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Guerre en Iran
ActuOpinion

[Tribune] Aucune guerre ne vaut la peine de la mort d’un seul enfant

by Oleg Nesterenko 4 mars 2026
written by Oleg Nesterenko 9 minutes read

Voici quatre ans, en mars 2022, une semaine avant les toutes premiers négociations de paix entre la Russie et l’Ukraine, à Istanbul du 28 au 30 mars 2022, je partageais un article sur le réseau LinkedIn. Je vous le présente ici, tel quel, sans y altérer la moindre ligne. Son propos, j’en suis convaincu, conserve toute sa pertinence en ce mois de mars 2026, après quatre années de guerre en Ukraine et quelques jours depuis le début de l’agression de l’Iran.

Étant le père ayant connu la mort d’un de ces quatre enfants, étant une personne qui a vu la guerre de face – je suis bien placé pour le dire.

Pour ceux qui ont des difficultés à voir au-delà de l’image, qui n’arrivent pas à voir clair sous l’inondation des propagandes en cours et pour ceux qui ne connaissent pas assez bien l’histoire, voici une petite remise en ordre des idées sur les véritables coupables du chaos dans le monde, dont les derniers événements en Ukraine ne sont que le dernier exemple sur une longue liste et ne sont, certainement pas, les derniers.

Voici les faits sur les principales victimes de la Russie ? Non – sur les principales victimes de la « démocratie » de l’État américain (à ne pas confondre avec le peuple), ainsi que les remarques sur la situation de l’indignation du « monde civilisé » qui ont accompagné les massacres.

Des Chiffres qui font froid dans le dos 

Pour ne pas être trop long, je ne donnerai que quelques brefs exemples en commençant depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Je ne parlerai pas des plus de 65 000 civils français qui ont été assassinés, plus de 100 000 blessés par les bombes made in USA de 1941 à 1945. Je ne parlerai pas non plus des beaux exploits « démocratiques » des États-Unis avant 1941, comme les près de 12 000 000 de morts du génocide des amérindiens de 1492 à 1900, dans lequel les Américains ont fait une contribution capitale.

Les chiffres que j’indique n’incluent pas non plus les morts des combattants, ni les dizaines de millions de civils blessés, mutilés et déplacés. Les chiffres n’indiquent que le nombre de cadavres, sans exposer le désastre total de la déstabilisation globale des zones visitées par les fiers défenseurs des « valeurs du monde civilisé ».

De la Corée et de la Chine (1950-1953), où près de 3 000 000 de civils ont été tués, au Guatemala (1954-1996), avec plus de 250 000 morts après plus de quarante ans de guerre civile, tous des conflits attribués aux États-Unis et à leurs alliés. Je cite également l’Indonésie (1958-1966), où les bombardements de 1958 ont fait quelques centaines de victimes civiles et où la guerre civile soutenue jusqu’en 1966 a causé plus de 23 000 000 de morts ; le Vietnam (1955-1975), avec plus de 430 000 civils tués ; le Cambodge (1969-1975), avec près de 150 000 morts ; ainsi que l’Irak (1990-1991), où environ 100 000 civils, principalement des enfants, ont péri.

Poursuivons la liste avec la Bosnie (1994-1995), près de 50 000 civils tués ; la Serbie (1999), environ 3 000 civils morts en 78 jours de bombardements et 22 000 tonnes de bombes larguées, détruisant un tiers des écoles du pays ; l’Irak (2003-2022), avec environ 130 000 civils tués selon certaines estimations occidentales, mais plus de 1 000 000 de victimes civiles selon d’autres évaluations, dont près de 500 000 enfants ; l’Afghanistan (2014-2022), plus de 50 000 civils morts ; et la Syrie (2014-2021), plus de 1 000 civils tués par des frappes américaines et alliées. 

À travers cette accumulation de chiffres, nous devons nous interroger sur l’absence d’indignation du « monde civilisé » face à ces bilans humains et dénoncer la réaction internationale sélective.

Ukraine / 06.04.2014-23.03.2022 

Plus de 3 500 civils assassinés à l’est de l’Ukraine, dans le Donbass. Où était l’indignation du « monde civilisé » ? Nulle part.

Le dénominateur officiel du massacre dans le Donbass : « ATO » – Opération Anti-terroriste. Les 15 % des Ukrainiens habitant dans la région du Donbass, dès 2014, ont été classés par le pouvoir de Kiev comme terroristes.

Ces « terroristes », dont plus de 150 enfants, sont assassinés majoritairement non pas par les troupes « conventionnelles » constituées d’hommes « normaux », mais par des troupes ultranationalistes et réellement néo-nazies (régiment « Azov », milice « Secteur Droit », bataillon Donbass, etc.) dont l’existence est due à une tolérance à toute épreuve de la part des pouvoirs ukrainiens successifs, dès février 2014.

Pourquoi une telle tolérance ? C’est simple : ce sont bien les membres de ces structures constituées des rébus de la société ukrainienne qui ont été le fer de lance dans le processus du renversement du gouvernement ukrainien « pro-russe » en 2014. Ces marginaux d’hier sont le nouveau « état profond » de l’Ukraine d’aujourd’hui.

Il était beaucoup trop dangereux pour le pauvre Zelensky (qui a été, d’ailleurs, élu sur son programme de régularisation de la situation dans le Donbass et d’instauration de la paix) de s’attaquer à ces exécutants de la création, par les Etats-Unis avec le soutien « logistique » de leur vassal, l’UE, du nouvel état ukrainien d’aujourd’hui.

Élément important : ce sont bien les Etats-Unis et leur vassal, l’UE, qui ont insisté (sous la table, cela va de soi) pour que cette bande paramilitaire « bataillon Azov » intègre l’armée ukrainienne en tant que régiment régulier.

N’oublions pas : nous parlons principalement de l’époque avant Trump, quand la quasi-totalité non seulement des populations de l’UE, mais également des gouvernements de cette dernière ont vécu dans la folle certitude que les Etats-Unis ne pensent pas et n’ont jamais pensé qu’à leurs propres intérêts et étaient sûrs que les slogans américains coïncidaient parfaitement avec la réalité.

Ukraine / 24.03.2022 

Où est l’indignation du « monde civilisé » ? Elle est là ! Enfin. Et ce, même avant l’apparition des victimes parmi les civils.

Cela change complètement tout pour le « monde civilisé » dès le moment qu’il y a un conflit qui ne fait pas partie des massacres de masse perpétrés directement par les Etats-Unis.

Ce qui se passe actuellement en Ukraine est, tout simplement, le « Jackpot du siècle » pour le pouvoir outre-Atlantique. Si les soi-disant négociations de paix entre 2014 et 2022 n’ont strictement rien donné, ce n’est en aucun cas à l’initiative des marionnettes de Kiev, directement dirigées par le gouvernement de Washington. Une véritable négociation de paix dès demain serait une vraie catastrophe géopolitique et financière pour le gouvernement américain. Ce dernier fera donc tout pour que ce conflit dure le plus longtemps possible.

Pour exposer en détails les très nombreux éléments de ce « Jackpot du siècle », c’est un gros chapitre à part.

Pour être bref, j’ai parlé seulement des 12 principaux crimes contre l’humanité perpétrés par les gouvernements américains successifs. Je n’ai pas parlé de tant d’autres opérations « officielles » de « bienfaisance » avec des bombardements directs de civils par les Etats-Unis de par le monde, comme à Cuba en 1959-1961, au Congo en 1964, au Laos en 1964-1973, à Grenade en 1983, au Liban en 1983, au Salvador en 1980-1990, au Nicaragua en 1980-1990, en Iran en 1987, au Panama en 1989, au Koweït en 1991; en Somalie en 1993, en 2007-2008, en 2011-2022 ; au Soudan en 1998; au Yémen en 2002, en 2009, en 2011-2022; au Pakistan en 2007-2015; en Libye en 2011, en 2015-2019. Et je n’ai parlé non plus de tant d’opérations « confidentielles » menées en masse par le monde dans le même noble objectif de protection des « American interests ».

Depuis 250 ans d’existence des US, c’est seulement durant environ 20 ans que ce pays n’a pas mené de guerre en dehors de ses frontières. Le reste du temps – 230 ans de massacres de masse extra-muros. Dès 2014, ce fut le tour de l’Ukraine.

La France, parmi tant d’autres, pays vassal des Etats-Unis depuis plus de 50 ans, hormis quelques petites « rébellions » qui ne sont que des petits accidents de parcours en tant qu’assujetti, est toujours d’un soutien indéfectible vis-à-vis des actions de « démocratisation » entreprises par son maître. La quasi-intégralité des actions « démocratiques » mentionnées a été vue, à un moment donné, d’un très bon œil par les différents pouvoirs consécutifs de l’Élysée.

L’indignation du « monde civilisé » ne vaut RIEN

Si nous avons une vision globale du monde des 70 dernières années et non pas l’aveuglement hystérique des derniers jours – l’indignation d’aujourd’hui apparaît presque malsaine et perverse, car totalement coupée du contexte de la réalité de ce qui se passe chaque jour dans le monde depuis tant de décennies.

Est-il possible que la vieille Europe de l’Ouest se libère un jour de la domination américaine ? Ceci est totalement impossible. Les pays vassaux fervents que les Etats-Unis ont fait entrer au sein de l’UE avec le droit de veto sur les décisions de la « vraie » Europe : Pologne, Roumanie, Bulgarie, Lettonie, Lituanie, Estonie, Tchéquie, Slovaquie, Slovénie – sont les exécutants du pouvoir américain incontestable et irréversible au sein de l’Europe. Aucune « décision » de ces pays n’ira jamais à l’encontre de la volonté du maître.

Mais, je ne suis nullement naïf : vu le niveau de l’endoctrinement généralisé et le degré de propagande locale imperméable – je suis parfaitement conscient que la majorité des lecteurs occidentaux de cette missive ont un avis préformaté bien différent sur le sujet. Cela ne me dérange nullement.

Les populations des pays occidentaux de l’OTAN ont de très graves difficultés, depuis toujours, à comprendre que les beaux principes et valeurs appliqués intra-muros n’ont strictement rien à voir, même de très loin, avec ceux proliférés par les bras armés du « monde civilisé » en dehors de leurs territoires.

Ce que les occidentaux voient depuis un mois et sur quoi ils ont été totalement aveugles durant les 8 années consécutives qui ont précédé ce dernier mois – ce n’est nullement une nouvelle guerre qui vient de commencer. Ce n’est que l’élargissement de la zone des combats, qui passe dorénavant de 3 % du territoire de l’Ukraine (peuplé de 15 % d’habitants du pays) à 15 % du territoire, à ce jour.

La différence entre vous et les Russes : les Russes voient le bombardement des villes, la destruction des infrastructures civiles, les cadavres d’enfants, les crimes de guerre et les réfugiés en masse depuis 95 mois et vous – depuis 30 jours.

P.S. : aujourd’hui, c’est le tour de l’Iran. Demain, c’est le tour de quoi ?

Oleg Nesterenko


Notre rédaction a apporté quelques modifications au texte. Certains passages ont été réécrits pour s’adapter à notre format. 

4 mars 2026 0 comments
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Drogues synthétiques en Afrique de l’Ouest
A la UneSanté

Drogues synthétiques en Afrique de l’Ouest : la nouvelle économie criminelle qui inquiète la région

by Chiencoro 4 mars 2026
written by Chiencoro 5 minutes read

Un rapport de l’Initiative mondiale contre le crime organisé (GI-TOC), publié le 3 mars 2026, révèle l’ampleur croissante des marchés de drogues synthétiques en Afrique de l’Ouest. Entre production locale de méthamphétamine, détournement massif de tramadol, nouvelles routes vers l’Asie et le Moyen-Orient, la région s’impose comme un carrefour stratégique d’un trafic en pleine mutation, aux conséquences sanitaires et sécuritaires majeures.

Longtemps considérée comme une simple zone de transit pour la cocaïne latino-américaine à destination de l’Europe, l’Afrique de l’Ouest est désormais un maillon central d’un autre commerce illicite en pleine expansion : celui des drogues synthétiques. Dans son rapport intitulé Cartographie des marchés des drogues synthétiques en Afrique de l’Ouest, publié le 3 mars 2026, l’Initiative mondiale contre le crime organisé dresse un constat sans appel : la région est devenue à la fois un marché de consommation, une zone de production et une plateforme d’exportation.

Une production locale en forte progression

L’un des enseignements majeurs du rapport est l’implantation durable de laboratoires clandestins de méthamphétamine en Afrique de l’Ouest. Initialement destinées à l’exportation vers l’Asie de l’Est et du Sud-Est, ces productions alimentent désormais aussi les marchés locaux et régionaux.

Des réseaux criminels structurés exploitent les failles réglementaires, la porosité des frontières et la faiblesse des capacités de contrôle pour importer des précurseurs chimiques, installer des unités de fabrication et organiser la distribution. La méthamphétamine produite dans la région transite par des hubs aéroportuaires et maritimes, avec des itinéraires qui relient l’Afrique de l’Ouest à l’Asie, au Moyen-Orient et, dans une moindre mesure, à l’Europe.

Le rapport souligne que cette évolution prouve que la région ne se contente plus d’être un corridor logistique, mais qu’elle devient un espace de transformation et de valeur ajoutée criminelle.

Le tramadol, pilier d’un marché de masse

Autre pilier de cette économie illicite : le tramadol. Cet opioïde synthétique, légalement utilisé comme antalgique, fait l’objet d’un détournement massif. Importé en grandes quantités – souvent sous-dosé ou surdosé – il est écoulé sur les marchés informels à des prix accessibles.

Selon la GI-TOC, le tramadol est aujourd’hui la drogue synthétique la plus consommée en Afrique de l’Ouest. Sa diffusion touche aussi bien les centres urbains que les zones rurales. Il est prisé par des travailleurs précaires pour ses effets stimulants, mais aussi par des groupes armés non étatiques, qui l’utiliseraient pour renforcer l’endurance des combattants.

Cette banalisation pose le défi sanitaire de la  dépendance, des troubles psychiques, des surdoses et de l’absence de prise en charge adaptée. Les systèmes de santé, déjà fragilisés, peinent à absorber cette nouvelle charge.

Des routes criminelles en recomposition

Le rapport met en lumière la sophistication croissante des réseaux. Ceux-ci combinent trafics de drogues synthétiques, contrebande de médicaments, blanchiment d’argent et parfois trafic d’êtres humains.

Les corridors sahéliens, déjà utilisés pour d’autres trafics, servent de voies de circulation vers l’Afrique du Nord et la Méditerranée. Les ports du golfe de Guinée jouent un rôle clé dans les exportations. Parallèlement, le commerce en ligne et les messageries cryptées facilitent les transactions et compliquent le travail des forces de l’ordre.

Cette diversification s’inscrit dans un contexte sécuritaire tendu, marqué par l’instabilité politique et la présence de groupes armés dans plusieurs pays du Sahel. Le rapport avertit que les revenus issus des drogues synthétiques pourraient renforcer l’autonomie financière d’acteurs violents et aggraver l’insécurité régionale.

Un impact direct sur la gouvernance et l’économie

Au-delà de la santé publique et de la sécurité, la montée des drogues synthétiques affecte la gouvernance. Corruption, infiltration des institutions, fragilisation de l’État de droit : l’économie criminelle prospère sur les failles structurelles.

La GI-TOC insiste sur le fait que les marchés ouest-africains sont désormais intégrés à des chaînes d’approvisionnement mondiales. Cette insertion dans l’économie illicite globale expose les pays de la région à des pressions internationales accrues et à des risques de sanctions si les dispositifs de lutte restent insuffisants.

Dans le même temps, la criminalisation excessive des usagers et des petits revendeurs, souvent issus de milieux précaires, contribue à la surpopulation carcérale sans s’attaquer aux têtes de réseaux.

Des réponses encore fragmentées

Face à cette mutation rapide, les réponses demeurent inégales. Certains États ont renforcé leurs législations et leurs unités spécialisées. Mais la coopération régionale reste limitée, et le contrôle des précurseurs chimiques demeure lacunaire.

Le rapport recommande une approche globale :

  • amélioration des capacités d’enquête financière et de traçabilité des flux ;
  • harmonisation des cadres juridiques ;
  • régulation plus stricte des importations pharmaceutiques ;
  • politiques de santé publique centrées sur la prévention et la réduction des risques ;
  • renforcement de la coopération internationale.

Pour la GI-TOC, la lutte contre les drogues synthétiques ne peut se limiter à une logique sécuritaire. Elle doit intégrer les dimensions sociales, économiques et sanitaires du phénomène.

Un tournant pour l’Afrique de l’Ouest

La cartographie proposée par l’Initiative mondiale contre le crime organisé met en évidence une transformation structurelle. Les drogues synthétiques redessinent les dynamiques criminelles en Afrique de l’Ouest.

Plus accessibles, plus faciles à produire et à transporter que les drogues d’origine végétale, elles offrent aux réseaux une rentabilité élevée et une grande flexibilité logistique. Pour les États ouest-africains, l’enjeu est désormais double : contenir une menace transnationale tout en protégeant des populations de plus en plus exposées.

À défaut d’une réponse coordonnée et multidimensionnelle, avertit le rapport, l’économie des drogues synthétiques pourrait s’ancrer durablement dans le paysage régional – avec des conséquences profondes sur la stabilité, la santé publique et le développement.

Chiencoro Diarra 

4 mars 2026 0 comments
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Capitaine Ibrahim Traoré
ActuÉconomie

Burkina Faso : un plan de 36 190 milliards FCFA pour relancer l’économie et la cohésion nationale à l’horizon 2030  

by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 mars 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Le Burkina Faso a dévoilé son Plan national de développement (PND) 2026-2030, véritable boussole stratégique pour l’action publique. Ce document marque une rupture avec les hésitations du passé et s’inscrit dans la dynamique de la Révolution progressiste populaire (RPP). Il ambitionne de refonder le modèle de développement en plaçant l’État au centre de l’impulsion économique et sociale, garant de l’unité nationale et de la cohésion sociale.

Le PND 2026-2030 succède au PNDES 2021-2025 et capitalise les leçons tirées de son exécution. Il prend en compte les défis sécuritaires, humanitaires et économiques, mais aussi les opportunités offertes par le repositionnement stratégique du pays au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). L’objectif global est d’impulser un développement endogène et inclusif, fondé sur la souveraineté nationale et l’engagement patriotique.  

Une rupture stratégique pour un État stratège

La vision affichée est celle d’un « Burkina Faso souverain et prospère, bâtissant un développement endogène et durable au service du bien-être de tous ». Pour y parvenir, le plan s’articule autour de quatre piliers : consolider la sécurité et la paix, refonder l’État et améliorer la gouvernance, développer le capital humain, et transformer durablement l’économie par les infrastructures et l’industrialisation.

Les impacts attendus à l’horizon 2030 sont ambitieux : reconquête totale du territoire, réduction de la pauvreté de 43,2 % en 2021 à 35 %, amélioration de l’indice de perception de la corruption, hausse de la part des industries manufacturières dans le PIB de 9,6 % à 17,7 %, et accroissement de la puissance électrique installée de 678,5 MW en 2024 à 2585,6 MW. Ces objectifs traduisent une volonté de transformation profonde.  

Des objectifs chiffrés pour transformer l’économie

Le plan prévoit également une amélioration de l’espérance de vie, passant de 61,9 ans en 2019 à 68 ans en 2030. L’éducation et la formation professionnelle sont mises en avant, avec une augmentation de la proportion des effectifs de l’EFTP de 5 % en 2024 à 12 % en 2030. La réduction de la dépendance alimentaire est aussi visée, en diminuant la part des produits alimentaires importés de 11,5 % à 8 %.

Le coût global de mise en œuvre du PND est estimé à 36 190,7 milliards FCFA, soit une moyenne annuelle de 7 238,1 milliards. Les dépenses d’investissement représentent 34,5 % du total, soit 12 494,9 milliards FCFA. Le besoin de financement additionnel est évalué à 10 955,3 milliards FCFA, correspondant à 30,3 % du coût total. Pour y répondre, l’État mise sur des instruments innovants de financement.  

Un financement innovant et participatif

Parmi ces innovations figurent l’actionnariat populaire, les contributions volontaires et communautaires, ainsi que les revenus de portefeuilles de l’État. L’approche-programme est privilégiée, avec des initiatives présidentielles jouant le rôle d’accélérateurs. Cette méthode vise à renforcer la cohérence des interventions, accroître l’efficacité budgétaire et améliorer le suivi-évaluation. L’État se positionne ainsi comme stratège et catalyseur du développement.

Le PND identifie toutefois des risques majeurs : chocs extérieurs, incertitudes de financement, catastrophes naturelles, effritement de la cohésion sociale, faible mobilisation communautaire et persistance de l’insécurité. Pour chacun, des mesures d’atténuation sont prévues. En somme, ce plan de relance traduit une volonté politique forte de bâtir un Burkina Faso souverain, uni et prospère, en inscrivant l’action publique dans une dynamique de transformation structurelle assumée.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

4 mars 2026 0 comments
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Rupture collective de jeûne
A la UneSeko ni Donko

Rupture collective de jeûne : un moment de communion entre acteurs culturels, artisanaux et touristiques 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 mars 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Le Centre International de Conférences de Bamako a accueilli, le mardi 3 mars 2026, une rupture collective du jeûne organisée par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme en partenariat avec Prestige Consulting. La cérémonie était présidée par le ministre Mamou Daffé, en présence du Conseiller spécial du président de la Transition chargé des œuvres sociales,  Aguibou Dembélé. 

Cette rencontre a offert une atmosphère de communion et de solidarité, où le partage a été mis en avant comme valeur essentielle du mois sacré. Elle s’est imposée comme un moment fédérateur, rassemblant des acteurs issus de différents horizons culturels et artisanaux. L’initiative a ainsi permis de donner une dimension inclusive à la rupture collective, en soulignant l’importance du Ramadan comme vecteur de cohésion sociale et de rapprochement communautaire.  

Une cérémonie inclusive et fédératrice

Le ministre Mamou Daffé a salué la mobilisation des invités, félicitant chacun pour avoir répondu massivement à l’appel du département. Il a insisté sur la valeur de ces moments de communion, qui permettent de renforcer les liens entre institutions et créateurs, tout en favorisant l’unité et le partage. Ses propos ont mis en avant la portée sociale et culturelle de l’initiative.  

La cérémonie a rassemblé musiciens, comédiens, plasticiens et artisans, illustrant la richesse et la diversité du paysage culturel malien. Leur présence a donné à l’événement une dimension artistique et symbolique, où la culture et l’artisanat se sont mêlés à la spiritualité du Ramadan. Cette diversité a renforcé le caractère fédérateur de la rencontre, en mettant en lumière la vitalité des talents locaux.  

La culture et l’artisanat au cœur de l’événement

Au-delà de la rupture du jeûne, l’initiative a permis de valoriser le secteur culturel et artisanal. Les échanges entre les différents acteurs ont favorisé une meilleure compréhension mutuelle et une synergie entre institutions et créateurs. L’événement s’est ainsi inscrit dans une dynamique de promotion de la culture nationale et de reconnaissance des savoir-faire artisanaux.  

Le partenariat avec Prestige Consulting a contribué à la réussite de l’organisation, témoignant de l’importance des collaborations entre institutions publiques et acteurs privés. Cette coopération a permis de donner un cachet particulier à la cérémonie, en renforçant son impact et sa portée auprès des participants, tout en illustrant la complémentarité des initiatives.  

Le Ramadan, vecteur de cohésion sociale

Dans une atmosphère de partage et de solidarité, la rupture collective a rappelé que le Ramadan ne se limite pas à la spiritualité individuelle. Elle a montré qu’il constitue également une opportunité de rapprochement communautaire et de renforcement des liens sociaux, en mettant en avant les valeurs de fraternité et de solidarité qui caractérisent ce mois sacré.  

Cette initiative du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme s’est imposée comme un symbole de communion et de cohésion. Elle a mis en valeur la richesse culturelle et artisanale du Mali, tout en affirmant le rôle du Ramadan comme vecteur d’unité et de rapprochement. À travers cette rencontre, Bamako a vibré au rythme de la culture et de la spiritualité partagée.  

Ibrahim Kalifa Djitteye 

4 mars 2026 0 comments
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Tensions au Moyen-Orient 
A la UneAnalyses

Tensions au Moyen-Orient : l’Afrique en première ligne des répercussions  

by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 mars 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

La guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran, marquée par des bombardements massifs et des ripostes régionales, ne se limite pas au Moyen-Orient. Elle projette des conséquences directes sur l’Afrique. Les frappes sur plus de 2 000 sites en deux jours et les déclarations de Donald Trump et Benjamin Netanyahu montrent une volonté d’affaiblir durablement le régime iranien et d’empêcher son accès à l’arme nucléaire. Mais cette stratégie militaire, en intensifiant l’instabilité dans le Golfe, menace les équilibres mondiaux dont l’Afrique dépend.  

Le continent est particulièrement vulnérable sur le plan énergétique. La perturbation des flux pétroliers et gaziers dans le Golfe pourrait entraîner une flambée des prix, affectant les budgets nationaux et le quotidien des populations. Les économies africaines, déjà fragiles, risquent de subir une pression budgétaire accrue, tandis que les ménages verraient leur pouvoir d’achat se réduire. Cette dépendance structurelle aux importations rend l’Afrique sensible aux chocs externes.  

La sécurité alimentaire est également en jeu. Les chaînes d’approvisionnement mondiales, déjà fragilisées, pourraient être perturbées par l’extension du conflit. L’Afrique, qui importe une part importante de ses céréales et produits de base, verrait ses marchés déstabilisés. Une hausse brutale des prix alimentaires accentuerait les tensions sociales et politiques, notamment dans les pays où la gouvernance est fragile et où les populations sont déjà confrontées à l’insécurité ou aux crises climatiques.  

Sécurité et corridors stratégiques

Sur le plan sécuritaire, la guerre ouvre de nouveaux fronts, comme les échanges de tirs entre Israël et le Hezbollah au Liban ou les attaques contre des bases américaines dans le Golfe. Ces développements pourraient entraîner un redéploiement militaire des États-Unis et de leurs alliés, réduisant l’attention portée à l’Afrique. Dans des zones sensibles comme le Sahel, où la lutte contre le terrorisme dépend en partie du soutien international, cette redistribution des priorités risquerait d’aggraver l’instabilité.  

Les corridors maritimes constituent une autre source d’inquiétude. Le renforcement de la présence européenne en mer Rouge illustre l’importance stratégique de cette zone pour le commerce africain. Une insécurité prolongée dans le Golfe pourrait affecter les routes reliant l’Afrique de l’Est au Moyen-Orient et à l’Asie. Les pays côtiers, dépendants du commerce maritime, seraient parmi les premiers touchés, avec des conséquences immédiates sur leurs économies.  

Répercussions financières et sociales

Les répercussions financières ne doivent pas être sous-estimées. La guerre risque de provoquer une volatilité accrue sur les marchés mondiaux, affectant les devises africaines et compliquant la gestion des dettes souveraines. Les investisseurs, craignant une contagion régionale, pourraient réduire leurs engagements en Afrique. Cette contraction des flux financiers accentuerait la fragilité des économies émergentes et limiterait les marges de manœuvre des gouvernements. 

Sur le plan social, la hausse des prix de l’énergie et des denrées alimentaires pourrait alimenter des mouvements de contestation dans plusieurs pays africains. Les gouvernements, déjà confrontés à des défis internes, risquent de voir leur légitimité remise en cause. Cette situation pourrait renforcer les tensions sociales et accentuer les risques de déstabilisation politique, notamment dans les États où la gouvernance est fragile.  

L’Afrique face à ses responsabilités

Paradoxalement, certains pays africains producteurs de pétrole et de gaz pourraient bénéficier de la hausse des prix, augmentant leurs revenus. Mais cette opportunité reste conditionnée à une gestion transparente et équitable. Sans une redistribution efficace, les bénéfices risquent de renforcer les inégalités plutôt que de soutenir le développement. L’opportunité pourrait ainsi se transformer en facteur de division interne.  

Dans ce contexte, les positions exprimées par la CEDEAO et l’Union africaine prennent tout leur sens. En appelant à la retenue, au respect du droit international et au règlement pacifique des différends, elles cherchent à protéger l’Afrique des effets collatéraux d’un conflit qui menace directement ses intérêts. Leur insistance sur la protection des civils et des infrastructures critiques traduit une volonté de prévenir une crise humanitaire et économique sur le continent.  

Comme l’a rappelé El Hadji Amadou Niang, ancien fonctionnaire international et diplomate sénégalais, « l’Afrique, par sa dépendance aux marchés mondiaux, sera inévitablement affectée par cette guerre. Il est urgent que les institutions multilatérales renforcent leur rôle pour éviter que les plus vulnérables ne paient le prix des rivalités de puissance. » Cette mise en garde souligne que les conséquences ne seront pas seulement économiques mais aussi sociales et politiques, car l’instabilité mondiale fragilise directement les trajectoires africaines.  

Face à cette réalité, l’Afrique ne peut rester spectatrice. Les vulnérabilités énergétiques, alimentaires, sécuritaires et financières exigent une réponse collective et coordonnée. La diversification des sources d’approvisionnement, la promotion de la souveraineté alimentaire et le plaidoyer pour le respect du droit international doivent constituer des axes prioritaires. Dans un contexte où un conflit lointain menace directement son avenir, le continent doit agir avec lucidité et responsabilité pour protéger ses populations et préserver ses perspectives de développement.  

Ibrahim Kalifa Djitteye 

3 mars 2026 0 comments
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Remise rapport Etats généraux de l'éducation
A la UneÉducation

[Tribune] La renaissance du Mali passera-t-elle par ses salles de classe ?

by Chiencoro 2 mars 2026
written by Chiencoro 6 minutes read

Les autorités de transition veulent reconstruire le système éducatif pour répondre aux défis souverainistes, démographiques, économiques et technologiques d’un pays où le capital humain reste décisif.

Le président malien de la transition, le général d’armée Assimi Goïta a décrété la période 2026-2027 « année de l’éducation et de la culture ». L’ambition des autorités maliennes est la formation d’« un citoyen nouveau, patriote, compétent et responsable, capable de porter le destin du Mali avec dignité et excellence ». Mais aussi il s’agit d’engager « un effort national déterminé pour refonder durablement notre école et investir dans le capital humain », pour une « prospérité partagée ».

La refondation de l’école malienne demeure donc le cœur battant de cette décision du général d’armée Assimi Goïta. En effet, depuis les crises politiques et sécuritaires des années 2012, l’école malienne traverse une période de fortes turbulences. Fermetures d’écoles, grèves intempestives des enseignants et abandon scolaire ont contribué à une dégradation des indicateurs, notamment dans le secondaire où les taux de scolarisation restent faibles, en particulier chez les filles.

Des indicateurs éducatifs alarmants

Selon des données de 2018 du ministère de l’Éducation nationale du Mali, le taux de scolarisation des filles est de l’ordre de 60,4 % contre 61,4 % pour les garçons. La proportion d’enfants incapables de lire et de comprendre un texte adapté à leur âge à 10 ans est estimée par la Banque mondiale, l’UNESCO et d’autres organisations à 90 %. En 2020, les taux bruts de scolarisation dans l’enseignement secondaire étaient de 33 % pour les filles et de 38 % pour les garçons. Le taux brut de scolarisation dans l’enseignement supérieur était de 3 % pour les femmes en 2019, contre 6 % pour les hommes.

Ces chiffres font froid dans le dos. Selon la note synthétique de l’UNESCO en janvier 2024, la richesse d’un pays se compose principalement de trois types de capital : les investissements dans des actifs ; le capital naturel ; et le capital humain. Ce dernier est mesuré comme « la valeur actuelle des revenus futurs de la main-d’œuvre, qui dépend à son tour du niveau d’éducation de la main-d’œuvre ». Les dernières estimations de la Banque mondiale « suggèrent que la richesse en capital humain au Mali représente 42 % de la richesse nationale ».

Ces analyses démontrent avec acuité l’importance du capital humain dans l’émergence d’une nation. Dans un pays comme dans une entreprise, les ressources humaines demeurent les plus importantes. Les autres demeurent des accessoires face au capital humain pour la formation duquel il convient de beaucoup miser.

L’héritage de la réforme de 1962

Selon des sources, à l’ère des indépendances, le Mali était cité en exemple de par la qualité de son enseignement. Les enseignants étaient alors sollicités dans la sous-région pour le partage d’expériences. Cette performance de l’école malienne s’expliquait particulièrement par la réforme de 1962, reconnue pour sa rigueur et sa volonté de former des cadres nationaux valeureux.

Cette réforme contenait cinq objectifs cardinaux : « Un enseignement tout à la fois de masse et de qualité ; un enseignement qui puisse fournir avec une économie maximum de temps et d’argent tous les cadres nécessaires au pays pour ses divers plans de développement ; un enseignement qui garantisse un niveau culturel permettant l’établissement d’équivalences de diplômes avec les autres États modernes ; un enseignement dont le contenu soit basé non seulement sur les valeurs spécifiquement africaines et maliennes mais aussi sur les valeurs universelles ; enfin, un enseignement qui décolonise les esprits. »

Les deux derniers objectifs de cette réforme sont désormais au cœur de l’engagement des autorités maliennes de la transition, déterminées à redonner au Mali toute sa souveraineté, sur tous les plans. En décrétant la période 2026-2027 « année de l’éducation et de la culture », elles souhaitent désormais mettre au cœur de l’enseignement les valeurs ataviques qui font le Mali. Il ne s’agit certes pas d’un retour dans la préhistoire de l’humanité, mais de former des citoyens pleinement imprégnés des réalités sociétales, historiques et géographiques de leur pays tout en restant ouverts à l’évolution du monde. « La réforme de 1962 voulait mettre en place une formation adaptée aux réalités du pays et aux exigences du développement scientifique et technologique », explique Seydou Loua, dans une étude de 2017 intitulée Les grandes réformes de l’école malienne de 1962 à 2016.

Vers une nouvelle réforme structurelle

Faut-il donc s’attendre à un come-back de la réforme de 1962 dans sa mise en œuvre ou à une nouvelle réforme du système éducatif malien ? A priori, la deuxième option serait la plus crédible si nous savons que les recommandations des États généraux de l’éducation, tenus du 16 au 19 janvier 2024 à Bamako, sont en attente d’une mise en œuvre. Ces conclusions préconisent en effet une refonte majeure du système éducatif. Axées sur 18 thématiques, elles visent à créer un modèle éducatif fondé sur les valeurs culturelles maliennes, l’enseignement des langues nationales et l’adéquation formation-emploi.

Les grands maux de la nation malienne ou les obstacles majeurs à son développement y sont mentionnés. Cette réforme, qui concernera aussi la valorisation des langues nationales, sera donc un pas décisif vers la mise en œuvre de la Constitution du 22 juillet 2023, qui érige les langues nationales en langues officielles.

À côté des langues nationales, il pourrait s’agir aussi, au cours de cette période 2026-2027, de procéder à une mise en œuvre du Programme national d’éducation aux valeurs (PNEV) lancé en avril 2024. Cette initiative stratégique issue des Assises nationales de la refondation vise à réhabiliter les valeurs fondamentales (civisme, patriotisme, intégrité).

L’école face à la révolution numérique

En profitant de cette période pour mettre en œuvre ces recommandations, les autorités de la transition auront le mérite de ne pas les laisser dormir dans les tiroirs comme ce fut le cas pour les conclusions de beaucoup de rencontres, comme le Forum national sur l’éducation de 2008 au Mali. Un cadre qui visait à diagnostiquer les faiblesses du système éducatif en vue de le refonder. Malgré des recommandations pertinentes, beaucoup sont restées sans application, ce qui a constitué le début de longues attentes pour une réforme structurelle. L’accent avait alors été mis sur la qualité, la gestion et la performance de l’école.

À côté des États généraux de l’Éducation et du PNEV, il faut aussi, dans le cadre de cette valorisation de l’éducation au Mali, de mettre un accent particulier sur l’adéquation entre cette formation et les évolutions technologiques mondiales. La transformation éducative ne peut plus se limiter aux programmes classiques. L’essor de l’intelligence artificielle, des réseaux sociaux et de l’économie numérique impose de nouvelles compétences. Ces nouveaux outils exigent une culture digitale, un esprit critique face à la désinformation, la protection des données personnelles et une maîtrise des outils technologiques.

Le levier stratégique du multilinguisme

Ignorer ces enjeux reviendrait à former une génération déconnectée des réalités du marché du travail mondial. L’école malienne doit donc intégrer l’apprentissage du numérique comme compétence de base, au même titre que la lecture ou le calcul, tout en sensibilisant les élèves aux risques liés aux manipulations informationnelles et à l’usage abusif des données.

L’enseignement multilingue apparaît désormais comme un levier stratégique : apprendre dans sa langue maternelle facilite l’acquisition des savoirs fondamentaux, renforce l’inclusion scolaire et valorise l’identité culturelle. À terme, l’enjeu est de bâtir un système où français, langues nationales et compétences internationales coexistent, afin de concilier enracinement local et ouverture globale.

Chiencoro Diarra

2 mars 2026 0 comments
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Boncana Maïga
ActuSeko ni Donko

Silence pour un maestro africain

by Sahel Tribune 1 mars 2026
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Le décès du maestro Boncana Maïga, survenu à Bamako, le 28 février 2026, plonge le Mali et le monde musical africain dans le deuil. Compositeur, arrangeur et chef d’orchestre d’exception, l’artiste laisse derrière lui un héritage artistique majeur, salué par les autorités culturelles et par plusieurs générations de musiciens.

Le Mali a perdu l’un de ses plus grands ambassadeurs culturels. Le Maestro Boncana Maïga est décédé le 28 février 2026 à Bamako, a annoncé le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, dans un communiqué officiel. Compositeur, arrangeur et chef d’orchestre reconnu, l’artiste laisse derrière lui un héritage musical qui a profondément marqué plusieurs générations au Mali et bien au-delà.

Une figure emblématique de la musique intercontinentale

Directeur général de Maestro Sound Mali, Boncana Maïga était considéré comme l’un des artisans majeurs du dialogue musical entre l’Afrique et les diasporas. Son œuvre s’inscrivait dans un registre mêlant patrimoine mandingue, influences afro-cubaines et arrangements modernes. Sa composition emblématique Mariétou demeure l’un des titres qui ont contribué à sa renommée internationale.

Fondateur et chef d’orchestre du mythique groupe Las Maravillas de Mali, puis initiateur du collectif panafricain Africando, il a participé à l’essor d’une scène musicale africaine ouverte sur le monde et tournée vers les collaborations transcontinentales.

Au fil de sa carrière, le musicien a travaillé avec plusieurs figures majeures de la musique africaine et internationale, parmi lesquelles Oumou Sangaré, Nahawa Doumbia, Ami Koïta, Kassé Mady Diabaté, Cheick Tidiane Seck, mais aussi des artistes internationaux tels que Alpha Blondy, Manu Dibango ou Pierrette Adams.

Pour les autorités maliennes, son parcours constitue « une fierté nationale et une source d’inspiration pour les jeunes générations ».

Un héritage durable

Dans son message, le gouvernement malien a salué la mémoire d’« une illustre figure de la culture malienne » et adressé ses condoléances à sa famille biologique ainsi qu’à l’ensemble du monde artistique.

Les obsèques de l’artiste ont eu lieu ce 1er mars 2026 à son domicile de Baco‑Djicoroni Golf. Au-delà de ses succès discographiques, Boncana Maïga restera comme l’un des architectes de la modernisation sonore de la musique ouest-africaine. Par son sens de l’arrangement, sa capacité à fédérer les talents et son engagement pour la promotion de la culture, il a contribué au rayonnement international de la création malienne.

Sa disparition marque la fin d’une époque pour la scène musicale africaine, mais son œuvre, elle, continuera d’inspirer artistes et mélomanes.

A.D

1 mars 2026 0 comments
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