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Air France.
Économie

Air France au Sahel — Vols suspendus, routes détournées et stratégies d’adaptation

by Sahel Tribune 7 novembre 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

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Macky Sall
A la UnePolitique

Législatives au Sénégal: Macky Sall foudroie ses successeurs

by Sahel Tribune 7 novembre 2024
written by Sahel Tribune 5 minutes read

Macky Sall, ancien président du Sénégal, lance une critique sévère contre la gestion de ses successeurs, qu’il accuse d’avoir plongé le pays dans une « situation catastrophique » à l’approche des législatives du 17 novembre. Détails.

L’ex-président Macky Sall a décidé de sortir de son silence, et il le fait en des termes amers. Dans une lettre adressée aux Sénégalais, le 6 novembre dernier, il critique sans détour la gestion de ses successeurs, qu’il accuse d’avoir plongé le pays dans une « situation catastrophique ». Ce coup de plume intervient alors que le Sénégal se prépare pour les législatives du 17 novembre, où Macky Sall prend la tête de la coalition Takku Wallu Sénégal. En décrivant un pays en proie à des problèmes économiques, institutionnels et sociaux croissants, il brosse un tableau sombre, espérant mobiliser l’électorat sénégalais à sa cause. Que cache réellement cette missive, et quels en sont les enjeux pour le Sénégal ?

Une entrée en scène calculée

Le choix du moment n’est pas anodin. Macky Sall a attendu la dernière ligne droite avant les élections pour frapper fort. Pendant huit mois, il s’est montré discret, adoptant la posture d’un ancien président respectueux des institutions et de la transition démocratique. Ce silence, brisé à quelques jours des législatives, marque une volonté de reprendre le contrôle du débat politique. En présentant une « situation catastrophique », Sall espère raviver l’inquiétude et la colère des électeurs déçus par le nouveau régime.

L’ex-président rappelle avec insistance les « réussites » de son mandat : croissance économique malgré la crise du Covid-19, infrastructures modernes, réformes sociales ambitieuses et une influence diplomatique accrue pour le Sénégal. Par contraste, il accuse ses successeurs d’avoir laissé les choses se dégrader. Cet argumentaire, qu’il déroule dans une rhétorique d’urgence, s’adresse directement aux Sénégalais déçus de l’actuelle administration et en quête d’une figure expérimentée pour redresser le pays.

Entre héritage et accusation : une confrontation directe

La lettre de Macky Sall ne fait pas que vanter son bilan. Elle vise à ébranler la confiance dans le gouvernement actuel, qu’il accuse d’être incompétent, populiste et manipulateur. Il fait état d’une économie en déclin, d’un chômage croissant, de la détérioration des infrastructures et d’une gouvernance qu’il juge « incohérente » et « calamiteuse ». Ces accusations s’appuient sur des faits marquants : la baisse de la note souveraine du Sénégal par les agences de notation, des scandales non résolus dans des institutions publiques, et des promesses électorales non tenues. En dénonçant ce qu’il considère comme un reniement des engagements de campagne et une absence d’action concrète, Macky Sall se pose en défenseur de l’intégrité et de la cohérence institutionnelle.

Son message est clair : il appelle les Sénégalais à refuser cette gouvernance qu’il estime « stérile » et à privilégier une équipe expérimentée et dévouée aux intérêts du pays. La coalition Takku Wallu Sénégal, qu’il dirige, se présente ainsi comme le dernier rempart contre la chute de l’économie et le délitement des institutions. En insistant sur les valeurs de « réconciliation » et de « stabilité », Macky Sall tente de convaincre que son retour aux affaires est une nécessité pour sauvegarder la paix et la prospérité du Sénégal.

Un appel à la mobilisation nationale

L’ancien président expose également une feuille de route concrète en cas de victoire de sa coalition : restauration des institutions républicaines, réconciliation nationale, aide d’urgence aux victimes des inondations, soutien à l’emploi des jeunes et réduction du coût de la vie. Ce programme, énuméré comme une série d’engagements, vise à donner aux Sénégalais une vision claire de ce que pourrait être un retour de Sall aux commandes. L’objectif est de mobiliser les électeurs sur des promesses tangibles, tout en se posant en alternative sérieuse face à l’actuel pouvoir, perçu comme populiste et inefficace.

Ce projet de redressement prend une teinte de patriotisme, Sall évoquant les « idéaux et valeurs » qui, selon lui, font la grandeur du Sénégal : la paix, la liberté et la cohésion nationale. En appelant les citoyens à un « sursaut citoyen d’envergure », il cherche à transcender les clivages partisans, prônant une mobilisation collective pour éviter ce qu’il voit comme une déroute nationale.

Un duel politique à distance

Les réactions ne se sont pas fait attendre. Ayib Daffé, secrétaire général du Pastef, parti au pouvoir, a rapidement fustigé la démarche de Macky Sall, l’accusant de « mépris » envers les Sénégalais. Pour Daffé, un véritable retour de l’ancien président sur le terrain sénégalais, plutôt qu’un discours à distance, aurait été plus respectueux de la population. Cette réponse cinglante souligne la profondeur des divisions politiques actuelles et l’intensité de la bataille électorale. Macky Sall est perçu comme une figure du passé, et certains opposants tentent de discréditer sa tentative de retour en l’associant à une époque révolue.

Néanmoins, en s’adressant aux Sénégalais avec une lettre qui se veut solennelle, Macky Sall joue la carte de l’expérience et de la stature d’homme d’État. Sa lettre est autant une critique du présent qu’une réaffirmation de sa capacité à gouverner et à rassembler, une manœuvre politique qui pourrait convaincre une partie de l’électorat de lui donner une seconde chance. La question que l’on pourrait amener à se poser est : Macky Sall compte-t-il prendre les rênes du pouvoir au Sénégal comme l’a fait Donald Trump aux Etats-Unis ? 

Le 17 novembre, c’est donc bien l’avenir du pays qui se jouera dans les urnes, sous le regard attentif de l’ancien président, déterminé à redevenir une figure centrale de la vie politique nationale.

Alassane Diarra 

7 novembre 2024 0 comments
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Économie

Au Mali comme au Niger — le retour de Starlink, un tournant pour la souveraineté numérique des États du Sahel

by Chiencoro 7 novembre 2024
written by Chiencoro 5 minutes read

Le retour de Starlink au Mali et son adoption au Niger marquent un acte fort de souveraineté numérique dans un Sahel en quête d’indépendance technologique. Analyse.

Le retour de Starlink au Mali et son autorisation au Niger sont bien plus qu’une simple affaire de connexion internet. Pour ces nations sahéliennes, souvent isolées des infrastructures mondiales et dépendantes des réseaux de télécommunications lents ou limités, l’arrivée de Starlink est une véritable bouffée d’air. Pourtant, au Burkina Faso, la situation reste bloquée, soulignant les tensions réglementaires autour de l’entreprise de Musk. Ce développement s’inscrit dans un contexte de réorganisation politique et économique de la région, marquée par la création de la Confédération des États du Sahel et la sortie conjointe de ces pays de la CEDEAO, des étapes cruciales pour l’autonomie et la coopération régionale.

Starlink, un levier de développement et d’indépendance pour le Mali et le Niger

Après des années de méfiance, le Niger et le Mali, qui avaient interdit Starlink en raison de craintes sécuritaires, ont finalement décidé de l’intégrer dans leur paysage numérique. Le Mali, après quelques mois d’interdiction, a choisi de légaliser l’utilisation de Starlink, sous condition d’un encadrement réglementaire temporaire. L’objectif : s’assurer que le réseau Starlink ne soit pas utilisé à des fins nuisibles, notamment par des groupes armés, tout en offrant aux citoyens un accès internet dans des zones jusque-là inaccessibles.

Au Niger, un accord signé avec l’entreprise promet un déploiement de réseau sans précédent, couvrant des zones où la connectivité est à peine existante. Le taux de couverture en 2G, 3G et 4G y est inférieur à un tiers du territoire. Pour les entrepreneurs nigériens, l’offre de Starlink, avec du haut débit à un tarif abordable, est une opportunité qui pourrait transformer le secteur économique. 

Une souveraineté numérique en renforcement pour les États du Sahel

L’approche pragmatique adoptée par le Mali et le Niger montre une volonté d’avancer vers une souveraineté numérique assumée. Ces États, membres de la Confédération des États du Sahel, forment un bloc uni cherchant à prendre le contrôle de leur destin face à des défis sécuritaires et économiques. L’Alliance des États du Sahel, créée en septembre 2023, a marqué le début de cette dynamique, renforcée par la création de la Confédération en juillet 2024. Le retrait de la CEDEAO annoncé par ces trois pays en janvier 2024 a également cristallisé leur refus de dépendre d’organisations régionales ou internationales perçues comme éloignées des réalités locales.

L’intégration de Starlink dans ce cadre de souveraineté renforcée est une décision salvatrice, visant à offrir aux populations un accès direct et indépendant à internet, en contournant les réseaux nationaux parfois insuffisants ou soumis à des pressions extérieures. Pour ces États de l’AES, Starlink est ainsi un outil qui va bien au-delà de la simple connexion ; il devient une pièce essentielle d’un projet politique d’autonomie et de modernisation.

Les réticences du Burkina Faso : une approche plus prudente

Au Burkina Faso, en revanche, l’Autorité de Régulation des Communications électroniques et des Postes (ARCEP) a réitéré son opposition à Starlink, jugeant « irrégulière » la commercialisation de ses terminaux internet. L’ARCEP a rappelé que toute entreprise de communication doit se conformer aux lois locales. Les Burkinabés sont ainsi invités à se méfier de ce service, qui demeure interdit tant que Starlink n’aura pas satisfait aux exigences réglementaires du pays.

Ce positionnement contraste avec les choix faits au Mali et au Niger, mais reflète une prudence que l’on peut comprendre, surtout dans un pays où les préoccupations sécuritaires sont très fortes. Néanmoins, la décision du Burkina Faso de ne pas encore autoriser Starlink pourrait à terme isoler davantage sa population, en la privant de services numériques essentiels dans des zones souvent coupées du reste du pays.

Une modernisation numérique au service de la Confédération des États du Sahel

Ce retour de Starlink au Mali et son entrée au Niger s’inscrivent dans un contexte de réorganisation du Sahel. La Confédération des États du Sahel, au-delà de son objectif de coordination sécuritaire et économique, cherche à réduire la dépendance de ses membres vis-à-vis des acteurs extérieurs et des institutions perçues comme lointaines. Le numérique fait désormais partie intégrante de ce projet de modernisation. Offrir aux citoyens et aux entreprises locales un accès fiable au haut débit contribue à consolider l’autonomie de cette Confédération dans des domaines critiques, de l’éducation à la santé, en passant par l’économie et la sécurité.

L’ouverture à Starlink n’est donc pas un simple acte de libéralisation des télécommunications : elle incarne le choix de ces États de prendre en main leur développement, de se doter d’outils de communication qui répondent à leurs besoins spécifiques et de contourner les obstacles technologiques hérités de l’histoire coloniale et de la dépendance postcoloniale.

Starlink, une avancée stratégique dans un cadre sous contrôle

Pour le Mali et le Niger, le cadre réglementaire imposé à Starlink démontre une volonté de ne pas reproduire les erreurs du passé. En imposant une période d’essai au Mali et en négociant des accords précis au Niger, ces États entendent garder la maîtrise de l’utilisation de cette technologie sur leur territoire. La législation en cours d’élaboration et les plateformes d’enregistrement d’utilisateurs permettront d’assurer que Starlink serve les intérêts du plus grand nombre, tout en limitant les risques liés à son exploitation par des groupes armés ou des acteurs non désirés.

Avec Starlink, le Mali et le Niger font le pari de l’innovation et de l’ouverture au monde sans pour autant perdre le contrôle de leur infrastructure numérique. Ils démontrent qu’il est possible de conjuguer indépendance et progrès technologique. Face aux défis du 21e siècle, ces États sahéliens tracent une voie ambitieuse et nécessaire : celle d’une autonomie numérique au service de leur développement et de la souveraineté des peuples africains.

Chiencoro Diarra 

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Jean-Marie Bockel et Emmanuel Macron
A la UneSécurité

Afrique : que cache le pré-rapport secret remis à Macron sur la présence militaire française ?

by Sahel Tribune 7 novembre 2024
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LE_BILLET_DHUMEUR
A la UneBillet d'humeur

Élections législatives : la stratégie risquée de Macky Sall avec Avisa Partners

by Sahel Tribune 7 novembre 2024
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Choguel Kokalla Maiga, Premier ministre du Mali.
A la Une

Mali : les paradoxes de Choguel Maïga

by Sahel Tribune 6 novembre 2024
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Macron et Trump
Opinion

Victoire du Républicain — quand les dirigeants étrangers s’empressent de se ranger derrière Trump

by Sahel Tribune 6 novembre 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

La vague de félicitations précipitées des dirigeants étrangers envers Donald Trump, avant même l’officialisation de sa victoire, révèle une diplomatie opportuniste où l’empressement à courtiser le futur président prime sur la retenue et le respect des processus électoraux. Décryptage. 

À peine les résultats de l’élection américaine officieux, voilà que des dirigeants du monde entier, de Recep Tayyip Erdogan à Emmanuel Macron, s’alignent en file pour féliciter Donald Trump de sa victoire. Tous rivalisent de superlatifs pour exprimer leur « respect », leur « admiration », voire leur « enthousiasme » pour le « come-back historique » du 47e président des États-Unis. Ce déferlement de félicitations ressemble à une compétition entre chefs d’État, une course pour être le premier à brandir la banderole de bienvenue à un homme qui n’a même pas encore vu sa victoire officiellement confirmée. 

Quand la diplomatie devient précipitation

Recep Tayyip Erdogan, par exemple, n’a pas hésité une seconde à publier un message public pour féliciter « son ami » Donald Trump, appelant de ses vœux une nouvelle ère de relations renforcées entre la Turquie et les États-Unis. Et les formules abondent : un « monde plus juste », des « crises mondiales résolues », et bien sûr, une paix miraculeuse en Ukraine et au Proche-Orient. Il est à se demander si Erdogan, par un excès de zèle, ne voit pas en Trump un messie diplomatique soudainement investi de pouvoirs surnaturels pour résoudre tous les conflits mondiaux.

Du côté de l’Europe, Emmanuel Macron n’a pas tardé à ajouter sa voix au concert des félicitations, se proclamant « prêt à travailler ensemble » avec Donald Trump, comme si cette coopération venait d’être suspendue hier. Cette rapidité excessive n’est pas seulement surprenante, elle est embarrassante. La précipitation des félicitations montre un empressement déplacé, une sorte de ruée vers le compliment qui paraît surtout destinée à s’assurer d’une place stratégique auprès du futur chef de la Maison-Blanche, sans prendre le temps de peser les mots. Ces dirigeants semblent plus intéressés par l’idée d’anticiper leurs intérêts que par la prudence diplomatique.

Zelensky et Netanyahou : l’empressement stratégique à tout prix

Volodymyr Zelensky, dans une situation de guerre, a lui aussi sauté sur l’occasion pour féliciter Trump pour une « impressionnante victoire », lui adressant publiquement ses espoirs pour une « paix juste ». Là encore, on peut comprendre la nécessité de jouer une carte diplomatique forte dans un contexte aussi tendu. Mais n’était-il pas plus judicieux d’attendre une confirmation officielle avant de dérouler le tapis rouge à l’homme qui a souvent affiché ses sympathies pour la Russie ? Ce revirement précipité de Zelensky, qui mise tout sur une continuité dans le soutien militaire américain, laisse une impression de fragilité, voire de panique. Il semble que chaque dirigeant s’empresse de manifester son enthousiasme, quitte à compromettre l’image d’une diplomatie mesurée et réfléchie.

Quant à Benyamin Netanyahou, il s’est félicité d’un « réengagement puissant dans la grande alliance ». Netanyahou, qui a eu une relation particulière avec Trump lors de son premier mandat, saute à pieds joints dans ce qu’il appelle « une victoire nécessaire pour le monde ». Ses mots illustrent bien la complicité évidente entre certains chefs d’État et l’ancien président américain, mais aussi leur empressement à s’assurer un soutien américain indéfectible, sans se soucier de la rapidité de leurs déclarations.

Et le bon sens, dans tout ça ?

Enfin, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán n’a pu contenir sa ferveur en célébrant le « plus grand come-back de l’histoire politique des États-Unis ». Pour lui, le retour de Trump n’est rien de moins qu’une « victoire nécessaire pour le monde ». Orbán voit en Trump une sorte d’alter ego politique, un dirigeant qui, comme lui, défie les normes démocratiques et se place en opposition à l’establishment. Pour Orbán, ce retour est donc une bénédiction, une validation de son propre style de gouvernance, mais aussi une manière de légitimer sa position sur l’échiquier mondial.

Cette vague de félicitations rapides, accordée avant même l’officialisation des résultats, est non seulement une maladresse diplomatique, mais elle envoie également un message inquiétant. Pourquoi cette précipitation ? Pourquoi ces dirigeants se montrent-ils si impatients de prendre position avant même que le processus électoral ne soit finalisé ? Cela donne une image de la diplomatie mondiale où le pragmatisme et la prudence sont abandonnés au profit de la flatterie et de la soumission stratégique. Il ne s’agit plus de respecter les institutions américaines, mais de s’aligner immédiatement, comme si ces dirigeants craignaient d’être laissés pour compte dans la future géopolitique américaine.

Oumarou Fomba 

6 novembre 2024 0 comments
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