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Brice Oligui Nguema, président de la Transition du Gabon.
A la UneAnalyses

Présidentielle au Gabon : élection de rupture ou continuité déguisée ?

by Sahel Tribune 5 mars 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Brice Oligui Nguema, arrivé au pouvoir par un coup d’État en août 2023, officialise sa candidature à la présidentielle du 12 avril 2025. Entre promesse de stabilité et crainte d’une transition verrouillée, son entrée en lice pose une question cruciale : s’agit-il d’un retour à l’ordre constitutionnel ou d’une militarisation durable du pouvoir au Gabon ?

Il y a des candidatures qui sonnent comme une évidence et d’autres qui rappellent à quel point la transition démocratique peut être un chemin sinueux. Brice Oligui Nguema, général devenu président par la force des armes, veut désormais l’être par la voie des urnes. À la tête du Gabon depuis le coup d’État d’août 2023 qui a renversé Ali Bongo, l’homme fort de Libreville a officialisé sa participation à l’élection présidentielle du 12 avril 2025. Un passage de témoin… à lui-même ?

Un putschiste en quête de légitimité

Il n’aura fallu que dix-huit mois pour que celui qui se présentait comme le garant d’une transition pacifique décide de transformer son rôle de chef de l’État par intérim en une ambition présidentielle assumée. « Rebâtir le pays », c’est ainsi qu’il justifie sa candidature, s’appuyant sur la nouvelle Constitution adoptée par référendum en novembre 2024, qui consacre un mandat présidentiel de sept ans renouvelables une fois. Une réforme taillée sur mesure ? Ses adversaires ne s’en privent pas de le penser.

Le paradoxe n’échappe à personne. C’est en dénonçant un pouvoir dynastique accaparé par la famille Bongo qu’Oligui Nguema s’est emparé du pouvoir. Aujourd’hui, sa candidature légitime l’idée que les transitions militaires finissent toujours par ressembler aux régimes qu’elles ont renversés.

Stabilisateur ou nouveau verrou à l’alternance ?

Reste que le général-président bénéficie encore d’un certain capital politique. Le Gabon de 2025 n’est plus tout à fait celui de 2023, lorsque l’élection contestée d’Ali Bongo et l’intervention des militaires avaient mis fin à 56 ans de règne familial. En dix-huit mois, Oligui Nguema a consolidé son pouvoir en jouant la carte de l’apaisement, en multipliant les consultations et en instaurant un dialogue avec une société civile longtemps mise à l’écart.

Mais derrière cette façade consensuelle, sa candidature divise. Pour ses partisans, il est le seul à même de garantir la stabilité du pays et d’éviter un retour aux tensions politiques. « Le Gabon ne peut pas se permettre une nouvelle crise », clament-ils. Pour ses détracteurs, cette candidature est le signe d’une militarisation durable du pouvoir, l’aveu que la transition ne fut qu’un prétexte pour s’installer durablement.

D’autant que la nouvelle loi électorale autorise les militaires à se présenter, un aménagement réglementaire qui, là encore, semble tomber à point nommé. Un militaire-candidat, une Constitution remodelée, une opposition affaiblie. Le terrain semble balisé pour Oligui Nguema.

Une élection décisive pour l’avenir du Gabon

L’élection du 12 avril 2025 ne sera pas seulement un scrutin, mais un test grandeur nature pour la démocratie gabonaise. Si Brice Oligui Nguema l’emporte, il aura sept ans pour prouver qu’il n’est pas qu’un putschiste reconverti en chef d’État. Mais son élection marquerait aussi la victoire d’un schéma politique bien connu en Afrique : celui du militaire venu au pouvoir par la force et décidé à y rester par les urnes.

Pour le Gabon, l’alternative est claire : soit cette élection ouvre réellement la voie à une gouvernance plus transparente, soit elle ancre un peu plus le pouvoir dans la continuité du passé. L’avenir nous dira si le général-président est un homme de transition… ou un homme de transition permanente.

A.D

5 mars 2025 0 comments
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ActuÉconomie

Commune de Koulikoro : plus de 108 millions de FCFA d’irrégularités épinglés par le Vérificateur Général

by Chiencoro 5 mars 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

La gestion municipale de Koulikoro est épinglée par un rapport accablant du Vérificateur Général, révélant plus de 108 millions de FCFA d’irrégularités financières, des manquements administratifs et une gouvernance locale défaillante.

La première vertu d’un État est la transparence. À la lumière du dernier rapport du Vérificateur Général du Mali, force est de constater que cette maxime semble avoir été reléguée au second plan dans la gestion de la Commune Urbaine de Koulikoro. Entre irrégularités financières et manquements administratifs, ce document dresse un tableau implacable d’un système municipal où l’opacité côtoie la désinvolture.

Les risques de détournement et de mauvaise gestion une fatalité

D’abord, le constat est alarmant. Le montant total des irrégularités financières détectées s’élève à 108 801 250 FCFA. L’argent public, lorsqu’il est mal géré, devient une dette morale contractée envers les citoyens, pourrait-on dire. Or, ce sont bien ces derniers qui paient le prix de cette gestion douteuse. À titre d’exemple, les régisseurs de recettes n’ont pas reversé 4,3 millions de FCFA perçus au titre des frais d’état civil, alors même que ces sommes étaient destinées aux caisses communales.

Plus préoccupant encore, l’absence de perception des taxes d’exploitation du sable et du gravier représente un manque à gagner de 52 millions de FCFA. Une manne financière qui aurait pu financer des infrastructures, mais qui, faute de recouvrement efficace, s’est évanouie dans les méandres administratifs. De même, les chefs de centres des impôts n’ont pas recouvré les droits de patente sur plusieurs marchés publics, un manque à percevoir de 13 millions de FCFA.

Au-delà des chiffres, c’est la mécanique même de la gouvernance locale qui semble grippée. Le Préfet de Koulikoro, censé assurer un contrôle régulier de la municipalité, ne l’a fait qu’une seule fois entre 2021 et 2024, contre une obligation d’inspection annuelle. Pire encore, la commune tient une comptabilité-matières incomplète, rendant pratiquement impossible tout suivi rigoureux des actifs municipaux. Dans ce flou administratif, les risques de détournement et de mauvaise gestion deviennent une fatalité.

Des services essentiels à la population en péril 

Le rapport révèle également que le maire de Koulikoro a irrégulièrement attribué 72 permis d’occupation sur des terrains appartenant à l’État, en violation des procédures légales. Cette gestion foncière hasardeuse expose la commune à d’éventuels conflits et contentieux, en plus de priver l’administration d’une ressource précieuse.

Le volet social n’échappe pas à cette déroute gestionnaire. Sur 47 comités de gestion scolaire, 42 n’ont jamais produit de rapports sur l’utilisation des fonds alloués. De même, l’Association de Santé Communautaire de Souban n’a jamais rendu compte de sa gestion des subventions publiques. Ces négligences, au-delà de leur dimension financière, mettent en péril des services essentiels à la population.

Que retenir de ce réquisitoire ? Là où l’ordre et la rigueur font défaut, la défiance s’installe. Ce rapport du Vérificateur Général ne se limite pas à un exercice comptable. Il met en lumière les fragilités d’un système qui, s’il n’est pas réformé en profondeur, continuera d’hypothéquer le développement local. Une refonte des mécanismes de contrôle et une responsabilisation accrue des gestionnaires municipaux s’imposent, si l’on veut éviter que ces dérives ne deviennent la norme.

Chiencoro Diarra 

5 mars 2025 0 comments
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Drissa Diabaté, footballeur
A la UneSport

Drissa Diabaté, footballeur : « Les entraînements durant le Ramadan doivent être stratégiques »

by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 minutes read

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5 mars 2025 0 comments
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Des déplacés à Ménaka
A la UneSécurité

Mali : plus de 118 000 réfugiés burkinabè et nigériens en quête de sécurité

by Sahel Tribune 4 mars 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Face à l’afflux de plus de 118 000 réfugiés burkinabè et nigériens, le Mali est confronté à un défi humanitaire majeur qui met à l’épreuve sa capacité de gestion et de solidarité régionale.

Alors que le Mali poursuit son engagement dans la Confédération des États du Sahel (AES), une urgence humanitaire grandit aux frontières du pays. Plus de 118 000 réfugiés burkinabè et nigériens ont franchi les limites du territoire malien, fuyant l’insécurité et les exactions des groupes armés terroristes dans leurs pays respectifs. Un afflux massif qui met à l’épreuve les capacités d’accueil du pays et interroge la gestion des flux migratoires dans l’espace sahélien.

Un exode forcé, une crise grandissante

Les conflits persistants au Burkina Faso et au Niger ont plongé des milliers de familles dans l’errance et la précarité. Face à une insécurité galopante et à des combats entre forces armées et groupes terroristes, des civils ont choisi la route de l’exil, trouvant refuge sur le sol malien. Selon les chiffres du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), 63 000 d’entre eux ne sont toujours pas enregistrés, faute d’accès aux dispositifs administratifs et humanitaires adéquats.

Si l’on s’en tient aux statistiques, 79 % des réfugiés sont burkinabè et 21 % sont nigériens. Ils sont majoritairement installés dans les régions frontalières de Gao, Ségou, Mopti et Tombouctou, des zones déjà éprouvées par l’instabilité sécuritaire.

Un défi humanitaire dans un contexte de transition politique

L’arrivée de ces milliers de réfugiés survient à un moment où le Mali restructure son appareil politique et sécuritaire sous la bannière de l’AES. Bamako, Niamey et Ouagadougou, désormais unis dans un même projet de souveraineté, doivent gérer une crise humanitaire qui met en lumière la fragilité des États du Sahel face aux conflits asymétriques.

Dans ce contexte, les efforts conjoints du gouvernement malien et de l’UNHCR ont permis d’enregistrer une grande partie des nouveaux arrivants, mais les défis restent nombreux. Logement, sécurité alimentaire, accès aux soins, éducation. Autant de besoins qui nécessitent une mobilisation urgente.

Vers une politique sahélienne commune sur les réfugiés ?

L’une des interrogations majeures demeure : comment l’AES peut-elle répondre collectivement à cette crise migratoire ? Alors que le Mali est devenu la principale terre d’accueil, le Burkina Faso et le Niger, pourtant membres de la confédération, voient leurs citoyens fuir leurs territoires. Une situation qui met en exergue les limites actuelles de l’AES en matière de protection civile et de stabilité régionale.

Face à cette crise humanitaire, la Confédération des États du Sahel pourrait-elle définir une stratégie commune pour l’accueil et la prise en charge des réfugiés ? L’heure est aux décisions politiques fortes, car si l’AES veut s’imposer comme un bloc régional solide, elle ne peut ignorer cette crise qui frappe à ses portes.

A.D

4 mars 2025 0 comments
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Image: Un graphique réalisé pour illustrer les chroniques du Mardi.
ActuTaabolow ani Tabiaw

Chronique. Ramadan : spiritualité pour tous, charge domestique pour les femmes

by Chiencoro 4 mars 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Alors que le Ramadan incarne spiritualité et partage, il met aussi en lumière les inégalités de genre, où les femmes, premières gestionnaires des foyers, portent une charge invisible, mais essentielle, révélatrice des défis économiques et sociaux du continent.

Depuis toujours, dans toutes les sociétés, les périodes de privation et de spiritualité ont reposé sur les épaules des femmes. Dans l’Empire ottoman, en Chine impériale, ou encore en Europe médiévale, ce sont elles qui, dans l’ombre, organisaient le quotidien des jeûneurs, veillant à ce que les traditions soient respectées, que les repas soient préparés et que l’ordre social soit maintenu. Aujourd’hui, au Mali et dans l’ensemble de l’espace sahélien, cette réalité n’a guère changé. Le Ramadan renforce des inégalités profondément ancrées. Il rend plus visible encore la charge disproportionnée supportée par les femmes.

Un poids économique et social alourdi par la crise

Comme à l’accoutumée, le Mali traverse une crise économique sévère, amplifiée par une inflation galopante et une pénurie de denrées essentielles. Riz, sucre, huile : des biens autrefois accessibles sont devenus hors de prix. Pourtant, durant le Ramadan, les attentes alimentaires des familles ne diminuent pas, bien au contraire.

Or, qui gère cette tension entre rareté et besoin ? Les femmes, bien sûr. Elles sont chargées de nourrir, d’organiser, d’anticiper, alors qu’elles sont les moins bien dotées en ressources. En milieu rural, elles possèdent rarement la terre qu’elles cultivent, n’ont que difficilement accès au crédit et restent les grandes oubliées des politiques économiques. Pourtant, elles sont celles qui, par leur ingéniosité et leur résilience, évitent aux ménages l’effondrement.

Une charge mentale et physique écrasante

Au-delà de la précarité matérielle, le Ramadan impose une charge mentale et physique supplémentaire. Il ne s’agit pas seulement de jeûner, mais de s’occuper des enfants, de veiller à la propreté du foyer, d’organiser les repas de rupture, du suhur, et, souvent, de travailler en parallèle. Là encore, qui assume l’essentiel de cette charge ? Les femmes.

Et comme si cela ne suffisait pas, l’insécurité croissante et les normes patriarcales restreignent leur mobilité. Aller au marché devient une expédition, chercher du bois ou de l’eau une épreuve. Dans certaines régions, la peur des attaques et des violences limite encore davantage leur autonomie.

Pourtant, loin d’être des victimes passives, elles s’adaptent. Dans les marchés de Bamako comme dans les villages les plus reculés, elles tissent des réseaux de solidarité, échangent des denrées, inventent des solutions là où l’État est absent. Elles pallient les manquements d’un système économique qui les ignore, et d’une société qui oublie leur rôle central.

Le Ramadan est un temps de réflexion et d’introspection, une invitation à réévaluer ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. Or, si la justice est une valeur centrale de cette période, comment justifier que les femmes continuent de porter seules ce fardeau ?

Si cette inégalité perdure, elle freinera durablement le développement du continent. Aucune société ne peut prétendre à l’émergence en laissant la moitié de sa population cantonnée à un rôle invisible, sous-payé et non reconnu.

Trois révolutions nécessaires

Pour sortir de cette impasse, trois transformations s’imposent :

1️ —Une révolution économique : Il est urgent de faciliter l’accès des femmes aux ressources, à commencer par le foncier, le crédit et l’éducation financière. Aucun pays ne peut prospérer si ses principales actrices économiques restent enfermées dans l’informel.

2️ — Une révolution technologique : L’innovation doit alléger leur charge. Accès à l’eau potable, électricité, moulins, solutions de cuisson modernes : réduire le temps consacré aux tâches domestiques est une nécessité.

3️ — Une révolution culturelle et politique : Il faut remettre en question les normes qui limitent leur autonomie et placer la question de l’égalité au cœur des politiques publiques. Les sociétés qui ont su le faire ont toujours prospéré plus vite que les autres.

Ce qui se joue au Mali n’est pas un cas isolé. En Inde, au Maghreb, en Amérique latine, les femmes portent cette charge invisible, trop souvent ignorée par les décideurs. Pourtant, l’histoire montre que lorsqu’elles accèdent aux moyens de leur autonomie, c’est l’ensemble de la société qui progresse.

Le Ramadan est un moment de justice et de partage, mais il doit aussi être un temps de prise de conscience. Les traditions, aussi sacrées soient-elles, ne doivent pas être un prétexte pour perpétuer des injustices.

Si l’Afrique veut assurer son avenir et sa prospérité, elle doit libérer celles qui, dans l’ombre, la portent déjà à bout de bras.

Chiencoro Diarra 

4 mars 2025 0 comments
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Drapeau AES
A la UnePolitique

Mali, Burkina, Niger : trois États, une Confédération, un électrochoc pour l’Afrique de l’Ouest

by Sahel Tribune 4 mars 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

En hissant le drapeau de l’AES, ce lundi 3 mars 2025, le Mali, le Burkina Faso et le Niger actent définitivement leur rupture avec une CEDEAO en perte d’influence. Ils réaffirment leur volonté de bâtir une nouvelle alliance souveraine, affranchie des diktats extérieurs.

Il est des symboles qui claquent comme un couperet. Ce 3 mars 2025, du haut des mâts de Koulouba, de Kosyam et du palais présidentiel de Niamey, un drapeau a été hissé. Un acte en apparence anodin, mais qui marque la rupture définitive entre le Mali, le Burkina Faso, le Niger et une CEDEAO en pleine errance.

En conférence de presse, le capitaine Ibrahim Traoré, le plus impétueux des trois chefs de la Confédération des États du Sahel (AES), n’a pas mâché ses mots : « Nous sommes en train de réussir quelque chose que certains n’ont jamais su faire, que d’autres ne veulent surtout pas voir. » Tout est dit. Après avoir subi les injonctions d’Abuja, les diktats de Paris et les punitions économiques d’une CEDEAO transformée en bureau de recouvrement pour le compte de ses créanciers occidentaux, voici venu le temps de l’affirmation sans complexe.

La CEDEAO, un syndicat en déroute

En réalité, la CEDEAO n’a jamais été aussi faible, aussi illégitime, aussi méprisée par ceux-là mêmes qu’elle prétendait représenter. Son autorité, déjà battue en brèche par les sanctions absurdes imposées aux régimes militaires sahéliens, a fini par voler en éclats lorsque le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont claqué la porte le 29 janvier dernier. Un séisme politique, dont Abuja, Accra et Dakar tentent encore de mesurer l’ampleur.

Le constat est cruel. En moins d’un an, l’organisation ouest-africaine est passée du statut de faiseur de rois à celui de spectateur impuissant. Un organe autrefois respecté, désormais incapable de faire plier les régimes qui refusent de rentrer dans le rang. Pendant qu’à Niamey, Bamako et Ouagadougou, l’AES affiche une volonté farouche de bâtir un avenir commun, à Abuja, on se perd en débats stériles sur des sanctions qui ne font plus peur à personne.

L’AES, plus qu’un symbole, une alternative

Mais la levée du drapeau de l’AES n’est pas qu’un pied de nez à la CEDEAO. C’est surtout l’acte fondateur d’une nouvelle architecture régionale, où la sécurité et la souveraineté passent avant les injonctions extérieures. Fini le temps des États vassaux, priés d’attendre l’aval de la « communauté internationale » avant de prendre une décision. Désormais, le trio sahélien entend se défendre seul, commercer seul et tracer seul sa voie.

D’autant plus que l’AES séduit. Ses discours résonnent bien au-delà du Sahel, où des pays, fatigués de la tutelle économique et politique imposée par l’Occident, commencent à voir en cette Confédération un modèle de résistance et d’affranchissement. Abuja et Dakar tremblent, redoutant un effet domino qui pourrait fragiliser un peu plus une CEDEAO déjà en pleine tourmente.

L’avenir leur appartient… ou pas

Évidemment, tout ne sera pas simple. L’AES n’a pas encore de véritable institution commune, son économie reste fragile et ses alliances internationales en construction. Mais une chose est certaine. Elle existe, elle dérange et elle avance.

En attendant, le drapeau vert flotte fièrement dans les capitales sahéliennes. À Abuja, pendant ce temps, on continue d’écrire des communiqués, priant sans doute pour que le réveil des peuples ne soit qu’un feu de paille. À voir les visages décidés de Goïta, Traoré et Tiani, il serait peut-être temps de se faire une raison.

A.D

4 mars 2025 0 comments
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Elections locales au Sénégal
A la UnePolitique

Élections au Mali : la bataille de l’AIGE pour des listes électorales sans faille

by Chiencoro 3 mars 2025
written by Chiencoro 5 minutes read

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