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Plantation d'arbres dans la forêt de Koulouba
A la UneClimat et environnement

Près de 400 arbres pour la paix : la réconciliation au Mali se conjugue aussi désormais avec écologie

by Cheickna Coulibaly 17 septembre 2025
written by Cheickna Coulibaly 3 minutes read

Dans le cadre de la 4 ᵉ Édition de la Semaine nationale de la Réconciliation (SENARE 2025), une cérémonie de reboisement s’est tenue ce mardi 16 septembre 2025 dans la forêt classée de Koulouba. Cette initiative, placée sous le signe de la paix et de la durabilité, a donné naissance à un « Bosquet de la paix », constitué de près de 400 plants d’essences locales.

La cérémonie a réuni plusieurs membres du gouvernement, parmi lesquels la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mme Doumbia Mariam Tangara, aux côtés du ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le général Ismaël Wagué, du ministre des Affaires religieuses, du culte et des coutumes, Dr Mahamadou Koné, ainsi que de nombreux représentants de la jeunesse, des femmes, des autorités coutumières et religieuses.

Planter un arbre, c’est poser un acte d’espérance

Dans son allocution, la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable a salué le leadership du Président de la Transition et a remercié le ministre de la Réconciliation pour avoir associé son département à cette initiative. « Je voudrais en ce moment solennel, saluer le leadership visionnaire de Son Excellence le Général d’armée Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l’État, dont la clairvoyance et l’engagement inspirent nos pas vers la paix et la cohésion. Je voudrais aussi exprimer ma profonde gratitude à Monsieur le ministre, que je nomme mon Général, d’avoir voulu associer mon département à cette grande célébration nationale. », a déclaré Mme Doumbia Mariam Tangara. 

Semaine nationale de la Réconciliation
Plantation d’arbres dans la forêt de Koulouba, le 16 septembre 2025, dans le cadre de la Semaine nationale de la Réconciliation. ©Cheickna Coulibaly/Sahel Tribune.

Elle a poursuivi en rappelant la portée symbolique de l’événement : « Planter un arbre, c’est poser un acte d’espérance et de foi en l’avenir. Le bosquet de la paix que nous inaugurons aujourd’hui dans la forêt classée de Koulouba n’est pas seulement une plantation. Il est un symbole vivant de notre pardon, du dialogue et de la solidarité. Chaque arbre grandira comme la paix que nous voulons consolider. »

Un Mali réconcilié avec lui-même et avec la nature

Elle a également mis en lumière le rôle écologique et social de cette action : « Le choix de la forêt classée de Koulouba n’est pas anodin. Poumon vert de la capitale et témoin silencieux de l’histoire de notre nation, elle joue un rôle écologique majeur. En y aménageant un bosquet d’un hectare, nous contribuons à enrichir son couvert végétal et à assurer sa régénération, inscrivant ainsi la réconciliation nationale dans le temps long de la nature. »

SENARE 2025
La ministre de l’environnement au milieu, à sa gauche le ministre des Affaires religieuses, et à sa droite le ministre de la Réconciliation, le 16 septembre 2025, à l’issue de la plantation d’arbres dans la forêt de Koulouba, dans le cadre de la SENARE 2025. ©Cheickna Coulibaly/Sahel Tribune.

Organisée en collaboration avec les autorités locales, les services des Eaux et forêts, les femmes et les jeunes, cette initiative incarne la volonté de lier réconciliation et protection de l’environnement. Elle s’inscrit pleinement dans la vision de la SENARE 2025, qui met l’accent sur des actions concrètes en faveur de l’unité nationale, de la cohésion sociale et du développement durable.

La plantation de près de 400 arbres à Koulouba apparaît comme un symbole fort : celui d’un Mali qui veut se réconcilier avec lui-même et avec la nature, en transmettant aux générations futures un héritage de paix et de durabilité.

Cheickna Coulibaly 

17 septembre 2025 0 comments
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SENARE 2025
A la UnePolitique

SENARE 2025 : une édition placée sous le signe de la culture et de la paix

by Cheickna Coulibaly 16 septembre 2025
written by Cheickna Coulibaly 4 minutes read

La grande salle de conférence du CICB vibrait ce lundi matin 15 septembre 2025. Archi-pleine, elle a d’abord résonné avec l’ensemble instrumental national, avant que les dozos n’enflamment la salle par leurs rythmes traditionnels. La fanfare militaire nationale a ensuite clos ce moment introductif avec l’hymne national, donnant à la cérémonie toute sa solennité. Dès l’entame, le ton était donné : la culture et les traditions, mises au service de l’unité et de la paix.

Initiée et pilotée par le ministère de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, la Semaine nationale de la Réconciliation (SENARE), instituée par la Loi d’Entente nationale de 2019, est désormais un rendez-vous annuel inscrit au mois de septembre. Elle vise à informer, sensibiliser et mobiliser l’opinion publique autour de la paix, de la réconciliation et du vivre-ensemble.

Sous le haut parrainage du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, et sous la présidence du Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Général de Division Abdoulaye Maïga, la 4 ᵉ édition de la SENARE a officiellement été lancée. Plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le Général de Corps d’Armée Ismaël Wagué, étaient présents.

Faire des expressions artistiques et culturelles des leviers de paix

Dans son allocution d’ouverture, le Premier ministre a rappelé le sens de cette semaine : « La Semaine nationale de la Réconciliation est l’occasion de célébrer les idéaux du vivre-ensemble à travers des activités éducatives, socio-culturelles, artistiques, sportives et mémorielles ».

Cette édition 2025 coïncide avec l’Année de la Culture, décrétée par le Président de la Transition. Le Premier ministre a souligné : « Replacer la culture au cœur des politiques publiques, renforcer la souveraineté culturelle du pays et faire des expressions artistiques et culturelles des leviers de paix, de réconciliation et de vivre-ensemble ».

Le thème choisi — « Héritage culturel : facteur de paix et de cohésion sociale dans l’espace AES » — illustre cette volonté. Le Premier ministre a cité quelques repères de la société malienne, autant de garde-fous face aux crises : le sinankounya (cousinage à plaisanterie), le siguignogonya (bon voisinage), le bouranyan (liens de mariage) et le nimogoya (honneur et dignité), véritables instruments de réconciliation et de prévention des conflits.

Un rendez-vous au cœur d’un contexte difficile‎

La SENARE 2025 se tient alors que le Mali fait face à une crise multidimensionnelle : rébellion armée persistante, attaques terroristes, fragilisation du tissu social. Dans ce contexte, la réconciliation nationale est perçue comme une urgence vitale. Le Premier ministre a lancé un appel vibrant : « Le chemin de la réconciliation et de la paix est long, certes, les défis sont immenses, mais avec notre volonté commune, la réconciliation est à notre portée et la paix est possible. Marchons ensemble, main dans la main, sur le chemin de la paix et de la réconciliation nationale ».

Une semaine riche en activités

Tout au long de la semaine, la SENARE propose un programme varié et ambitieux. Les débats citoyens et panels éducatifs permettront de sensibiliser et mobiliser les populations sur les enjeux de la réconciliation et de la paix. Les activités sportives, adaptées à chaque région, incluent à Bamako, des courses de chevaux et de la lutte traditionnelle, tandis que les séances de prières et bénédictions collectives rassembleront les communautés religieuses. 

Les expositions artistiques et photographiques, sur le thème « Portraits et messages de paix », mettront en avant le talent des jeunes artistes de l’espace AES, et les caravanes de sensibilisation diffuseront des messages de cohésion sociale dans toute la capitale et les régions. Le point d’orgue de la semaine sera la Nuit de la Réconciliation, un dîner-gala réunissant artistes et acteurs de la paix pour la remise du Prix annuel de la Paix.

En déclarant ouvertes les activités, le Premier ministre n’a pas manqué de féliciter et remercier le ministre de tutelle pour son engagement pour la paix et la réconciliation.

Les activités de la SENARE se poursuivront jusqu’au 21 septembre 2025, en écho à la Journée internationale de la Paix et à la veille de la Fête de l’Indépendance, avec l’ambition de faire de cette semaine un moment de dialogue, de pardon et de renouveau pour tout le Mali.

‎Cheickna Coulibaly 

16 septembre 2025 0 comments
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Victoire de Mahamat Idriss Déby à la présidentielle au Tchad
Politique

Constitution tchadienne : un vote historique qui redessine le pouvoir à N’Djamena

by Sahel Tribune 15 septembre 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Au Tchad, la révision constitutionnelle adoptée le 15 septembre bouleverse les équilibres institutionnels. Derrière un habillage technique, les députés ouvrent la voie à un mandat présidentiel illimité pour Mahamat Idriss Déby. Entre « présidence à vie » évoquée dans l’hémicycle et réforme des règles du jeu politique, c’est tout l’avenir de la jeune Constitution de 2023 qui se joue.

C’est une réforme que l’on avait présentée comme « technique », presque anodine, un simple ajustement de la loi fondamentale adoptée il y a vingt mois pour tourner la page de la transition. Lundi 15 septembre, dans l’hémicycle de N’Djamena, les députés tchadiens ont pourtant voté un texte qui change la donne : un mandat présidentiel allongé de cinq à sept ans, désormais renouvelable sans limitation. Autrement dit, l’ouverture assumée de la voie à une présidence sans fin pour Mahamat Idriss Déby.

Autant de révisions, autant de leviers de contrôle

Le scrutin n’a laissé place à aucune ambiguïté. 171 députés sur 188 ont validé la proposition, un seul — l’opposant Beral Mbaïkoubou — a voté contre. Les autres, tétanisés ou résignés, ont préféré boycotter la séance ou quitter la salle, notamment après la provocation d’un élu du Mouvement patriotique du salut (MPS), qui, porté par un zèle déconcertant, a suggéré d’aller plus loin encore : une « présidence à vie », au nom d’une prétendue « émanation divine » du pouvoir et du coût excessif des élections, rapporte un média étranger. Le reste, chacun le sait, n’était plus qu’une formalité.

Car au-delà du mandat présidentiel, c’est toute l’architecture institutionnelle qui est retouchée. Désormais, le président pourra cumuler ses fonctions avec celles d’un parti — Mahamat Idriss Déby, déjà président du MPS depuis janvier, en sort légitimé a posteriori. Le rapport ouvre aussi la voie à un financement public des campagnes électorales, à l’allongement du mandat des députés de cinq à six ans et même à la création d’un poste de vice-Premier ministre. Autant de révisions, autant de leviers de contrôle.

La tentation du pouvoir sans fin, aussi vieille que les républiques qu’elle prétend fonder

Le gouvernement, qui dit « prendre acte » de l’initiative, ne s’y trompe pas. Le Sénat, lui, a déjà mis en place sa propre commission spéciale. Mercredi 17 septembre, députés et sénateurs se réuniront en Congrès, avec à l’horizon une adoption formelle attendue le 13 octobre.

Dans les couloirs de N’Djamena, certains parlent d’« ivoirisation » du modèle tchadien, en référence à l’art consommé des présidences africaines de s’éterniser au pouvoir sous couvert de révisions légales. D’autres rappellent que c’est précisément pour éviter ce piège qu’avait été écrite la Constitution de décembre 2023. Une évidence s’impose toutefois : au Tchad comme ailleurs, la tentation du pouvoir sans fin reste une constante politique, aussi vieille que les républiques qu’elle prétend fonder.

A.D

15 septembre 2025 0 comments
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Sommet des chefs d'Etats de l'AES
A la UneOpinion

AES : l’irréversible basculement qui fait trembler Paris et rassure l’Afrique

by Chiencoro 15 septembre 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Deux ans après sa création, l’Alliance des États du Sahel (AES) fascine bien au-delà de ses frontières. Un sondage exclusif réalisé pour Jeune Afrique, révèle que, malgré les critiques officielles et les mises en garde occidentales, les opinions publiques ouest-africaines plébiscitent ce bloc sahélien. Symbole d’une souveraineté reconquise et d’un rejet des tutelles anciennes, l’AES s’impose comme le laboratoire d’une nouvelle ère géopolitique africaine.

Il est des chiffres qui valent plus que de longs discours. 77 % des citoyens interrogés dans six pays francophones d’Afrique de l’Ouest jugent l’Alliance des États du Sahel (AES) « bonne ou très bonne », selon les résultats d’un sondage publié ce lundi 15 septembre 2025 par le média panafricain Jeune Afrique. Même en Côte d’Ivoire, fief d’Alassane Ouattara et bastion de l’orthodoxie pro-CEDEAO, 66 % des sondés affichent leur approbation. Deux ans après sa création à Bamako, l’AES est devenue plus qu’une alliance militaire. Elle incarne une idée-force, une alternative, presque un rêve collectif, expliquent nos confrères de Jeune Afrique, à la veille du deuxième anniversaire de la signature de la Charte du Liptako-Gourma, le 16 septembre 2023.

S’inventer un destin sans béquilles occidentales

Ce n’est pas un détail. Car ce plébiscite populaire survient alors même que les chancelleries occidentales, relayées par certaines ONG, tentent de réduire l’expérience sahélienne à un « espace de non-droit ». Or, la perception est têtue. Ce que voient et retiennent les peuples, ce sont les images fortes — le départ des troupes françaises, la reprise en main des mines d’uranium et d’or, la fin probable du système CFA en ligne de mire, l’affirmation d’une souveraineté assumée. Autant de gestes vécus comme une reconquête de l’indépendance, là où Paris et ses alliés ne veulent y voir qu’un « populisme autoritaire ».

La force de l’AES tient à ce paradoxe, selon les auteurs du sondage. En se libérant du joug françafricain, elle ne convainc pas seulement ses propres citoyens, mais suscite l’admiration des voisins. Et pour cause : dans une Afrique où la jeunesse étouffe sous le chômage, l’endettement et l’arrogance des vieilles élites, l’expérience sahélienne agit comme un électrochoc. Elle prouve qu’il est possible de dire non, de rompre les chaînes et de s’inventer un destin sans béquilles occidentales.

L’AES, le tombeau définitif de la Françafrique

On le sait, à Paris comme à Abidjan, ce message dérange. Car derrière le sondage, c’est une lame de fond qu’il faut lire : la fin de l’hégémonie française et la décomposition progressive du système CEDEAO. La popularité de l’AES, loin d’être un feu de paille, traduit une recomposition géopolitique irréversible. Une Afrique francophone qui, pour la première fois depuis soixante ans, regarde son avenir sans demander la permission.

Reste une évidence : l’AES n’est pas un épiphénomène, mais le symptôme d’un basculement irréversible. Là où les élites pro-occidentales parlent encore de « sanctions » ou de « retour à l’ordre constitutionnel », les peuples, eux, célèbrent une souveraineté retrouvée. Et si l’Occident, englué dans ses obsessions sécuritaires, voit dans l’alliance sahélienne une menace, les populations y lisent au contraire une promesse — celle d’un avenir où les décisions ne se prennent plus à Paris, mais à Bamako, Ouagadougou ou Niamey.

C’est cette réalité têtue qui ronge aujourd’hui l’influence française et fissure le vieux système CEDEAO. L’histoire retiendra que l’AES a été le tombeau définitif de la Françafrique. Et que, deux ans après sa naissance, ce bloc sahélien aura su imposer à ses voisins — et au monde — une vérité simple : la souveraineté, même balbutiante, reste infiniment plus séduisante que la tutelle éternelle.

Chiencoro Diarra 

15 septembre 2025 0 comments
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Se marier ou rester celibataire
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Pourquoi de plus en plus de jeunes Maliens choisissent de rester célibataires

by Cheickna Coulibaly 14 septembre 2025
written by Cheickna Coulibaly 4 minutes read

À Bamako, le célibat volontaire prend de l’ampleur. Selon la Septième Enquête Démographique et de Santé du Mali (EDSM-VII 2023–2024, INSTAT), la proportion de célibataires est plus élevée chez les hommes (47 %) que chez les femmes (21 %). Pour certains, ce célibat s’explique par des contraintes économiques ou des expériences douloureuses ; pour d’autres, il s’agit d’un choix réfléchi, inspiré par la quête de liberté, de réussite professionnelle ou d’indépendance. Le mariage n’est donc ni rejeté ni abandonné, mais redéfini selon les priorités de chacun.

Dans les rues animées de la capitale, des grins aux marchés bondés, les jeunes discutent, travaillent ou prennent le thé. La statistique officielle révèle que près d’un homme sur deux reste célibataire, contre une femme sur cinq. Derrière ces chiffres se cache une mosaïque de motivations, entre désir de liberté, difficultés financières et prudence face à l’engagement.

Stabilité financière et respect mutuel

Pour beaucoup, rester seul n’est pas un choix mais une nécessité. Amadou Traoré, 27 ans, conducteur de moto-taxi à Djaneguela, rêve de mariage. « J’aimerais me marier, mais je n’ai pas encore les moyens de payer la dot ni de m’installer », confie-t-il. Aminata Coulibaly, 22 ans, vendeuse de beignets, ajoute : « Beaucoup de jeunes filles veulent se marier, mais elles savent que sans moyens, ça restera un rêve. Alors elles attendent, parfois longtemps. »

D’autres, au contraire, privilégient leur liberté. Fatoumata Diarra, 24 ans, étudiante en commerce, explique : « Être mariée signifie moins de liberté. Je préfère profiter de ma vie et faire ce que je veux. » Souleymane Koné, 29 ans, employé dans une librairie, abonde dans le même sens : « Pour moi, le mariage n’est pas une obligation. Je préfère voyager, travailler, rencontrer des gens, avant de me lancer dans une vie de couple. »

Certaines jeunes femmes, elles, voient dans le célibat une stratégie. Aïssatou Sangaré, 26 ans, employée dans une agence de communication, affirme : « Je ne veux pas m’engager à n’importe quel prix. Je préfère attendre quelqu’un qui pourra m’offrir une sécurité. » Kadiatou Cissé, 27 ans, complète : « J’ai des exigences claires pour mon futur mari : stabilité financière et respect mutuel. Si ça ne correspond pas, je préfère rester célibataire. »

Entre expériences passées et modèles de célébrités

Pour d’autres encore, ce choix découle d’expériences douloureuses. Moussa Diarra, 30 ans, se souvient : « Je me suis marié très jeune et ça n’a pas marché. Depuis, je préfère rester seul. » Mariam Bengaly, 28 ans, confie : « J’ai vécu une relation difficile qui m’a appris à ne pas me précipiter. Désormais, je prends le temps de me connaître avant de songer au mariage. »

Les modèles de célébrités influencent aussi les jeunes. Ousmane Traoré, 23 ans, étudiant en finance, explique : « Je regarde Sidiki Diabaté, Cristiano Ronaldo… Ils ont tout pour eux et pourtant, ils repoussent le mariage pour leur carrière. Ça m’inspire. Je veux réussir d’abord, faire fortune, avant de me marier. Comme on dit : “Si tu veux changer le monde, fais-le en étant célibataire. Une fois marié, même ta télécommande ne t’appartiendra plus.” »

Pressions sociales et sagesse des aînés

À ce tableau s’ajoute la pression sociale. Ibrahim Sangaré, 25 ans, raconte : « Dans ma famille, le mariage est obligatoire à un certain âge. Mais je ne me sens pas prêt. Pour éviter les conflits, je reste célibataire et j’encaisse la pression de mes parents. » Fatou Coulibaly, 23 ans, étudiante en droit, nuance : « Beaucoup de jeunes filles subissent les pressions familiales, mais choisissent d’attendre pour éviter un mariage malheureux. »

Le regard des aînés apporte une note d’équilibre. Mariama Diarra, 52 ans, mariée depuis 30 ans et mère de trois enfants, conseille : « Je ne juge pas les jeunes qui restent célibataires. Chacun a ses raisons. Mon conseil, c’est de ne pas se précipiter et de construire son avenir avant de s’engager. »

Ainsi, à Bamako, le célibat — qu’il soit choisi ou subi — ne reflète pas seulement un rejet du mariage. Il traduit un mélange complexe de contraintes économiques, de stratégies personnelles, d’expériences passées, d’attentes sociales et culturelles, mais aussi de nouvelles aspirations portées par les jeunes générations.

Cheickna Coulibaly

14 septembre 2025 0 comments
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SENARE 2024
A la UnePolitique

SENARE 2025 : Quand l’héritage culturel rassemble les Maliens et les peuples de l’AES

by Cheickna Coulibaly 14 septembre 2025
written by Cheickna Coulibaly 3 minutes read

Le Mali s’apprête à vivre, du 15 au 21 septembre 2025, la quatrième édition de la Semaine nationale de la Réconciliation. Cette initiative, née d’une volonté politique et citoyenne de tourner les pages douloureuses du passé, veut offrir à tous les Maliens, ainsi qu’aux peuples frères du Burkina Faso et du Niger, un espace de rencontre, de dialogue et de partage autour d’un bien commun : la culture.

Le thème retenu cette année, « Héritage culturel : facteur de paix et de cohésion sociale dans l’espace AES », traduit l’ambition d’aller puiser dans les racines profondes des sociétés sahéliennes des réponses aux défis du présent. Car depuis toujours, les alliances traditionnelles, les pactes de cousinage, les danses populaires, les contes et les récits transmis par les anciens ont servi de repères et de garde-fous pour préserver la paix et désamorcer les conflits.

La jeunesse et les femmes 

La cérémonie d’ouverture, prévue le lundi 15 septembre au Centre International de Conférences de Bamako, se déroulera sous le haut parrainage du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, et sous la Haute Présidence du Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga. Cette rencontre solennelle marquera le coup d’envoi d’une semaine dense et riche en activités.

Conférences, panels, débats citoyens, expositions, projections artistiques, caravanes de sensibilisation et prières collectives jalonneront le programme. Dans les rues de Bamako comme dans les villages les plus reculés, dans les espaces publics comme dans les orphelinats, des voix multiples s’élèveront pour rappeler que la paix n’est pas seulement une affaire d’État, mais aussi un engagement quotidien porté par chaque citoyen.

Les jeunes auront une place de choix dans cette édition. À travers des compétitions sportives, des ateliers artistiques et des espaces de dialogue, ils seront invités à réfléchir sur leur rôle dans la transmission des valeurs de tolérance et de solidarité. Les femmes, quant à elles, animeront des panels sur leur rôle central dans la réconciliation, elles qui portent la mémoire des familles et qui tissent les liens invisibles entre les générations.

La SENARE, une grande fête nationale

Un moment fort sera sans doute la Nuit de la Réconciliation, organisée au CICB. Entre prestations artistiques, causeries et remise du Prix annuel de la Paix, cette soirée se veut à la fois festive et symbolique. Elle mettra en lumière celles et ceux qui, dans l’ombre, œuvrent chaque jour pour préserver la paix, renforcer la cohésion sociale et donner un sens concret à l’unité nationale.

Mais la SENARE 2025 ne se limite pas à Bamako. Dans toutes les régions du Mali, des activités adaptées aux réalités locales seront organisées : plantation d’arbres symboliques, veillées de contes, matchs de football intercommunautaires, concerts, cérémonies de bénédictions. Même la diaspora, à travers les ambassades et missions diplomatiques, prendra part à cette dynamique collective.

Plus qu’un calendrier d’événements, la SENARE se veut une grande fête nationale de la mémoire et de l’espérance. Elle rappelle à chacun que les valeurs héritées des ancêtres ne sont pas de simples souvenirs, mais des ressources précieuses pour reconstruire le tissu social et tracer la voie d’un avenir commun.

En 2025, année de la Culture au Mali, cette édition revêt une signification particulière. Elle est une invitation à transformer les chants, les danses, les récits et les symboles en outils de réconciliation et de développement. À travers elle, le Mali affirme son rôle de pionnier dans la diplomatie culturelle et son attachement indéfectible à la paix.

Cheickna Coulibaly 

14 septembre 2025 0 comments
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Le Colonel Assimi Goïta au Sommet Russie-Afrique.
A la UneÉconomie

Au Mali, le coup de maître de Bamako face au géant Barrick

by Chiencoro 13 septembre 2025
written by Chiencoro 2 minutes read

En débauchant Hilaire Diarra, figure respectée du secteur minier et ancien cadre stratégique de Barrick, les autorités maliennes de la transition marquent un point décisif dans le bras de fer engagé avec le géant canadien. Désormais, c’est l’État malien qui impose son tempo et non les multinationales.

Nouvelle déconvenue pour Barrick Mining. Après avoir vu, le 16 juin dernier, la mine stratégique de Loulo-Gounkoto placée sous administration provisoire, le groupe canadien vient de subir une nouvelle perte symbolique, mais hautement politique.  Hilaire Bebian Diarra, ex-directeur général de la mine d’or de Tongon (Côte d’Ivoire), a été nommé en août conseiller spécial du président de la Transition, le général Assimi Goïta.

Un choix hautement stratégique

Spécialiste reconnu en sciences de la Terre, Diarra n’est pas un technicien ordinaire. C’est l’un des cadres les plus expérimentés du secteur aurifère ouest-africain, ayant longtemps travaillé au cœur des opérations de Barrick. Son ralliement à Bamako consacre une bascule. Le Mali, troisième producteur d’or du continent, démontre qu’il n’entend plus laisser à des sociétés étrangères le monopole du savoir-faire et du pilotage stratégique.

Cette nomination intervient dans un contexte où les autorités de Transition ont multiplié les signaux de fermeté vis-à-vis des multinationales extractives. L’or, ressource vitale qui représente près de 75 % des recettes d’exportation du pays, ne peut plus être un simple gisement de rente pour des intérêts extérieurs. L’arrivée de Diarra au palais de Koulouba illustre une logique désormais assumée. Il s’agit de transformer le capital humain et l’expertise locale en levier de souveraineté.

Un signal au-delà du Mali

Pour Barrick, la perte est double. D’un côté, le groupe est affaibli par la mise sous tutelle de Loulo-Gounkoto, fleuron de sa présence au Mali ; de l’autre, il voit l’un de ses anciens piliers régionaux rejoindre l’adversaire. Au-delà du symbole, c’est tout un rapport de force qui bascule. À Bamako, certains évoquent déjà « la fin du temps des concessions » où les États se contentaient de royalties symboliques en échange de ressources stratégiques.

Avec ce recrutement, le Mali laisse comprendre que le temps de la dépendance est révolu, place à l’affirmation souveraine. Dans le Sahel confédéré au sein de l’AES (Mali, Burkina Faso, Niger), cette décision est perçue comme une étape supplémentaire d’un processus irréversible, à savoir la maîtrise nationale des ressources naturelles.

Chiencoro Diarra 

13 septembre 2025 0 comments
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