Le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, a présidé, vendredi 17 avril 2026 au palais de Koulouba, la cérémonie officielle de présentation du nouveau cadastre minier du Mali. Cet outil, au cœur de la réforme engagée depuis 2022, marque une étape décisive dans la modernisation et la reprise en main d’un secteur stratégique pour l’économie nationale.
Avec un outil entièrement conçu par des experts nationaux et déjà opérationnel, les autorités maliennes entendent rompre avec les dépendances techniques du passé et instaurer une gouvernance minière plus transparente, rapide et souveraine.
Autour du chef de l’État, plusieurs membres du gouvernement avaient fait le déplacement, dont le ministre des Mines Amadou Keïta, ainsi que les titulaires des portefeuilles de l’Économie, sans oublier le Premier ministre. Une présence qui témoigne de la portée transversale de cette réforme.
Une réforme engagée depuis 2022
À l’issue de la cérémonie, le ministre des Mines a retracé les grandes étapes de cette transformation. Dès 2022, les autorités maliennes avaient décidé de suspendre temporairement l’octroi des titres miniers afin d’assainir le secteur. Cette décision s’inscrivait dans un plan plus large de refondation, initié par le chef de l’État, visant à corriger les dysfonctionnements structurels du système minier.
Des audits des sociétés extractives ont été menés, suivis de négociations avec les opérateurs. En parallèle, les insuffisances du cadre juridique et technique ont été identifiées, notamment au sein de la Direction nationale de la géologie et des mines, où le système cadastral existant était jugé obsolète, peu performant et dépendant d’expertises extérieures.
Mettre fin aux dépendances techniques
Le diagnostic posé par les autorités est sans appel : l’ancien cadastre minier, conçu à l’étranger, présentait des limites importantes en matière de traitement des dossiers, de gestion des superpositions de titres et d’interconnexion avec les autres systèmes administratifs, notamment fonciers et forestiers.
« Il existait une forme de dépendance technique qui ne permettait pas au Mali de maîtriser pleinement son propre système cadastral », a souligné le ministre. Toute modification nécessitait l’intervention de prestataires étrangers, ralentissant les procédures et limitant la souveraineté nationale dans la gestion des ressources minières.
Un outil 100 % malien et entièrement digitalisé
Le nouveau cadastre minier se veut une réponse à ces défis. Conçu intégralement par des experts maliens issus de l’administration publique, notamment en collaboration avec les services techniques du ministère des Mines et des Finances, cet outil a été développé sans financement extérieur.
Entièrement numérisé, il permet désormais le dépôt en ligne des demandes de titres, leur traitement digitalisé ainsi que le paiement électronique des taxes et redevances. Le système est également interconnecté avec les services du Trésor public et des impôts, garantissant une meilleure traçabilité des flux financiers.
Autre innovation majeure : la sécurisation du dispositif. Conscientes des risques de cyberattaques, les autorités ont mis en place des protocoles de protection renforcés afin de garantir l’intégrité des données et la transparence des opérations.
Vers une gestion plus transparente et efficace
Au-delà de la dimension technologique, ce nouveau cadastre vise à instaurer une gouvernance plus rigoureuse du secteur minier. Il permettra une meilleure visibilité sur les titres en cours, leur durée de validité, leur superficie et leur statut juridique, réduisant ainsi les risques de conflits et de chevauchements.
Selon le ministre des Mines, le système est déjà opérationnel : 631 titres miniers ont été enregistrés à ce jour, preuve de son effectivité. Cette phase pilote devrait être progressivement étendue à l’ensemble des opérations du secteur.
Un levier de souveraineté économique
Pour les autorités de la Transition, cette réforme s’inscrit dans une vision plus large : faire du secteur minier un moteur de développement au service des populations. En renforçant la transparence, en accélérant les procédures et en assurant un meilleur contrôle des ressources, le Mali entend maximiser les retombées économiques de l’exploitation minière.
La présentation de ce cadastre numérique marque ainsi l’entrée du Mali dans une nouvelle ère de gouvernance extractive, fondée sur la souveraineté, la modernisation et la valorisation nationale des ressources naturelles.
Chiencoro Diarra
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