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La confirmation de la condamnation d'Ousmane Sonko pourrait remettre en cause sa candidature pour la présidentielle de février 2024.
ActuPolitique

Législatives au Sénégal : un appel au calme dans une campagne sous tension

by Sahel Tribune 13 novembre 2024
written by Sahel Tribune 3 minutes read

À quelques jours des législatives au Sénégal, les appels au calme peinent à apaiser les tensions, mettant la démocratie sénégalaise à l’épreuve.

À cinq jours des élections législatives, le Sénégal se retrouve pris dans un tourbillon de tensions politiques et de violences verbales et physiques, qui menacent d’ébranler le caractère pacifique de ses institutions démocratiques. Le Premier ministre Ousmane Sonko, figure controversée et tête de liste de Pastef, a récemment fait appel au calme. Pourtant, cette invitation à la paix survient après des propos enflammés de vengeance lancés contre ses opposants. Ce changement de ton soulève des questions légitimes sur la responsabilité des leaders politiques dans la préservation de la stabilité sociale.

L’escalade de la violence : une mobilisation dangereuse

Le 12 novembre, alors que les partisans de Sonko se rassemblaient pour exprimer leur colère face aux violences subies, leurs revendications allaient bien au-delà du simple soutien électoral : ils réclamaient un « œil pour œil, dent pour dent » en réponse aux attaques. La violence semblait devenir un moyen d’expression politique, une escalade à laquelle le Premier ministre a lui-même contribué en attisant les tensions sur les réseaux sociaux. Dans une campagne qui devrait avant tout être un exercice de conviction pacifique, la rhétorique guerrière ne devrait avoir aucune place. L’appel ultérieur au calme, bien qu’appréciable, apparaît ainsi comme une tentative tardive de contenir une atmosphère qu’il a contribué à enflammer.

Face à cette situation, l’opposition, incarnée par Barthélémy Dias, maire de Dakar, n’est pas restée silencieuse. Elle a accusé Sonko de manipuler la colère populaire à des fins électorales, tout en lançant un appel au civisme. Dias a exhorté ses sympathisants à éviter toute violence et à rester sereins dans cette période sensible. Cet appel s’accompagne de critiques acerbes contre Sonko et le ministère de l’Intérieur, témoignant de l’ampleur des frustrations et de l’animosité croissante entre les deux camps.

La responsabilité des leaders pour un scrutin pacifique

Dans ce contexte, les autorités locales, y compris le gouverneur de Saint-Louis, ont annoncé l’arrestation de 81 individus impliqués dans les incidents récents, en tentant d’assurer la population que la police travaille pour garantir la sécurité. Cependant, malgré ces efforts pour contenir les débordements, le climat reste tendu, et l’éventualité de nouvelles violences demeure une crainte partagée par de nombreux citoyens.

Ousmane Sonko et Barthélémy Dias, leaders d’opposition aux styles et visions différents, portent tous deux la responsabilité de veiller à ce que le Sénégal traverse cette période électorale sans sombrer dans la division. En tant que personnalités influentes, ils se doivent de rappeler à leurs partisans que la véritable force de la démocratie réside dans la capacité de s’opposer sans violence. Si les jours à venir marquent la conclusion de cette campagne tendue, il reste à espérer que les appels au calme prévaudront et que le scrutin du 17 novembre se déroulera dans un esprit de paix et de respect des valeurs démocratiques sénégalaises.

L’élection de dimanche sera un test décisif pour la démocratie sénégalaise, et les résultats ne devraient être déterminés que par les voix des citoyens dans les urnes, non par la force dans la rue.

Sahel Tribune 

13 novembre 2024 0 comments
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Les bénéficiaires de la donation.
Santé

Mécénat : l’OMA et le Commissariat à la sécurité alimentaire aux côtés des femmes fistuleuses du Point G

by Sahel Tribune 13 novembre 2024
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Dans le cadre du mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion (octobre), l’Organisation Maroc-Afrique et Développement offre cinq tonnes de vivres pour soutenir les femmes fistuleuses de l’hôpital du Point G et les femmes démunies de Koulikoro. 

« Là où la solidarité soigne les blessures, la résilience fait son nid ». Fort de ce proverbe, la présidente de l’Organisation Maroc-Afrique culture et développement (OMA), Mme Sanglier Niagalé Mariam Diané, soutenue par le ministre Commissaire à la Sécurité alimentaire, M. Redouwane Ag Mohamed Ali, a fait œuvre utile en réalisant, samedi 9 novembre 2024, une importante donation de vivres aux femmes vulnérables de l’hôpital du Point G et celles de Koulikoro. Cet acte de générosité vise à alléger les charges des patientes durant leur période de convalescence.

Cinq tonnes de vivres pour soulager les plus démunies

« Nous avons offert deux tonnes et demie de vivres aux femmes fistuleuses. Et à Koulikoro, deux autres tonnes et demie pour les femmes en grande précarité », a précisé Mme Sanglier Niagalé Mariam Diané, présidente de l’OMA. Ce geste, qui représente un total de cinq tonnes de vivres, a été rendu possible grâce au soutien du Commissariat à la sécurité alimentaire, démontrant ainsi l’engagement des autorités maliennes aux côtés des organisations pour le bien-être des plus démunies.

Les bénéficiaires, représentées par une porte-parole, ont exprimé leur gratitude pour cette aide précieuse, en soulignant également le besoin de fournitures hygiéniques, notamment de compresses lavables. « Ces vivres vont nous permettre de tenir pendant notre rétablissement, mais nous manquons de kits hygiéniques essentiels à notre confort », a déclaré une bénéficiaire. Ce sont environ cent femmes, dont une cinquantaine du centre Oasis de l’hôpital universitaire du Point G et une cinquantaine de Koulikoro, qui ont pu profiter de ce don.

Un soutien matériel et moral qui répare les blessures de la vie

Pour l’OMA, ce geste symbolise une promesse à renouveler chaque année, inscrivant l’aide aux femmes atteintes de fistule obstétricale parmi les priorités de l’organisation.

Par cet acte, l’Organisation Maroc-Afrique culture et le Commissariat à la Sécurité alimentaire ne se contentent pas seulement d’offrir un soutien matériel, mais s’engagent à redonner espoir et dignité à celles que la vie a trop souvent laissées au bord du chemin.

Créée en 2011, l’OMA a pour objectif de renforcer les relations culturelles et la coopération au sein du continent, en favorisant des partenariats stratégiques entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne.

Moussa Tolo

13 novembre 2024 0 comments
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Mamady Doumbouya, président guinéen de la transition
ActuAnalyses

Refondation ou présidence prolongée : quelle est la véritable ambition de Mamadi Doumbouya ?

by Sahel Tribune 13 novembre 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

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Tiken Jah Fakoly
A la UneSeko ni Donko

Tiken Jah Fakoly répond aux critiques : « Je reste la voix des sans-voix »

by Sahel Tribune 13 novembre 2024
written by Sahel Tribune 5 minutes read

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COP29 Bakou
A la UneClimat et environnement

COP29 : le bras de fer autour du financement climatique pour les pays africains

by Fousseni TOGOLA 13 novembre 2024
written by Fousseni TOGOLA 5 minutes read

À la COP29 de Bakou, les pays africains réclament un financement climatique ambitieux pour faire face aux défis environnementaux, mais les obstacles diplomatiques restent nombreux.

La COP29, qui se déroule à Bakou, a démarré avec un succès initial dans la régulation des marchés carbone, un domaine crucial pour la transition écologique. Les négociations, axées sur la finance climat, ont cependant vite révélé des enjeux complexes pour le groupe Afrique. Avec en ligne de mire le Nouvel Objectif collectif quantifié (NCQG), qui doit déterminer les fonds alloués aux pays vulnérables pour faire face aux défis climatiques, l’Afrique espère obtenir des engagements financiers solides malgré des obstacles politiques et économiques importants.

Un succès pour les marchés carbone, mais des défis à venir

L’annonce d’un accord sur la régulation des marchés carbone dès les premières heures de la conférence a suscité des réactions positives. La présidence azérie, après dix ans de discussions, est parvenue à établir des normes contraignantes, ce qui mettra fin à un « Far West » du marché carbone, souvent accusé de greenwashing et de manques en transparence. Sous l’égide des Nations Unies, le nouvel accord devrait garantir l’intégrité des transactions de crédits carbone, offrant ainsi aux pays africains des perspectives accrues de financement pour des projets de reforestation et d’énergie renouvelable.

Pour les pays africains, le bon fonctionnement des marchés carbone est essentiel. Ces pays, bien que peu responsables des émissions mondiales, possèdent d’importantes ressources naturelles qui peuvent générer des crédits carbone en capturant le CO₂. Cet accord permettra d’attirer de nouveaux financements vers des projets locaux tout en veillant à ce que les bénéfices de la compensation carbone soient justes et équitables pour les communautés.

Le NCQG : un objectif clé pour le financement de l’adaptation climatique

Cependant, le cœur des négociations reste la fixation du NCQG, ce nouveau seuil de financement que les pays développés devront fournir aux pays en développement pour faire face aux changements climatiques. Les pays riches avaient promis, dès 2015, 100 milliards de dollars par an pour aider les économies vulnérables à s’adapter aux catastrophes climatiques et à réduire leurs émissions de carbone. Mais pour les nations africaines, ce montant est aujourd’hui largement insuffisant. L’Afrique a donc posé la barre bien plus haut cette année, avec une demande de 1 300 milliards de dollars annuels.

Les dirigeants africains, venus en nombre à Bakou, défendent cette somme comme une base pour les négociations, rappelant que les projections scientifiques confirment un besoin financier colossal. « Le montant du NCQG devra s’appuyer sur les données scientifiques et correspondre aux besoins des pays vulnérables », a déclaré le président congolais Denis Sassou Nguesso. Avec une vingtaine de chefs d’État africains présents, le continent espère montrer un front uni pour défendre ses intérêts.

Les défis diplomatiques : le spectre de l’élection américaine et l’absence des leaders occidentaux

Le contexte politique mondial complique cependant les espoirs africains. L’ombre d’un éventuel retour de Donald Trump à la Maison Blanche plane sur les négociations, rappelant aux dirigeants africains le retrait américain de l’Accord de Paris sous la précédente administration. Un nouveau désengagement américain aurait des conséquences financières directes, car les États-Unis sont l’un des principaux contributeurs à la finance climat. « Le succès des négociations ne dépend pas d’un seul pays », a déclaré Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention cadre des Nations unies, tentant de rassurer les délégations. Mais l’absence de plusieurs leaders occidentaux, notamment Emmanuel Macron, Joe Biden et Ursula von der Leyen, est perçue comme un signe négatif par les pays en développement.

Prêts, dons, ou investissements privés ? La nature des financements en débat

Au-delà des montants, la nature des financements pour le NCQG est un sujet de tension. Les pays développés plaident pour des financements sous forme de prêts et d’investissements privés, tandis que les pays africains insistent sur l’importance des dons, plus adaptés à leur situation économique. Les prêts risquent d’aggraver l’endettement des pays vulnérables, alors que des dons offriraient un soutien direct sans implication de remboursement. Pour les nations africaines, la nature des financements est donc aussi cruciale que les montants proposés.

Un autre enjeu critique est la proposition des pays développés d’élargir la base des contributeurs, en intégrant des pays comme la Chine, la Russie, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, considérés comme de « nouveaux pollueurs ». Les pays africains, qui maintiennent des relations économiques stratégiques avec la Chine, refusent cependant de soutenir cette proposition, craignant de fragiliser leurs partenariats. « Nous ne voulons pas nous mettre la Chine à dos », a confié un négociateur africain, rappelant que l’Afrique fait partie du G77, un groupe de pays en développement dans lequel la Chine est un acteur influent.

L’Afrique peut-elle obtenir un engagement financier ambitieux ?

À Bakou, l’Afrique est confrontée à un défi de taille : faire entendre ses besoins dans un contexte international incertain. La demande de 1 300 milliards de dollars par an est ambitieuse, mais reflète les besoins réels d’un continent de plus en plus exposé aux conséquences des changements climatiques. Face aux absences notables de plusieurs dirigeants occidentaux et aux pressions pour inclure de nouveaux contributeurs, les négociateurs africains devront faire preuve de stratégie pour obtenir des résultats concrets.

La COP29 représente donc un tournant pour les pays africains, qui cherchent à renforcer leurs capacités d’adaptation aux impacts climatiques. Les jours à venir seront décisifs pour déterminer si le continent obtiendra le soutien nécessaire pour répondre aux défis environnementaux et socio-économiques qui se profilent.

Un front uni pour le climat et l’avenir de l’Afrique

L’Afrique est un acteur de plus en plus incontournable dans les discussions climatiques internationales. Avec ses ressources naturelles, ses initiatives locales pour la transition écologique et ses vulnérabilités face au réchauffement, le continent doit être au centre des priorités financières mondiales. À Bakou, les leaders africains défendent un futur dans lequel le financement climatique est une réalité concrète et équitable, capable de transformer les défis climatiques en opportunités pour un développement durable.

La COP29 est l’occasion pour le monde de reconnaître les efforts de l’Afrique et de traduire en actes les engagements de solidarité internationale. Dans les jours à venir, les négociateurs africains continueront de défendre cette vision, déterminés à obtenir le soutien qu’exige le continent pour bâtir un avenir résilient face aux changements climatiques.

F. Togola

13 novembre 2024 0 comments
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Vue aérienne de Bamako
A la UnePolitique

Mali : la justice tranche en faveur de la stabilité, pas de libération pour les opposants

by Sahel Tribune 12 novembre 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

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VISITE DE TRAVAIL DU PRESIDENT NIGER AU MALI
Économie

Niger : un accord financier et des perspectives économiques prometteuses sous surveillance

by Chiencoro 12 novembre 2024
written by Chiencoro 5 minutes read

Le Niger, soutenu par un décaissement de 43 millions de dollars du FMI, mise sur sa croissance pétrolière et ses efforts climatiques pour consolider une économie prometteuse, mais fragile.

Le Niger fait aujourd’hui figure de modèle économique en Afrique de l’Ouest, avec une croissance économique fulgurante et un accord fraîchement scellé avec le Fonds monétaire international (FMI). Ce lundi 11 novembre, une délégation du FMI a conclu un accord de décaissement de 43 millions de dollars en faveur du pays, saluant les bonnes performances de son économie. Pour le Niger, cette aide représente un levier financier important, offrant à la fois une bouffée d’oxygène pour ses finances publiques et une impulsion pour ses efforts en matière d’adaptation climatique. Cependant, malgré ces avancées, des défis subsistent, notamment en matière de sécurité et de transparence budgétaire.

Un soutien financier crucial en deux volets

Les 43 millions de dollars (soit 26 576 233 291 FCFA) alloués par le FMI proviennent des Droits de tirages spéciaux (DTS), un mécanisme d’aide internationale mis en place pour soutenir les économies des pays en développement face aux crises récentes, notamment la pandémie de Covid-19. Cette somme est divisée en deux enveloppes distinctes. La première, d’un montant de 17 millions de dollars (soit 10 506 882 929 FCFA), sera injectée dans les finances publiques afin de stabiliser l’économie nigérienne et de renforcer sa résilience économique. La seconde enveloppe, plus conséquente, s’élève à 26 millions de dollars (soit 16 070 105 220 FCFA) et est spécifiquement dédiée aux efforts d’adaptation climatique, un domaine crucial pour le Niger, durement touché par des phénomènes climatiques extrêmes.

Ce soutien financier arrive à un moment opportun pour le Niger, qui cherche à consolider ses acquis économiques et à renforcer sa stabilité. Le FMI a justifié cet accord en mettant en avant la croissance « impressionnante » du Niger, avec un Produit Intérieur Brut (PIB) projeté à 8,8 % pour l’année 2024. Cette performance remarquable repose sur trois facteurs clés : l’essor des exportations de pétrole, une saison agricole globalement favorable malgré des inondations, et la levée des sanctions économiques imposées par la CEDEAO après le coup d’État militaire de juillet 2023.

Les moteurs de la croissance : pétrole, agriculture et levée des sanctions

Devenu exportateur de pétrole en 2024, le Niger a bénéficié d’un afflux de devises étrangères et d’un renforcement de ses recettes fiscales, dynamisant ainsi son économie. Ce statut d’exportateur pétrolier a permis au pays de diversifier ses sources de revenus, un atout essentiel pour une économie qui reste vulnérable aux chocs externes. Parallèlement, la saison agricole s’est révélée globalement positive, malgré quelques épisodes d’inondations, permettant de soutenir la sécurité alimentaire et de stabiliser le secteur agricole, essentiel pour la population.

L’allègement des sanctions de la CEDEAO a également joué un rôle crucial. Imposées à la suite du coup d’État contre le président Mohamed Bazoum en juillet 2023, ces sanctions avaient isolé économiquement le Niger, freinant ses échanges commerciaux et augmentant la pression sur ses finances publiques. Avec la levée de ces restrictions, l’économie nigérienne a retrouvé un accès aux marchés régionaux, stimulant ainsi la reprise économique. Cette conjonction de facteurs a consolidé la position du Niger sur la scène régionale, lui permettant de renouer avec la croissance et d’attirer l’attention d’organisations internationales comme le FMI.

Des perspectives encourageantes, mais fragiles

Si les projections économiques du FMI pour 2025 sont encourageantes, avec un taux de croissance anticipé à 7,9 % et une inflation en recul, ces prévisions demeurent fragiles. En effet, la situation sécuritaire du Niger, marquée par des menaces terroristes et des tensions internes, pourrait rapidement compromettre ces perspectives. La sécurité reste un enjeu majeur, notamment dans les régions frontalières avec le Mali et le Burkina Faso, où la présence de groupes armés met en péril la stabilité du pays. Ce contexte rend l’économie vulnérable aux perturbations, d’autant plus que les dépenses militaires mobilisent une part importante du budget de l’État, réduisant ainsi les ressources disponibles pour d’autres secteurs clés.

Le FMI a également relevé des faiblesses dans la gestion budgétaire du pays. Bien que des progrès aient été accomplis dans la lutte contre la corruption, l’institution internationale insiste sur la nécessité d’une transparence accrue dans les finances publiques. Une meilleure gestion budgétaire pourrait non seulement renforcer la crédibilité du gouvernement, mais aussi favoriser l’investissement étranger, essentiel pour soutenir une croissance durable. L’accès à des financements extérieurs dépendra en grande partie des efforts du Niger pour instaurer une rigueur budgétaire et améliorer la gouvernance de ses ressources.

L’enjeu climatique : un défi de taille pour le Niger

L’autre volet de l’accord, dédié à l’adaptation climatique, revêt une importance particulière pour le Niger. Pays sahélien particulièrement exposé aux effets du changement climatique, le Niger fait face à des phénomènes météorologiques extrêmes, tels que les sécheresses et les inondations, qui impactent lourdement son agriculture et ses infrastructures. Le financement de 26 millions de dollars (soit 16 070 105 220 FCFA) devrait permettre d’investir dans des projets visant à renforcer la résilience du pays face à ces défis climatiques. Il pourrait s’agir d’améliorer les systèmes de gestion de l’eau, de développer des infrastructures résistantes aux intempéries ou de promouvoir des pratiques agricoles durables.

Ce soutien du FMI reflète une prise de conscience croissante des institutions internationales quant aux défis uniques auxquels les pays sahéliens sont confrontés. En investissant dans l’adaptation climatique, le Niger pourra mieux se préparer aux impacts à long terme du changement climatique, tout en protégeant les moyens de subsistance de sa population rurale.

Pour le Niger, l’enjeu est donc double : maintenir la confiance des investisseurs internationaux en prouvant sa capacité à gérer de manière transparente les ressources publiques, tout en poursuivant les efforts pour assurer la sécurité intérieure. Ce fragile équilibre sera déterminant pour transformer le potentiel économique actuel du pays en une prospérité durable.

Chiencoro Diarra 

12 novembre 2024 0 comments
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