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Remise d'un chèque géant
A la UneÉconomie

Compétences, autonomie, souveraineté : le triptyque d’un Mali en renouveau

by Chiencoro 13 janvier 2025
written by Chiencoro 5 minutes read

Lors d’une cérémonie au CICB, le Président Assimi Goïta a remis un chèque de plus d’un milliard de francs CFA à 2 500 jeunes stagiaires de l’APEJ. Un acte symbolique et stratégique qui illustre la vision d’un Mali Kura, où la jeunesse, armée de compétences et de valeurs, devient le moteur de la refondation nationale.

Le 13 janvier 2025, au Centre international de Conférence de Bamako (CICB), s’est tenue une cérémonie dont l’importance dépasse de loin l’acte symbolique qu’elle représente. En remettant un chèque géant de plus d’un milliard de francs CFA au 13ᵉ contingent de jeunes stagiaires de l’Agence pour l’Emploi des Jeunes (APEJ), le Président de la Transition, le Général Assimi Goïta, a posé un acte de confiance et d’espoir : celui d’un État qui mise sur sa jeunesse pour refonder son avenir.

Ce geste, bien plus qu’un simple financement, illustre une vision stratégique : la jeunesse n’est pas un poids pour le Mali, mais sa principale richesse. Ce pacte renouvelé avec les jeunes diplômés traduit la volonté du gouvernement d’inscrire le Mali dans une dynamique de souveraineté durable, fondée sur le potentiel de ses hommes et de ses femmes, et non sur des aides extérieures ou des dépendances économiques.

Le pari de l’autonomie par la formation

Depuis sa création, l’APEJ a permis à plus de 65 000 jeunes d’accéder à des opportunités dans le secteur public et privé. Ces chiffres traduisent une ambition claire : doter la jeunesse malienne des outils nécessaires pour relever les défis de l’emploi et de l’autonomisation. Pourtant, derrière ces statistiques, une question fondamentale persiste : le Mali peut-il réellement transformer ces initiatives en un modèle économique inclusif et durable ?

Le programme annoncé, bien qu’ambitieux, reste modeste au regard des besoins d’une population jeune et en pleine croissance. Avec plus de 23 000 candidats pour seulement 2 500 bénéficiaires, la demande dépasse largement l’offre. Mais au-delà des chiffres, ce programme envoie un message fort : l’État reconnaît que la clé de la refondation du Mali réside dans la formation et l’insertion socio-professionnelle de sa jeunesse.

Dans un monde où les nations africaines luttent pour leur autonomie face aux forces extérieures, investir dans la jeunesse devient une arme stratégique. Le Général Goïta l’a bien compris lorsqu’il a exhorté les jeunes à incarner des valeurs telles que l’excellence, l’innovation et la probité. Ces principes, plus que jamais nécessaires, sont les piliers d’un Mali capable de se relever seul, sans dépendre des diktats étrangers.

Ce programme est donc bien plus qu’un simple soutien financier. Il reflète une vision où la souveraineté du Mali passe par la capacité de ses citoyens à se doter des compétences nécessaires pour bâtir un avenir collectif. L’ouverture d’un centre de formation à Sikasso, la collaboration avec la Coopération suisse et le projet FIER 2 témoignent de cette volonté d’inscrire l’autonomie économique et sociale au cœur des priorités nationales.

Une jeunesse au service d’un Mali Kura

Dans son discours, le Président Goïta a clairement défini les contours de ce « Mali Kura » : un Mali fort, uni, souverain et prospère. Cette vision repose sur un postulat simple : la jeunesse ne doit pas attendre que l’État lui offre des opportunités, mais saisir celles qui se présentent pour devenir des bâtisseurs de la nation.

Ce message résonne particulièrement à un moment où le Mali, comme beaucoup d’autres pays africains, est confronté à des défis multiples : chômage des jeunes, instabilité sécuritaire, pressions économiques et influences étrangères. Pourtant, au milieu de ces défis, une opportunité unique se présente : celle de transformer ces contraintes en tremplins vers un avenir meilleur.

Ce pacte, cependant, n’est pas un simple cadeau de l’État à sa jeunesse. Il s’agit d’un contrat social où chaque partie a des responsabilités. L’État doit continuer à créer des opportunités, renforcer les mécanismes d’accompagnement et investir dans des secteurs porteurs. Mais la jeunesse, elle aussi, doit répondre à cet appel. Elle doit faire preuve de détermination, d’innovation et d’un sens aigu des responsabilités.

Les paroles de Yamadou Camara, représentant des bénéficiaires, en témoignent : « Merci pour l’espoir que vous nous donnez. Grâce à cette initiative, nous nous sentons valorisés et prêts à relever les défis. » Ces mots ne sont pas seulement une expression de gratitude. Ils traduisent un engagement à construire, ensemble, un Mali qui appartient à ses citoyens.

Un Mali en pleine renaissance

Le chemin vers l’autonomie sera long, mais le Mali semble avoir pris la bonne direction. En annonçant que 2 500 nouveaux jeunes bénéficieront des programmes de l’APEJ en 2025, le Président de la transition affirme la volonté de pérenniser ces efforts. Mais il ne s’agit pas seulement de multiplier les initiatives. Il faudra s’assurer que ces programmes produisent des résultats concrets, qu’ils renforcent l’économie nationale et qu’ils participent à la construction d’une société où chacun a sa place.

La cérémonie de remise de ce chèque géant au CICB est bien plus qu’un simple événement. Elle est le symbole d’un Mali en mouvement, d’un État qui croit en sa jeunesse et d’une nation qui refuse de céder au désespoir. Mais elle est aussi un rappel : la souveraineté ne se décrète pas, elle se construit. Et pour cela, chaque citoyen, chaque jeune doit jouer son rôle.

Dans ce « Mali Kura » en gestation, le défi n’est pas seulement de former des individus compétents, mais de construire une communauté solidaire, résiliente et engagée. La jeunesse, moteur de ce renouveau, a désormais entre ses mains les outils pour réussir. Le reste dépendra de sa capacité à transformer ces opportunités en réalisations durables. Comme l’a si bien dit le Président Goïta : « Le Mali compte sur vous. Soyez des architectes de la nation. »

Chiencoro Diarra 

13 janvier 2025 0 comments
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FESPACO
ActuSeko ni Donko

29e édition du Fespaco : le Mali à la conquête de nouveaux trophées

by Ibrahim Kalifa Djitteye 13 janvier 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Sous le thème : « Cinémas d’Afrique et identités culturelles », la 29e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) se tiendra du 22 février au 1er mars 2025 à Ouagadougou, au Burkina Faso. Ce rendez-vous incontournable mettra en lumière 235 films sélectionnés parmi 1351 œuvres soumises, issus de 48 pays. Un hommage vibrant à la richesse et à la diversité des cinémas d’Afrique et de sa diaspora.

Cette édition sera historique pour le Mali, qui présentera pour la première fois 11 films, une participation record. Ces œuvres concourront dans toutes les catégories officielles : longs métrages de fiction, documentaires, courts métrages, séries, films d’animation et productions d’écoles de cinéma, selon une note officielle du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme.

Le Mali signe également son retour en compétition officielle pour les longs métrages de fiction après dix ans d’absence. Deux films maliens seront en lice pour l’Étalon d’or de Yennenga, le prix le plus prestigieux du festival. Le dernier film malien à avoir participé dans cette catégorie était Rapt à Bamako de Cheick Oumar Sissoko en 2015.

Un héritage prestigieux

Notons que le Mali fait partie des pays les plus titrés du Fespaco avec trois Étalons d’or de Yennenga à son actif, ce qui le place en deuxième position derrière le Maroc, détenteur de quatre trophées.

C’est Souleymane Cissé qui a ouvert le bal des trophées pour le Mali en remportant en 1979 l’Étalon d’or de Yennenga avec son film Baara. Ce succès a été suivi en 1983 par un autre chef-d’œuvre, Finye, qui a valu à Souleymane Cissé d’être le premier réalisateur à décrocher deux fois ce prestigieux prix depuis la création du festival en 1969.

En 1995, Cheick Oumar Sissoko a complété le palmarès malien en remportant l’Étalon d’or avec Guimba, un film qui a marqué les esprits par sa qualité artistique et son message. Depuis, le Mali n’a pas ajouté de trophée à sa collection, mais espère briller à nouveau lors de cette 29e édition.

Un événement pour toute l’Afrique

Cette avancée spectaculaire pour le cinéma malien reflète une volonté politique affirmée par les autorités de la Transition. Lors de son discours à la Nation le 31 décembre 2024, le président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a décrété 2025 comme « Année de la Culture ». Ce projet ambitionne de faire de la culture un pilier stratégique pour la refondation du Mali, en célébrant son identité et en soutenant ses talents.

Avec le thème « Cinémas d’Afrique et identités culturelles », le Fespaco 2025 promet d’être une tribune exceptionnelle pour explorer la richesse des cultures africaines à travers le prisme du cinéma. En plus des projections, le festival sera animé par des conférences, des ateliers et des rencontres professionnelles destinés à favoriser les échanges entre acteurs de l’industrie cinématographique.

Les autorités burkinabè ont par ailleurs rassuré sur les dispositifs sécuritaires renforcés pour garantir le bon déroulement de l’événement, malgré les défis régionaux.

Une opportunité pour le Mali

La forte présence du Mali à cette édition du Fespaco est une occasion inédite de mettre en lumière ses récits, son patrimoine culturel et son talent artistique sur la scène internationale.

En 2025, le Mali n’a pas pour seule ambition de participer. Le pays vise à décrocher des distinctions prestigieuses, confirmant ainsi que le cinéma africain peut être à la fois un outil de développement, un vecteur de résilience et une source de cohésion sociale.

Ibrahim K. Djitteye 

13 janvier 2025 0 comments
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Urne
ActuPolitique

Tchad : une démocratie sous tension ou une consolidation autoritaire ?

by Sahel Tribune 13 janvier 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read


Les élections législatives du 29 décembre 2024, les premières depuis 2011, ont vu le parti au pouvoir, le MPS, remporter 124 sièges sur 188. Marquées par un boycott de l’opposition et un faible taux de participation, ces élections soulignent les défis démocratiques d’un pays en quête de stabilité dans un contexte sécuritaire et politique fragile.

Le 29 décembre 2024, les urnes tchadiennes ont parlé pour la première fois depuis 2011. Une décennie de silence électoral rompue dans un contexte tendu, où les espoirs d’une transition démocratique se mêlent à de profondes suspicions. Le Mouvement Patriotique du Salut (MPS), parti au pouvoir dirigé par le Président Mahamat Idriss Déby Itno, a obtenu une majorité écrasante avec 124 sièges sur 188. Pourtant, ce succès est loin d’apaiser les doutes sur l’état de la démocratie au Tchad.

L’opposition, notamment le parti Les Transformateurs de Succès Masra, avait appelé au boycott du scrutin, dénonçant un processus électoral biaisé et qualifiant les résultats d’« échec retentissant ». Avec un taux de participation modeste de 51,56 %, ces élections traduisent une mobilisation limitée, imputable aux festivités de fin d’année et à un scepticisme largement répandu.

Les défis d’un scrutin contesté

Si la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a salué un déroulement « globalement satisfaisant», les retards dans l’annonce des résultats et les accusations de fraude ébranlent la crédibilité du processus. La répartition exacte des sièges reste floue, et les résultats des élections municipales ne sont toujours pas disponibles. Le Tchad se retrouve une fois de plus dans un entre-deux démocratique, où le processus électoral semble davantage destiné à légitimer un pouvoir déjà solidement ancré qu’à offrir une réelle pluralité politique.

Le MPS consolide ainsi son emprise sur l’Assemblée nationale, reléguant les autres partis à des rôles symboliques. Parmi eux, le Rassemblement national des démocrates tchadiens-Le Réveil (RNDT) d’Albert Pahimi Padacké obtient 11 sièges, tandis que les autres formations restent morcelées, incapables de peser face à la machine politique du parti au pouvoir.

Un contexte régional et international sous tension

Cette élection intervient dans un Tchad confronté à des défis multiples. Sur le plan sécuritaire, les attaques de Boko Haram continuent d’exercer une pression constante, tandis que la région sahélienne s’enlise dans une instabilité chronique. Politiquement, le pays cherche à naviguer entre les influences internationales, notamment la France, et une volonté croissante de réaffirmer sa souveraineté.

Le retrait récent du Tchad de l’accord de coopération militaire avec Paris marque un tournant. À l’instar du Mali, du Burkina Faso et du Niger, le pays adopte une posture plus assertive, rejetant l’héritage postcolonial pour redéfinir ses alliances. Pourtant, ce choix soulève des questions : comment le Tchad gérera-t-il la menace terroriste sans le soutien logistique et militaire français ? Et quelles nouvelles alliances émergeront dans ce contexte ?

Entre transition et autoritarisme : quel avenir pour le Tchad ?

Mahamat Idriss Déby Itno, arrivé au pouvoir en 2021 après la mort de son père, Idriss Déby Itno, s’était engagé à mener une transition démocratique. Mais cette transition semble s’être transformée en consolidation autoritaire. Ces élections législatives, bien qu’essentielles pour doter le pays d’une nouvelle Assemblée nationale, apparaissent comme un exercice contrôlé visant à conforter le pouvoir en place.

La posture du MPS, qualifiant le boycott de l’opposition de « stratégie destructrice », souligne une incapacité à engager un dialogue inclusif. Pourtant, sans une opposition crédible et un véritable pluralisme, la stabilité politique reste fragile. Le spectre des contestations post-électorales plane, d’autant que le code électoral tchadien permet encore de contester les résultats définitifs, attendus le 3 février.

Une démocratie en trompe-l’œil

Le Tchad est à la croisée des chemins. Si les élections du 29 décembre 2024 ont offert un vernis de légitimité démocratique, elles n’ont pas dissipé les profondes fractures politiques et sociales qui traversent le pays. Entre un pouvoir consolidé, une opposition marginalisée et des défis sécuritaires persistants, l’avenir du Tchad repose sur une question clé : le pays choisira-t-il de renforcer ses institutions démocratiques ou continuera-t-il à évoluer sous le joug d’un autoritarisme masqué ?

Dans un monde où l’Afrique cherche de plus en plus à définir son propre destin, l’expérience tchadienne illustre une leçon cruciale : sans inclusion et transparence, la quête de souveraineté risque de se heurter à ses propres contradictions.

Oumarou Fomba 

13 janvier 2025 0 comments
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Manifestation de la diaspora contre le retrait de la CEDEAO
A la UneAnalyses

Manifestation à Paris : une mobilisation sous influence, ou la géopolitique d’une contestation orchestrée

by Sahel Tribune 13 janvier 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read


Quelques dizaines de manifestants se sont réunis à Paris pour dénoncer le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso de la Cédéao. Derrière cette contestation, orchestrée loin des terres sahéliennes, se dessine une bataille d’influence où la France, en perte de contrôle sur la région, tente de préserver son emprise face à des nations en quête de souveraineté.

Quelques dizaines de manifestants réunis place de la Bastille, à Paris, le 11 janvier, suffisent-ils à incarner la voix légitime des peuples sahéliens ? Rien n’est moins sûr. Pourtant, l’information a été relayée par des médias d’influence française.  Derrière les pancartes dénonçant le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), se dessine un autre enjeu : celui d’une France en quête de contrôle sur un espace sahélien qui lui échappe inexorablement. Ce rassemblement, bien que réduit en nombre, révèle les manœuvres discrètes d’une géopolitique postcoloniale où la scène publique devient le terrain d’une guerre d’influence larvée.

Voix libres ou relais stratégiques ?

À première vue, les manifestants se présentent comme des citoyens engagés, inquiets pour l’avenir de leurs nations respectives. Pourtant, leurs discours, aussi sincères soient-ils, soulèvent des interrogations. « La liberté d’expression est bafouée », affirme Idrissa, un Nigérien vivant en Normandie. Cette déclaration, répétée à l’unisson par d’autres membres de la diaspora, semble moins relever d’une analyse critique de la situation sahélienne que d’une rhétorique savamment entretenue.

Dans un monde où les grands récits sont souvent écrits par ceux qui détiennent les moyens de communication, la présence de ces manifestants pourrait être perçue comme un levier d’influence subtile. Les inquiétudes exprimées masquent difficilement un agenda plus large : celui d’une France désireuse de garder un pied dans une région qui s’émancipe peu à peu de son joug.

Depuis l’annonce du retrait de ces trois pays de la Cédéao, l’institution ouest-africaine apparaît de plus en plus comme un instrument au service des intérêts étrangers, notamment ceux de la France. Les sanctions économiques et politiques, systématiquement dirigées contre les régimes de transition du Mali, du Niger et du Burkina Faso, traduisent moins une volonté de promouvoir la démocratie qu’une tentative de punir des États qui refusent désormais de suivre les directives parisiennes.

Ce retrait marque une rupture historique : la contestation d’un ordre régional façonné par les puissances occidentales et leurs relais locaux. Il s’agit d’une remise en question des mécanismes de dépendance, où les élites politiques sahéliennes se retrouvent souvent piégées entre des injonctions étrangères et les aspirations de leurs peuples.

Un théâtre parisien pour une pièce sahélienne

Le choix de Paris comme lieu de manifestation n’est pas anodin. Il reflète une volonté de déplacer la scène de la contestation sahélienne sur le territoire même de l’ancienne puissance coloniale. Mais ce théâtre parisien, à l’image de la place de la Bastille, évoque aussi une révolution inversée : celle où les forces du statu quo tentent de se maintenir en brandissant les symboles de la liberté et de la démocratie.

Ismaël Sakho, opposant malien en exil, résume bien cette stratégie lorsqu’il affirme : « Nous voulons rester dans un ensemble qui nous rapporte plus. » Cette déclaration traduit une nostalgie d’un ordre ancien, où les relations asymétriques permettaient à certaines élites de prospérer sous l’ombre protectrice des grandes puissances. En réalité, ce n’est pas tant la voix des peuples sahéliens qui s’exprime ici, mais celle d’un modèle dépassé qui refuse de disparaître.

Un réveil sahélien inéluctable

Ce rassemblement illustre la vérité que la France perd son influence au Sahel. Alors que le Mali, le Niger et le Burkina Faso resserrent leurs liens avec d’autres partenaires « sincères et fiables » comme la Russie, la Turquie et la Chine, Paris s’accroche à des stratégies obsolètes, utilisant la diaspora comme une caisse de résonance pour critiquer les régimes de transition.

Cependant, cette tentative d’ingérence soft semble de plus en plus inefficace. Les peuples sahéliens, conscients des enjeux, soutiennent majoritairement le retrait de leurs pays des structures héritées de la colonisation, qu’il s’agisse de la Cédéao ou d’autres instances jugées compromises. Ce soutien populaire fragilise davantage la capacité de la France à façonner l’avenir de la région selon ses intérêts.

La manifestation de la Bastille, bien que modeste, témoigne d’une bataille symbolique plus large : celle d’un Sahel qui lutte pour sa souveraineté contre un modèle d’influence postcoloniale en déclin. Derrière les slogans et les pancartes se joue une recomposition des alliances géopolitiques, où le rejet de la tutelle française s’impose comme un acte d’émancipation historique.

Le Mali, le Niger et le Burkina Faso, en rompant avec la Cédéao, ne font pas que quitter une institution ; ils redéfinissent leur place dans le monde. Ce processus, bien que douloureux et semé d’embûches, marque le début d’un réveil sahélien où les peuples, et non les puissances extérieures, seront enfin maîtres de leur destin. Cette rupture sera définitive à partir du 29 janvier, bien prolongée jusqu’en juillet par la CEDEAO.

Alassane Diarra 

13 janvier 2025 0 comments
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Crise ivoirienne de 2011
ActuAnalyses

Présidentielles ivoiriennes de 2025 : Vers un tournant historique ou un cycle de crises ?

by Bakary FOMBA 12 janvier 2025
written by Bakary FOMBA 4 minutes read

A quelques mois des élections présidentielles, la Côte d’Ivoire se trouve à un carrefour délicat, où le retour de Laurent Gbagbo et les tensions politiques exacerbées pourraient redéfinir l’avenir du pays et de la région ouest-africaine, entre promesse de souveraineté et souvenir douloureux du conflit postélectoral de 2010-2011.

Dix mois séparent la Côte d’Ivoire d’une élection présidentielle cruciale non seulement pour le pays, mais également pour toute la région ouest-africaine. D’ores et déjà, ce scrutin se profile comme un événement épineux, qui va bien au-delà d’une simple passation de pouvoir. Il cristallise des tensions profondes autour de la légitimité des gouvernements en place, des dynamiques des relations internationales, et de la construction identitaire politique de ce pays côtier d’Afrique de l’Ouest. Le retour annoncé de l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, ne fait qu’ajouter à ces complexités. Sa réapparition sur la scène politique amplifie le discours souverainiste et introduit une critique ouverte des normes démocratiques perçues comme obsolètes.

Un soutien clair

Dans un entretien qu’il a récemment accordé à AFO Média, l’ancien président de la Côte d’Ivoire, a exprimé un soutien clair aux pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), les qualifiant d’« États légitimes ». Tout en affirmant que ces dirigeants ont accédé au pouvoir par leurs « propres moyens ». De même, il a ouvertement critiqué la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la qualifiant d’« instrument de propagande de la France ».

Cette position de Laurent Gbagbo pourrait être perçue, dans un premier temps, comme une démarche ambitieuse de reconfiguration de l’ordre politique ivoirien et sa place dans le contexte régional. Dans un second temps, sa critique acerbe de la CEDEAO, perçue comme un instrument d’ingérence occidentale, fait écho aux sentiments antipolitiques français croissants dans la région. En s’attaquant à la CEDEAO, l’ex-président ivoirien s’aligne sur une tendance observée dans plusieurs pays du Sahel, notamment le Burkina Faso, le Mali et le Niger, qui aspirent à se libérer des influences extérieures.

Un retour assombri

Cependant, cette posture, bien qu’elle puisse séduire une partie de la population désillusionnée par la gestion des crises sécuritaires et la perception d’une ingérence étrangère, est-elle suffisamment pertinente pour faire oublier la crise post-électorale de 2010-2011 ? L’électorat ivoirien est-il prêt à oublier les victimes humaines issues de cette période tumultueuse et à pardonner ?

Le retour de Laurent Gbagbo, bien que charismatique, est assombri par des défis considérables. Son absence sur la liste électorale et le souvenir douloureux des conflits de 2010-2011 pourraient freiner ses ambitions.

En effet, la crise postélectorale d’octobre 2010 à avril 2011 a profondément affecté la stabilité de la Côte d’Ivoire. Avec ses 3000 morts, ce conflit politico-militaire qui a opposé l’ex-président Laurent Gbagbo à l’actuel président, Alassane Ouattara, a créé une fracture profonde au sein de la population ivoirienne. Plus de dix ans après, cette période continue de resonner au sein de la population ivoirienne.

Malgré ce souvenir douloureux, la forte attitude de Laurent Gbagbo pourrait séduire une frange de la population ivoirienne, frustrée par une gestion des crises sécuritaires jugée inefficace et par la perception d’une ingérence étrangère.

Un processus électoral transparent et démocratique nécessaire

Parallèlement, le président Ouattara, confronté à des accusations sur la légitimité de son troisième mandat, incarne des tensions internes. Aussi, la révision constitutionnelle qui a ouvert la voie à son maintien au pouvoir aggrave les fractures au sein de la société ivoirienne. Cette décision est perçue par certains comme un désir insatiable de prolonger son règne, alimentant la défiance et le ressentiment. Au cœur de ce débat, la nécessité de garantir un processus électoral transparent et démocratique se profile comme un enjeu majeur qui déterminera la légitimité de ce scrutin.

Les soubresauts politiques de la région du Sahel, marqués par des coups d’État, la montée de la violence jihadiste, ainsi qu’un climat anti-français croissant, influencent également la perception des dirigeants en Côte d’Ivoire. Gbagbo, habile tacticien, utilise ces préoccupations pour cimenter un discours nationaliste, capable de séduire ceux qui se sentent abandonnés par les structures de gouvernance actuelles.

À l’approche de ce scrutin déterminant, les Ivoiriens seront confrontés à un choix crucial : poursuivre le chemin tumultueux d’une démocratie fragile ou embrasser une nouvelle ère, marquée par les enjeux de souveraineté et les risques d’instabilité. Les conséquences de cette élection dépasseront les frontières de la Côte d’Ivoire, influençant le destin politique et social de toute la région ouest-africaine.

Bakary Fomba

12 janvier 2025 0 comments
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Mobilisation au monument de l'indépendance
A la UnePolitique

Souveraineté retrouvée : entre fierté populaire et réalités économiques

by Ibrahim Kalifa Djitteye 12 janvier 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 minutes read

Le 14 janvier 2022, le peuple malien est sorti massivement pour réclamer sa souveraineté après les sanctions imposées par la CEDEAO et l’UEMOA. Depuis cette date, instituée comme Journée nationale de la souveraineté retrouvée, le Mali a amorcé un processus de reconquête de son indépendance, rompant avec des décennies d’influence étrangère. Cette démarche, saluée par certains comme un acte de courage, est perçue par d’autres comme une voie semée d’obstacles, notamment socio-économiques.

Les citoyens maliens expriment des avis diversifiés sur la question de la souveraineté de leur pays. D’un côté, la fierté d’un pays retrouvant sa dignité, de l’autre, les défis quotidiens tels que l’insécurité alimentaire et les coupures d’électricité, qui continuent de peser sur la population. Ainsi, bien que la souveraineté retrouvée soit vue comme un symbole de liberté, elle reste un processus en cours, marqué par des attentes et des réalités complexes.

Fatoumata Diawara, une citoyenne malienne, soutient cette quête d’indépendance totale. « Nous étions sous le joug de certaines puissances occidentales qui nous dictaient leurs lois. Nos dirigeants d’avant ne prenaient pas en compte les préoccupations du peuple. Aujourd’hui, cela change, et nous sommes prêts à supporter les défis pour cette indépendance totale », affirme-t-elle. Pour elle, ces efforts sont indispensables pour bâtir un pays souverain et maître de son destin.

Les progrès dans le domaine militaire

Du côté du Collectif pour la défense des militaires (CDM), Younouss Soumaré se félicite des avancées réalisées, en particulier dans le domaine de la défense. « Nous avons relevé la tête en tant que nation. Les progrès dans le renforcement de nos capacités militaires montrent que nous avançons dans la bonne direction », explique-t-il. Toutefois, il reconnaît que ce chemin n’a pas été exempt de difficultés, notamment face aux embargos sur les armes.

« Le Mali n’avait jamais atteint ce niveau d’indépendance depuis des décennies. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de nous défendre et de prendre des décisions souveraines. C’est une victoire pour nous tous », poursuit-il, soulignant que cette transformation inspire une fierté collective.

Le secrétaire général du CDM rappelle les obstacles rencontrés, notamment l’embargo sur les armes imposé par la CEDEAO, qui a freiné les efforts de défense nationale. « Tout le monde savait que nous n’avions pas d’armes, mais nous avons réussi à en acquérir. Certaines ont été confisquées, mais nous gardons espoir. »Selon lui, les autorités maliennes ont su résister aux pressions extérieures et renforcer les capacités militaires du pays. « Personne ne peut sauver ce pays à part nous-mêmes », ajoute-t-il, appelant à un soutien unanime pour consolider cette souveraineté.

Une indépendance à consolider

Pour Younouss Soumaré, cette souveraineté retrouvée va au-delà d’un simple symbole. Il considère que le Mali a franchi un cap historique, affirmant que « Depuis l’indépendance, le Mali n’a jamais été aussi déterminé à aller au bout de ses objectifs ». Il salue les efforts des dirigeants et appelle à l’unité nationale pour préserver les acquis face aux défis persistants.

Cependant, cette reconquête d’indépendance n’est pas sans conséquences. Les défis économiques, la vie chère, et les coupures d’électricité pèsent sur le quotidien des citoyens. Malgré cela, Soumaré reste optimiste. « Nous devons tous manifester notre joie et être fiers de nous-mêmes », déclare-t-il.

Résilience et critiques sociales

Pour Mahamadou Dembélé, membre du CDM, les sacrifices actuels sont un mal nécessaire. « Le 14 janvier est une date historique. Les Maliens savent désormais que leur pays leur appartient. Les difficultés actuelles sont petites comparées à ce que nous construisons pour l’avenir », estime-t-il. Ce sentiment de fierté nationale est partagé par beaucoup, mais tous ne voient pas les choses sous un angle aussi positif.

Moussa Dembélé, un autre citoyen, pointe du doigt les défis socio-économiques persistants. « On ne peut pas parler de souveraineté retrouvée alors que nous faisons face à une vie chère, à l’insécurité alimentaire et aux délestages constants. La souveraineté alimentaire et énergétique devrait être la priorité », déclare-t-il. Son constat est sans appel, les progrès politiques ne suffisent pas à répondre aux besoins quotidiens des Maliens. Pourtant, les défenseurs d’une telle idéologie n’oublient-ils pas cette affirmation du président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta : « Il ne saurait y avoir de progrès économique sans sécurité et il ne saurait y avoir de sécurité sans progrès économique. »

Une diplomatie renforcée malgré les défis

Seydou Niaré, pour sa part, salue les avancées diplomatiques du Mali, notamment la capacité des autorités à s’affirmer face aux puissances étrangères. « Nos dirigeants ont su dire non quand il le fallait. Cela impose le respect et montre que nous sommes désormais maîtres de nos décisions », affirme-t-il. Cependant, il appelle à une coopération internationale basée sur le respect mutuel pour garantir une paix durable.

La quête de souveraineté du Mali est indéniablement une étape marquante de son histoire récente. Elle inspire fierté et espoir chez de nombreux citoyens, mais suscite également des interrogations sur son impact concret. Entre indépendance politique et défis socio-économiques, le pays doit désormais trouver un équilibre pour répondre aux attentes de sa population.

Dans ce contexte, le Mali avance sur une voie complexe, mais ambitieuse, où la souveraineté n’est pas seulement un concept politique, mais une quête qui touche tous les aspects de la vie des citoyens. Pour beaucoup, l’avenir du pays dépendra de sa capacité à concilier ces aspirations avec les réalités économiques et sociales.

Ibrahim K Djitteye 

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Kadidiatou Camara, présidente de l’association Yeleen Jeunesse Mali et membre du regroupement des Associations des Femmes pour le Développement
OpinionPolitique

[Interview] Souveraineté retrouvée : les femmes, actrices incontournables selon Kadidiatou Camara

by Ibrahim Kalifa Djitteye 11 janvier 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 8 minutes read

Kadidiatou Camara, présidente de l’association Yeleen Jeunesse Mali et membre du regroupement des Associations des Femmes pour le Développement, revient sur le rôle crucial des femmes dans la lutte pour la souveraineté du Mali. À travers son engagement personnel et son travail de mobilisation, elle nous livre sa vision de la souveraineté nationale, les défis auxquels les femmes sont confrontées et la manière dont elles ont contribué à la transformation sociale et politique du pays. Un témoignage saisissant sur l’importance de l’unité et de l’engagement des femmes dans la construction d’un Mali souverain et prospère.

Comment définiriez-vous la notion de souveraineté dans le contexte malien ?

Depuis son indépendance en 1960 jusqu’en 2020, le Mali n’a pas pleinement réussi à affirmer sa souveraineté. Bien que le pays se soit déclaré souverain, les actes concrets n’étaient pas à la hauteur de cette déclaration. L’indépendance véritable se mesure à travers le contrôle et la gestion de son propre territoire, ainsi que par la capacité à affirmer sa liberté face aux défis internes et externes. Ce n’est qu’à partir de 2020, après des événements cruciaux, que le Mali a commencé à véritablement recouvrer cette souveraineté, marquant ainsi un tournant dans l’histoire politique du pays.

Selon vous, quelles ont été les causes principales des mobilisations pour la souveraineté en 2022 ?

La mobilisation pour la souveraineté en 2022 découle d’une prise de conscience collective et d’un éveil des consciences à l’échelle nationale. Depuis l’indépendance en 1960, les Maliens ont fait face à des défis politiques, économiques et sociaux persistants qui ont fragilisé leur souveraineté. Ces difficultés ont suscité une volonté populaire de redéfinir leur destin, de se réapproprier leur autonomie et de faire entendre leur voix pour revendiquer un changement. Ce réveil a été renforcé par des mouvements populaires unifiés qui ont fait naître une revendication forte pour la souveraineté du pays.

Quels rôles spécifiques les femmes ont-elles joués dans les mobilisations pour la souveraineté retrouvée ?

Les femmes ont joué un rôle central dans cette mobilisation en initiant des regroupements pour fédérer les énergies autour de la cause de l’indépendance. Elles ont su s’organiser, rassembler, sensibiliser et encourager les masses à se lever pour la souveraineté. Leur engagement a été vital pour maintenir l’élan populaire, notamment à travers des actions de terrain qui ont permis de diffuser largement l’importance de l’indépendance. En tant que porteuses de voix et de valeurs essentielles, elles ont contribué à la résilience nationale et à l’émergence d’un véritable mouvement pour la souveraineté.

Avez-vous personnellement participé à ces mobilisations ? Si oui, de quelle manière ?

En tant que présidente de l’association Yeleen Jeunesse Mali, j’ai pris part activement à cette lutte pour la souveraineté en coordonnant des actions de sensibilisation à travers le pays. Nous avons organisé des rencontres, des conférences et des débats au sein de ma communauté et dans plusieurs régions du Mali, y compris à Bamako. L’objectif était de conscientiser les femmes et la jeunesse malienne sur l’importance de leur engagement pour la souveraineté nationale. La sensibilisation à la cause, l’éducation des masses et l’unité autour de l’indépendance ont été des axes stratégiques de notre mobilisation.

Quels outils ou stratégies les femmes ont-elles utilisés pour faire entendre leur voix ?

Les femmes ont déployé une stratégie efficace de communication pour faire entendre leur voix et mobiliser les citoyens autour de la cause de l’indépendance. La « guerre de la communication » a été primordiale, car elle leur a permis de toucher une large audience. Elles ont organisé des débats, des émissions radiophoniques et télévisées, et des causeries publiques pour sensibiliser la population. En utilisant les médias comme leviers de mobilisation, elles ont pu unir les Maliens autour d’un seul objectif : la reconquête de la souveraineté. Cette approche a joué un rôle clé dans la structuration et la diffusion des messages de la lutte.

Quelles ont été les contributions majeures des femmes dans ce processus de lutte pour la souveraineté ?

Les contributions des femmes ont été nombreuses et déterminantes, notamment dans le domaine de la communication. Elles ont occupé une place centrale en utilisant les médias pour faire connaître leur implication dans la lutte pour l’indépendance. Les informations et les messages qu’elles ont partagés ont permis de donner une visibilité à leur rôle dans le processus. Elles ont également soutenu activement les autorités gouvernementales dans leur démarche de sensibilisation et ont été des relais incontournables pour renforcer le discours national sur la souveraineté et la paix.

Avez-vous remarqué des transformations sociales ou politiques résultant de l’implication des femmes ?

Oui, il est indéniable que l’implication des femmes a entraîné des transformations profondes dans le pays. Socialement et politiquement, les mentalités ont évolué, bien que le chemin reste encore long. Avant 2021, les femmes étaient souvent marginalisées dans les décisions politiques majeures. Aujourd’hui, les progrès sont évidents : la prise de conscience de leur rôle dans la société a permis une transformation notable des pratiques et des représentations. Cependant, ces avancées ne sont pas encore complètes et des efforts doivent être poursuivis pour assurer une plus grande place aux femmes dans les sphères décisionnelles.

Comment les femmes ont-elles collaboré avec les autorités pour renforcer la souveraineté ?

Les femmes ont collaboré étroitement avec les autorités maliennes pour garantir que la souveraineté nationale soit préservée. Leur travail a consisté à sensibiliser la population, à relayer les messages des autorités et à mobiliser les citoyens à tous les niveaux. Cette collaboration a permis de créer un front uni pour défendre l’indépendance et renforcer la solidarité nationale. Elles ont joué un rôle clé en assurant une communication fluide et en consolidant la volonté de la population d’aller vers un avenir plus souverain et prospère.

Quelles difficultés ou obstacles spécifiques les femmes ont-elles dû surmonter dans cette lutte ?

Les femmes ont dû faire face à des obstacles liés à la fois à des perceptions sociales et à des résistances structurelles. Cependant, elles ont su les surmonter par leur détermination et leur unité. Leurs efforts n’ont pas toujours été reconnus immédiatement, mais leur persévérance et leur capacité à s’unir autour d’une cause commune ont permis de briser ces barrières. Dans toute lutte, c’est l’unité, la conviction et la solidarité qui permettent de franchir les obstacles, et les femmes maliennes ont démontré ces qualités de manière exemplaire.

Pensez-vous que les femmes sont suffisamment reconnues pour leurs contributions dans ce domaine ?

Il est indéniable que les contributions des femmes ont été largement reconnues, notamment en ce qui concerne leur rôle dans la mobilisation et la communication. Leur travail de terrain, leur présence dans les médias et leur engagement ont permis de solidifier la lutte pour la souveraineté. Les femmes ont été des actrices essentielles et visibles dans ce processus. Toutefois, bien que leur rôle soit reconnu, il reste encore des avancées à réaliser pour assurer une reconnaissance pleine et entière dans tous les aspects de la société malienne.

Quels sont, selon vous, les principaux défis auxquels les femmes maliennes font face aujourd’hui dans leur lutte pour un Mali souverain ?

Aujourd’hui, les femmes maliennes font face à des défis liés à leur sous-représentation dans les instances décisionnelles et stratégiques du pays. Bien qu’elles aient largement contribué à la lutte pour la souveraineté, leurs idées et leurs voix ne sont pas toujours prises en compte dans les processus de décision politique. Il est essentiel de renforcer leur implication dans la gestion des affaires publiques pour garantir une participation réelle et effective à la construction d’un Mali souverain et prospère.

Comment renforcer la participation des femmes dans la prise de décisions politiques et stratégiques ?

Pour renforcer la participation des femmes, il est crucial de multiplier les initiatives permettant de recueillir leurs opinions et de les inclure activement dans les processus de décision. Il faut encourager les femmes à participer aux discussions sur les enjeux nationaux, à être présentes dans les sphères politiques et à prendre des rôles de leadership. Cela passe aussi par l’organisation de forums, de regroupements et d’activités d’auto-éducation pour former les femmes aux enjeux de gouvernance et de politique nationale.

Que recommandez-vous pour pérenniser les acquis des mobilisations en matière de souveraineté nationale ?

La pérennisation de la souveraineté nationale passe par l’engagement continu de chaque citoyen, particulièrement des femmes et de la jeunesse, à protéger les acquis de cette lutte. L’unité doit être au cœur de l’action collective, et chacun doit s’investir dans la préservation des valeurs d’indépendance et de développement. Il est essentiel de renforcer la vigilance face aux menaces internes et externes et de consolider la résilience de la nation malienne pour garantir la souveraineté à long terme.

Si vous aviez un message à adresser aux femmes maliennes, à la jeunesse ou aux autorités, que leur diriez-vous concernant leur rôle dans la lutte pour la souveraineté ?

Je lance un appel à toutes les femmes maliennes, à la jeunesse et aux autorités pour qu’elles poursuivent ensemble l’objectif de préserver notre souveraineté. Nous devons continuer à œuvrer pour la sécurité, la paix et le développement de notre pays. Bien que des progrès aient été réalisés, la guerre pour l’indépendance continue et chacun doit contribuer activement, que ce soit par des idées, des actions concrètes ou d’autres formes de soutien pour le bien-être du Mali et de son avenir.

Interview réalisée et transcrite par Ibrahim K. Djitteye 

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