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Frontière Niger-Nigéria
Économie

Méfiance aux frontières : le Niger pointe des bases françaises formant des terroristes au Bénin

by Sahel Tribune 12 mai 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le Premier ministre nigérien, Ali Mahaman Lamine Zeine, a annoncé le samedi 11 mai à Niamey, la décision de maintenir la frontière avec le Bénin fermée pour des raisons de sécurité, malgré les appels du président béninois à rouvrir pour faciliter l’exportation du pétrole nigérien. Cette déclaration survient alors que des tensions persistantes entre les deux pays sont exacerbées par des accusations de bases militaires hostiles sur le territoire béninois.

Sous le ciel étoilé de Niamey, le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine défend avec ferveur la décision du Niger de garder sa frontière avec le Bénin fermée. Pour lui, c’est une question de sécurité nationale, une barrière nécessaire contre des menaces invisibles, mais palpables. Lors d’un point presse, il articule ses mots avec la précision d’un général en campagne, insistant sur la présence de « bases françaises » sur le sol béninois, où des terroristes seraient formés pour déstabiliser son pays. Un scénario digne d’un film d’espionnage, sauf que les conséquences sont bien réelles pour les habitants des deux nations.

Des bases militaires françaises impliquées dans des opérations néfastes

Le 8 mai, Patrice Talon, le président béninois, tend une main amicale vers Niamey, demandant la réouverture de la frontière pour normaliser les relations et surtout pour faciliter l’exportation du pétrole nigérien via le port de Sèmè Kpodji. Cette proposition semble tomber dans l’oreille d’un sourd, car le Premier ministre nigérien reste ferme sur ses positions, brandissant des menaces sécuritaires comme boucliers.

Dans ce tissu de tensions politiques, le Bénin a déjà fait un geste de bonne volonté en rouvrant sa frontière après la levée des sanctions économiques de la Cédéao, imposées suite au putsch qui a ébranlé le Niger le 26 juillet 2023. Pendant ce temps, le Niger garde ses portes closes, à l’exception de celle avec le Nigeria, accentuant le mystère autour des accusations portées contre le Bénin.

Ali Mahaman Lamine Zeine va jusqu’à utiliser une carte satellitaire pour pointer des zones au Bénin, notamment le parc du W, qu’il prétend abriter des bases militaires françaises impliquées dans des opérations néfastes. Cependant, le général Thierry Burkhard, chef d’état-major des armées françaises, réfute ces allégations, affirmant qu’il n’existe aucune base militaire française au Bénin.

Méfiance et espoir de réconciliation

Le dialogue semble rompu, les cartes sont brouillées. Le Premier ministre nigérien, encadré de militaires, maintient une posture de défense, prêt à rouvrir la frontière uniquement lorsque la sécurité du Niger sera assurée. Entretemps, il accuse le Bénin de violer des accords bilatéraux, y compris ceux impliquant la Chine, ajoutant une couche de complexité à un enjeu déjà dense.

Il reste une lueur d’espoir, cependant, car le Premier ministre exprime son souhait de trouver une solution, impliquant même la Chine dans les discussions pour apaiser les tensions. Ce récit dépasse le cadre d’une simple fermeture de frontière ; il touche à la souveraineté, à la méfiance et à la politique de voisinage. Un feuilleton politique où chaque acteur joue sa part, entre méfiance et espoir de réconciliation. Le Niger et le Bénin, deux nations sœurs au cœur du Sahel, sont captives d’un scénario qui se joue bien au-delà de leurs frontières, dans l’arène complexe des relations internationales.

Oumarou Fomba 

12 mai 2024 0 comments
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Coton malien
A la UneÉconomie

CMDT : une célébration de 100 sessions d’innovation et de croissance

by Chiencoro 12 mai 2024
written by Chiencoro 2 minutes read

Dans le majestueux hôtel de l’Amitié à Bamako, un évènement notable s’est déroulé le 10 mai 2024 : la 100e session du Conseil d’administration de la Holding CMDT-SA, sous la présidence du Dr Nango Dembélé, Président directeur général de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT). Cette session, loin d’être ordinaire, a été une vitrine des pratiques de gouvernance exemplaire et d’une gestion transparente qui devraient inspirer bien au-delà des frontières du Mali.

Dès 9 heures, les débats ont pris forme, structurés et incisifs, témoignant de l’engagement des membres du conseil d’administration pour le progrès continu de la CMDT. Un nouvel administrateur a rejoint ce cercle, symbolisant ainsi le renouvèlement et l’injection de nouvelles perspectives au sein du Conseil, une bouffée d’air frais qui promet de revitaliser les stratégies à venir.

Capacité à prospérer dans un environnement tumultueux

L’approbation du procès-verbal de la précédente session, tenue en décembre 2023, a marqué une continuité dans l’efficacité et la rigueur, tandis que l’adoption du rapport de gestion du PDG a reflété une confiance renouvelée dans son leadership et dans la direction qu’il donne à la CMDT. Sa gestion, une fois de plus sanctionnée par l’approbation de tous, sera présentée à l’Assemblée générale ordinaire, où elle sera sans doute accueillie avec le même enthousiasme.

Mais ce qui a véritablement retenu l’attention, ce sont les résultats financiers de l’exercice clos le 31 décembre 2023. Avec un chiffre d’affaires impressionnant de plus de 382 milliards de francs CFA et un résultat net de 3,656 milliards, la CMDT confirme sa place de colosse économique dans la région. Le bilan s’élève à plus de 507 milliards de francs CFA, un témoignage éclatant de sa santé financière et de sa capacité à prospérer dans un environnement souvent tumultueux.

La boussole de l’innovation et du dévouement

Ces chiffres ne sont pas juste des nombres dans un rapport annuel ; ils racontent une histoire de résilience, d’innovation et d’engagement envers la croissance durable. Ils sont le fruit du travail acharné de toute une équipe et d’une direction qui ne perd jamais de vue l’importance de sa mission économique et sociale.

La 100e session n’a pas seulement été une réunion pour valider des décisions administratives ; elle a été une célébration de la vision, de la stratégie et de la performance. Elle démontre que même dans les secteurs les plus traditionnels, le changement est possible avec de la détermination et une gouvernance solide. Et pour le Dr Nango Dembélé et son équipe, c’est là une journée de plus au service de l’excellence, guidés par la boussole infaillible de l’innovation et du dévouement pour le Mali.

Chiencoro Diarra 

12 mai 2024 0 comments
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Manifestation de soutien au Burkina Faso
Billet d'humeur

Soutien populaire en temps de Transition : un référendum sans urnes

by Sahel Tribune 12 mai 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le stade Joseph Issoufou Conombo de Ouagadougou a été le lieu d’une impressionnante manifestation de force et de fidélité envers le capitaine Ibrahim Traoré le samedi 11 mai dernier. Des milliers de Burkinabè, convoyés depuis divers quartiers et localités avoisinantes, se sont rassemblés, vibrants et unis, pour une cause commune : soutenir la demande de prolongation de la transition politique actuelle.

Alors que la période transitoire est censée se terminer le 1er juillet prochain avec l’organisation d’élections générales, cette grande mobilisation, organisée par la Coordination nationale des associations de veille citoyenne, ne visait pas simplement à remplir les gradins du stade. Non, il s’agissait d’une véritable démonstration de l’engagement populaire envers un homme et une vision. Les participants, drapeaux burkinabè, malien, nigérien et russe en main, n’ont pas mâché leurs mots. Les slogans clamaient haut et fort : « pas d’élections au Burkina Faso ». Une affirmation énergique, certes, mais qui traduit une réalité profonde : celle d’un peuple prêt à suspendre le processus électoral conventionnel pour privilégier la stabilisation et le renforcement de son pays.

Pas d’interruption pour des élections précipitées

Et pourquoi cette demande de prolongation ? Parce que, selon eux, le capitaine Traoré incarne le leader dont le Burkina Faso a besoin à ce tournant critique de son histoire. Ghislain Dabiré, l’un des orateurs phares de cette journée, n’a pas hésité à énumérer les réussites attribuées à l’administration actuelle : de l’équipement modernisé des forces armées aux projets agricoles ambitieux, en passant par la réinstallation des populations dans leurs localités d’origine. Autant de réalisations qui, aux yeux de nombreux Burkinabè, justifient amplement cette prolongation.

Cette manifestation n’était pas qu’un simple rassemblement politique. Elle a été le reflet d’une conviction profonde, partagée par un large segment de la population, que le chemin parcouru sous la gouvernance de Traoré ne doit pas être interrompu par des élections précipitées. Au contraire, il devrait être consolidé et prolongé, permettant ainsi à Traoré de poursuivre son œuvre de reconstruction nationale.

Redéfinition de la gouvernance et de la souveraineté

La question qui reste posée est de savoir si les prochaines assises nationales, approuvées à l’unanimité par l’Assemblée nationale de transition, viendront concrétiser cette volonté populaire. Ces assises représenteront un moment décisif, un instant où la voix du peuple pourra être officiellement entendue et intégrée dans le tissu politique du Burkina Faso.

Dans cette attente, le Burkina Faso se trouve à un carrefour. Les choix qui seront faits dans les semaines et mois à venir détermineront non seulement l’avenir politique immédiat du pays, mais aussi sa trajectoire à long terme. Ce n’est donc pas simplement une prolongation de la transition qui est en jeu, mais la définition même de la gouvernance et de la souveraineté nationale dans un monde en rapide évolution.

Que l’on soit d’accord ou non avec la méthode, il est indéniable que l’approche de Traoré a suscité un engagement et un patriotisme remarquables chez bon nombre de ses concitoyens. Ceux-ci semblent prêts à défendre une vision du Burkina Faso qui, tout en étant enracinée dans ses traditions, est résolument tournée vers l’avenir. Un Burkina Faso où l’unité et la stabilité ne sont pas de vains mots, mais des principes actifs qui guident chaque décision, chaque action.

Oumarou Fomba

12 mai 2024 0 comments
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Le Colonel Assimi Goïta au Sommet Russie-Afrique.
A la UnePolitique

Le bouclier de Bamako : forger l’unité dans la forge de la Transition

by Chiencoro 12 mai 2024
written by Chiencoro 2 minutes read

Au Mali, l’ultime chapitre du Dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation s’est clôturé le 10 mai 2024, sous l’égide du Colonel Assimi Goïta. Ce grand rassemblement a servi de catalyseur pour adresser des questions cruciales à la nation malienne, marquant une étape importante vers la consolidation de la paix et la réconciliation dans un pays longtemps éprouvé par les conflits et les divisions.

Initié en réponse aux crises multidimensionnelles — insurrections, tensions ethniques et interventions étrangères — ce dialogue visait à refondre le socle de la gouvernance malienne. Lors de son adresse à la nation du 31 décembre 2023, le Colonel Goïta s’était engagé à réunir le peuple malien autour d’un consensus national sur les urgences de la gouvernance, de la sécurité, de l’économie, de la diplomatie, et du développement durable.

Consolider la gouvernance dans un contexte post-conflit complexe

Les décisions prises à l’issue de ce dialogue inter-Maliens ont une portée profonde : prolonger la transition de deux à cinq ans, encourager la candidature du Colonel Goïta à la prochaine présidentielle dont le flou règne encore autour de la date, et promouvoir les six colonels (Assimi Goïta, Ismaël Wagué, Sadio Camara, Modibo Koné, Abdoulaye Maïga et Malick Diaw) au grade de général. Ces mesures, loin d’être de simples formalités administratives, sont perçues comme essentielles pour donner le temps nécessaire à la mise en œuvre des réformes profondes requises pour stabiliser le pays.

La révision de la charte de la Transition, ainsi que la promotion des six colonels au grade de général, ne sont pas seulement des gestes symboliques. Elles représentent un engagement ferme envers la consolidation du leadership et de la gouvernance dans un contexte post-conflit complexe. Ces actions montrent que le Mali, sous la houlette de Goïta, est prêt à remodeler son avenir en s’appuyant sur des principes de leadership fort et de responsabilité.

La voie vers un Mali apaisé et souverain passe par l’écoute et l’intégration

Le Dialogue inter-Maliens n’est donc pas un événement isolé, mais le début d’un processus de transformation profonde. Il symbolise un Mali résilient et uni, prêt à surmonter ses défis avec une détermination renouvelée. En tant que nation, le Mali semble désormais naviguer vers un avenir où la paix et la prospérité ne sont plus des aspirations lointaines mais des objectifs tangibles et atteignables, grâce à la sage direction de ses leaders et à l’engagement indéfectible de son peuple.

Le Colonel Goïta a judicieusement utilisé ce dialogue pour illustrer que la voie vers un Mali apaisé et souverain passe par l’écoute et l’intégration des voix de tous ses citoyens. C’est une leçon de gouvernance qui, espérons-le, résonnera bien au-delà des frontières du Mali.

Chiencoro Diarra 

12 mai 2024 0 comments
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Mise en place des membres du Comité de pilotage du Dialogue inter-maliens.
A la UnePolitique

Réflexions au crépuscule du Dialogue inter-Maliens : quel avenir pour la paix au Mali ?

by Sahel Tribune 11 mai 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Alors que les rideaux tombent sur le Dialogue inter-Maliens pour la paix et la réconciliation, célébré avec pompe au Centre international de conférences de Bamako, une réflexion s’impose sur les résultats de ce grand rassemblement et les perspectives de paix au Mali. Le vendredi 10 mai 2024 a marqué la fin des phases nationales et finales de ce dialogue crucial, sous la présidence du Colonel Assimi Goïta.

Ce dialogue, lancé par le Chef de l’État dans son adresse à la nation du 31 décembre 2023, avait pour ambition la restauration de la paix et la réconciliation nationale. Une large participation a caractérisé le processus, incluant non seulement les membres du gouvernement, mais aussi les gouverneurs, le corps diplomatique, les représentants de diverses régions et de la diaspora, ainsi que des acteurs majeurs de la société civile. Cette inclusivité promet une meilleure acceptation des recommandations et résolutions émises, qui couvrent un éventail de mesures allant de la gestion des conflits communautaires au renforcement de l’éducation à la culture de la paix ainsi qu’à la sauvegarde de la souveraineté nationale.

Ce qu’il faut retenir des discussions 

Les recommandations clés du rapport final, lues par Boubacar Sow, rapporteur général du comité de pilotage du Dialogue inter-Maliens, comprennent des initiatives telles que la dissolution des milices d’autodéfense, le recours aux Us et coutumes locaux pour la gestion des conflits, et la création d’un cadre permanent de dialogue. D’autres propositions visent à moraliser la vie publique, renforcer l’enseignement de l’histoire et de la géographie nationales, et promouvoir l’éducation à la culture de la paix dans les établissements scolaires. L’ampleur et la diversité de ces recommandations témoignent de la profondeur des discussions et de l’engagement des participants à envisager toutes les facettes de la réconciliation et de la reconstruction nationale.

Sur le plan politique, les propositions sont tout aussi ambitieuses, avec des mesures comme la révision de la charte de la transition et la prorogation de la période de transition de deux à cinq ans. L’idée de favoriser la candidature du Colonel Assimi Goïta à la prochaine élection présidentielle, tout en élevant au grade de général plusieurs de ses collaborateurs, souligne un désir manifeste de stabiliser le leadership actuel, ce qui pourrait être perçu de diverses manières par la communauté internationale.

Construire un avenir pacifique, enraciné dans les valeurs

En termes économiques, les recommandations visent à renforcer la souveraineté économique et alimentaire du Mali, avec des initiatives telles que la création d’unités industrielles et la promotion de l’entrepreneuriat. Ces mesures sont essentielles pour assurer un développement durable et autonome, capable de soutenir les efforts de paix à long terme.

Le Dialogue inter-Maliens s’est donc conclu sur une note d’optimisme prudent, avec la promesse d’une mise en œuvre rigoureuse des recommandations et la création d’un livre blanc qui servira de feuille de route pour la paix et la réconciliation nationale. Cependant, la réussite de ces initiatives dépendra de leur acceptation par l’ensemble des Maliens et de l’efficacité de leur mise en œuvre dans un contexte politique et sécuritaire complexe.

La question demeure : ces mesures ambitieuses conduiront-elles le Mali vers une ère de stabilité durable ou ne sont-elles que des promesses éphémères dans le tourbillon de défis auxquels le pays est confronté ? Seul l’avenir nous le dira, mais ce qui est certain, c’est que le Dialogue inter-Maliens a posé des fondations sur lesquelles le Mali peut envisager de construire un avenir pacifique, enraciné dans les valeurs et les traditions qui ont longtemps façonné son histoire.

Transmettre et valoriser le bâton de la paix 

Dans ce contexte de renouveau, le rôle des femmes, salué lors des clôtures du dialogue comme « les colombes de la paix », sera crucial pour maintenir la cohésion sociale et bâtir des ponts au sein des communautés. De même, la jeunesse malienne, engagée et dynamique, doit être au cœur des stratégies de mise en œuvre pour assurer que le bâton de la paix soit transmis et valorisé par chaque nouvelle génération.

Au crépuscule de ce dialogue, l’espoir est permis, mais la vigilance reste de mise. La route vers la paix est longue et semée d’embûches, mais avec un engagement sincère et inclusif, le Mali peut aspirer à un avenir où la paix ne sera plus un rêve, mais une réalité tangible pour tous ses citoyens.

Oumarou Fomba 

11 mai 2024 0 comments
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Victoire de Mahamat Idriss Déby à la présidentielle au Tchad
Politique

Le trône hérité : Mahamat Idriss Déby et la continuité de la dynastie tchadienne

by Chiencoro 10 mai 2024
written by Chiencoro 3 minutes read

L’élection de Mahamat Idriss Déby à la présidence du Tchad dès le premier tour, annoncée par l’Agence nationale de gestion des élections (ANGE) le 6 mai 2024, a été reçue avec des réactions mitigées, mais il est impossible d’ignorer le poids symbolique de cette victoire. En obtenant 61,03 % des voix, Mahamat Idriss Déby continue, sans surprise, l’héritage politique instauré par son père, Idriss Déby Itno, marquant une nouvelle page dans la longue histoire de la dynastie Déby au pouvoir.

Depuis la mort de son père en avril 2021, Mahamat, qui avait alors pris les rênes du pays en tant que président de transition, a utilisé ce temps pour solidifier sa base de pouvoir. À travers diverses stratégies, y compris l’intégration d’ex-rebelles dans le dialogue national inclusif et souverain (DNIS) et la formation d’une coalition de plus de 200 partis autour du Mouvement Patriotique du Salut (MPS), le parti de son père, il a préparé le terrain pour une transition sans heurts du pouvoir militaire à un mandat présidentiel officiel.

Soutien de la communauté internationale 

L’annonce des résultats provisoires a été faite dans un climat de tension palpable et une rapidité qui a laissé peu de place aux contestations. Cela a non seulement suscité des doutes quant à la crédibilité du scrutin, mais a également jeté une ombre sur l’indépendance de l’ANGE, perçue par certains comme un instrument au service de la continuité de la gouvernance Déby. Le porte-parole de la plateforme de la société civile tchadienne Wakit Tama, Soumaïne Adoum, a exprimé, sur les antennes d’un média occidental, son incrédulité face à la célérité du dépouillement, qui ne semblait pas refléter l’esprit ni l’ambiance de la campagne électorale.

Cette victoire de Déby, loin d’être simplement politique, est aussi un symbole puissant de la permanence de la famille Déby à la tête du Tchad. Elle illustre parfaitement la notion de « dynastie politique » où le pouvoir se transmet non seulement par des élections, mais aussi par des liens familiaux et des réseaux d’influence qui préexistent et outrepassent les processus démocratiques normaux.

La réaction internationale à cette élection a été relativement mesurée. La communauté internationale, qui avait déjà largement soutenu la transition sous Mahamat Idriss Déby pour des raisons de stabilité régionale, semble prête à continuer sur cette lancée. Toutefois, cette acceptation tacite ne fait que renforcer l’impunité avec laquelle la dynastie Déby manœuvre, souvent au détriment d’une véritable démocratisation et du respect des droits civiques de l’opposition et des citoyens tchadiens.

Un chapitre de plus dans l’histoire prolongée de la dynastie Déby ?

Ces élections et leur déroulement soulignent une réalité incontournable : au Tchad, la politique est avant tout une affaire de famille et de réseaux. Le président Mahamat Idriss Déby, en héritant du pouvoir de son père, hérite également des défis de gouvernance et des critiques qui ont entaché les décennies de règne de son prédécesseur. Avec cette victoire, le défi pour lui sera non seulement de maintenir le contrôle, mais aussi de prouver qu’il peut transformer cette dynastie en un leadership qui répond véritablement aux besoins de tous les Tchadiens.

Cette élection n’est pas juste la victoire d’un homme, mais la continuation d’une saga politique qui semble loin de connaître son dénouement. Les Tchadiens, ainsi que les observateurs internationaux, resteront vigilants face aux développements futurs qui détermineront si cette « nouvelle » présidence apportera un changement réel ou sera simplement un chapitre de plus dans l’histoire prolongée de la dynastie Déby.

Chiencoro Diarra 

10 mai 2024 0 comments
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Des méthodes de contraception.
Santé

Semer la vérité, récolter la confiance : la bataille de Ségou contre les mythes contraceptifs

by Sahel Tribune 10 mai 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Face à la montée des mythes et préjugés sur les méthodes contraceptives en Afrique, l’ONG ASDAP mène des campagnes de sensibilisation pour éduquer les jeunes. À Ségou, des actions sont engagées pour combattre la désinformation et promouvoir une utilisation éclairée de la contraception parmi les adolescents et les jeunes adultes.

Les méthodes contraceptives telles que les pilules, préservatifs, dispositifs intra-utérins (DIU), implants, anneaux vaginaux et injections continuent de s’élargir. Elles visent à prévenir les grossesses non désirées ou précoces chez les jeunes, ainsi qu’à prévenir les infections sexuellement transmissibles. Cependant, l’utilisation de ces méthodes est souvent entourée de mythes et de préjugés qui dissuadent de nombreux jeunes de faire un choix éclairé pour une bonne santé sexuelle et reproductive.

« Les pilules peuvent provoquer des kystes et des myomes. Le DIU peut se déplacer et se perdre dans le corps, causant une prise de poids. L’implant hormonal peut arrêter les menstruations », énumère Rokia, une jeune fille de 20 ans, rappelant les préjugés qu’elle a entendus avant d’adopter le DIU.

De nombreux jeunes, comme elle, rencontrent ces mêmes interprétations erronées lorsqu’ils choisissent une méthode contraceptive pour éviter des maladies liées au sexe ou une grossesse avant le mariage.

Mythes infondés

Des rumeurs infondées circulent encore concernant l’utilisation des méthodes contraceptives à courte et longue durée. Certaines personnes prétendent qu’elles empoisonnent le sang et rendent souvent stériles. D’autres croient qu’elles servent uniquement à prévenir les grossesses non désirées chez les adolescents.

Oumar Konaté, superviseur régional chargé du genre, du plaidoyer et de la communication à l’ASDAP de Ségou, explique que ces préjugés sont incorrects et souvent sans fondement. « Les personnes qui propagent ces idées n’ont pas de bonnes informations sur ces méthodes. Elles se basent sur des expériences d’autres qui ont eu des effets secondaires pour généraliser. Il est crucial de consulter des professionnels de santé avant de choisir une méthode contraceptive adaptée à son corps. »

Les effets secondaires, bien que normaux comme pour tout médicament, varient d’une personne à l’autre. « Une personne diabétique ou hypertendue ne peut pas utiliser toutes les contraceptions. Elle doit d’abord faire une analyse pour choisir celle compatible avec son état de santé », ajoute M. Konaté.

Sensibilisation et éducation

Malgré les efforts des ONG œuvrant dans le domaine des droits et de la santé sexuels et reproductifs (DSSR) des jeunes, pour leur fournir des informations fiables et des services adaptés, ces efforts sont souvent contrariés par les préjugés et les normes sociales défavorables.

Binta Diallo, étudiante, raconte : « Lorsque j’ai choisi de recourir aux méthodes contraceptives, certaines de mes amies m’ont découragée en prétendant qu’elles rendent stériles ou perturbent les menstruations et encouragent la fornication chez une jeune fille. Grâce à une série de sensibilisations par l’ONG ASDAP, j’ai été correctement informée et j’ai pu choisir une méthode adaptée à mon corps. »

Cependant, certains restent sceptiques. Mami, mariée depuis trois ans et ayant des difficultés à concevoir, est convaincue que ses problèmes de fertilité sont dus à l’utilisation antérieure de pilules contraceptives. « J’ai utilisé des pilules pour éviter une grossesse avant le mariage. Maintenant, mariée, je fais face à des problèmes de fertilité et je suis sûre que c’est dû aux contraceptifs », se lamente-t-elle.

Les mythes et préjugés continuent d’être des obstacles majeurs à l’adoption des pratiques contraceptives parmi les jeunes. « J’utilisais un préservatif masculin, mais j’ai arrêté après avoir entendu des rumeurs sur certains produits qu’ils contiendraient pour affaiblir la virilité de l’homme africain », confie Alassane Diarra.

Communiquer pour déconstruire les idées fausses

Pour lutter contre ces préjugés, ASDAP déploie des agents de terrain pour sensibiliser les jeunes aux méthodes de contraception, en vue de leur permettre de faire des choix éclairés pour leur épanouissement sexuel. 

Selon l’OMS, la contraception est un moyen simple pour un couple ou un individu de limiter ou d’éviter la fécondité. Toute femme en âge de procréer peut y recourir, sauf en cas de contre-indication médicale. Les méthodes les plus courantes comprennent le préservatif, l’implant, l’injectable et la pilule, avec l’ajout récent de Sayana Press pour ceux qui en ont besoin. 

Il est crucial de communiquer ouvertement pour déconstruire les idées fausses autour des méthodes contraceptives, surtout dans un continent aussi jeune et peuplé que l’Afrique, afin de favoriser un développement socioéconomique plus équilibré. 

Fatoumata Z. Coulibaly, correspondante à Ségou

10 mai 2024 0 comments
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