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Féminicide
A la Une

Les ombres assassines : Le combat invisible contre le féminicide au Mali

by Sahel Tribune 2 mars 2024
written by Sahel Tribune 8 minutes read

Au Mali, le féminicide est devenu un fléau insidieux qui se propage, laissant derrière lui un lourd tribut de vies détruites et de familles brisées. Malgré les efforts des organisations et des militants, le combat pour mettre fin à cette violence meurtrière est loin d’être gagné.

Dans les rues animées des villes maliennes et dans les paisibles villages ruraux, des femmes et des filles sont confrontées à une réalité terrifiante : celle du féminicide, une forme extrême de violence basée sur le genre. Entre récits de survie poignants et appels désespérés à l’action, le Mali se trouve à la croisée des chemins, confronté à un défi urgent et vital : protéger ses femmes et mettre un terme à cette spirale de terreur domestique.

Les violences conjugales persistent depuis des années. Le mode de fonctionnement, la religion et la culture du pays, ainsi que les différentes ethnies, contribuent à maintenir une société patriarcale dominée par les hommes.

Bien que certaines personnes considèrent les efforts des associations féminines comme un simple gagne-pain ou une imposition des institutions internationales, la réalité est que sans un cadre juridique adéquat, les VBG continueront à prospérer dans notre société, avec une augmentation des scènes d’atrocités.

Au Mali, les chiffres sont encore plus alarmants. Selon le système d’information sur les violences basées sur le genre (GBVIMS), les cas de violence basée sur le genre (VBG) signalés ont augmenté de 49 % en 2022 par rapport à 2021, 98 % concernant des femmes et des filles. Toujours selon le même rapport du Système de Gestion d’Information liée aux VBG de l’UNFPA, le Mali a enregistré en 2022, 14 264 cas de VBG.

La vie de Assitan Sow sauvée par ses enfants

De plus, 14 % des personnes survivantes sont des femmes et des filles en situation de handicap. Une analyse des données secondaires provenant des centres de santé, y compris les One Stop Centers, confirme cette réalité atroce, illustrée par le cas de Assitan Sow, une jeune femme handicapée vivant à Ségou. Elle se souvient du soir où elle a échappé à son mari qui voulait mettre fin à sa vie. « J’étais mariée à un homme physiquement normal, contrairement à moi, qui abusait de mon handicap car il dépendait de moi. Après un an de mariage, il m’a annoncé qu’il voulait convoler en seconde noces et m’a demandé de lui prêter de l’argent pour son mariage, sous prétexte que mon handicap l’empêchait d’être satisfait en tant que mari », confie la jeune dame souffrant d’un handicap.

Le refus d’Assitan Sow a entraîné des coups de fouet de la part de son mari, qui a également volé son argent. Mais les choses ont empiré : « Un soir, il a pris un couteau. Tout le monde dormait. Il a essayé de me blesser pour prendre mon argent. Je me suis défendue mais il était plus fort que moi et m’a poignardé dans le dos. J’ai crié », affirme la jeune femme dont la vie a été sauvée par ses enfants, venus à son secours. Cette situation a finalement conduit au divorce, mais Assitan Sow vit encore avec les séquelles de ses blessures au dos.

Le cas d’Assitan est malheureusement courant. Après avoir échangé avec d’autres personnes handicapées, elles déclarent que leurs cas sont ignorés et minimisés, et qu’elles souffrent en silence.

Un coup de pilon sur la tête après un mariage forcé

La plupart des femmes victimes de violences conjugales n’osent pas dénoncer ces crimes, par peur de leur famille, de la communauté ou par crainte de déshonorer leur famille, entre autres raisons.

Considérant l’ampleur du problème, une femme anonyme originaire d’un village près de Ségou a partagé son témoignage. « J’ai été mariée de force à l’aîné de mon cousin par ma tante (la sœur de mon père) qui était en exil. À son retour, il m’a montré qu’il ne m’aimait pas et qu’il avait déjà une relation avec une femme européenne. Mais ma tante a insisté et le mariage a été célébré sans mon consentement », a-t-elle confié.

Après le mariage, deux mois se sont écoulés sans intimité entre le couple. La jeune femme a été rejetée par sa tante à cause des commentaires négatifs de son mari. « J’ai expliqué ma situation à mes parents. Ils m’ont dit que je n’étais plus leur enfant car ils m’avaient donnée à la sœur de mon père dès ma naissance, et qu’ils ne pouvaient rien faire pour moi. Ma mère, une femme conservatrice, n’a pas pu non plus m’aider », explique-t-elle.

Sans soutien, elle a décidé de rester dans son foyer malgré les abus de son mari et de sa tante. Elle n’avait nulle part où aller car son père lui avait interdit de retourner chez lui, affirmant qu’elle appartenait désormais à sa sœur. Mais le pire était à venir. Son mari, avec la complicité d’une de ses nièces, a tenté de la réduire au silence pour toujours. « Un jour, pendant que nous pilions le mil avec d’autres femmes, sa nièce est venue nous aider. Alors que nous pilions ensemble, elle m’a soudainement frappée à la tête avec un pilon. Le sang a jailli et j’ai perdu connaissance », raconte-t-elle. Après cet incident, malgré le rejet de son père, elle est retournée chez lui, mettant ainsi fin à son mariage forcé.

Bastonnée à mort alors qu’elle était enceinte

Le féminicide est devenu courant dans notre pays ces dernières années, en particulier les actes d’assassinat de conjointes. De nombreuses associations féminines dénoncent ces actes odieux où les femmes sont poignardées, étranglées ou égorgées par leur mari.

Le cas d’une femme qui a échappé à la mort illustre cette réalité. Après des années de mariage paisible, le comportement du mari de Binta T. a changé après une fête à Markala. « Après cette fête, le malheur de Binta T. a commencé. Elle a été battue à coups de fouet, de bâtons et d’objets tranchants. La jeune femme a informé sa famille de la situation mais on lui a demandé de rester dans son foyer par respect pour la tradition. Son mari répétait souvent qu’un jour, il lui écraserait la tête. Malgré ces menaces répétées et brutales, elle est restée. Des années plus tard, après une dispute, son mari a pris une brique et lui a écrasé la tête. Binta est décédée de ses blessures », raconte Keïta Alty Diallo, Coordinatrice du Réseau des Jeunes Femmes Leaders du Mali, REJEFO.

En 2021, environ 45 000 femmes et filles à travers le monde ont été tuées par leur conjoint, partenaire ou d’autres membres de leur famille selon l’ONU. Cela illustre le cas d’une femme au foyer d’une trentaine d’années, dont l’histoire nous est racontée par Alty Keïta, militante de la cause féminine à Ségou.

Il s’agit de Koro D., une femme mariée à un homme polygame, un mécanicien à Ségou. Selon Alty, l’homme maltraitait ses deux femmes, qui cohabitaient ensemble et ne sortaient pas à cause de sa jalousie. Il s’occupait même du marché. K. D. était la deuxième épouse. Pendant sa grossesse, son mari la battait jusqu’au sang, entraînant la perte de son premier enfant. La même chose s’est produite lors de sa deuxième grossesse. Sa famille lui a conseillé de quitter son foyer, mais elle a refusé par peur de son mari, qui la menaçait de la tuer, elle et sa première épouse, si elles partaient.

Durant sa troisième grossesse, K. D. est retournée chez sa famille avec sa mère pour accoucher. Malheureusement, il était trop tard pour sauver l’enfant et sa mère, qui avaient été victimes d’une autre violente attaque de son mari. Traumatisée, elle n’arrêtait pas de mentionner le nom de son mari à l’hôpital, rappelant ses violences à chaque grossesse. Quelques heures plus tard, elle est décédée, entraînant la mort de son enfant à naître en raison de complications liées à la grossesse. La famille de la défunte a pris en charge les frais funéraires, sans porter plainte contre le mari.

Les autorités sont interpelées

Face au nombre croissant de survivantes de féminicide, les organisations de la société civile appellent les autorités compétentes à mettre en place un cadre juridique et institutionnel solide pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles, ainsi qu’à sensibiliser le public à ce fléau.

« Je demande au président du Conseil National de la Transition de prendre des mesures sévères contre ceux qui mettent fin à la vie de leur conjoint. La loi doit être impitoyable envers ceux qui ôtent une vie, en particulier celle de leur conjoint », exhorte Alty Diallo, le cœur meurtri.

Tall Kadidia Karim Diarra, Coordinatrice régionale du réseau national des Jeunes Filles et Femmes Rurales du Mali, RENAJFFERM, plaide également en faveur d’un cadre juridique pour punir les maris violents. « Tuer une femme, c’est contribuer à la destruction de l’humanité. Protéger les femmes contre toutes les formes de violences basées sur le genre, c’est contribuer à la sauvegarde de l’humanité », souligne-t-elle, appelant les autorités à mettre en place et à appliquer rigoureusement une loi pour punir les auteurs de féminicide.

Face au nombre croissant de survivantes et de victimes de féminicide, combien de temps faudra-t-il encore attendre pour l’adoption et l’application d’une loi ? L’urgence est clairement manifeste.

En attendant, des femmes continuent de mourir et les autorités sont interpelées !

Fatoumata Z. Coulibaly, correspondante à Ségou

2 mars 2024 0 comments
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Faculte des Lettres et des Sciences humaines de Bamako
A la Une

Violence sur les Campus : exclusion définitive d’étudiants à l’USSGB

by Bakary FOMBA 2 mars 2024
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

Dans un communiqué officiel émis par le Recteur par intérim de l’Université des Sciences sociales et de Gestion de Bamako (USSGB), en date du 27 février 2024, une décision sans appel a été prise concernant l’exclusion définitive de certains étudiants de l’Institut Universitaire de Gestion (IUG).

Cet arrêt, basé sur des fondements légaux incluant la Constitution et des décrets gouvernementaux, fait suite à une réunion de la commission de discipline de l’USSGB tenue le 25 janvier 2024. La décision rendue entérine l’exclusion définitive des étudiants dont les noms ont été mentionnés, pour des actes jugés incompatibles avec la conduite attendue d’un membre de l’institution.

Parmi les sanctions prononcées, on compte notamment l’exclusion définitive de plusieurs étudiants, dont Boubacar Coulibaly, Diatrou Diarra, Abdoulaye Traoré, Siré Lohan Dioni, et Mademoiselle Siraboula Kanté. Aussi il faut noter une interdiction formelle d’accès aux locaux de leur établissement respectif. 

Suspension des activités de l’AEEM au niveau secondaire 

Les motifs invoqués pour cette exclusion comprennent la découverte d’armes à feu et d’objets dangereux dans les locaux universitaires, ainsi que des comportements violents sur le campus universitaire de Badalabougou au cours de l’année précédente.

Parallèlement à ces mesures disciplinaires, une suspension des comités syndicaux au niveau des établissements secondaires a été annoncée, par le ministre de l’Éducation nationale, dans un communiqué en date du 1er mars 2024. Des incidents violents impliquant l’utilisation d’armes à feu lors du renouvèlement des Comités de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) dans plusieurs lycées, dont le lycée Ba Aminata Diallo, le lycée Askia Mohamed, le lycée technique de Bamako et le lycée Kalilou Fofana de Bougouni, ont motivé cette décision.

Le ministère de l’Éducation nationale a exprimé une « vive préoccupation face à ces évènements », soulignant l’importance d’un environnement d’apprentissage sûr et propice. Par conséquent, les activités de l’AEEM des établissements de l’enseignement secondaire sont suspendues jusqu’à nouvel ordre, afin de protéger le personnel enseignant et les apprenants des perturbations liées à la violence.

Pacification de l’espace universitaire 

Cette série de mesures, bien que controversée, fait suite à la suspension des activités de l’AEEM, le 28 février dernier par le ministre de l’Éducation nationale. Cela après des cas de violences avérés. 

Ces différentes mesures du gouvernement malien témoignent des efforts déployés pour maintenir l’ordre et la sécurité au sein des institutions éducatives du Mali, dans un contexte marqué par des défis persistants en matière de discipline et de gestion des conflits.

Depuis quelques années, les autorités maliennes travaillent à la pacification de l’espace universitaire à travers plusieurs parmi lesquels l’installation de poste de police, mais aussi des patrouilles. Malgré tout, la violence continue d’avoir la peau dure dans cet espace. 

Bakary Fomba

2 mars 2024 0 comments
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Mise en place des membres du Comité de pilotage du Dialogue inter-maliens.
Exclusif

Dialogue inter-malien : clôture de l’atelier préparatoire

by Sahel Tribune 2 mars 2024
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Dans un contexte marqué par des années de conflits internes et d’instabilité politique, la clôture de l’atelier préparatoire au dialogue inter-Maliens représente un moment crucial dans la quête de paix et de réconciliation nationale. Malgré les défis persistants et les ombres qui planent sur l’invitation des acteurs clés, l’espoir demeure que cet effort collectif ouvre la voie à un avenir plus pacifique et stable pour le Mali.

Au Mali, une lueur d’espoir brille à l’horizon alors que le pays cherche à surmonter ses défis persistants en matière de conflits internes et de troubles socio-politiques. Une étape cruciale vient d’être franchie avec la clôture officielle de l’atelier de quatre jours sur les préparatifs du futur dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation.

L’événement, qui a vu la participation du Premier ministre Choguel Maïga et de plusieurs membres du gouvernement, a été marqué par l’adoption des termes de référence du dialogue par les quelque 350 participants. Ces termes de référence, bien que sujets à quelques ajustements mineurs, ont été validés à l’unanimité, reflétant ainsi un consensus solide.

Le dialogue inter-Maliens, qui s’étalera sur un mois, sera structuré en quatre étapes à différents niveaux, culminant avec un rassemblement national de cinq jours. Ces discussions se pencheront sur des questions cruciales telles que la paix, la réconciliation nationale, les institutions, l’économie, la sécurité et la géopolitique.

Les recommandations du dialogue seront mises en œuvre

Cependant, une ombre plane sur cet effort de réconciliation alors que les rebelles du CSP, signataires de l’accord de paix de 2015, n’ont pas été conviés. Cette exclusion soulève des inquiétudes quant à la capacité du dialogue à réellement résoudre les conflits en cours.

Malgré ces défis, certains participants expriment un optimisme prudent. L’implication des déplacés et des réfugiés, en particulier, est perçue comme un élément clé pour trouver des solutions durables. Pour beaucoup, cependant, il reste un sentiment de déjà-vu, avec des consultations nationales antérieures ayant donné lieu à peu de changements concrets.

Néanmoins, l’espoir persiste que cette fois-ci, les recommandations émanant du dialogue seront effectivement mises en œuvre. C’est dans cette application concrète que réside peut-être la véritable différence cette fois-ci.

Alors que le Mali se tourne vers l’avenir, cet effort de dialogue représente un pas crucial vers la restauration de la paix et de la stabilité dans le pays. Seul le temps dira si ces aspirations se concrétiseront en des changements tangibles et durables pour le peuple malien.

Oumarou Fomba

2 mars 2024 0 comments
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Département d'Etat américain
Actu

La voix du peuple, ou celle des autres ? Le Mali face à l’ingérence étrangère

by Sahel Tribune 1 mars 2024
written by Sahel Tribune 2 minutes read

L’ingérence des États-Unis dans les affaires internes du Mali suscite une vive controverse, remettant en question le respect de la souveraineté nationale et des processus démocratiques autonomes.

Dans un communiqué du 29 février 2024 du département d’État américain, les autorités américaines ont exprimé leur « vive préoccupation » quant à la décision du gouvernement de transition malien de ne pas organiser d’élections en février 2024, comme convenu précédemment. Cette déclaration souligne une fois de plus l’ingérence flagrante des États-Unis dans les affaires internes du Mali, et suscite des interrogations quant au respect de la souveraineté nationale, du respect des choix stratégiques et du choix des partenariats opérés par le Mali, et la prise en compte des intérêts vitaux du peuple malien dans les décisions prises.

Ni influence ni pressions extérieures

Cette interpellation américaine est une « intrusion inacceptable » dans les affaires internes d’un pays souverain qui cherche à reconstruire son chemin vers la souveraineté, la paix et la prospérité. Le Mali, tout comme tout autre État, a le droit d’agir selon sa propre volonté et ses propres intérêts, sans subir de pressions extérieures.

Le gouvernement de transition malien avait annoncé le report des élections en septembre 2023, mais en raison de divers défis et enjeux internes, il n’a pas encore fourni de calendrier électoral actualisé. Cette décision a été prise dans le cadre d’un processus démocratique interne, et il est essentiel de respecter les délais nécessaires pour garantir des élections libres, équitables et crédibles.

Les États-Unis, tout en prétendant agir au nom de la démocratie et des droits de l’homme, devraient reconnaitre que chaque pays a ses propres réalités, ses propres défis et ses propres processus démocratiques. L’ingérence étrangère, sous quelque forme que ce soit, compromet la souveraineté nationale et entrave le processus de consolidation démocratique.

Il est donc impérieux que les autorités américaines respectent les principes fondamentaux du droit international, y compris le respect de la souveraineté des États. L’avenir démocratique du Mali doit être déterminé par les Maliens eux-mêmes, sans l’influence ni les pressions extérieures.

Oumarou Fomba

1 mars 2024 0 comments
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Macky Sall
Actu

Sénégal : Macky Sall sur le départ, l’incertitude politique s’installe

by Sahel Tribune 1 mars 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Alors que Macky Sall annonce son départ du pouvoir, le Sénégal s’engage dans une période d’incertitude politique aux enjeux cruciaux. Entre la date contestée des prochaines élections et les craintes liées à une transition fragile, le pays fait face à des défis majeurs qui interrogent son avenir démocratique.

La décision de Macky Sall de respecter la limite de son mandat présidentiel, prévue pour le 2 avril prochain, plonge le Sénégal dans un climat d’incertitude et de questionnements. Alors que la date des prochaines élections, fixée lors d’un dialogue national, suscite des controverses, le pays se prépare à une transition politique délicate, où les enjeux démocratiques et institutionnels sont plus que jamais au cœur des préoccupations.

Dans un contexte politique déjà marqué par des tensions et des incertitudes, la déclaration de Macky Sall selon laquelle il quittera le pouvoir à la fin de son mandat officiel le 2 avril prochain ajoute une nouvelle couche d’instabilité à la situation sénégalaise. Cette décision, bien que conforme à la constitution, plonge le pays dans une période de transition aux contours flous, où les risques de crispations et de conflits sont omniprésents.

Les doutes persistent

La question cruciale qui se pose désormais est de savoir si le Sénégal sera en mesure de surmonter les nombreux défis qui se dressent sur son chemin. La date des prochaines élections, fixée au 2 juin 2024 lors d’un dialogue national, suscite déjà des dissensions et des débats houleux au sein de la classe politique et de la société civile. Certains remettent en question la légitimité de cette date, arguant qu’elle a été imposée sans réel consensus ni consultation populaire. Dans ce contexte, la tenue d’élections démocratiques et transparentes semble compromise, ce qui risque de plonger le pays dans une crise politique profonde.

En cas de vacance du pouvoir, c’est le président de l’Assemblée nationale qui est appelé à assurer l’intérim. Cependant, la capacité de cette institution à assumer cette responsabilité dans un contexte aussi tendu est remise en question. Les doutes persistent quant à sa légitimité et à sa capacité à garantir la stabilité et la continuité de l’État.

Défendre la démocratie et préserver la paix sociale

Dans ce climat d’incertitude, l’avenir du Sénégal apparaît sombre. Les perspectives de développement et de prospérité semblent compromises par l’instabilité politique et les luttes de pouvoir. Le peuple sénégalais, qui a déjà fait preuve d’une grande résilience par le passé, retient son souffle face à cette nouvelle crise qui s’annonce. La peur de retomber dans les tumultes et les violences du passé est palpable, mais l’espoir demeure, alimenté par la volonté farouche du peuple sénégalais de défendre sa démocratie et de préserver la paix sociale.

Dans l’attente de jours meilleurs, le Sénégal se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins, confronté à des défis politiques et institutionnels majeurs. La manière dont le pays saura les surmonter déterminera son avenir et celui de ses citoyens. La vigilance, la solidarité et le dialogue seront essentiels pour sortir de cette période d’incertitude et de crise avec succès.

Oumarou Fomba 

1 mars 2024 0 comments
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A la Une

Le président de la Transition devant les médias : « La liberté de la presse est un acquis que nul ne pourrait mettre en cause au Mali »

by Chiencoro 1 mars 2024
written by Chiencoro 3 minutes read

Dans un contexte où la liberté de la presse est considérée comme un pilier fondamental de la démocratie, le président de la transition malienne, le colonel Assimi Goïta, a adressé un discours solennel lors de la cérémonie des vœux pour la nouvelle année 2024, le jeudi 29 février dernier. Soulignant l’importance cruciale des médias dans la construction d’une société juste et équitable, il a appelé à une appropriation profonde des défis sociopolitiques et géopolitiques pour une transition vers un avenir meilleur, tout en exprimant un soutien indéfectible envers les forces armées engagées dans la lutte contre le terrorisme.

Dans un discours empreint de vision et de détermination, le colonel Assimi Goïta a livré un message fort lors de la cérémonie des vœux pour la nouvelle année 2024, mettant en lumière l’essence de la liberté de la presse et l’impératif de saisir les enjeux cruciaux de la transition dans le pays. Devant la Haute autorité de la communication (HAC), de la Maison de la presse et du Comité national de l’Égal accès aux médias d’État (CNEAME), le président de la Transition a souligné l’importance de la liberté de la presse comme un acquis incontestable au Mali, soulignant que « le rôle des médias contribue à la construction d’une société juste et équitable. »

Libérer le Mali des pressions géopolitiques

« La liberté de la presse est un acquis que nul ne pourrait mettre en cause au Mali dans la mesure où le rôle des médias contribue à la construction d’une société juste et équitable », a-t-il souligné dans son allocution.

Toutefois, le président de la transition a également noté que « les professionnels des médias doivent être conscients du contexte sociopolitique, économique et géopolitique du Mali. » Il a souligné que c’est en tenant compte de ces facteurs que « l’exercice de leur profession atteindra une véritable noblesse. » Le colonel Goïta a exhorté les médias à s’approprier « les enjeux sous-jacents du combat mené par la transition, qui vise à libérer le Mali des pressions géopolitiques et à assainir la vie publique pour garantir un avenir meilleur aux générations futures, en accord avec les idéaux des pères fondateurs de la nation. »

Écrire « une nouvelle histoire »

Il a également mis en avant l’importance de « la narration de l’histoire », soulignant que « la valeur de celle-ci dépend de la version qui est présentée. » Ainsi, le président de la transition a encouragé à écrire « une nouvelle histoire basée sur une version propre, adaptée aux réalités du Mali. » Il a souligné le rôle crucial des médias comme « un levier puissant pour valider et ancrer cette version de la vérité. »

Le colonel Goïta a également appelé à s’opposer aux « attaques arbitraires dirigées contre le pays », soulignant l’importance de soutenir « l’armée malienne, engagée dans des opérations de lutte contre le terrorisme et de stabilisation du territoire national. » Il a exprimé sa reconnaissance envers « la bravoure et la détermination des soldats maliens », soulignant que « leurs efforts inlassables méritent le respect et la reconnaissance collective de la nation. »

Chiencoro Diarra 

1 mars 2024 0 comments
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Coopération Mali-Russie
Actu

Renforcement des liens russo-maliens

by Chiencoro 29 février 2024
written by Chiencoro 3 minutes read

Le 28 février, une rencontre diplomatique d’importance a eu lieu entre Sergey Lavrov, ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, et Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de la République du Mali, à Moscou. Cette réunion revêt une signification particulière dans le contexte du renforcement des relations entre les deux nations.

Les discussions entre les ministres ont couvert un large éventail de sujets visant à intensifier les liens historiquement amicaux entre la Russie et le Mali, les portant à un niveau qualitativement nouveau. L’accent a été mis sur l’engagement ferme des deux parties à élargir leur coopération dans divers domaines, conformément aux accords conclus lors de rencontres précédentes entre les dirigeants des deux pays.

L’assistance humanitaire fournie par la Russie

Parmi les points abordés, la promotion du partenariat commercial, économique et d’investissement, ainsi que les possibilités de coopération dans les domaines de l’énergie, de l’exploration géologique, du développement des ressources minérales et de l’infrastructure de transport ont été examinés en détail. De plus, des discussions ont eu lieu sur le domaine de l’éducation, soulignant l’importance de l’échange de connaissances et de l’expertise.

La gratitude a été exprimée du côté malien pour l’assistance humanitaire fournie par la Russie, notamment en termes d’approvisionnement en engrais, en blé et en produits pétroliers.

Sur le plan international, les ministres ont partagé leurs points de vue sur diverses questions cruciales telles que la réforme de l’ONU, le conflit israélo-palestinien, la situation au Yémen et la crise ukrainienne. Une convergence notable s’est dégagée quant à la réaffirmation de la solidarité face à l’opposition à l' »ordre fondé sur des règles » imposé par l' »Occident collectif » et les pratiques néocoloniales.

L’aide de la Russie pour renforcer les capacités de défense

Une position commune a également été exprimée en faveur d’un ordre mondial polycentrique plus juste, basé sur le respect du droit international et des principes de la Charte des Nations Unies. Les ministres ont souligné la nécessité de renforcer la coordination des actions dans le cadre des Nations Unies et d’autres forums multilatéraux.

Un accent particulier a été mis sur les défis sécuritaires en Afrique, en particulier dans la région du Sahel. Les ministres ont souligné l’importance de résoudre les conflits et de lutter contre le terrorisme par des moyens politiques et diplomatiques, avec un soutien accru de la communauté internationale.

En ce qui concerne le Mali, une attention particulière a été accordée à la situation sécuritaire, et l’aide de la Russie pour renforcer les capacités de défense du pays a été saluée. L’établissement de l’Alliance des États du Sahel a été souligné comme un pas important dans la sécurisation de la région et la lutte contre le terrorisme.

En conclusion, la rencontre entre Sergey Lavrov et Abdoulaye Diop reflète l’engagement mutuel à renforcer les liens bilatéraux et à œuvrer ensemble pour la stabilité régionale et mondiale.

Chiencoro Diarra

29 février 2024 0 comments
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