Transition : « les déclarations de [Bamako] ne résistent pas aux faits », note Africa Center for Strategic Studies

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Dans sa dernière infographie, le Centre d’études stratégiques de l’Afrique fait une évaluation de la transition malienne à partir de huit déclarations du pouvoir en place. En matière de sécurité, comme dans d’autres domaines, Africa Center Strategic Studies note un décalage « des actions par rapport aux objectifs déclarés » de Bamako.

Le Ludo est un jeu de société réunissant deux à quatre joueurs qui rivalisent pour déplacer leurs pièces vers le centre du plateau, appelé maison. Ce jeu stratégique populaire au Mali est la toile de fond d’une infographie du Centre d’études stratégiques de l’Afrique. Elle fait le bilan des autorités militaires au pouvoir depuis août 2020. Cette toile, fait savoir le centre d’études, « symbolise le décalage des actions par rapport aux objectifs déclarés de la junte ».

Dans cette dernière infographie, « Réfuter les déclarations de la junte malienne », publiée le 18 avril 2022, le Centre d’études stratégiques de l’Afrique rappelle que les autorités transitoires ont justifié leur « prise de pouvoir en affirmant que seul un régime militaire serait en mesure d’assurer la sécurité, renforcer la justice et diriger la transition pour un retour à la démocratie ».

Evaluation de huit (8) déclarations

A travers une évaluation de huit (8) déclarations des dirigeants maliens en matière de sécurité et de gouvernance, le Centre d’études stratégiques de l’Afrique conclut que « les déclarations de [Bamako] ne résistent pas aux faits ».

Sur le plan sécuritaire, le Centre d’études stratégiques de l’Afrique estime que « la violence commise par les groupes islamistes militants au Mali devrait augmenter de 70 % en 2022 ». Il indique également une augmentation des cas de décès de civils en raison des attaques des « groupes armés islamistes militants » au cours du premier trimestre 2022.

Violences islamistes militantes et morts parmi les civils au Mali
Violences islamistes militantes et morts parmi les civils au Mali. © Africa Center for Strategic Studies.

Dans son premier rapport trimestre 2022 sur la situation au Mali, la Minusma déplore aussi  l’absence de progrès dans la gestion de la situation sécuritaire. « Si des efforts considérables ont été déployés au cours de la dernière décennie, avec un appui international considérable, la crise a malheureusement gagné en complexité, tant sur le plan de la sécurité que de la gouvernance, souligne la mission onusienne. Le peuple malien a beaucoup souffert, et la situation a engendré de la frustration face aux résultats limités obtenus et une forte aspiration à des solutions durables

« Dans le but de ramener le Mali à un état autoritaire étendu » ?

En début d’année, l’expert indépendant des Nations unies au Mali, Alioune Tine, a déclaré lors d’une visite au Mali : « Pour la première fois depuis le début de mes visites en 2018, j’ai noté une amélioration tangible de la situation sécuritaire, de la situation des personnes déplacées internes, de la situation des droits de l’homme ainsi que des dynamiques de paix endogènes, notamment dans le Centre du Mali ».

Malgré cela, les attaques sporadiques se poursuivent de part et d’autre. Le dimanche 24 avril 2022, trois attaques simultanées ont visé les camps de Sévaré, de Bapho et de Niono, tous au centre du pays. Le bilan se dresse à six soldats tués et 20 blessés, selon le décompte de l’armée malienne. Cette attaque a été précédée le 4 mars par celle contre le camp militaire de Mondoro et qui a coûté la vie à une vingtaine de soldats maliens.  

Pour Centre d’études stratégiques de l’Afrique : « Les actions de la junte révèlent un programme visant à réhabiliter l’image du régime militaire dans le but de ramener le Mali à un état autoritaire étendu – et aux décennies sombres de son passé ».

La rédaction

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