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Mikailou Cisse professeur de philosophie au secondaire au Mali. 1
A la UneOpinion

Tribune. Pourquoi exclure l’Afrique fausse toute projection mondiale 

by Mikailou Cissé 15 février 2026
written by Mikailou Cissé 4 minutes read

Dans cette tribune, Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au lycée au Mali, propose une réflexion de fond sur la place stratégique de l’Afrique dans la construction du futur mondial. Il y démontre que marginaliser le continent dans les projections globales revient à fausser toute lecture sérieuse des dynamiques économiques, intellectuelles et politiques contemporaines.

Penser le futur du monde sans l’Afrique, c’est plus qu’une erreur d’analyse. C’est perpétuer un héritage intellectuel qui a trop longtemps relégué un continent à une périphérie extractive. Cette réduction s’exprime de multiples façons. D’abord, par l’extraction de ressources sans transformation locale et la mobilisation préférentielle des compétences humaines au profit d’autres économies. Ensuite, par l’invisibilisation des innovations conceptuelles africaines, qui rend incompréhensible toute construction d’un avenir mondial partagé. Refuser d’inscrire l’Afrique au cœur des trajectoires contemporaines condamne ainsi le projet du progrès à une croissance amputée de ses ressources matérielles et humaines.

Un potentiel stratégique encore mal lu

L’objection selon laquelle l’Afrique ne serait qu’un bénéficiaire passif d’assistance extérieure repose sur une lecture antiquée des rapports internationaux. Le continent concentre des ressources stratégiques, un renouvellement démographique dynamique et des formes de savoir structurantes pour les économies et technologies globales. Or, tant que l’exploitation de ces atouts reste confinée à des enclaves exportatrices, privant les sociétés locales de valeur ajoutée et de contrôle, les inégalités et la dépendance se perpétuent. Ce constat n’essentialise pas l’Afrique. Au contraire, il invite à reconnaître un réel empirique trop souvent réduit à un laboratoire d’expérimentations exogènes.

Les paradigmes dominants du développement doivent être interrogés à l’aune de cette réalité. Une approche purement normative ou universaliste, qui ignore les ontologies et histoires locales, reproduit une logique d’assimilation. Pire, elle impose des modèles de « rattrapage » supposant que la modernité ne peut prendre qu’une forme déjà pratiquée ailleurs. Inversement, des interventions techniques rigoureuses risquent de traiter les sociétés africaines comme des objets passifs plutôt que comme des actrices co-formatrices, si elles demeurent aveugles aux relations sociales, aux attentes populaires et aux dispositifs d’auto-gouvernance locaux.

Les conditions d’une émancipation structurelle

Reconnaître la pluralité des modernités exige de refonder les objectifs du développement non sur une conformité extérieure, mais sur le renforcement de trajectoires endogènes créatrices de valeur partagée.

Privilégier une stratégie d’émancipation implique d’abord de transformer les modalités d’exploitation des ressources : encourager la transformation locale, soutenir les chaînes de valeur régionales et imposer une gouvernance liant extraction à redistribution. Cela suppose aussi d’investir massivement dans le capital humain, non comme simple amortisseur de misère, mais comme moteur d’innovation industrielle, scientifique et culturelle. Il faut ainsi développer une formation technique de masse de haut niveau, une création ancrée dans les défis locaux et des politiques d’incitation publique à la création technologique et à l’ingénierie. 

Parallèlement, la souveraineté numérique et la maîtrise des infrastructures de communication doivent être traitées comme des biens publics stratégiques, conditionnant l’autonomie économique et politique.

Un nouvel ordre de coopération internationale

Ce virage normatif requiert une politique régionale et internationale repensée. Il nécessite des alliances africaines souveraines pour négocier l’accès aux marchés et investissements ; des régulations globales limitant les spoliations ; des partenariats technologiques fondés sur le co-investissement dans la conception et la production.

À l’échelle interne, un universalisme pluriel naîtra du dialogue entre systèmes de pensée locaux et traditions critiques contemporaines, transformant le développement en échange productif plutôt qu’en homogénéisation. Ignorer l’Afrique affaiblit enfin les réponses mondiales aux grands défis contemporains, qui impliquent tous les espaces en interaction. Penser un avenir commun exige de bannir l’idée de périphérie pour adopter une logique de coproduction des savoirs et des biens.

Le continent comme co-architecte du futur

Reconnaître l’Afrique comme actrice centrale du futur mondial appelle des choix politiques clairs. Elle exige une transformation des ressources sur place, des investissements publics en recherche et en infrastructures industrielles et de nouvelles règles internationales garantissant redistribution et responsabilité. 

En ancrant ces décisions dans une souveraineté partagée, une injustice structurelle se muera en opportunité de réinvention collective. Le progrès mondial ne sera complet que si l’Afrique y est reconnue non comme simple ressource, mais comme co-architecte.

Mikaïlou Cissé

15 février 2026 0 comments
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Photo de famille des chefs d’état de l‘AES lors de la deuxième session du collège des chefs d’état de l‘AES, le 23 décembre 2025. Présidence du Mali.
ActuPolitique

Mali : Assimi Goïta valide de nouveaux protocoles pour consolider l’Alliance sahélienne

by Chiencoro 14 février 2026
written by Chiencoro 3 minutes read

Réuni en Conseil des ministres sous la présidence du chef de l’État, le général d’armée Assimi Goïta, le gouvernement malien franchit une nouvelle étape dans l’opérationnalisation institutionnelle et stratégique de l’espace confédéral sahélien.

À l’ordre du jour : l’adoption de plusieurs projets de loi autorisant la ratification de protocoles additionnels au traité fondateur de la Confédération des États du Sahel (AES), structure régionale qui regroupe déjà plusieurs États du centre du Sahel, depuis la signature de la Charte du Liptako-Gourma en septembre 2023.

Ces textes, adoptés sur rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, constituent une étape juridique indispensable pour rendre pleinement opérationnelle l’architecture institutionnelle confédérale voulue par les dirigeants sahéliens.

Quatre protocoles pour structurer l’espace confédéral

Les instruments validés portent sur quatre piliers stratégiques : développement, diplomatie, défense-sécurité et coopération parlementaire. Ils avaient été adoptés le 23 décembre 2025 à Bamako lors de la deuxième session ordinaire du Collège des chefs d’État de l’AES.

Le protocole sur le développement prévoit l’harmonisation des politiques économiques nationales afin de réduire les disparités internes et d’accroître la cohérence des stratégies publiques. Celui relatif à la diplomatie instaure un mécanisme de concertation systématique sur les dossiers internationaux d’intérêt commun, renforçant la possibilité d’une voix sahélienne unifiée sur la scène mondiale.

Sur le plan sécuritaire, le texte consacré à la défense organise les bases d’une architecture collective d’assistance mutuelle. Enfin, le protocole parlementaire fixe les modalités de représentation, les compétences et la périodicité des sessions confédérales, posant les fondations d’un embryon de gouvernance législative régionale.

Une stratégie d’intégration par paliers

Ces ratifications s’inscrivent dans la continuité du traité constitutif signé le 6 juillet 2024 à Niamey, qui prévoyait dès l’origine l’adoption d’instruments additionnels pour détailler les mécanismes institutionnels du nouvel ensemble. Le texte fondateur posait les principes, mais la mise en œuvre concrète dépendait de protocoles sectoriels destinés à préciser les modalités opérationnelles.

L’étape actuelle correspond donc à une phase de consolidation juridique. En transformant les engagements politiques en normes ratifiées, Bamako cherche à crédibiliser la construction confédérale et à accélérer son effectivité.

Pour les autorités maliennes, cette séquence confirme une méthode graduelle. D’abord l’affirmation politique de l’alliance, ensuite la structuration institutionnelle, enfin la mise en œuvre opérationnelle. Ce choix traduit une volonté d’ancrer la coopération sahélienne dans des mécanismes durables plutôt que dans des déclarations d’intention.

Vers une confédération pleinement fonctionnelle ?

Dans un contexte régional marqué par les recompositions diplomatiques et sécuritaires, l’entrée en vigueur de ces protocoles renforcera la capacité de coordination entre États membres, notamment sur les questions de sécurité collective et de positionnement international.

La ratification de ces textes ne constitue pas seulement une formalité juridique, elle conditionne l’effectivité même du projet confédéral. En donnant une base légale aux instruments de coopération, les autorités maliennes entendent transformer l’AES en structure opérationnelle capable de produire des politiques communes.

Avec cette séquence institutionnelle, Bamako confirme son rôle moteur dans l’architecture sahélienne émergente et signale sa volonté de faire de l’intégration régionale un levier central de souveraineté stratégique.

Chiencoro Diarra 

14 février 2026 0 comments
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Mine d'or de Syama
ActuÉconomie

Au Mali, le permis d’exploitation de la mine d’or de Loulo renouvelé pour dix ans

by Sahel Tribune 14 février 2026
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Le gouvernement malien a validé en Conseil des ministres la prolongation de l’autorisation accordée à l’opérateur minier exploitant l’un des principaux sites aurifères du pays, sur fond d’enjeux économiques et stratégiques pour le secteur extractif.

Le vendredi 13 février 2026 lors du Conseil des ministres, le gouvernement malien a adopté un projet de décret portant renouvellement du permis d’exploitation de la mine d’or de Loulo, dans l’ouest du pays. La décision fait suite à une demande formelle introduite par la Société des Mines de Loulo « SOMILO S.A. », titulaire du permis depuis les années 1990, précise le communiqué du conseil des ministres.

Des réserves confirmées par une nouvelle étude

La mine de Loulo, située dans le cercle de Kéniéba, constitue l’un des piliers de la production aurifère nationale. L’exploitation repose sur une convention signée le 2 avril 1993 entre l’État malien et l’opérateur minier, suivie de l’octroi d’un permis d’exploitation en 1996 pour une durée initiale de trente ans.

Initialement limité à 48 km², le périmètre minier a été progressivement étendu pour atteindre 261,225 km² après plusieurs modifications administratives. Ce site fait partie des zones aurifères les plus productives du Mali, pays régulièrement classé parmi les principaux producteurs d’or du continent africain.

Dans le cadre de la procédure de renouvellement, la société mère, Barrick Mining Corporation, a mené une étude de faisabilité actualisée. Celle-ci met en évidence des réserves jugées économiquement exploitables pour environ six années supplémentaires d’exploitation à ciel ouvert et seize années pour les opérations souterraines. La production annuelle brute estimée s’élèverait à plus de 420 kilo-onces d’or.

Un signal pour les investisseurs

Sur la base de ces données techniques et conformément aux dispositions du code minier malien, le gouvernement a validé la prolongation du permis pour une nouvelle période de dix ans.

Au-delà du cas spécifique de Loulo, cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large visant à sécuriser les investissements dans le secteur extractif, pilier majeur des recettes d’exportation du Mali. Les autorités cherchent à maintenir l’attractivité du pays auprès des compagnies minières internationales tout en consolidant les retombées économiques nationales.

Le renouvellement du permis intervient dans un contexte où les États sahéliens accordent une attention accrue à la valorisation de leurs ressources naturelles, considérées comme un levier essentiel de financement public et de développement.

A.D

14 février 2026 0 comments
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Dr Fassoun Coulibaly, ministre du travail et de la fonction publique
A la UneÉconomie

Mali : une indemnité de départ à la retraite pour les fonctionnaires, réforme sociale ou refondation administrative ?

by Chiencoro 14 février 2026
written by Chiencoro 2 minutes read

Réunis vendredi 13 février 2026 au Palais de Koulouba sous la présidence du chef de l’État, le général d’armée Assimi Goïta, les ministres ont adopté un projet d’ordonnance révisant le statut général des fonctionnaires. Au cœur du texte : l’instauration d’une indemnité de départ à la retraite, une avancée sociale majeure.

L’annonce marque un tournant remarquable pour la fonction publique malienne. Jusqu’ici, le cadre légal reposait sur la loi de décembre 2002, jugée dépassée par les autorités au regard des mutations administratives, démographiques et économiques du pays. Le nouveau texte vise à corriger ces insuffisances, avec une série de mesures destinées à moderniser la gestion des carrières, renforcer la formation continue et instaurer un système d’évaluation du personnel en remplacement de l’ancienne notation.

Un signal politique adressé aux agents publics

Mais l’innovation la plus commentée reste l’institution d’une indemnité de départ à la retraite pour les agents de l’État — un dispositif inédit qui introduit une reconnaissance financière supplémentaire au moment de la cessation d’activité.

Dans un contexte social marqué par des revendications récurrentes sur les conditions de travail et les perspectives de carrière, cette mesure apparaît comme un geste d’apaisement envers une catégorie professionnelle centrale dans le fonctionnement de l’État. Elle s’inscrit officiellement dans la mise en œuvre des recommandations issues du Dialogue inter-Maliens et de la Conférence sociale, deux cadres de concertation censés refonder les politiques publiques dans le domaine du travail.

L’indemnité pourrait ainsi jouer un rôle de levier psychologique et institutionnel. Il s’agit de valoriser la fin de carrière, réduire le sentiment de précarité post-activité et renforcer l’attractivité de la fonction publique.

Modernisation administrative et rationalisation des carrières

Au-delà de la retraite, l’ordonnance introduit plusieurs réformes structurelles : clarification du champ d’application du statut, prise en compte du Service national des jeunes dans le stage probatoire, équité accrue dans les avancements par formation et réduction du nombre d’échelons dans la nouvelle grille indiciaire.

L’ensemble vise à rendre l’appareil administratif plus lisible, plus performant et mieux adapté aux exigences contemporaines de gouvernance. Les autorités défendent l’idée d’une fonction publique professionnalisée, capable de répondre aux attentes citoyennes tout en s’alignant sur des standards modernes de gestion des ressources humaines.

En révisant en profondeur le statut général des fonctionnaires, les autorités de transition cherchent à inscrire leur action dans une logique de refondation administrative. L’indemnité de départ à la retraite, mesure la plus emblématique du texte, cristallise à elle seule cet équilibre délicat entre justice sociale et réalisme économique.

Chiencoro Diarra 

14 février 2026 0 comments
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Dr Macharia Kihuro (PhD)
ActuOpinion

Tribune. Pourquoi la rupture entre Afreximbank et Fitch révèle un fossé plus profond

by Sahel Tribune 13 février 2026
written by Sahel Tribune 5 minutes read

Expert en financement du développement fort d’une longue expérience en Afrique subsaharienne, le Dr Macharia Kihuro analyse la rupture entre Afreximbank et Fitch Ratings comme le symptôme d’un désaccord structurel plus profond. Selon lui, ce différend dépasse un simple conflit technique et met en lumière les tensions persistantes entre institutions financières africaines et agences de notation internationales.

Dans une récente déclaration publique, la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) a annoncé qu’elle mettrait fin à sa relation avec l’agence de notation Fitch Ratings. La justification de cette décision était particulièrement frappante. La banque a attribué cette décision à sa « ferme conviction que l’exercice de notation de crédit ne reflète plus une bonne compréhension de l’accord constitutif de la banque, de sa mission ou de son mandat ». Elle a en outre souligné que son profil commercial restait « solide, soutenu par des relations solides avec ses actionnaires et les protections juridiques inscrites dans son accord constitutif », qui est un traité signé et ratifié par ses États membres.

La méthodologie de Fitch

Au cœur de ce désaccord se trouve un débat qui couve depuis longtemps : les agences de notation doivent-elles appliquer une méthodologie unique et rigide à toutes les banques, ou leur approche doit-elle être adaptée à la nature spécifique de l’institution ? Plus précisément, une banque commerciale doit-elle être évaluée selon exactement le même cadre qu’une banque multilatérale de développement (BMD) ? Afreximbank soutient que Fitch Ratings n’a pas tenu compte de cette distinction essentielle, produisant une évaluation que la banque considère comme une représentation injuste de sa véritable solvabilité.

La méthodologie de Fitch, telle que décrite dans ses « Critères de notation bancaire », repose sur un cadre en deux parties pour les banques commerciales et les BMD. La première partie est un modèle quantitatif de base (CQM), une formule standardisée qui calcule une « notation de viabilité » à partir d’indicateurs financiers tels que la qualité des actifs et l’adéquation des fonds propres. Ce modèle sert de point d’ancrage initial.

La deuxième partie est le cadre de « notation de soutien », qui évalue le soutien externe. Ici, en théorie, une distinction est faite : pour les BMD telles qu’Afreximbank, le soutien est évalué comme l’engagement collectif et contractuel de ses États membres en vertu de son accord constitutif, qui est considéré comme extrêmement solide et fiable. Pour les BMD de haute qualité, Fitch utilise souvent une approche de « substitution de crédit », en ancrant la notation de la BMD à la solvabilité de ses actionnaires les plus solides.

Les normes de notation mondiales en cause ?

La rupture décisive s’est produite le 28 janvier 2026, lorsque Fitch a abaissé la note d’Afreximbank de « BBB- » à « BB+ », puis a retiré toutes ses notes. Cette décision a fait passer la note de défaut à long terme de l’émetteur dans la catégorie « non-investissement » (« junk »). Afreximbank a réagi de manière décisive en mettant fin à la relation, déclarant qu’elle considérait la méthodologie de l’agence comme erronée, préjudiciable à sa mission et révélatrice d’un préjugé plus général à l’égard des institutions financières africaines.

Cette confrontation oblige à examiner de manière critique les tensions persistantes dans le domaine de la finance mondiale : les méthodologies des agences de notation internationales sont-elles intrinsèquement biaisées à l’encontre des institutions africaines ? Ou bien Afreximbank a-t-elle mal compris le cadre et réagi de manière excessive ? En fin de compte, la question centrale concerne l’impact réel : quelles seront les conséquences de ce différend pour la banque, l’architecture financière du continent et la crédibilité des normes de notation mondiales ?

Afreximbank est-elle un cas isolé ? Absolument pas. Un sentiment ancien et largement répandu en Afrique veut que les méthodologies des « trois grandes » agences de notation (Fitch, Moody’s et S&P) soient systématiquement biaisées, ne tiennent pas compte des contextes régionaux uniques et produisent des notations injustement punitives. Les agences opposent des contre-arguments solides, créant un classique « dialogue de sourds ».

Le fossé entre les évaluations et les réalités

Le Ghana a régulièrement contesté les dégradations de sa note. En 2022, après une série de dégradations au statut de « junk », son gouvernement a suspendu toute collaboration officielle avec les trois grandes agences, les accusant d’actions procycliques qui ont aggravé sa crise de la dette. Il convient de noter que la justification de Fitch pour la récente dégradation de la note d’Afreximbank était fondée sur la restructuration de la dette du Ghana en 2023, appliquant un principe qui lie le risque d’une banque multilatérale de développement à ses États membres.

Le Kenya, le Rwanda, le Nigeria et l’Afrique du Sud ont tous officiellement fait appel des décisions de notation. Parmi les critiques les plus virulentes figure la Banque africaine de développement (BAD), dont l’ancien président, Akinwumi Adesina, a mené une campagne très médiatisée.

Ce débat permet de tirer des enseignements essentiels. Un problème fondamental a été identifié : le fossé persistant entre les évaluations des agences et les réalités des clients, exacerbé par une rupture de la communication. Il ne s’agit pas d’un incident isolé, mais d’un défi à l’échelle du continent.

Une collaboration exemplaire pour plus d’équité et de crédibilité

La voie à suivre exige des mesures concrètes. Les parties prenantes doivent collaborer pour mettre en place un système garantissant à la fois l’équité et la crédibilité de l’évaluation des risques. Cette rupture met en évidence une architecture mondiale qui ne parvient pas à intégrer de manière adéquate les perspectives des marchés émergents. Cette friction doit désormais catalyser un véritable dialogue, conduisant à des méthodologies mutuellement acceptées.

En outre, une action collective est essentielle. Par l’intermédiaire de l’Union africaine ou d’autres plateformes panafricaines, un bloc unifié devrait négocier des critères adaptés et rendus publics pour les banques multilatérales de développement africaines et les États souverains dotés d’une gouvernance solide, en exigeant la clarté sur la manière dont les facteurs qualitatifs sont notés.

Dr Macharia Kihuro (PhD).


Mention éditoriale :

Chapô et intertitres de la rédaction.

13 février 2026 0 comments
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Des livres rangés dans les rayons d'une bibliothèque.
A la UneAnalyses

Marché éditorial africain : la croissance suffit-elle à bâtir une puissance intellectuelle ?

by Chiencoro 13 février 2026
written by Chiencoro 3 minutes read

Malgré une croissance rapide et un potentiel démographique considérable, l’industrie du livre sur le continent reste freinée par des obstacles structurels qui limitent sa capacité à devenir un véritable levier d’influence intellectuelle mondiale.

Longtemps marginalisé dans les analyses globales de l’économie culturelle, le marché éditorial africain connaît aujourd’hui une dynamique de croissance notable. Les projections évoquaient un chiffre d’affaires qui devrait atteindre 2,3 milliards de dollars en 2025, avec un rythme annuel estimé entre 12 % et 26 % jusqu’en 2030, porté notamment par l’essor du numérique et des formats dématérialisés.

Cette progression demeure toutefois fortement concentrée. Le segment scolaire représente environ 70 % de l’activité, dominé par quelques pôles structurés – Nigeria, Kenya, Ghana, Afrique du Sud – où les circuits de distribution sont relativement développés. À l’échelle continentale, le secteur souffre encore d’un déficit chronique d’infrastructures : librairies rares, bibliothèques insuffisantes, réseaux logistiques fragiles. Une étude récente évoque même un potentiel inexploité de 18,5 milliards de dollars, signe d’un marché loin d’avoir atteint sa maturité.

Des fragilités structurelles persistantes

Malgré cette croissance, l’édition africaine reste peu visible sur la scène internationale. Les maisons locales sont confrontées à des coûts élevés de production, à une dépendance aux importations de papier et à un piratage endémique. Autant de facteurs qui renchérissent les prix et limitent la diffusion des ouvrages.

La concurrence extérieure accentue ces difficultés. Des groupes étrangers renforcent leur implantation sur le continent, tandis que certains pays, comme le Maroc dans l’espace arabophone, disposent d’un tissu éditorial plus structuré. Dans ce contexte, nombre d’éditeurs africains peinent à rivaliser en matière de distribution, de marketing et d’accès aux marchés internationaux.

Le numérique apparaît comme une alternative prometteuse. Plateformes d’édition en ligne, autoédition et e-books ouvrent de nouvelles perspectives, notamment dans les grandes métropoles. Mais cette transition reste freinée par une connectivité encore limitée. Moins de 40 % de la population d’Afrique subsaharienne dispose d’un accès régulier à Internet, ce qui réduit l’impact potentiel de ces innovations.

Une influence intellectuelle encore limitée

La question centrale demeure celle du rayonnement. Le continent produit des auteurs mondialement reconnus, mais leur succès passe souvent par des circuits éditoriaux européens ou nord-américains. Les idées issues des maisons d’édition locales circulent encore peu hors des capitales et des milieux universitaires.

Sans un écosystème solide – formation professionnelle, soutien public, chaînes d’approvisionnement fiables – le risque est de voir l’Afrique rester un réservoir de talents plutôt qu’un centre de production intellectuelle autonome. Quelques initiatives publiques montrent toutefois des pistes possibles, comme des fonds de soutien nationaux ou des réformes visant à favoriser les éditeurs locaux dans les marchés éducatifs. Elles demeurent cependant isolées et insuffisantes pour transformer l’ensemble du secteur.

Les leviers d’un changement d’échelle

Plusieurs facteurs pourraient néanmoins accélérer la mutation du marché. La démographie constitue un atout majeur. D’ici 2050, on estime que 85 % des francophones du monde vivront en Afrique, ouvrant des perspectives considérables pour l’édition. Le numérique, malgré ses limites actuelles, offre également une possibilité de diffusion à grande échelle, notamment dans les pays où l’usage du mobile progresse rapidement.

Mais ces opportunités ne pourront être pleinement exploitées sans politiques coordonnées. Professionnalisation des métiers du livre, investissements publics, soutien à la traduction, modernisation logistique et numérisation des catalogues figurent parmi les priorités régulièrement évoquées par les acteurs du secteur.

Un enjeu de souveraineté culturelle

Au-delà des chiffres, l’enjeu est stratégique. Dans un monde où l’influence passe aussi par la circulation des idées, disposer d’une industrie éditoriale forte constitue un instrument de puissance culturelle. Tant que la production et la diffusion des œuvres dépendront majoritairement de structures extérieures, la voix intellectuelle du continent restera partiellement médiée.

Le défi n’est donc pas seulement économique. Il est politique et symbolique. Il s’agit de permettre à l’Afrique de raconter le monde depuis elle-même, avec ses langues, ses imaginaires et ses débats. La croissance actuelle montre que les bases existent. Reste à transformer cet essor en véritable souveraineté éditoriale.

Chiencoro Diarra 

13 février 2026 0 comments
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Abdoulaye Maïga, PM
ActuÉconomie

Remaniement ministériel au Mali : Trois ministres élevés au rang d’État, quatre départements réaménagés

by Ibrahim Kalifa Djitteye 12 février 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Le gouvernement malien a connu, ce jeudi 12 février 2026, un léger remaniement marqué par des promotions et des changements ciblés. Le décret présidentiel n°2026-062/PTRM, lu par le Secrétaire général de la Présidence, Dr Alfousseini Diawara, sur l’ORTM, abroge celui du 21 novembre 2024. Trois ministres influents, Sadio Camara, Ismaël Wagué et Alousseni Sanou, sont désormais élevés au rang de ministres d’État, tandis que quatre départements clés, dont l’Agriculture et l’Administration territoriale, changent de titulaires.  

Ce réaménagement traduit une volonté de continuité mais aussi d’adaptation face aux défis actuels. La structure globale du gouvernement reste inchangée, mais certains ministères stratégiques connaissent des ajustements notables. Les départements de l’Administration territoriale, de la Refondation de l’État, de l’Agriculture ainsi que de l’Énergie et de l’Eau sont directement concernés. Ces changements visent à renforcer l’efficacité de l’action publique et à consolider les secteurs jugés prioritaires dans le contexte sécuritaire, institutionnel et économique du pays.  

Promotions au rang de ministres d’État

La promotion de trois figures majeures du gouvernement retient particulièrement l’attention. Le Général de Corps d’armée Sadio Camara, ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le Général de Corps d’armée Ismaël Wagué, ministre de la Réconciliation nationale, de la Paix et de la Cohésion nationale, ainsi que M. Alousseni Sanou, ministre de l’Économie et des Finances, deviennent ministres d’État. Ce statut traduit la confiance renouvelée du Chef de l’État et souligne le rôle central de ces départements dans la gestion des affaires nationales.  

Au ministère de l’Agriculture, un changement significatif intervient. M. Daniel Siméon Kelema cède son poste à M. Ibrahima Samaké. Ce remplacement intervient dans un secteur vital pour l’économie malienne, où les enjeux de sécurité alimentaire et de modernisation agricole demeurent cruciaux. La nomination de M. Samaké est perçue comme une volonté de donner un nouvel élan à ce département stratégique, en phase avec les attentes des populations rurales et urbaines.  

Nouveaux visages dans les départements clés

Le portefeuille de l’Administration territoriale et de la Décentralisation connaît également une évolution importante. Jusque-là assuré par le Premier ministre, le Général Abdoulaye Maïga, il est désormais confié au Général de Brigade Issa Ousmane Coulibaly. Ce transfert de responsabilité traduit une volonté de renforcer la gestion territoriale et la décentralisation, dans un contexte où la cohésion nationale et la stabilité institutionnelle sont des priorités absolues.  

Du côté de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les Institutions, c’est M. Yaya Golobo qui prend les commandes. Ce département, au cœur des réformes institutionnelles, joue un rôle essentiel dans la consolidation de l’État et la modernisation des relations entre les différentes institutions. La nomination de M. Golobo illustre la volonté d’accélérer les réformes et de renforcer la légitimité institutionnelle dans un contexte de transition politique.  

Énergie, Eau et continuité gouvernementale

Le ministère de l’Énergie et de l’Eau revient quant à lui à M. Tiémoko Traoré. Ce portefeuille est stratégique dans un pays où l’accès à l’énergie et à l’eau demeure un défi majeur pour le développement. La nomination de M. Traoré traduit une volonté de dynamiser ce secteur et de répondre aux besoins croissants des populations, tout en favorisant la modernisation des infrastructures énergétiques et hydrauliques.  

En dehors de ces ajustements, le reste de l’équipe gouvernementale demeure inchangé. Ce choix traduit une volonté de continuité dans l’action publique, tout en consolidant les secteurs jugés prioritaires. Le Chef de l’État semble ainsi privilégier une approche mesurée, combinant stabilité et renforcement des départements stratégiques. Ce remaniement apparaît comme une réponse aux attentes des Maliens, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, institutionnels et économiques majeurs.  

Ce remaniement vise à donner un nouvel élan à l’action gouvernementale et à soulager la population. Les promotions et les changements opérés renforcent des secteurs essentiels comme la défense, la réconciliation nationale, les finances publiques, l’agriculture et l’énergie. Avec cette nouvelle configuration, l’équipe dirigeante devra montrer rapidement son efficacité et répondre aux besoins des citoyens, en ouvrant une phase plus dynamique et orientée vers le développement du pays.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

12 février 2026 0 comments
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