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Boubou
ActuÉconomie

Mali : l’affaire des équipements militaires relance la croisade anticorruption

by Chiencoro 27 janvier 2026
written by Chiencoro 3 minutes read

Au Mali, la réouverture du procès dit Paramount–Embraer marque une nouvelle étape dans la volonté affichée des autorités de transition de faire de la lutte contre la corruption et le blanchiment des capitaux un axe central de la refondation de l’État. 

Le 26 janvier, le parquet a requis la réclusion criminelle à perpétuité contre l’ancien Premier ministre Boubou Cissé et plusieurs ex-hauts responsables du régime d’Ibrahim Boubacar Keïta, aujourd’hui en exil, poursuivis pour des faits liés à l’achat d’équipements militaires. Ces réquisitions visent également Mamadou Igor Diarra, ancien ministre de l’Économie et des Finances, Tiéman Hubert Coulibaly, ex-ministre de la Défense, et Babaly Bah, ancien dirigeant de la Banque malienne de solidarité (BMS). Tous sont accusés de « faux et usage de faux », « atteinte aux biens publics », « blanchiment de capitaux » et « complicité ».

Un dossier emblématique des dérives de l’ère IBK

Les faits remontent à 2015, dans un contexte de relance massive des dépenses militaires après l’adoption de la loi d’orientation et de programmation militaire (LOPM). À l’époque, l’État malien attribue à la société sud-africaine Paramount LTD un contrat de 60 millions de dollars portant sur la fourniture de véhicules blindés, de pièces détachées et la réhabilitation d’avions militaires.

Mais très vite, ce marché suscite des soupçons de surfacturation et d’irrégularités procédurales. Les flux financiers transitent par la BMS, alors dirigée par Babaly Bah. Un audit mené après les coups d’État de 2020 et 2021 met au jour, selon la justice, plusieurs anomalies majeures. En juillet 2022, des mandats d’arrêt internationaux sont émis contre les principaux protagonistes.

Relancé le 22 décembre 2025, le procès est devenu l’un des symboles judiciaires de la rupture revendiquée par les autorités de transition avec les pratiques de l’ancien régime.

Une justice inscrite dans la nouvelle Constitution

Au-delà du cas Paramount, ce procès s’inscrit dans un cadre politique et juridique renouvelé. La Constitution adoptée le 22 juillet 2023 consacre explicitement la lutte contre la corruption, la délinquance financière et le blanchiment de capitaux comme des priorités de l’État. Le texte renforce les mécanismes de redevabilité des gouvernants, durcit les sanctions contre les atteintes aux biens publics et affirme l’indépendance de la justice dans le traitement des crimes économiques.

Dans les préambules de cette Constitution, l’Etat malien exprime ses intentions en matière de lutte contre la corruption en s’engageant « à entreprendre toutes actions nécessaires pour lutter contre la corruption et l’enrichissement illicite et promouvoir la bonne gouvernance ». L’Article 35 est plus explicite. Il stipule : «  Aucune autorité publique ne peut, sous peine de sanctions, user des pouvoirs qu’elle tient de la Constitution ou de la loi pour commettre un détournement de ressources ou de biens publics à son profit ou à celui des détenteurs du pouvoir, des membres de leurs familles, d’organismes, ou de toutes autres personnes par favoritisme, corruption, concussion, trafic d’influence ou autres moyen. »

Pour les autorités de transition, il ne s’agit plus seulement de solder les comptes du passé, mais d’ériger un nouveau socle moral et institutionnel. La reprise du dossier Paramount–Embraer, longtemps bloqué, est la preuve d’une volonté politique de « tolérance zéro » face aux détournements de fonds publics, en particulier dans un secteur aussi sensible que la défense.

Dans un pays confronté à une guerre prolongée contre les groupes armés, l’affaire prend une dimension hautement symbolique. Elle rappelle que les ressources destinées aux Forces armées maliennes (Fama) auraient pu être détournées au moment même où l’État luttait pour sa survie territoriale. Dans un Mali fragilisé par une décennie de crises politiques et sécuritaires, la lutte contre la corruption est désormais une condition sine qua non de la souveraineté retrouvée.

Chiencoro Diarra 

27 janvier 2026 0 comments
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Victoire de Mahamat Idriss Déby à la présidentielle au Tchad
ActuPolitique

La France tente de renouer avec le Tchad après son recul stratégique en Afrique

by Sahel Tribune 27 janvier 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Un peu plus d’un an après la rupture brutale de l’accord de défense entre Paris et N’Djamena, la France et le Tchad esquissent un rapprochement. Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby, est attendu à l’Élysée le 29 janvier, à l’invitation de son homologue français, Emmanuel Macron. Une rencontre hautement symbolique dans un contexte où Paris multiplie les gestes diplomatiques pour restaurer son influence sur le continent africain, après avoir été contraint de retirer ses forces de plusieurs pays du Sahel.

Lundi 26 janvier, le chef de l’État tchadien a reçu à N’Djamena l’ambassadeur de France, Éric Gerard. Selon un communiqué de la présidence tchadienne, les échanges ont porté sur « l’avenir de la coopération bilatérale appelée à se renouveler et à se redynamiser, en s’adaptant aux enjeux actuels ». L’entretien est décrit comme « dense », placé sous le signe du dialogue et de la concertation.

Le diplomate français a transmis un message verbal d’Emmanuel Macron invitant Mahamat Idriss Déby à effectuer une visite officielle à Paris. Une invitation acceptée par le président tchadien, interprétée par les autorités comme « un signal fort de la volonté partagée de consolider et de moderniser les relations » entre les deux pays.

Une relation rompue sur fond de rejet de la présence française

Ce rapprochement intervient quelques mois après une rupture retentissante. Fin novembre 2024, le Tchad avait mis un terme de manière unilatérale à son accord de défense avec la France, entraînant le départ précipité des forces françaises stationnées dans le pays. Cette décision s’inscrivait dans une dynamique régionale plus large de remise en cause de la présence militaire française en Afrique, après les retraits successifs du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

Longtemps considéré comme l’un des piliers du dispositif militaire français en Afrique centrale et sahélienne, le Tchad avait rompu avec une tradition de coopération sécuritaire vieille de plusieurs décennies. À N’Djamena comme ailleurs, la souveraineté nationale et la diversification des partenariats militaires avaient été mises en avant pour justifier cette décision.

Paris en quête d’un nouveau récit africain

La visite annoncée de Mahamat Idriss Déby s’inscrit dans une stratégie plus large de réajustement diplomatique de la France sur le continent. Après l’échec de son dispositif antiterroriste au Sahel et la montée des discours hostiles à son influence, Paris tente désormais de privilégier une approche politique et économique, fondée sur le dialogue et la refondation des partenariats.

Le ton employé par les deux capitales illustre cette inflexion. La coopération est désormais présentée comme devant être « modernisée » et « adaptée aux enjeux actuels », une formulation qui marque la volonté de rompre avec les schémas sécuritaires hérités de l’ère postcoloniale.

Un test pour la nouvelle diplomatie française

Reste à savoir si ce réchauffement se traduira par des accords concrets. Les contours d’une éventuelle reprise de la coopération militaire demeurent flous, tout comme les secteurs prioritaires de ce rapprochement : sécurité, économie, formation ou diplomatie régionale.

Pour Paris, la rencontre du 29 janvier constitue un test majeur de sa capacité à rétablir un dialogue politique avec des partenaires africains qui, ces dernières années, ont pris leurs distances. Pour N’Djamena, elle offre l’occasion de redéfinir les termes d’une relation longtemps asymétrique, dans un contexte régional profondément transformé.

Ce tête-à-tête entre Emmanuel Macron et Mahamat Idriss Déby —celui là même à cause duquel la France a été accusée d’appliquer une politique de deux poids deux mesures dans ses relations avec ses partenaires africains — pourrait ainsi marquer l’un des premiers jalons d’une nouvelle phase des relations franco-africaines, fondée moins sur la présence militaire que sur une tentative de reconquête politique et symbolique d’un espace diplomatique largement perdu.

A.D

27 janvier 2026 0 comments
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Ministre de l'Economie et des FInances
A la UneLes démystificateurs du Sahel

Monnaie commune de l’AES : quand la désinformation révèle une aspiration populaire

by Fousseni TOGOLA 27 janvier 2026
written by Fousseni TOGOLA 3 minutes read

La diffusion d’un faux communiqué annonçant la création imminente d’une monnaie commune au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES) a mis en lumière la montée en puissance de la désinformation dans un contexte politique et monétaire hautement sensible. Derrière ces intox répétées se dessinent à la fois une forte aspiration populaire à la sortie du franc CFA et une instrumentalisation informationnelle susceptible de fragiliser les équilibres régionaux, notamment avec l’UEMOA.

Le 23 décembre 2025, alors que se tenait à Bamako la clôture de la deuxième session du collège des chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel (AES), un document présenté comme un communiqué finale de la session de la Confédération annonçait la création imminente d’une monnaie commune baptisée « Sahel ». Le texte, abondamment relayé sur les réseaux sociaux, portait de fausses signatures et des symboles institutionnels détournés. La présidence malienne a dénoncé une manipulation informationnelle.

Un mois plus tard, le lundi 26 janvier, la même information réapparait sur les réseaux sociaux annonçant la feuille de route pour la création d’une monnaie commune AES. Cette déclaration attribuée au ministre de l’Economie et des Finances, Alousséni Sanou, ne donnait aucune précision du contexte de la déclaration ni quand est-ce qu’elle fut faite. Le ministère malien de l’Économie et des Finances publie ce mardi 27 janvier un démenti formel : aucune décision n’avait été prise concernant la mise en circulation d’une monnaie unique et aucun calendrier opérationnel n’existait. 

Une rumeur qui prospère sur une attente réelle

Si ces fausses annonces rencontrent un tel écho, c’est qu’elles s’inscrivent dans une dynamique politique et sociale profonde. Depuis leur retrait de la CEDEAO, le Mali, le Burkina Faso et le Niger affichent leur volonté de refonder leur souveraineté économique. La question monétaire, longtemps symbolisée par le franc CFA, cristallise cette aspiration.

Dans l’espace public sahélien, la création d’une monnaie propre est devenue un marqueur de rupture avec l’ordre économique hérité de la période postcoloniale. La circulation régulière de fausses informations traduit ainsi moins une simple manipulation qu’une projection des désirs populaires sur un futur institutionnel encore incertain. Car les autorités étatiques n’ont encore fait aucune déclaration officielle traduisant cette volonté de rupture avec le FCFA, considéré comme une monnaie coloniale, qui ne permettrait pas la développement ou la souveraineté de ses Etats membres. 

La désinformation comme révélateur d’intérêts contradictoires

La désinformation traduit souvent des volontés inassouvies ou des stratégies d’influence. Dans le cas de l’AES, elle peut servir des intérêts multiples : militants souverainistes impatients, acteurs économiques spéculatifs, ou encore réseaux cherchant à semer la confusion diplomatique entre l’AES et l’UEMOA.

Cette dynamique est d’autant plus sensible que les trois pays ont quitté la CEDEAO mais demeurent liés aux mécanismes monétaires régionaux. Une fausse annonce de monnaie commune pourrait ainsi nourrir des tensions inutiles avec l’UEMOA et fragiliser des relations déjà recomposées.

L’information, nouveau champ de bataille stratégique

La multiplication de ces intox s’inscrit dans un phénomène plus large : l’usage croissant de la désinformation comme instrument de puissance. Désormais, les États ne se livrent plus seulement une compétition militaire ou diplomatique, mais aussi informationnelle.

Dans un Sahel marqué par la fragilité institutionnelle et la polarisation politique, la désinformation devient une menace directe pour la stabilité. Elle peut susciter des attentes irréalistes, alimenter la défiance envers les autorités ou provoquer des malentendus régionaux.

Face à ce constat, les autorités de l’AES sont appelées à renforcer leur dispositif de veille informationnelle. La lutte contre la désinformation doit être intégrée aux stratégies de sécurité nationale, au même titre que la lutte antiterroriste.

Investir dans la communication institutionnelle, la transparence décisionnelle et l’éducation aux médias apparaît désormais comme une nécessité stratégique. Car dans un contexte de recomposition géopolitique, la bataille des récits peut peser autant que celle des armes.

F. Togola 

27 janvier 2026 0 comments
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BAMEX
A la UneSécurité

Armées de l’AES : ce que révèle – et ce que masque – le classement Global Firepower 2026

by Sahel Tribune 27 janvier 2026
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Le classement 2026 des armées africaines les plus puissantes établi par Global Firepower place le Mali, le Burkina Faso et le Niger dans des positions intermédiaires du continent. Fondé sur un indice composite reposant sur une soixantaine de critères, cet outil de comparaison met en lumière certaines tendances capacitaires, mais soulève aussi des interrogations quant à sa capacité à rendre compte de la transformation rapide des forces armées des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). 

Depuis 2006, Global Firepower publie un classement annuel des armées mondiales reposant sur un indice dit PowerIndex. Celui-ci agrège près de soixante critères, parmi lesquels figurent les effectifs militaires, les équipements terrestres, aériens et navals, les infrastructures, la logistique, ainsi que les budgets de défense.

Les pondérations exactes de ces critères ne sont pas rendues publiques, ce qui limite la transparence méthodologique de l’outil. Le classement reste néanmoins l’un des rares instruments comparatifs disponibles à l’échelle internationale pour apprécier l’évolution des capacités militaires des États.

La position des pays de l’AES dans le classement 2026

Dans l’édition 2026, dans la partie consacrée aux armées africaines, les pays membres de l’Alliance des États du Sahel occupent les rangs suivants : Mali : 17ᵉ rang africain, Niger : 26ᵉ rang africain (PowerIndex : 2,6867), Burkina Faso : 30ᵉ rang africain (PowerIndex : 2,9213)

Ils se situent ainsi derrière des armées disposant de structures plus anciennes et de budgets plus élevés, telles que l’Égypte, l’Algérie, le Nigeria ou l’Afrique du Sud, mais devant certains pays d’Afrique de l’Ouest comme la Côte d’Ivoire (pour le Mali) et le Sénégal ( pour le Niger et le Mali). Le Burkina Faso arrive aussi derrière ses voisins sénégalais et ivoiriens. 

Ces positions traduisent un différentiel important en matière de capacités conventionnelles lourdes (aviation de combat, blindés, marine, logistique stratégique).

Des critères adaptés aux armées conventionnelles

L’architecture du Global Firepower Index privilégie des indicateurs quantifiables : nombre d’avions, de chars, de navires, effectifs formels, volume budgétaire. Ce choix méthodologique favorise mécaniquement les armées organisées selon des modèles conventionnels classiques.

Or, les armées du Mali, du Burkina Faso et du Niger sont engagées depuis plusieurs années dans une guerre asymétrique contre des groupes armés non étatiques. Leurs priorités capacitaires concernent davantage : la mobilité terrestre, le renseignement, la surveillance par drones, les forces spéciales, la coordination avec les populations locales.

Ces dimensions, difficiles à quantifier, sont peu visibles dans un indice centré sur les inventaires matériels.

L’accès aux données, un facteur déterminant

La fiabilité d’un classement repose en grande partie aussi sur l’accessibilité des données nationales. Or, depuis la reconfiguration diplomatique et sécuritaire des pays de l’AES, une part croissante des informations relatives aux équipements, aux partenariats militaires et aux capacités opérationnelles relève du secret défense.

Cette opacité relative peut introduire un biais statistique : les données utilisées par Global Firepower reposent principalement sur des sources ouvertes (rapports publics, annonces officielles, bases de données internationales), qui ne reflètent pas nécessairement l’ensemble des capacités réelles.

Dans ce contexte, les armées de l’AES apparaissent dans le classement à partir d’informations partielles, ce qui peut conduire à une sous-estimation de certaines évolutions récentes. 

Entre outil comparatif et construction de perception

Depuis 2021, les trois pays ont augmenté leurs budgets de défense et engagé des réformes structurelles en faisant de la sécurité leur priorité numéro 1: recrutement accru, diversification des partenaires militaires, modernisation partielle des équipements, montée en compétence opérationnelle.

Ces transformations s’inscrivent dans une dynamique régionale de réorganisation sécuritaire, mais leur traduction statistique reste lente et inégale dans les classements internationaux.

Le Global Firepower Index offre ainsi une photographie statique, tandis que la situation des armées sahéliennes relève davantage d’un processus en cours de recomposition. 

Au-delà de sa fonction descriptive, le classement participe à la construction de représentations internationales de la puissance militaire. En situant les armées de l’AES dans le milieu ou le bas du tableau africain, il tend à renforcer l’image d’États militairement dépendants ou fragiles.

Or, la puissance militaire ne se réduit pas aux volumes d’armement. Elle inclut également : la capacité d’adaptation doctrinale, la résilience institutionnelle, l’ancrage social de l’armée, la maîtrise du terrain. Ces éléments restent largement hors champ des indicateurs quantitatifs.

Les limites d’un indicateur global

Le classement Global Firepower demeure un outil de comparaison utile pour observer les écarts capacitaires entre États. Toutefois, appliqué aux pays de l’AES, il montre ses limites : insuffisante prise en compte des conflits asymétriques, dépendance aux données ouvertes, faible intégration des dynamiques politiques et sociales de la guerre.

Il ne peut donc être interprété comme une mesure exhaustive de la puissance réelle des armées sahéliennes, mais comme un indicateur partiel, à croiser avec des analyses qualitatives du terrain.

A.D

27 janvier 2026 0 comments
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Oumou Sangaré et le Ministre Daffé
ActuSeko ni Donko

Musique : Oumou Sangaré consacrée « Superstar d’Afrique »

by Chiencoro 27 janvier 2026
written by Chiencoro 2 minutes read

Reçue par le ministre malien de la Culture, Oumou Sangaré est venue présenter deux distinctions remportées à Addis-Abeba et à Abidjan. Un moment symbolique pour l’icône de la musique africaine, dont la carrière continue de porter haut les couleurs du Mali sur la scène internationale.

La diva de la musique malienne Oumou Sangaré a été reçue en audience, lundi 26 janvier 2026, par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé. L’artiste est venue présenter officiellement deux trophées remportés récemment à l’étranger, confirmant une nouvelle fois son statut d’icône panafricaine et d’ambassadrice culturelle du Mali.

Des distinctions qui honorent le Mali

Ces distinctions ont été obtenues dans deux capitales africaines : Addis-Abeba et Abidjan. À l’occasion des Oda Awards 2025, en Éthiopie, Oumou Sangaré a reçu le prix de « Superstar musicale d’Afrique », une récompense qui salue l’ensemble de sa carrière et son influence sur la scène musicale du continent. Quelques semaines plus tard, en Côte d’Ivoire, les Jayli Awards lui ont décerné un prix hommage honorifique, en reconnaissance de son engagement artistique et social.

Au cours de l’audience, le ministre Mamou Daffé a félicité la chanteuse pour ces distinctions « qui honorent non seulement la culture malienne, mais l’ensemble de la nation ». Il a rappelé que ces trophées ont été obtenus en 2025, une année décrétée « Année de la Culture » par le président de la transition, le général Assimi Goïta. Un symbole fort, selon lui, de la place centrale accordée à la culture dans la stratégie de rayonnement international du Mali.

Figure majeure de la musique africaine depuis plus de trois décennies, Oumou Sangaré s’est imposée bien au-delà des frontières maliennes par une œuvre mêlant tradition wassoulou, modernité musicale et engagement en faveur des droits des femmes. Son parcours illustre la capacité des artistes africains à porter une parole sociale tout en conquérant les scènes internationales.

Un hommage à la constance, à la créativité et à la promotion de l’identité africaine

Le prix « Superstar musicale d’Afrique » distingue chaque année des artistes dont l’impact dépasse le simple cadre musical. Il récompense à la fois l’excellence artistique, la longévité et l’influence culturelle sur le continent. En honorant Oumou Sangaré, les organisateurs ont voulu saluer une carrière marquée par la constance, la créativité et la promotion de l’identité africaine.

Pour les autorités maliennes, cette reconnaissance internationale vient conforter une politique culturelle axée sur la valorisation des talents nationaux et sur le rôle stratégique de la culture dans la cohésion sociale et l’image du pays à l’étranger.

À travers cette audience officielle, Oumou Sangaré a ainsi partagé avec son pays des trophées qui symbolisent bien plus qu’un succès personnel : ils incarnent le rayonnement d’une culture malienne toujours présente sur la scène africaine et mondiale, malgré les défis politiques et sécuritaires que traverse le pays.

Chiencoro Diarra 

27 janvier 2026 0 comments
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Traditions et souveraineté
ActuSeko ni Donko

Traditions et souveraineté : les valeurs mystiques endogènes, piliers de paix et d’unité au Sahel

by Ibrahim Kalifa Djitteye 27 janvier 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Du 25 au 27 janvier 2026, le Palais de la Culture de Bamako accueille la troisième Rencontre solennelle des pratiquants des cultes mystiques endogènes des peuples de l’Alliance des États du Sahel (AES). La cérémonie d’ouverture, tenue le 25 janvier, a été placée sous la présidence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou Daffé, représenté par son chef de cabinet, Dr. Salia Malé.  

Organisée par l’Association Faso Kanu Blonba (AFKB), cette troisième édition s’inscrit dans la continuité des deux premières rencontres, respectivement tenues à Ouagadougou au Burkina Faso et à Niamey au Niger. Elle vise à promouvoir la cohésion sociale entre les peuples de la Confédération du Sahel. Au-delà de la dimension culturelle, cette initiative contribue à la sauvegarde du patrimoine mystique endogène et soutient les autorités des pays membres de l’AES dans leur quête de consolidation de la souveraineté nationale.  

Une initiative confédérale pour la cohésion sociale

Cette rencontre s’aligne sur la vision du Président de la Transition, le Général Assimi Goïta. Elle traduit la volonté politique de refondation, en réponse aux aspirations profondes du peuple malien et sahélien : la paix, l’unité nationale et la stabilité. En mettant en avant les valeurs mystiques endogènes, l’événement illustre une démarche de réappropriation culturelle et spirituelle, essentielle pour renforcer la résilience des communautés face aux défis contemporains et pour consolider l’identité collective des peuples de l’AES.  

Soutenu par le ministère de l’artisanat, de la culture, de l’industrie hôtelière et du tourisme, l’événement se présente comme une célébration de la diversité culturelle du Sahel. Il met en lumière une composante fondamentale : le patrimoine mystique endogène lié à la chasse. Cette pratique ancestrale, au-delà de son aspect rituel, est perçue comme un vecteur de sécurité et de paix dans l’espace sahélien. Elle incarne la force des traditions et leur rôle dans la préservation de l’équilibre social et communautaire.  

Le patrimoine mystique au service de la paix

Lors de la cérémonie d’ouverture, le chef de cabinet, Dr. Salia Malé, représentant le ministre Mamou Daffé, a salué l’initiative de l’Association Faso Kanu Blonba (AFKB). Il a souligné la portée confédérale de cette rencontre, qui renforce les liens culturels entre les peuples de l’AES. En félicitant les organisateurs, il a insisté sur l’importance de telles initiatives pour consolider la solidarité régionale et pour inscrire durablement les valeurs endogènes dans les politiques culturelles et sociales des États membres de la Confédération du Sahel.  

Au-delà des discours et des rituels, cette troisième rencontre solennelle des cultes mystiques endogènes des peuples de l’AES s’impose comme un jalon historique dans la construction d’un espace sahélien uni et résilient. Elle rappelle que les traditions, loin d’être figées, peuvent devenir des leviers puissants pour bâtir la paix et renforcer la souveraineté. En plaçant la culture et les valeurs endogènes au cœur de la refondation, Bamako a offert une tribune où passé et avenir se rejoignent pour inspirer un horizon commun.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

27 janvier 2026 0 comments
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Défilé militaire
ActuOpinion

Tribune. Pourquoi les doctrines militaires classiques ont échoué face au terrorisme sahélien

by Mikailou Cissé 27 janvier 2026
written by Mikailou Cissé 4 minutes read

Dans cette tribune, Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au lycée, analyse la dynamique contemporaine de la guerre terroriste au Sahel. Il montre que ce conflit ne se limite pas à un affrontement militaire, mais qu’il se joue aussi sur le terrain du lien social, de la légitimité de l’État et des consciences collectives. Selon lui, seule une stratégie intégrant pleinement les populations permettra de transformer la peur en souveraineté durable.

La guerre terroriste au Sahel ne se joue pas seulement sur les champs de bataille. Elle se déploie aussi dans les consciences, les récits et le lien social. Héritière de formes anciennes de violence et nourrie par les fragilités de l’État postcolonial, elle impose de repenser les stratégies de sécurité à partir du peuple, devenu l’enjeu central de cette confrontation.

Une guerre ancienne sous des habits modernes

La dynamique de la guerre terroriste contemporaine au Sahel s’inscrit dans une histoire longue des formes de violence. Elle combine des logiques anciennes d’harcèlement mobile avec des outils modernes : technologies de communication, réseaux transnationaux et exploitation méthodique des vulnérabilités sociales.

Dans les conflits pré-modernes, la guerre n’était pas un choc frontal permanent. Comme l’avait déjà formulé Sun Tzu, elle reposait sur l’usure morale de l’adversaire, la peur, la ruse et la circulation de récits terrifiants. La victoire s’obtient lorsque la résistance devient psychologiquement insoutenable avant même d’être matériellement impossible. Cette stratégie trouve aujourd’hui une résonance particulière dans l’espace sahélien.

Au Sahel, la violence n’est pas seulement destruction : elle est langage. Chaque attaque produit un effet narratif durable. Chaque mouvement armé devient une démonstration de force symbolique.

Les cibles des groupes groupes armés terroristes ne sont pas choisies uniquement pour leur valeur militaire, mais pour leur impact psychologique et politique. Il s’agit pour ces groupes armées et leur « sponsors étatique étrangers » de frapper vite et fort pour tenter de prouver une capacité structurelle. Le territoire sahélien se transforme alors en champ de bataille cognitif, où la perception compte autant que la puissance réelle des armes. Les adversaires des armées sahéliennes sont aidés dans cette dynamiques de guerre cognitive par des médias propagandistes étrangers. Ce qui explique la suspension ou l’interdiction de beaucoup d’entre eux sur le territoire sahélienne, et de plus en plus, sur d’autres cieux. 

La mobilité, arme stratégique décisive

La mobilité constitue le cœur de cette guerre asymétrique. Dans un espace immense, traversé par des routes informelles parfaitement connues des groupes armés, le mouvement rapide impose un rythme auquel les armées conventionnelles s’adaptent.

Il ne s’agit plus de contrôler durablement le territoire, mais de l’occuper de manière imprévisible. Apparaître, frapper, disparaître : cette logique rend obsolètes les doctrines militaires héritées des modèles coloniaux fondés sur la fixation de l’ennemi et la défense statique.

Les États sahéliens ont pourtant évolué. Leurs armées sont aujourd’hui mieux formées, mieux équipées et plus expérimentées. Une ligne politique souverainiste s’affirme, souvent en résonance avec les aspirations populaires.

Le peuple, acteur central du conflit

Le conflit sahélien oppose deux formes d’autorité : celle, légale, de l’État, et celle, de fait, produite par la peur et l’adaptation locale.

Comme l’a montré Max Weber, le monopole de la violence légitime n’existe que s’il est reconnu par les gouvernés. Lorsque cette reconnaissance se fissure, d’autres pouvoirs émergent, fondés sur la contrainte, la protection forcée et la terreur.

Dans cette guerre, le peuple est l’enjeu stratégique majeur. Les populations ne sont pas de simples victimes collatérales : elles sont des acteurs décisifs dans la circulation de l’information, la légitimation de l’autorité et la résistance aux récits terroristes.

Toute rupture de confiance entre l’État et les peuples sahéliens transforme l’espace en zone perméable à l’infiltration idéologique et à la manipulation des consciences. La guerre se gagne autant par la crédibilité politique que par les armes.

La guerre terroriste au Sahel est une guerre du lien social autant que des armes. Elle révèle les limites d’une conception strictement militarisée de la sécurité. C’est ce qui explique la démarche engagée par les autorités maliennes de la transition : conjuguer action militaire, développement et renforcement du lien armée-nation, et impliquer les populations dans les concertations nationales.

Mikaïlou Cissé

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