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Labélisation du bogolan
A la UneSeko ni Donko

Le bogolan entre dans la cour des grands

by Chiencoro 16 avril 2026
written by Chiencoro 3 minutes read

Le bogolan malien franchit un cap historique. Désormais reconnu en Indication Géographique Protégée (IGP), ce textile ancestral accède à une protection juridique internationale et à une valorisation économique accrue. Une avancée majeure pour le patrimoine culturel et artisanal du Mali.

C’est dans le cadre prestigieux de l’hôtel Radisson Collection de Bamako que s’est tenue, ce jeudi 16 avril 2026, la cérémonie officielle de remise du certificat d’enregistrement du bogolan en Indication Géographique Protégée (IGP). Présidée par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, la rencontre a rassemblé plusieurs membres du gouvernement, dont Mamou Daffé, ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, ainsi que le Pr Bouréma Kansaye, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Labélisation du bogolan au Mali
𝐂𝐄𝐑𝐄𝐌𝐎𝐍𝐈𝐄 𝐎𝐅𝐅𝐈𝐂𝐈𝐄𝐋𝐋𝐄 𝐃𝐄 𝐑𝐄𝐌𝐈𝐒𝐄 𝐃𝐔 𝐂𝐄𝐑𝐓𝐈𝐅𝐈𝐂𝐀𝐓 𝐃’𝐄𝐍𝐑𝐄𝐆𝐈𝐒𝐓𝐑𝐄𝐌𝐄𝐍𝐓 𝐃𝐔 𝐁𝐎𝐆𝐎𝐋𝐀𝐍 𝐄𝐍 𝐈𝐍𝐃𝐈𝐂𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐆𝐄𝐎𝐆𝐑𝐀𝐏𝐇𝐈𝐐𝐔𝐄 𝐏𝐑𝐎𝐓𝐄𝐆𝐄𝐄 , le 16 avril 2026. ©𝐂𝐂𝐎𝐌-𝐌𝐀𝐂𝐈𝐇𝐓 .

À leurs côtés, le directeur général de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), Denis Loukou Bohoussou, des autorités locales et de nombreux acteurs du secteur artisanal ont assisté à cet événement, qualifié d’étape décisive pour la reconnaissance du patrimoine textile malien.

Une reconnaissance historique pour un savoir-faire ancestral

Fruit d’un long processus porté par le Centre de Développement de l’Artisanat Textile (CDAT) et le Centre Malien de Promotion de la Propriété Intellectuelle (CEMAPI), avec l’appui du regroupement Bôgô Danbé, la labellisation du bogolan consacre officiellement l’authenticité et l’ancrage territorial de ce tissu emblématique.

Au-delà du symbole, cette reconnaissance confère au bogolan une protection juridique à l’échelle internationale, le prémunissant contre les imitations et la banalisation. Elle ouvre également des perspectives économiques importantes pour les artisans, en renforçant la valeur ajoutée du produit sur les marchés nationaux et internationaux.

Le ministre Moussa Alassane Diallo a souligné que cette labellisation « consacre le caractère unique du bogolan et lui garantit une reconnaissance économique et culturelle durable », inscrivant cette démarche dans une politique plus large de valorisation des produits du terroir.

Cérémonie de remise de la certification du bogolan
Les participants à la 𝐂𝐄𝐑𝐄𝐌𝐎𝐍𝐈𝐄 𝐎𝐅𝐅𝐈𝐂𝐈𝐄𝐋𝐋𝐄 𝐃𝐄 𝐑𝐄𝐌𝐈𝐒𝐄 𝐃𝐔 𝐂𝐄𝐑𝐓𝐈𝐅𝐈𝐂𝐀𝐓 𝐃’𝐄𝐍𝐑𝐄𝐆𝐈𝐒𝐓𝐑𝐄𝐌𝐄𝐍𝐓 𝐃𝐔 𝐁𝐎𝐆𝐎𝐋𝐀𝐍 𝐄𝐍 𝐈𝐍𝐃𝐈𝐂𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐆𝐄𝐎𝐆𝐑𝐀𝐏𝐇𝐈𝐐𝐔𝐄 𝐏𝐑𝐎𝐓𝐄𝐆𝐄𝐄 , le 16 avril 2026. ©𝐂𝐂𝐎𝐌-𝐌𝐀𝐂𝐈𝐇𝐓 .

Une deuxième IGP pour le Mali

Avec le bogolan, le Mali enregistre sa deuxième Indication Géographique Protégée, après l’échalote de Bandiagara. Une progression qui témoigne de la volonté des autorités de structurer davantage les filières locales et de renforcer leur compétitivité.

Lors de la cérémonie, le logo officiel de l’IGP a été remis au directeur du CEMAPI, chargé d’en encadrer l’usage, tandis que le certificat a été officiellement transmis au président du regroupement Bôgô Danbé, principal bénéficiaire de cette reconnaissance.

Une victoire culturelle et économique

Pour le ministre Mamou Daffé, cette labellisation dépasse le simple cadre administratif. « C’est une victoire pour la culture malienne, pour l’économie nationale et pour notre identité », a-t-il affirmé, saluant l’engagement des acteurs impliqués dans ce processus.

Le bogolan, bien plus qu’un tissu, incarne en effet une mémoire vivante, un langage esthétique et un marqueur identitaire fort des communautés maliennes. Sa reconnaissance en IGP vient ainsi consolider sa place dans le patrimoine national, tout en lui offrant une nouvelle visibilité à l’international.

À travers cette avancée, le Mali confirme sa volonté de faire de la culture et de l’artisanat des leviers de développement, en conjuguant tradition et modernité pour mieux valoriser ses richesses endogènes.

Chiencoro Diarra 

16 avril 2026 0 comments
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Remise du rapport de la Commission de négociation et de renégociation
A la UneÉconomie

Mali : la croissance tient bon malgré les turbulences

by Sahel Tribune 16 avril 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Portée par une reprise progressive de l’activité, l’économie malienne affiche des perspectives de croissance solides à l’horizon 2026-2027. Dans un contexte régional marqué par de fortes disparités, le Mali se distingue face à ses voisins immédiats, entre résilience économique, contraintes sécuritaires et recompositions structurelles.

Selon les dernières projections macroéconomiques du Fonds monétaire international (FMI), le Mali devrait enregistrer une croissance du PIB réel de 4,9 % en 2025, avant d’atteindre 5,5 % en 2026 et 5,7 % en 2027. Une trajectoire ascendante qui tranche avec les incertitudes persistantes dans plusieurs économies voisines.

Cette dynamique repose notamment sur la relance progressive de l’activité agricole, la stabilisation relative de certains circuits économiques et les efforts engagés pour renforcer les recettes internes. Elle intervient cependant dans un environnement contraint, marqué par des défis sécuritaires, énergétiques et climatiques.

Perspectives économiques en Afrique subsaharienne
Prévisions économiques: Afrique subsaharienne
(Croissance du PIB réel et prix à la consommation).
Source: FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale, avril 2026.
Note: Les données pour l’Érythrée sont exclues en raison des contraintes liées à la déclaration des données.

Des voisins aux trajectoires contrastées

Dans l’espace sahélien et ouest-africain, les performances économiques restent hétérogènes.

Le Niger, malgré un niveau de croissance élevé estimé à 6,9 % en 2025, devrait connaître un léger ralentissement à 6,7 % en 2026 puis 6,5 % en 2027, traduisant des ajustements économiques dans un contexte politique en mutation.

Le Burkina Faso, confronté à des défis sécuritaires similaires à ceux du Mali, affiche une croissance relativement stable mais modérée, autour de 5 %, avec une légère érosion à moyen terme (4,8 % en 2027).

Plus à l’ouest, la Côte d’Ivoire confirme sa position de locomotive économique régionale, avec une croissance robuste, oscillant entre 6,2 % et 6,5 %, portée par des investissements soutenus et une diversification économique avancée.

À l’inverse, certains pays connaissent des dynamiques plus fragiles. La Guinée affiche une forte accélération attendue (8,7 % en 2026 et 9,3 % en 2027), tandis que le Sénégal pourrait enregistrer un ralentissement marqué après un pic à 7,9 % en 2025, chutant à 2,2 % en 2026, reflet d’ajustements liés à l’exploitation des ressources énergétiques.

Une résilience dans un contexte sous pression

Comparé à ses voisins immédiats, le Mali se positionne dans une zone intermédiaire. Il demeure moins dynamique que les économies en forte expansion comme la Guinée. Mais plus stable que celles confrontées à des fluctuations brutales.

Cette résilience s’explique en partie par une stratégie axée sur la consolidation des fondamentaux économiques, malgré des contraintes importantes : insécurité persistante, pression sur les finances publiques, vulnérabilité aux chocs climatiques et dépendance énergétique.

Le FMI souligne d’ailleurs que les économies sahéliennes restent exposées à des risques structurels, notamment les effets du changement climatique, les tensions géopolitiques et la réduction de l’aide internationale.

Le Sahel dans une recomposition économique

Au-delà des chiffres, ces projections traduisent une recomposition plus large de l’espace sahélien. Les pays de la région, dont le Mali, le Burkina Faso et le Niger, entendent renforcer leur souveraineté économique tout en diversifiant leurs partenariats.

Dans ce contexte, la croissance malienne demeure un indicateur de stabilisation relative, mais aussi un levier stratégique pour accompagner les ambitions de transformation économique et institutionnelle. 

Si les perspectives sont encourageantes, elles restent conditionnées à plusieurs facteurs clés : la maîtrise des dépenses publiques, l’amélioration de la gouvernance économique, la relance du secteur énergétique, et la sécurisation durable du territoire.

À moyen terme, le défi pour le Mali sera de transformer cette croissance en développement inclusif, capable de répondre aux attentes sociales tout en consolidant la stabilité macroéconomique.

Un positionnement à consolider

Dans une Afrique subsaharienne où la croissance moyenne devrait se situer autour de 4,3 % en 2026, le Mali se positionne légèrement au-dessus de la moyenne régionale. Un signal positif, qui traduit une capacité de résistance, mais aussi une nécessité d’accélérer les réformes pour maintenir cet élan.

Au cœur d’un Sahel en mutation, le Mali avance ainsi sur une ligne de crête : entre résilience économique, affirmation stratégique et impératif de transformation durable.

A.D

16 avril 2026 0 comments
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Le Ministre Daffé au lancement du programme CultureAct 1
ActuSeko ni Donko

Lancement du programme CultureAct 1 : la culture au service du développement  

by Ibrahim Kalifa Djitteye 16 avril 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

La salle Balla Moussa Keïta du CICB a accueilli, ce mercredi 15 avril 2026, la cérémonie officielle de lancement du programme CultureAct 1. Présidée par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, en présence du chef de bureau de la Coopération suisse au Mali, Claude Wandeler, l’événement a réuni autorités, partenaires et acteurs culturels maliens.

Mis en œuvre dans le cadre de l’accord de projet signé le 9 juillet 2025 entre la République du Mali et la Confédération suisse, CultureAct 1 incarne un partenariat stratégique au service du secteur culturel. Il traduit une ambition partagée : faire de la culture un pilier du développement national, de la cohésion sociale et de la souveraineté culturelle, en s’appuyant sur une gouvernance inclusive et territorialisée.  

Des participiants au lancement du programme Culture Act 1
Des participants au lancement du programme CultureAct 1, le 15 avril 2026. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/ Sahel Tribune.

Un partenariat stratégique pour le secteur culturel

Le programme met en avant une vision claire : la culture doit être considérée comme un pilier central du développement national. Elle ne se limite pas à l’expression artistique, mais s’étend à la cohésion sociale, au dialogue citoyen et à la souveraineté culturelle. Cette orientation traduit la volonté du Mali et de la Suisse de placer la culture au cœur des politiques publiques et des dynamiques communautaires.  

CultureAct 1 se distingue par son ancrage territorial. Quatre zones prioritaires ont été retenues : Sikasso, Mopti, Tombouctou et le District de Bamako. Dans chacune de ces régions, des cadres de concertation ont été instaurés pour favoriser le dialogue entre collectivités, services techniques et organisations culturelles. Cette démarche vise à harmoniser les actions et à garantir une meilleure appropriation locale des initiatives.  

Ancrage territorial et concertation régionale

L’un des objectifs majeurs est de professionnaliser les acteurs culturels. Le programme prévoit des formations en gestion, planification et structuration entrepreneuriale. Il entend également soutenir la création et la diffusion artistique, en favorisant l’inclusion des femmes et des jeunes. Ces mesures visent à renforcer les industries culturelles et créatives, considérées comme des leviers de diversification économique et de rayonnement international.  

CultureAct 1 s’aligne sur les grandes orientations nationales, notamment la Politique culturelle 2025 et la Stratégie nationale de développement durable (SNEDD 2024-2033). En cohérence avec ces documents, il traduit en actes la volonté de décentraliser l’action culturelle et de promouvoir les initiatives locales comme fondement du développement territorial.  

Participants au lancement du programme CultureAct 1
Des participants au lancement du programme CultureAct 1, le 15 avril 2026. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/ Sahel Tribune.

Alignement avec les politiques nationales

Le budget alloué à cette première phase s’élève à 3,4 millions de francs suisses, soit environ 2,38 milliards de francs CFA. Cette enveloppe permettra de financer les projets régionaux, de consolider les mécanismes institutionnels et de mettre en place des comités techniques opérationnels. L’objectif est d’assurer la pérennité des actions et de créer un cadre favorable à l’émergence de nouveaux talents.  

CultureAct 1 incarne une dynamique de coopération internationale. La Suisse, à travers son bureau au Mali, réaffirme son engagement à soutenir la culture comme vecteur de paix et de développement. Cette collaboration illustre la confiance mutuelle entre les deux pays et leur volonté de bâtir des partenariats durables au service des populations.  

Une opportunité historique pour le Mali

Les participants à la cérémonie ont salué l’initiative comme une opportunité historique pour le secteur culturel malien. Ils ont souligné que la culture, en plus de son rôle identitaire, peut contribuer à la stabilité sociale et à la croissance économique. Le lancement de CultureAct 1 ouvre ainsi une nouvelle ère, où la créativité et l’innovation deviennent des moteurs de transformation et de cohésion nationale.  

CultureAct 1 se veut plus qu’un simple programme. C’est une vision partagée, un projet de société qui place la culture au centre des priorités nationales. En renforçant la gouvernance, en soutenant les initiatives locales et en valorisant les talents, il aspire à faire du Mali un modèle de développement culturel en Afrique. Ce lancement marque le début d’une aventure porteuse d’espoir et de fierté nationale.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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Mahazou dit Baba Cisset
A la UneSport

Assemblée Générale élective de la FEMAFOOT : un plébiscite clair pour Mahazou Baba Cisset  

by Ibrahim Kalifa Djitteye 16 avril 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

À l’issue de l’Assemblée générale élective de la Fédération Malienne de Football, tenue ce jeudi 16 avril 2026 à l’Hôtel de l’Amitié de Bamako, M. Mahazou Baba Cisset a été plébiscité à la tête de l’instance dirigeante du football malien. Sur 72 votants, 69 ont exprimé un « oui », une seule voix s’est prononcée contre et deux se sont abstenues. Ce résultat consacre son équipe pour conduire les destinées du football national durant quatre années.

Seul candidat en lice, Mahazou Baba Cisset est sorti largement victorieux de ce scrutin. Les délégués venus des ligues, clubs et associations professionnelles ont donné quitus à son équipe pour diriger la FEMAFOOT. Ce vote massif illustre la confiance placée en sa personne et en ses colistiers. Le mandat qui leur est confié s’inscrit dans une dynamique de renouveau et de consolidation institutionnelle pour le football malien.  

Un plébiscite clair pour une nouvelle orientation du football malien

Le scrutin s’est déroulé en présence des représentants de la FIFA, de la CAF et de l’UFOA-A. Leur mission était de superviser le processus et d’attester de sa régularité. La présence de ces instances internationales a renforcé la crédibilité du vote et donné une dimension continentale à cette élection. Les observateurs ont salué la transparence et la maturité des acteurs du football malien, qui ont démontré leur capacité à organiser un scrutin conforme aux standards.

À l’issue du vote, Mahazou Baba Cisset a tenu à remercier les acteurs du football et les autorités nationales pour l’honneur qui lui est fait d’être investi de cette mission exaltante. Il a exprimé sa gratitude envers ceux qui ont participé au scrutin et affirmé que cette confiance l’honore profondément. Ses propos ont traduit une reconnaissance sincère et une volonté de servir avec loyauté et engagement pour le football national.  

Une promesse de gouvernance transparente

Le nouveau président a déclaré mesurer pleinement l’ampleur de la responsabilité qui lui est confiée. Il s’est engagé à travailler avec détermination, transparence et engagement pour le développement du football malien. Ses mots ont résonné comme une promesse de gouvernance responsable et d’action concrète. Mahazou Baba Cisset a insisté sur la nécessité de bâtir une gestion exemplaire et de répondre aux attentes des délégués et des supporters.

Avec 69 voix sur 72, Mahazou Baba Cisset a été plébiscité par les délégués. Ce score traduit la confiance accordée à sa personne et à son équipe pour conduire la FEMAFOOT. Les deux abstentions et la voix contre n’ont pas entamé la force du mandat accordé. Le résultat est perçu comme une victoire nette et une démonstration de consensus autour de son leadership et de son projet.  

Une victoire nette qui ferme définitivement la page Bavieux

Le nouveau président a affirmé que cette confiance l’honore et lui donne une grande responsabilité à la tête de l’instance dirigeante du football national. Il a promis de travailler sans relâche pour répondre aux attentes des acteurs et des supporters. Sa déclaration traduit une conscience aiguë des enjeux et une volonté de bâtir une gouvernance exemplaire, fondée sur l’intégrité et la transparence, au service du football malien.

Cette élection ferme définitivement la page Mamoutou Touré dit Bavieux, ancien président de la FEMAFOOT. Le plébiscite de Mahazou Baba Cisset marque une rupture avec le passé et ouvre une nouvelle ère pour le football malien. Les délégués, en lui accordant une majorité écrasante, ont exprimé leur volonté de tourner la page des crises institutionnelles et de bâtir une gouvernance nouvelle, fondée sur l’unité et la confiance. 

Ouverture de voie à une nouvelle dynamique

Le scrutin, supervisé par les émissaires de la FIFA, de la CAF et de l’UFOA-A, a confirmé la légitimité de Mahazou Baba Cisset à la tête de la FEMAFOOT. Avec 69 voix, deux abstentions et une voix contre, il incarne désormais l’espoir d’un football malien uni et conquérant. Le Mali se prépare à écrire une nouvelle page de son histoire footballistique dans l’unité et la confiance.

L’élection de Mahazou Baba Cisset à la tête de la FEMAFOOT apparaît comme un tournant majeur. Le plébiscite dont il bénéficie lui confère une légitimité forte pour engager des réformes et impulser une dynamique nouvelle. La présence des instances internationales, la maturité des délégués et l’engagement affiché par le nouveau président dessinent les contours d’une gouvernance renouvelée. Le football malien s’inscrit désormais dans une perspective d’unité et de développement.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

16 avril 2026 0 comments
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Fonds monétaire international
ActuÉconomie

Le FMI débloque 129 millions de dollars pour soutenir le Mali face aux chocs économiques

by Chiencoro 16 avril 2026
written by Chiencoro 3 minutes read

Confronté à une série de crises — inondations, insécurité et tensions budgétaires — le Mali bénéficie d’un appui d’urgence du Fonds monétaire international. Ce décaissement de 129 millions de dollars, soit plus de 71 milliards 667 millions FCFA, s’accompagne d’un programme de réformes destiné à stabiliser l’économie et à renforcer la résilience du pays.

Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé, le 16 avril 2025, un décaissement immédiat de 129 millions de dollars, soit plus de 71 milliards 667 millions FCFA, en faveur du Mali, au titre du guichet choc exogène de la facilité de crédit rapide (FCR), indique l’institution dans un communiqué de presse rendu public sur son site. Cette enveloppe, équivalente à 93,3 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), vise à répondre aux besoins urgents de financement de la balance des paiements, fortement affectée par les inondations survenues en 2024.

Une économie sous pression multiple

Ces catastrophes naturelles ont lourdement endommagé les infrastructures, perturbé les services essentiels et fragilisé le secteur agricole, aggravant ainsi une insécurité alimentaire déjà préoccupante, indique le FMI. Elles interviennent dans un contexte marqué par des « défis sécuritaires persistants et des contraintes financières accrues ».

L’économie malienne traverse une période de « fortes turbulences ». Outre les inondations d’une ampleur exceptionnelle — comparables à des événements ne survenant qu’une fois tous les cinquante ans — le pays a subi une vague de chaleur intense, des « coupures d’électricité fréquentes » ainsi qu’un ralentissement de la production aurifère, pilier de ses exportations.

À ces facteurs s’ajoutent la « dégradation du contexte sécuritaire » et la réduction de l’aide publique au développement, qui accentuent la pression sur les finances publiques et la croissance économique.

Un programme de référence pour restaurer la stabilité

En complément de ce financement d’urgence, les autorités maliennes ont conclu avec le FMI un programme de référence d’une durée de onze mois. Ce cadre vise à renforcer la stabilité macroéconomique et à poser les bases d’une reprise durable.

Les engagements portent notamment sur l’amélioration de la gouvernance budgétaire, la transparence dans l’utilisation des fonds publics et le renforcement de la gestion des finances publiques. L’objectif est également de « restaurer la crédibilité » du pays auprès des partenaires internationaux et d’améliorer le climat des affaires.

Réformes structurelles et discipline budgétaire

Le programme prévoit une série de réformes destinées à consolider les finances publiques. Il s’agit notamment d’élargir l’assiette fiscale, de renforcer l’administration des recettes et des douanes, ainsi que d’améliorer l’efficacité des dépenses publiques.

Une attention particulière est accordée aux entreprises publiques, en particulier Énergie du Mali (EDM), dont la situation financière constitue un facteur de vulnérabilité. Le FMI insiste également sur la nécessité d’élaborer un plan transparent d’apurement des arriérés intérieurs et extérieurs.

Malgré ces contraintes, les autorités se sont engagées à préserver les investissements publics et à protéger les populations les plus vulnérables, explique le Fonds monétaire international, notamment à travers le renforcement des dispositifs de protection sociale.

Des perspectives sous surveillance

Selon le FMI, le risque de surendettement du Mali demeure modéré, bien que les incertitudes aient augmenté depuis 2023. La poursuite des réformes sera déterminante pour garantir la stabilité macroéconomique et soutenir la croissance à moyen terme.

« Le Mali a subi plusieurs chocs économiques majeurs en 2024 », a souligné le directeur général adjoint du FMI, insistant sur l’importance de maintenir la discipline budgétaire et de renforcer la gouvernance pour assurer une utilisation efficace des ressources.

Un soutien crucial dans un contexte incertain

Ce décaissement apparaît comme un levier essentiel pour permettre au Mali de faire face à ses besoins immédiats, notamment en matière d’importation de biens essentiels et de reconstruction des infrastructures.

Dans un environnement marqué par l’accumulation des crises, l’appui du FMI offre une bouffée d’oxygène à court terme, tout en posant les jalons d’un redressement économique conditionné à la mise en œuvre effective des réformes engagées.

Chiencoro Diarra 

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Le président francais Emmanuel Macron assiste depuis l'Elysée a Paris au sommet sur le climat organise par visioconference le 22 avril 2021
ActuAnalyses

Géopolitique : les raisons de l’obsession continue de la France pour le Sahel

by Sahel Tribune 16 avril 2026
written by Sahel Tribune 8 minutes read

Malgré le retrait de ses troupes du Mali, du Burkina Faso et du Niger, Paris continue de suivre de près les recompositions politiques et sécuritaires de la région. Entre lutte antiterroriste, rivalités géopolitiques et héritage postcolonial, le Sahel demeure pour la France un enjeu stratégique majeur.

Plus d’une décennie après le lancement de l’opération Serval puis de l’opération Barkhane, la France continue d’accorder une attention particulière au Sahel, bien qu’elle ait été poussée à la sortie par les autorités dirigeantes des pays du sahel — le Mali, le Niger et le Burkina Faso, qui se sont retirés de la CEDEAO et ont formé la confédération des États du Sahel (AES) en juillet 2024. 

La région des trois frontières reste au cœur de la réflexion stratégique de la France, pour laquelle le Sahel demeure un espace clé dans la lutte contre les groupes terroriste liés à Al-Qaïda ou à l’État islamique, considérés comme une menace potentielle pour l’Europe.

La crainte d’une déstabilisation de l’Afrique de l’Ouest

Depuis 2013, Paris présente la bande sahélo-saharienne comme un « front avancé » contre le terrorisme international. Une lecture sécuritaire qui continue de structurer la politique française dans la région, même après la fin officielle de ses grandes opérations militaires, pour leur inefficacité sur ces sols africains et leur inadaptation aux enjeux des conflits qui menacent ces régions.

Pour les stratèges français, l’enjeu dépasse largement les frontières du Sahel. L’une des principales inquiétudes concerne l’extension des violences vers les pays du golfe de Guinée, notamment le Bénin, la Côte d’Ivoire ou le Ghana, dont la plupart —selon des experts sécuritaires de la région — constitueraient des bases-arrières pour les groupes terroristes. En effet, selon international Crisis group, bien que des attaques ne soient pas encore enregistrées sur le sol de ces pays du golfe, il faut comprendre que les terroristes sont bien présents puisqu’ils se retirent dans ces zones pour se reposer ou se soigner. Certains États auraient même signé des sortes de pacte de non-agression avec ces groupes afin de leur servir de refuge. 

Cette hypothèse d’une « contagion » terroriste transformerait une crise sahélienne en crise régionale majeure. C’est pourquoi Paris continuerait de soutenir, politiquement et diplomatiquement, les initiatives de coopération sécuritaire dans la région. Mais tout observateur averti sait que cette explication n’est que de la poudre de perlimpinpin. Car la réalité est bien tout autre. Il s’agit bien de la défense des intérêts particuliers de la France. 

Cependant, c’est cet aspect du terrorisme que la France d’Emmanuel Macron refuse de dire à la face du monde. Le terrorisme — au nom duquel elle tentait de maintenir les pays du sahel sous perfusion de façon éternelle — est bien une crise entretenue et soutenue par elle. Il ne s’agit point là d’une vilaine théorie du complot, mais plutôt l’exposition des dessous d’une diplomatie erronée depuis des années. La France jouait juste au pompier pyromane depuis tous ces temps passés au chevet des pays du sahel, qui ont réussi à se réveiller finalement de leur « sommeil dogmatique », dans laquelle la communauté internationale les avait maintenus prisonnier.  

Des intérêts économiques et énergétiques en jeu

Le Sahel représente également un enjeu économique non négligeable pour la France. Pendant longtemps, le Niger a été l’un des principaux fournisseurs d’uranium alimentant le parc nucléaire français. Même si les équilibres ont évolué ces dernières années, la sécurisation des ressources stratégiques et des investissements demeure un facteur important dans l’attention portée par Paris à la région.

Au-delà des matières premières, les entreprises françaises restent présentes dans plusieurs secteurs clés, notamment les infrastructures, les télécommunications ou encore les projets de développement.

La présence française dans ces États s’est souvent caractérisée, sur le plan économique, par une extraversion des richesses. Ce système a longtemps fait de ces pays de grands producteurs de matières premières, mais rarement des acteurs de leur transformation. Ainsi, plus ils produisent, plus ils semblent s’appauvrir et exprimer le besoin d’aide humanitaire. Paradoxalement, ces aides proviennent souvent des richesses qu’ils ont eux-mêmes produites, exportées à l’état brut, puis transformées ailleurs avant d’être réintroduites sous forme d’assistance ou revendues à un coût plus élevé. Cette dynamique explique aussi la multiplication des ONG, notamment françaises et de leurs partenaires, intervenant dans le domaine humanitaire pour porter assistance à des populations confrontées à une pauvreté que certains estiment structurellement entretenue. 

« Ils ont fait de nos pays des consommateurs et non des producteurs », déplorait le président malien de la transition, le général Assimi Goïta, tout en expliquant que leur engagement sur la voie de la souveraineté économique en vue de faire sortir le pays de cette spirale. Dans une interview accordée aux médias nationaux et internationaux à l’occasion du 1eranniversaire de la proclamation de la Révolution Progressiste Populaire (RPP), le 2 avril 2026, le président du Faso, le captaine Ibrahim Traoré exhortait les journalistes à une fouille sur les activités réeelles des ONG dans les pays du sahel. Aussi expliquait-il la raison fondamentale de la politique du consommé local et du soutien aux petites entreprises évoluant dans ce secteur. Le but est de diminuer les exportations tout en encourgeant la production locale.  

À ce propos, une réflexion de Platon vient à l’esprit, notamment sa célèbre métaphore du berger, utilisée pour définir la justice et le rôle du dirigeant. Selon le philosophe grec, le berger doit agir pour le bien de son troupeau et non pour son propre intérêt ; autrement, il cesse d’être un véritable berger pour devenir un simple mercenaire. Appliquée au contexte de notre réflexion, cette métaphore conduit à considérer que la présence française au Sahel a davantage servi les intérêts stratégiques de la France que ceux des États et des populations de la région.

Un héritage postcolonial difficile à dépasser

La dimension migratoire joue également un rôle central. Pour la France et l’Union européenne, la stabilité du Sahel est souvent associée à la gestion des flux migratoires vers l’Europe. Dans cette logique, la région est devenue un espace stratégique de coopération avec les États africains pour tenter de contrôler les routes migratoires reliant l’Afrique subsaharienne à la Méditerranée.

L’histoire pèse lourd dans la relation entre la France et le Sahel. Les pays comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger faisaient autrefois partie de l’empire colonial français. Cet héritage explique en partie la densité des liens militaires, linguistiques et économiques qui se sont maintenus après les indépendances.

Mais cette histoire nourrit aussi une défiance croissante. Dans plusieurs capitales sahéliennes, la présence française se traduit par la perpétuation d’une forme d’ingérence ou de néocolonialisme, hérités de la période coloniale, restent un sujet de débat depuis les indépendances des années 1960. Dans la vie politique de ces États, la main invisible de la France a longtemps été dénoncée, notamment lors de certains processus électoraux. 

De nombreux coups d’État survenus dans la région sont également attribués, par certains observateurs, à l’influence de Paris, accusé d’avoir soutenu ou facilité des changements de régime lorsque l’orientation politique de certains dirigeants ne correspondait plus à ses intérêts stratégiques. Cette perception renvoie à plusieurs épisodes de l’histoire politique africaine, notamment le renversement de Modibo Keïta au Mali en 1968, les tensions avec la Guinée de Sékou Touré après l’indépendance, ou encore l’intervention internationale en 2011 en Libye, qui s’est soldée par la mort de Mouammar Kadhafi.

Une rivalité géopolitique accrue

La présence française dans la région s’est également heurtée ces dernières années à la montée en puissance d’autres acteurs internationaux. La Russie, la Turquie ou encore la Chine renforcent leurs partenariats sécuritaires, économiques ou diplomatiques avec les États sahéliens. Pour Paris, cette recomposition géopolitique représente un défi majeur. La perte d’influence dans certains pays du Sahel est souvent analysée comme un recul stratégique.

Le Sahel est aussi devenu un enjeu de crédibilité pour la diplomatie française. La France a longtemps été le principal moteur de la mobilisation internationale dans la région, notamment en cherchant à impliquer ses partenaires européens dans la gestion de la crise sécuritaire — souvent pour ses propres intérêts. Car certains observateurs rapportent que des financements étaient débloqués, notamment pour le G5 Sahel, sans qu’ils atteignent les pays sahéliens, censés être pourtant les véritables bénéficiaires. Mais si elle venait à reconnaître un échec total dans le dossier sahélien, cela pourrait fragiliser son rôle de puissance d’initiative sur d’autres dossiers internationaux. C’est pourquoi elle tente tous les voies et moyens pour revenir dans ces États. 

L’inertie de l’appareil politico-militaire

Au fil des années, les opérations au Sahel ont profondément marqué l’appareil militaire et diplomatique français. De nombreux responsables ont construit leur expérience et leur légitimité sur ces engagements. Cette réalité institutionnelle contribue à maintenir la région au cœur des priorités stratégiques françaises, même après la réduction drastique de la présence militaire.

Plusieurs centres de recherche et ONG soulignent un décalage entre les objectifs affichés par Paris — stabilisation, développement, lutte contre le terrorisme — et les résultats obtenus sur le terrain. La France peine encore à redéfinir complètement sa stratégie africaine, restant en partie prisonnière des cadres d’analyse forgés au début des années 2010.

Au-delà des considérations sécuritaires ou économiques, le Sahel est devenu un symbole. L’évolution de la situation dans la région constitue une preuve palpable de l’échec de la France. Là où elle a échoué, ces États, en s’appuyant sur leurs propres forces armées, réussissent à instaurer la paix et la stabilité, en moins de temps. 

Pour une partie de la classe politique et stratégique française, abandonner totalement le théâtre sahélien reviendrait à accepter un recul de son influence mondiale. Malgré les ruptures diplomatiques avec plusieurs capitales sahéliennes, le Sahel continue donc d’occuper une place centrale dans les discours et les stratégies de Paris.

A.D

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Pourquoi les arts vivants du Mali séduisent-ils les musées occidentaux ?

by Sahel Tribune 16 avril 2026
written by Sahel Tribune 4 minutes read

À travers une exposition exceptionnelle au Musée des Confluences de Lyon, mettant à l’honneur plus d’une centaine de masques, marionnettes et instruments traditionnels, le Mali voit son patrimoine vivant rayonner sur la scène internationale. Une vitrine qui s’inscrit dans une stratégie plus large de valorisation culturelle et de réaffirmation identitaire.

À Musée des Confluences, le fleuve Niger s’invite au cœur de l’Europe. Plus d’une centaine de masques, marionnettes et instruments y sont exposés dans une scénographie immersive, conçue pour restituer l’essence même des cérémonies traditionnelles maliennes. Chant, danse et mouvements y sont suggérés, redonnant vie à des objets longtemps restés en marge des grandes collections muséales.

Une donation révélatrice d’un intérêt renouvelé

Ces pièces, issues des cultures des peuples bozo, somono, marka et bamanan, témoignent d’une richesse artistique et symbolique profondément ancrée dans les sociétés riveraines du Niger, notamment dans la région de Ségou. Longtemps négligées en raison de leur caractère relativement récent, elles trouvent aujourd’hui une reconnaissance nouvelle, à la mesure de leur valeur culturelle.

Au cœur de cette exposition, la donation du couple de collectionneurs Sonia et Albert Loeb marque un tournant. Héritier d’une tradition artistique liée aux avant-gardes européennes, notamment à travers la figure de son père, Pierre Loeb, Albert Loeb s’est progressivement tourné vers l’Afrique de l’Ouest, fasciné par la vitalité de ses expressions culturelles.

Leur découverte des arts maliens, au début des années 2000, s’est transformée en un engagement durable. Multipliant les séjours au Mali, ils ont tissé des liens étroits avec les communautés locales, contribuant parallèlement à des initiatives sociales dans les domaines de l’éducation et de la santé.

Une reconnaissance internationale du patrimoine malien

Cette exposition ne se limite pas à une simple mise en valeur esthétique. Elle participe d’un mouvement plus large de reconnaissance du patrimoine culturel africain contemporain, longtemps relégué derrière les œuvres dites « classiques » ou anciennes.

Pour le Mali, cette visibilité internationale constitue un levier stratégique. Elle renforce son image de terre de culture et de créativité, au-delà des défis sécuritaires et économiques. En mettant en lumière des expressions artistiques liées aux pratiques sociales et rituelles, elle souligne le rôle central de la culture dans la cohésion des communautés.

Dans un contexte de refondation nationale, les autorités maliennes accordent une importance croissante à la valorisation du patrimoine culturel. Cette dynamique s’inscrit dans une vision plus large de souveraineté, où la culture devient un vecteur d’affirmation identitaire et de rayonnement international. 

La culture comme pilier de souveraineté

Face aux défis sécuritaires et sociaux, les autorités misent sur la culture comme vecteur de résilience et de reconstruction du lien social. La charte nationale pour la paix et la réconciliation accorde une place importante à la culture dans la construction de la paix, qui repose largement sur la promotion des valeurs culturelles. « La culture est un facteur de paix, de stabilité individuelle et collective, de concorde, de dialogue et d’intégration sociale. Elle adoucit les mœurs, bannit la violence, contribue à la résolution des conflits, facilite l’acceptation de l’autre. », stipule l’article 64 de la Charte.  

2025 avait été décrété « l’année de la culture » pour la valorisation du patrimoine culturel du pays. La période 2026-2027 vient aussi d’être décrété « année de l’éducation et de la culture », avec pour ambition des autorités maliennes est la formation d’« un citoyen nouveau, patriote, compétent et responsable, capable de porter le destin du Mali avec dignité et excellence ». Mais aussi il s’agit d’engager « un effort national déterminé pour refonder durablement notre école et investir dans le capital humain », pour une « prospérité partagée ». Les autorités maliennes de la transition, depuis leur arrivée au pouvoir, ont fait de la culture le fondement de la renaissance malienne. 

En vue de structurer une nouvelle approche de la communication culturelle à travers plusieurs axes stratégiques, les autorités maliennes ont lancé, le 8 avril 2026, le projet « Malidenya ». Un projet qui prévoit notamment le développement d’une identité visuelle forte, destinée à incarner les valeurs et symboles du Mali. Il est « conçu pour valoriser et promouvoir les valeurs fondamentales de la société malienne », lit-on dans le communiqué final du Conseil des ministres. 

Du fleuve Niger aux scènes du monde

La promotion des valeurs du « Maaya » et du « Dambé », ainsi que le soutien aux industries culturelles et créatives, traduisent cette volonté de faire de la culture un pilier du développement. À ce titre, les initiatives internationales comme celle de Lyon apparaissent comme des prolongements naturels de la politique culturelle nationale.

Au-delà des vitrines du musée, c’est toute une vision du Mali qui se déploie : celle d’un pays riche de ses traditions, capable de les inscrire dans la modernité et de les partager avec le monde. Les masques, marionnettes et instruments exposés ne sont pas de simples objets : ils incarnent une mémoire vivante, un langage artistique et une identité collective.

En s’invitant dans les grandes institutions culturelles internationales, le Mali confirme ainsi que sa culture, loin d’être figée, est en mouvement — à l’image du fleuve Niger qui la traverse et l’inspire.

Oumarou Fomba 

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