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Mali : comment le gouvernement prépare des examens apaisés sur tout le territoire

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Le ministre malien de l’Éducation nationale a réuni la presse, le 21 mai 2026,  pour rassurer l’opinion sur l’organisation des examens de fin d’année. 

Le décor était soigné. C’est au Centre international de conférences de Bamako (CICB), dans un cadre feutré de déjeuner de presse, que le ministre de l’Éducation nationale, Dr Amadou Sy Savané, a choisi de s’adresser aux médias ce jeudi 21 mai. Autour de lui : les responsables de son cabinet élargi, les représentants des syndicats d’enseignants, des associations de parents d’élèves, des promoteurs d’écoles privées. Une mobilisation ostensible, destinée à envoyer un signal de sérénité à l’opinion nationale à quelques jours du début des épreuves écrites du Diplôme d’études fondamentales (DEF), prévu du 1er au 3 juin sur l’ensemble du territoire.

« Toutes les mesures administratives, pédagogiques, techniques et sécuritaires ont été prises afin de garantir des examens crédibles, transparents et apaisés », a déclaré le ministre, assurant que les sujets sont prêts, le matériel déployé, les centres sécurisés et les dispositifs antifraude en place.

Des examens placés sous l’étendard du « Mali Kura »

La tenue de ces rencontres — c’est la troisième édition — s’inscrit, selon le ministère, dans la dynamique de l’année 2026-2027, que le Général d’Armée Assimi Goïta a décrétée « Année de l’Éducation et de la Culture ». Une labellisation politique qui confère aux examens de fin d’année une charge symbolique particulière, au-delà de leur seule dimension pédagogique.

Le ministre a déclaré que l’éducation est au cœur du « Mali Kura », un objectif de refondation nationale. La construction d’un pays stable et prospère requiert, selon lui, une école forte et crédible, vecteur de valeurs fondamentales. En filigrane, le message est clair : réussir les examens 2026, c’est aussi valider toute la portée symbolique du projet politique de la Transition.

La lutte contre la fraude est au cœur du dispositif. Selon le ministre, l’objectif est d’éradiquer les fraudes systémiques constatées lors des examens officiels — notamment le DEF, le BT et le Baccalauréat — et de promouvoir « la culture du mérite ». « Nous sommes réunis une fois de plus pour dire oui au mérite et non à la fraude », a-t-il déclaré, rappelant que les deux éditions précédentes avaient déjà permis de renforcer la sensibilisation sur ce sujet.

Un calendrier chargé, un territoire immense

Le calendrier des examens maliens 2025-2026 est particulièrement dense. Les épreuves écrites du Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) se tiennent du 18 au 23 mai. Les épreuves écrites du DEF suivront du 1er au 3 juin, et les épreuves écrites du Baccalauréat se dérouleront du 22 au 25 juin 2026. Les élèves-maîtres de l’Enseignement normal composeront quant à eux du 29 juin au 3 juillet, tandis que les candidats au BT agro-pastoral ne seront en lice qu’en septembre 2026.

Organiser ces examens sur l’ensemble d’un territoire grand comme deux fois la France, dans des zones parfois coupées du reste du pays par des opérations militaires ou des routes impraticables, relève d’un défi logistique considérable. L’an dernier, selon les données du ministère, ce sont au moins 240 000 candidats qui ont participé aux seules épreuves du DEF.

A.D


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