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Mouhamadou TOURE et ses invites
Sécurité

Insécurité au Mali : pour éteindre le « triangle de feu », un instrument continental semble nécessaire

by Sahel Tribune 11 novembre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

La recrudescence de l’insécurité au Mali a fait l’objet de débat au cours de l’émission de « Grand dialogue » de Studio Tamani du jeudi 5 novembre 2020. Tous les trois invités de Mahamadou Touré ont été unanimes que la situation dépasse toutes les forces présentes au Mali ainsi que les forces de défense et de sécurité du pays. Ils invitent à une collaboration réelle des populations auprès des autorités pour venir à bout de la situation.

D’année en année, l’insécurité au Mali ne fait que s’aggraver. Comme un virus, elle atteint progressivement les régions, les unes après les autres, du nord vers le sud. Ce, malgré d’énormes efforts consentis par plusieurs partenaires engagés auprès du Mali dans la lutte contre ce phénomène.

Les causes de l’insécurité au Mali

Selon Niagalé Bagayoko, politologue et présidente de l’African Security Sector Network, l’insécurité dont souffre le Mali est multidimensionnelle. Les acteurs à l’origine de cette crise n’ont pas les mêmes ambitions. Les principaux acteurs, selon elle, sont surtout les groupes djihadistes, les milices d’autodéfense et des unités des forces de défense et de sécurité. 

Malgré la diversité des acteurs, les victimes des violences ne diffèrent pas pour autant. Les civils constituent les principales victimes de l’ensemble de ces violences. 

Pour sa part, Mahawa Doumbia, membre de la société civile, estime que l’insécurité au Mali est due plutôt à la faible représentativité de l’État dans certaines parties du pays. Une situation qui profite aux acteurs de ces violences. Elle évoque en plus de cela, la porosité des frontières. Un phénomène qui faciliterait la circulation des armes à feu dans le sahel, et particulièrement au Mali. Enfin, Mme Doumbia déplore l’existence d’un règlement de compte qui « est devenu naturel pour la population ».

Des pistes de solution

La résolution de la situation sécuritaire au Mali passe par une analyse des différentes manifestations de la violence, mais aussi par l’identification des mécanismes de gestion et de résolution les « plus efficaces » pour faire face aux différents types d’insécurité, selon Niagalé Bagayoko. Pour venir à bout de ce phénomène, elle juge important que les nouvelles autorités luttent contre les détournements de fonds, la corruption, la mauvaise gouvernance. Vu également la multiplicité des acteurs de la violence, la résolution de la crise nécessite l’implication de différents ministères, souligne-t-elle.

Quant à Daouda Kinda, spécialiste des questions sécuritaires, celui-ci invite à une analyse globale de la situation. Car il existe, d’après lui, une connexion entre la situation au Mali et celle du reste du sahel, notamment de la Libye. En plus de cela, vu la complexité de la situation, les efforts locaux peuvent être grandement salutaires, espère M. Kinda. Avec l’accompagnement de la communauté internationale, suggère-t-il, il faut analyser l’insécurité à fond. 

Le spécialiste des questions sécuritaires juge important aussi qu’il y ait un instrument continental en matière de paix et de sécurité « qui puisse être efficace et pratique ». Parce que, justifie-t-il, la question de l’insécurité n’est pas que malienne vu la transhumance des armes à feu. A l’en croire, tant qu’il y a le « triangle de feu », il serait difficile de maîtriser le sahel.

Mahawa propose plutôt une réforme du secteur de la sécurité pour gagner la lutte contre l’insécurité.

Tous les invités du « Grand dialogue » sont d’accord que la situation qui prévaut au Mali échappe à tous les acteurs, pas seulement l’armée malienne, mais aussi la MINUSMA, les missions européennes, etc. Ce qui conduit Niagalé Bagayoko à proposer un changement d’objectif et de mandat des différentes forces présentes au Mali dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Elle juge plus important de recentrer leur objectif et mandat sur la protection des civils, quel que soit le type de violence auquel les populations sont confrontées. 

Fousseni Togola

11 novembre 2020 0 comments
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multiplicite des identites
Éducation

#MardiPhilo : l’acceptation de l’opposition du vrai au vrai, un enrichissement de soi

by Sahel Tribune 10 novembre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

La vérité, s’il en existe une, est l’horizon envié par tous les hommes. Des premières heures de l’humanité à nos jours, beaucoup de vérités ont vu le jour, ont été déconstruites, reconstruites et ensuite reniées, in infinitum, sans pour autant que nous renonçons au vrai. Sans pour autant que ses vérités déconstruites soient définitivement enterrées.

Le vrai est finalement devenu la norme de tous les combats. Chacun veut l’avoir de son côté, mais finalement elle échappe à tous. 

Lire aussi Pour mieux saisir la post-vérité, relire Hannah Arendt

Cette guerre des vérités individuelles a fini par tellement éblouir l’humain que nul ne veut accepter d’autres vérités dans sa demeure. Chacun souhaite ériger sa vérité en norme absolue à laquelle tous les hommes doivent adhérer en abandonnant leur vérité à eux.

On oublie généralement que l’objectivité est une norme incontournable pour l’institutionnalisation de la vérité. Cette objectivité est celle qui se construit avec les autres et pour les autres. Elle exige l’autocritique, la critique, mais aussi l’acceptation de la critique. Elle naît donc d’une confrontation argumentée de thèses adverses.

Lire aussi Pourquoi la croyance ne peut jamais justifier la violence

Vue sous cet angle, la construction du vrai comme norme sociale est un vecteur de cohésion sociale et de développement. Mais cette vérité communautaire peut-elle être érigée en norme absolue, c’est-à-dire recevoir la même compréhension chez tous les êtres raisonnables ? Absolument, non. Une vérité communautaire n’est valable que pour la communauté qui la donne naissance. Elle lui colle la peau. C’est son identité. 

Le vrai dans la communauté peule peut être le faux dans la communauté dogon, et vice versa. Le vrai dans la communauté bambara peut être le faux dans la communauté Tamasheq, et vice versa.

Lire aussi #MardiPhilo : pour des identités solides !

La vérité est donc à la fois, le vrai et le faux. Comprendre cette évidence, c’est travailler à une cohabitation pacifique d’une multiplicité de vérités. Il n’y a ni de vrai ni de faux. Il n’y a que les deux, pris ensemble. N’est-ce pas ce que Héraclite appelle la lutte et l’harmonie des contraires ? Nos divergences sont en même temps des convergences. Nous devons accepter de nous rassembler parce que justement nous sommes différents. Cette différence est la preuve de notre interdépendance pour l’harmonie du monde.

L’acceptation de cette évidence est ce qui manque à notre monde. Nos identités peuvent diverger. Mais chacun doit trouver dans cette divergence la clé de conciliation avec l’autre pour un véritable vivre ensemble. Car nous sommes à la fois différents les uns des autres, mais à la fois les mêmes. Notre humanité demeure en dehors de toute autre vérité périssable ou relative. 

Fousseni Togola

10 novembre 2020 0 comments
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Post truth
Éducation

Pour mieux saisir la post-vérité, relire Hannah Arendt

by Sahel Tribune 10 novembre 2020
written by Sahel Tribune 13 minutes read

Mazarine Pingeot, Auteurs fondateurs The Conversation France

M’interrogeant sur la « post-vérité », ou ce qu’on appelle ainsi, j’ouvris la page Wikipédia fort documentée et anormalement longue (détaillée et passionnante) pour une notion aussi récente. Sans doute la longueur des articles du net sur le net est-elle à proportion de la contemporanéité, pour ne pas dire de l’actualité bien que les deux notions aient tendance à fusionner, du concept. Un concept encore assez mal défini, et qui fut forgé en réaction à une série d’événements politiques et géopolitiques dont le mensonge de Bush Junior à propos des armes de destruction massive en Irak est le préalable, mais dont la multiplication, de la propagande du Brexit au grand déballage de « Bullshit » de Trump sont la consécration.

Raison pour laquelle l’expression d’ère « post-vérité » a été élue « mot de l’année 2016 » par le dictionnaire d’Oxford, qui la définit ainsi :

« ce qui fait référence à des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles. »

Le mot de l’année 2016. Mike Licht/Flickr, CC BY

Ère post-vérité, ère de l’indifférence

Et si j’utilise le terme de « bullshit », c’est que Wikipédia me rappelle justement le titre de l’article du philosophe américain Harry Frankfurt, publié en 1986 : « De l’art de dire des conneries », où il distingue le mensonge qui s’appuie sur une reconnaissance de la vérité et la connerie qui se fiche éperdument de la simple distinction entre vérité et mensonge. https://www.youtube.com/embed/W1RO93OS0Sk?wmode=transparent&start=0 Entretien avec Harry Frankfurt à Princeton.

Or cette indifférence à la vérité a été très précisément analysée par Hannah Arendt dans « vérité et politique » où elle revient en philosophe sur le monde qu’Orwell avait décrit en romancier. C’est même là son point central, et je ne résiste pas à la tentation de la citer,

« … le résultat d’une substitution cohérente et totale de mensonges à la vérité de fait n’est pas que les mensonges seront maintenant acceptés comme vérité, ni que la vérité sera diffamée comme mensonge, mais que le sens par lequel nous nous orientons dans le monde réel – et la catégorie de la vérité relativement à la fausseté compte parmi les moyens mentaux de cette fin – se trouve détruit. » (« Vérité et politique », dans La crise de la culture, folio poche p. 327-328).

Autrement dit, le danger de la post-vérité n’est pas le mensonge, qui en soit peut même constituer une forme de liberté par rapport au factuel, mais bien l’indifférence à la distinction entre mensonge et vérité. Nous parlons ici de « vérité de fait », et si la prétention à la vérité peut aussi être un danger pour le politique en ce que le réel est soumis à des interprétations diverses et contradictoires, elle doit demeurer une idée régulatrice à moins de sombrer dans un parfait cynisme.

Hannah Arendt. AM/Flickr, CC BY-SA

Les traces du totalitarisme

Si Hannah Arendt me semble être une source stimulante pour comprendre l’ère post-vérité, ce n’est pas seulement parce qu’elle a écrit ce texte en 1964, (et déjà, dans les Origines du totalitarismes publié en 1951 elle en faisait état) et qu’à ce titre, on peut admettre soit qu’elle était visionnaire, soit que le concept de post-vérité remonte malheureusement bien plus loin que les lubies d’un Donald Trump adossées à l’exponentielle prolifération de la rumeur et de l’opinion indépendamment de tout fact checking que représente la Toile ; la post-vérité est la vérité de tout totalitarisme, autrement dit de toute politique où l’idéologie tend à se substituer intégralement au réel.

Totalitarisme dont l’école de Francfort, et Hannah Arendt elle-même montrent que certaines de ses tendances perdurent en démocratie, du fait de la structure de masse : la masse est la condition de possibilité du régime totalitaire, elle l’est aussi du capitalisme libéral – la publicité par exemple substituant là aussi à la valeur réelle d’une chose, une simple image, et peu importe que cette image soit fausse.

Homme privé – homme public

Hannah Arendt (Oct. 14, 1906 – 1975). Ryohei Noda/Flickr, CC BY

Revenons alors à la deuxième raison pour laquelle j’en appelle à Hannah Arendt, et à sa conception de la vie privée dans son opposition à la vie publique qu’elle emprunte à la philosophie grecque – ce qu’elle expose dans la Condition de l’homme moderne, paru en 1958 ; opposition qui me semble particulièrement pertinente pour comprendre la victoire de l’ère post-vérité.

Les Grecs distinguaient la vie privée et la vie publique de façon très différente de la nôtre, qui a vu émerger le phénomène du social, dépassant, voire abolissant cette distinction : la vie privée est celle de l’homme économique, indépendamment de son inscription dans le monde humain, c’est-à-dire le monde où l’on produit du sens reconnu et manifeste, des objets, et des œuvres, et tout ce qui, étant public, transcende l’homme privé aliéné à la seule nature.

« Vivre une vie entièrement privée, c’est avant tout être privé de choses essentielles à une vie véritablement humaine : être privé de la réalité qui provient de ce que l’on est vu et entendu par autrui, être privé d’une relation “objective” avec les autres, qui provient de ce que l’on est relié aux objets communs, être privé de la possibilité d’accomplir quelque chose de plus permanent que la vie. La privation tient à l’absence des autres ; en ce qui les concerne l’homme privé n’apparaît point, c’est donc comme s’il n’existait pas. » écrit Hannah Arendt (éd. Pocket, p. 99).

Et voilà que l’homme privé est devenu tout puissant. Tout puissant, mais demeurant privé, privé de cette transcendance qui caractérise le monde humain. L’ascension de l’homme économique est allée de pair avec la destruction du monde commun et du politique tout à la fois. Or « la réalité » est étroitement liée à l’idée de monde commun comme seul lieu d’une véritable existence humaine. C’est dans cet espace-là que peut avoir encore du sens la notion de vérité de fait, dans sa relation à la réalité humaine (et non scientifique) :

« Notre sens du réel dépend entièrement de l’apparence, et donc de l’existence d’un domaine public où les choses peuvent apparaître en échappant aux ténèbres de la vie cachée ».

Et dans « apparence », il ne faut pas entendre l’apparaître dans son opposition à l’être, mais au contraire comme sa révélation.

« Pour nous l’apparence – ce qui est vu et entendu par autrui comme par nous mêmes – constitue la réalité. Comparées à la réalité que confèrent la vue et l’ouïe, les plus grandes forces de la vie intime – les passions, les pensées, les plaisirs des sens – mènent une vague existence d’ombres tant qu’elles ne sont pas transformées (arrachées au privé, désindividualisées pour ainsi dire) en objets dignes de paraître en public. (…). C’est la présence des autres voyant ce que nous voyons, entendant ce que nous entendons, qui nous assure de la réalité du monde et de nous-mêmes (…) ».

« Moi en miroirs » (« me reflected »). Brian Snelson/Flickr, CC BY

Mise en scène du « moi privé »

Mais si l’individu privé, non pas dans sa singularité mais dans son conformisme, se substitue, à travers sa duplication, et la guise de relation que constitue le réseau, au monde commun, si la structure de « masse », remplace la notion de « commun » corrélative de pluralité, alors la réalité en effet n’a plus lieu d’être, sinon à s’éparpiller en de multiples points de vue, dont la vue ne porte pas sur une réalité commune, comme le proposerait le modèle monadologique de Leibniz, mais sur le point de vue lui-même, dans un reflet à l’infini de l’œil : le point de vue qui ne reflète plus le monde, mais bien le moi privé.

Et de fait, c’est encore le moi privé que la télévision vient mettre en scène aujourd’hui, non seulement celui d’anonymes qui par ce biais deviennent ce qu’il est convenu d’appeler des « people » ou « demi-people », exposant leur intimité et déplaçant ce qui auparavant n’était pas digne d’appartenir à la sphère publique, vers ce nouvel espace, où les choses apparaissent, mais délestées de toute possibilité de transcendance.

Cet espace d’apparaître est devenu le champ du public, et de ce fait la mort du public. Le privé l’a emporté, cédant la place à l’intimité de l’homme politique au détriment de son discours – aux émotions et à la psychologie au détriment de la pensée.

À ce titre, je citerais volontiers la phrase de Guy Carcassonne, constitutionnaliste, et trouvée sur Wikipédia, tiré du papier d’Éric Aeschimann dans Libération le 14 juillet 2004 :

« À tort ou à raison, les hommes politiques ont l’impression que l’appréciation que les Français vont porter sur eux ne sera pas liée à la qualité de ce qu’ils disent, mais à la rapidité et à l’intensité de leur émotion. »

ou encore Claude Poissenot dans The Conversation du 22 novembre 2016 :

« Les individus sont désormais définis par un « moi émotionnel ». Devenir soi-même est devenu une norme. (…) Le populisme de « l’après-vérité » (est) un effet pervers de la modernité qui invite les individus à se construire eux-mêmes »

Faillite du commun, faillite du langage

L’homme privé était jadis l’esclave. Il l’est encore aujourd’hui. C’est l’esclavage qui est devenu public, et de ce fait vertu. L’aliénation à des « valeurs » qui n’ont rien de partageable en tant que valeurs communes, puisqu’elles consacrent l’individualisme – ce qui est « à moi » et non aux autres, de la richesse à l’enfance, de la femme ou des enfants à la coiffure. Bref, tout ce qui était exclu du champ du politique et du monde humain par les Grecs.

La réalité commune qui définissait le monde humain, champ de l’action et de la parole, a fait faillite : chacun a la sienne, les communautés ont les leurs, les algorithmes s’occupent de ne les faire jamais se rencontrer. Faillite de l’idée même de vrai, et de toute prétention à établir quelque chose de commun à partir du réel.

Car pour établir quelque chose de commun, encore faut-il parler le même langage : faillite donc du langage qui s’est déconnecté de sa vocation à dire, au profit d’un simple accompagnement d’émotions, et qui pourrait en réalité se réduire à des interjections ou des onomatopées, mais auxquelles on a rajouté des story tellings. Le plaisir du récit n’a pas totalement disparu.

Car si l’on est dans une ère post-vérité, c’est donc qu’on est dans une ère post-langage. Certes, déjà les sophistes usaient du langage comme d’un simple outil de pouvoir, au demeurant fort rémunérateur (cf. Les Zemmour qui en font profession et gagnent très bien leur vie, à proportion de leurs outrances – l’outrance est aujourd’hui économiquement rentable) – ce qui tendrait à relativiser le préfixe de « post ».

Il semble pourtant que le phénomène se soit accentué. Et s’il est vrai que la Raison est soumise à un perpétuel mouvement dialectique, disons que nous sommes confrontés à sa figure la plus triste, à sa fixité la plus morbide, avant qu’elle-même ne se réinvente pour se libérer de ce qu’elle est devenue : la technique autonome d’un côté, la crédulité dans la parole humaine et sa valeur de l’autre.

Platon s’était érigé contre les sophistes pour asseoir l’idée du vrai qui sauverait et le logos et la pensée ; Descartes s’était érigé contre les sceptiques pour sauver la philosophie et la science ; c’est lors de crises majeures de la vérité que la philosophie s’est refondée. On peut espérer voir surgir le nouveau héraut du « critère ».

La reconnaissance du vrai contre l’opinion

Petit guide de la « post-vérité ». Phil Venditti/Flickr, CC BY

Pourtant, la société de masse semble être un phénomène nouveau au regard des millénaires passés, et rendre le différend d’autant plus irréductible : car lorsque le commun n’est plus, lorsque le moi est érigé en norme et dupliqué à l’envi, lorsque les réseaux et la toile offrent aux pulsions la possibilité d’immédiatement s’exprimer, lorsqu’il n’est plus de sanction face au mensonge puisqu’il se présente comme une opinion et que l’opinion est devenue toute puissante (le moi émotionnel étant son fondement inattaquable), puisque l’émotion elle-même n’entre pas dans le champ de la vérité ni celle du mensonge, et se dégage ainsi de tout débat pour le remplacer, dans ces conditions, qu’importe en effet la vérité ?

Ou la tentative d’ajuster ses propos à une réalité qui serait communément reconnue ? Comment résister à l’autonomie pure du discours qui se détache de ses conditions de validation ou de vérification. L’acte même de vérification est rendu caduc par l’indifférence au vrai.

Cette indifférence n’est pas universellement partagée, bien sûr, et il demeure des soldats de la reconnaissance du Vrai (parfois même fanatiques), qui vérifient incessamment, prennent des risques, recoupent leurs sources, mais la conséquence de leur action n’aura d’intérêt que pour ceux qui tiennent la vérité pour une valeur commune.

Les négationnistes ne font pas autre chose : le principe de contradiction n’a pas de prise sur eux ; la démonstration scientifique, le témoignage humain, rien ne peut les faire changer d’avis puisque leur avis relève d’une croyance, dont la clé d’intelligibilité n’est pas à chercher du côté de la passion scientifique, mais d’une passion d’un autre ordre. Le réel n’a pas de prise sur eux. Comme il n’en a pas sur les électeurs de Trump ou de Marine Le Pen.

La démocratie contre le « mensonge complet »

La vraie question devient alors : qu’est-ce que l’avenir d’une démocratie si ce que Arendt appelle la « vérité de fait » n’a plus lieu d’être ? Car « la possibilité du mensonge complet et définitif, qui était méconnu aux époques antérieures, est le danger qui naît de la manipulation des faits ».

Qu’en sera-t-il en outre pour les historiens, si

« Les chances qu’a la vérité de fait de survivre à l’assaut du pouvoir sont effectivement très minces : elle est toujours en danger d’être mise hors du monde, par des manœuvres, non seulement pour un temps, mais, virtuellement, pour toujours. » (p. 294) ; et en effet, « qu’est-ce qui empêche ces histoires, images et non-faits nouveaux de devenir un substitut adéquat de la réalité et de la factualité ? »
(Arendt, « Vérité et politique » p. 323)

Mazarine Pingeot, Professeur agrégée de philosophie, Université Paris 8 – Vincennes Saint-Denis, Auteurs fondateurs The Conversation France

This article is republished from The Conversation under a Creative Commons license. Read the original article.

The Conversation
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Francophonie
Politique

Démocratie : la Francophonie célèbre la Déclaration de Bamako

by Sahel Tribune 10 novembre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

L’organisation internationale de la Francophonie (OIF) a tenu sa 112e session du Conseil permanent de la Francophonie (CPF), les 4 et 5 novembre 2020. L’événement placé sous la présidence de la secrétaire générale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo, a été une occasion particulière de se prononcer de la situation politique au Mali.

« Premier texte à porter internationale consacré à la démocratie », la Déclaration de Bamako sera célébrée, mardi 10 novembre 2020, par visioconférence en présence de Macky Sall, président de la République sénégalaise. Cette annonce a été faite par l’OIF au lendemain du 20e anniversaire de cette Déclaration.

La levée de la suspension

Au cours de la 112e session du Conseil permanent de la Francophonie (CPF), il a été longuement question du Mali, notamment à travers cette Déclaration adoptée le 3 novembre 2020 et qui continue d’avoir une certaine modernité, estime-t-on. 

En plus de cette Déclaration de Bamako, cette 112e session a été également l’occasion d’évoquer la transition politique en cours au Mali. Une transition suite à la mise en place de laquelle la suspension prononcée par la Francophonie depuis le 25 août 2020 du Mali a été levée. « Le CPF encourage les autorités maliennes à la poursuite du rétablissement de l’ordre constitutionnel de manière pérenne et crédible », invite-t-on dans un communiqué de presse de l’OIF. Cette levée de la suspension est selon l’OIF « un encouragement à la construction d’un espace politique inclusif et au renforcement de l’ouverture démocratique, en particulier par une représentation renforcée des femmes au sein des organes de la transition et dans la reconstruction du pays ».

Les attentes de l’OIF

Le conseil permanent de la Francophonie a également saisi l’occasion pour inviter les autorités de transition à la mise en place d’un « Conseil national de transition représentatif des différentes forces politiques et de la société civile maliennes ». La mise en place d’un organe qui devra aboutir à la dissolution du CNSP, estime le CPF, « afin d’assurer le contrôle législatif de l’action du Gouvernement de transition, et notamment l’adoption et le suivi de la mise en œuvre de la feuille de route de la transition, comme le prévoit la Charte de la transition ». Ce n’est pas tout, le CPF a également formulé la demande auprès des autorités de transition « de s’engager sur un calendrier détaillé de réforme du cadre électoral en vue de l’organisation des élections générales à l’issue de la transition, dans le respect du calendrier annoncé ».    

Les attentes des uns et des autres des autorités de transition maliennes sont grandes. A elles de s’activer pour que les rayons bougent.

Togola

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Barkhane 1 e1610265119661
Sécurité

Chasse aux terroristes : la montée en puissance de Barkhane depuis une semaine

by Sahel Tribune 9 novembre 2020
written by Sahel Tribune 2 minutes read

La lutte contre les djihadistes est acharnée au Mali. Depuis une semaine, Barkhane, la force française présente au Mali, se montre de plus en plus déterminé à ne céder même un pouce du territoire malien aux groupes armés terroristes.

Entre le 30 octobre et le 6 novembre 2020, Barkhane neutralise une soixantaine de terroristes au Mali. Après avoir neutralisé une cinquantaine à la frontière Mali-Burkina, la semaine dernière, Barkhane a causé de nombreux dégâts aux terroristes, vendredi 6 novembre 2020, à proximité d’In Tellit, à 90 km de Gao, au nord du Mali. Des sources évoquent une dizaine de terroristes tués. 

Le film de l’opération

« Vendredi 06 novembre après-midi, un drone Reaper alors en vol dans le Gourma malien est orienté pour caractériser un rassemblement suspect à proximité d’In Tillit (90 km au sud de Gao). Les renseignements obtenus permettent de conclure à la présence d’un groupe armé terroriste (GAT). Une frappe par le drone est alors ordonnée », explique l’État-major des Armées françaises dans son communiqué du samedi 7 novembre 2020 sur cette opération au nord du Mali.

Le bilan de cette attaque ciblée contre les terroristes est d’une vingtaine de motos saisies ou détruites, de nombreux terroristes neutralisés et des armements saisis ou détruits.

Tentative de convaincre Bamako ?

Cette montée en puissance de Barkhane contre les terroristes intervient alors que, d’une part, Paris et Bamako sont à couteau tiré au sujet de la négociation avec les terroristes. D’autre part, plusieurs manifestations ont lieu dans maints pays musulmans pour dénoncer « l’islamophobie française ». Une situation née suite aux propos de Macron sur la caricature.

À travers ces victoires successives, annoncées par voie médiatique, Paris tenterait-elle de convaincre les autorités maliennes de la possibilité de gagner la lutte contre le terrorisme sans passer par une quelconque négociation ? En tout cas, ces victoires de dernière minute donnent du blé à moudre.

Toutefois, c’est depuis des années que l’option militaire a été priorisée dans cette bataille sans qu’elle donne les résultats escomptés. Ne serait-il pas mieux de tenter l’option des négociations afin que la stabilité et le développement puissent être un acquis pour la république du Mali ?

Fousseni Togola

9 novembre 2020 0 comments
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exploitation de mines a ciel ouvert
Actu

Mines d’or SOMILO-SA et GOUNKOTO-SA: des irrégularités financières de 60,53 milliards en trois ans

by Sahel Tribune 9 novembre 2020
written by Sahel Tribune 8 minutes read

Le rapport annuel 2019 du bureau du vérificateur général a révélé de multiples irrégularités dans le secteur minier. Pour les seules mines d’or SOMILO-SA et GOUNKOTO-SA, le rapport a décelé des irrégularités financières dont le montant s’élève à 60,53 milliards en 2015, 2016 et 2017. Ce n’est pas tout, ces sociétés sont accusées d’énormes irrégularités environnementales.       

Riche en ses ressources, mais toujours pauvre, le Mali est certainement victime du comportement peu orthodoxe de certains de ses fils. L’OR auquel le sous-sol malien est riche ne brille pas par les fautes des sociétés minières qui ne respectent pas toutes leurs exigences envers l’État, tant dans la protection de l’environnement que dans le paiement de leurs dus à l’État du Mali. C’est le cas de grandes sociétés épinglées par le rapport annuel 2019 du vérificateur général. Il s’agit de la Société des Mines d’or de Loulo (SOMILO-SA) et de la Société́ des Mines d’or de Gounkoto (GOUNKOTO-SA). 

Selon le rapport, une mission de contrôle a été effectuée au niveau de ces deux sociétés minières pour vérifier les opérations de recettes et de dépenses ainsi que les aspects environnementaux au cours des exercices 2015, 2016 et 2017.

Selon le rapport, la mission a constaté des irrégularités environnementales et financières.

Irrégularités environnementales

D’énormes irrégularités environnementales ont été constatées au niveau de chacune de ces deux sociétés, selon le rapport du Vegal. Ces irrégularités sont, selon le rapport de plus de 200 pages, relatives à des pratiques qui portent atteinte à l’environnement et au développement durable.

Au niveau de la mine d’or GOUNKOTO-SA, le DG est accusé de ne pas respecter les exigences dans l’incinération des déchets dangereux. « Le Directeur général de GOUNKOTO-SA ne respecte pas les exigences en matière d’incinération des déchets dangereux. Les cendres issues de l’incinération des déchets dangereux sont transportées dans l’air ambiant lors de leur déversement dans la cellule de confinement et durant tout le temps que cette cellule reste ouverte. Par ailleurs, le port de gants non ignifuges par le personnel chargé des incinérations de déchets, constaté sur les lieux, expose ces derniers à des risques de brûlures graves en cas de mauvaises manipulations », a indiqué le rapport. La société est également accusée de ne pas réaliser de reboisements de réhabilitation et les reboisements compensatoires requis. « En neuf (9) années d’activités, il n’a réhabilité que 36,6 ha sur une superficie réhabilitable de 713,5 ha, soit 5,13 % et n’a effectué́ aucun reboisement compensatoire pour les 123 ha de superficie non réhabilitable affectée par les activités de la mine », révèle le rapport du Vegal.

Quant au Directeur général de SOMILO-SA, il est accusé de ne pas respecter les modalités de gestion des rejets polluants dans l’atmosphère. « Il n’a pas installé́ de systèmes d’épuration des gaz nocifs sur les cheminées des installations émettrices de gaz polluants afin de ne pas dépasser les normes de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Des dépassements significatifs des normes de 15 parties pour mille (ppm), 100 ppm et 50 ppm, respectivement pour le sulfure d’hydrogène, le monoxyde de carbone et le dioxyde de soufre ont pu être enregistrés sur différents points de contrôle. Ce qui peut affecter dangereusement la qualité́ de l’air ambiant et la santé du personnel sur les sites et de la population riveraine », a décelé le rapport. Aussi, précise-t-on, la société SOMILO-SA n’a pas mis en place toutes les mesures de sécurité́ du personnel sur la station de pompage du Parc à boues. « Il n’affiche pas les informations destinées à renseigner les travailleurs sur la règlementation concernant les accidents du travail et les maladies professionnelles. Il n’a également pas mis en place de dispositif de sauvetage en cas de chute dans l’eau turbinée dont la profondeur est supérieure à quatre mètres. L’absence d’affiches et de dispositif de sauvetage ne permet pas de garantir la sécurité́ des travailleurs », révèle le rapport. Le problème de reboisement épingle aussi cette société. « En quinze (15) années d’activités, il n’a réhabilité́ que 189,25 ha sur une superficie réhabilitable de 1 127,73 ha, soit environ 16,78 % et n’a effectué́ aucun reboisement compensatoire pour les 154,3 ha de superficie non réhabilitable affectée par les activités de la mine », lit-on dans le rapport.  

Des irrégularités financières de 60,53 milliards de FCFA

En plus des violations graves des exigences environnementales, ces deux sociétés ont causé à l’État malien un manque à gagner de plus de 60 milliards de nos francs. Refus de paiements d’impôts, non-paiement de dividendes dus à l’État du Mali… sont entre autres des pratiques qui ont fait perdre à l’État malien des dizaines de milliards. 

Selon le rapport du vérificateur général, « le Directeur général de Randgold Resources Limited (RRL) n’a pas retenu l’Impôt sur le Bénéfice industriel et commercial (IBIC) sur les prestataires étrangers de GOUNKOTO-SA non couverts par une convention de non double imposition pour un montant de 294,73 millions de FCFA ». 26,21 milliards de FCFA, c’est la somme qui devrait être versée par la société SOMILA-SA comme dividendes dus à l’État malien pour l’exercice 2015, 2016 et 2017. Mais curieusement, selon le rapport du Végal, le Conseil d’Administration de ladite société n’a pas autorisé la distribution des 26, 21 milliards à l’État malien.Le Directeur financier de RRL a pris en compte, selon le rapport, dans les États financiers de SOMILO-SA, des charges d’intérêts d’emprunts non justifiés pour un montant de 2,08 milliards de FCFA. Le rapport révèle également que le Directeur général de RRL ait passé des contrats d’emprunts irréguliers pour le compte de SOMILO-SA. « Les conventions de prêt, objet desdits emprunts, devraient être autorisées uniquement par les administrateurs de l’actionnaire non préteur, en occurrence les administrateurs représentant l’État du Mali, ce qui n’a pas été le cas. Le montant des intérêts payés sur ces emprunts irréguliers s’enlevé à 31,93 milliards de FCFA », indique-t-on.   

Les recommandations du Bureau du Vérificateur général

Après avoir pointé de doigt toutes les irrégularités, le bureau du vérificateur général a fait des recommandations aux autorités du Mali et aux sociétés épinglées. Ces recommandations concernent l’environnement. 

Ainsi, le vérificateur général a invité le ministre chargé de l’Environnement à prendre des mesures pour suivre la gestion des produits dangereux dans les mines industrielles.

Au Directeur général de GOUNKOTO-SA, il a demandé, entre autres, de prendre les dispositions nécessaires pour sécuriser les opérateurs des incinérateurs ; mettre en œuvre les mesures nécessaires pour éviter la contamination de l’air ambiant par les résidus des déchets dangereux après incinération ; exécuter les reboisements compensatoires et de réhabilitation conformément aux exigences des textes en vigueur.

Des recommandations ont été également adressées au Directeur général de SOMILO-SA. Il lui a été demandé d’équiper les cheminées des installations émettrices de polluants d’un système d’épuration des gaz, poussières et fumées, conformément aux textes en vigueur ; informer à temps et régulièrement le Ministère chargé de l’Environnement sur les causes des dépassements des normes de rejets polluants dans l’atmosphère constatée et sur les actions correctives mises en œuvre ou envisagées…

Des dénonciations auprès des autorités compétentes concernant les irrégularités financières

Si le vérificateur général a fait des recommandations pour mettre fin aux manquements par rapport aux irrégularités environnementales, en ce qui concerne les irrégularités financières, il fait des dénonciations auprès du président de la section des comptes de la Cour suprême et au procureur de la République près le tribunal de grande instance de Kayes chargé du pôle économique et financier relativement. Ces autorités sont informées de, entre autres : au non-paiement de l’IBIC dû sur les prestataires étrangers de GOUNKOTO-SA pour un montant de 294,73 millions de FCFA ; non-paiement de dividendes dus à l’État du Mali sur les ressources de SOMILO-SA s’élevant à 26,21 milliards de FCFA ; charges d’intérêts d’emprunts non justifiés dans les états financiers de SOMILO-SA pour un montant de 2,08 milliards de FCFA ; paiements d’intérêts indus à RRL au titre des contrats d’emprunts irréguliers pour un montant de 31,93 milliards de FCFA.

Des dénonciations ont été également faites au niveau de la direction générale des impôts. Elles sont en rapport au non-paiement de l’IBIC dû sur les prestataires étrangers de GOUNKOTO- SA pour 294,73 millions de FCFA et aux charges d’intérêts d’emprunts non justifiés dans les états financiers de SOMILO-SA pour 2,08 milliards de FCFA.

Il faut rappeler que le président de la Transition a promis de faire briller l’Or du Mali. Les responsables de ces sociétés seront-ils bientôt devant le pôle économique ? Le Temps nous le dira.

Boureima Guindo pour Le Pays

9 novembre 2020 0 comments
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coronavirus 4914028 1920
Santé

73e Assemblée mondiale de la Santé : trois moyens pour combattre la covid-19

by Sahel Tribune 8 novembre 2020
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Au seuil de la 73e Assemblée mondiale de la Santé, qui se tiendra du 9 au 14 novembre 2020, afin de tracer le cours de la réponse covid-19 et des priorités mondiales en matière de santé, l’Organisation mondiale de la santé partage trois messages au sujet de la lutte contre la pandémie de coronavirus. 

Nous vous proposons de lire la traduction française des trois messages

Genève, Suisse, 05 novembre 2020 — Alors que les responsables de la santé se préparent à se réunir pour une session virtuelle de la reprise de la 73e Assemblée mondiale de la Santé (AMH), l’OMS a trois messages à partager.

Tout d’abord, nous pouvons battre la COVID-19 avec la science, les solutions et la solidarité

Plus de 47 millions de cas de COVID-19 ont été signalés à l’OMS, et plus de 1,2 million de personnes ont perdu la vie.

Bien qu’il s’agisse d’une crise mondiale, de nombreux pays et villes ont réussi à empêcher ou à contrôler la transmission grâce à une approche globale fondée sur des données probantes.

Pour la première fois, le monde s’est rallié à un plan visant à accélérer le développement des vaccins, des diagnostics et des traitements dont nous avons besoin, et à s’assurer qu’ils sont accessibles à tous les pays sur la base de l’équité. L’accélérateur Access to COVID-19 Tools (ACT) donne des résultats concrets.

Deuxièmement, nous ne devons pas reculer sur nos objectifs essentiels en matière de santé.

La pandémie de COVID-19 nous rappelle que la santé est le fondement de la stabilité sociale, économique et politique.

Elle nous rappelle pourquoi les objectifs du « triple milliard » de l’OMS sont si importants et pourquoi les pays doivent les poursuivre avec encore plus de détermination, de collaboration et d’innovation.

Depuis le mois de mai, les États membres ont adopté un certain nombre de décisions — le Programme de vaccination 2030, la Décennie du vieillissement en bonne santé 2020-2030, ainsi que des initiatives visant à lutter contre le cancer du col de l’utérus, la tuberculose, les soins oculaires, la sécurité alimentaire, la propriété intellectuelle et la préparation à la grippe.

La reprise de la session portera sur un plan décennal pour lutter contre les maladies tropicales négligées, ainsi que les efforts visant à lutter contre la méningite, l’épilepsie et d’autres troubles neurologiques, la nutrition maternelle des nourrissons et des jeunes enfants, la santé numérique et le Code mondial de pratique de l’OMS sur le recrutement international du personnel de santé, adopté en 2010.

Troisièmement, nous devons nous préparer à la prochaine pandémie maintenant.

Nous avons vu l’année dernière que les pays dotés d’une infrastructure robuste de préparation aux situations d’urgence en matière de santé ont été en mesure d’agir rapidement pour contenir et contrôler la propagation du virus DU SRAS-CoV-2.

Résolution

L’AMH examinera un projet de (EB146). R10) qui renforce la préparation des États membres aux urgences sanitaires, telles que le COVID-19, grâce à un respect plus strict du Règlement sanitaire international (2005).  Cette résolution appelle la communauté sanitaire mondiale à veiller à ce que tous les pays soient mieux équipés pour détecter et répondre aux cas de COVID-19 et d’autres maladies infectieuses dangereuses.

Source : OMS

Le titre, le surtitre et le chapô sont de la rédaction

8 novembre 2020 0 comments
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