Crise au sein de l’URD : les précisions du Pr Salikou Sanogo

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Le Pr Salikou Sanogo, président intérimaire de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), était face à la presse, samedi 7 janvier 2023. Objectif : expliquer sa part de vérité dans la crise interne que traverse le rassemblement Vert-Blanc. C’était au Mémorial Modibo Keïta de Bamako.

Militants de l'URD
Des Militants de l’URD, lors de la conférence de presse du 7 janvier 2023, à Bamako. 📷Mohamed Camara/Sahel Tribune.

Accompagné de l’épouse de feu Soumaïla Cissé, président fondateur du parti l’Union pour la République et la Démocratie (URD), le Pr Salikou Sanogo a fait son entrée dans une salle pleine à cracker de militants du parti, venus lui témoigner leur soutien. De tous les côtés, on entendait des applaudissements, des cris d’admiration, avec le nom du Pr Sanogo sur toutes les lèvres.

Guerre de succession

Habillé dans un large boubou blanc, le vice-président et président par intérim de l’URD a commencé par remercier les militants. Ce fut le lieu pour lui d’exprimer ses vœux du Nouvel An à l’ensemble des militants du parti ainsi qu’au peuple malien, avant de dresser le tableau des difficultés auxquelles le pays a fait face au cours de l’année écoulée. Ce fut le lieu aussi de se prononcer sur la dure épreuve qui secoue le parti depuis une année.

« Le parti URD traverse ces temps-ci, la crise la plus grave depuis sa création », a déclaré le Pr Salikou Sanogo, qui a survolé cette crise qu’il juge très peu reluisante pour le parti. Selon ses explications, la mort de Soumaïla Cissé, en décembre 2020, a créé une guerre de succession au sein du parti.

Le vice-président et président par intérim de l’URD a rappelé que lors du 4e Congrès du parti en décembre 2019, feu Soumaila Cissé avait été élu, président du parti pour un mandat de cinq ans, et lui, il a été désigné par les militants vice-présidents.

Les ambitions présidentialistes

La mort de Soumaïla Cissé a marqué l’arrivée de certains cadres du pays au sein de l’URD, notamment l’ancien Premier ministre du régime IBK, Boubou Cissé, et l’ancien ministre de l’Économie, Mamadou Igor Diarra. « Les ambitions présidentialistes de ces deux hommes allaient faire surface et introduire dans le fonctionnement du parti, des pratiques aussi violentes que malsaines et contraires à tous les principes et à toutes les valeurs autour desquelles Soumaïla Cissé et ses camarades ont fondé l’URD », a affirmé Salikou.

Le Pr Salikou précise que ces deux hommes entendaient changer les règles de jeu au sein du parti en y introduisant l’argent. Un principe contraire aux règles en vigueur au sein de cette organisation politique malienne, dont le candidat est toujours choisi par le Bureau exécutif national. Mamadou Igor Diarra et Boubou Cissé souhaitaient que le candidat soit désormais désigné « par les sections qu’ils ont pris soin préalablement d’instrumentaliser », a-t-il expliqué.

Cette situation qui avait conduit à un congrès extraordinaire, selon M. Sanogo, qui rappelle qu’il a été finalement décidé de surseoir à l’organisation de tout congrès extraordinaire et de tout changement au sein de la direction du parti jusqu’au prochain congrès ordinaire prévu en 2024.

Un congrès sur la base de signatures non conformes

Le vice-président et président par intérim de l’URD explique que « le Congrès extraordinaire est bel et bien prévu par les textes de l’URD, mais à certaines conditions dont une est la demande par les 2/3 des membres du BEN ». Il précise que la pétition initiée par les protagonistes en vue de réunir la signature de ces 2/3, a été vaine. Ce qui a conduit les initiateurs de cette pétition, souligne Pr Salikou, à faire signer la pétition en utilisant des signatures non conformes.  

« Ces faux ayant été constatés lors de l’analyse du dossier de convocation de leur Congrès extraordinaire, nous avons tout simplement notifié aux demandeurs un défaut de quorum qui ne nous permet pas de convoquer la tenue dudit Congrès », a précisé M. Sanogo. Et de poursuivre que les protagonistes « sont passés outre et ont organisé le 16 janvier 2022 un Congrès au cours duquel le 14e Vice-président, Monsieur Gouagnon Coulibaly, a été choisi comme Président du parti tout en gardant sans changement le reste du bureau exécutif national ».

Confirmation de l’élection de Gouagnon Coulibaly

Ce conflit interne a amené la direction du parti à l’exclusion de 11 responsables, y compris Gouagnon Coulibaly, et à la suspension, pour 6 mois, de 18 responsables pour ces fautes graves. 

Selon le Pr Salikou, ce sont leurs protagonistes qui les ont toujours entraînés devant les tribunaux, contrairement à ce qu’ils tentent de faire croire. Selon ses précisions, « la seule fois que nous avons eu recours à la justice dans le cadre de ce dossier, c’était pour demander de ne pas permettre l’organisation d’un Congrès extraordinaire qui n’a pas été régulièrement convoqué ».

Au cours de cette conférence de presse de mis au point, le vice-président et président par intérim de l’URD, rappelle que Gouagnon Coulibaly a saisi le tribunal de la grande instance de la Commune 5, pour la confirmation de son élection en qualité de président. « Contre toute attente, à la date du 4 avril 2022, ladite juridiction a fait droit à sa demande, en annulant également les sanctions prises contre eux et en m’enjoignant de procéder à la passation de service à Gouagnon Coulibaly au bout de 72 heures à compter de la signification de la décision sous astreinte de 500 000 Fcfa par jour de retard », a-t-il indiqué dans son allocution.

Procédure controversée

Le Pr Salikou précise que « l’URD n’est pas un service. C’est un parti politique géré par des textes qui émanent de la loi portant charte des partis politiques ». À l’en croire, ni les textes de l’URD ni la charte des partis n’ont prévu « de passation de service ».

Me Alassane Diop, membre du collectif des avocats du parti défendant Salikou, estime que le droit doit être entendu dans cette affaire dont il juge la procédure controversée.

Mohamed Camara

Mohamed Camara
Mohamed Camarahttps://saheltribune.com
Mohamed Camara est détenteur d’une licence en lettres modernes, décrochée en 2019 à la Faculté des lettres, des langues et des sciences du langage (FSL), Université des lettres et des sciences humaines de Bamako (ULSHB). Il évolue dans la presse, son métier de prédilection, depuis 2018. En 2021, il est certifié journaliste culturel suite à une formation de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ). Il a travaillé pour plusieurs journaux dont le projet Kéniéba Média dont il était le coordinateur, et lemalien.com. Il travaille actuellement pour Reflet d’Afrique (Journal hebdomadaire local de Bamako, depuis 2020) et Sahel Tribune (mai 2022). Mohamed Camara aime la lecture, la musique et les échanges interindividuels afin de mieux affiner ses connaissances.

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