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Réseau Kya – RJPIC – AJDEC – IKAM : une synergie pour renforcer le journalisme culturel  

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Un séminaire thématique sur « Communication et Journalisme culturel en temps de crise » s’est tenu le vendredi 8 mai 2026 au Mémorial Modibo Keïta de Bamako. La cérémonie d’ouverture a été présidée par M. Alamouta Dagnoko, représentant du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou Daffé, en présence du Président de la Maison de la Presse, M. Bandiougou Danté, de la Directrice du Mémorial Modibo Keïta et de nombreux journalistes culturels.  

Ce séminaire a été initié par le Réseau Kya, en partenariat avec le Réseau des Journalistes pour la Promotion des Initiatives Culturelles (RJPIC), l’Alliance des Journalistes pour le Développement de la Culture (AJDEC) et l’Institut Kôrè des Arts et Métiers (IKAM). Les organisations étaient représentées respectivement par M. Djibril Guisse, M. Assane Koné, M. Kéba Daffé, ainsi que la Directrice du Mémorial Modibo Keïta.  

Une initiative collective pour la culture

Les travaux ont porté sur la critique d’art, présentée par M. Alexy Kalembry. Il a rappelé que la critique est un genre journalistique à part entière, qui consiste à analyser, interpréter et évaluer les productions artistiques. Elle doit dépasser le simple compte rendu et contribuer à éclairer, valoriser et structurer le champ culturel. La critique d’art doit être considérée comme un outil de réflexion et de construction culturelle.  

M. Kalembry a insisté sur le rôle de la critique dans l’éducation du public et la promotion du Maaya, les valeurs sociales maliennes. Il a souligné que les hommes de culture ont toujours été des moteurs de développement et que, dans le contexte actuel, la critique doit renforcer la cohésion et la résilience culturelle. La critique devient ainsi un instrument de consolidation sociale et culturelle.  

La critique d’art comme levier

Il a également rappelé les principes fondamentaux qui doivent guider la critique : l’honnêteté intellectuelle, la rigueur, l’argumentation et le respect. Ces valeurs permettent d’éviter les dérives et garantissent une pratique professionnelle et éthique, respectueuse des artistes et du public. La critique constructive doit être perçue comme une contribution positive au développement culturel et comme un outil de dialogue.  

La rencontre a mis en garde contre les erreurs fréquentes : confondre critique et résumé, tomber dans la complaisance excessive, pratiquer la destruction systématique ou recourir aux attaques personnelles. Les participants ont convenu qu’une critique constructive doit éclairer et faire progresser, plutôt que diviser ou fragiliser la cohésion communautaire. La critique doit être un levier de paix et de dialogue.  

Journalisme culturel et cohésion sociale

Le séminaire a également abordé le journalisme culturel, présenté comme un domaine qui dépasse largement la simple couverture d’événements artistiques. Dans le contexte malien, marqué par fragilité et résilience, il doit répondre à trois enjeux : informationnel, éthique et narratif. Le journalisme culturel doit être un vecteur de cohésion sociale et de mémoire collective, capable de renforcer les liens communautaires.  

Sur le plan informationnel, le journalisme culturel doit lutter contre la désinformation. Sur le plan éthique, il doit éviter la stigmatisation. Sur le plan narratif, il doit produire des récits constructifs qui valorisent les initiatives positives et renforcent la cohésion sociale. Le journalisme culturel doit être un journalisme de paix, porteur de stabilité et de dialogue, au service des communautés.  

Le rôle du journaliste culturel en crise

Le Dr Hamadou Sanogo est intervenu sur le thème du journalisme culturel en période de crise au Mali. Il a montré l’importance de valoriser les identités à l’ère de la bataille numérique et de préserver la mémoire collective par des récits culturels porteurs de paix. Il a insisté sur la responsabilité des journalistes dans la construction d’un discours culturel apaisé et rassembleur.  

Il a conclu que la culture est la mémoire vivante des peuples et que le journaliste culturel en est la voix. Dans un contexte de crise, les mots doivent être mieux contrôlés afin d’éviter la désinformation et la mésinformation. Le séminaire a ainsi permis de rappeler que le journalisme culturel doit contribuer à la cohésion nationale et à la consolidation de la paix, en s’appuyant sur des récits constructifs.

Ibrahim Kalifa Djitteye 


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