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Alousseni Sanou
A la UneÉconomie

Levée de fonds sur le marché UMOA-Titres : classé 5ᵉen 2025, le Mali démarre l’année 2026 en force

by Sidi Modibo Coulibaly 29 janvier 2026
written by Sidi Modibo Coulibaly 2 minutes read

Le Mali vient de réussir, à deux reprises au cours de ce mois de janvier, à mobiliser des montants supérieurs à ceux recherchés. Cette performance s’inscrit dans la continuité d’une dynamique amorcée durant les derniers mois de l’année 2025, une année qui avait pourtant débuté par des difficultés à atteindre les objectifs de mobilisation fixés par l’État.

En réussissant à lever des fonds au-delà de ses objectifs initiaux, le Mali retrouve la confiance des investisseurs. Il s’agit donc d’une véritable ruée des investisseurs vers le Mali. Cette mobilisation régionale confirme également que le pays reste attractif sur le marché financier régional, malgré un contexte macroéconomique et sécuritaire corsé.

Deux levées de fonds ayant dépassé les objectifs initiaux

Pour sa première intervention de l’année 2026, réalisée le 7 janvier, le Mali a non seulement atteint, mais dépassé son objectif initial de 40 milliards FCFA en mobilisant 44 milliards FCFA. Cette opération s’est faite à l’issue d’une émission simultanée de Bons et d’Obligations assimilables du Trésor (BAT/OAT) sur le marché de l’UMOA-Titres.

L’opération a suscité un engouement marqué, avec 78,83 milliards FCFA de soumissions, soit un taux de couverture de 197,09 %. Autrement dit, les investisseurs ont proposé près de deux fois le montant recherché par le Trésor malien. Ce niveau de demande traduit la capacité du Mali à capter l’épargne disponible au sein de l’UEMOA.

Pour la seconde intervention sur le marché, effectuée le 22 janvier, le Mali a également levé des fonds supérieurs à sa demande. En recherchant 50 milliards FCFA, il a obtenu 55 milliards FCFA. L’émission s’est déroulée sous forme d’adjudication de Bons assimilables du Trésor (BAT) et d’Obligations assimilables du Trésor (OAT).

La forte demande des investisseurs a permis au Mali de retenir 55 milliards FCFA, tout en restant sélectif sur les montants et les maturités acceptés. Les titres émis combinent des maturités courtes (182 et 364 jours) et moyennes (3 à 5 ans), ce qui permet d’étaler dans le temps le profil de remboursement.

En 2025, sur 11 878 milliards mobilisés, la part du Mali était modeste

Selon les données de l’agence UEMOA-Titres, les interventions des huit États membres ont permis de mobiliser, au cours de l’année 2025, des ressources substantielles s’élevant à 11 878 milliards FCFA. Sur ce montant, le Mali a pu encaisser 992 milliards FCFA, le classant ainsi au 5ᵉ rang des États de l’UEMOA.

Dans ce classement, la Côte d’Ivoire occupe la première place avec 5 149 milliards FCFA. Elle est suivie respectivement par le Sénégal (2 225 milliards FCFA) et le Niger (1 313 milliards FCFA). Le Burkina Faso se classe 4ᵉ avec 1 077 milliards FCFA.

Il est suivi du Mali (992 milliards FCFA), du Togo (412 milliards FCFA) et du Bénin (411 milliards FCFA). La Guinée-Bissau ferme la marche avec 299 milliards FCFA.

Sidi Modibo Coulibaly

29 janvier 2026 0 comments
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Investiture de Mamadou Doumbouya
ActuPolitique

Transport et transit : le Mali accorde dix hectares à la Guinée près de la frontière

by Sahel Tribune 28 janvier 2026
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Réuni le 28 janvier à Bamako, le Conseil des ministres malien a autorisé la cession gratuite d’un terrain de dix hectares à la République de Guinée. Une décision présentée comme un geste de réciprocité dans le cadre des accords de coopération entre les deux pays en matière de transport et de transit.

Le Conseil des ministres malien, réuni mercredi 28 janvier 2026 au palais de Koulouba sous la présidence du général Assimi Goïta, président de la transition, a adopté un décret autorisant la cession à titre gratuit d’un terrain appartenant à l’État malien au profit de la République de Guinée. La parcelle concernée, d’une superficie de dix hectares, est située à Tomodo-Koumacra, dans la commune rurale de Benkadi, cercle de Kangaba, à proximité de l’axe routier Kouremalé-Bamako.

Selon le communiqué officiel, cette décision s’inscrit dans le cadre de la coopération bilatérale entre Bamako et Conakry, notamment en matière de transport et de transit des marchandises. Le Mali et la Guinée ont en effet signé plusieurs accords consacrant au Mali un droit d’usage du port de Conakry, ainsi que l’octroi d’espaces portuaires et de facilités de traitement pour les marchandises à destination ou en provenance du territoire malien.

Un enjeu stratégique pour le désenclavement du Mali

Pays enclavé, le Mali dépend fortement de ses corridors régionaux pour ses importations et exportations. Le port de Conakry constitue, avec ceux de Dakar et d’Abidjan, l’un des principaux débouchés maritimes pour l’économie malienne. Dans le cadre de ces accords, la Guinée a déjà mis à disposition du Mali un terrain de vingt hectares à Kankan, destiné aux Entrepôts maliens en Guinée, afin de faciliter le stockage et le transit des marchandises.

La cession décidée par Bamako apparaît ainsi comme un geste de réciprocité diplomatique. Le terrain accordé à la Guinée doit permettre l’aménagement d’un espace d’entreposage et la construction d’infrastructures logistiques et de transport, renforçant les échanges commerciaux entre les deux pays.

Une coopération régionale renforcée

Dans un contexte marqué par les recompositions diplomatiques en Afrique de l’Ouest et les tensions entre certains États de la région et leurs partenaires traditionnels, Bamako et Conakry affichent leur volonté de consolider une coopération pragmatique fondée sur des intérêts économiques partagés.

Le décret adopté par le Conseil des ministres précise que la parcelle cédée correspond au titre foncier n°399 du cercle de Kangaba. La cession est consentie à titre gratuit. Ce qui souligne la dimension politique et stratégique de l’accord, au-delà de sa seule valeur foncière.

À travers cette décision, les autorités maliennes entendent sécuriser leurs accès logistiques tout en approfondissant un partenariat bilatéral jugé essentiel pour la fluidité des échanges et le désenclavement du pays.

La rédaction 

28 janvier 2026 0 comments
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Morila-S.A
ActuÉconomie

Au Mali, l’État autorise le transfert du permis de la mine d’or de Kobada

by Sahel Tribune 28 janvier 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Réuni le 28 janvier, le Conseil des ministres malien a autorisé le transfert du permis d’exploitation de la mine d’or de Kobada à une société de droit malien, dans le cadre de la mise en œuvre du nouveau code minier adopté en 2023.

Le gouvernement malien a autorisé, mercredi 28 janvier, le transfert du permis d’exploitation de la mine d’or de Kobada, située dans le cercle de Kangaba, à une nouvelle société de droit malien. La décision a été entérinée lors du Conseil des ministres réuni au palais présidentiel de Koulouba, sous la présidence du général Assimi Goïta, président de la transition.

Sur proposition du ministre des Mines, l’exécutif a adopté un projet de décret permettant le passage du permis d’exploitation de grande mine, jusqu’ici détenu par African Gold Group Mali-SARL, à la société Mines de Kobada S.A., entité créée dans le cadre de la réorganisation juridique du projet.

Une réévaluation des réserves après le nouveau code minier

Le gisement de Kobada est connu de longue date. Le permis de recherche initial avait été attribué en 2001 à la Compagnie minière d’or, avant d’être cédé en 2006 à African Gold Group Mali-SARL, après deux renouvellements. Les travaux de prospection menés sur le site ont permis d’identifier des réserves estimées, à l’époque, à 36 millions de tonnes de minerai, avec une teneur moyenne de 1,05 gramme d’or par tonne, soit environ 37,6 tonnes d’or métal.

Sur la base de ces résultats, un permis d’exploitation industrielle avait été accordé en 2015. Mais le projet n’a jamais réellement démarré, la société ayant été confrontée à des difficultés techniques et financières, selon les autorités.

L’adoption, en août 2023, d’un nouveau code minier au Mali a relancé le dossier. African Gold Group Mali-SARL a alors procédé à une nouvelle étude de faisabilité, concluant à des réserves réévaluées à 53,8 millions de tonnes de minerai, avec une teneur moyenne de 0,90 gramme par tonne, soit 1,56 million d’onces d’or contenues, équivalant à 48,52 tonnes d’or métal.

Un signal envoyé aux investisseurs

Dans ce contexte, la société a modifié sa structure juridique. Rebaptisée Toubani Resources-SARL en janvier 2023, elle a créé une filiale locale, Toubani Resources Mali-SARL, ainsi qu’une société d’exploitation de droit malien, Mines de Kobada S.A., conformément aux exigences du code minier en vigueur.

Le décret adopté par le Conseil des ministres autorise formellement le transfert du permis d’exploitation à cette nouvelle entité, ouvrant la voie à une possible relance du projet minier. Pour les autorités de transition, cette décision s’inscrit dans une volonté affichée de sécuriser juridiquement les investissements miniers tout en renforçant l’ancrage local des sociétés opérant dans le secteur.

L’or demeure l’un des principaux moteurs de l’économie malienne et une source essentielle de recettes publiques. La relance effective de la mine de Kobada dépendra toutefois de la capacité de l’opérateur à mobiliser les financements nécessaires et à lancer les travaux dans un contexte sécuritaire et économique encore fragile.

A.D

28 janvier 2026 0 comments
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Crises oubliées
A la UnePolitique

Crises oubliées : quand l’Afrique disparaît des radars médiatiques et humanitaires

by Chiencoro 28 janvier 2026
written by Chiencoro 3 minutes read

En 2025, la fermeture de TikTok aux États-Unis a suscité près de 300 fois plus d’attention médiatique que la situation humanitaire en Centrafrique. Un chiffre saisissant, mis en lumière par la 10ᵉ édition du rapport annuel de l’ONG CARE — publié ce mardi 28 janvier 2026 — qui alerte sur l’effacement progressif des crises africaines dans l’espace médiatique mondial, au moment même où les financements de l’aide s’effondrent.

La comparaison est brutale, presque indécente. Selon le rapport Crises oubliées 2025 de l’ONG CARE, rendu public le 28 janvier 2026, la fermeture temporaire de TikTok aux États-Unis a généré 290 fois plus de couverture médiatique que la crise humanitaire en République centrafricaine sur l’année écoulée. Un symbole, pour CARE, du déséquilibre croissant entre l’agenda médiatique mondial et les urgences humanitaires les plus graves.

Une aide humanitaire en chute libre

Pour sa dixième édition, ce rapport devenu une référence dresse un constat sans appel : 80 % des crises humanitaires les moins médiatisées dans le monde se situent en Afrique. Des crises durables, complexes, souvent liées à des conflits armés, à l’insécurité alimentaire ou aux dérèglements climatiques, mais reléguées aux marges de l’information internationale.

La publication de ce rapport intervient dans un contexte particulièrement défavorable pour l’action humanitaire. Un an plus tôt, jour pour jour, entrait en vigueur le gel massif de l’aide étrangère américaine, décidé par Washington. En 2025, les États-Unis ont supprimé près de 90 % de leurs financements dédiés à l’aide humanitaire, fragilisant l’ensemble du système international de réponse aux crises.

Cette décision a fait tache d’huile. Selon CARE, une dizaine de pays européens ont, eux aussi, réduit leurs contributions, dont la France, avec une baisse estimée à 37 %. Résultat : près de la moitié des financements publics mondiaux de l’aide humanitaire ont disparu en dix ans, alors même que les besoins explosent.

L’Afrique, première victime du sous-financement

Dans ce contexte, les crises africaines paient le prix fort. Faiblement médiatisées, elles sont aussi structurellement sous-financées, rappelle CARE. La logique est implacable : moins une crise est visible, moins elle attire de financements, accentuant la vulnérabilité de populations déjà éprouvées.

La Centrafrique, régulièrement citée dans le rapport, incarne cette spirale de l’oubli. Conflit de basse intensité, instabilité chronique, déplacements massifs de populations : autant de réalités humanitaires durables, mais éclipsées par des crises jugées plus stratégiques ou plus spectaculaires sur la scène internationale.

Au-delà des chiffres, le rapport interroge le rôle des médias, des plateformes numériques et des États dans la hiérarchisation des urgences. Dans un monde saturé d’informations, l’économie de l’attention devient un facteur déterminant de la solidarité internationale. Les crises longues, complexes et politiquement sensibles peinent à exister face aux événements technologiques, géopolitiques ou sécuritaires du Nord global.

Pour CARE, l’enjeu est désormais politique : réhabiliter les crises oubliées dans le débat public, alerter sur les conséquences humaines du désengagement des bailleurs, et rappeler que l’invisibilité médiatique n’est pas synonyme d’amélioration sur le terrain.

À l’heure où l’aide humanitaire mondiale se contracte, le rapport sonne comme un avertissement : l’oubli médiatique tue aussi, à bas bruit, loin des projecteurs.

Chiencoro Diarra 

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Alousséni Sanou
ActuÉconomie

Avec plus de 915 milliards de FCFA collectés, la douane s’impose comme pilier financier du Mali

by Sahel Tribune 28 janvier 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Avec plus de 915 milliards de francs CFA de recettes collectées en 2025, l’Administration des douanes maliennes a dépassé ses prévisions budgétaires. Un résultat significatif pour un État confronté à de lourdes contraintes sécuritaires et financières.

À Bamako, la Journée internationale des douanes (JID) 2026 a été l’occasion pour les autorités maliennes de mettre en avant un acteur central mais souvent discret des finances publiques : l’Administration des douanes. Réunis au siège de la Direction générale des douanes, à Samanko II, responsables politiques et cadres de l’institution ont dressé le bilan d’une année 2025 marquée par une performance budgétaire supérieure aux attentes.

Selon les chiffres communiqués par la Direction générale des douanes, les recettes encaissées au 31 décembre 2025 se sont élevées à 915,738 milliards de francs CFA, alors que la loi de finances tablait sur 876 milliards. Soit un taux de réalisation de 104,5 % et un excédent de près de 40 milliards de francs CFA, dans un contexte économique et sécuritaire tendu.

Objectif 2026 : 975 milliards de francs CFA

Ces recettes douanières constituent une part essentielle des ressources propres de l’État malien, à un moment où l’accès aux financements extérieurs reste limité et où les dépenses sécuritaires absorbent une part croissante du budget national. Dans le détail, les produits pétroliers ont généré 303,054 milliards de francs CFA, tandis que les produits non pétroliers ont rapporté 612,534 milliards, confirmant la diversification relative de l’assiette douanière.

Présent à la cérémonie, le ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, a souligné le rôle central de la douane dans la mobilisation des ressources internes, rappelant que la souveraineté financière du pays repose en grande partie sur la capacité de l’administration fiscale et douanière à sécuriser les recettes.

Pour l’exercice 2026, l’objectif assigné à la douane est fixé à 975 milliards de francs CFA, soit une hausse significative par rapport à l’année précédente. Le directeur général des douanes, l’inspecteur général Cheickna Amala Diallo, s’est montré confiant quant à la capacité de ses services à atteindre ce nouveau seuil, misant sur la poursuite des réformes internes, le renforcement du renseignement douanier et la coopération avec les partenaires institutionnels.

Cette trajectoire ascendante intervient toutefois dans un environnement marqué par la persistance de la fraude, des trafics transfrontaliers et de l’insécurité dans plusieurs zones du pays, qui compliquent le contrôle des flux commerciaux.

Fraude et sécurité : un impact indirect sur les recettes

Au-delà de la collecte des droits et taxes, l’administration douanière joue un rôle clé dans la lutte contre les trafics illicites, dont les effets pèsent également sur les finances publiques. En 2025, les services douaniers ont saisi près de deux tonnes de drogues, plus de 626 000 comprimés de produits pharmaceutiques illicites, ainsi que du matériel militaire et des explosifs.

Ces opérations, si elles relèvent d’abord de la sécurité nationale et de la santé publique, contribuent aussi à réduire les pertes fiscales liées à l’économie informelle et aux circuits clandestins, un enjeu majeur pour un État en quête de ressources stables.

Si les résultats présentés traduisent une montée en puissance de l’administration douanière, les autorités ont insisté sur la nécessité de préserver les principes de probité et de discipline, dans un secteur historiquement exposé aux risques de corruption. La reconnaissance accordée à certains agents et partenaires, à travers la remise de certificats de l’Organisation mondiale des douanes, s’inscrit dans cette volonté de valoriser une culture de performance encadrée.

Dans un Mali confronté à des arbitrages budgétaires permanents, la douane apparaît plus que jamais comme un rouage essentiel de la stabilité financière de l’État, appelée à concilier exigence de rendement, contraintes sécuritaires et impératifs de gouvernance.

A.D

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Enfant et intelligence articielle
ActuSahel Tech.

Intelligence artificielle : l’ONU alerte sur une menace mondiale pour les droits de l’enfant

by Chiencoro 28 janvier 2026
written by Chiencoro 5 minutes read

Dans une déclaration commune publiée le 19 janvier 2026, plusieurs agences des Nations unies alertent sur les risques croissants de l’intelligence artificielle pour les droits de l’enfant. Manque de formation, cadres juridiques insuffisants et vulnérabilité accrue des pays du Sud : l’ONU appelle les États à une gouvernance urgente de ces technologies afin d’éviter que l’innovation numérique ne devienne un nouveau facteur d’inégalités et de violations des droits fondamentaux.

Début 2026, plusieurs agences des Nations unies engagées dans la protection de l’enfance ont rendu publique une Déclaration commune sur l’intelligence artificielle et les droits de l’enfant, publiée le 19 janvier. Le texte, sans détour, souligne une inquiétude centrale : la société mondiale ne dispose ni des compétences, ni des cadres juridiques, ni des outils institutionnels suffisants pour protéger les enfants face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle.

Ce document intervient dans un contexte d’accélération technologique où les systèmes d’IA s’imposent dans l’éducation, la santé, la sécurité et les loisirs numériques. Or, selon l’ONU, cette diffusion rapide s’opère sans que les droits fondamentaux des mineurs soient pleinement intégrés aux stratégies nationales de transformation numérique.

Une fracture de connaissances à tous les niveaux

La déclaration met d’abord en lumière un déficit massif de compréhension de l’IA. Enfants, enseignants, parents et professionnels de la protection de l’enfance manquent d’informations claires sur le fonctionnement des algorithmes et leurs effets.

Ce manque de culture numérique rend difficile l’identification des dangers : exploitation des données personnelles, surveillance automatisée, orientation scolaire algorithmique, exposition à des contenus générés artificiellement ou encore manipulation comportementale.

Les agences onusiennes pointent également l’insuffisante préparation des décideurs publics. Les gouvernements, notamment dans les pays en développement, disposent rarement de compétences techniques leur permettant d’évaluer les impacts réels des systèmes d’IA sur les droits de l’enfant. La formation des cadres administratifs aux enjeux éthiques, juridiques et technologiques reste marginale.

Des risques structurels pour les droits fondamentaux

Contrairement aux menaces traditionnelles, les dangers liés à l’IA sont diffus et systémiques. Ils ne prennent pas toujours la forme d’abus visibles, mais s’inscrivent dans des mécanismes de tri, de classement et de prédiction.

Un algorithme peut, par exemple, influencer l’accès à l’éducation, orienter des politiques sociales ou renforcer des discriminations existantes sans qu’aucune responsabilité humaine claire ne soit identifiable. Pour l’ONU, cette automatisation des décisions crée une nouvelle zone grise juridique, où la protection de l’enfant devient difficile à garantir.

La déclaration souligne que l’enfant est souvent réduit à un simple « utilisateur » de technologies, alors qu’il devrait être reconnu comme un sujet de droits bénéficiant de garanties spécifiques.

L’Afrique face à une vulnérabilité accrue

Sur le continent africain, ces défis se posent avec une acuité particulière. La numérisation progresse rapidement, notamment à travers les plateformes éducatives, les services de téléphonie mobile et les réseaux sociaux. Mais cette modernisation se fait souvent sans cadre légal adapté à l’IA.

Dans plusieurs pays, la collecte de données sur les élèves, les patients mineurs ou les bénéficiaires de programmes sociaux s’effectue sans mécanismes robustes de protection. L’importation de technologies développées en Europe, en Asie ou en Amérique du Nord pose aussi la question de leur adéquation avec les contextes culturels, linguistiques et juridiques locaux.

Les experts redoutent une nouvelle forme de dépendance numérique, où les États africains utiliseraient des systèmes qu’ils ne maîtrisent ni techniquement ni politiquement.

L’ONU ne remet pas en cause le potentiel positif de l’intelligence artificielle. Dans l’éducation, elle peut faciliter l’apprentissage personnalisé ; dans la santé, améliorer le suivi médical ; dans l’administration, renforcer l’accès aux services publics.

Mais la déclaration insiste sur un principe fondamental : l’innovation technologique ne peut être neutre. Sans garde-fous, elle risque d’amplifier les inégalités sociales et de fragiliser les enfants les plus exposés – ceux issus de milieux pauvres, de zones rurales ou de contextes de conflit.

Le danger est d’autant plus grand que les enfants sont souvent des consommateurs précoces de technologies numériques, sans capacité critique suffisante pour comprendre les mécanismes qui les influencent.

Vers une gouvernance mondiale de l’IA centrée sur l’enfant

Face à ce constat, les agences onusiennes appellent à une transformation des politiques publiques. Elles recommandent notamment :

  • le développement de formations spécifiques pour les enseignants, parents et travailleurs sociaux ;
  • l’intégration systématique des droits de l’enfant dans les stratégies nationales sur l’IA ;
  • la mise en place d’évaluations d’impact avant le déploiement de technologies impliquant des mineurs ;
  • le renforcement de la coopération internationale.

L’objectif est de passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation. Il s’agit moins de corriger des abus que de concevoir dès l’origine des systèmes respectueux des droits humains.

Pour les Nations unies, l’intelligence artificielle n’est pas seulement une question technique, mais un enjeu politique, social et moral. La protection de l’enfant devient un indicateur de la capacité des sociétés à gouverner leurs technologies.

À l’heure où les États investissent massivement dans le numérique, la déclaration pose une question centrale : qui contrôle les algorithmes qui façonnent les parcours de vie des enfants ?

Sans réponse collective, l’IA pourrait devenir un facteur supplémentaire de vulnérabilité plutôt qu’un outil d’émancipation. Pour l’ONU, il reste une fenêtre d’action, mais elle se réduit à mesure que les technologies s’imposent dans le quotidien des plus jeunes.

Chiencoro Diarra 

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Vue arrière d’un agent de sécurité en uniforme patrouillant dans un immeuble commercial
A la UneAnalyses

Tribune. À Bamako, l’archipel invisible des veilleurs de nuit

by Mikailou Cissé 28 janvier 2026
written by Mikailou Cissé 5 minutes read

À Bamako, la sécurité nocturne repose sur une armée discrète de veilleurs, vigiles et gardiens recrutés dans les marges du droit et de l’administration. Entre législation inachevée, précarité sociale et délégation tacite de missions régaliennes, cette économie invisible de la nuit révèle les recompositions profondes de l’ordre urbain et les limites de l’État face à l’extension de l’insécurité. Une analyse de Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au secondaire.

À la tombée du jour, Bamako bascule dans une autre organisation sociale. Lorsque la majorité des habitants se replient dans les concessions, un réseau discret prend le relais : vigiles privés, gardiens d’immeubles, sentinelles de quartier, agents de sociétés de sécurité. Leur présence est devenue indispensable au fonctionnement nocturne de la capitale malienne. Pourtant, ce secteur essentiel demeure largement informel, juridiquement fragile et socialement invisible.

Derrière l’image rassurante du veilleur posté à un portail ou arpentant une rue poussiéreuse se cache une économie de la sécurité peu documentée, à la frontière du public et du privé, où coexistent normes juridiques, pratiques coutumières et arrangements locaux.

Un cadre légal qui peine à structurer le terrain

Le Mali s’est pourtant doté, dès les années 1990, d’un dispositif juridique visant à encadrer les activités privées de sécurité. La loi n°96-020 du 21 février 1996 réglemente les entreprises de surveillance, de gardiennage, de transport de fonds et de protection des personnes. Elle est complétée par le décret n°96-064/P-RM du 29 février 1996 et renforcée par la loi n°2017-014 du 12 juin 2017, qui insiste sur la professionnalisation, le contrôle des sociétés et les exigences de cautionnement.

Ces textes posent des principes clairs : interdiction de se substituer aux forces de défense et de sécurité, limitation stricte de l’usage de la force, définition des missions autorisées, obligation de formation et de déclaration des agents.

Mais sur le terrain bamakois, la norme juridique se heurte à la réalité sociale. L’essentiel des veilleurs opère hors des circuits formels, recruté directement par des ménages, des commerçants ou des copropriétés, sans contrat écrit, sans assurance, sans cadre disciplinaire clair.

Une économie nocturne fondée sur la précarité

Dans les sociétés de gardiennage agréées, certains agents bénéficient d’un contrat de travail et d’horaires définis. Mais leurs rémunérations restent faibles au regard de la pénibilité du travail nocturne et de l’exposition au risque. Les heures supplémentaires sont rarement comptabilisées, les jours de repos aléatoires, les protections sociales quasi inexistantes.

Pour la majorité des veilleurs, l’emploi repose sur des accords verbaux. En cas d’accident, d’agression ou de litige, les recours sont limités. Les incidents sont souvent réglés à l’amiable, parfois avec l’appui informel de chefs de quartier ou de policiers de proximité. La justice formelle demeure distante, coûteuse et peu accessible.

Cette précarité est d’autant plus marquée que nombre de ces travailleurs sont des migrants internes, venus des zones rurales pour subvenir aux besoins de leurs familles ou financer une formation future. La nuit devient un espace de survie économique et de socialisation urbaine.

Une sécurité fondée sur la proximité plutôt que sur l’équipement

Dans les quartiers populaires, la sécurité repose moins sur les armes ou la technologie que sur la connaissance des lieux. Les sentinelles identifient les habitudes, reconnaissent les visages, repèrent les anomalies. Leur autorité ne vient pas d’un uniforme, mais d’une relation de confiance avec les habitants.

Les rémunérations prennent parfois la forme de dons quotidiens : quelques billets, de la nourriture, un appui ponctuel de la part des visiteurs. Car leur rémunération mensuelle tourne autour de 40 000 à 60 000 F CFA, une somme évolutive en fonction de l’ancienneté. Ce système hybride, ni totalement marchand ni totalement communautaire, transforme la sécurité en service social implicite.

Cette logique explique aussi la tolérance dont bénéficient certains veilleurs non déclarés. Ils occupent un vide laissé par l’insuffisance des effectifs policiers et par l’extension urbaine rapide de Bamako.

Devant des banques, les stations-service et les institutions sensibles, les agents sont intégrés dans des dispositifs plus structurés. Ils portent des uniformes, disposent parfois de moyens de communication et travaillent en coordination indirecte avec les forces publiques.

Dans ces espaces, la frontière entre sécurité privée et sécurité publique devient poreuse. Si la loi interdit toute substitution aux forces de l’État, la pratique quotidienne révèle une délégation tacite de certaines fonctions de surveillance.

Ce phénomène pose une question centrale : qui assure réellement la sécurité nocturne de la ville ? L’État, les sociétés privées ou les communautés locales ?

Vers une régulation nécessaire

Le maillage nocturne repose sur une chaîne d’alerte informelle : un veilleur prévient un voisin, qui contacte un responsable de quartier, avant d’alerter éventuellement la police. Ce circuit parallèle, fondé sur l’expérience et la rapidité, permet souvent de prévenir des cambriolages ou des agressions.

Ce système, bien que fragile, participe à la stabilité urbaine. Il produit de la dissuasion, du renseignement de proximité et une présence humaine continue dans l’espace public nocturne.

La multiplication des veilleurs de nuit traduit moins une dérive qu’une réponse sociale à l’insécurité et au chômage. Elle révèle l’émergence d’un secteur de sous-traitance diffuse de la sécurité, sans véritable politique publique d’intégration.

Sa régulation pourrait constituer un levier stratégique : formalisation des contrats, formation minimale des agents, reconnaissance juridique et intégration dans des dispositifs locaux de prévention. À défaut, ce secteur continuera de fonctionner dans une zone grise, exposée aux abus, aux dérives et aux récupérations.

Quand la nuit devient un miroir des fragilités de l’État

À Bamako, la nuit tient grâce à ceux qui veillent sans bruit. Mais cette réalité met en lumière une fragilité plus large : l’incapacité partielle de l’État à assurer seul la sécurité urbaine et à structurer un secteur devenu indispensable.

Les veilleurs de nuit ne sont pas seulement des gardiens de portails. Ils sont les acteurs d’un compromis social entre insécurité, pauvreté et solidarité locale. Leur invisibilité institutionnelle contraste avec leur centralité fonctionnelle.

Dans l’ombre des rues mal éclairées, ils incarnent une vérité politique : la sécurité n’est plus uniquement une affaire d’uniformes, mais un système composite où se mêlent droit, nécessité et pratiques sociales.

Mikaïlou Cissé

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