Au Mali, l’élaboration de la politique de sécurité nationale tend vers sa finalisation

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Au Mali, l’élaboration de la politique de sécurité nationale, initiée depuis 2014, tend vers sa finalisation. Un atelier de haut niveau  s’est tenu du 26 au 27 mai à Koulouba pour discuter et clarifier des concepts du projet. Compte-rendu.

Pendant deux jours, cet atelier de haut niveau a réuni des représentants de départements ministériels et services impliqués dans le processus de finalisation de la politique de sécurité nationale, ainsi que des universitaires.Initiée depuis 2014, sous le régime Ibrahim Boubacar Kéïta, l’élaboration de cette politique de sécurité nationale a toujours été émaillée « de tâtonnement plus ou moins heureux ».

Approuvé en décembre 2014, le premier projet avait été renvoyé pour la tenue de « consultations élargies à d’autres acteurs » en vue de la prise en compte des questions non militaires. Depuis 2019, la finalisation de ce projet demeure le souci fondamental du Secrétariat permanent du Conseil de sécurité nationale, créé et placé sous l’autorité du président de la République.

Selon les explications du ministre délégué à la sécurité,  le général Yamoussa Camara, le Conseil de sécurité nationale vise à « anticiper les crises et les catastrophes pouvant affecter la sécurité nationale ». Son secrétariat permanent, l’organe exécutif, est en charge de l’élaboration d’une politique de sécurité « qui doit servir à la fois de référence pour la fixation des grandes orientations et de cadre général d’action des organes et structures impliqués dans la gestion des problèmes de sécurité nationale », a expliqué le ministre délégué à la sécurité le 26 mai. 

Tenir compte des valeurs maliennes

Pour l’universitaire Doulaye Konaté, également ex-ministre de l’éducation nationale, participant à cet atelier, la politique de sécurité nationale « touche les questions fondamentales qui touchent à la stabilité et au bon vivre ensemble ». À ses dires, « on ne peut pas bâtir une politique que sur un socle de valeurs ».

Le co-directeur de l’ouvrage Le Mali contemporain (IRD Édition/Tombouctou, Juillet 2015) a attiré l’attention sur l’importance de bien traduire les valeurs maliennes sur lesquelles cette politique doit se reposer. Des valeurs héritées des grands empires — le Wagadu, le Mali et le Songhoy, entre autres.

Le professeur Doulaye Konaté estime que les universitaires peuvent apporter une contribution remarquable dans ce rappel du passé historique ayant permis le vivre ensemble au Mali. « Si vous élaborez une politique et que vous ne tenez pas compte de ce qui tient fondamentalement au peuple malien, cette politique n’a aucune chance d’avoir un sens », a prévenu l’auteur de Travail de mémoire et construction nationale au Mali (éd. L’Harmattan, Septembre 2006).

A l’horizon 2050

Pour Yamoussa Camara, Secrétaire permanent du Conseil de sécurité nationale (SP- CSN), l’élaboration d’une politique de sécurité nationale est « un processus lent et laborieux et qui nécessite l’implication d’un grand nombre de participants ». Cette politique nationale relève d’abord d’une vision à long terme devant la définir.

« Notre vision, c’est qu’à l’horizon 2050, nous puissions avoir un pays pacifié — un pays stable et prospère — où l’État peut assurer la sécurité des personnes et des biens — assurer la liberté d’aller et de venir. Un État qui peut permettre aux citoyens de vivre et de travailler, de posséder et de jouir », a explique face à la presse l’auteur du livre Présumé coupable (Figuira édition, 2021).

Atelier de clarification des concepts
Atelier de clarification des concepts de la Politique de sécurité nationale, tenu les 26 et 27 mai 2022. ©Présidence du Mali.

Toujours face à la presse, lors de la clôture de l’atelier, le ministre délégué à la sécurité, a souligné le bien-fondé d’avoir cette structure de coordination de l’ensemble des services afin d’assurer et anticiper les risques et menaces dans le pays. « À travers cette rencontre, nous avons eu des éléments pour rédiger la politique [de sécurité nationale] », a-t-il fait savoir.

Chiencoro Diarra  

Chiencoro
Chiencorohttps://saheltribune.com
Chiencoro a plusieurs années d'expérience dans la presse écrite et le blogging au Mali. Il est présentement journaliste-reporter à Sahel Tribune.

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