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Sécurité

Sécurité au Mali : deux soldats français blessés lors d’une dispute alcoolisée sur la base Gao

by Sahel Tribune 26 décembre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Dans la nuit du Réveillon de Noël, deux soldats français de la force Barkhane ont été blessés par un de leur frère d’armes sur la base de Gao. L’incident est survenu à la suite d’une dispute sous l’emprise de l’alcool.

Deux militaires français de l’opération Barkhane ont été blessés par un des leurs, dans la nuit du 24 au 25 décembre 2020. « Des soldats de la même unité se sont, en langage commun, pris la tête. Un soldat a blessé deux de ses camarades avec son arme de service », un pistolet automatique, a indiqué à l’AFP le porte-parole de l’état-major Frédéric Barbry. Le journal français Le Parisien précise que cet incident est survenu à la suite d’une dispute, sous l’effet de l’effet de l’alcool, entre des militaires de cette opération antijihadiste au sahel. « Suite à une altercation sur fond d’alcoolisation, un soldat français de la force Barkhane a blessé deux autres soldats avec son pistolet automatique » confirme à Bruxelles2 (B2) l’état-major des armées. Les deux blessés auraient été rapatriés en France, a-t-on appris.  

Notons que sur cette base de Gao se trouvent à la fois les soldats français de la Force Barkhane, mais aussi des Européens, surtout les Estoniens.

Plus qu’anodin

Cet incident qui peut bien paraitre ordinaire pourrait pourtant avoir des impacts réels sur les opérations de cette force dans les pays du sahel où le départ de la France et de ses forces est de plus en plus réclamé par les populations de ses pays. Outre cela, cet incident survient à un moment où cette force Barkhane se bat avec ses moyens de bord pour convaincre les partenaires européens à lui venir en renfort dans la lutte qu’elle mène dans le sahel contre les terroristes.

Chiencoro

26 décembre 2020 0 comments
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Opinion

In memoriam: le Président Soumaila Cissé, une vie de combattant [Tribune]

by Sahel Tribune 26 décembre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Du Président Soumaila CISSE, le professionnel, le père de famille , l’homme d’État, le chef de parti , le chef de file de l’opposition politique du Mali; bref l’homme tout court,
Nous retenons le modèle de l’éducation et la formation du système éducatif du Mali.

  • Competent;
  • Intégre ;
  • Sociable;
  • Rigoureux;
  • Elegant;
  • Courtois;
  • Généreux;
  • Prolifique…

Tous ces qualificatifs , il les a incarnés à lui seul dans les différents pans de son être pluriel et pluriforme.
Niafunké, Bamako, Dakar, Paris, Ouagadougou garderont éternellement les traces du passage indélébile du Président Soumaila CISSE.
La mort , tu es brutale.
Oui tu l’es. Par ta brutalité, tu surprends.
Mais saches que le Président Soumaila CISSE avait une conscience claire de sa finitude comme tout musulman.
Son parcours laborieux et son œuvre bréviaire de combattant de la paix , de la liberté et du progrès économique représentent la preuve de sa victoire sur toi, la mort.
Le Président Soumaila CISSE est désormais eternel au triple plan professionnel, socio-politique et intellectuel.
La sphère politique est le lieu où le President Soumaila CISSE a prouvé toute sa sagesse faite de grande humilité et de dignité enviable dans la défaite comme dans la victoire.
Le Président Soumaila CISSE , le Dalaï Lama de la politique malienne, n’a jamais perdu son légendaire sourire même dans les épreuves les plus rudes de son existence.
Monsieur le Président Soumaila CISSE, vous avez décidé de partir humblement comme vous avez vécu sans jamais nous quitter du tout grâce au riche et unique héritage légué aux jeunes générations du Mali et d’Afrique.
Monsieur le President Soumaila CISSE, vous nous devancez ainsi pour retrouver l’honorable Kalifa DOUMBIA, Baba Djeli, madame BOUNDY, Baba SOW….
Au revoir Chef.
Et merci pour tout pour le Mali et l’Afrique.
Par M. Seydou CISSE , un collaborateur apprenant de votre Cabinet.

26 décembre 2020 0 comments
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Moussa Balla Diarra auteur de Mansala
Seko ni Donko

Pour refonder, débaptiser : la proposition radicale d’un écrivain malien

by Bakary FOMBA 25 décembre 2020
written by Bakary FOMBA 4 minutes read

Ancien député à l’Assemblée nationale du Mali de 1997 à 2002, Moussa Balla Diarra publie son deuxième ouvrage, « Mansala, le Mali d’après crise », chez les éditions La Sahélienne. Nous avons rencontré l’auteur à son domicile. Il nous explique ses motivations. 

Phileingora : pourquoi le titre « Mansala » ?

Moussa Balla Diarra : « Mansala » est un mot composé de « Mansa » et de « la ». En langue bambara, « la » signifie la demeure, le lieu où on siège, le lieu où on habite. Par exemple exemple, diarrala désigne le lieu où les Diarra sont installés ; coulibalyla, traoréla…

La première couverture de « Mansala ». Crédit photo: Fousseni Togola

« Mansala » veut donc dire le pays des « Mansa », la demeure des « Mansa ». Je considère que le Mali est un pays de « Mansas », une demeure des « Mansa ». C’est un territoire, un espace où se sont succédé des « Mansa ». « Mansala » est un second nom que je donne au Mali.

Qu’est-ce qui vous a inspiré à écrire ce livre ?

La crise profonde dans laquelle le Mali est tombé à partir de 2012 n’a laissé personne indifférent. Tous les intellectuels, tous les patriotes sincères se sont demandé ce qu’ils pouvaient faire pour apporter leur contribution à la résolution de cette crise. Voilà l’interpellation qui m’a fait prendre la plume pour commencer à décrire le Mali d’après la crise.

Je documente la construction d’une nouvelle nation malienne, prospère, où il fera bon vivre, avec tous les atouts que nous avons : atouts humains, économiques, sur tous les plans. Se projeter pour bâtir un Mali prospère à partir de la fin de la crise.

Pour bâtir ce Mali nouveau, j’ai plongé un peu en arrière pour parler des 50 années passées où on a vu le Mali plonger jusqu’à se retrouver à cette crise multidimensionnelle.

J’arrive à la compréhension que la perte de nos repères, de nos valeurs ancestrales, de nos valeurs traditionnelles, qui ont fait la gloire des grands empires, des grands royaumes est à la base de cette crise.

Vous dites que « Mansala est une vision ». Cette vision sert-elle la transition ou l’après-transition ?

Cette vision sert bel et bien à la transition actuelle. J’estime que cette transition est destinée à jeter les bases, à voter toute la législation, toutes les lois, tous les règlements pour instaurer une bonne gouvernance, une juste mesure de toutes les choses qui peuvent faire avancer le Mali.

Interiew de Moussa Balla Diarra sur notre chaïne YouTube

Quel bénéfice les citoyens et les décideurs politiques pourront-ils tirer de la lecture de « Mansala » ?

Ce que je définis comme vision est une piste de réflexion. Il appartient aux autorités politiques, qui seront légalement élues, de chercher à en tirer profit, de s’en servir comme piste de réflexion, comme piste de solution. D’abord, je donne des solutions de type politiques en termes de forum de gouvernance, de système politique. Sur le plan économique, les propositions que je fais dans « Mansala » concernent surtout l’industrialisation à outrance.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées lors de la production de cet ouvrage ?

Le livre est une œuvre qui reste pour la vie entière. J’ai commencé la production de « Mansala » depuis 2015, mais c’est en 2020 que le livre a pu être finalisé et publié. Pendant 5 ans, j’ai réfléchi, j’ai écrit, j’ai effacé, j’ai réécrit et effacé.

Une autre difficulté pour moi a été de tacher à ne pas rapporter du n’importe quoi, à dire des choses réelles et à proposer des choses justes et crédibles.

Des projets en cours ?

J’ai déjà terminé la production d’un autre ouvrage qui est chez l’éditeur et est annoncé pour 2021. Dans ce livre, j’essaie d’attirer l’attention sur un phénomène très dangereux qui tue l’économie d’un pays.

Quels conseils formulez-vous, en tant qu’écrivain, mais aussi comme ancien député, à l’endroit des membres du Conseil national de la transition ?

Il s’agit de personnes qui vont jouer le rôle du législateur. Ils doivent comprendre qu’un législateur doit avoir deux qualités. La première est la connaissance profonde du pays et des aspirations du peuple malien. La deuxième est d’être en mesure de légiférer, de trouver le processus d’élaboration de la loi. 

Les membres du CNT doivent connaitre le minimum de procédure en matière d’élaboration de loi. Ils doivent connaitre l’esprit et la lettre de la loi. Je leur demanderai également de travailler avec patriotisme, à mettre complètement de côté les intérêts personnels, les intérêts claniques, les intérêts de groupements professionnels et socioprofessionnels.

Comment se procurer de votre ouvrage et à quel prix ?

« Mansala » a commencé à être disposé dans les librairies. Ceux qui veulent l’avoir peuvent passer au siège l’Association d’Amitié Mali-Maroc (AMAMA) ou contacter le secrétaire permanent, Oumar Aba Koné au 76043088. En passant la commande en avance, je pourrais dédicacer l’exemplaire. 

Les lecteurs pourront l’acheter également à la librairie Mablé de Sogoniko. Je suis en train de préparer aussi la vente en ligne pour permettre ceux qui vivent en dehors du Mali de le commander.

« Mansala » est vendu à 7 000 FCFA l’exemplaire. 

Fousseni Togola et Bakary Fomba

25 décembre 2020 0 comments
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etat durgence proroge au Mali jusquen juin 2021
Santé

Crise sanitaire au Mali : l’état d’urgence prorogé jusqu’au 26 juin 2021

by Chiencoro 25 décembre 2020
written by Chiencoro 1 minutes read

Dans le cadre de la lutte contre la pandémie du coronavirus et l’insécurité au Mali, les autorités de la transition ont décidé de proroger l’état d’urgence jusqu’au 26 juin 2021 à minuit. En tout cas, c’est ce qui ressort du communiqué du Conseil des ministres du mercredi 23 décembre 2020. « Sur le rapport du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Conseil des ministres a adopté un projet d’ordonnance autorisant la prorogation de l’état d’urgence déclaré sur le territoire national », lit-on en substance dans ledit communiqué.

Rappelons que l’état d’urgence déclaré le 18 décembre dernier devrait prendre fin le 28 décembre prochain. Les autorités de la transition ont adopté à l’occasion plusieurs mesures de prévention de la pandémie, dont la fermeture de certains lieux de rassemblement public, la limitation du nombre de personnes lors des assemblées, le respect des gestes barrières, etc. « Conformément à la Loi n° 2017-055 du 06 novembre 2017 relative à l’état de siège et à l’état d’urgence, sa prorogation au-delà de 10 jours est autorisée par la loi », précise la même source.

Cette prorogation devra permettre aux autorités compétentes de travailler davantage à faire barrage à cette maladie qui ne cesse d’endeuiller des familles.

Fousseni Togola  

25 décembre 2020 0 comments
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Le Mali classe 1er de levaluation Oapi des SNL en 2020
Actu

Évaluation oapi sur les SNL : le Mali classé 1er parmi les 17 États membres

by Bakary FOMBA 25 décembre 2020
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

À travers le Centre malien de promotion de la propriété industrielle (Cemapi), structure nationale de liaison (SNL), le Mali a été classé 1er parmi 17 pays en lice, le 8 décembre 2020 à Lomé, au Togo, par l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (oapi). C’était à l’occasion de la 60e session ordinaire du Conseil d’administration de cette organisation.

Sur 17 pays en lice, le Mali sort premier de l’évaluation de l’oapi sur les structures nationales de liaison (SNL). Le Mali devance ainsi le Burkina Faso qui arrive deuxième et la Mauritanie. Cette distinction a été saluée par les autres États membres qui ont apprécié cette constance, preuve du sérieux et des efforts inlassables du CEMAPI non seulement dans la promotion de la propriété intellectuelle au niveau national, mais aussi, dans la mise en œuvre du Plan d’action stratégique de l’OAPI.

Une opportunité à saisir

Notons que cette reconnaissance est la quatrième du genre pour le Mali. Néanmoins, cette distinction doit être une opportunité pour le CEMAPI, sous la direction de Mme Fatoumata Siragata Traoré, d’intensifier ses actions desensibilisation des usagers sur l’importance de la protection de leurs œuvres de propriété industrielle. Il s’agit entre autres des marques de produits et de services, des brevets d’invention, des noms commerciaux, des dessins et des modèles… dans un environnement économique qui devient de plus en plus compétitif.

Ce n’est pas tout, cette distinction doit être également une occasion pour le CEMAPI de bousculer le processus d’enregistrement de l’échalote de Bandiagara en indication géographique. Elle doit également être permettre de développer des stratégies nationales pour l’enregistrement des marques collectives afin de valoriser les produits locaux et « freiner l’érosion de nos savoirs locaux vers le reste du monde ».

Pour rappel, l’Oapi regroupe à ce jour 17 États membres : le Mali, le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Centrafrique, les Comores, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Guinée, la Guinée-Bissau, la Guinée équatoriale, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo.

Bakary Fomba

25 décembre 2020 0 comments
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Ministre Lamine Seydou TRAORE
Politique

Ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau : Lamine Seydou Traoré, une chance pour le Mali

by Sahel Tribune 24 décembre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Réputé rigoureux et son patriote, Lamine Seydou Traoré est une chance pour le secteur des mines, de l’énergie et de l’eau au Mali. 

Le nouveau ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau du Mali est certes un habitué de l’administration malienne, mais de 2002 à nos jours, son parcours est semé d’excellence. Commençant sa carrière au Cabinet d’Expertise Comptable international (EGCC), Lamine Seydou Traoré se fera rapidement distinguer et occupera plusieurs fonctions dans la communication et la finance.

En véritable patriote baigné d’un amour sincère pour le travail bien fait, Lamine Seydou Traoré occupera successivement le poste de chef de service comptabilité et trésorerie, responsable de la division finances-comptabilité et directeur financier et directeur général d’Orange-finances Mobiles mali-SA à Orange Mali.  Étant parmi les précieux sésames qui ont vendu une image reluisante de leur pays partout ils sont passés, Lamine Seydou Traoré sera appelé à occuper le fauteuil de directeur général adjoint de la société Orange Mali avant de siéger, en raison de ses compétences avérées dans la gestion des affaires, au Conseil de Régulation de l’Autorité malienne des Télécommunications et des Postes (AMRTP).

Lamine Seydou Traoré est titulaire d’une crinière de diplômes obtenus grâce à son courage, sa rigueur, sa détermination. Preuves des qualités inestimables de l’homme, ces diplômes lui donnent une certaine moralité qui l’amène à s’imposer comme créneau : l’excellence.

Le nouveau ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau est titulaire du Diplôme d’Expertise Comptable et Financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (DECOFI-UEMOA).  Également détenteur d’un Master spécialisé en régulation de l’économie numérique avec la mention « Très honorable » à Télécom ParisTech. En 1998, Lamine Seydou Traoré a été le meilleur bachelier du Mali. Ce qui le conduit au Maroc à travers une bourse d’excellence octroyée par l’État malien. Il revient de ce pays avec un diplôme de maîtrise en Sciences et Techniques Comptables et Financières.

De grands défis à relever

Humble, dynamique, patriote convaincu et sincère, cadre intègre, Lamine Seydou Traoré est conscient de la place prépondérante du secteur des mines, de l’énergie et de l’eau dans l’économie malienne et par ricochet pour le bien-être et l’épanouissement des populations. Il n’y a aucun doute, il a les compétences avérées pour relever tous les défis dans ce secteur.

En deux mois seulement de service, le patriote convaincu, engagé, proactif se fait déjà parler de lui en raison des réalisations faites. Lamine Seydou Traoré a réussi à adopter le décret n ° 2020 -0177 / PT-RM, fixant les conditions et les modalités d’application du Code minier en République du Mali ainsi que la signature du décret portant approbation de la Convention d’Établissement –type, le 12 novembre 2020. Un Décret qui a permis la levée des suspensions temporaires relatives à la réception de nouvelles demandes d’attribution de titres miniers et d’instruction de demandes de titres miniers en instance.

Lamine Seydou Traoré est un espoir, une chance pour le Mali et pour toute l’Afrique.  

Source: Le Démocrate

24 décembre 2020 0 comments
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Une semaine de travail de quatre jours pourrait reduire notre empreinte carbone
Politique

Travailler moins sauvera-t-il la planète ? Oui, mais à certaines conditions

by Sahel Tribune 23 décembre 2020
written by Sahel Tribune 6 minutes read

L’idée de la semaine de quatre jours fait son chemin dans les esprits. Récemment, plusieurs grandes compagnies aux États-Unis ont essayé de travailler en horaires réduits. En France, certaines entreprises comme Welcome to the Jungle ont déjà commencé à instaurer ce système.

De nombreuses recherches, dont des travaux conduits par mes collègues et moi-même, ont montré des bénéfices clairs, tels que l’amélioration de la satisfaction et de la productivité des employés, des économies dans les frais de déplacement et une baisse des absences pour maladie.

Néanmoins, l’intérêt que suscite la semaine de quatre jours n’est plus seulement lié à la question du bien-être des travailleurs, mais également à l’impact environnemental qu’aurait une telle mesure.

Travailler moins, une aubaine pour le climat

Plusieurs rapports et commentateurs ont identifié les différentes manières dont une semaine de quatre jours pourrait réduire l’empreinte carbone. En s’appuyant sur les données de 29 pays de l’OCDE entre 1970 et 2007, une étude publiée en 2012 révélait qu’une réduction de 10 % des heures de travail ferait chuter l’empreinte écologique de 12,1 %, l’empreinte carbone de 14,6 % et les émissions de CO2 de 4,2 %.

D’où ces économies proviennent-elles ? La voie la plus directe via laquelle la semaine de quatre jours pourrait réduire les émissions est la diminution des trajets entre le domicile et le travail à forte intensité de carbone, et notre étude soulignait qu’il y avait là un potentiel significatif de dividende « vert ».

Les bouchons, néfastes pour la santé des personnes et la planète. Jevanto Productions/Shutterstock

Notre recherche était fondée sur un échantillon de 505 chefs et propriétaires d’entreprises, représentant une variété d’organisations de tailles différentes, et un autre à part de 2063 adultes, représentatif du Royaume-Uni en matière d’âge, de genre et de religion. Nous avons demandé à chacun d’entre eux comment une semaine de quatre jours affecterait leurs habitudes de déplacement, puis nous avons appliqué leurs réponses aux données de l’enquête nationale sur le trafic routier.

Nous avons découvert qu’en ramenant ces résultats à l’échelle du Royaume-Uni, une semaine de travail de quatre jours réduirait de 898 millions le nombre de kilomètres hebdomadaires parcourus par les salariés se rendant au travail, ce qui diminuerait la consommation de carburant et les frais de déplacement. Dans ce scénario, le kilométrage en voiture pourrait chuter de près de 9 %. Plus de la moitié (51 %) des employés ont déclaré qu’ils conduiraient moins leur voiture, contractant la distance hebdomadaire parcourue de 16 à 30 kilomètres.

La diminution du temps de transports aurait d’autres bénéfices, notamment en matière de santé, en réduisant la demande de produits et de services de santé très émetteurs tels que les traitements hospitaliers, les visites chez le médecin généraliste ou les médicaments. La diminution du stress et de l’anxiété liés aux bouchons aura également des effets positifs sur la santé mentale, particulièrement chez les femmes.

Avec trois jours de week-end, les travailleurs auront davantage l’opportunité de faire du sport, de passer du temps dehors ou de faire d’autres activités qui améliorent leur bien-être physique et mental. Cela se traduit là aussi par un recours moindre aux services de santé polluants.

Travailler un jour de moins dans la semaine signifie aussi moins de besoins en biens et en services que l’on utilise au bureau. Les ordinateurs et les machines fonctionneront plus longtemps, la papeterie et les uniformes seront être remplacés moins souvent, le personnel de ménage nettoiera moins régulièrement, etc.

C’est potentiellement un cercle vertueux, car un meilleur cadre de vie, moins pollué, peut améliorer les niveaux de productivité. C’est pourquoi les avantages environnementaux d’une semaine de quatre jours peuvent également être considérés comme un investissement dans le capital humain.

Du bon usage de son temps libre

Mais une semaine de quatre jours pourrait aussi avoir des conséquences tout autres. Il est nécessaire d’instaurer des politiques et des stratégies pour minimiser les effets négatifs et optimiser les dividendes « verts ».

Les bénéfices nets dépendent de la façon dont les travailleurs utilisent ces trois jours de temps libre. S’ils emploient ce jour de congé supplémentaire à partir en week-end en avion, conduire une voiture de sport de luxe ou regarder la télévision à la maison avec le chauffage ou la climatisation au maximum, ces heures de travail réduites pourraient même devenir néfastes pour l’environnement.

Une semaine de travail plus courte risque d’entraîner un plus grand nombre de longs week-ends de vacances – en avion. MiniStocker/Shutterstock

Une semaine raccourcie ne sera pas non plus si bénéfique si le travail de cinq jours est condensé en quatre avec des horaires démentiels (comme cela s’est produit dans une expérience dans l’État américain de l’Utah). Les employés seront alors amenés à hiérarchiser les tâches et à travailler plus longtemps, ce qui entraîne de l’anxiété, un stress lié aux performances et donc une augmentation de la demande de soins.

Les prix inabordables de l’immobilier dans de nombreuses régions du Royaume-Uni (comme de la France), couplés à la faible croissance des salaires, signifient aussi que la perte de revenus liée à la semaine de quatre jours obligera certains travailleurs à les compléter par des emplois annexes. Ce qui annihilerait les avantages environnementaux de ce supposé jour de congé.

Les conditions pour que ça marche

Bien utilisées, les nouvelles technologies – à l’image de l’intelligence artificielle ou de la robotique – pourraient aider à obtenir des gains de productivité pour assurer les mêmes résultats que la traditionnelle semaine de travail de 5 jours sans perte d’emploi ni de revenus.

Si les employés doivent passer leur surplus de temps libre à améliorer leur santé et leur bien-être, nous aurons également besoin d’investissements supplémentaires dans des infrastructures moins gourmandes en carbone. Cela implique des transports publics plus efficaces, davantage de parcs, de bibliothèques, de centres communautaires et d’installations sportives.

Il est donc essentiel que les salariés comprennent l’ensemble des enjeux de cette proposition. Les diverses structures économico-sociales devraient apporter leur soutien ainsi que des programmes de formation appropriés devraient être mis en place.

Chacun doit être prêt à changer ses perspectives et à modifier son comportement de manière positive. À cette condition seulement, la semaine de quatre jours pourra produire les bénéfices escomptés pour les travailleurs, leur famille, leurs employeurs et l’environnement.

Anupam Nanda, Professor of Urban Economics & Real Estate, University of Manchester

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

The Conversation
23 décembre 2020 0 comments
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Sahel Tribune est un site indépendant d’informations, d’analyses et d’enquêtes sur les actualités brûlantes du Sahel. Il a été initialement créé en 2020, au Mali, sous le nom Phileingora…

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