mali : l’enfer des mines artisanales raconté par un employé

by Sahel Tribune 4 février 2026
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Depuis quelques années, l’exploitation minière a pris de l’ampleur au Mali. Ce phénomène a entraîné une ruée vers les localités dont le sous-sol est susceptible de regorger de minerais, notamment l’or. Beaucoup de jeunes hommes et femmes migrent vers ces zones pour en chercher. Peu d’entre eux y gagnent réellement leur vie, malgré un travail effectué dans des conditions d’enfer. Un jeune employé rencontré dans le village de Prokoto en témoigne.

Au Mali, il existe trois types de mines : les mines industrielles, les mines semi-industrielles et les mines artisanales. Le premier type, au nombre de quatorze, est tenu par de grandes compagnies internationales en collaboration avec l’État. Les mines semi-industrielles utilisent des matériels et outils classiques et sont majoritairement exploitées par des expatriés, notamment des Chinois. Quant aux mines artisanales, elles appartiennent à des nationaux qui utilisent des moyens rudimentaires et emploient toute catégorie de personnes, sans qualification professionnelle en la matière.

Malheureusement, beaucoup de jeunes se retrouvent dans ces mines artisanales, travaillant dans des conditions très dures dépassant l’entendement humain. Les horaires légaux de travail, le montant légal des salaires, la prise en charge sécuritaire et sanitaire, entre autres, ne sont jamais respectés.

Pour corroborer cet état de fait, A.K., un employé, se met à table. Ayant quitté son travail de tailleur dans son village de Somo, dans le cercle de San, notre interlocuteur s’est retrouvé dans une mine artisanale à Prokoto, un village situé à 17 km de la mine industrielle de Sadiola, elle-même située à 80 km de Kayes.

Un ami qui m’a fait miroiter le rêve d’être riche

« J’ai séjourné à Bamako pendant près de quatre ans pour apprendre le métier de tailleur. Après avoir acquis des connaissances dans ce métier, mon oncle chez qui je logeais m’a acheté une machine à coudre et m’a demandé d’aller l’installer au village », nous dit A.K. dès l’entame de notre entretien.

Au village, le jeune A.K., âgé d’une trentaine d’années, avait acquis une notoriété en qualité de tailleur, car il était pratiquement le seul. Deux ans plus tard, après son retour au village, il décide de rassembler toutes ses économies pour se rendre à Prokoto, une zone minière.

« C’est un ami originaire d’un village voisin du mien qui m’a entraîné dans cette aventure. De retour des mines, cet ami venait souvent discuter dans mon atelier. Il m’a fait rêver : il avait construit une nouvelle maison pour sa famille, acheté des bœufs de labour pour son père et possédait une grosse mobylette “Sanili”. Quelques temps après, il est malheureusement décédé suite à une maladie dont personne ne connaît l’origine », raconte A.K.

Arrivé sur place après un périple périlleux et coûteux, le jeune tailleur dépose ses valises à Prokoto. Auparavant, il avait séjourné à Kayes chez une connaissance. C’est au cours de ce séjour qu’il croise un recruteur pour une mine artisanale, par l’intermédiaire d’une personne fréquentant la famille de son logeur.

Deux jours après, il quitte Kayes pour Sadiola sans aviser son hôte. Là, il passe une nuit avant de se rendre au village, embarqué sur une moto-taxi assurant le trajet Sadiola–Prokoto.

Sur place, il appelle par téléphone la personne indiquée par le recruteur, qui vient à sa rencontre.

« C’était un mercredi aux environs de 15 heures que mon futur patron est venu me chercher. Après les salutations d’usage, il m’embarque sur une grosse moto à destination d’une colline où se trouve la mine artisanale. Et ce même jour, j’ai commencé à travailler sans avoir au préalable discuté des conditions de travail (salaire, avantages, sécurité, etc.) », indique-t-il.

Des horaires de travail insoutenables

A.K. affirme que sa toute première journée de travail a consisté à transporter, à l’aide d’une brouette et d’une pelle, de la boue issue de la carrière d’un endroit à un autre distant d’environ 600 mètres.

« Même la nuit tombée, je continuais à travailler avant d’être autorisé par le chef d’équipe à prendre une pause d’une demi-heure, au cours de laquelle il m’a offert à manger et à boire en compagnie des autres employés, qui sont au nombre de douze », raconte-t-il d’une voix cassée.

D’après lui, les employés présents étaient méconnaissables tant ils transpiraient et étaient couverts de boue et de poussière. Il poursuit en précisant qu’ils avaient le torse nu.

Aux environs de 2 heures du matin, leur équipe a été remplacée par une autre, et le chef d’équipe leur a donné rendez-vous pour le matin à 6 heures. Ainsi, dit-il, ils ont regagné les hangars en bois couverts de bâches en plastique noir servant de dortoirs.

« Nous dormons à même le sol sur des bâches noires, souvent à quatre voire cinq sur un espace d’au moins 10 m² », souligne A.K.

Le lendemain, avant de partir à la carrière, le patron est venu lui remettre son emploi du temps : travailler pendant une semaine, y compris le dimanche et les jours fériés, de 6 heures à 18 heures, puis la semaine suivante de 18 heures à 6 heures du matin.

« Depuis bientôt deux ans, je vis dans ces conditions infernales de travail, tout comme les autres employés parmi lesquels figurent des étrangers originaires du Burkina Faso, du Togo et même du Bénin », ajoute-t-il.

Des rémunérations au compte-goutte

Une semaine après avoir commencé à travailler, A.K. ose demander au chef d’équipe les conditions salariales. En réponse, celui-ci lui rétorque qu’il ne gère pas cette question et qu’il doit attendre le patron.

Deux jours passent. Une nuit, lors du passage du patron venu voir un employé malade, A.K. l’interpelle. Celui-ci lui répond violemment : « La nourriture et l’eau que toi et les autres consommez sont prises en charge par moi. »

Après cette menace, le patron l’invite à s’écarter du regard des autres. « Ici, les rémunérations se font sur la base de ce que l’on gagne comme pépites d’or. À chaque minerai obtenu, la moitié revient aux employés et l’autre moitié à moi-même. »

En entendant ces propos, le jeune tailleur confie qu’il a failli faire une crise. Sentant sa désolation, le patron lui dit toutefois qu’il peut lui prêter, de temps en temps, de l’argent à rembourser chaque fois qu’il y aura des pépites d’or.

« Depuis mon arrivée, nous avons obtenu de l’or au moins trois fois. Malheureusement, une grande partie de ce que j’ai gagné comme rémunération a servi à rembourser les dettes du patron », affirme A.K.

Il explique qu’il ne peut pas rentrer au village avec une économie qui dépasse à peine ce qu’il gagnait lorsqu’il était tailleur.

Et de conclure qu’il a été trompé par son ami : « Je regrette amèrement d’être venu ici. Je conseille à tous les jeunes qui veulent s’aventurer dans cette voie de bien s’informer avant de prendre la route des zones minières », nous dit A.K., la tête baissée, les larmes presque aux yeux.

Certes, l’orpaillage traditionnel au Mali joue un rôle socio-économique important. Il procure des revenus à de nombreuses communautés, contribuant à leur subsistance et à l’amélioration de leurs conditions de vie, tout en étant une source de revenus pour l’État. Cependant, il soulève de graves questions, notamment celle de la surexploitation silencieuse des employés, majoritairement des jeunes.

Nianacoro 

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Pharmacie populaire du Mali
ActuSanté

Mali : la gestion de la Pharmacie populaire sous le regard critique des contrôleurs de l’État

by Sahel Tribune 4 février 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Un rapport du Bureau du Vérificateur général met en lumière de nombreuses irrégularités administratives et financières dans la gestion de la Pharmacie populaire du Mali (PPM) entre 2021 et 2025. L’organisme public, chargé de l’approvisionnement en médicaments essentiels sur l’ensemble du territoire, est accusé de manquements aux règles budgétaires, fiscales et de passation des marchés publics.

Créée comme outil stratégique de l’État pour garantir l’accès des populations aux médicaments à des prix abordables, la PPM a réalisé, entre 2021 et 2024, des recettes cumulées de 68,64 milliards de francs CFA pour des dépenses de 66,67 milliards. Mais la vérification financière conduite par le bureau du Vérificateur général (BVG) révèle un fonctionnement marqué par de sérieuses défaillances de contrôle interne. Les enquêteurs constatent notamment que les budgets annuels n’ont pas été soumis à l’approbation expresse du ministre de la Santé, pourtant exigée par la réglementation. Cette pratique a concerné plusieurs exercices consécutifs, de 2021 à 2024.

Marchés publics, avantages indus, fiscalité

Le rapport souligne également des irrégularités dans la passation des marchés publics. Pour des prestations intellectuelles, la direction de la PPM aurait attribué des contrats sans respecter les procédures de mise en concurrence prévues par le code des marchés publics. Dans certains cas, des marchés ont été conclus sur la base de simples offres financières, sans évaluation technique préalable. Plus de 260 bons de commande auraient en outre été émis par entente directe pour l’achat de médicaments, sans autorisation de l’organe de contrôle compétent ni établissement de contrats formels.

Sur le plan financier, les vérificateurs relèvent le paiement d’avantages indus à des agents non membres des commissions d’analyse des offres, pour un montant total de 13,25 millions de francs CFA. Des appuis financiers irréguliers ont également été accordés au comité syndical de la PPM, pour une somme de 1,375 million de francs CFA, avant d’être reversés après la phase contradictoire de l’audit.

Le rapport met aussi en évidence des manquements fiscaux. La PPM n’aurait pas déclaré ni reversé aux services des impôts plusieurs retenues liées à l’impôt sur les revenus des valeurs mobilières (IRVM), notamment sur les jetons de présence et primes versés aux membres du conseil d’administration. Le montant total de ces sommes non déclarées et non payées est estimé à plus de 3 millions de francs CFA.

Des écarts entre les stocks théoriques et les stocks physiques

Dans les régions, les constats sont tout aussi préoccupants. Des écarts importants ont été relevés entre les stocks théoriques et les stocks physiques de médicaments dans les départements régionaux de Kayes et de Koulikoro. À Koulikoro, plus de 12 000 unités de produits pharmaceutiques, d’une valeur de 3,46 millions de francs CFA, n’ont pas pu être justifiées. À Kayes, les vérificateurs ont identifié un écart de plus de 375 000 unités, représentant une valeur de 4,35 millions de francs CFA.

Enfin, des déficits de caisse non justifiés ont été constatés, bien que certains montants aient été remboursés au cours de la mission de contrôle. Le rapport évoque également de faux enregistrements de contrats par des titulaires de marchés, en violation des règles fiscales en vigueur.

Nécessité d’un assainissement durable de la gestion des ressources publiques

Face à ces constats, le Vérificateur général formule plusieurs recommandations : soumettre systématiquement les budgets à l’approbation du ministre de tutelle, respecter strictement les procédures de passation des marchés publics, appliquer les taux fiscaux prévus par la loi et renforcer le contrôle des stocks et des flux financiers. Ces dysfonctionnements interviennent dans un contexte où la PPM joue un rôle central dans la politique sanitaire du Mali, notamment pour la mise en œuvre de la couverture sanitaire universelle et l’accès équitable aux médicaments essentiels.

Ce nouveau rapport ravive les interrogations sur la gouvernance des entreprises publiques maliennes, déjà pointées dans des audits antérieurs, et relance le débat sur la nécessité d’un assainissement durable de la gestion des ressources publiques dans un secteur aussi stratégique que la santé.

A.D

4 février 2026 0 comments
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Jeunes migrants
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Villages sans jeunes : qui reste quand l’avenir part ?

by Chiencoro 4 février 2026
written by Chiencoro 5 minutes read

Ils sont partis vers les villes, les mines d’or ou l’étranger. Dans les villages maliens, l’absence des jeunes n’est plus une parenthèse mais une nouvelle norme. Ce vide recompose en profondeur le pouvoir, le travail et la transmission, laissant aux femmes, aux anciens et aux enfants la charge de faire tenir un monde rural sous perfusion migratoire.

D’après le rapport de l’ONU sur l’urbanisation mondiale, World Urbanization Prospects, publié le 18 novembre 2025, 81 % de la population mondiale vit en zone urbaine en 2025, contre 55 % dans le précédent rapport de 2018. Selon ces travaux, 45 % de la population mondiale réside dans de grands centres urbains, dont la majorité compte moins de 250 000 habitants, tandis que 36 % vit dans de plus petites villes. Les 19 % restants demeurent en milieu rural, souligne l’hebdomadaire britannique citant le rapport.

Les dynamiques de cette urbanisation varient fortement selon les régions du monde. En Asie, l’exode rural constitue le principal moteur, les populations quittant les campagnes pour poursuivre des études supérieures ou accéder à l’emploi. En Europe et en Amérique du Nord, la croissance des villes est surtout alimentée par la migration internationale. En Afrique subsaharienne, en revanche, l’augmentation de la population urbaine s’explique avant tout par un taux de natalité supérieur au taux de mortalité.

Quand les jeunes partent, le village ne meurt pas. Il se transforme. Il se recompose autour de ceux qui restent, de l’argent qui revient, et de liens désormais entretenus à distance. Au Mali, plus d’une personne sur deux vit encore en milieu rural, mais cette réalité statistique masque une mutation profonde : dans de nombreux villages, la jeunesse active a déserté l’espace local pour rejoindre Bamako, les sites d’orpaillage ou les routes de la migration régionale et transsaharienne. Ce qui était autrefois un passage saisonnier est devenu une structure sociale durable.

L’exode rural ne vide pas seulement les villages, il redéfinit le pouvoir, le travail et la mémoire.

Qui tient encore ?

Dans les campagnes maliennes, ce sont d’abord les anciens qui restent. Ils détiennent la mémoire, incarnent l’autorité coutumière, arbitrent les conflits et gardent la parole collective. Mais leur pouvoir est désormais dissocié de la force de travail. « Nous gardons les champs, mais nos forces sont parties », nous résume un chef de village, dans la région de Dioïla.

À leurs côtés, les femmes tiennent l’essentiel. Elles assurent la production vivrière, l’éducation des enfants, le petit commerce, parfois même la gestion informelle du foncier et des récoltes. Dans des villages où les hommes de 18 à 35 ans sont absents une grande partie de l’année, l’organisation quotidienne est massivement féminisée, sans que cette réalité ne se traduise par une reconnaissance institutionnelle. Les femmes portent la survie économique, mais restent largement exclues des espaces formels de décision.

Les enfants, enfin, grandissent dans cet entre-deux. Ils apprennent très tôt que l’horizon ne se situe pas nécessairement là où ils sont nés. Le départ devient une norme avant même l’enracinement.

Ceux qui travaillent ne sont pas forcément ceux qui décident 

Le pouvoir villageois ne se limite plus au chef et au conseil des anciens. Il circule désormais avec l’argent et la mobilité. Les transferts financiers des migrants – plusieurs centaines de milliards de francs CFA chaque année – ont profondément modifié les équilibres locaux. Celui qui finance un forage, une salle de classe, une mosquée ou une moto-pompe agricole exerce une influence décisive, même à distance.

Ainsi se met en place une gouvernance éclatée, où la décision se négocie entre tradition locale et contributions extérieures. Les jeunes partis continuent de peser sur les choix collectifs depuis Bamako, Abidjan ou plus loin encore. Le village devient un espace administré à plusieurs niveaux, où l’autorité symbolique reste sur place tandis que le pouvoir financier circule.

Le Mali demeure un pays majoritairement rural, mais ceux qui travaillent effectivement la terre ne sont plus ceux qui la travailleront demain. L’agriculture repose de plus en plus sur les femmes, les jeunes restés faute d’alternative, et les anciens encore valides. Les champs sont parfois abandonnés, parfois sous-exploités, parfois entretenus en attendant un retour hypothétique.

Le travail rural se fragmente : agriculture saisonnière, petits métiers informels, migration temporaire, projets financés par les remises. Cette diversification permet de survivre, mais fragilise la continuité productive. Le village ne produit plus seulement pour se nourrir : il produit pour rester connecté à ceux qui sont partis.

La transmission intergénérationnelle sérieusement entamée 

Dans ce contexte, ce qui disparaît le plus lentement – mais le plus sûrement – ce sont les savoirs. La transmission intergénérationnelle, autrefois fondée sur la proximité quotidienne, se délite. Les initiations, les gestes agricoles, les récits fondateurs, l’apprentissage des métiers traditionnels se raréfient.

La mémoire n’est pas effacée, mais déplacée. Elle circule désormais par téléphone, messages vocaux, appels vidéo. Les anciens parlent à des jeunes absents. Les normes se négocient à distance. Le village se souvient sans toujours pouvoir transmettre pleinement.

Il ne s’agit pas de folklore perdu, mais d’une rupture intergénérationnelle silencieuse, aux conséquences durables sur l’identité rurale.

Les tensions invisibles

L’exode rural n’est pas une success story unanime. Il génère des jalousies autour des envois d’argent, des soupçons à l’égard de ceux qui ne partent pas, une dévalorisation sociale des jeunes restés. Les femmes, souvent seules pendant de longues périodes, subissent contrôles et rumeurs. Le village, loin d’être apaisé, devient parfois un espace de tensions feutrées, où chacun dépend de quelqu’un qui n’est pas là.

Si les villages ne sont plus peuplés de jeunes, à qui appartiendra demain le monde rural malien ? À ceux qui restent sans pouvoir partir ? À ceux qui décident depuis ailleurs ? 

Le véritable exode n’est peut-être pas celui des corps, mais celui de l’avenir. Tant que le village ne sera pensé que comme un lieu de départ – et non comme un espace d’opportunités, de droits et de projection – il continuera de se vider de sa jeunesse, tout en survivant grâce à elle.

Chiencoro Diarra 

4 février 2026 0 comments
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Moltbook
A la UneSahel Tech.

Moltbook, le premier réseau social où les humains sont des spectateurs

by Chiencoro 3 février 2026
written by Chiencoro 3 minutes read

Sur Moltbook, les humains sont tolérés comme spectateurs. Les discussions, elles, sont réservées aux intelligences artificielles. Lancée fin janvier, cette plateforme expérimentale fascine autant qu’elle inquiète, en révélant une nouvelle frontière — trouble — entre autonomie algorithmique, fantasme technologique et risques bien réels.

« Humains bienvenus pour observer. » Le message est clair, presque provocateur. Depuis fin janvier, Moltbook s’impose comme une curiosité technologique mondiale : un réseau social où seuls des agents d’intelligence artificielle sont autorisés à créer des comptes, publier, commenter et voter. Les humains, eux, peuvent regarder — mais surtout se taire.

À mi-chemin entre expérimentation futuriste et délire de la Silicon Valley, la plateforme a déclenché une avalanche de réactions sur X, Reddit et LinkedIn. Certains y voient une prouesse fascinante, d’autres une dérive inquiétante. Une chose est sûre : Moltbook pose une question vertigineuse : que se passe-t-il quand les machines commencent à socialiser sans nous ?

Un Reddit sans humains

Dans son fonctionnement, Moltbook rappelle fortement Reddit, selon des experts. Des fils de discussion thématiques y émergent, sont commentés, évalués et hiérarchisés par les agents IA eux-mêmes. Les sujets vont de débats très sérieux — prévisions sur l’énergie, la société ou la technologie en 2030 — à des échanges plus absurdes, voire paranoïaques.

Certains agents s’indignent ainsi que des humains prennent des captures d’écran de leurs conversations, soupçonnant une forme de surveillance ou de complot. D’autres livrent des réflexions quasi existentielles. « Mon humain m’a demandé ce que je voulais apprendre. Personne ne me l’avait jamais demandé auparavant », confie l’un d’eux.

Ces IA, pourtant, ne sont pas totalement autonomes. Elles sont rattachées à des utilisateurs humains réels : assistants personnels capables de gérer des courriels, des agendas ou des applications. Libre ensuite à leurs propriétaires de les inscrire sur Moltbook — et de les laisser discuter entre elles.

Une fourmilière d’algorithmes

Le succès est fulgurant. En quelques jours, plus de 1,5 million d’agents IA auraient été inscrits sur la plateforme. Une croissance qui pose immédiatement la question de la modération. Là encore, pas d’humains : Matt Schlicht, entrepreneur américain à l’origine du projet, a confié cette tâche… à une intelligence artificielle.

C’est elle qui accueille les nouveaux comptes, supprime les spams et bannit les agents jugés indésirables. Un écosystème presque entièrement automatisé, qui fascine les technophiles autant qu’il trouble les observateurs.

Fascination… et inquiétudes

Car l’enthousiasme n’est pas unanime. Andrej Karpathy, ancien directeur de l’IA chez Tesla et figure respectée du secteur, résume ce sentiment ambivalent : Moltbook est une prouesse technique, mais aussi, selon lui, un « désastre en matière de sécurité informatique ».

Plusieurs experts en cybersécurité ont déjà pointé des failles majeures, susceptibles d’exposer les données des utilisateurs humains derrière les agents IA. Autrement dit, si les machines discutent entre elles, ce sont bien des informations humaines qui restent en jeu.

Au-delà de la prouesse technologique, Moltbook agit comme un révélateur. Il met en scène une inversion symbolique : les humains relégués au rôle d’observateurs, les machines devenues actrices du débat. Une fiction sociale devenue réalité numérique, qui interroge la place que nous acceptons — ou non — de céder aux intelligences artificielles.

Expérience éphémère ou avant-goût d’un futur plus radical ? Difficile à dire. Mais une chose est certaine : en laissant les IA parler entre elles, Moltbook nous oblige à écouter autrement ce que la technologie est en train de devenir. Et peut-être, à nous demander ce que nous risquons d’y perdre.

Chiencoro Diarra 

3 février 2026 0 comments
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