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Sommet des chefs d'Etats de l'AES
Économie

Le Sahel sous le poids de la dette : perspectives pour le Mali, le Niger et le Burkina Faso

by Sahel Tribune 5 décembre 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Selon le rapport sur la dette internationale 2024, le Mali, le Niger et le Burkina Faso, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), font face à un endettement croissant. Avec des dettes extérieures représentant respectivement 104 %, 455 % et 172 % de leurs exportations, ces pays sont confrontés à des contraintes économiques majeures, mettant en péril leurs capacités à répondre aux défis socio-économiques et sécuritaires.

Alors que les économies du Sahel cherchent à se stabiliser, le rapport sur la dette internationale de 2024 révèle une pression croissante sur les finances publiques des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) : le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Ces trois nations, qui luttent simultanément contre l’insécurité, la pauvreté et l’instabilité politique, voient leur endettement devenir une contrainte majeure pour leur développement.

Un niveau d’endettement alarmant

Le Mali affiche une dette extérieure totale de 6,457 milliards de dollars en 2023, représentant 104 % des exportations et 32 % du revenu national brut (RNB). Cette dette est principalement constituée de prêts à long terme, dont 75 % sont accordés par des créanciers multilatéraux, notamment la Banque mondiale qui détient 36 % de la dette publique garantie. Le service de la dette, incluant le remboursement du capital et les intérêts, représente 6 % des recettes d’exportation, ce qui met une pression modérée sur les finances publiques.

Avec une dette extérieure de 5,613 milliards de dollars, le Niger voit sa dette représenter une charge massive de 455 % des exportations et 35 % de son RNB. Ce chiffre illustre une dépendance préoccupante à l’égard des emprunts, principalement pour financer des projets d’infrastructure et répondre aux défis socio-économiques. Les créanciers multilatéraux, comme la Banque mondiale et la Banque de développement de l’Afrique de l’Ouest, détiennent ensemble 84 % de la dette publique.

Le Burkina Faso est le pays le plus endetté des trois, avec une dette extérieure atteignant 10,397 milliards de dollars, soit 172 % des exportations et 53 % du RNB. La majorité de cette dette est également contractée auprès de créanciers multilatéraux, représentant 89 % du total, tandis que les créanciers bilatéraux comme la Chine et la France jouent un rôle secondaire. Le service de la dette absorbe 14 % des recettes d’exportation, soulignant une contrainte significative sur les finances du pays.

Défis et implications

Ces chiffres révèlent la vulnérabilité des trois pays face aux défis de l’endettement. Le recours croissant aux financements multilatéraux, bien qu’indispensable, limite leur marge de manœuvre économique, car une partie importante des recettes nationales est allouée au service de la dette.

Selon le rapport, l’endettement des pays à faible revenu a atteint des sommets, avec une augmentation globale de 4,8 % pour atteindre un record de 1 100 milliards de dollars en 2023. Parmi eux, les États du Sahel sont particulièrement vulnérables. Le Mali, par exemple, présente un ratio dette/PIB qui dépasse désormais les 40 %, un seuil critique selon les standards internationaux. Cette tendance est similaire au Burkina Faso et au Niger, où les obligations financières « réduisent considérablement les marges de manœuvre budgétaires nécessaires aux investissements sociaux ».

Le rapport souligne également que le service de la dette, incluant capital et intérêts, représente une part croissante des budgets nationaux. En moyenne, ces paiements absorbent 6 % des recettes d’exportation des pays éligibles à l’IDA, un niveau jamais vu depuis 1999. Cette situation détourne des ressources cruciales des secteurs clés tels que l’éducation et la santé. « Les États du Sahel consacrent une part disproportionnée de leurs revenus à honorer leurs dettes, au détriment des priorités de développement » indique le rapport.

Le rôle des créanciers multilatéraux et la dépendance croissante

Face à la réticence des créanciers privés, les institutions multilatérales comme la Banque mondiale et le FMI jouent un rôle croissant en tant que « filets de sécurité ». En 2023, ces institutions représentaient 39 % de la dette totale des pays IDA éligibles. Cependant, cette dépendance accrue s’accompagne de nouvelles contraintes, notamment des réformes économiques parfois impopulaires. « Les prêts concessionnels, bien que nécessaires, placent les pays sous une pression accrue pour respecter les conditions des créanciers multilatéraux », avertit le rapport.

Malgré les initiatives de transparence comme la Table ronde sur la dette souveraine, peu de progrès ont été réalisés en matière de restructuration. Les pays de l’AES, confrontés à des crises multiples, doivent gérer un dilemme : restructurer leur dette pour alléger le fardeau à court terme ou risquer une perte de crédibilité sur les marchés internationaux.

Une voie à tracer pour l’avenir

L’endettement des pays de l’AES reflète une problématique globale : comment concilier besoins urgents de financement et viabilité à long terme ? Le rapport appelle à des solutions innovantes, comme des swaps dette-climat ou des financements liés aux résultats, pour permettre à ces pays de respirer économiquement tout en poursuivant leur développement.

Dans un contexte de crise multidimensionnelle, les pays de l’AES devront adopter une gestion prudente de leur dette, tout en plaidant pour des partenariats équitables et durables. Seule une approche intégrée pourra leur permettre de relever les défis économiques et sociaux qui les attendent.

Oumarou Fomba 

5 décembre 2024 0 comments
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Monument de la paix Bamako
A la UneBillet d'humeurSeko ni Donko

[Billet d’humeur] Rebaptiser Bamako, ou l’art de se souvenir

by Chiencoro 5 décembre 2024
written by Chiencoro 4 minutes read

Le projet de rebaptisation des lieux publics de Bamako marque une étape clé dans la valorisation de l’histoire malienne. Il rend hommage aux figures nationales et affirme la souveraineté culturelle du pays.

Bamako, la vibrante capitale du Mali, où les noms des rues, des places et des établissements publics racontent une histoire parfois oubliée, souvent effacée. Avec ce projet de décret adopté par le Conseil des Ministres, l’heure est venue de dépoussiérer nos mémoires collectives et de remettre les pendules de l’histoire à l’heure malienne. Une initiative louable ? Certes. Mais aussi une entreprise complexe, où le passé et le présent s’entrelacent dans une valse parfois chaotique. 

Débaptiser pour mieux se réapproprier

Le geste symbolique de débaptiser des lieux portant des noms d’illustres inconnus ou, pire encore, des figures du colonisateur, n’est pas nouveau. Au lendemain de l’indépendance, nos dirigeants avaient déjà entrepris de rebaptiser le pays pour effacer les traces de la domination coloniale. Adieu les noms européens, bonjour les héros locaux. Mais voilà, après des décennies, certaines figures nationales se sont perdues dans l’abîme du temps. Et nous voilà face à une tâche monumentale : réhabiliter nos mémoires pour que les Maliens puissent marcher dans des rues au nom de ceux qui ont vraiment façonné leur histoire.

Mais nommer une rue, une place, ou une école, ce n’est pas seulement honorer le passé. C’est aussi baliser l’avenir. « Donner à la jeunesse des repères historiques, des références et des modèles inspirants », dit le texte. Et il a raison. Que vaut une nation sans ses héros, sans ses figures tutélaires capables d’incarner les valeurs de courage, de résilience et d’ingéniosité ? Mais attention, cela ne peut pas se résumer à des panneaux de rue ou des plaques d’inauguration. Il faut du sens, de l’émotion, et surtout, une histoire racontée.

Une question mémorielle au cœur de la souveraineté

Cette initiative s’inscrit dans une quête plus large : celle de la souveraineté. Alors que le Mali s’efforce de se redéfinir dans tous les domaines – politique, économique, culturel –, il est vital de se réapproprier son histoire. « Décoloniser les esprits », comme le dit le texte, c’est plus qu’un slogan. C’est une démarche politique forte, un acte de résistance face à l’amnésie imposée par des décennies d’influences extérieures.

Cependant, la question demeure : comment éviter que ces changements ne deviennent un simple exercice bureaucratique ? Rebaptiser des lieux est une chose, mais réanimer l’histoire et la transmettre, voilà le véritable défi. Donner des noms est un début, les remplir de sens est une autre affaire.

Des héros oubliés, mais pas perdus

Le texte rappelle également que « de nombreuses figures illustres sont tombées dans l’abîme du temps ». Une vérité cruelle. Combien d’entre nous connaissent les exploits de Modibo Keïta, Samory Touré, ou des femmes comme Aoua Keïta, militante infatigable ? Pourquoi ne pas profiter de cette initiative pour faire revivre ces figures, non seulement par des noms de rues, mais par des récits, des documentaires, des programmes scolaires ?

Et puis, il y a cette autre facette du projet : mettre à jour des dénominations déjà existantes mais jamais officialisées. Là encore, une démarche pragmatique qui montre que cette réforme n’est pas seulement tournée vers le passé, mais aussi ancrée dans la modernité. Il ne s’agit pas seulement de contempler notre histoire, mais de la faire vivre dans le quotidien des Maliens, en l’inscrivant dans les documents officiels et, pourquoi pas, dans le cœur des citoyens.

Une rue, un nom, une histoire

Ce projet de décret participe de la mise en œuvre des recommandations des Assises Nationales de la Refondation. Et c’est là tout son poids symbolique : il ne s’agit pas seulement d’une mesure administrative, mais d’un acte politique qui s’inscrit dans une vision plus large de réappropriation de notre identité. Mais attention, la symbolique, bien qu’importante, ne peut suffire. Elle doit être accompagnée d’actions concrètes pour que ces noms, ces repères, deviennent des outils d’éducation et de cohésion nationale.

Alors, Bamako, prête pour une cure de mémoire ? Si les noms changent, espérons qu’ils ne se perdent plus dans le tumulte du quotidien. Car une rue, un monument, ou une école ne sont pas qu’un simple lieu. Ils sont des chapitres d’un livre que nous devons écrire, lire et transmettre. Rebaptiser, oui, mais surtout raconter, enseigner, et, pourquoi pas, inspirer. Car au bout du compte, une nation est aussi forte que les histoires qu’elle choisit de se raconter.

Chiencoro Diarra 

5 décembre 2024 0 comments
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Barrick Gold et or malien
A la UneÉconomie

Gestion minière : le Mali maximise sa participation pour un meilleur partage des richesses

by Sahel Tribune 4 décembre 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Le Mali renforce sa souveraineté économique en adoptant des réformes ambitieuses dans le secteur minier, visant à maximiser les retombées financières et sociales de l’exploitation de ses ressources naturelles.

Le Conseil des ministres du mercredi 4 décembre 2024 a marqué une étape importante dans la gestion des ressources minières du Mali. Avec l’adoption de plusieurs projets de décret, le gouvernement confirme sa volonté d’exercer un contrôle accru sur les richesses naturelles du pays, dans le cadre d’une réforme profonde du secteur minier entamée en 2022. 

Des réformes structurantes pour une rente mieux partagée

Depuis 2022, le Mali a engagé une refonte ambitieuse de son cadre légal et institutionnel dans le secteur minier. La pierre angulaire de cette réforme est le Code minier de 2023, qui prévoit un meilleur partage de la rente minière entre l’État, les investisseurs privés et les communautés locales. « Ces réformes traduisent une volonté claire de l’État malien de maximiser les retombées économiques et sociales de l’exploitation des ressources minières », souligne le communiqué du Conseil des ministres.

L’État a désormais une participation significative au capital de plusieurs sociétés minières. Parmi elles, la Société les Mines de Lithium de Bougouni-S.A., la Société Lithium du Mali-S.A. et la Société Korali Sud-S.A. voient l’État détenir 30 % du capital, avec une part de 5 % réservée aux privés nationaux. La Société de la Mine de Nampala-S.A., quant à elle, accorde à l’État une participation de 20 %. Ce niveau de participation n’est pas seulement symbolique : il confère à l’État un droit de regard et une voix au sein des Conseils d’administration, garantissant une meilleure prise en compte des intérêts publics dans les décisions stratégiques.

FEKOLA-S.A. : une stratégie innovante de participation

Parmi les mesures phares adoptées, la révision des modalités de participation de l’État au capital de FEKOLA-S.A. mérite une attention particulière. En partenariat avec des acteurs internationaux tels que B2Gold, l’État malien a transformé ses 10 % d’actions ordinaires en 20 % d’actions de préférence non diluables. Cette stratégie assure à l’État un droit prioritaire sur les dividendes, renforçant ainsi les retombées financières de l’exploitation aurifère pour le pays.

Cette initiative montre une approche innovante dans la gestion des participations publiques, où l’objectif n’est pas simplement de posséder des parts, mais d’en maximiser les bénéfices. Elle illustre également la capacité du Mali à négocier avec des partenaires internationaux pour aligner leurs intérêts avec ceux de l’État.

Les défis de la mise en œuvre

Si ces décisions renforcent la souveraineté économique du Mali, elles posent également des défis opérationnels. L’intégration de l’État dans les structures décisionnelles des entreprises minières nécessite une gouvernance rigoureuse et des compétences accrues. « La participation de l’État au capital social doit être accompagnée d’une capacité à influencer efficacement les orientations stratégiques de ces sociétés », souligne un analyste du secteur minier.

De plus, les réformes ne font pas l’unanimité parmi les investisseurs, certains exprimant des inquiétudes sur la prévisibilité des règles et l’impact sur la rentabilité de leurs projets. Le gouvernement devra rassurer ces partenaires tout en restant fidèle à sa vision de souveraineté renforcée.

Une vision pour un avenir durable

Au-delà des aspects financiers, ces réformes témoignent d’une ambition plus large : celle de faire des ressources minières un levier de développement durable. Les Protocoles d’accord prévoient non seulement des retombées économiques directes pour l’État, mais aussi des engagements en faveur des communautés locales. Ces dernières doivent bénéficier d’une meilleure répartition des richesses, sous forme d’investissements sociaux et d’infrastructures.

La conversion des parts ordinaires en actions de préférence dans le cas de FEKOLA-S.A. incarne également une volonté de limiter les effets des fluctuations du marché. En sécurisant des dividendes prioritaires, l’État se prémunit contre les aléas liés à la volatilité des prix des matières premières.

Un modèle pour l’avenir de l’Afrique ?

Avec ces réformes, le Mali pourrait devenir un modèle pour d’autres pays africains confrontés à des enjeux similaires. La quête d’un équilibre entre attractivité pour les investisseurs et souveraineté nationale est un défi commun sur le continent. En prenant des mesures concrètes pour renforcer son contrôle sur ses ressources, le Mali montre qu’il est possible de conjuguer développement économique et préservation des intérêts nationaux.

Les décisions prises par le gouvernement malien témoignent d’une volonté affirmée de reprendre le contrôle de ses ressources naturelles et d’en faire un moteur de croissance pour le pays. Cependant, cette ambition devra s’accompagner d’une gouvernance irréprochable, d’une gestion stratégique des relations avec les investisseurs et d’une capacité accrue à transformer les revenus miniers en développement tangible pour les populations.

Le Mali a posé les bases d’une souveraineté économique renforcée. Reste maintenant à transformer ces avancées législatives et institutionnelles en une réalité durable et profitable pour tous. Une tâche ardue, mais essentielle pour garantir un avenir prospère à la nation.

Alassane Diarra 

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Un terrain de football
ActuSécurité

 Nzérékoré en Guinée : que s’est-il réellement passé lors de la finale ?

by Sahel Tribune 4 décembre 2024
written by Sahel Tribune 4 minutes read

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Veuvage
A la UneÉchos d'amour

S’aimer après la perte : histoires de reconstruction amoureuse dans le Sahel

by Mariam 4 décembre 2024
written by Mariam 3 minutes read

Dans les étendues du Sahel, où la vie est souvent marquée par la perte, des histoires émouvantes émergent : celles de cœurs brisés qui réapprennent à battre, de liens tissés dans l’adversité, et de l’amour qui renaît après le deuil. Un storytelling touchant sur la résilience et l’espoir.

Dans les vastes plaines du Sahel, où le sable se mêle au vent et où les couchers de soleil illuminent l’horizon d’une lumière douce, la vie avance malgré les épreuves. Ici, l’amour s’écrit souvent dans des contextes de douleur et de perte. Mais même après les déchirements du deuil, il arrive que des cœurs brisés trouvent la force de battre à nouveau, reconstruisant patiemment des liens d’affection dans un paysage marqué par l’adversité.

L’amour renaît dans la tempête

Pour Fatoumata, 32 ans, la vie s’est figée il y a trois ans lorsque son mari, agriculteur, a été emporté par une maladie foudroyante. Mère de deux enfants, elle s’est retrouvée face à une solitude pesante dans son village de Mopti. « Je croyais que c’était la fin, » confie-t-elle. Mais un jour, dans une rencontre fortuite au marché, elle croise Moussa, un commerçant itinérant. Lui aussi avait connu le deuil, ayant perdu sa femme lors d’une attaque terroriste dans une région voisine.

Leur histoire a débuté par des conversations simples : des échanges sur leurs enfants, leurs espoirs, et la difficulté d’avancer. « Nous avions chacun nos blessures, mais en parlant, nous avons appris à nous soutenir, » raconte Moussa. Lentement, un lien s’est tissé entre eux. Aujourd’hui, ils partagent une maison et élèvent leurs enfants ensemble, prouvant que l’amour peut renaître même après les plus grandes tragédies.

Des cœurs marqués par le désert

Dans les villages du Sahel, où le quotidien est rythmé par les récoltes et les prières, le deuil est une réalité omniprésente. Mariam, une jeune veuve de 27 ans, raconte comment les chants traditionnels l’ont aidée à exprimer sa douleur. « Le désert garde nos larmes, mais la communauté nous porte, » explique-t-elle.

Quelques mois après la perte de son époux, Mariam a commencé à participer à des réunions communautaires organisées par des ONG locales pour soutenir les veuves. C’est là qu’elle a rencontré Salif, un instituteur. Lui aussi portait le poids du deuil. Ensemble, ils ont trouvé un réconfort mutuel. « Nous n’avons pas cherché à remplacer nos anciens amours, mais à bâtir quelque chose de nouveau, différent, » confie Mariam.

Dans ces régions touchées par la pauvreté, l’insécurité et le dérèglement climatique, la reconstruction amoureuse est une leçon de résilience. Les couples qui se reforment après le deuil montrent qu’aimer, c’est aussi un acte de courage et d’espoir. Ce n’est pas un oubli, mais une célébration de la vie, même dans l’adversité.

L’amour comme renaissance

L’histoire de Fatoumata, Moussa, Mariam et Salif reflète une réalité universelle : celle de la capacité humaine à se relever. Dans le Sahel, chaque amour retrouvé est une victoire contre l’adversité, un rappel que même au cœur des tempêtes de sable, la lumière peut briller. Ici, aimer après la perte, c’est apprendre à reconstruire sur des ruines, avec patience et espoir.

Et lorsque le vent du désert souffle doucement, il porte ces histoires d’amour, comme un murmure, rappelant que la vie, malgré tout, continue.

Mariam 

4 décembre 2024 0 comments
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Image: Un graphique réalisé pour illustrer les chroniques du Mardi.
A la UneChroniques

[Chronique] La transition malienne, un chantier pour des institutions solides

by Chiencoro 3 décembre 2024
written by Chiencoro 4 minutes read

À l’image d’un architecte bâtissant une maison solide, les autorités de la transition s’emploient à poser les fondations d’un Mali durable, en misant sur des institutions fortes et des élections apaisées, loin de toute précipitation.

Le Mali est aujourd’hui un vaste chantier, et les autorités de la transition en sont les architectes déterminés. Avec méthode et patience, elles s’attellent à bâtir une maison solide, une nation fondée sur des institutions légitimes et fortes. Mais comme tout bon architecte le sait, il ne suffit pas de poser des briques à la hâte : chaque pierre doit être soigneusement taillée, chaque fondation solidement ancrée. Le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, en a tracé les contours lors du conseil des ministres du 27 novembre 2024, rappelant que l’objectif est clair : doter le pays d’institutions qui résisteront au temps et aux secousses de l’histoire.

Ce chantier, comme l’a souligné le chef de l’État, ne peut être accompli qu’en réunissant toutes les conditions nécessaires pour organiser des élections transparentes et apaisées. « Créer les conditions », c’est veiller à ce que chaque poutre de ce nouvel édifice soit en place : la confiance des citoyens, l’intégrité des processus électoraux, et surtout, la sécurité des artisans de cette démocratie renaissante.

Une fondation solide, mais sans précipitation

Le 2 décembre 2024, lors de sa visite à l’Autorité Indépendante de Gestion des Élections (AIGE), le Premier ministre, le général de division Abdoulaye Maïga, a enrichi cette vision architecturale d’une précieuse leçon de construction. « Il ne conviendrait pas de mélanger vitesse et précipitation, » a-t-il souligné, rappelant que les grands édifices ne se bâtissent pas dans la hâte. Ce propos résonne comme un appel à la patience et à la méthode.

Dans cette dynamique, le Premier ministre a mis l’accent sur deux piliers fondamentaux : un retour apaisé à l’ordre constitutionnel et la sécurisation du processus. C’est là que réside tout l’art du maître d’œuvre : poser chaque pierre avec rigueur, veiller à ce que chaque mur se dresse sans faille, pour éviter que l’édifice ne s’effondre à la première tempête.

Le danger de la précipitation

Dans un chantier aussi ambitieux, il est tentant de céder à l’impatience. Les attentes des citoyens, les pressions extérieures et les défis quotidiens pourraient pousser à vouloir terminer les travaux à toute vitesse. Mais comme pour toute maison bien construite, il faut laisser le béton sécher, vérifier l’alignement des murs, et consolider les fondations. Car que vaudrait une démocratie hâtivement montée, si elle devait s’effondrer au premier coup de vent ?

En refusant de confondre vitesse et précipitation, les autorités de la transition affichent une volonté rare dans l’arène politique. Elles ne cherchent pas à livrer un produit fini superficiel, mais un édifice durable, capable de porter les aspirations de tout un peuple. Cet équilibre, entre l’urgence d’avancer et la prudence de bien faire, est peut-être la plus grande preuve de responsabilité envers le Mali.

Une œuvre collective

Dans ce chantier, les autorités ne travaillent pas seules. L’AIGE, les citoyens, et tous les acteurs politiques sont appelés à devenir les maçons de cette grande maison commune. Chaque contribution compte : un vote bien préparé, une confiance renouvelée, un esprit d’apaisement. Il s’agit de construire ensemble un toit sous lequel chaque Malien pourra se sentir protégé, écouté, et respecté.

La transition est un temps pour réfléchir, corriger et bâtir. Ce n’est pas un sprint, mais un marathon. Et dans cette course, la ligne d’arrivée ne sera pas marquée par la fin des travaux, mais par le début d’une nouvelle ère, où chaque institution pourra tenir son rôle avec légitimité et force.

La promesse d’un Mali durable

Le président de la transition, comme le Premier ministre, nous rappellent que ce chantier est celui de tous. Il exige de la patience, du courage, et surtout, de la vision. Organiser des élections transparentes et apaisées n’est pas une simple étape dans le processus : c’est poser la clé de voûte de la maison Mali, celle qui soutiendra l’ensemble de l’édifice.

En attendant, les Maliens doivent croire en cette œuvre en cours. Certes, le bruit des marteaux et des scies peut être assourdissant. Mais chaque coup porté sur la pierre est un pas vers un futur où le Mali se tiendra debout, fier et inébranlable. Après tout, une maison bien construite résiste aux intempéries, aux siècles et aux crises. C’est cette promesse que les autorités de la transition semblent déterminées à tenir.

Chiencoro Diarra 

3 décembre 2024 0 comments
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Des avions de combats
ActuSécurité

Neutralisation à Tinzaouatène : les faits, les silences, et les choix d’une transition en action

by Chiencoro 2 décembre 2024
written by Chiencoro 4 minutes read

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