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Bocar Harouna Diallo jeune chercheur en geographie rurale a lUniversite Cheikh Anta Diop
ActuClimat et environnement

Biens communs au Sénégal : le trésor perdu des populations locales

by Bocar Harouna Diallo 3 mars 2025
written by Bocar Harouna Diallo 2 minutes read

Au Sénégal, la gestion des biens communs souffre de lacunes juridiques, d’accaparements fonciers et d’un manque d’implication des communautés, menaçant leur durabilité et leur équité.

Un bien commun est une ressource accessible à tous et appartenant à l’ensemble de la communauté. Pourtant, sa gestion reste un sujet de débat récurrent. Au Sénégal, la gestion des biens communs présente plusieurs limites majeures qui compromettent leur durabilité et une répartition équitable de leur usage. D’une part, malgré l’existence d’un cadre juridique en matière de protection et de gestion des ressources naturelles, son application laisse souvent à désirer. 

Cette situation favorise la surexploitation, l’expropriation par des réseaux mafieux et des pratiques non durables. D’autre part, les intérêts économiques, tels que l’exploitation minière ou le développement du tourisme, priment souvent sur les besoins des communautés locales, générant ainsi des conflits d’usage.

L’accaparement des terres par des acteurs et entreprises étrangers constitue une menace supplémentaire pour les droits des populations locales. Ce phénomène, devenu une vieille habitude au Sénégal, entraîne la dépossession des agriculteurs, la perte de terres vitales pour leur subsistance, l’aggravation de la pauvreté et une insécurité alimentaire croissante.

Par ailleurs, l’absence de programmes de sensibilisation efficaces limite la compréhension, par les populations locales, des enjeux liés à la conservation et à la gestion durable des ressources naturelles. Le changement climatique vient encore complexifier la situation, rendant certaines ressources plus vulnérables et accentuant les défis de gestion.

Enfin, bien que des initiatives de gestion participative existent, l’implication réelle des communautés locales est souvent entravée par des structures de pouvoir inégalitaires et un manque de moyens. Ces failles soulignent l’urgence d’une approche intégrée et collaborative pour une gestion plus rentable et durable des biens communs.

Bocar Harouna DIALLO, Géographe

📩 boxdiallo@hotmail.fr

3 mars 2025 0 comments
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Une graphique réalisée pour illustrer les édito sur notre site.
Edito

Edito. L’heure de l’unité, non de la division

by Bakary FOMBA 3 mars 2025
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Le Mali est à la croisée des chemins. Après une crise profonde, le pays se retrouve à nouveau face à des défis considérables. La polarisation politique et les ambitions individuelles risquent de mettre en péril la cohésion nationale, alors que l’heure est à l’unité́ et à l’action collective pour surmonter les obstacles.

Le limogeage de Choguel Kokalla Maïga, ancien Premier ministre et figure emblématique du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des Forces patriotiques (M5-RFP), marque un tournant significatif. Jadis fer-de-lance de la contestation populaire, le M5-RFP a joué́ un rôle essentiel dans la transition. Cependant, la dégradation du dialogue et la radicalisation du discours ont contribué à la polarisation du débat public, sapant les efforts de rassemblement pourtant nécessaires à la stabilisation du pays.

Des réformes pour l’avenir du Mali.

La rupture consommée entre le mouvement hétéroclite et les autorités de la transition soulève des questions cruciales sur la direction que prendra le Mali dans les mois à venir. Que cherche vraiment l’ex-locataire de la Primature ?

Après le meeting du 16 novembre 2024, organisé pour des raisons jugées peu convaincantes, Choguel Kokalla Maïga a de nouveau convoqué un rassemblement mi-février 2025, dressant un tableau sombre de la gestion de la transition à laquelle il a lui-même participé. Quelles sont les motivations réelles derrière ces manœuvres politiciennes ?

La transition, malgré́ les difficultés, a engagé́ un processus de réformes cruciales pour l’avenir du Mali. La lutte contre l’insécurité, le rétablissement de l’autorité́ de l’État, la promotion du dialogue inclusif et la préparation d’élections transparentes sont des défis immenses qui exigent l’engagement et la collaboration de tous. Le moment est venu de dépasser les clivages et de se concentrer sur les priorités nationales. La critique constructive reste nécessaire, mais elle ne doit pas se transformer en un obstacle à la consolidation de la transition, qui constitue une période charnière de l’existence du Mali.

Risque de détourner l’attention des enjeux cruciaux

Le sentiment de rupture exprimé par Choguel Kokalla Maïga doit plutôt inciter à une introspection collective. L’avenir du Mali dépend de la capacité des différents acteurs politiques, sociaux et économiques à s’unir autour d’un projet commun.

Il convient de rappeler que le M5-RFP, soutien initial des autorités, a radicalement évolué́ dans son discours et ses aspirations. Cette évolution, qui semble se tourner vers une opposition systématique, doit être interprétée avec précaution. La critique constructive est bienvenue, mais la transformation progressive du M5-RFP en une force d’opposition risquerait de détourner l’attention des enjeux cruciaux auxquels le pays fait face. Le moment est venu de rassembler nos efforts au lieu d’ériger des barrières qui peuvent nuire à la cohésion nationale.

L’heure n’est plus aux divisions, mais à l’union nationale

Il est donc impératif de mettre de côté les ambitions personnelles et de privilégier l’intérêt supérieur de la nation. Les Maliens ont montré une résilience remarquable face à l’adversité́, et il est temps de canaliser cette énergie collective vers la construction d’un avenir meilleur. Soutenir les autorités de la transition ne signifie pas renoncer à la vigilance et à la critique constructive. Il s’agit plutôt de s’engager dans une dynamique positive, en reconnaissant que le chemin de la transition est long et que les défis sont nombreux.

L’avenir du Mali est entre les mains de ses citoyens. La nation malienne a démontré une résilience extraordinaire face à l’adversité́. Il est temps de canaliser cette énergie collective vers la construction d’un avenir meilleur. L’heure n’est plus aux divisions, mais à l’union nationale, car c’est le seul chemin qui permettra au Mali de retrouver sa place au sein de la communauté́ internationale et de reconstruire un pays uni, stable et prospère.

Bakary Fomba

3 mars 2025 0 comments
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Umaro Sissoco Embalo
A la UneAnalyses

Embalo, chantre de la démocratie… sauf quand ça le concerne !

by Chiencoro 3 mars 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Entre crises internes, départs fracassants et dirigeants en roue libre, la CEDEAO vacille, prise au piège de ses propres contradictions et de son impuissance croissante.

C’est une gifle diplomatique qui en dit long sur l’état de décomposition avancée de la CEDEAO. Envoyée à Bissau pour désamorcer une crise électorale, une mission de haut niveau de l’organisation et de l’ONU a dû plier bagage en catastrophe, chassée par Umaro Sissoco Embalo lui-même. Un désaveu cinglant pour une organisation qui, depuis le départ fracassant du Mali, du Burkina Faso et du Niger le 29 janvier 2025, n’est plus que l’ombre d’elle-même.

Autrefois, la CEDEAO dictait la norme, imposait sanctions, embargos et missions de médiation, parfois même des interventions militaires. Mais ça, c’était avant. Avant que trois États-clés du Sahel ne claquent la porte. Avant que ses menaces ne deviennent risibles. Avant que ses propres membres ne se moquent ouvertement de son autorité.

Umaro Sissoco Embalo, l’auteur de coup d’État qui dénonçait les coups d’État

L’ironie est presque trop grosse pour être vraie. Embalo, l’homme qui, en 2020, clamait haut et fort que les troisièmes mandats étaient des « coups d’État », s’accroche aujourd’hui à son fauteuil avec un zèle suspect. En août de cette même année, lors d’un sommet de la CEDEAO, il dénonçait les pratiques d’Alpha Condé en Guinée-Conakry et d’Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire, qui avaient tordu leurs constitutions pour se maintenir au pouvoir.

Cinq ans plus tard, c’est lui qui sème la confusion sur la durée de son propre mandat. C’est lui qui dissout son Parlement à répétition. C’est lui qui expulse les missions de la CEDEAO comme s’il ne leur devait rien.

Sa logique est simple, les principes démocratiques valent tant qu’ils ne s’appliquent pas à lui-même.

La CEDEAO, une organisation sans poids, ni vision

Pendant ce temps, le reste de la CEDEAO continue de donner le spectacle d’un radeau à la dérive. Elle prétend défendre la démocratie, mais ferme les yeux sur les dérives en Côte d’Ivoire, au Togo ou au Sénégal. Elle s’inquiète de l’influence croissante de Moscou au Sahel, tout en laissant Embalo négocier ouvertement avec le Kremlin. Elle condamne le coup d’État au Niger, mais reste silencieuse quand l’un de ses membres piétine ses propres institutions.

Autrefois, l’organisation parlait d’une seule voix. Aujourd’hui, elle n’a même plus d’interlocuteurs crédibles.

À Bissau, le naufrage de la CEDEAO se joue peut-être plus qu’à Bamako ou à Niamey. Car le problème n’est plus seulement que des États quittent l’organisation. C’est que ceux qui restent ne la respectent même plus.

Le Mali, le Burkina et le Niger ont pris le large. D’autres suivront-ils ? À ce rythme, la CEDEAO n’aura même pas besoin d’être dissoute. Elle se sera elle-même évaporée.

Chiencoro Diarra 

3 mars 2025 0 comments
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Umaro Sissoco Embalo
ActuPolitique

Guinée-Bissau : une mission de la CEDEAO expulsée après des consultations électorales

by Ibrahim Kalifa Djitteye 2 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 2 minutes read

Une mission politique de haut niveau dépêchée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) a quitté précipitamment la Guinée-Bissau après des menaces d’expulsion formulées par le président Umaro Sissoco Embaló. Cette mission, qui s’est déroulée du 21 au 28 février, visait à faciliter un dialogue entre les acteurs politiques pour l’organisation d’élections inclusives et pacifiques en 2025.

Conformément aux instructions de la Conférence des Chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, le Président de la Commission de l’organisation, Dr Omar Alieu Touray, avait initié cette mission dans le but d’accompagner les efforts des parties prenantes nationales vers un consensus politique.

Des tensions grandissantes

Durant son séjour à Bissau, la mission a rencontré le Président Embaló, les autorités nationales, des représentants de la société civile, les entités en charge de l’organisation des élections ainsi que des partenaires bilatéraux et internationaux. Ces discussions avaient pour objectif de dégager une feuille de route commune pour l’organisation des prochaines élections législatives et présidentielles.

Si la mission a salué l’engagement des différentes parties en faveur d’un dialogue politique, elle a également pris note des préoccupations exprimées par plusieurs acteurs. Parmi celles-ci figurent des désaccords sur les réformes électorales et les conditions de participation aux scrutins prévus pour 2025.

Afin de formaliser ce consensus, la mission a rédigé un projet d’accord sur la tenue des élections et a commencé à le soumettre aux différentes parties prenantes. Cependant, cette initiative a été brusquement interrompue par des tensions avec le pouvoir en place.

Un départ forcé après des menaces du président Embaló

Alors que les discussions étaient en cours, la mission a été confrontée à des menaces d’expulsion de la part du Président Umaro Sissoco Embaló, conduisant à son départ précipité dans la nuit du 1er mars. Les raisons exactes de cette rupture brutale restent floues, mais elle illustre les tensions croissantes entre le pouvoir exécutif et les initiatives de médiation internationale. Avant son départ, la mission a appelé toutes les parties prenantes et la population bissau-guinéenne à maintenir le calme et à préserver la paix.

À son retour, la mission présentera son rapport au Président de la Commission de la CEDEAO, en y intégrant des recommandations sur les prochaines étapes pour garantir des élections transparentes et inclusives en 2025.

Cette expulsion marque un nouvel épisode dans l’instabilité politique qui secoue régulièrement la Guinée-Bissau. La réaction de la CEDEAO et de la communauté internationale sera déterminante pour la suite du processus électoral.

Ibrahim K Djitteye 

2 mars 2025 0 comments
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Embouteillage à Bamako.
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Billet. Bamako, capitale du chaos routier : où est passée la courtoisie ?

by Sahel Tribune 2 mars 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

À Bamako, la route est devenue un champ de bataille où l’égoïsme et l’anarchie dictent leur loi. Entre automobilistes obstinés, moto-taxis kamikazes et absence totale de courtoisie, chaque trajet vire à la lutte pour la survie.

Je me souviens encore de cette matinée de 2018, à Kabala, lors du lancement de la 7ème édition de la Journée nationale de la courtoisie sur la route. Journée mondiale de l’utopie, aurais-je dû dire. À l’époque, naïf, je me disais que ce genre d’initiative pouvait peut-être, avec un peu de bonne volonté, améliorer les choses. Sept ans plus tard, je ris jaune.

Chaque jour, coincé dans un embouteillage interminable, un œil sur mon rétroviseur, l’autre sur un motocycliste suicidaire qui surgit de nulle part, je me demande comment nous avons pu en arriver là. À quel moment la route est-elle devenue un combat de rue ?

Le règne de l’égoïsme et du chaos

Bamako n’a plus de circulation, elle a une foire d’empoigne. Plus personne ne s’arrête, plus personne ne cède le passage, et gare à celui qui essaie de le faire. Il se fera klaxonner, insulter, ou pire, percuter. Pourtant, ceux qui se battent pour avancer sont des adultes en costume, des cadres en cravate, des sages en boubou, des visages respectables qui deviennent, dès qu’ils s’installent derrière un volant, des apprentis chauffards.

Et alors que je tente de négocier ma place dans cette cacophonie de moteurs et de klaxons, j’observe une scène presque comique, si elle n’était pas dramatique. Deux automobilistes en pleine dispute, bloquant tout un carrefour parce que ni l’un ni l’autre ne veut reculer de quelques centimètres. Le Malien ne respecte pas la loi. Il craint uniquement la force. Un policier aurait suffi pour les calmer, mais en son absence, c’est la loi du plus têtu qui l’emporte.

Bienvenue dans l’ère des moto-taxis

Comme si la situation n’était pas déjà assez catastrophique, voici les nouveaux seigneurs du bitume : les conducteurs de moto-taxis. Ils n’ont ni permis, ni formation, ni peur de la mort. Ils roulent à toute vitesse, zigzaguent entre les voitures, grillent les feux rouges comme s’ils n’existaient pas et s’arrêtent en pleine route pour négocier un client.

Et puis, il y a les chiffres. Ceux qui ne mentent jamais. 176 morts en 2019. 689 en 2023. Les routes de Bamako ne sont plus seulement impraticables, elles sont meurtrières.

Alors, on attend quoi ?

On pourrait regarder du côté de la Chine, où chaque route est surveillée par des caméras intelligentes, où chaque infraction est captée, analysée et immédiatement sanctionnée. On pourrait construire des échangeurs, fluidifier le trafic, organiser la circulation au lieu de la subir.

Mais pour cela, il faudrait une volonté politique, une prise de conscience collective. Parce que le problème n’est pas la route, ni même la moto ou la voiture. Le problème, c’est nous.

En 2018, on parlait de courtoisie sur la route. En 2025, il serait temps de parler de survie.

A.D

2 mars 2025 0 comments
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Emmanuel Macron et le Maréchal Haftar.
A la UnePolitique

Du Sahel à la Libye, la France face à ses propres contradictions

by Chiencoro 2 mars 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Entre soutien officiel au gouvernement de Tripoli et dialogue discret avec Khalifa Haftar, allié de Moscou, la France entretient une diplomatie à géométrie variable qui risque de lui coûter cher en Libye et au Sahel.

Un pied à l’ouest, un autre à l’est. Un discours à l’ONU, un autre à l’Élysée. Entre le Gouvernement d’Union nationale (GUN) de Tripoli, officiellement reconnu par la communauté internationale, et l’Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar, soutenue par Moscou, la France joue une partition à plusieurs voix. Un équilibre fragile, voire intenable, où Paris s’enlise dans ses propres contradictions.

Mercredi 26 février 2025, Haftar, entouré de ses fils, a été reçu en catimini par Emmanuel Macron. Une rencontre non confirmée par l’Élysée, mais que l’ANL s’est empressée de relayer sur Facebook. Officiellement, il s’agissait de discuter du « processus politique en Libye » et du rôle de l’ONU. Dans les faits, la rencontre sonne comme une validation tacite du chef de guerre de Benghazi, que Paris considère, malgré tout, comme un acteur incontournable.

Pendant ce temps, à Tripoli, Abdelhamid Dbeibah, le Premier ministre du GUN, scrute avec agacement cette duplicité. Car sur le papier, c’est lui, et lui seul, que la France devrait reconnaître comme légitime.

De l’intervention de 2011 au blocage politique

Tout a commencé avec l’élimination de Mouammar Kadhafi en 2011, soutenue par une coalition occidentale où la France jouait un rôle moteur. Nicolas Sarkozy, à l’époque, se voulait l’architecte du renouveau libyen. Résultat ? Un pays fracturé, livré aux milices et aux ambitions des puissances étrangères.

Depuis, la Libye est un champ de ruines diplomatique, avec deux gouvernements rivaux et une unité nationale toujours aussi lointaine. L’envoyé spécial de l’ONU, Abdoulaye Bathily, a jeté l’éponge, comme ses prédécesseurs, et les élections maintes fois promises ne voient jamais le jour. En 2020 déjà, Ghassan Salamé, ancien émissaire onusien, reconnaissait que le statu quo était peut-être la moins mauvaise des options.

Mais dans ce chaos, Haftar a su se rendre indispensable. À la fois chef militaire et habile stratège politique, il joue sur tous les tableaux : soutien occidental d’un côté, rapprochement avec Moscou de l’autre.

Liaisons dangereuses : de Benghazi à Moscou, en passant par le Sahel

Si Paris le reçoit discrètement, Moscou, elle, assume pleinement son soutien à Haftar. Les mercenaires de Wagner ont été les premiers à sécuriser ses positions, et le Kremlin voit en lui un relais idéal pour son influence en Afrique du Nord et au Sahel.

Mais Haftar ne se contente pas d’un seul allié. Depuis la prise de pouvoir des militaires au Mali, au Burkina Faso et au Niger, il a aussi tissé des liens avec ces régimes, qui, comme lui, rejettent l’ingérence occidentale et lorgnent vers la Russie pour leur sécurité.

Ici encore, la France se retrouve piégée par ses propres contradictions. D’un côté, elle condamne l’influence russe au Sahel, de l’autre, elle négocie avec un allié stratégique de Moscou en Libye.

Paris, maître du grand écart diplomatique

La posture de Paris devient de plus en plus illisible. Quel est son véritable objectif ? Maintenir son influence à Tripoli ? Composer avec Haftar ? Contenir l’expansion russe ?

Le paradoxe est flagrant : Paris soutient le GUN, tout en validant Haftar. Elle dénonce la présence russe au Mali, mais dialogue avec l’homme qui ouvre la porte à Moscou en Libye.

Pendant ce temps, Haftar avance ses pions, prenant ce qu’il peut obtenir de l’Occident, tout en consolidant ses alliances avec la Russie et les régimes sahéliens.

À force de vouloir ménager tous les camps, Paris risque de tout perdre : son influence à Tripoli, son poids en Libye et son crédit en Afrique.

Car dans ce jeu de dupes, il n’y a qu’un seul gagnant : celui qui ne se laisse pas enfermer dans les ambiguïtés.

Chiencoro Diarra 

2 mars 2025 0 comments
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Un bus de la compagnie Diarra transport.
A la UneÉconomie

Sous le soleil et à jeun : le défi quotidien des transporteurs et commerçants

by Ibrahim Kalifa Djitteye 1 mars 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

En ce début du mois béni de Ramadan, nous sommes allés à la rencontre des chauffeurs et commerçants qui, malgré les longues journées de jeûne, continuent d’assurer leurs services avec détermination et patience. Que ce soit sur les routes ou dans les marchés, la gestion du travail pendant cette période spirituelle représente un véritable défi.

Dans les rues animées de Bamako et sur les longues routes reliant les villes du pays, le mois de Ramadan transforme les habitudes et met les corps à l’épreuve. Entre privation et endurance, chauffeurs et commerçants doivent jongler entre le respect du jeûne et les exigences de leur métier. Comment ces travailleurs essentiels concilient-ils fatigue, chaleur et obligations professionnelles tout en préservant leur spiritualité ? Malgré les difficultés, ces travailleurs continuent de faire tourner l’économie pendant ce mois sacré.

Le Ramadan n’empêche pas le voyage

Pour les chauffeurs de transport en commun, comme ceux de SONEF et Diarra Transport, les horaires restent inchangés. « Même pendant le Ramadan, nous partons à l’heure habituelle et poursuivons nos trajets. Souvent, l’heure de la rupture du jeûne nous trouve en plein trajet », explique Mamadou, chauffeur chez Diarra Transport.

Si le rythme de travail ne ralentit pas, les difficultés du jeûne se font ressentir, notamment au moment de la rupture. « Parfois, nous sommes en pleine zone désertique, loin de toute station-service ou village. Il faut s’arrêter sous un arbre ou se contenter d’un peu d’eau en attendant d’arriver en ville », raconte Sékou, un autre chauffeur.

Le manque de repos et la fatigue accumulée sont aussi des épreuves majeures. Aliou, chauffeur de taxi, souligne : « C’est très dur, surtout avec la chaleur. Mais c’est notre travail, et nous devons continuer. On essaie de faire des pauses quand c’est possible pour ne pas se mettre en danger ».

Face aux défis du Ramadan, la solidarité entre chauffeurs devient essentielle. « Il y a toujours un collègue prêt à aider si l’on est trop fatigué ou si l’on doit s’arrêter pour rompre le jeûne », explique Boubacar, chauffeur chez SONEF. Cette entraide devient encore plus précieuse en cette période, où l’effort physique est doublé par les restrictions du jeûne.

Les commerçants face aux défis du Ramadan

Dans les marchés de Bamako, les commerçants doivent eux aussi gérer le jeûne tout en accueillant les clients. Moustapha, épicier à Sébénicoro, raconte : « On les accueille toujours avec politesse, comme d’habitude. On leur propose même de l’eau pour ceux qui ne jeûnent pas, et si on a de nouveaux produits, on les leur montre ».

L’organisation devient alors un atout majeur pour mieux gérer l’afflux des clients. « Durant le Ramadan, les gens achètent surtout le soir. Alors, dans la matinée, on emballe à l’avance des produits comme les dattes, les jus et les boissons pour ne pas perdre de temps le soir », ajoute Moustapha.

Mais la tâche devient plus difficile au fil de la journée, surtout avec la chaleur. Mohamed, boutiquier à Tienbani, témoigne : « Travailler en plein jeûne, sous la chaleur, c’est épuisant. Le matin, on tient encore le coup, mais à partir de 14 h-15 h, jusqu’à la rupture du jeûne, c’est vraiment dur ».

Que ce soit pour les chauffeurs ou les commerçants, le Ramadan est une période d’épreuve. Pourtant, grâce à leur organisation, leur solidarité et leur foi, ils continuent d’assurer leurs services avec courage, conciliant ainsi travail et spiritualité. Un véritable exemple de résilience et de dévouement envers la communauté.

Ibrahim K. Djitteye

1 mars 2025 0 comments
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