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Lancement du dialogue inter-malien
A la Une

Le baobab du consensus : le Mali cultive sa paix à l’ombre de la souveraineté 

by Chiencoro 15 avril 2024
written by Chiencoro 3 minutes read

Le Mali entame un nouveau chapitre de son histoire avec le lancement du Dialogue inter-malien pour la paix et la réconciliation nationale, une initiative purement malienne pour résoudre ses conflits internes. Sous la direction du Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta, cette démarche vise à unifier et à pacifier le pays en se libérant des influences extérieures et en favorisant un consensus national.

Enraciné profondément dans la volonté de l’âme malienne, le Dialogue inter-malien pour la paix et la réconciliation nationale a débuté ce samedi 13 avril 2024, illuminant le chemin vers une paix authentiquement malienne, forgée par les mains et les cœurs de ses propres citoyens. Sous l’impulsion du Colonel Assimi Goïta et la direction éclairée de l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, le Mali a courageusement choisi de tracer sa propre voie, mettant de côté les arrangements de 2015, qui sous couvert de médiation internationale, n’ont pas réussi à cimenter la paix tant espérée.

« Appropriation nationale du processus de paix »

La journée de mobilisation du 13 avril, marquée par le début des délibérations au niveau communal, incarne un esprit de renouveau et d’autodétermination. La décision salvatrice de suspendre les activités des partis et des associations politiques, bien que controversée, vise à préserver l’intégrité de ce dialogue crucial. Dans le cadre de ces discussions, les citoyens de toutes les régions du Mali, y compris les vastes étendues de Taoudéni, se sont exprimés avec une honnêteté brute sur les défis qui entravent leur harmonie nationale.

Les images diffusées par la télévision d’État ORTM et les témoignages des participants révèlent un engouement palpable pour cette initiative. « Le Mali en avait besoin, c’est le moment opportun », confirme une participante, soulignant l’urgence et la pertinence de ce rassemblement national. C’est une réflexion collective sur les racines des conflits communautaires et intercommunautaires qui ont longtemps déchiré le tissu social du pays.

Avec 805 communes engagées dans ce processus, le dialogue promet d’être inclusif et représentatif de la diversité malienne. La structure de ce dialogue, méticuleusement planifiée et progressivement mise en œuvre, démontre un engagement profond envers des solutions durables. Le Colonel Goïta, dans son message de Nouvel An, a réitéré cet engagement, optant pour une « appropriation nationale du processus de paix ». Cette orientation est un rejet clair de l’interventionnisme qui a caractérisé les tentatives de paix précédentes, souvent éclipsées par des intérêts étrangers.

Reprendre en main son destin 

La série de rencontres expliquant les phases du dialogue, coordonnée par Ousmane Issoufi Maïga, ne se limite pas à la capitale, mais s’étend à chaque coin du Mali où les Maliens se rassemblent pour réfléchir ensemble à leur avenir commun. Les discussions de ce week-end jettent les bases des phases régionales et du district, où les recommandations seront affinées avant la grande Assemblée nationale de mai.

Les confessions religieuses, les autorités traditionnelles, et même les chasseurs ont tous manifesté leur soutien, unifiant leur voix dans une prière pour le succès de ce dialogue. Ils s’engagent non seulement à participer, mais aussi à promouvoir l’importance de cette initiative, assurant que chaque Malien se sente impliqué et vital dans ce processus de guérison nationale.

Le Dialogue inter-malien n’est pas seulement une série de réunions ; c’est le reflet d’une nation qui aspire à se redéfinir et à renforcer son tissu social sans la tutelle des forces extérieures. C’est un moment de vérité pour le Mali, une occasion de reprendre en main son destin avec l’espoir que cette fois, la voix du peuple malien sera non seulement entendue, mais aussi respectée et intégrée dans la construction d’un avenir où la paix et la prospérité sont possibles.

Chiencoro Diarra 

15 avril 2024 0 comments
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Dr Salif Sacko, auditeur de justice
A la Une

[Tribune] Les graines de la discorde : comment la marginalisation a semé la crise au nord du Mali

by Salif Sacko 14 avril 2024
written by Salif Sacko 3 minutes read

Dans l’aride paysage du nord du Mali, les grains de sable de la marginalisation et des conflits non résolus ont longtemps tourbillonné, formant une tempête de crises sécuritaires. Aujourd’hui, explique Dr Salif Sacko, auditeur de justice, cette région, marquée par des rébellions et une instabilité croissante, cherche des voies vers la paix, dans l’ombre de son histoire tourmentée.

Depuis l’indépendance du Mali en 1960, la région nord du pays, principalement habitée par les Touaregs, a été le théâtre de récurrentes tensions et rébellions. Ces conflits, souvent perçus comme des répercussions directes de la décolonisation, reflètent des enjeux profonds de marginalisation politique et économique, exacerbés par une gestion centralisée du pouvoir à Bamako. Dr Sacko tente de décomposer les origines historiques de ces tensions et d’explorer leurs évolutions jusqu’à la crise de sécurité actuelle, marquée par le terrorisme et la criminalité transfrontalière organisée.

Les rébellions touarègues et leurs impacts

La marginalisation du nord Mali commence véritablement lors de l’imposition de l’autorité malienne après l’indépendance, perçue localement non pas comme une libération, mais comme une nouvelle forme de colonisation. Les autorités de Bamako ont tenté d’imposer une administration exogène, reproduisant les structures de l’époque coloniale, sans tenir compte des spécificités et des besoins de la population touarègue. Cette gestion a alimenté un sentiment d’aliénation et a posé les bases des premières rébellions touarègues dans les années 1960.

Ces rébellions ont été des points de basculement dans la lutte pour le contrôle et l’autonomie du Nord. La rébellion de 1963, suivie par d’autres dans les années 1990 et 2000, ont toutes souligné l’échec des politiques de Bamako à intégrer cette région de manière équitable. Le Pacte national de 1992, signé sous Alpha Oumar Konaré, promettait plus d’intégration et de développement pour le Nord, mais les réformes nécessaires n’ont pas été suffisamment mises en œuvre, laissant la porte ouverte à des tensions persistantes.

La situation sécuritaire s’est nettement détériorée après la guerre civile algérienne et la chute de Mouammar Kadhafi en Libye en 2011, qui ont conduit à un afflux d’armes et de combattants expérimentés dans le nord du Mali. Les groupes djihadistes, tels qu’AQMI, ont profité du vide de pouvoir pour s’implanter dans la région, transformant les dynamiques locales de pouvoir et aggravant les tensions existantes. La crise de 2012, illustrant cette montée en puissance, a non seulement démontré la fragilité des structures étatiques maliennes, mais aussi l’internationalisation du conflit dans la région.

Conséquences de la criminalité transfrontalière organisée

Outre le terrorisme, le nord du Mali est devenu un carrefour pour la criminalité transfrontalière organisée, notamment le trafic de drogues et d’armes. Ces activités illégales ont renforcé les réseaux criminels qui, souvent liés à des groupes armés, contribuent à une instabilité chronique. Cette situation compromet non seulement la paix dans la région, mais menace également la sécurité à l’échelle régionale et internationale.

Le nord du Mali illustre tragiquement les conséquences d’une marginalisation prolongée et d’une gestion centralisée insensible aux réalités locales. Les réponses de Bamako, souvent militaires plutôt que politiques ou économiques, n’ont fait qu’aggraver la situation, entraînant la région dans un cycle apparemment sans fin de rébellion et de violence. Pour rompre ce cycle, il est impératif d’adopter une approche plus inclusive qui reconnaisse et intègre les aspirations des populations du Nord, tout en combattant efficacement les réseaux de criminalité et de terrorisme qui ont prospéré sous le couvert de cette instabilité.

Dr Salif Sacko, auditeur de justice 


Notre rédaction ne partage pas forcément le contenu de cette analyse sur la situation dans les régions nord du Mali.

14 avril 2024 0 comments
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Niger-Etats-Unis
A la Une

Marche pour la souveraineté: Niamey conteste la présence militaire étrangère

by Sahel Tribune 13 avril 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

À Niamey, ce samedi 13 avril, la jeunesse nigérienne, appuyée par des vagues de citoyens de toutes les strates de la société, a pris d’assaut les rues dans une marche d’une ampleur remarquable. Leur cible ? La présence des troupes américaines sur le sol nigérien, un symbole de l’ingérence étrangère qui semble désormais plus encombrante qu’utile aux yeux d’une population en quête de souveraineté et d’autodétermination.

Au cœur de cette agitation, l’armée américaine, avec ses 1 100 militaires solidement ancrés, principalement à la base aérienne stratégique d’Agadez, devenue le symbole d’une présence que beaucoup jugent néocoloniale. De cette base décollent drones et hélicoptères, scrutant les confins du Sahara, sous couvert de lutte anti-terroriste. Mais aujourd’hui, le peuple nigérien, jeune et moins jeune, scande un refus catégorique de cette tutelle camouflée en partenariat sécuritaire.

Non à l’Amérique sur notre terre !

Les manifestants, essentiellement des collégiens, lycéens, étudiants, et même des militaires déplacés par bus pour rejoindre ce mouvement, ont marché pacifiquement. Ils ont suivi leurs leadersdu Conseil national de sauvegarde de la patrie (CNSP), applaudissant les discours qui retentissaient en écho à leurs propres pensées : « Non à l’Amérique sur notre terre !« 

Ce rassemblement n’est pas un fait isolé. Il survient dans un contexte où les autorités militaires, actuellement au pouvoir, renforce leurs liens avec la Russie, nouvel allié choisi pour contrer l’influence américaine. L’arrivée récente d’instructeurs russes et de matériels militaires, dont un système de défense anti-aérien, matérialise ce pivot vers Moscou, soulignant une volonté de diversifier les partenariats stratégiques et de renforcer l’autonomie défensive du Niger.

Cet événement marque un point de bascule. Il reflète une fracture entre les aspirations des citoyens nigériens et les politiques de sécurité menées jusqu’à présent avec les États-Unis. La foule, fervente et déterminée, a illustré une page nouvelle de l’histoire nigérienne, tournée lors d’un meeting vibrant sur la grande Place de la concertation, là où résonnent d’ordinaire les échos parlementaires.

Symbole puissant de la résistance d’un peuple

La manifestation de ce samedi matin, bien plus qu’une simple marche de protestation, est un symbole puissant de la résistance d’un peuple contre les manœuvres géopolitiques qui le dépassent. Elle soutient la décision récente de la CNSP de rompre l’accord militaire avec les États-Unis, un geste audacieux et peut-être risqué, mais indéniablement populaire, qui reconfigure les alliances et redéfinit l’avenir géostratégique du Niger.

Dans cette dynamique, le Niger ne se contente pas de changer de partenaires; il cherche à reprendre en main son destin. C’est un message clair que Niamey envoie au monde : le Niger veut être l’architecte de sa défense et le forgeron de sa propre sécurité. Cet éveil des consciences pourrait bien être le prélude à une ère nouvelle, où le Niger, guidé par la volonté de son peuple, naviguera les eaux tumultueuses de la géopolitique internationale avec une boussole recalibrée sur ses propres intérêts et valeurs.

Oumarou Fomba

13 avril 2024 0 comments
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Ousmane Issoufi MAÏGA, Président du Comité de pilotage du Dialogue inter-malien.
A la Une

M. Ousmane Issoufi Maïga prône l’autonomie dans le processus de Paix au Mali

by Chiencoro 13 avril 2024
written by Chiencoro 3 minutes read

Le vendredi 12 avril 2024, M. Ousmane Issoufi Maïga, président du Comité de pilotage du Dialogue Inter-Maliens, a adressé un discours poignant au corps diplomatique et consulaire au Ministère des Affaires étrangères à Bamako, Mali. Ce discours a marqué une étape cruciale dans la démarche vers la paix et la réconciliation, affirmant l’engagement du Mali à résoudre ses crises internes par un dialogue national sans ingérence extérieure.

À la croisée des chemins de son histoire tumultueuse, le Mali se tourne vers un horizon lumineux, celui d’un dialogue interne orchestré sous les auspices du Colonel Assimi Goïta et du Comité de pilotage présidé par M. Ousmane Issoufi Maïga. En cette occasion solennelle, le 12 avril 2024, M. Maïga s’est adressé au corps diplomatique et consulaire depuis le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, réaffirmant un engagement national vers la paix et la réconciliation.

Pas un retour sous l’arbre à palabre

Les mots du Président du Comité de pilotage résonnent avec la force d’un appel à la souveraineté et à l’autodétermination. « Vous aviez écouté, avec l’attention bien aimable des diplomates que vous êtes, l’importante adresse du Chef de l’État, » a commencé M. Maïga, rappelant les initiatives précédentes marquées souvent par des échecs dus à des tentatives extérieures de résolution des crises. La nouvelle approche, profondément ancrée dans les traditions de médiation locale — le dialogue sous l’arbre à palabres —, vise à redonner aux Maliens la maîtrise de leur destin commun.

« Le Dialogue inter-maliens pour la Paix et la Réconciliation Nationale fait autre chose qu’un retour sous l’arbre à palabre, » a souligné M. Maïga. Cette initiative, selon lui, n’est pas seulement un retour aux sources culturelles mais aussi une affirmation de l’indépendance dans la gestion des affaires internes du Mali. En s’adressant directement aux Maliens, le Colonel Goïta et son gouvernement cherchent à laver « les souillures du linge commun » sans intermédiaires, ce qui marque un tournant décisif dans la politique de réconciliation nationale.

Les Maliens ne peuvent plus faire traiter leurs problèmes par procuration

La réunion d’échanges du 12 avril n’a pas seulement été une occasion de dialogue, mais aussi une affirmation de la position du Mali sur la scène internationale. « Les Maliens ne peuvent plus faire traiter leurs problèmes par procuration. Ils sont les maîtres de leur destin commun, » a déclaré M. Maïga, rejetant toute forme de médiation qui ne respecterait pas les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale du pays. Cette démarche souligne un rejet clair des influences externes non alignées avec les intérêts nationaux maliens.

L’engagement vers un dialogue interne ne signifie pas pour autant un isolement. Au contraire, M. Maïga a appelé les partenaires internationaux à soutenir cette démarche, qui non seulement aidera le Mali à regagner sa stabilité mais contribuera également à la paix et la sécurité dans toute la sous-région. « Nous vous sollicitons, vous les frères et amis du Mali, afin que vous souteniez cette initiative de dialogue direct inter-malien dont l’issu favorable sera sans doute le début d’une nouvelle ère de paix et de stabilité pour notre sous-région et pour l’Afrique entière. »

Plus qu’une série de réunions; c’est le fondement d’un Mali renouvelé

En concluant son discours, M. Maïga a non seulement remercié l’audience pour son attention mais a aussi partagé le calendrier des prochaines étapes du Dialogue Inter-malien pour la Paix et la Réconciliation Nationale, signe que le Mali avance avec des plans concrets et une volonté de réussir là où d’autres ont échoué.

Dans la vision claire et résolue de M. Maïga et du Colonel Goïta, ce dialogue représente plus qu’une série de réunions; c’est le fondement d’un Mali renouvelé, uni par les fils du pardon et de la compréhension mutuelle, tissant ensemble le tissu d’une nation enfin apaisée.

Chiencoro Diarra

13 avril 2024 0 comments
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Salif Sacko
A la Une

[ Tribune ] Définir les combattants: une urgence pour le Droit international humanitaire dans les CANI

by Salif Sacko 13 avril 2024
written by Salif Sacko 4 minutes read

Les conflits armés non internationaux (CANI) présentent des défis uniques pour le droit international humanitaire, notamment en raison de la non-reconnaissance du statut de combattant pour les membres de groupes armés non étatiques. Dr Salif Sacko, auditeur de justice, souligne les nécessités et les voies potentielles pour renforcer la législation existante afin d’améliorer l’application du droit humanitaire et des droits de l’homme dans ces contextes complexes.

Dans le labyrinthe des conflits armés non internationaux, les lignes entre combattant et civil s’entremêlent souvent, créant une toile complexe où le droit international humanitaire peine à tracer son chemin. Dr Sacko dévoile les efforts pour dénouer ces fils, proposant des réformes essentielles pour guider la justice à travers les zones d’ombre de la guerre moderne.

Les conflits armés non internationaux (CANI) présentent d’importants défis juridiques et humanitaires, mettant souvent en lumière les lacunes du droit international humanitaire (DIH) en matière de reconnaissance et de protection des membres de groupes armés non étatiques. Contrairement aux conflits internationaux, « le DIH ne reconnaît pas explicitement le statut de combattant » à ces individus, créant ainsi une « zone grise en termes de protection et d’obligations ». 

Contexte juridique et nécessité de réforme

Le cadre juridique actuel des CANI repose principalement sur l’article 3 commun aux Conventions de Genève de 1949 et sur le Protocole additionnel II de 1977. Ces documents, bien que fondamentaux, « ne confèrent pas le statut de combattant aux membres de groupes armés non étatiques », les considérant souvent comme des criminels selon le droit national. Cette distinction crée des complications majeures dans l’application du DIH, destiné à protéger les individus non impliqués directement dans les hostilités. L’absence de définitions claires pour les statuts de combattant et de civil génère une « incertitude dans l’identification des personnes éligibles à la protection ».

Cette lacune juridique n’encourage pas les groupes armés non étatiques à respecter scrupuleusement les règles du DIH. L’absence de reconnaissance formelle et de protection équivalente à celle accordée aux combattants dans les CAI peut diminuer l’incitation pour ces groupes à adhérer aux normes et aux obligations du DIH, contribuant ainsi à une escalade de la violence et à une détérioration des conditions humanitaires lors de ces conflits.

Pour aborder ces déficiences, une harmonisation des Protocoles additionnels I et II pourrait être envisagée pour « assurer une cohérence accrue et une application plus uniforme des normes humanitaires ». Proposer par analogie certains privilèges du statut de combattant aux membres des groupes armés dans les CANI pourrait améliorer significativement le respect des règles de la guerre par ces groupes, en échange de protections juridiques spécifiques.

Défis de mise en œuvre

La réalisation de ces réformes nécessite de surmonter plusieurs obstacles majeurs. D’abord, il est essentiel d’établir une distinction claire et objective entre les groupes armés légitimes et ceux impliqués dans des activités terroristes ou de graves violations du DIH. 

De plus, une « coopération internationale renforcée et une réelle volonté politique » sont indispensables pour intégrer ces changements dans les protocoles existants, un défi qui peut être complexe à relever dans le contexte géopolitique actuel. Il est également crucial de s’assurer que l’extension du statut de combattant à certains groupes armés non étatiques ne contribue pas à une légitimation de la violence indiscriminée.

De plus, il est essentiel d’assurer que l’extension du statut de combattant à des groupes armés non étatiques ne se traduise pas par une augmentation de la légitimité de groupes qui utilisent la violence de manière indiscriminée ou disproportionnée. La surveillance internationale et les mécanismes de contrôle doivent donc être renforcés pour garantir que les nouveaux statuts ne facilitent pas l’impunité pour des actes qui devraient, selon le DIH, être sanctionnés. 

Nécessaire renforcement des textes juridiques

Ces défis montrent que tout changement dans la réglementation du DIH doit être minutieusement planifié et exécuté avec la collaboration de tous les acteurs internationaux concernés, pour maintenir un équilibre entre la nécessité de protéger les droits des combattants légitimes et la prévention de la violence injustifiée.

L’adaptation des régulations du DIH pour mieux refléter les réalités des CANI est une tâche difficile, mais nécessaire pour « une meilleure protection des droits humains dans les conflits armés non internationaux ». Les efforts pour renforcer ces textes juridiques sont essentiels pour assurer l’efficacité du droit international humanitaire et maintenir la dignité humaine au cœur des zones de conflit.

Dr. Salif Sacko, auditeur de justice

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Kassogué, ministre de la justice.jpg
Actu

Mali : un rapport sur les droits de l’Homme contesté par le ministère de la Justice

by Sahel Tribune 10 avril 2024
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Lors de la session ordinaire du Conseil des Ministres tenue le mercredi 10 avril 2024, sous la présidence du Colonel Assimi Goïta, Chef de l’État et Président de la Transition, au Palais de Koulouba, des discussions cruciales ont été menées sur la situation des Droits de l’Homme au Mali.

Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, a mis en lumière la participation du Mali à un Dialogue interactif tenu le 28 mars 2024 à Genève, Suisse, axé sur le rapport de l’Expert indépendant sur les Droits de l’Homme dans le pays, couvrant la période du 04 avril au 30 novembre 2023.

La politisation et l’instrumentalisation des Droits de l’Homme

Face à ce rapport, décrit comme « préoccupant » par l’Expert indépendant, le ministre a exprimé son mécontentement, critiquant « l’impertinence » de ce document « essentiellement à charges et basé sur des informations non recoupées« . Il a souligné que « les efforts et progrès réalisés dans le domaine des Droits de l’Homme » par le Mali méritaient reconnaissance, énumérant une série d’avancées significatives. Parmi celles-ci, il a cité « la lutte contre l’impunité« , « l’accélération de la lutte contre la corruption« , ainsi que « l’intensification de la lutte contre l’esclavage par ascendance, les violences sexuelles liées aux conflits et les violences basées sur le genre« .

Le ministre a également mis en avant « la réalisation de nombreuses réformes politiques et institutionnelles, dont l’adoption et la promulgation d’une nouvelle Constitution« , et « le renforcement du processus de paix et de réconciliation nationale à travers un Dialogue direct inter-maliens« . Il a affirmé l’importance de « la préservation de l’espace civique à travers le libre exercice de la liberté d’expression et de la liberté d’opinion« , soulignant que ces droits constitutionnels sont « garantis » au Mali.

Le ministre a réitéré « la ferme volonté du Gouvernement du Mali de poursuivre, dans le strict respect de sa souveraineté, sa coopération avec tous les mécanismes relatifs à ces droits« , tout en s’opposant « à la politisation et à l’instrumentalisation des Droits de l’Homme« . Ce discours marque une affirmation claire du Mali à défendre ses progrès en matière de Droits de l’Homme, tout en critiquant les approches qu’il considère comme biaisées et contre-productives dans l’évaluation de sa situation.

Younouss

10 avril 2024 0 comments
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Défense commune
Actu

Vers la stabilité : le Mali met en pause la politique pour le bien du dialogue national

by Sahel Tribune 10 avril 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires complexes et la nécessité de consolider le dialogue national, les autorités maliennes de la transition ont annoncé, le mercredi 10 avril 2024, une mesure de grande envergure pour garantir la sérénité du processus démocratique en cours. Cette décision, consistant à suspendre les activités des partis et regroupements politiques sur l’ensemble du territoire, reflète un engagement profond envers la stabilité et l’intégrité du Dialogue inter-malien.

Dans le jardin de la démocratie malienne, où les fleurs de dialogue cherchent à éclore sous le soleil ardent de la transition, les autorités ont choisi de tailler les branches qui menaçaient l’harmonie du paysage. Ce geste, dicté par la nécessité de protéger la croissance fragile de la paix, marque le début d’une ère où le Mali, tel un phénix, aspire à renaître plus uni et résilient.

Agir pour le bien supérieur de la nation

Le Colonel Assimi Goïta, à la tête de cette transition, a clairement exprimé sa volonté de ne laisser aucun obstacle compromettre la réussite de ce dialogue crucial pour l’avenir du Mali. Cette démarche, bien que drastique, s’inscrit dans une logique de préservation de l’ordre public et de la paix sociale, éléments indispensables à la réalisation des aspirations profondes du peuple malien.

La nécessité de cette suspension trouve son fondement dans les actions de plus en plus disruptives de certains partis politiques et associations, qui, loin de contribuer positivement au débat national, ont plutôt engagé des démarches pouvant mettre en péril la cohésion et la sécurité du pays, précise le communiqué du Conseil des ministres. Ces mouvements, agissant souvent en dehors du cadre légal et réglementaire établi par la loi malienne, menaçaient d’entraver les efforts de transition et de réconciliation nationale, explique la même source.

Il est important de souligner que cette décision ne s’est pas prise à la légère. Elle intervient après une analyse minutieuse de la situation et dans le respect des cadres législatifs et réglementaires en vigueur, y compris les dispositions récentes qui encadrent de manière stricte les activités politiques et associatives. Les autorités de transition, tout en affirmant leur volonté de dialogue et de consensus, se sont vues contraintes d’agir pour le bien supérieur de la nation.

Processus de dialogue inter-malien

Ces mesures prises par les autorités maliennes de la transition témoignent d’un engagement résolu à surmonter les défis sécuritaires et à mener à bien le processus de dialogue inter-malien. Elles sont le reflet d’une volonté d’assurer le bien-être des populations et de jeter les bases d’un Mali uni, souverain et prospère. Dans cet esprit, le gouvernement invite toutes les forces vives de la nation à contribuer de manière constructive au débat national, dans le respect des principes qui fondent la République et l’état de droit.

Cette période de transition, bien qu’émaillée de défis, représente une opportunité unique pour le Mali de se réinventer et de bâtir un avenir solide, sur les fondements de la justice, de la paix et de la solidarité. Les autorités maliennes, conscientes de la lourde responsabilité qui leur incombe, restent déterminées à conduire ce processus avec la rigueur et la sagesse nécessaires, pour le plus grand bénéfice de tous les citoyens maliens.

Oumarou Fomba

10 avril 2024 0 comments
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