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Association des Soninkés du Mali
A la UneSeko ni Donko

À Bamako, les Soninkés du Mali plaident pour la culture comme ciment national

by Sahel Tribune 25 février 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Une délégation de l’Association culturelle des Soninkés du Mali a été reçue lundi par le ministre Mamou Daffé. Entre valorisation du patrimoine, promotion des langues nationales et projets culturels, la rencontre s’inscrit dans un contexte où les autorités de transition placent la culture au cœur du récit national.

Une délégation de l’Association Culturelle des Soninkés du Mali (ACS-Mali), conduite par son président, le Dr Abdramane Sylla, ancien ministre, a été reçue en audience lundi 23 février à Bamako par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé.

Le préservation et la promotion de l’héritage culturel soninké, mais aussi la place de cette communauté dans le récit national malien et dans les dynamiques culturelles de la sous-région, étaient au coeur des échanges lors de cette rencontre.

Une association héritière d’une longue tradition

Créée en 1947 sous l’impulsion du premier président du Mali, Modibo Keïta, l’association œuvre depuis près de huit décennies à la sauvegarde de l’identité soninké, notamment à travers la promotion de la langue, des arts et des traditions héritées de l’ancien Empire du Wagadu.

Lors de la rencontre, les représentants de l’ACS-Mali ont présenté leurs actions et insisté sur la vocation de la communauté soninké à promouvoir le vivre-ensemble. Ils ont saisi l’occasion pour rappeler ses liens historiques avec plusieurs régions du Mali et de la sous-région ouest-africaine.

Le porte-parole de la délégation a également formulé des vœux pour le pays et rendu hommage aux disparus, tout en saluant la vision des autorités de transition, sous le leadership du général d’armée Assimi Goïta, de faire de la culture un levier de souveraineté et de reconstruction nationale.

Le Festival international soninké, vitrine culturelle

Le président Sylla est revenu sur le Festival International Soninké (FISO), considéré comme le plus grand rassemblement culturel de la communauté soninké à travers le monde.

La première édition s’est tenue à Bamako en 2016, tandis que la plus récente a eu lieu à Nouakchott en 2023. L’événement vise à pérenniser la langue et les traditions, tout en renforçant les liens entre les diasporas.

Parmi les projets évoqués figurent également la création d’une fondation Mama Dinga, l’édification d’un monument culturel et le financement d’un « rond-point du cheval » dans la capitale malienne par un mécène soninké.

La culture au cœur des priorités gouvernementales

De son côté, Mamou Daffé a salué l’engagement de l’association en faveur du patrimoine culturel et rappelé la décision des autorités de transition de décréter la période 2026-2027 comme l’année de l’éducation et de la culture.

Le ministre a réaffirmé le soutien de son département aux initiatives portées par la communauté soninké. Il a aussi mis l’accent sur la promotion des langues nationales et sur l’importance de l’unité culturelle dans la consolidation du tissu social malien.

Dans un contexte de redéfinition des priorités nationales, cette rencontre illustre la volonté des autorités et des acteurs culturels de faire du patrimoine et des identités locales des leviers de cohésion et de projection pour le Mali contemporain.

A.D

25 février 2026 0 comments
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Remise de kits alimentaires aux acteurs culturels et artistiques
ActuSeko ni Donko

Au Mali, distribution de 1 000 kits alimentaires à des acteurs culturels et touristiques pour le ramadan

by Sahel Tribune 24 février 2026
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Au palais de la culture de Bamako, ce mardi 24 février 2026, une opération de distribution alimentaire s’est déroulé. Cette distribution était destinée aux acteurs culturels et artisanaux du Mali. La cérémonie illustre la stratégie sociale des autorités de transition, notamment du président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, et du ministre Mamou Daffé, dans un contexte socio-économique toujours fragile au Mali.

En ce début du mois de ramadan, le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta a remis mille kits alimentaires à des professionnels de la culture, de l’artisanat et du tourisme.

Une aide alimentaire ciblée

L’événement était présidé par le ministre chargé de ces secteurs, Mamou Daffé, en présence notamment de Aguibou Dembélé, conseiller spécial du chef de l’État chargé des œuvres sociales, ainsi que d’autorités administratives et traditionnelles.

Chaque kit distribué comprend des denrées de base — riz, lait en poudre, sucre, huile, pâtes alimentaires, thé et dattes — destinées à soutenir les bénéficiaires pendant le mois de ramadan. Les autorités présentent cette initiative comme une mesure d’appui direct à des professionnels souvent fragilisés par la conjoncture économique et la baisse d’activité dans les secteurs culturels et touristiques.

Selon les organisateurs, cette action vise à « atténuer les souffrances des couches vulnérables » et à encourager la solidarité nationale dans un contexte marqué par les difficultés sociales persistantes.

Un geste à portée symbolique

Les artisans, artistes et opérateurs touristiques figurent parmi les catégories socioprofessionnelles particulièrement exposées aux fluctuations économiques, notamment depuis les crises sécuritaires et politiques qu’a connues le Mali ces dernières années. Les autorités soulignent régulièrement leur rôle dans le rayonnement culturel du pays et leur contribution à l’économie locale.

Le ministre Mamou Daffé a salué l’initiative du président de la transition, y voyant une marque de reconnaissance envers ces acteurs, tandis que plusieurs bénéficiaires ont exprimé leur gratitude. Ils ont surtout évoqué un geste de soutien bienvenu en ce début du mois de jeûne.

Ces distributions répondent à un double objectif. Tout d’abord, il s’agit d’apporter une aide matérielle immédiate à certains ménages et renforcer la proximité politique avec des catégories professionnelles influentes.

La rédaction 

24 février 2026 0 comments
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Balles de coton brulées
A la UneÉconomie

Burkina Faso : plus de 140 tonnes de coton détruites dans un incendie au sud du pays

by Sahel Tribune 24 février 2026
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Au sud du Burkina Faso, un incendie survenu dans le village de Doussi a détruit plus de 140 tonnes de coton appartenant à un groupement de producteurs. Si les causes du sinistre restent inconnues, cet épisode rappelle la fragilité logistique d’une filière stratégique pour l’économie nationale et les revenus de millions de ruraux.

Dans les plaines cotonnières du sud du Burkina Faso, le village de Doussi se réveille sous le choc.  Un incendie a réduit en cendres plus de 140 tonnes de coton. Cet épisode rappelle brutalement combien cette culture, pilier économique du pays, reste exposée à des risques majeurs entre stockage précaire et aléas imprévisibles.

Un sinistre majeur dans le village de Doussi

Un incendie d’ampleur s’est déclaré le 22 février dans le village de Doussi, dans le sud du Burkina Faso, détruisant plus de 140 tonnes de coton stockées dans un entrepôt local. L’information a été rapportée le lendemain par le portail d’information Sidwaya, citant des sources locales.

Selon les premiers éléments, le coton appartenait à un groupement de producteurs de coton (GPC) composé d’environ 80 membres. La marchandise, encore non vendue, était entreposée en attendant sa commercialisation.

D’après des informations relayées par l’agence APAnews, une équipe de secours s’est rapidement rendue sur place pour tenter de maîtriser les flammes. Les opérations ont toutefois été compliquées par la nature particulièrement inflammable du coton, favorisant la propagation rapide du feu.

Les causes de l’incendie restent pour l’heure inconnues et une enquête a été ouverte afin d’en déterminer l’origine.

Une filière stratégique sous tension

Cet incident intervient dans un contexte où la filière coton constitue un pilier majeur de l’économie burkinabè. Le Burkina Faso figure parmi les principaux producteurs et exportateurs de coton du continent africain.

Selon les données sectorielles, près de trois millions de Burkinabè vivent directement ou indirectement de cette culture, qui représente environ 13 % des recettes d’exportation du pays. La production est majoritairement concentrée dans les régions méridionales, avec un volume annuel avoisinant 483 000 tonnes.

Au-delà des pertes matérielles, la destruction de ce stock pourrait fragiliser les revenus des producteurs concernés et perturber la chaîne d’approvisionnement locale. Un drame qui rappelle l’importance des infrastructures de stockage et des dispositifs de prévention des risques dans une filière aussi stratégique.

Alors que les autorités cherchent à élucider les circonstances du sinistre, cet incendie souligne la nécessité de renforcer la sécurisation des entrepôts agricoles afin de préserver un secteur vital pour l’économie et la stabilité sociale du pays.

La rédaction 

Burkina Faso, Doussi, incendie coton, filière coton, agriculture ouest africaine, producteurs de coton, pertes agricoles, économie burkinabè, exportations coton, stockage agricole, enquête incendie, Sidwaya, APAnews, coton Afrique, risques logistiques, 

24 février 2026 0 comments
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Un navire rempli de blé
ActuÉconomie

Commerce agricole mondial : la montée en puissance du blé russe en Afrique

by Sahel Tribune 24 février 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

La Russie accélère la réorientation de ses exportations céréalières vers l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud-Est. Ce qui consolide à la fois ses débouchés commerciaux et son influence dans un contexte de recomposition des équilibres alimentaires mondiaux.

De l’Égypte au Kenya, les cargaisons de blé russe se multiplient. Cette situation illustre une stratégie économique qui dépasse le seul commerce agricole pour s’inscrire dans une diplomatie des denrées devenue centrale dans les rapports de force internationaux. 

L’Afrique, pilier de la stratégie commerciale russe

La réorientation des exportations agricoles russes vers l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie du Sud-Est confirme une transformation durable des flux alimentaires mondiaux. Dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes et de recomposition des chaînes d’approvisionnement, Moscou consolide sa position de puissance agricole en s’appuyant sur la demande croissante des pays du Sud.

Selon l’agence TASS, les producteurs russes ont intensifié leurs livraisons vers ces régions, mettant en avant des volumes importants et des standards de qualité conformes aux exigences des marchés importateurs. Cette orientation a été confirmée par Inna Zaïtchenko lors du forum « Céréales de Russie » organisé à Sirius.

Le continent africain apparaît comme un axe central de cette stratégie. Des pays comme l’Égypte, l’Algérie et la Libye figurent parmi les principaux importateurs, en raison de leur forte dépendance aux marchés internationaux pour couvrir leurs besoins en blé.

Cette dépendance structurelle renforce le rôle de la Russie comme fournisseur clé dans un contexte où la sécurité alimentaire devient un enjeu politique majeur pour de nombreux États africains confrontés à la volatilité des prix et aux chocs climatiques.

Une percée en Afrique subsaharienne

Au-delà de l’Afrique du Nord, Moscou cherche à étendre son influence vers l’Afrique subsaharienne. Les premières cargaisons expédiées vers le Cameroun et le Kenya via le port de Vysotsk illustrent cette dynamique d’expansion vers de nouveaux marchés à fort potentiel démographique.

Parallèlement, l’expédition de blé kazakh vers la Tunisie témoigne d’une coordination croissante entre producteurs de l’espace eurasiatique pour répondre à la demande africaine.

Au-delà des considérations commerciales, les exportations céréalières constituent un levier d’influence pour la Russie. En sécurisant l’approvisionnement de pays fortement dépendants des importations alimentaires, Moscou renforce ses relations économiques et politiques avec de nombreux États du Sud.

Cette « diplomatie du blé » s’inscrit dans une stratégie plus large visant à consolider des partenariats alternatifs aux circuits dominés par les puissances occidentales, tout en capitalisant sur l’image d’un fournisseur fiable dans un contexte d’incertitude sur les marchés mondiaux.

Une recomposition durable des flux alimentaires

La montée en puissance des exportations russes vers l’Afrique et le Moyen-Orient reflète plus largement la recomposition du commerce agricole mondial. Face à la croissance démographique et à l’urbanisation rapide, la demande alimentaire de ces régions devrait continuer d’augmenter. Ce qui renforce l’importance stratégique des grands exportateurs de céréales.

En consolidant ses positions sur ces marchés, la Russie confirme son rôle central dans l’équilibre alimentaire mondial et renforce son ancrage économique dans le Sud global, à un moment où les denrées agricoles deviennent un instrument majeur de puissance.

A.D

24 février 2026 0 comments
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Danbé ton
ActuSeko ni Donko

Le projet Jamana Koloshi Tonba porté par Danbé Ton soutenu par les autorités

by Sahel Tribune 24 février 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Après avoir consacré 2025 à la culture, les autorités maliennes prolongent l’offensive culturelle en décrétant 2026-2027 « années de l’éducation et de la culture ». Entre initiatives citoyennes et volontarisme politique, Bamako assume le choix de la reconstruction par les savoirs et les valeurs.

Dans un pays souvent raconté à travers le prisme sécuritaire, le pari peut sembler à contre-courant. Pourtant, à Bamako, la reconstruction nationale passe aussi par la culture et l’éducation. Après avoir fait de 2025 « l’Année de la culture », les autorités maliennes ont décidé d’inscrire 2026-2027 sous le signe conjugué de l’éducation et de la transmission des valeurs, dans une démarche assumée de refondation sociale.

C’est dans ce contexte que le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a reçu le 20 février une délégation de l’Association Danbé Ton conduite par son président, Adama Coulibaly, accompagné de l’ancien ministre Mohamed S. Coulibaly.

Au cœur des échanges : l’initiative Jamana Koloshi Tonba, un programme centré sur l’éducation aux valeurs sociétales maliennes, dans un pays où la question du lien social est devenue un enjeu stratégique autant que culturel.

La culture comme levier de stabilité

En décrétant ces deux années dédiées à l’éducation et à la culture, le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, inscrit son action dans une logique de reconquête symbolique. L’objectif est de replacer les référents culturels, les savoirs endogènes et la transmission intergénérationnelle au cœur du projet national.

Pour Mamou Daffé, l’initiative portée par Danbé Ton s’inscrit « en droite ligne avec la vision des plus hautes autorités », notamment à travers le programme Danbé Kolosibaw, un corps de médiateurs sociaux et de transmetteurs du patrimoine culturel immatériel réunissant autorités traditionnelles, légitimités locales et personnes ressources de toutes les régions du pays.

Derrière ces mots se manifeste la conviction que la cohésion nationale ne peut se décréter uniquement par des politiques publiques classiques. Elle doit aussi se nourrir d’un travail patient sur les valeurs, la mémoire et les repères collectifs.

Au Mali, la culture n’est pas seulement un patrimoine, elle est un outil politique au sens noble du terme. En encourageant la synergie entre initiatives citoyennes et action gouvernementale, les autorités cherchent à structurer un écosystème où artistes, leaders communautaires et institutions participent à une même dynamique de transmission.

Reconstruire par la transmission

Dans un contexte régional marqué par les recompositions géopolitiques et les crises de confiance, cette orientation est une manière de redonner du sens au projet national, en s’appuyant sur des référents culturels partagés.

L’audience accordée à la délégation de Danbé Ton illustre cette volonté d’ouvrir des espaces de dialogue entre l’État et les acteurs de la société civile. L’accent mis sur l’éducation aux valeurs sociétales traduit la lecture politique selon laquelle l’avenir du pays se joue aussi dans la capacité à transmettre un socle commun de repères culturels.

Au-delà des symboles, la démarche vise à inscrire la culture et l’éducation comme piliers durables de la stratégie nationale, dans une approche où le patrimoine immatériel devient un vecteur de résilience collective.

Dans un monde où les nations se livrent aussi une bataille des récits, le Mali choisit de répondre par la réaffirmation de son identité et de ses valeurs. Un pari sur le long terme, qui fait de la culture non plus un simple héritage, mais un projet d’avenir.

A.D

24 février 2026 0 comments
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Abdoulaye Konaté
A la UneSeko ni Donko

Le Mali à l’honneur : Abdoulaye Konaté distingué par le plus grand musée d’art africain

by Chiencoro 24 février 2026
written by Chiencoro 4 minutes read

À Cape Town, l’artiste malien Abdoulaye Konaté a été couronné par le prestigieux Zeitz Museum of Contemporary Art Africa lors de son gala annuel 2026. Une consécration qui célèbre l’un des grands noms de l’art contemporain africain et confirme le rôle croissant de la diplomatie culturelle dans le rayonnement international du Mali.

Entre fils, mémoire et engagement, Abdoulaye Konaté tisse depuis des décennies une œuvre monumentale qui dépasse les frontières. Sa distinction au Zeitz MOCAA consacre un parcours artistique exceptionnel et rappelle la place centrale de la création africaine dans les grands récits culturels du monde.

Cette distinction consacre l’une des figures majeures de l’art contemporain africain, dont l’œuvre textile monumentale continue d’explorer les grandes questions politiques, sociales et spirituelles du monde contemporain.

Une reconnaissance majeure sur la scène artistique africaine

Organisé chaque année, le gala du Zeitz MOCAA constitue l’événement phare de collecte de fonds du musée et célèbre à la fois la philanthropie et l’excellence artistique sur le continent. Cette édition 2026 a réuni collectionneurs, mécènes, artistes et acteurs culturels autour du thème « African Futures ». Ce qui confirme la place centrale du musée dans la promotion de la création contemporaine africaine.

La distinction décernée à Abdoulaye Konaté salue une carrière exceptionnelle marquée par un langage visuel singulier, où les tissus, les couleurs et les formes deviennent des outils d’expression critique et poétique. Son travail, profondément enraciné dans les traditions ouest-africaines, aborde des enjeux universels tels que l’écologie, l’identité, les conflits ou encore la mémoire collective.

Considéré comme le plus grand musée au monde consacré exclusivement à l’art contemporain africain et à sa diaspora, le Zeitz MOCAA est installé dans un ancien silo à grains transformé par l’architecte britannique Thomas Heatherwick dans le quartier du Silo District, au V&A Waterfront.

Au fil des années, l’institution s’est imposée comme un espace majeur de dialogue culturel, mettant en lumière des artistes dont les pratiques redéfinissent le récit esthétique du continent à l’échelle internationale. La reconnaissance d’Abdoulaye Konaté s’inscrit ainsi dans la volonté du musée de valoriser des trajectoires artistiques qui ont profondément marqué le discours contemporain.

Un ambassadeur culturel du Mali

Parrain du mois d’avril 2025, consacré à l’Année de la culture au Mali, Abdoulaye Konaté est considéré comme l’un des principaux ambassadeurs culturels du pays. Sa consécration au Zeitz MOCAA intervient dans un contexte où les autorités maliennes mettent en avant la diplomatie culturelle comme levier de rayonnement international.

Sous le leadership du président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, cette reconnaissance est perçue comme une contribution au repositionnement de l’image du Mali sur la scène mondiale, à travers ses artistes et créateurs.

Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a adressé ses félicitations à l’artiste. Il a surtout salué « une consécration qui honore la créativité malienne et confirme la vitalité culturelle du pays ».

Cette consécration arrive alors que les autorités maliennes de la transition ont décrété la période 2026-2027, « année de l’éducation et de la culture », en vue de promouvoir un nouveau type de citoyenneté mais aussi et surtout mettre l’accent sur le capital humain. Pour rappel, l’année 2026 avait déjà été consacrée à la culture. 

Ces initiatives dénotent de l’intérêt que portent les plus hautes autorités à la promotion artistique et culturelle comme pilier de la refondation. « Quand on ne sait où l’on va, qu’on sache d’où l’on vient. », affirmait Ahmadou Kourouma. Dans les périodes d’incertitude dans une nation, la mémoire collective sert de boussole. Le progrès ne peut être solide sans ancrage dans l’identité et l’expérience passée.

Il est donc importante de valoriser la transmission intergénérationnelle, de préserver le patrimoine culturel, et d’éviter l’errance stratégique en s’appuyant sur les leçons du passé. Les autorités maliennes ont bien compris ce rapport entre passé et présent. Elles ont vite compris que la culture détermine non seulement la trajectoire à suivre mais aussi et surtout nous plonge dans toute la richesse et la diversité de nos valeurs ataviques.

Entre glamour et engagement

Au-delà de la distinction individuelle, la soirée du Zeitz MOCAA a également été marquée par des performances artistiques, des ventes aux enchères caritatives et des projections multimédias destinées à soutenir les programmes éducatifs et les résidences d’artistes du musée.

Le gala confirme ainsi le rôle de Cape Town comme l’un des grands carrefours de la création africaine, où se croisent les regards sur l’avenir du continent et les nouvelles formes d’expression artistique.

Pour le Mali, la consécration d’Abdoulaye Konaté illustre la capacité de ses artistes à porter une voix singulière et influente sur la scène internationale — preuve que la culture demeure l’un des vecteurs les plus puissants de rayonnement et de dialogue entre les peuples.

Chiencoro Diarra 

24 février 2026 0 comments
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Wave au Mali
A la UneÉconomieEnquête

Mobile money au Mali : La Dgccc met fin à la confusion créée par WAVE

by Sidi Modibo Coulibaly 24 février 2026
written by Sidi Modibo Coulibaly 5 minutes read

Le transfert monétaire via le téléphone mobile (mobile money) devient de plus en plus une pratique courante au Mali. Dans le souci de mobiliser l’épargne nationale pour financer des projets d’ordre social, le gouvernement a décidé de retenir un pourcentage sur les transferts mobile money. Parmi les principaux opérateurs qui font le transfert monétaire, un ne s’est pas soumis à cette décision des autorités nationales. Et le gouvernement a décidé de le rappeler à l’ordre.

C’est à travers la décision N° 2026-0001/ MIC-DGCCC du 02 février 2026 que l’opérateur en question a été invité à respecter la mesure de retenue d’1 % sur les transferts monétaires mobiles. Il s’agit de Wave Mobile Money, le dernier des opérateurs arrivés dans le secteur au Mali.

Déséquilibre le marché face aux autres opérateurs

En effet, cet opérateur, contrairement aux deux concurrents, ne s’est pas conformé à la mesure. Par cette décision, la Direction Générale du Commerce de la Consommation et de la Concurrence (DGCCC) reproche à Wave d’avoir absorbé la taxe d’État de 1 % au lieu de la répercuter. Une pratique jugée contraire à la concurrence loyale, entraînant une probable hausse des tarifs pour les utilisateurs.

En termes clairs, la DGCCC estime que le fait pour Wave d’absorber la taxe de 1 % sur les retraits (instaurée en février 2025) déséquilibre le marché face aux autres opérateurs. Pour préserver une concurrence équitable et assurer la stabilité du secteur financier, la DGCCC indique, dans sa décision, que Wave doit cesser de prendre cette taxe en charge, ce qui devrait provoquer une augmentation des frais de retrait pour les clients finaux.

Avec cette décision, les autorités nationales visent à rétablir l’ordre sur le marché du mobile money, où Wave s’est distingué par des tarifs agressifs, mais jugés anticoncurrentiels dans ce contexte précis.

La taxe d’État d’1 %

Le mercredi 05 février 2025, le conseil des ministres a adopté un projet d’ordonnance instituant une contribution spéciale de solidarité et une taxe spéciale sur la consommation de certains biens et services pour le financement des programmes de développement. Il s’agit, entre autres, d’un prélèvement spécifique sur la consommation des services commerciaux des communications téléphoniques et les opérations de retrait dans le cadre des transferts d’argent via le mobile money.

De façon explicite, désormais, sur chaque recharge, par exemple de 1000 francs CFA, le consommateur recevra 900 F sur son compte crédit, soit une retenue de 10 % qui va dans les caisses du Fonds. Concernant les transactions mobile money, le client paiera le double, soit 1 % pour l’opérateur et 1 % pour l’État. À titre d’illustration, les frais de retrait de 10 000 F CFA passent de 100 à 200 F CFA.

Le mobile money en pleine expansion au Mali

D’après Autorité malienne de régulation des télécommunications, des TIC et des postes, il y a 14,5 millions de comptes mobile money au Mali en 2022. Il s’agit d’une croissance de 150 % par rapport aux 5,8 millions de comptes déclarés par les opérateurs en 2017.

Sur la période, le taux de pénétration de l’argent mobile est passé de 31 % à 66 %. L’AMRTP n’explique pas directement cette croissance de l’adoption de l’argent mobile au Mali ces dernières années. Si les plateformes Orange Money et Moov Money sont les plus dynamiques, l’entrée sur le marché de nouveaux acteurs comme Sama Money, Wave, Wizall Money entraîne une concurrence de plus en plus rude.

L’AMRTP reconnaît le mobile money comme un « véritable catalyseur » de l’inclusion financière et des paiements publics. En effet, l’argent mobile a contribué à hauteur de 30 % au taux d’inclusion financière du Mali, qui était de 54 % en 2022, selon les chiffres publiés par le régulateur. En tant que levier important pour le développement de l’économie numérique, le régulateur encourage toutes les initiatives en faveur du développement de ce service.

Wave avait eu maille à partir avec un concurrent au Sénégal

Pris de court par l’offre ultra concurrentielle que propose depuis mai 2020 cette start-up américaine spécialisée dans les transactions à bas coûts, Orange Sénégal a décidé début juin 2020 de lui bloquer la possibilité de distribuer du crédit téléphonique via son application mobile et par code USSD.

« Après plusieurs échanges avec l’opérateur téléphonique, un accord nous permettant de vendre du crédit directement ou par l’intermédiaire d’un grossiste agréé n’a toujours pas été conclu », a ainsi confirmé Wave dans un communiqué publié le 5 juin 2021, annonçant aussi que l’Autorité de régulation des télécoms et des postes (ARTP) a été saisie pour « qu’une décision équitable puisse être prise ». « Wave a dû demander de pouvoir avoir la même commission que le circuit normal de distribution d’Orange et ce dernier a refusé », analyse un bon connaisseur des télécoms sénégalaises.

Wave money s’impose de plus en plus en Afrique

L’origine de Wave Mobile Money remonte à 2018, avec un lancement initial au Sénégal. Contrairement aux services classiques d’Orange ou MTN, Wave n’est pas né d’un opérateur télécom, mais d’une initiative technologique américaine tournée vers l’Afrique.

L’entreprise a été fondée par deux entrepreneurs américains, Drew Durbin et Lincoln Quirk. Avant Wave, ils ont créé Sendwave, une application spécialisée dans les transferts d’argent internationaux vers l’Afrique. Wave Mobile Money est un service de paiement mobile très populaire en Afrique de l’Ouest (Sénégal, Côte d’Ivoire) qui propose des frais très bas, notamment 1 % pour les transferts. Il permet de déposer, retirer, envoyer de l’argent et payer des factures sans frais de gestion, en utilisant une application ou des codes QR.

Bien que les fondateurs soient américains et l’entreprise enregistrée aux USA, son siège opérationnel est à Dakar, au Sénégal. Depuis 2018, elle s’est étendue à la Côte d’Ivoire (2019/2021), au Mali, au Burkina Faso, au Bénin, à la Gambie, à l’Ouganda et récemment au Cameroun.

À retenir qu’en septembre 2021, Wave est devenue la première « licorne » (entreprise valorisée à plus d’un milliard de dollars) d’Afrique francophone.

Sidi Modibo Coulibaly

24 février 2026 0 comments
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