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Victimes de la révolution de mars 1991.
ActuAnalyses

26 mars : l’héritage des martyrs à l’heure des réformes

by Sahel Tribune 24 mars 2026
written by Sahel Tribune 7 minutes read

Trente-cinq ans après la chute de Moussa Traoré, le Mali commémore les martyrs du changement de trajectoire du Mali, dans une période de refondation profonde de l’État. 35 ans après la marche historique du peuple malien, le pays se trouve en plein chantier afin d’honorer la mémoire des martyrs de mars 1991. 

Il ne suffit plus de se souvenir. Le 26 mars 1991 n’est pas qu’un moment d’histoire. C’est une promesse. Celle d’un État juste, d’une démocratie réelle, d’une rupture avec les logiques de prédation et de dépendance. Trente-cinq ans après ces événements, la démocratie malienne poursuit son chemin. L’idéal porté par les révolutionnaires de 1991 visait l’émergence d’un Mali nouveau. Un État libéré de la corruption, du favoritisme, du clientélisme et des restrictions des libertés. En d’autres termes, le passage d’une « société close » à une « société ouverte », comme le résumait si bien le slogan populaire : « An tɛ kɔrɔlen fɛ fo kura » — nous ne voulons plus de l’ordre ancien, nous voulons du renouveau — entendu par la renaissance du Mali : le Mali Kura.

Les ANRs et la nouvelle Constitution 

C’est précisément ce vide et cette recommandation populaire que la Transition actuelle entend combler. Non pas en répétant les symboles, mais en réinvestissant le réel. Depuis 2021, une série de réformes structurantes dessine en lettre d’or cette ambition des autorités maliennes de la Transition à la refondation. L’une des premières tâches fut de réunir le peuple malien autour d’une table de discussion à travers les Assises nationales de la Refondation, en 2021 — qui ont porté un diagnostic sans complaisance sur les maux du pays et proposé des solutions idoines pour la résolution des nombreuses crises qui assaillent la nation— secteur par secteur. 

À l’issue des ANRs, une nouvelle Constitution a été adoptée et promulguée le 22 juillet 2023. Le Mali redéfinit ainsi ses partenariats internationaux, affirme une souveraineté politique assumée et réorganise l’appareil d’État. Les conclusions des Assises nationales de la refondation se sont prolongées dans la Vision Mali 2063, qui ambitionnent de donner une colonne vertébrale stratégique au pays.

Sur le plan de l’architecture institutionnelle, il convient de rappeler surtout la création de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) en vue de restaurer la crédibilité des scrutins, longtemps contestée et objet de déstabilisation politique, en témoigne les nombreuses crises post-électorales connues par le Mali. Dans le même esprit, les propositions de réforme du système politique — encadrement du nomadisme partisan, durcissement des conditions d’accès à la magistrature suprême, remise en cause du statut de chef de file de l’opposition — traduisent une volonté de moralisation et de rationalisation du jeu politique.

Mais aucune refondation ne tient sans sécurité. Il s’agit surtout de restaurer l’intégrité territoriale et rétablir l’autorité de l’État. La montée en puissance des Forces armées maliennes, désormais mieux équipées et structurées, s’inscrit dans une doctrine assumée de fermeté. En plus de l’équipement, il convient de mentionner aussi le rehaussement du moral des troupes à travers notamment la considération accordée aux familles des militaires et paramilitaires tombés pour la nation reconnaissante — prise en charge de leurs enfants dans le cadre des pupilles de la nation, la construction en cours d’un mémoriel militaire en leur mémoire, la rédaction en cours de l’histoire militaire, la remise de chèques géants à leur famille, etc.  

Dans la même veine, il convient de souligne le projet de construction de la maison des pupilles, dans la zone aéroportuaire. La pose de la première de cette infrastructure a eu lieu en février 2024. 

Dans le prolongement régional, la création de l’Alliance des États du Sahel — réunissant le Mali, le Burkina Faso et le Niger — consacre une approche collective de la sécurité, centrée sur le bassin stratégique du Liptako-Gourma. L’ambition est non seulement de sécuriser les territoires, mais aussi de valoriser leurs ressources dans une logique de développement endogène.

Cette reconquête passe aussi par le retour concret de l’État. C’est dans cette dynamique que les autorités maliennes se sont attelées à la réorganisation territoriale, à la création de nouvelles circonscriptions, à la réhabilitation des infrastructures administratives — notamment dans le Nord. L’objectif est de rapprocher l’administration des citoyens et de corriger les fractures héritées des crises successives. 

La fin de l’extraversion des richesses naturelles

Mais c’est sans doute sur le terrain économique que la rupture est la plus lisible — et la plus attendue. Longtemps, le Mali a été un paradoxe : un géant aurifère, mais un État pauvre. L’or sortait, la richesse s’évaporait. Les zones minières, elles, restaient enclavées, marginalisées, oubliées.

La réforme du Code minier de 2023 marque à cet égard un tournant majeur. Elle ne se contente pas d’ajuster des règles. Elle redéfinit la philosophie même de l’exploitation des ressources. Désormais, l’objectif est de faire du secteur minier un levier de développement national et non plus un simple moteur d’extraction.

Cette nouvelle gouvernance repose sur plusieurs piliers. D’abord, une meilleure redistribution des revenus, avec la création de fonds dédiés, dont le Fonds minier de développement local, alimenté notamment par une contribution de 0,75 % du chiffre d’affaires des sociétés minières. Ce mécanisme vise à réinjecter directement les richesses dans les territoires concernés — infrastructures, santé, éducation, accès à l’eau et à l’énergie.

Ensuite, la mise en place d’une politique de contenu local, qui impose une intégration accrue des acteurs nationaux dans la chaîne de valeur. Emploi, sous-traitance, transfert de compétences. Il ne s’agit plus seulement d’exploiter, mais de construire une économie autour de la ressource.

Enfin, une exigence renforcée de transparence et de redevabilité, avec des mécanismes de suivi à plusieurs niveaux — communal, régional et national — pour garantir que les fonds bénéficient réellement aux populations.

Dans cette même dynamique, le développement du bassin du Liptako-Gourma est pensé comme un chantier stratégique, combinant sécurité, exploitation des ressources et amélioration des conditions de vie. À cela s’ajoutent des politiques sociales ciblées : programmes d’emploi des jeunes, soutien aux micro-entreprises rurales, promotion d’activités génératrices de revenus dans plusieurs régions. Le « Projet présidentiel d’urgence hospitalière », avec la construction et l’équipement d’infrastructures sanitaires modernes, illustre également cette volonté de traduire la refondation dans le quotidien des populations.

Sur le plan sanitaire, il faut noter aussi la construction en cours depuis 2022, du 4e Hôpital de référence, à Banancoro, à quelques kilomètres de Bamako, en vue de réduire l’évacuation sanitaire vers l’étranger de 95 %

La relance d’unités industrielles 

Cette réorientation n’est pas anodine. Elle répond à une exigence centrale du 26 mars : mettre fin à la confiscation des richesses par une minorité et faire de l’État un instrument au service du plus grand nombre. En ce sens, la réforme minière est l’une des traductions les plus concrètes de l’idéal de 1991.

Mais la refondation ne se joue pas uniquement dans le secteur minier. Elle s’étend à d’autres secteurs économiques comme la relance industrielle avec la remise en activité d’unités comme la COMATEX ou l’UMPP, le projet de construction d’une école des mines, l’investissement dans l’éducation — avec la régionalisation des universités et des projets innovants comme une école d’intelligence artificielle et de robotique —, ou encore la signature du pacte de stabilité sociale et de croissance pour encadrer les relations avec les partenaires sociaux. Soulignons aussi la relance du chemin de fer bien que ce secteur observe toujours quelques difficultés de redécollage. 

La démocratie ne se résume ni à des élections ni à des symboles. Elle suppose un État capable, souverain et légitime. C’est précisément cette équation que la Transition entend de résoudre, dans un contexte régional et international particulièrement contraint.

Le 26 mars 2026 est donc plus qu’une commémoration. C’est un moment de clarification. Entre mémoire et action, entre héritage et refondation, le Mali est à la croisée des chemins. Les martyrs de 1991 n’ont pas seulement ouvert une page de l’histoire ; ils ont posé une exigence.

Noumoukai

24 mars 2026 0 comments
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Réchauffement climatique
A la UneClimat et environnement

Climat : la Terre sort de l’équilibre, et nous avec

by Fousseni TOGOLA 24 mars 2026
written by Fousseni TOGOLA 4 minutes read

La planète vacille : chaleur record, océans en surchauffe, catastrophes en cascade… Le dérèglement climatique n’est plus une menace lointaine, mais une réalité qui s’emballe — et dont les conséquences pourraient devenir irréversibles.

Il ne s’agit plus d’un simple réchauffement. Dans son dernier rapport publié le 23 mars, à l’occasion de la Journée météorologique mondiale, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dresse un constat sans ambiguïté : le système climatique de la planète est désormais profondément déséquilibré — et ce dérèglement s’accélère.

Une décennie de chaleur sans précédent

Selon l’OMM, les années 2015 à 2025 constituent les onze années les plus chaudes jamais enregistrées. L’année 2025, elle, se hisse sur le podium des records, avec une température moyenne globale supérieure d’environ 1,43 °C aux niveaux préindustriels.

Une tendance lourde, qui ne doit rien au hasard. « Quand l’histoire se répète onze fois, ce n’est plus une coïncidence », a martelé António Guterres, évoquant un « climat en état d’urgence ».

Le déséquilibre énergétique, symptôme d’un système déréglé

Pour la première fois, le rapport met en avant un indicateur clé : le déséquilibre énergétique de la Terre. Autrement dit, l’écart croissant entre l’énergie solaire absorbée et celle renvoyée dans l’espace.

Dans un système stable, cet équilibre est maintenu. Mais l’accumulation de gaz à effet de serre — dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote — a rompu cette mécanique. Résultat : un excédent d’énergie piégé dans le système climatique, à un niveau inédit depuis au moins 65 ans.

Et ses effets sont déjà visibles.

L’océan, tampon surchauffé de la planète

Plus de 90 % de cette chaleur excédentaire est absorbée par les océans. Depuis vingt ans, ceux-ci captent chaque année l’équivalent de près de 18 fois la consommation énergétique mondiale.

Un rôle de « tampon » qui limite, temporairement, la hausse des températures à la surface — mais à un coût élevé. Le contenu thermique des océans atteint des records successifs depuis près d’une décennie, avec un rythme de réchauffement qui a plus que doublé depuis les années 2000.

Conséquences : dégradation des écosystèmes marins, intensification des tempêtes, et perte progressive de la capacité des océans à absorber le carbone.

Glaces en recul, mers en hausse

Le reste de l’excédent thermique se traduit par la fonte accélérée des glaces. Les calottes du Groenland et de l’Antarctique perdent massivement en volume, tandis que les glaces de mer atteignent des niveaux historiquement bas.

En 2025, l’Arctique a frôlé son minimum record depuis le début des observations satellitaires. Dans le même temps, le niveau moyen des mers continue de grimper, désormais supérieur d’environ 11 centimètres à celui mesuré en 1993.

Une progression appelée à se poursuivre pendant des siècles, selon les projections du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

Un climat extrême, des sociétés vulnérables

Canicules, inondations, sécheresses, cyclones : les événements météorologiques extrêmes se multiplient et s’intensifient. En 2025, ils ont causé des milliers de morts, déplacé des millions de personnes et engendré des crises économiques de plusieurs milliards de dollars.

Ces chocs en cascade fragilisent les systèmes alimentaires, alimentent les migrations et exacerbent les tensions dans les régions déjà vulnérables. Le changement climatique devient ainsi un multiplicateur de crises — sociales, économiques et géopolitiques.

Le rapport alerte également sur les impacts sanitaires croissants. La propagation de maladies comme la dengue, favorisée par la hausse des températures, s’accélère. Le stress thermique, lui, touche déjà plus d’un tiers de la population active mondiale.

Autant de signaux qui soulignent l’urgence d’intégrer les données climatiques dans les politiques de santé publique.

Un avertissement sans détour

« Le chaos climatique s’accélère », prévient encore António Guterres, pointant la dépendance persistante aux énergies fossiles. Pour Celeste Saulo, le constat est tout aussi clair : « Les activités humaines perturbent de plus en plus l’équilibre naturel, et nous devrons vivre avec ces conséquences pendant des centaines, voire des milliers d’années. »

Le thème de la Journée météorologique mondiale 2026 — « Observer aujourd’hui, protéger demain » — sonne comme un rappel. Les données scientifiques n’ont jamais été aussi précises. Les signaux d’alerte, aussi nombreux.

Reste une question, désormais politique : que faire de ce savoir ?

Car si la Terre bascule hors de son équilibre, c’est aussi notre capacité collective à réagir qui est mise à l’épreuve.

F. Togola 

24 mars 2026 0 comments
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Musée national
A la UneSeko ni Donko

Bamako : le Musée national s’impose comme un hub culturel pour les jeunes 

by Sahel Tribune 24 mars 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le Musée national du Mali amorce une nouvelle phase de son développement. Réuni le 12 mars à Bamako pour sa 37e session ordinaire, le Conseil d’administration de l’institution a placé ses travaux sous le signe de la « revitalisation », dans un contexte national marqué par une volonté affirmée de repositionner la culture au cœur du projet politique et éducatif.

Présidée par Mamadou Cissé, conseiller technique au ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, représentant le ministre Mamou Daffé, la session a permis de dresser le bilan de l’année écoulée et de tracer les perspectives pour 2026 et 2027.

En 2025, le Musée national du Mali a confirmé son rôle de plateforme majeure de diffusion culturelle. Selon les chiffres présentés lors de la session, l’établissement a accueilli 10 937 visiteurs sur l’année, dont une large majorité d’élèves et d’étudiants (7 490). Les touristes locaux (2 678) et étrangers (769) complètent cette fréquentation.

Expositions et partenariats au cœur de la dynamique

Des résultats qui traduisent l’importance du musée dans la sensibilisation des jeunes générations, mais aussi les défis persistants en matière d’attractivité internationale, dans un pays confronté à un contexte sécuritaire et économique complexe.

L’année écoulée a été marquée par l’organisation de nombreuses expositions et journées culturelles consacrées aux différentes communautés du Mali. Ces initiatives, rendues possibles grâce à des partenariats jugés « fructueux », ont contribué à valoriser la diversité culturelle du pays tout en ravivant l’intérêt pour les patrimoines locaux.

Au-delà de la simple conservation, le musée s’affirme ainsi comme un espace de dialogue, de transmission et de réappropriation de l’histoire nationale.

Une stratégie inscrite dans l’agenda politique

Cette dynamique s’inscrit dans une orientation plus large des autorités de la transition. Après 2025 décrétée « Année de la culture », les années 2026 et 2027 ont été placées sous le double signe de l’éducation et de la culture par le président de la transition, le général Assimi Goïta.

Dans ce cadre, la revitalisation du Musée national apparaît comme un levier stratégique. L’objectif affiché : contribuer à l’émergence de « nouveaux narratifs » fondés sur l’histoire malienne et renforcer l’image du pays à l’international, notamment à travers la diplomatie culturelle.

Retrouver le lustre d’antan

Lors de son intervention, Mamadou Cissé a salué les efforts de la direction et du personnel du musée, tout en les appelant à « davantage de dynamisme, d’innovation et d’inventivité ». L’enjeu est de  redonner à l’institution son rayonnement d’autrefois et en faire un véritable pôle d’attraction.

Il a également insisté sur la nécessité de renforcer les collaborations avec les services publics et les partenaires culturels, afin de rendre le patrimoine « plus accessible et plus vivant ».

Dans un contexte où la culture est devenu un pilier du « Mali nouveau », le Musée national se trouve à la croisée des chemins. Entre mémoire et projection, il devra relever le défi de s’adapter aux attentes contemporaines sans renoncer à sa mission fondamentale : préserver et transmettre l’héritage culturel malien.

A.D

Mali, Musée national du Mali, Bamako, culture, patrimoine, revitalisation, diplomatie culturelle, Assimi Goïta, éducation, tourisme, jeunesse, expositions, identité culturelle, politique culturelle, Afrique de l’Ouest, 

24 mars 2026 0 comments
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Accoucher sans eau
ActuSanté

Pourquoi l’accès à l’eau reste le maillon faible de la santé maternelle 

by Chiencoro 22 mars 2026
written by Chiencoro 3 minutes read

Selon un rapport accablant de l’ONG WaterAid, publié le 18 mars 2026, des millions de femmes à travers le monde continuent d’accoucher dans des établissements de santé dépourvus d’eau potable, de toilettes et de conditions d’hygiène minimales. Une crise silencieuse, mais mortelle, qui révèle les failles profondes des systèmes de santé dans les pays les plus vulnérables.

C’est une statistique qui glace. Toutes les deux secondes, une femme donne naissance dans un établissement sans accès à l’eau propre, à des sanitaires sûrs ou à des installations d’hygiène adéquates.

Loin des standards médicaux modernes, cette réalité expose mères et nouveau-nés à des risques majeurs d’infection. Chaque année, plus de 13,5 millions de femmes accouchent dans ces conditions précaires, où les gestes les plus élémentaires — se laver les mains, nettoyer une salle ou hydrater une patiente — deviennent impossibles.

Une crise sanitaire évitable, mais meurtrière

Le manque d’eau, d’assainissement et d’hygiène (EAH) dans les maternités est directement lié à la persistance de la septicémie maternelle, une infection grave et souvent fatale. Dans les pays à faible revenu, cette pathologie figure parmi les principales causes de mortalité liée à la grossesse.

Dans les 16 pays étudiés par le rapport, environ 112 000 femmes meurent chaque année de causes liées à la maternité, dont une part significative est imputable à des infections contractées lors de l’accouchement.

En Afrique subsaharienne, les chiffres sont particulièrement alarmants. Les femmes atteintes de septicémie ont jusqu’à 144 fois plus de risques de mourir que dans les pays occidentaux.

Des maternités indignes et dangereuses

Les témoignages recueillis dressent un tableau accablant : toilettes insalubres ou inexistantes, absence d’eau courante, matériel non stérilisé, salles surpeuplées.

Certaines femmes racontent avoir accouché avec de l’eau de rivière, d’autres décrivent des conditions humiliantes, sans intimité ni hygiène.

Dans ces environnements, une naissance sur neuf en Afrique est associée à un risque de septicémie.

Faute de conditions dignes, certaines patientes préfèrent encore accoucher à domicile, au péril de leur vie.

Une solution simple… et peu coûteuse

Paradoxalement, les solutions existent et sont accessibles. Selon le rapport, garantir un accès universel à l’eau, à des toilettes et à des dispositifs de lavage des mains coûterait entre 0,52 et 1,04 dollar par habitant et par an dans les pays concernés.

Un investissement minime, bien inférieur au coût du traitement des infections, qui pourrait réduire de moitié les cas de septicémie et sauver des milliers de vies.

À l’échelle mondiale, l’amélioration des conditions d’hygiène pourrait éviter jusqu’à 9,5 millions de cas de septicémie maternelle et plus de 8 500 décès chaque année.

Cette crise touche aussi le personnel de santé, majoritairement féminin. Privés d’équipements de base, les soignants travaillent dans des conditions dégradées, augmentant leur exposition aux infections et leur épuisement.

Les femmes, déjà en première ligne lors de l’accouchement, supportent également les conséquences indirectes : soins non rémunérés aux malades, charge domestique accrue et perte de revenus.

Une question de dignité et de volonté politique

Au-delà des chiffres, le rapport pointe une défaillance structurelle : l’accès à l’eau et à l’hygiène reste une priorité secondaire dans les politiques de santé.

Pourtant, l’enjeu dépasse la seule santé. Il touche à la dignité, à l’égalité des genres et aux droits fondamentaux.

« Il ne s’agit pas d’un problème technique, mais d’un choix politique », souligne le rapport, appelant les gouvernements et les bailleurs à placer l’EAH au cœur des systèmes de santé.

Alors que la communauté internationale s’est engagée à réduire la mortalité maternelle, cette crise révèle un paradoxe : encourager les femmes à accoucher à l’hôpital sans garantir des conditions sanitaires minimales revient à déplacer le danger plutôt qu’à le supprimer.

Fournir de l’eau propre dans chaque maternité apparaît dès lors comme l’un des investissements les plus simples, mais aussi les plus urgents, pour sauver des vies.

Chiencoro Diarra 

22 mars 2026 0 comments
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Oeuvres sociales du Président de la Transition
ActuClimat et environnement

Au Mali, les forages changent le quotidien des populations rurales 

by Sahel Tribune 22 mars 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau 2026, célébrée le 22 mars de chaque année, le Mali met en avant l’accès à l’eau potable comme levier d’égalité sociale. Cette orientation s’inscrit pleinement dans la continuité des œuvres sociales du président malien de la transition, le général d’armée Assimi Goïta. Une initiative marquée par la multiplication de forages à travers le pays.

Les autorités maliennes de la transition font de l’accès à l’eau potable un symbole à la fois social et politique. Réuni le 18 mars au Palais de Koulouba, le Conseil des ministres, sous la présidence du général Assimi Goïta, a validé les contours de l’édition 2026 de la Journée mondiale de l’eau placée sous le thème « L’eau, source d’égalité ». Un choix qui fait écho aux multiples initiatives présidentielles en matière de forages hydrauliques, devenues l’un des marqueurs de la transition, depuis le 7 juin 2021.

L’eau, un enjeu d’équité sociale

Au Mali, comme dans de nombreux pays sahéliens, l’accès à l’eau reste profondément inégal. Dans certaines zones rurales, les populations parcourent encore plusieurs kilomètres pour s’approvisionner, tandis que des quartiers périphériques urbains demeurent sous-équipés. En choisissant de placer la Journée mondiale de l’eau sous le signe de l’égalité, le gouvernement entend rappeler que cette ressource vitale est au cœur des enjeux de développement, de santé publique et de cohésion sociale.

La célébration prévue à Bamako sera marquée par des conférences, un concours interuniversitaire, une course de pirogues sur le fleuve Niger et une cérémonie officielle réunissant les acteurs du secteur. Au-delà de l’aspect symbolique, il s’agit surtout de sensibiliser à la préservation de l’eau et à son rôle dans la réduction des inégalités.

Les forages, vitrine sociale de la transition

Depuis son arrivée au pouvoir, en 2021 le général Assimi Goïta a fait de l’accès à l’eau potable l’un des piliers de ses œuvres sociales. À travers son fonds de souveraineté, plusieurs centaines de forages ont été réalisés à travers le pays, aussi bien dans des localités enclavées que dans les périphéries urbaines.

Des zones comme Kayes, le Kaarta ou encore les communes autour de Bamako ont vu émerger des infrastructures hydrauliques équipées de systèmes solaires. Mosquées, écoles, centres de santé, espace public : les installations ciblent des lieux de vie collectifs, avec un objectif affiché d’amélioration des conditions sanitaires et de renforcement du tissu social.

Pour de nombreuses communautés, ces forages représentent une transformation tangible du quotidien. La corvée d’eau, souvent assumée par les femmes et les enfants, s’en trouve allégée, tandis que les risques liés aux maladies hydriques diminuent. Ces réalisations contribuent également à fixer les populations rurales et àlimiter certaines dynamiques d’exode.

Une stratégie entre action sociale et construction politique

Au-delà de leur impact concret, ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie plus large de légitimation du pouvoir de transition. Les œuvres sociales traduisent une volonté de rapprocher l’État des populations et de répondre à des besoins longtemps négligés.

Les cérémonies d’inauguration de forages, largement médiatisées, participent à la construction d’une image de proximité et d’efficacité. Elles s’inscrivent dans le discours de refondation porté par les autorités, où la satisfaction des besoins essentiels devient un levier de stabilité et de paix sociale.

L’eau, ressource vitale et facteur d’égalité, devient ainsi un terrain d’action privilégié pour la transition. Entre symbole politique et nécessité quotidien, elle cristallise les attentes d’une population en quête d’amélioration concrète de ses conditions de vie — et les défis d’un État appelé à transformer l’urgence en politique durable.

A.D

22 mars 2026 0 comments
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Défilé militaire
A la UneSécurité

Douze otages libérés : le bilan humain de l’opération des FAMa à Kayes

by Sahel Tribune 22 mars 2026
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Dans l’ouest du Mali, les Forces armées maliennes (FAMa) ont annoncé des avancées significatives dans la lutte contre les groupes armés terroristes. Une opération menée mi-mars dans la région de Kayes a permis la neutralisation de plusieurs combattants, la libération d’otages et la saisie d’un important arsenal.

L’état-major général des armées maliennes a annoncé, le 21 mars 2026, les résultats d’une opération de recherche et de destruction conduite du 14 au 21 mars dans la région de Kayes, à l’ouest du pays. Baptisée dans le cadre de l’opération « Dougoukolo », cette offensive s’inscrit dans la continuité d’actions précédemment menées dans les localités d’Ambidédi et Diboli.

Des bases détruites et des pertes revendiquées

Les interventions se sont concentrées principalement dans les cercles de Yélimané et de Ségala, zones régulièrement exposées à l’activité de groupes armés.

Selon le communiqué officiel, les forces terrestres maliennes ont localisé puis détruit plusieurs refuges terroristes, dont deux bases importantes situées dans la zone de Médina-Kayes. L’armée affirme qu’une quarantaine de combattants ennemis ont été tués au cours de l’opération, parmi lesquels un chef présenté comme influent.

Libération d’otages et saisies d’équipements

L’un des résultats majeurs de l’opération reste la libération de 12 otages, auparavant détenus par des groupes armés. Pris en charge par les FAMa, ces derniers ont été soumis à des examens médicaux avant leur retour auprès de leurs familles.

Les militaires ont également mis la main sur un important stock de matériel : armes, munitions, radios de communication de type TYT, drones à usage kamikaze, ainsi que plus de 3 000 litres de carburant. Des biens présentés comme volés aux populations locales ont également été récupérés.

Véhicules retrouvés et restitution en cours

Par ailleurs, trois véhicules, dont un bus appartenant à la compagnie SONEF, ont été retrouvés. Ils ont été acheminés vers la ville de Kayes en vue de leur restitution à leurs propriétaires.

Dans son communiqué, l’état-major a salué « la détermination et la bravoure » des unités engagées, tout en réaffirmant sa volonté de poursuivre les opérations sur l’ensemble du territoire national.

« Aucun groupe armé n’échappera à notre action tant qu’il portera des armes sur le territoire national », assure l’armée malienne, dans un message destiné à rassurer les populations.

Dans un contexte régional marqué par la recomposition des alliances sécuritaires au Sahel, les autorités de Mali démontrent ainsi leur capacité à contenir la menace et à rétablir l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire.

A.D

22 mars 2026 0 comments
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Mikailou Cisse professeur de philosophie au secondaire au Mali. 1
Opinion

Repenser la paix dans un monde en conflit

by Mikailou Cissé 21 mars 2026
written by Mikailou Cissé 3 minutes read

Dans cette réflexion dense, Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au lycée au Mali, propose une lecture critique de la guerre contemporaine. Au-delà du simple affrontement militaire, il analyse ses effets systémiques sur les sociétés, ses mutations stratégiques et la confusion croissante entre guerre et terrorisme dans un ordre international en recomposition.

La guerre est avant tout une perturbation majeure de l’ordre social à grande échelle. Au-dessous d’un certain seuil d’intensité et d’extension, elle se réduit à un conflit localisé ou à une opération militaire ponctuelle. Elle provoque une reconfiguration profonde des organisations sociales, touchant la production socio-économique, la démographie et les mécanismes institutionnels de préservation de la vie humaine.

Un phénomène total aux effets systémiques

Phénomène total, la guerre mobilise les États sur la scène internationale, tout en se déployant à l’intérieur des frontières ou dans des espaces transfrontaliers. Elle restructure les priorités collectives : certains secteurs économiques s’intensifient, d’autres s’effondrent durablement. La natalité chute, tandis que la mortalité explose dans un contexte de violence qui nie la vie humaine sous divers aspects.

Loin de se limiter au militaire, l’état de guerre devient une catégorie politique qui façonne les représentations et les pratiques sociales à travers les médias et les stratégies communicationnelles. Les États mènent ainsi une lutte simultanée pour l’exclusivité de la violence, dans laquelle la conquête, la production et le contrôle de l’énergie constituent des enjeux centraux.

La guerre comme construction politique et médiatique

La qualification de « guerre » dépend largement des discours publics, qui en amplifient la portée dans la conscience collective afin d’en faire accepter ou rejeter les principes et objectifs. Elle oppose des systèmes politiques dans un espace médiatico-politique de gouvernance, où les intérêts sont à la fois interdépendants et contradictoires.

Cette dynamique s’étend aux domaines économiques, énergétiques et stratégiques, donnant à certains conflits une dimension globale, comme au Moyen-Orient.

La « guerre contre le terrorisme » illustre cette mutation profonde. Elle oppose les États à des entités étatiques ou non étatiques, structurées et engagées dans la contestation de l’ordre politique et militaire. Ces conflits bouleversent la vie sociale à toutes les échelles.

Les civils, pourtant protégés en théorie par les conventions internationales, en sont les premières victimes. Des régions comme le Liban, la Cisjordanie ou la bande de Gaza témoignent de bouleversements démographiques profonds, liés à des logiques de guerre prolongée.

Ambiguïtés et instrumentalisation du terrorisme

Paradoxalement, les méthodes terroristes ne sont pas l’apanage des groupes non étatiques. Certains États y recourent également, tout en disqualifiant leurs adversaires sous cette même étiquette. Cette ambiguïté est particulièrement visible au Moyen-Orient, où la communauté internationale demeure souvent silencieuse face aux déplacements forcés de populations.

En Afrique sahélienne, en pleine recomposition, ces dynamiques prennent la forme de criminalité organisée, de prédation économique et de rivalités géopolitiques imbriquées à des conflits locaux. Les zones riches en ressources deviennent ainsi des foyers de confrontation, exacerbant l’instabilité et fragilisant les sociétés.

La frontière incertaine entre guerre et terrorisme

Cette extension de la guerre aux domaines vitaux pose une question centrale : où se situe la frontière entre guerre et terrorisme ? Toute action perturbant durablement la vie sociale et instaurant un climat de terreur relève d’une logique terroriste.

Les critères incluent notamment l’usage intentionnel de la violence contre des civils, les attaques contre les institutions étatiques et la volonté de produire un effet psychologique de peur collective au service d’objectifs politiques. Ces éléments devraient constituer le socle de toute qualification juridique du terrorisme.

Repenser la paix comme exigence universelle

En définitive, repenser la paix et la guerre sur des principes universels contraignants apparaît comme une exigence humaine et morale. La paix ne saurait se réduire à l’absence de guerre, mais doit être conçue comme une régulation juste des relations humaines.

Toute violence dirigée contre les civils disqualifie son auteur comme acteur de paix, quel que soit son statut. Elle lui retire toute légitimité politique et l’inscrit dans le registre de la criminalité absolue : le terrorisme.

Mikaïlou Cissé

21 mars 2026 0 comments
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