Home A la Une Ségou’Art — Festival sur le Niger : Un tremplin économique pour les femmes et les jeunes

Ségou’Art — Festival sur le Niger : Un tremplin économique pour les femmes et les jeunes

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À Ségou, chaque année, se déploie un festival sur le Niger, qui a célébré ses 20 ans de richesse culturelle et artistique, du 31 janvier au 4 février. Cette initiative de la Fondation Festival sur le fleuve Niger, qui transcende les frontières géographiques pour réunir les âmes en quête de culture, d’artisanat et de créativité, constitue un tremplin économique pour les femmes et les jeunes. 

Dans le cœur vibrant de Ségou, tel un fleuve tumultueux nourrissant la terre aride, le festival sur le Niger émerge tel un phare culturel, illuminant les horizons de l’Afrique de l’Ouest de ses récits colorés, de ses rythmes envoûtants et de ses trésors cachés, offrant ainsi un havre d’inspiration où se mêlent les passions, les traditions et les espoirs des peuples venus des quatre coins du continent.

Promotion de l’économie locale

Ce grand rendez-vous culturel de l’Afrique de l’Ouest a un impact positif et particulier surtout sur la région de Ségou. Il a accueilli deux-cent-cinquante-mille (250 000) visiteurs et 400 artisans et créateurs locaux, nationaux et internationaux pour sa foire artisanale, en provenance d’une trentaine de pays d’Afrique et d’ailleurs.

Célébré sous le thème « jeunesse et tradition », le festival sur le Niger de Ségou contribue depuis sa création en 2005 à la promotion de l’économie locale de la région. C’est ainsi que les organisateurs ont initié une foire artisanale et agricole visant à créer un pont entre la culture et l’économie locale.

Avec deux-cent-cinquante-mille (250 000) festivaliers de différents horizons et quatre-cents (400) artisanats, ce festival joue un rôle crucial dans le développement de l’économie, de l’industrie et dans la promotion de l’image du Mali, précisément de Ségou. L’affluence des festivaliers stimule l’industrie touristique locale et crée des opportunités d’emplois temporaires pour beaucoup de femmes, notamment les jeunes. Même les petites entreprises (restaurants, hôtels, marchés, etc.) ressentent les retombées pendant ce séjour culturel.

Ségou art booste l’économie de la région sur deux plans majeurs : la promotion de la culture et l’agroalimentaire.

« Chaque jour, je peux gagner 100 000 francs CFA »

Le festival sur le Niger joue un rôle culturel et social dans la ville de Ségou. Il apporte à la population ségovienne et au public venu d’ailleurs des spectacles inédits et des opportunités à saisir. Surtout avec la foire artisanale et agricole. Une foire qui impacte positivement chaque année la vie de beaucoup de femmes en termes de source de revenu et d’épanouissement.

Ce moment culturel permet à beaucoup de personnes de relancer leurs activités. Comme le cas de cette vendeuse de pagnes traditionnels Bogolan. Du haut de sa quarantaine d’années, Aminatou Coulibaly nous explique que son commerce était aux arrêts, mais qu’avec le festival, elle a tenu à relancer son activité de confection et vente de bogolan. « Dès que j’ai entendu les échos de la tenue du festival de Ségou, j’ai emprunté de l’argent pour relancer mon commerce. Et aujourd’hui, il y a du marché, les revenus ont augmenté. Chaque jour, je peux gagner 100 000 francs CFA et souvent plus. Mes clients sont en majeure partie des étrangers. Avec eux, pas trop de discussions sur le prix ».

Vente de pagnes sur un stand au Festival sur le Niger.
Vente de pagnes sur un stand au Festival sur le Niger. Fatoumata Z Coulibaly/Sahel Tribune.

Un peu devant, nous avons rencontré Awa Diallo sous un hangar. Elle a quitté le Sénégal pour venir vendre ses articles de femme. À l’entame, elle confirme qu’il est difficile pour elle de dire tous les bienfaits de ce festival de Ségou surtout sur le plan économique. « Je suis venue vendre des pagnes wolofs. Je me frotte bien les mains. J’ai fait des connaissances avec des étrangers qui ont fait des commandes que je livrerai après le festival. Chaque année, je réserve mon stand, car, j’en tire profit et j’invite les femmes de Ségou et d’ailleurs à se lancer dans les activités du festival. »

« Même si les organisateurs peuvent le prolonger, cela m’arrangerait »

Pour les associations féminines œuvrant dans la transformation de nos produits locaux, elles se réjouissent de cette opportunité qu’offrent les organisateurs de cet évènement à la population de Ségou. Ce festival permet non seulement de valoriser les produits locaux, mais aussi de promouvoir leurs produits agroalimentaires par les arrivants d’autres horizons.

Vente de bogolan sous un un stand au Festival sur le Niger.
Vente de bogolan sous un un stand au Festival sur le Niger. Fatoumata Z Coulibaly/Sahel Tribune.

Enthousiasmée sur ses marchandises de sacs à main à base des peaux d’animaux et bogolan, Mariétou Diarra une originaire de la région de Ségou s’exprime : « Avec mes articles, les comptes sont bons. En plus, j’ai eu des nouveaux et bons clients, même après le festival, on peut garder le contact afin qu’ils passent leurs commandes. Le festival m’a fait gagner de l’argent en si peu de temps. Même si les organisateurs peuvent le prolonger, cela m’arrangerait. »

La foire artisanale et agricole du festival a un impact positif sur l’économie de la ville de Ségou. Car, à travers cette foire, affirment les organisateurs, « nous visons la promotion de l’économie locale. La foire a apporté beaucoup à la ville de Ségou, car il y a les exposants locaux qui vendent leurs produits. En plus de cela, il y a les marchands qui vendent autour du site de la foire ».

Vente de bijoux sous un un stand au Festival sur le Niger.
Vente de bijoux sous un un stand au Festival sur le Niger. Fatoumata Z Coulibaly/Sahel Tribune.

Une opportunité de développement

Étant une aubaine pour les artisans, il en est une opportunité d’emploi temporaire pour les jeunes qui gagnent leur part du gâteau. Le festival offre un espace de promotion pour les jeunes talents émergents dans le domaine des arts visuels et d’autres domaines. Comme le cas d’Ali Sacko, un jeune homme qui ne manque pas ce rendez-vous important de l’Afrique de l’Ouest. « Je viens chaque année avec des sacs faits en peau d’animaux et ça marche très bien ».

Pendant le festival, des jeunes filles maliennes ont présenté leur créativité d’art au grand public comme la slameuse Maïmouna Traoré dite Maï mot de la cité des Balanzans avec ses mots contre les maux afin de conscientiser la jeunesse malienne, Bibata Ibrahim Maïga, une danseuse et chorégraphe malienne qui ne manque pas l’occasion chaque année de présenter ses pièces de danse symbolique. Ce fut des opportunités pour ces jeunes dames d’être connues davantage sur le plan local, national et international.

Interviewés, les responsables de la jeunesse ségovienne estiment que c’est une grande opportunité de développement pour la ville de Ségou. Ils ajoutent que l’évènement donne de la visibilité à la région tant sur le plan culturel qu’économique.

Valorisation et promotion des produits de l’artisanat et agroalimentaire

L’un des impacts positifs est que ce festival met en lumière chaque année les créativités maliennes. L’événement pousse des bailleurs à investir dans la localité et à s’y intéresser davantage.

Au-delà d’une simple célébration de la culture malienne, cet évènement historique et identitaire de Ségou contribue à l’accroissement de l’économie industrielle et artisanale de la région et ouvre la voie à de nombreuses opportunités pour beaucoup de personnes de tisser des liens entre des communautés d’ici et d’ailleurs venues pour le festival.

Ségou’Art — Festival sur le Niger de Ségou n’est-il pas le seul festival de l’Afrique de l’Ouest qui accueille des milliers de visiteurs et aussi le seul festival qui contribue à l’accroissement de l’économie industrielle et artisanale de sa localité ?

Nous pouvons dire sans risque de se tromper que le festival sur le Niger est l’un des rares évènements qui fait la valorisation, la promotion des produits de l’artisanat et agroalimentaire du Mali et de l’Afrique au bénéfice des acteurs économiques et des populations de Ségou.

Fatoumata Z. Coulibaly, envoyée spéciale à Ségou

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Mariam CISSÉ 8 février 2024 - 12 h 07 min

Très bel plume du courage

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