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Caniveaux bouchés
A la UneClimat et environnement

Pollution au Mali : un fléau que nous avons normalisé

by Hawa Diaby 29 juillet 2025
written by Hawa Diaby 2 minutes read

Dans nos quartiers, dans nos rues, les ordures sont partout. Elles s’amoncellent au pied des maisons, longent les routes, bouchent les caniveaux. Et pourtant… personne ne semble s’en alarmer. Ce qui devrait choquer est devenu banal. On vit au milieu des déchets comme si cela était normal. Cette situation est d’autant plus alarmante qu’elle ne cesse de s’aggraver.

Chaque saison des pluies, les mêmes scènes se répètent : les eaux stagnent, les ordures remontent, les rues deviennent des marécages de boue et d’infections. Les caniveaux débordent, les moustiques prolifèrent, les maladies suivent. Pourtant, face à ce désastre, la réaction collective reste la même : l’indifférence.

Certes, des associations et initiatives existent pour lutter contre la pollution. Mais soyons honnêtes : où sont les résultats ? Où est la rigueur ? Où est l’implication réelle de la population ? À force de vivre dans l’insalubrité, beaucoup ont baissé les bras. Pire encore, ils accusent l’État ou les ONG, sans jamais remettre en question leur propre comportement.

Chacun préfère balayer l’intérieur de sa maison et jeter les déchets juste devant sa porte. Chacun pense que c’est « le rôle des autres ». Mais si nous ne commençons pas par nous-mêmes, par notre propre trottoir, notre rue, qui le fera à notre place ?

Il est temps de se réveiller. L’air que nous respirons, le sol que nous piétinons, l’eau que nous utilisons sont en danger. Nous devons cesser de banaliser le sale, l’insalubre, le dangereux. Nos enfants méritent un environnement sain, propre, digne.

Il ne s’agit plus de dénoncer, mais d’agir. De prendre ses responsabilités. D’être le changement que l’on veut voir. Parce qu’à force de pointer du doigt, nous oublions que nous avons tous les doigts sales.

Hawa Diaby

29 juillet 2025 0 comments
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Patrice Talon
Sécurité

Bénin-AES : Vers un début de convergence ? 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 28 juillet 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

À l’occasion de sa fête nationale, le Bénin a invité des troupes étrangères, dont certaines issues de l’Alliance des États du Sahel (AES), à participer à son défilé militaire. Une démarche qui traduit une volonté d’ouverture envers ses voisins sahéliens.  Ce geste pourrait marquer un tournant dans la coopération régionale et montrer l’importance d’une approche commune contre le terrorisme. Une évolution que beaucoup observent comme le signe d’un début de convergence entre pays sahéliens et côtiers.

Sans effacer les différends passés, cette main tendue peut traduire une prise de conscience, notamment, les défis sécuritaires du Sahel et des pays côtiers sont intimement liés. Le Bénin semble désormais reconnaître que le combat contre le terrorisme ne peut se gagner qu’ensemble.

Une initiative qui dépasse les symboles

C’est par la voix du porte-parole du gouvernement béninois, Wilfried Léandre Houngbédji, que l’annonce a été faite. Le 20 juillet, il a révélé que plusieurs pays ont été conviés à prendre part au défilé aux côtés des troupes béninoises, parmi lesquels figurent des membres de l’AES. « Nos populations sont les mêmes de part et d’autre des frontières », a-t-il déclaré.

Au-delà de l’aspect protocolaire, ce message est porteur d’une idée fondamentale, à savoir celle d’un destin partagé. Car si les divergences politiques ont longtemps pris le pas sur la coopération, les réalités sécuritaires s’imposent aujourd’hui à tous.

L’épreuve du feu, la tragédie d’avril

Le 17 avril dernier, une attaque jihadiste meurtrière dans le nord du Bénin, à la frontière nigérienne, a coûté la vie à 54 soldats béninois. L’attaque, revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), a démontré la perméabilité des frontières et les limites de l’approche sécuritaire strictement nationale.

Dans la foulée, les autorités béninoises ont exprimé leur frustration face au manque de coordination avec certains voisins. Pourtant, l’invitation adressée aujourd’hui aux pays de l’AES peut aussi être lue comme une volonté de dépasser les accusations, et de revenir à une logique d’action conjointe.

Des tensions politiques qui ont laissé des traces

Depuis la rupture entre les pays de l’AES et la CEDEAO, les relations entre le Bénin et certains d’entre eux se sont nettement dégradées. Cotonou avait été accusé d’avoir facilité des actions hostiles à l’égard de certains pays de l’AES, des accusations que le Bénin a rejetées.

Malgré cette défiance, les autorités béninoises semblent vouloir reposer les bases d’une coopération transfrontalière, en reconnaissant tacitement que les approches institutionnelles divergentes ne doivent pas empêcher le dialogue ni la coordination sur des questions aussi vitales que la sécurité.

Une fête nationale comme point de départ

La célébration du 65 ᵉ anniversaire de l’indépendance béninoise est présentée par le gouvernement comme un moment d’« apothéose ». Si elle marque peut-être la fin de mandat du président Patrice Talon, elle pourrait aussi symboliser le début d’une phase de rapprochement avec les États du Sahel.

L’invitation aux troupes de l’AES, dans ce contexte, n’est pas anodine. Elle porte l’espoir d’un dialogue renouvelé, fondé non plus uniquement sur les exigences de partenaires extérieurs, mais sur la réalité du terrain et des intérêts partagés entre voisins.

Une compréhension progressive des dynamiques sahéliennes

Les pays de l’AES ont souvent exprimé leur volonté de conduire leurs politiques sécuritaires de façon souveraine, loin des injonctions d’anciennes puissances ou d’organisations régionales jugées trop rigides. En tendant la main, le Bénin semble reconnaître que cette posture repose sur une volonté de mieux protéger leurs peuples et territoires.

Face à la menace terroriste qui frappe aussi bien le Sahel que les pays du Golfe de Guinée, cette évolution du discours béninois apparaît comme un signe d’ajustement stratégique. Elle pourrait annoncer une phase de coopération plus réaliste et plus enracinée dans les priorités africaines.

Une coopération indispensable pour la stabilité régionale

Si les troupes sahéliennes répondent présentes au défilé du 1er août, cela renforcera le message selon lequel la sécurité au Sahel et au Bénin ne peut être dissociée. Même si aucune réaction officielle n’est encore venue de l’AES, le simple fait que l’invitation soit posée indique un début de changement d’approche de la part de Cotonou.

Dans une sous-région fragmentée, mais confrontée aux mêmes menaces, cette ouverture pourrait être un point de bascule. Il ne s’agit plus d’imposer des modèles, mais de construire ensemble des solutions. Et cela, le Bénin semble aujourd’hui le comprendre.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

28 juillet 2025 0 comments
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Donald Trump propose son appui au Mali
A la Une

Lutte contre le terrorisme : Quand la première puissance militaire du monde insiste pour appuyer le Mali

by Sidi Modibo Coulibaly 28 juillet 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

Le mois de juillet 2025 pourrait être qualifié de mois américain au Mali, car Bamako a vu défiler deux missions de haut niveau sur les bords du Djoliba. L’une s’est effectuée en début de mois et l’autre à la fin du même mois de juillet. Une autre preuve que le Mali Kura séduit de plus en plus les puissances du monde.

L’administration Trump, bien que mal aperçue par plusieurs pays africains, accorde une grande importance au Mali. D’abord, elle a épargné les ressortissants maliens dans sa décision importante d’interdiction d’accès dans son territoire à une vingtaine de pays, dont onze pays africains. Dans une autre décision de restriction partielle concernant sept (7) pays, dont trois (3) Africains, elle a épargné aussi le Mali. 

Ces décisions ont été publiées le jeudi 05 juin 2025. Ensuite, le Mali n’a pas été associé à l’humiliation faite à cinq (5) chefs d’État africains invités à Washington par Trump en début juillet 2025. Et puis, Washington n’a pas demandé au Mali, comme à des pays africains, d’accueillir des migrants qu’elle s’apprête à expulser de son territoire. Et voilà qu’après avoir fait subir une humiliation inédite aux cinq chefs d’États africains invités, Trump dépêche au Mali deux missions en l’espace de quelques jours. La première s’est effectuée en début de juillet 2025 et la seconde dans la dernière décade du même mois.

« Une aubaine pour collaborer avec le Mali »

Tel a été l’un des propos de William B. Stevens, sous-secrétaire d’État adjoint pour l’Afrique de l’Ouest et envoyé spécial des États-Unis au Sahel. L’émissaire du gouvernement américain était au Mali du 21 au 22 juillet 2025. Cette visite reflète l’engagement constant des États-Unis à approfondir leur partenariat avec le peuple malien et à renforcer les relations bilatérales dans les domaines de la sécurité et de l’économie. « Les États-Unis sont engagés dans la lutte contre le terrorisme et prêts à collaborer avec le Mali », a déclaré William Stevens. Il a souligné que la sécurité figurait parmi les priorités abordées avec les autorités maliennes, réaffirmant l’engagement de son pays dans la lutte contre le terrorisme. 

Selon lui, les États-Unis disposent des moyens pour bloquer les financements des groupes terroristes tels qu’Al-Qaïda et le JNIM, et comptent collaborer étroitement avec le Mali à cet effet. Sur le plan économique, Stevens a annoncé que la création de la Chambre américaine de commerce, dans les jours à venir, permettrait à des Américains de venir investir au Mali. Le secteur de la recherche scientifique a fait partie de l’objet du séjour de Stevens. Il a visité les laboratoires scientifiques universitaires et a annoncé la poursuite de la formation de chercheurs maliens dans son pays. Cette mission de Stevens fait suite à celle d’un conseiller de la présidence américaine.

Expertise dans la lutte contre le terrorisme vantée 

Cette première mission, qui s’est effectuée dans la première décade du mois de juillet 2025, était conduite par Rudy Atallah, directeur adjoint principal de la lutte contre le terrorisme au Conseil de Sécurité nationale de la présidence américaine. Le mercredi 09 juillet 2025, la délégation américaine s’est entretenue avec la partie malienne dirigée par le ministre des Affaires étrangères accompagné de son collègue de la sécurité. 

Au cours de la rencontre, l’émissaire de Trump a indiqué que son pays dispose d’une expertise avérée dans la lutte contre le terrorisme qu’il souhaite mettre à la disposition du Mali. Il a poursuivi en affirmant que son pays veut accompagner le Mali face à la menace terroriste croissante et consolider la coopération bilatérale et régionale, notamment avec la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES). L’expert américain en lutte contre le terrorisme a souligné aussi que la stratégie antiterroriste de son pays vise à développer des réponses efficaces dans le respect de la souveraineté malienne.

On peut dire que la première mission était technique et la seconde politique. Pendant les deux missions, les Américains ont clairement indiqué qu’ils respecteront les principes qui guident l’action publique du gouvernement malien. Ces principes, au nombre de trois, sont : le respect de la souveraineté du Mali, le respect des choix souverains du peuple malien et la défense de ses intérêts vitaux.

Sidi Modibo Coulibaly

28 juillet 2025 0 comments
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Remise de la charte nationale pour la paix
Edito

Le Mali face à lui-même

by Fousseni TOGOLA 28 juillet 2025
written by Fousseni TOGOLA 8 minutes read

À l’heure où le Mali cherche à recoudre son tissu social déchiré par des années de violences, la Charte nationale pour la paix et la réconciliation sonne comme un retour aux sources. En réhabilitant les mécanismes endogènes de résolution des conflits — palabre, cousinage à plaisanterie, respect des aînés — ce texte marque une tentative assumée de synthèse entre valeurs traditionnelles et institutions modernes. Un pari ambitieux sur l’âme malienne, que seule une appropriation collective pourra transformer en levier durable de stabilité.

En remettant, le 21 juillet 2025, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), le projet de charte nationale pour la paix et la réconciliation au président de la Transition, l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga n’a pas simplement transmis un texte. Il a formulé, à travers un vocabulaire d’une densité rare, une sorte de pacte moral avec l’histoire, une tentative de reconquête des fondations profondes de la société malienne. « La charte nationale souligne la nécessité de résoudre les crises et les conflits en privilégiant les modes alternatifs et les mécanismes endogènes de prévention, de gestion et de règlement des conflits qui ont montré leur efficacité », a-t-il déclaré, dans un souffle où perçait la nostalgie d’un ordre ancien que les convulsions modernes ont ébranlé.

La sagesse parle toujours d’une même voix

Mais au-delà de cette volonté de restaurer des équilibres perdus, c’est à un véritable manifeste de civilisation qu’on assiste. « Pour ce faire, elle met en exergue certaines valeurs partagées de la Nation : les alliances et la parenté à plaisanterie, l’autorité des parents, la conscience professionnelle, le dialogue, la dignité, l’honneur, le pardon, le patriotisme, le respect des aînés, la solidarité, la tolérance, l’hospitalité, l’humanitude, l’humilité, la loyauté, le multilinguisme, le travail et la vertu », a encore précisé le président de la commission de rédaction, énumérant ce qui pourrait s’apparenter à une charte morale de l’âme malienne.

Car l’Afrique — et le Mali en particulier — n’a pas attendu la Déclaration universelle des droits de l’hommepour inventer des moyens de gérer les tensions et les désaccords. Le conflit n’est pas un champ de bataille, mais un désordre à rééquilibrer ; la parole, un instrument de justice. Comme l’écrivait Amadou Hampâté Bâ en prêtant ses mots à son maître Thierno Bokar, « tous les maux de nos sociétés se résument à l’intolérance et l’incompréhension ». 

Ce constat trouve un écho inattendu chez un penseur à l’opposé du monde mandingue : Karl Popper. Dans son œuvre sur la « société ouverte », ce philosophe austro-britannique, souvent cité mais rarement médité en Afrique, écrivait que la discussion rationnelle est « le meilleur antidote aux conflits ». Là encore, l’écoute, le débat contradictoire, la recherche de solutions collectives sont au fondement de la paix durable. De Mopti à Vienne, du Mandé à Oxford, la sagesse, semble-t-il, parle toujours d’une même voix.

Faire une « synthèse » des valeurs anciennes avec les nouvelles 

À ce legs immatériel, il faut ajouter l’intelligence des sociétés d’initiation, creusets de formation civique et morale. Ces espaces, aujourd’hui négligés voire marginalisés, ont pourtant façonné des générations de jeunes Maliens avec une conscience aiguë de leur place dans la communauté. L’amitié scellée entre « camarades d’initiation » valait tous les contrats écrits. On ne tuait pas un frère, mais dialoguait en vue de trancher ensemble, au nom du groupe.

Dans le Mali traditionnel, le « ne me fais pas honte » du vieillard ou encore « mieux vaut la mort que la honte » valait bien plus que mille injonctions légales. Les sociétés d’initiation, les alliances à plaisanterie, les mariages stratégiques entre familles étaient autant de garde-fous qui faisaient du tissu social un filet résilient.

Ce projet de charte ne vise donc pas à faire table rase du présent, ni à idéaliser un passé figé dans l’imaginaire. Il ne s’agit pas d’un retour à l’âge du griot-roi, mais d’une démarche de « synthèse ». Une démarche que ne renierait pas Kwamé Nkrumah, qui, au lendemain de l’indépendance du Ghana, appelait à fusionner les vertus du monde ancien avec les exigences de la modernité. Le Mali post-crise, le Mali en transition, s’inscrit dans ce sillon. Il ne s’agit pas de nier l’utilité des institutions modernes, mais de leur injecter une âme. De faire une « synthèse » des valeurs anciennes avec les nouvelles afin d’avoir des valeurs plus fortes permettant de mieux réguler la société et la transformer en havre de paix.

La dépersonnalisation du « sujet français » 

Mais pour que cette charte ne reste pas un texte solennel relégué dans les tiroirs de la République, encore faut-il qu’elle vive, qu’elle circule, qu’elle s’incarne. Cela suppose une pédagogie inédite. Une fois son adoption, il serait indispensable, vu que les « sociétés secrètes » sont mortes dans la plupart de nos contrées, d’enseigner ce document dans nos écoles, nos espaces publics de discussion, à travers les médias, mais aussi impliquer les autorités et légitimités traditionnelles pour une large appropriation de son contenu. Toutefois, à quoi bon écrire la paix si personne ne l’apprend, ne l’entend, ne la prononce ?

Ce processus est d’autant très important qu’il fera taire les détracteurs qui essaient de faire croire que le processus de rédaction de ce projet a été exclusif. Pourtant, à en croire les différents discours lors de la remise du projet au président de la transition, toutes les couches ont été impliqués. 

Il faut aussi oser poser la question dérangeante : si les sociétés anciennes étaient si fortes, qu’est-ce qui a bien pu entraîner leur décadence ? La réponse tient à la longue ombre de la colonisation. Non, elle ne fut jamais une entreprise philanthropique, si ce n’est dans les déclarations de ses commis. Le projet colonial, dans sa matrice la plus intime, fut un projet de substitution culturelle. Il fallait déraciner pour mieux régner. Il suffit d’analyser la littérature classique africaine pour s’en convaincre : « Le colonisateur a voulu avoir de “purs produits intellectuels de la culture française”. Pour ce faire, il a entrepris de “nous vider de nous-mêmes pour nous emplir des manières d’être, d’agir et de penser du colonisateur”. », pour reprendre Amadou Hampaté Bâ. 

Et cela a, en partie, réussi. « On ne peut dire que, dans notre cas, cette politique ait toujours échoué. À une certaine époque, la dépersonnalisation du “sujet français” dûment scolarisé et instruit était telle, en effet, qu’il ne demandait plus qu’une chose : devenir la copie conforme du colonisateur, au point d’adopter sa coutume, sa cuisine, souvent sa religion et parfois même ses tics. » Loin d’être de simples anecdotes, ces comportements traduisent une aliénation qui a désarticulé les repères fondateurs de nos sociétés.

« Il est impossible de proposer un système tout fait. »

L’accoutumance a la peau dure, dit-on. Et même après l’indépendance, les réflexes sont restés. L’État africain postcolonial a souvent été une pâle copie de l’État jacobin français, décalé, vertical, déconnecté. Mais voilà qu’aujourd’hui, sous l’effet d’un désenchantement global, d’une crise de légitimité politique et d’une résilience populaire, des nations comme le Mali tentent un virage. Le départ de la France, les réformes constitutionnelles, la montée d’un souverainisme culturel assumé… Tout cela participe d’un chantier plus vaste : celui de la reconquête de soi. Non pas en rejetant en bloc l’apport occidental, mais en procédant par synthèse.

Et ce que disait François Mitterrand à La Baule, en 1990, dans son discours sur la démocratisation de l’Afrique, n’en est que plus éclairant : « La France n’a pas à dicter je ne sais quelle loi constitutionnelle qui s’imposerait de facto à l’ensemble de peuples qui ont leur propre conscience et leur propre histoire et qui doivent savoir comment se diriger vers le principe universel qu’est la démocratie. » Avant d’ajouter : « Il est impossible de proposer un système tout fait. » Voilà qui devrait faire réfléchir ceux qui, à Paris, Bruxelles ou Washington, confondent démocratie et « copy-paste institutionnel ».

Ce qui vaut pour la politique vaut pour la société

À travers l’Afrique, des traditions ancestrales de résolution des conflits — du Rwanda à l’Éthiopie, du Soudan à la Tanzanie — démontrent que la paix durable ne se décrète pas uniquement par le droit positif, mais se tisse dans les fibres vivantes de la communauté. Qu’il s’agisse des juridictions « Gacaca » rwandaises, du système « Gadaa des Oromo » ou des médiations foncières en Tanzanie, ces dispositifs endogènes privilégient la vérité, la réparation et la cohésion sociale, là où les mécanismes étatiques échouent souvent. Ils prouvent, en somme, que la sagesse des anciens, la parole échangée et la justice enracinée dans les cultures locales restent des leviers puissants pour restaurer la paix et prévenir les ruptures sociales.

La démocratie ne se résume pas à des urnes et des bulletins de vote. Elle s’incarne aussi dans des valeurs partagées, dans un socle culturel accepté. Et ce socle, au Mali, ce sont ces vertus que la charte vient rappeler : l’humilité, le dialogue, le sens de l’honneur, le respect des anciens, la capacité à pardonner.

Ce qui vaut pour la politique vaut pour la société. La charte nationale pour la paix et la réconciliation ne prétend pas imposer un système, mais raviver un esprit. Celui d’un Mali réconcilié avec lui-même, lucide sur son histoire, et résolument tourné vers un avenir pacifié. Si l’on veut que demain ne ressemble pas à hier, il faudra plus qu’un texte. Il faudra une pédagogie du respect, une volonté partagée, et un courage moral.

Et c’est là, précisément, que tout commence.

Fousseni Togola 

28 juillet 2025 0 comments
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Aéroport international de Bamako
A la Une

Transport aérien : les aéroports du Mali, un modèle économique en mutation

by Chiencoro 25 juillet 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Sous l’impulsion du Colonel Lassana Togola, le réseau aéroportuaire malien s’est hissé au rang de pilier économique stratégique, entre désenclavement régional, modernisation à grande échelle et ambition souverainiste.

En apparence, rien n’a changé à Bamako-Sénou. Le ballet discret des passagers, le tumulte des arrivées, les avions qui percent le ciel sahélien. Et pourtant. Derrière cette façade familière, c’est un autre aéroport — et un tout autre réseau aéroportuaire — qui s’est redessiné, réorganisé, réarmé depuis 2020. À la manœuvre : un colonel. Pas n’importe lequel. Lassana Togola, 45 ans, pilote de transport militaire, plus de 5 500 heures de vol au compteur dont plus de la moitié en opération, diplômé de l’École de l’air de Salon-de-Provence. Depuis sa nomination à la tête des Aéroports du Mali (ADM),l’entreprise publique a entrepris une mue aussi discrète qu’inédite. Objectif ? Faire de la connectivité aérienne un vecteur de croissance, de désenclavement et de souveraineté économique.

Une vision d’officier, une gestion de stratège

Le Mali, pays enclavé sans façade maritime, n’a pas d’autre choix que d’ouvrir ses cieux pour exister économiquement. Le colonel Togola l’a compris. Ses aéroports ne sont pas des terminaux, ce sont des portes d’entrée. Et à ce titre, ils doivent être sécurisés, modernes, et rentables. Résultat : plus de 28 milliards FCFA d’investissements engagés en cinq ans, dont une majorité sur fonds propres, grâce à une gouvernance redressée et à une rigueur quasi militaire. Tour de contrôle flambant neuve à Bamako, passerelle inter-terminaux, digitalisation des guichets, sécurisation des périmètres, modernisation de Mopti, Gao, Kayes et Sikasso… La carte aéroportuaire malienne s’est densifiée, ses infrastructures fiabilisées, et son image internationale redorée.

Le Covid et l’embargo de 2022 avaient fait plonger le trafic passager sous les 400 000 voyageurs. Mi-2023, la reprise s’amorce, fragile, mais réelle : 845 000 passagers cette année-là, avant un léger repli en 2024 dû aux tensions régionales. Mais derrière les chiffres, un autre indicateur compte : la performance économique. Le chiffre d’affaires d’ADM a crû de 20 % entre 2022 et 2024, malgré la volatilité du trafic. L’entreprise emploie 1 340 salariés, et génère, via ses partenaires et sous-traitants, près de 4 800 emplois indirects. Mieux encore, les services aéroportuaires pèsent désormais 0,7 % du PIB national. Ce n’est pas anecdotique dans un pays où le secteur aérien reste l’une des rares industries à haute valeur ajoutée.

La lutte contre les turbulences

À Mopti, Gao ou Sikasso, les aéroports rénovés ne sont pas que des pistes en bitume. Ce sont des catalyseurs logistiques pour les exportations agricoles, des relais d’évacuation sanitaire, des nœuds de circulation commerciale. Le projet de hub fluvial-aérien d’Ambodédjo ou encore la relance des exportations fruitières vers l’Europe depuis Sikasso illustrent cette stratégie d’ancrage territorial. L’État ne finance plus à perte. Il investit dans l’interconnexion, l’efficacité, la résilience. Togola, lui, suit les dossiers comme un plan de vol : trajectoire, timing, risques, alternatives.

L’année 2024 a vu ADM basculer en perte : −801 millions FCFA, un choc dû à la hausse du carburant Jet A-1, à la contraction temporaire du trafic et aux charges de sécurité. Mais la maison tient bon. Les fonds propres dépassent 12,8 milliards FCFA, le recouvrement des créances atteint 91 %, et la transparence s’améliore. L’informatisation via SAP, une cellule anticorruption interne, la normalisation OACI… autant de réformes saluées, qui tranchent avec le passif épinglé par le Bureau du Vérificateur Général. 

Objectif 2030 : le décollage

L’horizon se nomme Mali Airlines-SA, la future compagnie nationale dotée d’un capital initial de 30 milliards FCFA, et qui ambitionne de transporter 350 000 passagers domestiques d’ici cinq ans. Un pari industriel ambitieux, adossé à la montée en puissance des plateformes régionales. À cela s’ajoutent des projets de zones cargo en partenariat public-privé, la digitalisation intégrale des flux passagers, et une politique environnementale en gestation : toitures solaires sur le siège d’ADM, optimisation énergétique des terminaux. Le cap est fixé : devenir une infrastructure stratégique rentable, au service de la nation.

À Bamako, on le surnomme parfois « le commandant des tarmacs ». Un officier qui ne lambine pas. Un patron de société d’État qui parle de bilan, pas de prébendes. Et un Malien qui, en restructurant ses aéroports, a peut-être redonné un peu d’altitude à son pays. La modernisation des cieux, au Mali, ne relève plus du fantasme. Grâce à un colonel aux commandes, elle devient un projet d’État — et une promesse d’avenir.

Chiencoro Diarra 

25 juillet 2025 0 comments
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Mali-Egypte
Politique

Mali — Égypte : une coopération bilatérale renforcée au service du développement partagé

by Ibrahim Kalifa Djitteye 25 juillet 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Dans le cadre du renforcement des relations d’amitié et de coopération entre le Mali et l’Égypte, Badr Ahmed Mohamed ABDELATTY, ministre des Affaires étrangères, de l’Émigration et des Expatriés de la République Arabe d’Égypte, a effectué une visite d’amitié et de travail à Bamako les 23 et 24 juillet 2025. Cette mission de haut niveau, à la tête d’une importante délégation d’opérateurs économiques égyptiens, était également porteuse d’un message de Son Excellence Monsieur Abdel Fattah AL-SISSI, président de la République arabe d’Égypte, à l’endroit des plus hautes autorités maliennes.

Cette visite marque une étape significative dans l’approfondissement des relations entre les deux pays, venant en écho à celle qu’avait effectuée le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye DIOP, au Caire en décembre 2024. Objectif commun était d’insuffler une dynamique nouvelle à une coopération déjà jugée exemplaire dans plusieurs domaines stratégiques.

Une rencontre économique de haut niveau

Le point d’orgue de cette visite fut l’organisation d’un Forum économique regroupant de nombreux hommes d’affaires maliens et égyptiens. Ce cadre d’échange a permis aux acteurs économiques des deux pays d’identifier des opportunités concrètes de partenariat, notamment dans les secteurs prioritaires comme les énergies renouvelables, les mines, l’agriculture, les infrastructures ou encore la santé.

Les ministres DIOP et ABDELATTY ont ensuite présidé une séance de travail bilatérale, élargie aux membres de leurs délégations respectives. À cette occasion, les deux parties ont exprimé leur satisfaction quant à l’excellence de leurs relations bilatérales et à la convergence de leurs vues sur les questions régionales et internationales d’intérêt commun. Elles ont convenu de dynamiser davantage leur coopération en misant sur des projets concrets, porteurs de croissance inclusive et durable.

Vers des projets structurants et une coopération technique renforcée

Parmi les projets majeurs évoqués figurent la réalisation d’une industrie pharmaceutique au Mali ainsi que la construction d’un hôpital de 4e référence, un projet ambitieux qui répondrait à des besoins cruciaux en matière de santé publique. D’autres axes stratégiques, tels que le renforcement des capacités, les technologies de l’information et de la communication, ont également été abordés.

Le volet sécuritaire n’a pas été en reste. Le ministre DIOP a réitéré la reconnaissance du Mali à l’endroit de l’Égypte pour sa contribution notable à la paix, notamment à travers le sacrifice humain de ses contingents dans le cadre de la MINUSMA. Il a salué l’approche pragmatique de la coopération militaire entre Bamako et Le Caire, particulièrement en ce qui concerne le soutien à l’opérationnalisation des forces armées maliennes.

Les deux parties ont également échangé sur la situation sécuritaire dans la région sahélienne, marquée par des menaces persistantes. Elles ont mis l’accent sur le rôle important que joue la Confédération des États du Sahel (CES) dans la lutte contre le terrorisme et pour la stabilité régionale.

Une volonté commune d’aller plus loin

En vue d’assurer un suivi efficace des engagements pris, les deux ministres ont souligné la nécessité de mettre en place un comité technique conjoint. Ils ont également convenu d’organiser dans les plus brefs délais une nouvelle session de la Commission mixte de coopération, pour matérialiser les projets identifiés et définir de nouvelles perspectives d’action.

La visite s’est conclue par la signature d’un Mémorandum d’entente entre le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale et son homologue égyptien. Cet accord prévoit la tenue régulière de consultations diplomatiques et politiques sur des questions bilatérales, régionales et internationales. Il symbolise la volonté partagée des deux pays de porter leur partenariat à un niveau supérieur.

Ainsi, la visite de la délégation égyptienne à Bamako aura été un jalon de plus vers une coopération stratégique, équilibrée et résolument tournée vers le développement commun des deux peuples.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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Un migrant assis par terre.
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Bamako : La détresse des jeunes migrants, errants à la recherche de survie

by Bakary FOMBA 24 juillet 2025
written by Bakary FOMBA 6 minutes read

Dans les rues de Bamako, des jeunes hommes venus d’ailleurs errent sans but, hantés par la faim et la désillusion. Leur quotidien ? Rôder autour des mariages et autres cérémonies pour mendier de la nourriture, même lorsqu’ils ne sont pas invités. Ces visages anonymes, souvent invisibles, révèlent une réalité déchirante qui ébranle la capitale malienne.

Bamako, cœur économique du Mali, est devenue un refuge précaire pour des milliers de jeunes migrants originaires de pays voisins tels que le Burkina Faso, le Niger, le Togo ou encore la Côte d’Ivoire. Promis à des lendemains meilleurs, ces adolescents et jeunes adultes se retrouvent piégés dans une spirale de précarité et d’exploitation. Une enquête menée sur le terrain révèle leur lutte quotidienne pour survivre et l’impact grandissant de ce phénomène sur la société malienne.

Les rêves brisés et la quête désespérée de subsistance

Dans un squat improvisé à Djicoroni Para, quartier de la commune IV de Bamako, Alidou Kinda, 22 ans, originaire du Burkina Faso, raconte son histoire avec amertume : « On m’a dit qu’à Bamako, il y avait des usines qui recrutaient des apprentis mécaniciens. Je suis parti avec mes économies, mais ici, personne ne veut me donner du travail. J’ai tout perdu ». Comme lui, des dizaines d’autres jeunes dorment à même le sol dans des écoles ou des bâtiments abandonnés, survivant grâce à des petits boulots informels ou de la générosité des habitants.

Ce qui frappe particulièrement, c’est leur présence récurrente aux abords des mariages, baptêmes et autres événements sociaux. « Ils traînent là, espérant récupérer quelques restes de nourriture après les festins », témoigne Aminata Koné, habitante de Kalaban-coro, quartier du sud-est du district de Bamako. « Certains n’hésitent pas à s’approcher discrètement des tables dressées, même s’ils ne sont pas conviés ».

Cette pratique, bien qu’humiliante, reflète l’étendue de leur détresse. Pour beaucoup, ces repas volés ou gracieusement donnés représentent leur unique source de subsistance. « Ce n’est pas par choix, mais par nécessité », explique Abdoulaye Dillo, migrant nigérien âgé de 20 ans. « Quand on a faim, on fait ce qu’il faut pour manger ».

Causes profondes et dynamiques migratoires

La migration intra-sahélienne vers Bamako trouve ses racines dans une combinaison de facteurs structurels. Selon Dr. Fatoumata Traoré, professeur de sociologie au Lycée, « la crise économique, les conflits armés et les effets dévastateurs du changement climatique poussent les jeunes à migrer ». Elle souligne également le rôle croissant des réseaux sociaux, où des « recruteurs » véreux promettent monts et merveilles contre des sommes modestes payées d’avance.

L’instabilité politique dans plusieurs pays voisins, notamment le Burkina Faso et le Niger, aggrave encore la situation. Beaucoup traversent la frontière vers le Mali en quête de sécurité temporaire, ignorant que leur parcours sera semé d’embûches.

Selon un document de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), la moitié des migrants venant à Bamako proviennent principalement du Burkina Faso (23 %), du Ghana (13%), de la Guinée (10 %), du Bénin (9 %) et du Niger (8 %).

Conséquences urbaines et tensions sociales

L’afflux massif de jeunes migrants fragilise davantage une ville déjà confrontée à des défis socio-économiques majeurs. À Niamana, les habitants déplorent non seulement la prolifération des squats, mais aussi l’augmentation des petits délits. « Avant, on pouvait laisser nos enfants jouer dehors sans crainte. Maintenant, on a peur qu’ils soient approchés par des gangs ou des dealers », témoigne Aminata Koné, mère de famille.

Les autorités locales, quant à elles, semblent dépassées. « Nous manquons cruellement de moyens pour gérer cette situation. Les services sociaux sont saturés, et la police ne peut intervenir efficacement partout »,reconnaît un responsable municipal sous couvert d’anonymat.

Mais au-delà des problèmes sécuritaires, ce sont les tensions sociales qui inquiètent le plus. « Il y a un risque croissant de stigmatisation des migrants, surtout lorsque certains s’engagent dans des activités illégales », alerte Souleymane Kané, expert en migration et consultant auprès des ONG locales. Selon lui, cette stigmatisation pourrait exacerber les divisions communautaires si rien n’est fait rapidement.

« Nous faisons face à une crise multidimensionnelle. La ville compte déjà plus de trois millions d’habitants, dont une proportion significative vit sous le seuil de pauvreté. L’afflux continu de migrants aggrave la pression sur nos infrastructures déjà insuffisantes », confirme un responsable de la Mairie de Kalaban-coro.

Réseaux criminels et exploitation

Derrière ce phénomène se cachent souvent des réseaux organisés qui exploitent la vulnérabilité des jeunes. Des intermédiaires opèrent depuis les villages frontaliers, promettant des emplois fictifs ou des conditions idéales. Une fois à Bamako, les migrants réalisent qu’ils ont été trompés. Certains finissent par intégrer ces mêmes réseaux, perpétuant ainsi un cycle infernal d’exploitation.

« Ces organisations prospèrent grâce à la corruption et à l’absence de régulation stricte des flux migratoires », analyse Dr. Malick Diarra, chercheur en criminologie. Il plaide cependant pour une collaboration accrue entre les États membres de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) afin de traquer ces réseaux criminels.

Vers des solutions durables ?

Face à ce défi complexe, plusieurs pistes de réponse émergent. « Il faut créer des centres d’accueil spécifiques où ces jeunes pourraient bénéficier d’un soutien psychologique et professionnel », propose Mariam Sangaré, coordinatrice d’une association locale œuvrant auprès des migrants.

Le dialogue inter-étatique est également crucial. « Les gouvernements doivent harmoniser leurs politiques migratoires et investir dans le développement économique des zones rurales pour limiter l’exode rural », ajoute Dr. Traoré. De plus, sensibiliser les populations sur les dangers des migrations irrégulières reste indispensable.

Le gouvernement malien, conscient de son rôle à la fois comme terre de départ, de transit et de retour, adapte sa stratégie migratoire aux réalités actuelles. Entre avril et juin 2024, plus de 110 000 passages ont été enregistrés aux frontières, avec une majorité d’entrants motivés par la recherche d’emploi. De mars à avril 2025, 9 212 Maliens ont été rapatriés depuis la Libye, l’Algérie ou le Maroc, et 5 230 expulsés de la Mauritanie et d’Arabie saoudite. Parallèlement, le pays comptait fin 2023 quelque 354 739 déplacés internes. En réponse, Bamako révise sa Politique nationale de migration (PONAM) pour intégrer les enjeux sécuritaires, climatiques et sanitaires, tout en misant sur les transferts de la diaspora – estimés à 700 milliards FCFA en 2023 – comme levier de développement.

Ces jeunes migrants, égarés dans les ruelles de Bamako, portent sur leurs épaules le poids d’un système en déroute. Chaque morceau de pain récupéré lors d’un mariage symbolise à la fois leur résilience et leur désespoir. Si rien n’est fait rapidement, leur histoire deviendra celle d’une génération sacrifiée, condamnée à errer entre mirages et réalités brisées.

Bakary Fomba

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