Journée mondiale sans tabac : prendre des mesures pour rendre l’industrie du tabac plus responsable

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La consommation du tabac a des impacts aussi sur l’environnement et, par ricochet sur l’économie des pays, notamment ceux en voie de développement. À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, célébrée le 31 mai de chaque année, l’OMS exhorte à prendre des mesures pour rendre l’industrie du tabac plus responsable des destructions qu’elle cause.

Le tabac ne nuit pas seulement à la santé humaine, il a aussi des impacts sur l’environnement. Dans son nouveau rapport, « Tabac : Empoisonnement de notre planète », publié ce 31 mai 2022, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) tire la sonnette d’alarme : « Chaque année, l’industrie du tabac coûte au monde plus de 8 millions de vies humaines, 600 millions d’arbres, 200 000 hectares de terres, 22 milliards de tonnes d’eau et 84 millions de tonnes de CO2 », estime-t-elle

Baisse de rendement des sols

Dans un communiqué, en décembre 2021, l’OMS précisait que « chaque année, environ 3,5 millions d’hectares de terres sont détruits pour y cultiver du tabac ». La culture du tabac contribue ainsi à la déforestation, surtout dans les pays en développement. L’abattage des forêts pour y planter du tabac provoque une dégradation des sols et une baisse des rendements, c’est-à-dire la capacité du sol à accueillir d’autres plantes ou cultures, indique l’Organisation mondiale de la Santé.

 Dans son communiqué du 31 mai 2022, l’OMS précise toujours que la « majorité du tabac est cultivé dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ». Des pays où l’eau et les terres agricoles sont « souvent désespérément nécessaires pour produire de la nourriture pour la région ». Au lieu de cela, constate l’OMS, ces ressources sont utilisées pour faire « pousser des plants de tabac mortels, tandis que de plus en plus de terres sont déboisées ».

Cette pratique engloutie plus de 22 milliards de mètres cubes d’eau, généralement dans des pays confrontés à des pénuries d’eau, indique STOP, organisme mondial de surveillance de l’industrie du tabac.

Cette priorité donnée à la culture du tabac pourrait contribuer également à créer des problèmes économiques et nutritionnels en raison surtout de la baisse du rendement des sols.

Fumer une cigarette, c’est brûler des ressources

Dans ce rapport alarmant, l’OMS souligne que « l’empreinte carbone de l’industrie provenant de la production, de la transformation et du transport du tabac équivaut à un cinquième du CO2 produit chaque année par l’industrie du transport aérien commercial ». Ce qui contribue davantage au réchauffement climatique.

« Les produits du tabac sont l’article le plus pollué de la planète, contenant plus de 7 000 produits chimiques toxiques, qui se répandent dans notre environnement lorsqu’ils sont jetés », explique le directeur de la promotion de la santé à l’OMS, Dr Ruediger Krech. « Environ 4,5 billions de filtres à cigarettes polluent chaque année nos océans, nos rivières, nos trottoirs, nos parcs, nos sols et nos plages », poursuit Dr Krech. À ses dires : « Quand vous fumez une cigarette, vous brûlez littéralement des ressources là où elles sont déjà rares, des ressources dont notre propre existence dépend ».

Chaque année, 4 500 milliards de mégots de cigarettes sont jetés un peu partout dans le monde, selon STOP, dans son infographie intitulée « Sales secrets : comment l’industrie du tabac détruit l’environnement et le cache ».

Les cigarettes, le tabac sans fumée ainsi que les cigarettes électroniques contribuent également à l’accumulation de la pollution plastique. « Les filtres de cigarettes contiennent des microplastiques et constituent la deuxième forme de pollution plastique dans le monde », explique l’OMS.

Responsabilité élargie des producteurs

Doutant de l’avantage des filtres pour la santé, l’OMS invite les décideurs politiques à traiter les filtres à cigarettes comme des plastiques à usage unique, et à « envisager d’interdire les filtres à cigarettes en vue de protéger la santé publique et l’environnement ».

Le nettoyage des produits du tabac abandonné est très coûteux pour les gouvernements. Chaque année, ce nettoyage, précise l’OMS, « coûte à la Chine environ 2,6 milliards de dollars et à l’Inde environ 766 millions de dollars. Le coût pour le Brésil et l’Allemagne s’élève à plus de 200 millions de dollars ».

Seuls certains pays comme la France et l’Espagne et des villes comme San Francisco, la Californie aux États-Unis ont pris position. « Conformément au principe du pollueur-payeur, ils ont mis en œuvre avec succès une “législation sur la responsabilité élargie des producteurs” qui rend l’industrie du tabac responsable de l’élimination de la pollution qu’elle crée », peut-on lire dans le rapport.

L’OMS invite ainsi les pays et les villes à suivre cet exemple, à aider les producteurs de tabac à passer à des cultures durables, à mettre en place de fortes taxes sur le tabac et à offrir des services de soutien pour aider les gens à arrêter de fumer.

Fousseni Togola

Fousseni TOGOLA
Fousseni TOGOLAhttps://saheltribune.com
Né à Fana, dans la région de Dioïla, Fousseni TOGOLA est professeur de philosophie de formation, journaliste-blogueur et écrivain. Après un Master obtenu à l’Ecole normale supérieure (ENSUP) de Bamako sur la théorie de la « falsifiabilité » de Karl Popper, il se tourne vers l’écriture, à travers le blogging et ensuite le journalisme. D’abord membre de la Communauté des blogueurs du Mali (DONIBLOG), ensuite contributeur à Benbere, plateforme des blogueurs maliens. Il est également membre du Réseau des journalistes africains spécialisé sur le développement durable et le changement climatique (Africa 21). M. TOGOLA servira ensuite au quotidien malien Le Pays comme rédacteur en chef adjoint et éditeur. Il a également servi, comme pigiste, au premier site d’informations au Mali, Maliweb. Fousseni est aujourd’hui fondateur du site indépendant d’informations, d’analyses et d’enquêtes saheltribune.com. En 2020, il a été nominé au prix Mali Média Award (MAMA). La même année, il est lauréat du « Prix de Reconnaissance des Médias « Restez à la Maison », de la fondation Merck, dans la catégorie presse en ligne au Mali. Comme centre d’intérêt, M. TOGOLA s’intéresse au sujet touchant le climat, l’environnement et la biodiversité. Il a un intérêt assez particulier pour les questions sécuritaires et éducatives au sahel. Ouvrages publiés Féminitude, Innov Editions, 2018 (Essai) La société close et ses militants, 2019 (Essai politique) L’homme sirène, Prostyle Editions, 2020 (Fiction) Bintou, une fille singulière, 2020 (Roman philosophique)

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