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Ondes brouillées, liberté étouffée : le combat des médias en Guinée

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En Guinée, les ondes résonnent non seulement de voix radiophoniques, mais aussi des craquements d’une liberté qui peine à survivre. La liberté de la presse, un pilier fondamental de toute démocratie, est mise à l’épreuve dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, où plusieurs radios indépendantes subissent des brouillages délibérés depuis la fin du mois de novembre, souligne la RSF.

Lsilence forcé des ondes

« On entend comme du vent, ou parfois, ce sont des musiques dédiées à l’armée, qui magnifient la fierté nationale, » déplore un auditeur de FIM FM, dont les émissions sont brouillées depuis le 24 novembre. La situation s’aggrave avec la suspension des programmes de cette radio, ainsi que de Djoma FM, Espace FM, et Évasion, qui ont toutes été victimes de perturbations.

Cette censure semble délibérée, orchestrée pour étouffer des voix critiques. Selon Aboubacar Camara, président de l’Union des radios et télévisions libres de Guinée (URTELGUI), le brouillage des fréquences des radios serait intentionnel. Les autorités, quant à elles, sont restées muettes face à ces allégations, témoignant d’une indifférence préoccupante.

Une guerre invisible sur les Ondes

Les brouillages ne sont pas des phénomènes nouveaux en Guinée, mais ils ont pris une ampleur inquiétante depuis mai dernier, coïncidant avec une série d’attaques contre la liberté de la presse. Les radios privées, en particulier FIM FM, ont été la cible d’interruptions fréquentes, chaque brouillage semblant être une nouvelle salve contre la liberté d’expression.

Sadibou Marong, Directeur du bureau Afrique subsaharienne de Reporters sans frontières (RSF), souligne le caractère systématique de ces blocages : « Les brouillages des radios indépendantes et l’inaccessibilité des réseaux sociaux rappellent combien la liberté de la presse est fragile en Guinée. » Un constat accablant qui met en lumière un pays où les médias indépendants sont confrontés à une véritable guerre invisible sur les ondes.

La guerre des ondes : ucombat pour la vérité

Les suspicions s’intensifient avec les déclarations d’Aboubacar Camara, pointant du doigt l’Autorité de régulation des postes et télécommunications (ARPT) comme possible instigatrice des brouillages. Des affirmations qui soulèvent des questions cruciales sur l’indépendance des organes de régulation et sur la véritable nature de la liberté de la presse en Guinée.

Les brouillages de FIM FM et de Djoma FM ont suivi des émissions audacieuses sur le limogeage et l’arrestation d’un haut responsable gouvernemental, illustrant la volonté apparente de faire taire toute critique. L’impact de ces actions dépasse la simple interruption des ondes, il s’agit d’un assaut contre la vérité et la transparence.

Réflexion sur la liberté d’expression

Alors que la situation s’aggrave, la direction générale de FIM FM a pris la décision radicale de suspendre ses programmes jusqu’à ce que la fréquence soit rétablie. Un geste symbolique qui souligne le prix que ces médias sont prêts à payer pour défendre leur indépendance.

La Guinée, classée 85e sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse publié par RSF, voit son rang compromis. La démocratie repose sur la libre circulation des idées, et lorsque les ondes sont brouillées, c’est toute la société qui est privée de son droit fondamental à l’information.

Le monde observe avec attention l’évolution de cette situation critique en Guinée. Le combat des médias pour la liberté d’expression est un rappel poignant de l’importance de préserver ces droits fondamentaux dans une société démocratique. L’espoir réside dans la mobilisation internationale et dans la résilience des acteurs médiatiques guinéens, déterminés à faire résonner la vérité malgré les interférences qui tentent de la faire taire.

Bakary Fomba 

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