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Mise en place des membres du Comité de pilotage du Dialogue inter-maliens.
A la Une

Vers une nouvelle ère de paix : Le Mali en marche vers la réconciliation nationale

by Chiencoro 4 mars 2024
written by Chiencoro 2 minutes read

Depuis des années, le Mali a été plongé dans un conflit meurtrier, mettant en péril la stabilité et l’unité nationale. Mais aujourd’hui, une lueur d’espoir semble poindre à l’horizon avec l’installation du Comité de pilotage du Dialogue inter-malien pour la paix et la réconciliation.

Le président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta, a pris l’initiative de mettre en place ce Comité dans le but de rétablir la paix et la cohésion sociale dans le pays. Après moins d’un mois d’installation, le Comité a présenté officiellement son rapport général des termes de références du Dialogue, marquant ainsi une étape cruciale dans ce processus de réconciliation nationale.

La remise du rapport au Chef de l’État s’est déroulée ce lundi 4 mars 2024 à Koulouba, siège de la présidence malienne. Le Président du Comité de pilotage, M. Ousmane Issoufi Maïga, a fait le compte-rendu des travaux préliminaires, soulignant l’importance d’un dialogue franc et sincère entre tous les acteurs maliens pour comprendre les causes profondes des conflits et trouver des solutions durables.

Le Dialogue se déroulera à tous les niveaux de la société malienne, de la commune au district de Bamako, en passant par les cercles, les régions, ainsi que dans les consulats et ambassades à l’étranger. L’objectif est de donner la parole à chaque Malien afin qu’ils puissent contribuer à la recherche de solutions pour la paix et la réconciliation nationale.

Accord d’Alger versus Dialogue Inter-malien

Ce processus est perçu comme une opportunité pour le Mali de se reconstruire et de tourner la page sur les années de conflit et de division. Le Président de la Transition est loué comme un héros national, guidant le pays vers un avenir meilleur.

Les termes de références du Dialogue ont été élaborés après 20 jours de travail acharné dans les commissions thématiques, reflétant ainsi les aspirations et les besoins du peuple malien. Le Comité de pilotage a salué le soutien des autorités de la Transition dans cette entreprise, appelant les Maliens à un sursaut patriotique pour relever les défis qui se dressent devant eux.

La création de ce Comité marque un tournant dans la quête de paix au Mali. Contrairement à l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale négocié en Algérie en 2015 sous l’aide d’une médiation internationale, ce Dialogue sera entièrement dirigé par les Maliens, sans aucune ingérence extérieure. C’est une occasion unique pour le pays de retrouver son unité et sa dignité, et de bâtir un avenir plus prometteur pour les générations futures.

Chiencoro Diarra 

4 mars 2024 0 comments
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Des élections au Mali
Actu

Élections au Mali : Le puzzle de la reconstruction

by Chiencoro 3 mars 2024
written by Chiencoro 4 minutes read

Les prochaines élections au Mali sont bien plus qu’un simple rendez-vous démocratique. Elles revêtent une importance cruciale dans la détermination de l’avenir socio-économique d’une nation aux prises avec d’innombrables défis. Entre des enjeux financiers colossaux et les attentes pressantes de la population, le Mali se trouve à un carrefour critique où chaque décision politique aura des répercussions profondes sur la vie quotidienne de ses citoyens.

Dans un contexte où la stabilité et le progrès sont impératifs, ces élections ne sont pas simplement une question de politique, mais une question de survie et de développement pour l’ensemble de la population. Alors que les urnes se préparent à recevoir les voix des Maliens, dans le cadre du processus de Mali Kura, il est crucial de réfléchir aux défis économiques et sociaux qui attendent le futur président, ainsi qu’aux espoirs d’une nation en quête de changement et de prospérité.

Les élections de 2018 en exemple 

L’organisation d’élections transparentes et démocratiques représente un investissement considérable pour tout pays, et le Mali ne fait pas exception à cette règle. Les coûts engagés englobent un large éventail de dépenses, allant de la logistique et du matériel électoral à la formation du personnel, en passant par la sécurité et la sensibilisation des électeurs.

Lors de l’interview accordée à la télévision nationale le 1er juillet 2018, le Dr Boubou Cissé, alors ministre de l’Économie et des Finances au Mali, a dévoilé des détails essentiels concernant le financement des élections présidentielles de 2018. Il a révélé qu’un montant colossal de 29 milliards de FCFA a été alloué pour soutenir les différentes structures chargées de l’organisation du scrutin.

Cette somme impressionnante ne se limite pas à la simple logistique électorale. Elle couvre un large éventail de dépenses nécessaires pour garantir un processus électoral libre, juste et transparent dans le pays. Parmi ces dépenses, on trouve la sécurisation des bureaux de vote, la formation du personnel électoral, l’impression et la distribution des bulletins de vote, ainsi que la mise en place de mécanismes de supervision et de contrôle pour garantir l’intégrité du processus.

De plus, une partie importante de ces fonds est également allouée à la sensibilisation des électeurs et à la promotion de la participation électorale. Il est crucial de s’assurer que tous les citoyens sont informés de leurs droits et responsabilités lors des élections, et que chacun ait accès aux informations nécessaires pour prendre des décisions éclairées dans l’isoloir.

Les véritables défis des prochaines élections 

À l’ère où tous les regards restent tournés vers les premiers scrutins électoraux de la 4e République, le Mali se trouve face à une série de défis monumentaux. La quête de stabilité politique demeure une priorité absolue dans un pays qui a connu des périodes d’instabilité politique et de conflits armés. La consolidation de la démocratie et la mise en place d’institutions solides sont essentielles pour garantir un avenir pacifique et prospère pour tous les Maliens.

En outre, la lutte contre la pauvreté demeure un enjeu majeur. Le Mali figure parmi les pays les plus pauvres du monde, avec un taux de pauvreté élevé et des inégalités socio-économiques criantes. Pour surmonter ces défis, le prochain gouvernement devra mettre en œuvre des politiques efficaces de développement économique et social, visant à réduire la pauvreté, à créer des emplois et à améliorer l’accès aux services de base tels que l’éducation et la santé.

Parallèlement, l’instauration d’une gouvernance transparente et responsable est indispensable pour restaurer la confiance des citoyens dans les institutions publiques. La lutte contre la corruption et la promotion de la transparence dans la gestion des affaires publiques sont des priorités absolues. Les citoyens maliens exigent des dirigeants honnêtes et responsables, capables de défendre leurs intérêts et de garantir un meilleur avenir pour les générations futures.

Dans ce contexte, les prochaines élections ne seront pas simplement un moment de choix politique, mais également un test de résilience et de détermination pour le peuple malien. Les Maliens sont appelés à façonner leur propre avenir en exprimant leur voix dans les urnes et en participant activement au processus démocratique. Ces élections représentent une opportunité unique de faire entendre leurs préoccupations et leurs aspirations, et de contribuer à la construction d’un Mali plus fort, plus stable et plus prospère pour tous.

Chiencoro Diarra 

3 mars 2024 0 comments
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A la Une

La monnaie : reflet des enjeux politiques sahéliens

by Chiencoro 3 mars 2024
written by Chiencoro 3 minutes read

La perspective de création d’une nouvelle monnaie pour les pays de l’Alliance des États du Sahel soulève des questions cruciales quant à ses implications politiques. Entre renforcement de la coopération régionale et défis diplomatiques, cette initiative pourrait redéfinir les relations entre les nations sahéliennes et leur positionnement sur la scène internationale.

La proposition de mettre en place une nouvelle monnaie pour les pays du Sahel ne se limite pas à des considérations économiques, mais ouvre un débat sur les conséquences politiques d’une telle décision. En explorant les implications potentielles sur les relations régionales et internationales, il est possible d’anticiper les défis et les opportunités que cette initiative pourrait apporter à la région sahélienne.

Tout d’abord, la mise en place d’une monnaie commune renforcerait la coopération et l’intégration économique entre les pays du Sahel. Une monnaie partagée faciliterait les échanges commerciaux et les investissements transfrontaliers, créant ainsi un marché régional plus dynamique. Cette intégration économique accrue pourrait également favoriser la stabilité politique en réduisant les tensions et les conflits liés aux disparités économiques entre les pays voisins.

Des tensions et des défis diplomatiques

Sur le plan régional, la création d’une nouvelle monnaie renforcerait le positionnement politique et économique des pays du Sahel sur la scène internationale. En consolidant leur unité économique, les pays membres de l’Alliance des États du Sahel pourraient parler d’une seule voix dans les négociations commerciales et diplomatiques avec d’autres régions du monde. Cela renforcerait leur influence collective et leur capacité à défendre leurs intérêts communs sur la scène mondiale.

Cependant, la création d’une nouvelle monnaie pourrait également susciter des tensions et des défis diplomatiques. Certains pays voisins pourraient percevoir cette initiative comme une tentative de renforcement de l’influence politique et économique du Sahel dans la région, ce qui pourrait entraîner des frictions et des rivalités. De plus, la coordination des politiques monétaires entre les différents États membres nécessiterait un niveau élevé de coopération et de confiance mutuelle, ce qui pourrait être difficile à réaliser dans un contexte de rivalités politiques et de divergences d’intérêts.

Selon les chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, le Mali, le Burkina Faso et le Niger représentent ensemble 17,4 % de la population des pays membres de l’organisation régionale et 10 % de son PIB. Leur départ, voire la création d’une monnaie commune entraînera une réduction significative de la taille du marché de la CEDEAO, ce qui perturbera le commerce intracommunautaire et affectera divers secteurs, notamment l’agriculture, l’industrie et les ressources minérales.

Incertitude au sein des organisations internationales 

En outre, sur le plan international, la création d’une nouvelle monnaie dans le Sahel pourrait avoir des répercussions sur les relations avec les partenaires extérieurs, telles que les organisations régionales et les puissances mondiales. Les pays du Sahel devraient naviguer habilement entre les intérêts concurrents des acteurs internationaux pour maintenir leur indépendance politique et économique tout en tirant parti des opportunités de coopération et de développement offertes par leur nouvelle monnaie.

La création d’une monnaie pour les pays de l’Alliance des États du sahel (AES) aura des répercussions sérieuses sur leurs relations avec plusieurs organisations. Car ces trois pays bénéficiaient de plusieurs projets et programmes régionaux, selon la CEDEAO, financés par des institutions telles que la Banque mondiale, pour des montants considérables. La Réserve régionale de sécurité alimentaire, le Programme régional d’appui au pastoralisme au Sahel et d’autres initiatives sont désormais confrontés à l’incertitude quant à leur mise en œuvre et leur financement.

La création d’une nouvelle monnaie dans les pays du Sahel aurait des implications politiques, institutionnelles, économiques et financières profondes, tant au niveau régional qu’international. Bien qu’elle puisse renforcer la coopération et l’intégration économique entre les pays membres, elle pourrait également susciter des tensions et des défis diplomatiques. Il est donc essentiel que les pays du Sahel travaillent ensemble de manière proactive pour relever ces défis et exploiter les opportunités offertes par cette initiative pour promouvoir la stabilité et le développement dans la région.

Chiencoro Diarra 

3 mars 2024 0 comments
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Mahamat Idriss Déby
A la Une

Succession dynastique au Tchad : la candidature de Mahamat Idriss Déby Itno

by Bakary FOMBA 2 mars 2024
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Au Tchad, le président de la transition, le général Mahamat Idriss Déby Itno, a confirmé sa candidature pour l’élection présidentielle, prévue le 6 mai 2024.

Au pouvoir depuis avril 2021, suite à la mort de son père, le Maréchal Idriss Déby Itno, le général Mahamat Idriss Déby Itno a annoncé dans un discours ce samedi sa décision de se présenter à la prochaine élection présidentielle.

Mahamat Idriss Déby Itno, un successeur légitime

Alors qu’il a déclaré être prêt à relever les défis du pays et à poursuivre le travail commencé par son père, la candidature de Mahamat Idriss Déby Itno a été accueillie avec diverses réactions, suscitant à la fois le soutien de certains partisans du défunt président et la méfiance de ceux qui s’inquiètent de la succession dynastique au pouvoir.

À deux mois du scrutin, le jeune leader lève enfin le suspense qu’il entretenait autour de sa candidature depuis plusieurs mois. « Moi, Mahamat Idriss Déby Itno, je suis candidat à l’élection présidentielle de 2024 sous la bannière de la coalition de partis pour un Tchad uni », a-t-il déclaré. Cette annonce du président tchadien intervient après que 221 mouvements, revendiqués par cette coalition, lui ont demandé de se présenter. Il avait auparavant promis de rendre le pouvoir aux civils par des élections après une transition de dix-huit mois, mais, ce terme échu, il avait prolongé cette transition de deux ans.

Il ne fait aucun doute que cette candidature de Mahamat Idriss Déby Itno a été motivée par un soutien populaire au Tchad. En effet, 221 mouvements de la coalition de partis pour un Tchad uni lui ont demandé de se présenter. De même, certains partisans du défunt président Idriss Deby pourraient voir en Mahamat Idriss Déby Itno un successeur légitime et être enclins à le soutenir en tant que candidat.

Perpétuer l’héritage politique de son père

Cependant, plusieurs facteurs peuvent interpréter cette candidature d’autant plus que l’atmosphère sociopolitique du pays reste tendue. Au cours de la dernière semaine, le Tchad a été en proie à des violences qui ont fait des dizaines de morts et de blessés, notamment l’assassinat du leader du parti socialiste sans frontières (PSF) Yaya Dillo et l’arrestation de son opposant, Saleh Déby Itno, oncle de Mahamat.

La candidature de Mahamat Idriss Déby Itno, fils du défunt président Idriss Deby, pourrait être considérée comme une continuité de la dynastie au pouvoir. Sa candidature s’inscrit ainsi dans une tradition de succession dynastique au pouvoir en Afrique et au Tchad en particulier. Cela peut être interprété comme une tentative de perpétuer l’héritage politique de son père. De même, Mahamat Idriss Déby Itno a occupé des postes importants au sein du gouvernement et de l’armée, ce qui lui confère une base de pouvoir et d’influence. Sa candidature pourrait donc être perçue comme une volonté de continuer le travail entamé par son père et de maintenir la stabilité politique et institutionnelle du pays.

Une tentative de stabilisation politique

Par ailleurs, d’autres pourraient également voir cette candidature comme une tentative de stabilisation politique et de consolidation du pouvoir dans un contexte de transition politique après la mort de l’ancien président, qui dirigeait alors le pays depuis plus de trente ans. Elle pourrait également être perçue comme une opportunité pour une nouvelle génération de leaders de prendre en main les destinées d’un pays où l’histoire politique a été mouvementée. Il s’agirait notamment d’une opportunité de changement et de renouveau pour le pays.

Cependant, la perspective d’une succession dynastique et les inquiétudes concernant la consolidation du pouvoir au sein d’une même famille pourraient susciter des réactions divergentes, avec des partisans de l’opposition et de la démocratie s’inquiétant de l’équité et de la transparence de ce processus électoral.

Mahamat Idriss Déby Itno avait été proclamé par l’armée président de la transition le 20 avril 2021, à l’annonce de la mort de son père, le Maréchal Idriss Déby Itno.

Bakary Fomba

2 mars 2024 0 comments
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Féminicide
A la Une

Les ombres assassines : Le combat invisible contre le féminicide au Mali

by Sahel Tribune 2 mars 2024
written by Sahel Tribune 8 minutes read

Au Mali, le féminicide est devenu un fléau insidieux qui se propage, laissant derrière lui un lourd tribut de vies détruites et de familles brisées. Malgré les efforts des organisations et des militants, le combat pour mettre fin à cette violence meurtrière est loin d’être gagné.

Dans les rues animées des villes maliennes et dans les paisibles villages ruraux, des femmes et des filles sont confrontées à une réalité terrifiante : celle du féminicide, une forme extrême de violence basée sur le genre. Entre récits de survie poignants et appels désespérés à l’action, le Mali se trouve à la croisée des chemins, confronté à un défi urgent et vital : protéger ses femmes et mettre un terme à cette spirale de terreur domestique.

Les violences conjugales persistent depuis des années. Le mode de fonctionnement, la religion et la culture du pays, ainsi que les différentes ethnies, contribuent à maintenir une société patriarcale dominée par les hommes.

Bien que certaines personnes considèrent les efforts des associations féminines comme un simple gagne-pain ou une imposition des institutions internationales, la réalité est que sans un cadre juridique adéquat, les VBG continueront à prospérer dans notre société, avec une augmentation des scènes d’atrocités.

Au Mali, les chiffres sont encore plus alarmants. Selon le système d’information sur les violences basées sur le genre (GBVIMS), les cas de violence basée sur le genre (VBG) signalés ont augmenté de 49 % en 2022 par rapport à 2021, 98 % concernant des femmes et des filles. Toujours selon le même rapport du Système de Gestion d’Information liée aux VBG de l’UNFPA, le Mali a enregistré en 2022, 14 264 cas de VBG.

La vie de Assitan Sow sauvée par ses enfants

De plus, 14 % des personnes survivantes sont des femmes et des filles en situation de handicap. Une analyse des données secondaires provenant des centres de santé, y compris les One Stop Centers, confirme cette réalité atroce, illustrée par le cas de Assitan Sow, une jeune femme handicapée vivant à Ségou. Elle se souvient du soir où elle a échappé à son mari qui voulait mettre fin à sa vie. « J’étais mariée à un homme physiquement normal, contrairement à moi, qui abusait de mon handicap car il dépendait de moi. Après un an de mariage, il m’a annoncé qu’il voulait convoler en seconde noces et m’a demandé de lui prêter de l’argent pour son mariage, sous prétexte que mon handicap l’empêchait d’être satisfait en tant que mari », confie la jeune dame souffrant d’un handicap.

Le refus d’Assitan Sow a entraîné des coups de fouet de la part de son mari, qui a également volé son argent. Mais les choses ont empiré : « Un soir, il a pris un couteau. Tout le monde dormait. Il a essayé de me blesser pour prendre mon argent. Je me suis défendue mais il était plus fort que moi et m’a poignardé dans le dos. J’ai crié », affirme la jeune femme dont la vie a été sauvée par ses enfants, venus à son secours. Cette situation a finalement conduit au divorce, mais Assitan Sow vit encore avec les séquelles de ses blessures au dos.

Le cas d’Assitan est malheureusement courant. Après avoir échangé avec d’autres personnes handicapées, elles déclarent que leurs cas sont ignorés et minimisés, et qu’elles souffrent en silence.

Un coup de pilon sur la tête après un mariage forcé

La plupart des femmes victimes de violences conjugales n’osent pas dénoncer ces crimes, par peur de leur famille, de la communauté ou par crainte de déshonorer leur famille, entre autres raisons.

Considérant l’ampleur du problème, une femme anonyme originaire d’un village près de Ségou a partagé son témoignage. « J’ai été mariée de force à l’aîné de mon cousin par ma tante (la sœur de mon père) qui était en exil. À son retour, il m’a montré qu’il ne m’aimait pas et qu’il avait déjà une relation avec une femme européenne. Mais ma tante a insisté et le mariage a été célébré sans mon consentement », a-t-elle confié.

Après le mariage, deux mois se sont écoulés sans intimité entre le couple. La jeune femme a été rejetée par sa tante à cause des commentaires négatifs de son mari. « J’ai expliqué ma situation à mes parents. Ils m’ont dit que je n’étais plus leur enfant car ils m’avaient donnée à la sœur de mon père dès ma naissance, et qu’ils ne pouvaient rien faire pour moi. Ma mère, une femme conservatrice, n’a pas pu non plus m’aider », explique-t-elle.

Sans soutien, elle a décidé de rester dans son foyer malgré les abus de son mari et de sa tante. Elle n’avait nulle part où aller car son père lui avait interdit de retourner chez lui, affirmant qu’elle appartenait désormais à sa sœur. Mais le pire était à venir. Son mari, avec la complicité d’une de ses nièces, a tenté de la réduire au silence pour toujours. « Un jour, pendant que nous pilions le mil avec d’autres femmes, sa nièce est venue nous aider. Alors que nous pilions ensemble, elle m’a soudainement frappée à la tête avec un pilon. Le sang a jailli et j’ai perdu connaissance », raconte-t-elle. Après cet incident, malgré le rejet de son père, elle est retournée chez lui, mettant ainsi fin à son mariage forcé.

Bastonnée à mort alors qu’elle était enceinte

Le féminicide est devenu courant dans notre pays ces dernières années, en particulier les actes d’assassinat de conjointes. De nombreuses associations féminines dénoncent ces actes odieux où les femmes sont poignardées, étranglées ou égorgées par leur mari.

Le cas d’une femme qui a échappé à la mort illustre cette réalité. Après des années de mariage paisible, le comportement du mari de Binta T. a changé après une fête à Markala. « Après cette fête, le malheur de Binta T. a commencé. Elle a été battue à coups de fouet, de bâtons et d’objets tranchants. La jeune femme a informé sa famille de la situation mais on lui a demandé de rester dans son foyer par respect pour la tradition. Son mari répétait souvent qu’un jour, il lui écraserait la tête. Malgré ces menaces répétées et brutales, elle est restée. Des années plus tard, après une dispute, son mari a pris une brique et lui a écrasé la tête. Binta est décédée de ses blessures », raconte Keïta Alty Diallo, Coordinatrice du Réseau des Jeunes Femmes Leaders du Mali, REJEFO.

En 2021, environ 45 000 femmes et filles à travers le monde ont été tuées par leur conjoint, partenaire ou d’autres membres de leur famille selon l’ONU. Cela illustre le cas d’une femme au foyer d’une trentaine d’années, dont l’histoire nous est racontée par Alty Keïta, militante de la cause féminine à Ségou.

Il s’agit de Koro D., une femme mariée à un homme polygame, un mécanicien à Ségou. Selon Alty, l’homme maltraitait ses deux femmes, qui cohabitaient ensemble et ne sortaient pas à cause de sa jalousie. Il s’occupait même du marché. K. D. était la deuxième épouse. Pendant sa grossesse, son mari la battait jusqu’au sang, entraînant la perte de son premier enfant. La même chose s’est produite lors de sa deuxième grossesse. Sa famille lui a conseillé de quitter son foyer, mais elle a refusé par peur de son mari, qui la menaçait de la tuer, elle et sa première épouse, si elles partaient.

Durant sa troisième grossesse, K. D. est retournée chez sa famille avec sa mère pour accoucher. Malheureusement, il était trop tard pour sauver l’enfant et sa mère, qui avaient été victimes d’une autre violente attaque de son mari. Traumatisée, elle n’arrêtait pas de mentionner le nom de son mari à l’hôpital, rappelant ses violences à chaque grossesse. Quelques heures plus tard, elle est décédée, entraînant la mort de son enfant à naître en raison de complications liées à la grossesse. La famille de la défunte a pris en charge les frais funéraires, sans porter plainte contre le mari.

Les autorités sont interpelées

Face au nombre croissant de survivantes de féminicide, les organisations de la société civile appellent les autorités compétentes à mettre en place un cadre juridique et institutionnel solide pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles, ainsi qu’à sensibiliser le public à ce fléau.

« Je demande au président du Conseil National de la Transition de prendre des mesures sévères contre ceux qui mettent fin à la vie de leur conjoint. La loi doit être impitoyable envers ceux qui ôtent une vie, en particulier celle de leur conjoint », exhorte Alty Diallo, le cœur meurtri.

Tall Kadidia Karim Diarra, Coordinatrice régionale du réseau national des Jeunes Filles et Femmes Rurales du Mali, RENAJFFERM, plaide également en faveur d’un cadre juridique pour punir les maris violents. « Tuer une femme, c’est contribuer à la destruction de l’humanité. Protéger les femmes contre toutes les formes de violences basées sur le genre, c’est contribuer à la sauvegarde de l’humanité », souligne-t-elle, appelant les autorités à mettre en place et à appliquer rigoureusement une loi pour punir les auteurs de féminicide.

Face au nombre croissant de survivantes et de victimes de féminicide, combien de temps faudra-t-il encore attendre pour l’adoption et l’application d’une loi ? L’urgence est clairement manifeste.

En attendant, des femmes continuent de mourir et les autorités sont interpelées !

Fatoumata Z. Coulibaly, correspondante à Ségou

2 mars 2024 0 comments
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Faculte des Lettres et des Sciences humaines de Bamako
A la Une

Violence sur les Campus : exclusion définitive d’étudiants à l’USSGB

by Bakary FOMBA 2 mars 2024
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Dans un communiqué officiel émis par le Recteur par intérim de l’Université des Sciences sociales et de Gestion de Bamako (USSGB), en date du 27 février 2024, une décision sans appel a été prise concernant l’exclusion définitive de certains étudiants de l’Institut Universitaire de Gestion (IUG).

Cet arrêt, basé sur des fondements légaux incluant la Constitution et des décrets gouvernementaux, fait suite à une réunion de la commission de discipline de l’USSGB tenue le 25 janvier 2024. La décision rendue entérine l’exclusion définitive des étudiants dont les noms ont été mentionnés, pour des actes jugés incompatibles avec la conduite attendue d’un membre de l’institution.

Parmi les sanctions prononcées, on compte notamment l’exclusion définitive de plusieurs étudiants, dont Boubacar Coulibaly, Diatrou Diarra, Abdoulaye Traoré, Siré Lohan Dioni, et Mademoiselle Siraboula Kanté. Aussi il faut noter une interdiction formelle d’accès aux locaux de leur établissement respectif. 

Suspension des activités de l’AEEM au niveau secondaire 

Les motifs invoqués pour cette exclusion comprennent la découverte d’armes à feu et d’objets dangereux dans les locaux universitaires, ainsi que des comportements violents sur le campus universitaire de Badalabougou au cours de l’année précédente.

Parallèlement à ces mesures disciplinaires, une suspension des comités syndicaux au niveau des établissements secondaires a été annoncée, par le ministre de l’Éducation nationale, dans un communiqué en date du 1er mars 2024. Des incidents violents impliquant l’utilisation d’armes à feu lors du renouvèlement des Comités de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) dans plusieurs lycées, dont le lycée Ba Aminata Diallo, le lycée Askia Mohamed, le lycée technique de Bamako et le lycée Kalilou Fofana de Bougouni, ont motivé cette décision.

Le ministère de l’Éducation nationale a exprimé une « vive préoccupation face à ces évènements », soulignant l’importance d’un environnement d’apprentissage sûr et propice. Par conséquent, les activités de l’AEEM des établissements de l’enseignement secondaire sont suspendues jusqu’à nouvel ordre, afin de protéger le personnel enseignant et les apprenants des perturbations liées à la violence.

Pacification de l’espace universitaire 

Cette série de mesures, bien que controversée, fait suite à la suspension des activités de l’AEEM, le 28 février dernier par le ministre de l’Éducation nationale. Cela après des cas de violences avérés. 

Ces différentes mesures du gouvernement malien témoignent des efforts déployés pour maintenir l’ordre et la sécurité au sein des institutions éducatives du Mali, dans un contexte marqué par des défis persistants en matière de discipline et de gestion des conflits.

Depuis quelques années, les autorités maliennes travaillent à la pacification de l’espace universitaire à travers plusieurs parmi lesquels l’installation de poste de police, mais aussi des patrouilles. Malgré tout, la violence continue d’avoir la peau dure dans cet espace. 

Bakary Fomba

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Mise en place des membres du Comité de pilotage du Dialogue inter-maliens.
Exclusif

Dialogue inter-malien : clôture de l’atelier préparatoire

by Sahel Tribune 2 mars 2024
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Dans un contexte marqué par des années de conflits internes et d’instabilité politique, la clôture de l’atelier préparatoire au dialogue inter-Maliens représente un moment crucial dans la quête de paix et de réconciliation nationale. Malgré les défis persistants et les ombres qui planent sur l’invitation des acteurs clés, l’espoir demeure que cet effort collectif ouvre la voie à un avenir plus pacifique et stable pour le Mali.

Au Mali, une lueur d’espoir brille à l’horizon alors que le pays cherche à surmonter ses défis persistants en matière de conflits internes et de troubles socio-politiques. Une étape cruciale vient d’être franchie avec la clôture officielle de l’atelier de quatre jours sur les préparatifs du futur dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation.

L’événement, qui a vu la participation du Premier ministre Choguel Maïga et de plusieurs membres du gouvernement, a été marqué par l’adoption des termes de référence du dialogue par les quelque 350 participants. Ces termes de référence, bien que sujets à quelques ajustements mineurs, ont été validés à l’unanimité, reflétant ainsi un consensus solide.

Le dialogue inter-Maliens, qui s’étalera sur un mois, sera structuré en quatre étapes à différents niveaux, culminant avec un rassemblement national de cinq jours. Ces discussions se pencheront sur des questions cruciales telles que la paix, la réconciliation nationale, les institutions, l’économie, la sécurité et la géopolitique.

Les recommandations du dialogue seront mises en œuvre

Cependant, une ombre plane sur cet effort de réconciliation alors que les rebelles du CSP, signataires de l’accord de paix de 2015, n’ont pas été conviés. Cette exclusion soulève des inquiétudes quant à la capacité du dialogue à réellement résoudre les conflits en cours.

Malgré ces défis, certains participants expriment un optimisme prudent. L’implication des déplacés et des réfugiés, en particulier, est perçue comme un élément clé pour trouver des solutions durables. Pour beaucoup, cependant, il reste un sentiment de déjà-vu, avec des consultations nationales antérieures ayant donné lieu à peu de changements concrets.

Néanmoins, l’espoir persiste que cette fois-ci, les recommandations émanant du dialogue seront effectivement mises en œuvre. C’est dans cette application concrète que réside peut-être la véritable différence cette fois-ci.

Alors que le Mali se tourne vers l’avenir, cet effort de dialogue représente un pas crucial vers la restauration de la paix et de la stabilité dans le pays. Seul le temps dira si ces aspirations se concrétiseront en des changements tangibles et durables pour le peuple malien.

Oumarou Fomba

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