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Le Président malien et le président soudanais.
A la UnePolitique

Abdel Fattah Al-Burhan à Bamako : une visite chargée d’enjeux

by Chiencoro 11 janvier 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Le Président de la Transition du Mali, le Général d’Armée Assimi Goïta, a accueilli ce samedi 11 janvier 2025 son homologue soudanais, le Général Abdel Fattah Al-Burhan, pour une visite d’amitié et de travail de 48 h. Cette rencontre, qui sera marquée par des échanges stratégiques au palais de Koulouba, s’inscrit dans un contexte de renforcement des liens entre deux nations confrontées à des défis communs, avec l’ambition de bâtir une coopération durable face aux enjeux sécuritaires et diplomatiques.

Ce samedi 11 janvier 2025, un avion atterrit sur le tarmac de l’aéroport international Président Modibo Keïta de Bamako-Senou. À son bord, un invité de marque : le Général Abdel Fattah Al-Burhan, Président du Conseil Souverain de Transition du Soudan. À 10 h 40, il descend de l’appareil, accueilli avec tous les honneurs par son homologue malien, le Général d’Armée Assimi Goïta, Chef d’État du Mali. Une poignée de main, deux regards échangés, et déjà, un symbole puissant de rapprochement entre deux nations aux trajectoires bouleversées par l’histoire récente.

Entre crises et espoirs de renouveau

Cette visite d’amitié et de travail est une étape importante dans la relation entre le Mali et le Soudan. Elle est le fruit d’efforts diplomatiques amorcés en juin 2024, lorsque le Lieutenant-Général Shamsedin Kabbashi, membre du Conseil Souverain soudanais, portait à Bamako un message du Général Al-Burhan. L’objectif était de renforcer une coopération encore embryonnaire, mais prometteuse dans des domaines aussi essentiels que la sécurité, la défense, et la diplomatie.

Pour comprendre la portée de cette rencontre, il faut replacer le Soudan et le Mali dans leur contexte respectif. Le Soudan, dirigé par le Général Al-Burhan depuis la chute d’Omar El-Béchir en 2019, traverse une crise aiguë depuis l’éclatement, en avril 2023, des hostilités entre l’armée régulière et les Forces de Soutien rapide (RSF). Ce conflit interne a exacerbé les défis socio-économiques, aggravant une situation déjà fragile.

De son côté, le Mali, sous la houlette du Général Assimi Goïta, a lui aussi été marqué par des turbulences politiques et sécuritaires. Cependant, Bamako et Khartoum partagent un point commun : la quête d’une souveraineté renforcée et d’une gouvernance stable, dans un environnement géopolitique complexe.

L’ébauche d’un partenariat stratégique

Après un premier entretien de quelques minutes à l’aéroport, les deux chefs d’État se sont rendus au palais de Koulouba. Là, une journée intense d’échanges et de réflexions les attendait, tournée vers la consolidation d’une coopération bilatérale encore timide. Depuis 2002, les accords de partenariat se concentrent sur des secteurs limités comme le commerce et le transport aérien. Une commission mixte, créée en 2006, n’a pas pu pleinement atteindre ses objectifs en raison des aléas politiques et des crises successives.

Mais aujourd’hui, les enjeux sont plus vastes et plus urgents. Le renforcement des capacités militaires, le partage d’expertise en matière de lutte contre le terrorisme, et la revitalisation des liens diplomatiques figurent parmi les priorités évoquées, et pourquoi pas la crise énergétique qui sécoue le Mali depuis plus d’une décennie. Le Mali et le Soudan, confrontés à des menaces similaires, pourraient trouver dans cette alliance un levier pour stabiliser leurs territoires respectifs tout en dynamisant les échanges économiques et culturels.

Un homme au cœur des transformations

Le parcours du Général Abdel Fattah Al-Burhan, à lui seul, éclaire les dynamiques qui animent cette rencontre. Né en 1960 dans le village de Gandou, il gravit les échelons de l’armée soudanaise, passant par des missions à l’étranger et des postes clés au sein des forces armées. Sa carrière est marquée par des choix ambitieux : de la gestion des relations avec Israël en 2020, qui a conduit à un rapprochement historique, à son rôle controversé dans l’envoi de troupes au Yémen.

Son pragmatisme et son expérience en font un acteur incontournable de la scène politique régionale. Mais ce leadership s’exerce dans une réalité complexe, où chaque décision porte les stigmates d’un pays en quête d’équilibre.

En accueillant le Président Al-Burhan, le Mali témoigne d’une volonté de dépasser les obstacles du passé pour construire un partenariat basé sur la confiance et les intérêts mutuels. Cette visite, bien que symbolique, ouvre la voie à des collaborations plus ambitieuses. Elle rappelle que dans un monde fragmenté, les alliances régionales peuvent être des bouées de sauvetage, offrant aux nations un espace pour se redéfinir et se renforcer.

Chiencoro Diarra

11 janvier 2025 0 comments
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Etats généraux de la culture
Seko ni Donko

États généraux de la Culture : Le Mali en quête de sa renaissance

by Ibrahim Kalifa Djitteye 10 janvier 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Le jeudi 9 janvier 2025, le Centre international de Conférences de Bamako (CICB) a accueilli l’ouverture des États généraux de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat. Cet événement historique, présidé par le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, est un tournant dans l’histoire du Mali. L’objectif est de réhabiliter les secteurs culturels et économiques pour qu’ils deviennent des piliers de la reconstruction nationale et de l’émancipation économique.

En consacrant l’année 2025 à la culture, le général d’armée Assimi Goïta, Président de la Transition, réaffirme l’importance de ce secteur dans le processus de refondation de l’État. Cette initiative, inscrite sous le concept de « FUGA BA » (Grande Réflexion), vise à mobiliser tous les acteurs concernés pour redonner à la culture malienne sa place centrale dans la société.

La démarche se veut participative, en mettant en avant l’idée que la culture ne se limite pas aux arts, mais englobe également l’artisanat, le patrimoine, le tourisme et toutes les pratiques qui reflètent l’identité du Mali. Selon le Président de la transition, il est crucial d’inculquer aux jeunes générations les valeurs traditionnelles qui ont façonné la grandeur du pays, tout en s’ouvrant aux défis et opportunités d’un monde globalisé.

Trois jours pour façonner un avenir durable

Réunis en 12 commissions thématiques, les participants à ces États généraux — experts, acteurs culturels, artisans et opérateurs touristiques — travaillent sur un diagnostic complet des trois secteurs. L’objectif est d’identifier les forces et faiblesses des secteurs concernés ; proposer des réformes structurelles pour renforcer leur viabilité et compétitivité ainsi que stimuler la création d’emplois durables et consolider l’autonomie économique du pays.

Au-delà des aspects économiques, ces travaux visent à positionner la culture comme un outil stratégique de souveraineté et de cohésion nationale.

Une dynamique inclusive

Le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Mamou Daffé, a salué cette initiative ambitieuse en déclarant : « Ces États généraux sont une opportunité pour réinventer notre vision culturelle. Ils appartiennent avant tout aux hommes et femmes de culture, porteurs de l’âme malienne. »

Cette vision inclusive se retrouve dans le concept « FUGA BA », qui symbolise une réflexion collective impliquant toutes les parties prenantes, des artistes aux opérateurs économiques, en passant par les représentants des communautés locales.

Vers une politique culturelle ambitieuse

Dans son discours, le Premier ministre Abdoulaye Maïga a souligné l’urgence de doter le Mali d’une politique culturelle moderne, capable de valoriser son riche patrimoine. Il a rappelé que « l’histoire du Mali est celle d’interactions fructueuses entre les populations locales et les influences extérieures, notamment à travers le commerce transsaharien et les dynamiques religieuses. »

Les conclusions attendues de ces États généraux devront déboucher sur des orientations stratégiques et opérationnelles, visant à redynamiser les secteurs culturels et artisanaux ; promouvoir un tourisme durable et attractif ; réaffirmer la souveraineté culturelle et économique du Mali face aux défis actuels.

Le Chef du gouvernement a également réitéré sa confiance dans l’expertise des participants, persuadé qu’ils sauront proposer des solutions concrètes et innovantes pour transformer ces secteurs en moteurs de développement.

Une ambition nationale et internationale

Ces assises ne se limitent pas à un diagnostic interne : elles visent aussi à repositionner le Mali sur la scène internationale. En valorisant son patrimoine unique et ses pratiques culturelles, le pays ambitionne d’attirer davantage de touristes et d’investissements, tout en renforçant sa diplomatie culturelle.

Avec ces États généraux, le Mali s’engage résolument dans une dynamique de renaissance culturelle, bâtissant les fondations d’un Mali Kura où tradition et modernité coexistent harmonieusement.

Ibrahim K. Djitteye 

10 janvier 2025 0 comments
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Manifestation à Bamako pour dénoncer l'ingérence de l'Algérie
ActuPolitique

Tensions diplomatiques : Les Maliens disent non à l’ingérence algérienne 

by Ibrahim Kalifa Djitteye 10 janvier 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 2 minutes read

Face à la montée des tensions diplomatiques entre Bamako et Alger, des citoyens maliens se sont mobilisés, le jeudi 9 janvier 2025, pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’ingérence algérienne dans les affaires intérieures du Mali. Une situation qui met en lumière des relations bilatérales fragilisées et une volonté populaire de défendre la souveraineté nationale. Cette mobilisation a eu lieu devant l’Ambassade d’Algérie au Mali.

Sous un soleil ardent, des milliers de manifestants, munis de pancartes et scandant des slogans hostiles, ont accusé l’Algérie de soutenir des groupes armés perturbant ainsi la stabilité de leur pays. Une camionnette équipée de haut-parleurs diffusait des chants patriotiques pour galvaniser les participants, tandis que l’ambiance oscillait entre détermination et indignation.

Un contexte sous haute surveillance

Les forces de l’ordre maliennes, en alerte, avaient anticipé ce rassemblement. Un dispositif de sécurité renforcé encadrait les manifestants, empêchant tout débordement potentiel. La manifestation, bien que marquée par une tension palpable, s’est déroulée sans heurts, témoignant d’une volonté d’exprimer une colère légitime dans le respect de l’ordre public.

Cette mobilisation citoyenne intervient dans un climat diplomatique déjà fragile entre Bamako et Alger. Depuis plusieurs mois, les autorités maliennes accusent leur voisin du nord de jouer un rôle ambigu dans la crise sécuritaire qui secoue le Mali. Les soupçons portent notamment sur un soutien présumé de l’Algérie à certains groupes armés opérant dans la région. Ces allégations, bien que démenties par Alger, ravivent des tensions historiques et compliquent davantage les relations bilatérales.

Des défis régionaux exacerbés

Au-delà de cet épisode, ce mouvement illustre un malaise profond qui dépasse les frontières maliennes. Les enjeux sécuritaires et diplomatiques dans la sous-région exigent des efforts concertés et une volonté politique claire. La manifestation de jeudi, bien que limitée en taille est la preuve que pour les Maliens, le rétablissement de la souveraineté nationale passe par une remise en question des influences extérieures perçues comme nuisibles.

Alors que le Mali continue de chercher des solutions durables à la crise qui le secoue, un dialogue sincère avec ses voisins, y compris l’Algérie, semble incontournable. La stabilité du Sahel repose en grande partie sur la capacité des États à surmonter leurs différends pour bâtir une coopération régionale solide. L’initiative d’un tel rapprochement reste cependant incertaine, dans un contexte où la méfiance domine les relations entre Bamako et Alger.

Ainsi, cet événement n’est pas simplement une manifestation isolée. Il reflète un malaise diplomatique plus large qui, s’il n’est pas résolu, risque de fragiliser davantage la région sahélienne déjà en proie à des défis complexes.

Ibrahim K. Djitteye 

10 janvier 2025 0 comments
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Intelligence artificielle
AnalysesÉconomie

[Tribune] Boom technologique : sages ou ignorants de demain ?

by Fousseni TOGOLA 9 janvier 2025
written by Fousseni TOGOLA 7 minutes read

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9 janvier 2025 0 comments
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Inauguration Mine de lithium de Goulamina
A la UneBillet d'humeur

[Billet d’humeur] Souveraineté et environnement, le Mali en marche pour préserver ses trésors naturels

by Chiencoro 9 janvier 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Avec une politique minière ambitieuse et un virage stratégique vers les énergies renouvelables, le Mali s’engage à préserver ses ressources naturelles tout en renforçant sa souveraineté économique et écologique. Un modèle inspirant pour l’avenir du développement durable en Afrique.

Quand il s’agit de ressources naturelles, le Mali n’est pas qu’un simple figurant : c’est une véritable star montante sur la scène mondiale, premier producteur de lithium en Afrique de l’Ouest depuis mi-décembre, selon l’Agence Ecofin. De ses vastes étendues de terres aurifères à son lithium stratégique, le pays regorge de richesses que l’histoire a souvent laissées entre des mains étrangères. Mais aujourd’hui, l’heure est à la reconquête, à la réappropriation, et surtout, à la protection. Et c’est un Mali plus souverain, mais aussi plus conscient de ses responsabilités environnementales, qui prend les devants.

Les réformes récentes, impulsées sous la Transition, marquent une rupture nette avec les approches laxistes du passé. La nouvelle politique minière, véritable fer de lance de cette révolution, impose des standards stricts, non seulement pour maximiser les retombées économiques nationales, mais aussi pour préserver l’environnement. Enfin, diront certains, un pays africain qui ose allier souveraineté économique et écologie dans un équilibre ambitieux, mais nécessaire.

Le code minier, un outil de justice environnementale

Adopté en 2023, le nouveau code minier malien n’est pas qu’un simple outil juridique. Il est l’expression d’une volonté politique de transformer le secteur en une source de prospérité partagée et durable. Désormais, les multinationales doivent composer avec des exigences environnementales renforcées, notamment l’obligation de restaurer les sites après exploitation. L’époque où l’on pouvait extraire des tonnes d’or en laissant derrière soi des déserts de désolation est révolue.

Mieux encore, les redevances ont été revues pour qu’une part significative des profits soit réinvestie dans les communautés locales et dans des projets de développement durable. Car oui, exploiter l’or, le lithium, ou même le fer, c’est bien. Mais le faire en préparant l’avenir, c’est encore mieux. Et là, les autorités maliennes donnent une leçon à bien des géants économiques.

Une souveraineté assumée

Un autre aspect clé de cette transformation est le virage stratégique vers les énergies renouvelables. Le gouvernement a misé gros sur le solaire, avec des projets comme la centrale de Kita et d’autres infrastructures en cours de développement. L’objectif est clair : faire du Mali un modèle en matière d’autonomie énergétique tout en réduisant sa dépendance aux combustibles fossiles. Une ambition qui, bien que naissante, s’inscrit dans une dynamique mondiale où chaque nation doit apporter sa pierre à l’édifice écologique.

Le potentiel est énorme. Avec des conditions climatiques idéales pour le solaire, le Mali pourrait devenir un leader régional, voire continental, dans la production d’énergie propre. Mais cela ne peut se faire sans un cadre politique rigoureux, et c’est là que la Transition excelle : elle pose les bases d’une gouvernance responsable, pensée pour les générations futures.

Bien sûr, cette souveraineté renouvelée ne plaît pas à tout le monde. Les grandes entreprises, habituées à dicter leurs conditions, trouvent désormais un interlocuteur ferme en face d’elles. Mais c’est précisément ce dont le Mali avait besoin : un leadership qui défend les intérêts de son peuple avant tout. Et si cela déplaît à certains lobbies internationaux, qu’il en soit ainsi.

La voie d’un Mali exemplaire

Il serait naïf de penser que le chemin sera sans embûches. La route est semée d’obstacles, entre pressions extérieures et défis internes. Mais le Mali montre qu’il est prêt à relever le défi. Avec une vision claire et une détermination exemplaire, le pays construit un modèle où les ressources naturelles ne sont plus un fardeau exploité par d’autres, mais une richesse maîtrisée au service de son développement.

Alors, que ceux qui doutent prennent note : le Mali ne recule plus. Il avance, souverain, responsable et visionnaire. Ce n’est pas seulement une victoire pour les Maliens, c’est une leçon pour tous les peuples en quête de justice environnementale et économique.

Chiencoro Diarra 

9 janvier 2025 0 comments
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Mahamat Idriss Déby
A la UneSécurité

Audace et riposte : Boko Haram se serait-il pris à la présidence tchadienne ?

by Sahel Tribune 8 janvier 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

L’épisode dramatique survenu le 8 janvier 2025 à N’Djamena, où des éléments présumés de Boko Haram ont tenté de pénétrer dans l’enceinte de la présidence tchadienne, révèle bien plus qu’un simple incident sécuritaire. Cet événement, à la fois violent et symbolique, interpelle sur les fragilités persistantes du Tchad face à la menace terroriste, les enjeux géopolitiques et les défis liés à la stabilité régionale.

En plein cœur de N’Djamena, à quelques pas de la place de la Nation, un groupe d’une vingtaine d’hommes armés a affronté les forces de sécurité dans une tentative audacieuse de s’introduire dans le siège du pouvoir. L’attaque, bien que repoussée avec succès, marque un point critique : même les zones les plus sensibles ne sont pas à l’abri des assauts terroristes. Si la riposte rapide des forces de sécurité tchadiennes et la neutralisation de plusieurs assaillants sont à saluer, les brèches dans la chaîne sécuritaire posent une question essentielle : comment un groupe aussi organisé a-t-il pu s’approcher d’un lieu aussi stratégique ?

Boko Haram, une menace persistante et multiforme

Boko Haram, ce groupe terroriste qui sème la terreur dans le bassin du lac Tchad, continue de réinventer ses modes opératoires. À la différence de ses attaques traditionnelles ciblant les zones rurales, cet assaut en pleine capitale tchadienne démontre une montée en complexité et une audace renouvelée. Cette mutation stratégique vise à saper l’autorité du président Mahamat Idriss Déby Itno, tout en envoyant un message clair : les centres de pouvoir sont vulnérables.

L’attaque intervient dans un contexte diplomatique délicat. Quelques heures avant l’assaut, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Li, rencontrait le président Déby pour renforcer les relations bilatérales entre le Tchad et la Chine. Ce timing n’est sans doute pas fortuit. La montée en puissance de la Chine en Afrique, notamment dans des régions stratégiques comme le Sahel, suscite des tensions géopolitiques qui se manifestent parfois par des actions violentes, directement ou indirectement.

La fermeture des routes autour de la présidence et le déploiement de chars dans les rues témoignent de l’urgence de contenir non seulement une menace immédiate, mais aussi de rassurer les partenaires internationaux sur la capacité du Tchad à garantir la sécurité de son gouvernement et de ses invités étrangers.

Vers une réponse systémique

Si la réaction du ministre des Affaires étrangères, minimisant l’incident comme un « petit incident », a pu apaiser momentanément, elle masque mal la réalité d’un défi systémique. Le Tchad, pilier stratégique de la lutte contre le terrorisme dans le Sahel, ne peut se permettre d’afficher de telles vulnérabilités. Une réponse efficace devra passer par un renforcement des capacités de renseignement, une coordination accrue avec les forces régionales et internationales, et une stratégie de résilience face aux influences extérieures.

L’assaut contre la présidence tchadienne est un signal d’alarme, mais il témoigne aussi de la capacité de l’État à répondre avec fermeté. Ce bras de fer avec Boko Haram ne se limite pas à un affrontement militaire ; il reflète les enjeux d’une région où sécurité, diplomatie et développement économique s’entrelacent dans un ballet complexe.

Pour le président Déby, cet épisode pourrait être l’occasion de repenser les fondements de la gouvernance sécuritaire et d’affirmer, à travers des initiatives robustes, que la stabilité du Tchad reste une priorité inébranlable dans un monde de plus en plus incertain.

Alassane Diarra 

8 janvier 2025 0 comments
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Macron en visite au Mali, à Gao
A la UnePolitique

France-Afrique : la fin d’une ère de paternalisme néocolonial ?

by Ibrahim Kalifa Djitteye 8 janvier 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Les propos d’Emmanuel Macron, tenus lors de la conférence des ambassadeurs le 6 janvier 2025, ont suscité une vague d’indignation en Afrique. En évoquant un prétendu oubli des dirigeants africains de remercier la France pour son intervention militaire au Sahel et en affirmant que les retraits militaires actuels auraient été orchestrés avec l’aval de Paris, le président français a ravivé un ressentiment profondément enraciné sur le continent.

Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a qualifié ces déclarations de « totalement erronées », affirmant qu’« aucune discussion ou négociation » n’a eu lieu entre Dakar et Paris. Selon lui, cette décision reflète uniquement la volonté souveraine du Sénégal. Dans la même veine, le gouvernement tchadien a exprimé sa vive préoccupation face à une « attitude méprisante » de la France à l’égard de l’Afrique et des Africains.

Le Tchad revendique sa souveraineté

Dans un communiqué officiel, le gouvernement de la République du Tchad a rappelé qu’il n’a aucun différend avec la France en tant que nation ni avec le peuple français, avec lequel il partage une histoire marquée par des relations humaines et culturelles. Cependant, il a dénoncé l’irrespect des dirigeants français envers les Africains et souligné l’importance de reconnaître les sacrifices consentis par l’Afrique.

Le Tchad a rappelé le rôle crucial de l’Afrique dans la libération de la France lors des deux guerres mondiales, un fait historiquement sous-estimé et jamais véritablement reconnu par Paris. Concernant son armée, le Tchad a insisté sur le fait qu’elle est le fruit de la bravoure du peuple tchadien et des sacrifices consentis avec des moyens modestes, sans contribution significative de la France en matière de développement structurel.

Après 60 ans de présence marquée par des conflits internes et une instabilité politique, la France a souvent privilégié ses intérêts stratégiques sans impact durable pour le développement du peuple tchadien. Le gouvernement tchadien a invité la France à revoir son approche et à respecter les aspirations légitimes de souveraineté et d’indépendance des Africains.

Un tournant historique pour la souveraineté africaine

Le départ annoncé des troupes françaises de plusieurs pays africains, dont le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Sénégal, le Tchad ainsi que la Cote d’Ivoire, traduit une volonté affirmée des nations africaines de reprendre le contrôle de leur destin. Cette dynamique marque une rupture avec un système néocolonial qui perpétuait les déséquilibres historiques.

Depuis 2013, les opérations militaires françaises, notamment « Serval » et « Barkhane », ont laissé un bilan controversé. Dix ans d’engagement militaire ont échoué à résoudre durablement les crises sécuritaires, exacerbant parfois les tensions au Mali. Les dirigeants africains rejettent désormais les discours paternalistes et exigent des relations équilibrées et respectueuses.

En décembre 2024, lors des commémorations du massacre des tirailleurs sénégalais par les forces coloniales françaises en 1944, Ousmane Sonko a rappelé le rôle crucial des soldats africains lors des guerres mondiales. Mobilisés, souvent de force, ces soldats ont contribué à la libération de la France, parfois au prix de leur vie. Ignorer ces sacrifices, tout en exigeant une reconnaissance unilatérale de l’intervention française au Sahel, révèle un paternalisme dépassé.

Un appel au respect mutuel

Les propos d’Emmanuel Macron, qui fustigeaient une prétendue « ingratitude » des dirigeants africains, sont apparus comme une tentative de minimiser leur autonomie. Pourtant, les sacrifices des soldats africains lors des guerres mondiales, souvent mobilisés de force, témoignent de l’engagement historique de l’Afrique pour la liberté.

Aujourd’hui, les peuples africains, à l’instar des gouvernements sénégalais et tchadien, réaffirment leur aspiration à une pleine souveraineté et à des partenariats fondés sur le respect mutuel, sans oublier ceux de la Confédération des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Ce n’est plus une question de « merci », mais de justice, de reconnaissance et de dignité.

La France est invitée à repenser ses relations avec l’Afrique en intégrant cette nouvelle donne. L’heure est venue de tourner la page d’un discours colonial dépassé et de bâtir des relations fondées sur l’égalité et la coopération véritables.

La réaction des dirigeants africains, notamment au Sénégal et au Tchad, témoigne d’un refus catégorique de se plier à des injonctions paternalistes. Les nations africaines ne quémandent plus, elles exigent des partenariats équilibrés et basés sur le respect mutuel. Les décisions souveraines prises par ces pays sont autant de messages adressés à la France : l’heure est venue de reconnaître la pleine légitimité des aspirations africaines à l’indépendance totale.

Ibrahim K. Djitteye 

8 janvier 2025 0 comments
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