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Inauguration de lampadaires solaires dans le district de Bamako.
ActuSécurité

Œuvres sociales de la Présidence : Bamako s’éclaire avec de nouveaux lampadaires solaires

by Cheickna Coulibaly 16 juillet 2025
written by Cheickna Coulibaly 3 minutes read

Dans la continuité des actions engagées pour l’amélioration du cadre de vie à Bamako, la mairie du district, en collaboration avec les acteurs des œuvres sociales de la Présidence, a poursuivi sa série d’inaugurations. Sur l’axe du Monument de l’Indépendance, de nouveaux lampadaires solaires, déjà installés, ont été officiellement inaugurés dans la nuit du 14 au 15 juillet 2025. Offerts par les œuvres sociales de la Présidence, ces équipements participent à la sécurisation et à l’embellissement durable de plusieurs axes stratégiques de la capitale.

Ce projet s’inscrit dans un vaste programme d’interventions sociales mené par la Présidence de la Transition. Depuis plusieurs mois, les œuvres sociales du président de la transition multiplient les actions concrètes : accès à l’eau potable, construction d’écoles, distribution d’ambulances et de vivres, et désormais, amélioration de l’éclairage urbain. Ces actions traduisent une volonté claire : répondre aux besoins de base des populations maliennes, partout où cela est nécessaire.

Un engagement fort du Président de la Transition

Dans son discours, Balla Traoré, Président de la Délégation spéciale de la mairie du district, a tenu à remercier vivement le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, pour « cette nouvelle importante contribution à l’embellissement et à la sécurisation de la capitale ». Il a salué l’impact concret de ces équipements solaires sur la vie quotidienne des Bamakois. Il a également précisé que les lampadaires installés sont de type Jaguar, d’une puissance de 150 W, avec une efficacité lumineuse supérieure à 180 lm/W, une température de couleur variant de 3000K à 6000K, et une durée de vie estimée à 10 ans. Ce système est adapté aussi bien aux axes urbains qu’aux zones rurales, parkings et routes secondaires.

Des œuvres sociales au service du peuple

Le Conseiller spécial du Président de la Transition, Aguibou Dembélé, a rappelé que cette opération d’éclairage public s’inscrit dans une dynamique plus large des œuvres sociales présidentielles : « Ces actions traduisent le patriotisme et la solidarité du Chef de l’État envers les populations. L’objectif est de rendre Bamako plus sûre, plus belle et plus vivable. »

Aguibou Dembélé a également dressé un bilan des autres réalisations à l’actif de ces œuvres : près de 500 forages, la distribution d’ambulances médicalisées, la construction d’écoles, l’aide alimentaire… Le Conseiller spécial a aussi lancé un appel à la solidarité, invitant les sociétés, mécènes et partenaires privés à imiter l’élan de solidarité du Président de la Transition, afin d’amplifier l’impact de ces œuvres sociales : « Pour que Bamako soit plus sûre, plus belle, et que ses habitants puissent circuler en toute sécurité, chacun doit jouer sa part », a-t-il déclaré.

Sécurité renforcée, énergie optimisée

Présent à la cérémonie, Boubacar Diané, Ministre de l’Énergie et de l’Eau, a salué cette initiative qui « participe activement à la lutte contre l’insécurité » et vient soulager un secteur de l’énergie actuellement sous pression. Il a souligné que « sans lumière, la vie devient difficile », et que cet appui du président de la transition vient combler un besoin essentiel, particulièrement en période de tension énergétique. 

Le premier responsable de l’Énergie et de l’Eau a également évoqué une collaboration prochaine entre son département, EDM SA et la mairie du district pour assurer la maintenance et la durabilité du réseaud’éclairage nouvellement mis en place.

À côté de l’installation de ces éclairages publics, les œuvres sociales du président de la transition poursuivent son vaste programme d’électrification des centres de santé dans le district de Bamako. Des responsables de ces structures sanitaires ont entrepris il y a une semaine, conformément à l’engagement du chargé des œuvres sociales, le conseiller spécial Aguibou Dembélé, une formation pour l’entretien de ces installations.  

Cheickna Coulibaly

16 juillet 2025 0 comments
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Fassery Doumbia, Directeur général PMU-Mali.
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Fassery Doumbia, l’homme qui a réveillé le PMU-Mali

by Cheickna Coulibaly 16 juillet 2025
written by Cheickna Coulibaly 4 minutes read

Discret, méthodique, implacablement efficace, Fassery Doumbia est l’architecte silencieux de la spectaculaire renaissance du PMU-Mali. Formé entre Bamako, Dakar et Paris, ce professeur d’université devenu gestionnaire d’État a imposé son style : rigueur, rentabilité et responsabilité sociale. En trois ans, il a transformé un opérateur de paris en puissance économique nationale, tout en refusant les artifices du populisme. Portrait d’un homme de chiffres à la vision claire, qui préfère les actes aux effets d’annonce.

Il parle peu, mais compte chaque mot. À 63 ans, Fassery Doumbia n’a ni le profil du flambeur ni celui du bureaucrate compassé. En revanche, il en impose. Directeur général du PMU-Mali depuis juin 2021, cet auditeur formé aux meilleures écoles de gestion de Dakar à Paris, ce professeur d’université rompu aux subtilités de l’audit stratégique, s’est mué en capitaine d’industrie publique. Le genre de manager capable de transformer un vieil outil d’État en machine à cash — au profit du Trésor, mais aussi des parieurs. Trois ans seulement après sa nomination, le PMU-Mali est devenu l’un des champions financiers du pays.

De la salle de classe au cockpit économique

Formé à l’ENA de Bamako dans les années 1980, Doumbia aurait pu se contenter d’un parcours académique classique, parsemé de stages, de missions techniques, de bulletins d’audit. Mais l’homme voit grand. Dakar, Paris, Bamako : il accumule diplômes et spécialisations — DESS en audit, Master II en expertise comptable, cursus en droit des affaires. Une trajectoire balisée, rigoureuse, sans faux pas.

Mais ce qui fait sa singularité, c’est sa double vie : professeur rigoureux le jour, stratège économique la nuit. Pendant près de deux décennies, il enseigne l’audit de sécurité informatique, le contrôle de gestion, les finances publiques. Ses anciens étudiants, devenus hauts cadres ou experts internationaux, parlent d’un homme exigeant, méthodique, presque obsessionnel dans sa quête du détail juste.

L’appel de l’État

Avant de prendre les commandes du PMU-Mali, Doumbia aura côtoyé les arcanes de la haute administration. Chef de cabinet au ministère de l’Économie et des Finances, il connaît les secrets des budgets maliens, les montages internationaux, les urgences de trésorerie. En juin 2021, en pleine tourmente financière — appuis budgétaires suspendus, sanctions internationales, besoin de recettes fraîches — le gouvernement malien fait un choix tranché : nommer un technicien au charisme discret, mais au CV béton.

La suite est connue. En un an, il triple les bénéfices de la société. En trois ans, il la fait entrer dans le cercle très fermé des quatre plus grandes contributrices au budget national. Et pourtant, dans les couloirs, aucun slogan tapageur, aucun bruit de bottes. Juste une méthode : contrôle, organisation, discipline… et un sens aigu de la responsabilité sociale.

Du pari au levier de développement

Sous son autorité, le PMU-Mali devient une cash-machine à double détente. D’un côté, le Trésor engrange : plus de 21 milliards FCFA de bénéfices en 2024, après un pic à 22,6 milliards en 2023. De l’autre, les parieurs se frottent les mains : plus de 61 milliards distribués en un an, des milliers de millionnaires créés, des gains records affichés à chaque bulletin.

Mais Doumbia ne se contente pas de chiffres. Il pense durabilité. La Fondation PMU-Mali, désormais en gestation, structurera les actions sociales de l’entreprise. La Cité PMU-Mali, un ambitieux programme immobilier à Samanko, répondra au rêve malien de propriété. Et le futur siège flambant neuf, en projet au Champ hippique, symbolise cette volonté de bâtir sur le long terme.

L’homme, ses choix, ses colères

Fassery Doumbia n’est pas un homme facile. Ses proches le disent : « il veut tout voir, tout valider, tout comprendre. » Certains syndicats lui reprochent une gestion jugée « verticale », un excès de rigueur dans la répartition des fonds sociaux, une structuration du management parfois perçue comme exclusive. Il assume. « La performance ne se décrète pas, elle se construit », répète-t-il lors des conseils d’administration. Et les chiffres lui donnent raison.

En 2022, il est fait Chevalier de l’Ordre national. Il est élu vice-président de l’Association des Loteries d’Afrique en 2024, il . En moins de quatre ans, il aura donc fait du PMU-Mali un acteur continental, modernisé ses pratiques grâce à une plateforme numérique de régulation des jeux, et imposé une traçabilité financière inédite dans le secteur.

Un portrait en mouvement

L’homme que l’on croise dans les allées feutrées du PMU-Mali cultive la discrétion. Costumes sobres, voix posée, présence maîtrisée. Mais derrière le calme apparent, se devine une volonté froide, celle de faire bouger les lignes sans tambour ni trompette. Ni populiste, ni technocrate pur sucre, Fassery Doumbia appartient à cette catégorie rare de dirigeants maliens qui préfèrent les résultats aux discours.

Et alors que le pays cherche à renforcer ses ressources propres, son parcours pourrait bien servir de modèle. Pour lui, diriger une entreprise publique, ce n’est pas la gérer comme une start-up, c’est lui assigner une mission d’État. La rentabilité, oui. Mais avec équité, avec ambition, avec méthode.

Cheickna Coulibaly 

16 juillet 2025 0 comments
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De la drogue
A la Une

Cocaïne à l’aéroport de Bamako : dans les valises muettes d’une passeuse présumée

by Sahel Tribune 15 juillet 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Un flair bien affûté, des valises suspectes, une passagère énigmatique au fort accent étranger. Dans la nuit du 12 juillet, la Cellule aéroportuaire anti-trafics de l’Office central des stupéfiants a mis la main sur plus de 4 kilos de cocaïne à l’aéroport de Bamako. Une affaire aux relents transfrontaliers, symptomatique d’un fléau en mutation.


Les valises n’ont rien dit, mais leur fond dissimulait bien plus qu’une simple garde-robe. Ce 12 juillet 2025, un peu avant minuit, dans l’ambiance feutrée du hall de départ de l’aéroport international Président Modibo Keïta de Bamako, les agents de la Cellule aéroportuaire anti-trafics (CAAT-AOCS) ne s’attendaient sans doute pas à tomber sur ce qu’ils allaient découvrir : 4,20 kilos de cocaïne, habilement compartimentés, invisibles à l’œil nu mais pas au regard entraîné des professionnels de l’Office central des stupéfiants (OCS).

Le profil d’un maillon, pas d’une tête de réseau

La candidate au voyage, une femme d’une quarantaine d’années, malienne de nationalité mais au phrasé étrangement exotique, avait pour destination finale Casablanca. Son nom : M.C. – les initiales, seules, ont filtré, comme pour maintenir encore le mystère sur cette passagère qui jure ne pas savoir ce qu’elle transportait. 

Aux enquêteurs, elle a juré la main sur le cœur n’avoir rien à voir avec les deux valises. Elle les aurait reçues, dit-elle, d’une autre femme, domiciliée à Bacodjicoroni, un quartier périphérique de Bamako où se mêlent promiscuité et ombres du trafic informel.

En creux, se dessine le schéma classique des filières de narcotrafic transsaharien : des passeurs-relais, des valises livrées sans questions, des routes tissées entre les ports de l’Afrique de l’Ouest, les aéroports relais du Maghreb, et les marchés d’Europe ou du Moyen-Orient. M.C. ne semble être qu’un pion dans un échiquier plus vaste. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que les agents de la CAAT déjouent une telle tentative : depuis le début de l’année, plusieurs saisies ont déjà eu lieu, preuve que le Mali, par sa position géographique, reste une zone de transit convoitée.

Un trafic en mutation, une vigilance qui se muscle

Dans son communiqué du 14 juillet 2025, l’OCS ne cache pas sa satisfaction. L’opération, qualifiée de « conduite avec professionnalisme », met en évidence l’efficacité d’une cellule désormais rompue aux techniques les plus sophistiquées du contre-trafic. Mais elle souligne aussi l’ampleur du défi : la drogue, plus que jamais, circule sous des formes multiples, portée par des visages ordinaires, recrutés dans l’anonymat de quartiers périphériques, souvent pour quelques centaines de milliers de francs CFA.

L’affaire est désormais entre les mains de la justice. Une enquête est en cours pour identifier la mystérieuse intermédiaire de Bacodjicoroni et démanteler l’ensemble du réseau. Une certitude : à Bamako-Sénou, la vigilance n’est pas près de baisser. Car la cocaïne, discrète et destructrice, ne prend jamais de vacances.

La rédaction 

15 juillet 2025 0 comments
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Des avions de combats
A la UneSécurité

L’armée malienne riposte aux attaques jihadistes : des refuges détruits à Kayes et Nara

by Ibrahim Kalifa Djitteye 15 juillet 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

Deux semaines après les attaques simultanées du 1er juillet 2025, revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), l’armée malienne a lancé une riposte d’envergure contre les positions terroristes dans les régions de Kayes et Nara. L’état-major général des armées (EMGA) a annoncé, ce lundi 14 juillet, la destruction de plusieurs camps et refuges ennemis, illustrant la volonté des Forces armées maliennes (FAMa) de maintenir la pression sur les groupes armés terroristes.

Le 1er juillet, une série d’attaques coordonnées a visé sept localités stratégiques : Niono, Molodo, Sandaré, Kayes, Diboli, Nioro du Sahel et Gogui. Le JNIM, affilié à Al-Qaïda, a revendiqué ces assauts dans la matinée, déclarant avoir infligé des pertes significatives aux FAMa, notamment à Diboli, Sandaré et Kayes. Selon le groupe jihadiste, dix soldats maliens ont été tués et plusieurs positions militaires conquises.

Une attaque coordonnée d’ampleur dans l’ouest malien

Face à cette démonstration de force des assaillants, l’armée malienne a réagi rapidement. Dans une déclaration officielle, le directeur de l’information et des relations publiques des armées (Dirpa), le Colonel-major Souleymane Dembélé, a annoncé que plus de 80 combattants jihadistes ont été neutralisés dès le jour des attaques. Des armes, des munitions, ainsi que plusieurs véhicules et motos ont été saisis. Cette contre-offensive a également permis de préserver l’intégrité des postes tenus par les FAMa et de maintenir la coordination avec les forces partenaires.

Mais l’armée ne s’est pas arrêtée là. Les 12 et 13 juillet, des frappes ciblées ont été menées contre des positions terroristes dans les forêts de Gal-Gal, à 25 kilomètres au nord d’Aourou, dans la région de Kayes. Selon l’état-major, il s’agissait notamment de plots logistiques et d’un camp d’entraînement du JNIM.

Des camps d’entraînement et refuges détruits à Kayes et Nara

Dans la région de Nara, des refuges de transit et de guet ont été identifiés et détruits dans le secteur de Bamadougou, à environ 25 kilomètres au sud-est de Madina Kagoro. Ces opérations ont permis la neutralisation de trois combattants ennemis supplémentaires et la récupération de matériels de surveillance, confirmant une fois de plus les capacités de réaction et d’anticipation de l’armée malienne.

Le commandement militaire assure que les efforts se poursuivront pour démanteler les sanctuaires terroristes, particulièrement dans les zones frontalières, où les groupes armés tentent d’imposer leur influence. L’offensive du 1er juillet a mis en lumière la capacité de coordination du JNIM, qui a simultanément frappé des localités distantes les unes des autres, notamment à proximité des frontières sénégalaise et mauritanienne.

Une volonté de désorganisation des groupes armés

Cette démonstration de force visait, selon plusieurs analystes, à tester les dispositifs de défense des FAMa et à créer un effet de sidération. Cependant, la riposte malienne, rapide et structurée, a montré la détermination des autorités militaires à ne pas céder face à la pression. En insistant sur la poursuite des opérations de recherche et de destruction, l’état-major envoie un message clair : l’armée malienne reste engagée dans la reconquête de chaque portion du territoire national.

Dans un contexte régional marqué par l’instabilité et les manœuvres constantes des groupes armés, ces opérations témoignent d’un changement de posture des FAMa, désormais plus proactives et capables de conduire des opérations coordonnées dans plusieurs zones à la fois.

Une armée plus offensive, mais les défis restent nombreux

Elles illustrent aussi l’évolution des moyens technologiques et stratégiques déployés dans la lutte contre le terrorisme au Mali. Alors que les populations restent exposées aux risques de représailles et de violences, cette démonstration de force pourrait renforcer la confiance envers les institutions sécuritaires, à condition que les efforts militaires s’accompagnent d’un soutien humanitaire et d’une gouvernance locale consolidée dans les zones reconquises.

L’armée a promis de ne pas relâcher la pression et de continuer à traquer les groupes armés jusque dans leurs retranchements. Le combat contre le terrorisme au Mali est loin d’être terminé, mais la riposte des FAMa aux attaques du 1er juillet marque un tournant dans la capacité de réaction des forces nationales.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

15 juillet 2025 0 comments
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Cité des enfants
Économie

Cité des Enfants : quand les chiffres déshabillent l’humanitaire

by Sahel Tribune 15 juillet 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Derrière les chants d’éveil et les jeux pédagogiques de la Cité des Enfants, une autre musique s’est fait entendre : celle d’une comptabilité floue, de recettes mal tracées et de procédures sabordées. Le Bureau du Vérificateur général n’a pas eu besoin d’enlever ses lunettes pour y voir clair.

Il y a dans cette affaire un goût amer, celui de l’idéal piétiné par l’improvisation administrative. La Cité des Enfants – institution emblématique dédiée à la promotion des droits de l’enfant, vitrine nationale du « mieux-être » juvénile – n’échappe pas à la règle qui, au Mali, veut que sous les oripeaux de la vertu se cache parfois la paresse gestionnaire.

Mandaté en début d’année 2025, le Bureau du Vérificateur général a mené son inspection sans tambour ni trompette, mais avec une rigueur toute technocratique. Ce qu’il découvre ? Une comptabilité plus souple qu’un ballon d’enfant. Sur les exercices 2022 à 2025, 1,18 milliard de francs CFA de recettes ont circulé, tout comme 1,17 milliard de dépenses. Jusque-là, tout irait bien, si ce n’est que le détail laisse perplexe.

La comptabilité-matières ? Absente. Les fonctions d’ordonnateur et de comptable ? Confondues. Les comptes bancaires ? Multiples, dont certains ouverts en dehors des clous légaux. Les marchés publics ? Signés, mais sans enregistrement fiscal pour plusieurs prestataires. Plus grave encore, certaines recettes n’ont jamais vu la couleur du Trésor. Le régisseur les a retenues, comme s’il s’agissait d’un dû personnel. Le tout, sans que personne ne s’en émeuve.

Une gouvernance boiteuse

On aurait aimé que l’histoire s’arrête là, mais le vérificateur est allé plus loin. Il a levé le voile sur une gouvernance boiteuse : conseil d’administration absent, organes délibérants expirés, et aucune politique tarifaire claire. En clair, une gestion à vue, dans un brouillard administratif entretenu par l’indifférence.

Et pourtant, l’ambition était belle. Faire de la Cité des Enfants un sanctuaire éducatif, une bulle de créativité pour l’enfance malienne, à mille lieues des tumultes du quotidien. Mais que vaut la pédagogie quand les tiroirs-caisse grincent sous l’opacité ? Que vaut l’engagement quand les fonds publics – ceux de tous les Maliens – s’évaporent dans des procédures aussi négligées qu’illisibles ?

Le dossier a été transmis à la Cour suprême et au Pôle économique et financier. Il n’est pas certain qu’il en sorte des sanctions exemplaires. Mais ce que cette vérification rappelle, avec la cruauté de la vérité froide, c’est qu’on ne construit pas un avenir meilleur pour les enfants en leur léguant le chaos comptable en héritage.

A.D

15 juillet 2025 0 comments
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Financement du terrorisme
A la UneSécurité

Soutien de l’Algérie au terrorisme : l’Union européenne donne raison au Mali

by Sidi Modibo Coulibaly 15 juillet 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

Avec le temps, la vérité finira par être découverte, dit-on. C’est ce qui est arrivé au voisin malien, l’Algérie. Moins d’un mois après le retrait du Mali par le groupe d’action financière internationale (GAF) de la liste des pays où s’effectue le blanchissement de capitaux pour le financement du terrorisme, c’est l’Algérie qui y est ajoutée.

En effet, le mercredi 09 juillet 2025, le parlement européen a validé l’ajout de l’Algérie à sa liste des pays tiers considérés comme « à haut risque » en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. Le vote du Parlement européen entérine l’évaluation du Groupe d’action financière (GAFI), qui relève de sérieuses failles dans le dispositif algérien de lutte contre le financement du terrorisme. Désormais, toutes les relations financières entre les institutions européennes et les acteurs algériens devront faire l’objet d’un contrôle renforcé. Pourtant, le Mali avait fortement indexé l’Algérie d’être le parrain des terroristes qui écument le sahel. C’est pourquoi le Mali a décidé de prendre en main son destin en se retirant de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger.

Retrait de l’accord parrainé par l’Algérie 

Lors de son discours à la nation à l’occasion du Nouvel An 2024, le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta a annoncé le retrait du Mali de l’accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger signé en 2015 entre l’État malien et les groupes indépendantistes touareg. Cette décision n’a jamais été du goût de l’Algérie qui estime depuis longtemps qu’il a un rôle prépondérant à jouer dans la sécurité et la stabilité du septentrion malien. 

Malgré des menaces et intimidations, les autorités maliennes ne sont pas revenues sur leur décision. Dès lors, les relations entre les deux pays sont devenues tendues. Dans les tribunes internationales, les deux pays ne manquaient pas d’occasion de s’affronter à travers les discours. Faisant fi de l’agitation de l’Algérie, le Mali a décidé de reconquérir les parties septentrionales qui lui échappaient. C’est ainsi qu’il a ramené, en novembre 2024, Kidal dans son giron. Une grande victoire pour le Mali qui n’a jamais été appréciée par l’Algérie. Mécontent de cette victoire, le voisin algérien n’a ménagé aucun effort pour empêcher le Mali de poursuivre la reconquête du nord. C’est ainsi qu’arriva l’incident du drone militaire malien qu’elle a abattu à Tinzawatene en territoire malien.

Tinzawatene, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase

Lors de l’offensive malienne menée pour reconquérir Tinzawatene (cercle d’Abeïbara, région de Kidal) située à la frontière avec l’Algérie, le monde va découvrir que le voisin algérien est un soutien aux groupes armés indépendantistes et terroristes. Pour contrer cette offensive militaire, l’Algérie n’a pas hésité à abattre un drone (type BAYRAKTAR-AKINCI immatriculé TZ-98D) de l’armée malienne qui voudrait attaquer les terroristes en pleine réunion au niveau de la partie malienne de la frontière entre les deux pays.

C’était dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025. En réponse à cette énième provocation du régime algérien, le Gouvernement de la Transition a décidé de se retirer avec effet immédiat du Comité d’État-Major conjoint (CEMOC), et de porter plainte, devant des instances internationales, contre le régime algérien, pour actes d’agression. Depuis cet incident, le Mali avait officiellement affirmé que « le régime algérien parraine le terrorisme international ». Il a crié haut que « Le régime algérien, exportateur de terrorisme, devra cesser d’être une menace à la paix et à la sécurité régionales ».

Un tournant qui rétablit la confiance des investisseurs

Avec cette agression ouverte du Mali, l’Algérie a montré qu’elle jouait un rôle ambigu, voire déstabilisateur au Sahel et que ses discours pacificateurs masquaient, en réalité, des pratiques troubles. En l’ajoutant sur la liste des pays qui soutiennent le terrorisme, l’Union européenne a compris que le Mali avait raison. Et cette décision de l’Union européenne intervient moins de deux mois après que le GAFI retire le Mali de sa liste grise.

Rappelons que le 13 juin 2025, la plénière du groupe d’action financière internationale (GAFI) s’est tenue à Strasbourg, en France. Cette assemblée a décidé de retirer le Mali de la liste grise des pays. Cette décision historique reconnaît les efforts massifs du Mali dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. C’est un véritable tournant qui rétablit la confiance des investisseurs et ouvre de nouvelles perspectives pour l’économie malienne.

Sidi Modibo Coulibaly

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Image: Un graphique réalisé pour illustrer les chroniques du Mardi.
Chroniques

Vacances scolaires au Mali : l’école buissonnière permanente ?

by Chiencoro 15 juillet 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

À l’heure où les vacances scolaires débutent au Mali, se pose la question cruciale de leur impact sur la scolarité des enfants, notamment dans les régions vulnérables. Entre petits boulots, fréquentation des « grins » et exposition aux risques sécuritaires, cette pause estivale pourrait bien se transformer en facteur silencieux de décrochage scolaire.

Au Mali, quand la cloche sonne la fin des cours en juin, elle n’annonce pas seulement l’entrée dans une parenthèse estivale. Elle ouvre surtout, dans bien des cas, la porte vers l’inconnu, ou pire, vers une rupture silencieuse avec l’école. Pendant que les classes ferment leurs portes, c’est toute une société qui oublie qu’entre juillet et septembre, voire octobre, des milliers d’enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes, à la merci des réalités de leur environnement : pauvreté, désœuvrement, tentations d’adultes. Ce qui, dans les cercles feutrés, s’appelle « vacance scolaire », prend dans les régions fragiles l’allure d’un sas vers le décrochage.

Douter de l’utilité de conjuguer le verbe « apprendre » au présent

À Bamako comme à Bankass, les vacances n’ont pas la même saveur. D’un côté, quelques chanceux s’initient à la robotique ou lisent Amadou Hampâté Bâ dans des bibliothèques climatisées. De l’autre, la majorité bascule dans les travaux champêtres, la soudure informelle ou la coiffure de trottoir – non pas pour se divertir ou acquérir un savoir-faire, mais pour mettre du riz dans l’assiette ou s’acheter un trousseau pour la rentrée. Qui osera reprocher à ces enfants d’avoir le pragmatisme chevillé au corps dans un pays où même l’école semble parfois une promesse incertaine ?

Mais là réside le danger. À force de gagner leur pitance par des petits boulots, nombre de jeunes découvrent très tôt ce que certains adultes appellent cyniquement « l’indépendance financière ». À peine ont-ils touché quelques billets qu’ils commencent à douter de l’utilité de conjuguer le verbe « apprendre » au présent. L’école devient un luxe, une option parmi d’autres, parfois la moins rentable. D’autant que les grins – ces groupes informels d’adolescents bavards et désœuvrés – pullulent à l’ombre des quartiers, distillant leur propre pédagogie : celle du paraître, de la frime, du raccourci facile. Une école parallèle, sans tableau noir, mais avec ses rites, ses maîtres à penser et son rejet de l’effort scolaire.

Éviter que les vacances deviennent l’antichambre de l’échec scolaire

Dans les régions en proie à l’insécurité, le tableau est encore plus inquiétant. Entre les recruteurs de groupes armés, les trafics en tous genres et l’effondrement des structures éducatives, les vacances ne sont plus une pause, mais un risque. Celui que l’enfant bascule vers une trajectoire sans retour, happé par les sirènes d’un discours radical qui lui promet reconnaissance, appartenance, parfois même un salaire. Le chaos ne prend pas toujours les armes. Il s’insinue d’abord dans les consciences oisives.

Il serait temps que l’État, les collectivités, les parents – et pourquoi pas les associations religieuses – prennent la mesure de cette dérive saisonnière. Car les vacances, si elles sont mal encadrées, deviennent l’antichambre de l’échec scolaire. Ce que l’on doit éviter à tout prix. L’apprentissage peut être ludique, flexible, mobile. Il peut coexister avec l’aide familiale ou l’initiation à un métier. À condition qu’il ne soit pas totalement évacué. Une heure de lecture quotidienne, une révision hebdomadaire, un suivi parental renforcé – voilà des mesures simples, mais qui peuvent faire la différence entre un retour en classe réussi et un abandon définitif.

Dans un Mali où l’école reste l’un des rares espoirs de justice sociale, il ne faut pas que juillet, août et septembre soient les mois de tous les dangers. Car si l’on ne fait rien, les vacances d’aujourd’hui seront les fractures de demain. Et alors, le décrochage ne sera plus un phénomène, mais une norme.

Chiencoro Diarra 

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