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Économie

Économie : Le Mali brise les chaînes du surendettement 

by Sidi Modibo Coulibaly 17 juillet 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

Ce n’est pas une surprise pour tous ceux qui suivent régulièrement les efforts inlassables déployés par les autorités nationales pour faire du Mali un pays souverain à tout point de vue. Donc, œuvrer à ce que le pays ne soit pas asphyxié par les dettes est une voie pour un véritable développement.

La dette est un sujet crucial pour tout pays, surtout ceux du continent africain. La dette d’un État est essentiellement l’argent emprunté par le gouvernement pour financer divers projets et couvrir les dépenses publiques. Elle est composée de la dette extérieure et de la dette intérieure. 

La dette extérieure est composée de la dette bilatérale et de la dette multilatérale. La dette bilatérale, c’est de l’argent emprunté à des pays spécifiques. Ces pays prêtent de l’argent au pays dans le cadre d’accords bilatéraux. Quant à la dette multilatérale, elle provient d’organisations internationales telles que le Fonds Monétaire international (FMI), la Banque Mondiale, etc. Ces organisations financières soutiennent les pays en leur accordant des prêts pour stimuler le développement économique. 

Bonne gestion de la dette et la priorisation de la dette intérieure

Quant à la dette intérieure, elle est composée des obligations gouvernementales et des bons du Trésor élus sur les marchés locaux. Elle est libellée en monnaie locale tandis que la dette extérieure est libellée en monnaies étrangères qui lorsqu’elles sont librement convertibles sont appelées devises. 

Les deux types de dettes constituent la dette publique. À la date du 31 décembre 2024, le Mali accumulait 6 809,33 milliards FCFA de dette publique. D’après une publication consultable sur le site web de l’UEMOA, la dette du Mali, à la date du 31 mai 2025, est de 2 381,41 milliards de FCFA avec un PIB d’évolution de +1,81 % et un PIB national de 14,93 %.

Par rapport au sujet, d’après l’économiste malien Modibo Mao Makalou, l’État du Mali n’est pas surendetté. Il l’a fait savoir à travers une publication, le mercredi 9 juillet 2025, sur les réseaux sociaux. Cette prouesse du Mali est due à l’adoption d’une approche fondée sur la bonne gestion de la dette et la priorisation de la dette intérieure.

Privilégier la dette intérieure à la dette extérieure 

Selon Modibo Mao Makalou, l’État du Mali rembourse régulièrement sa dette publique (extérieure et intérieure), mais accumule une dette-fournisseurs de plusieurs centaines de milliards FCFA envers le secteur privé. Il poursuit en indiquant que l’État du Mali à travers le Trésor public a emprunté 25 milliards FCFA le 25 juin 2025 sur le marché financier sous régional de l’Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA) et le mercredi 9 juillet 2025, il a pu lever 43,999 milliards FCFA sur le même marché.

L’économiste malien affirmait en octobre 2014 que le Mali envisageait d’emprunter environ 150 milliards de FCFA sur le marché financier de l’UMOA durant le 4e trimestre de 2024. Au regard de tout cela, on peut affirmer que le Mali a préféré la dette intérieure qu’à la dette extérieure. C’est pourquoi, selon Makalou (dans une interview accordée à AM. Thiam, le 14 octobre 2024), le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué que la dette extérieure du Mali demeure modérée avec une certaine marge pour absorber les chocs. 

La dette publique (extérieure et intérieure), qui était estimée à 51,6 % du PIB (Produit Intérieur Brut) en 2024, devrait baisser à 50,6 % du PIB en 2025. Il a, enfin, précisé que la dette intérieure du Mali est composée de 85,7 % de titres publics.

Une approche « budget-programme » payante

Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, dans un entretien accordé, fin mai 2025, à l’ORTM (Office de radiotélévision du Mali) dans le cadre de l’émission « Mali Kura Taa Sira », avait indiqué que le déficit budgétaire est de 2,6 %, en dessous du seuil recommandé par l’UEMOA (Union Économique et Monétaire ouest-africaine) qui est de 3 %. Et le ministre de poursuivre que c’est un déficit modéré qui signifie que le Mali gère bien ses finances publiques et ne dépense pas plus que ce qu’il peut rembourser. 

Cette politique budgétaire est fondée sur l’approche « Budget-programme » adoptée depuis quelques années par le gouvernement. Cette approche permet de savoir si les institutions et ministères ont atteint les cibles ou pas. Car, elles ont une obligation de résultat. Autrement dit, les budgets sont établis sur la base de programmes déclinés en actions avec des objectifs et des indicateurs de performance. C’est ce qu’on appelle la gestion axée sur les résultats (GAR). Pour l’année 2025, la loi des finances a prévu 141 programmes, 331 actions. Auparavant, c’était l’approche « budget des moyens », c’est à dire l’argent était affecté aux structures qui devraient justifier son utilisation.

Ce sont la combinaison de tous ces efforts déployés par le gouvernement qui ont permis au Mali d’être classé en 2025 dans le top 10 des pays africains les moins endettés. Il occupe la 10e place.

Sidi Modibo Coulibaly

17 juillet 2025 0 comments
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Graphique pour illustrer les billets d'humeur
Billet d'humeur

Sahel : le climat en embuscade, l’État debout

by Chiencoro 17 juillet 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Face au chaos climatique et à l’indifférence internationale, le Mali, le Burkina Faso et le Niger choisissent de tenir bon. Loin d’être les maillons faibles d’un Sahel en crise, ces États redéfinissent, à leur manière, les contours d’une souveraineté face à une menace silencieuse : le dérèglement climatique.

« C’est un horrible et incroyable charnier à ciel ouvert. Des morts et des mourants y sont entassés les uns sur les autres. Certains corps sont enflés au point d’éclater, d’autres se vident de leur contenu, entourés de membres et de chairs éparpillés que se disputent des vautours. »

Cette phrase, terrible, glaçante, n’est pas tirée d’un roman d’apocalypse. Elle est signée d’Amadou Hampâté Bâ, mémoire vive de l’Afrique sahélienne, témoin de la famine de 1914. Une famine née d’un hivernage raté, d’un été sans pluie. Un siècle plus tard, l’histoire, comme un relent de sable chaud et de poussière amère, semble bégayer.

Une menace permanente

Dans cette partie du monde que certains continuent d’appeler « bande sahélienne » comme on nomme un front oublié, le vent ne souffle plus comme avant. Il brûle. Il emporte les récoltes, fissure les terres, et s’infiltre jusque dans les fondations fragiles des États. Et pourtant, malgré le sable dans les yeux et l’indifférence dans les oreilles, certains gouvernements ont décidé de tenir.

Le Mali, le Burkina Faso, le Niger — trois pays souvent réduits à des acronymes de crise, à des titres d’alerte sur les chaînes d’info. Trois nations qui, ces dernières années, ont osé rompre avec l’ordre établi. On peut en discuter les méthodes, mais pas le diagnostic. Leurs peuples étouffaient sous un double joug — celui d’un terrorisme rampant, et celui, plus insidieux encore, d’un système économique et sécuritaire international aussi distant qu’inefficace.

Car pendant qu’à Paris ou à Bruxelles on découvrait, avec un temps de retard et une pudeur hypocrite, que le climat pouvait tuer, les villageois de Mopti, de Dori ou de Tillabéri le savaient déjà depuis longtemps. Chez eux, la météo n’est pas une rubrique. C’est une menace permanente. Des pluies qui inondent, quand elles ne se font pas attendre. Des récoltes qui disparaissent, des troupeaux sans herbe, des puits sans fond.

Et dans cet enfer lent, les États sahéliens ont choisi de ne plus tendre la main, mais de retrousser leurs manches. D’assumer leur solitude stratégique. De réorienter leur souveraineté vers ce qui compte : la terre, l’eau, la survie.

Le climat, une question de souveraineté

On leur reproche leurs ruptures diplomatiques, leur défiance vis-à-vis de certains partenaires. Mais a-t-on seulement respecté leurs alertes ? Depuis des années, ils crient famine climatique, chaos agricole, démographie en surchauffe. En réponse ? Des financements à la petite cuillère, des troupes étrangères à l’efficacité douteuse, et des sommets à huis clos où l’Afrique est invitée… à se taire.

Alors oui, ces pays ont fait des choix. Et ces choix ont un coût. Mais qui peut leur en vouloir d’avoir voulu redevenir maîtres d’un destin que le climat lui-même s’évertue à leur arracher ?

Il faudra bien, un jour, lire l’histoire autrement. Voir dans ces ruptures non pas des caprices politiques, mais des tentatives — désespérées parfois, courageuses souvent — de tenir tête à une tragédie globale qui les frappe de plein fouet.

Le Sahel ne plie pas. Il résiste. À sa manière. Et les États qu’on croyait faillis sont debout, seuls peut-être, mais lucides. Car ils savent, mieux que quiconque, que le climat n’est pas qu’une question de degrés. C’est une question de souveraineté.

Chiencoro Diarra 

17 juillet 2025 0 comments
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Moussa Mara
Actu

Mali : Moussa Mara ressort libre, mais la procédure reste ouverte

by Sahel Tribune 16 juillet 2025
written by Sahel Tribune 1 minutes read

L’ancien Premier ministre malien Moussa Mara a été entendu pendant deux jours par la Brigade d’investigation judiciaire (BIJ) avant d’être présenté, ce mercredi après-midi, au procureur du Tribunal de la Commune IV de Bamako. Il ressort libre, mais l’affaire reste en cours.

Les auditions ont débuté mardi 15 juillet dans l’après-midi et se sont poursuivies ce mercredi matin. Elles porteraient sur un message qui aurait été publié le 4 juillet dernier sur les réseaux sociaux, dans lequel Moussa Mara déclarerait notamment vouloir « se battre par tous les moyens ». Une formulation qui a motivé son audition dans le cadre d’une enquête menée par le pôle anti-cybercriminalité.

Accompagné de son avocat, Me Mountaga Tall — ancien ministre et figure de la défense des libertés démocratiques — Moussa Mara a répondu aux questions des enquêteurs et du procureur. À ce stade, aucune mesure judiciaire ne semble avoir été prise à son encontre, et il a regagné son domicile en fin de journée.

Premier ministre entre 2014 et 2015 sous la présidence d’Ibrahim Boubacar Keïta, Moussa Mara reste une figure politique active au Mali. Il s’est notamment illustré ces derniers mois par ses prises de parole critiques sur la situation politique et sécuritaire du pays.

La rédaction

16 juillet 2025 0 comments
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Bassirou Diomaye Faye et Patrice Talon entament des démarches pour sauver l'UEMOA
Analyses

UEMOA : De Lomé à Cotonou, la bataille discrète pour sauver l’union monétaire ouest-africaine

by Chiencoro 16 juillet 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Sous pression depuis la création de l’Alliance des États du Sahel, l’Union économique et monétaire ouest-africaine tente de résister à la désintégration silencieuse. À Cotonou, les présidents Talon et Faye ont esquissé un sursaut diplomatique pour sauver ce qui peut l’être d’une union monétaire en perte de cohésion, fragilisée par les tensions politiques et le retrait progressif du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

Il y a des photos qui trompent leur monde. Celle prise à Cotonou, ce mardi, montrant les présidents Bassirou Diomaye Faye et Patrice Talon souriants, presque fraternels, en est une. Car derrière les accolades protocolaires et les discours à fleuret moucheté, l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) traverse une zone de turbulence qu’aucun euphémisme ne saurait masquer.

Union fracturée, monnaie fragilisée, confiance fissurée. Depuis que le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont claqué la porte de la CEDEAO pour fonder l’Alliance des États du Sahel (AES), c’est tout l’édifice ouest-africain qui vacille, y compris son pilier monétaire, pourtant longtemps présenté comme l’un des plus stables du continent.

Cotonou, tentative de réanimation politique

« Nous avons convenu […] d’entreprendre des démarches pour travailler à redynamiser l’organisation », a sobrement déclaré Bassirou Diomaye Faye à la sortie de son entretien avec Talon. Traduction : l’UEMOA est à bout de souffle, et les chefs d’État qui y croient encore — ou veulent y croire — cherchent à lui éviter une implosion par défaut d’adhésion.

Le message est limpide. Sans la participation pleine et entière des trois pays sahéliens, l’Union perd sa cohérence géographique, sa pertinence politique et peut-être, demain, sa base monétaire. La récente gifle symbolique infligée par le trio sahélien, qui a quitté avec fracas la session du Conseil des ministres de l’UEMOA tenue à Lomé, en dit long. Motif : l’absence de consensus sur la présidence tournante, que le Burkina Faso revendiquait.

Un désaccord de façade ? Non. Un bras de fer sur fond de guerre d’influences, de souverainetés contrariées et de rancunes géopolitiques.

Quand le franc CFA devient suspect

Officiellement, Mali, Niger et Burkina sont toujours membres de l’UEMOA. Mais leur présence devient de plus en plus théorique, voire hostile. Le projet, non dissimulé, de création d’une monnaie sahélienne autonome, conjugué à des accusations répétées contre le Bénin et la Côte d’Ivoire de « tentative de déstabilisation » (que ces derniers réfutent fermement), fait planer un doute sur la survie même du cadre actuel.

Le franc CFA, jadis ciment de stabilité, devient soupçonné de loyauté étrangère. Et dans un contexte où les pays de l’AES ont tourné le dos à la France pour se rapprocher ostensiblement de Moscou, de la Chine, de la Türkiye, la monnaie commune apparaît à leurs yeux comme un vestige d’un ordre qu’ils contestent désormais sur tous les plans.

Médiation ou dernier sursaut ?

En juillet 2024, Bassirou Diomaye Faye avait été désigné médiateur par la CEDEAO pour ramener les trois pays dans le giron communautaire. Un an plus tard, il tente à nouveau, aux côtés de Talon, de raviver la flamme communautaire. Mais la tâche ressemble désormais moins à une médiation qu’à un exorcisme.

Car ce qui se joue ici dépasse l’arithmétique institutionnelle. C’est la redéfinition même de l’espace ouest-africain qui est en cours, entre ceux qui croient encore à l’intégration régionale telle qu’elle fut conçue dans les années 1990, et ceux qui entendent la refonder, sur d’autres bases, d’autres alliances, d’autres souverainetés.

L’UEMOA, à force de compromis, de silences et de diplomatie d’équilibriste, a longtemps tenu. Mais aujourd’hui, ce sont les fondations mêmes qui craquent : la monnaie, la confiance, la réciprocité. La photo de Cotonou restera peut-être celle d’un dernier sursaut. À moins qu’elle ne devienne, dans quelque temps, l’image de l’acte manqué d’une union qui aura su survivre aux crises économiques… mais pas aux fractures politiques.

Chiencoro Diarra 

16 juillet 2025 0 comments
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Passeport AES
A la UnePolitique

Passeport et carte biométrique : vers un meilleur contrôle des mouvements de population dans l’espace AES

by Sahel Tribune 16 juillet 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Le Conseil des ministres du Mali a adopté, ce 16 juillet 2025, deux décrets majeurs instituant une carte nationale d’identité biométrique et un passeport national. Ces documents, harmonisés avec les spécifications techniques de la Confédération des États du Sahel (AES), marquent une étape importante dans la construction d’une identité confédérale, au service de la libre circulation et du contrôle sécurisé des populations dans l’espace sahélien.

Au palais de Koulouba, dans la salle du Conseil, les décrets s’écrivent avec la gravité des tournants historiques. Ce mercredi 16 juillet 2025, le Général Assimi Goïta, Président de la Transition, n’a pas seulement présidé un Conseil des ministres ordinaire. Il a paraphé, entre deux silences militaires, un pan symbolique de souveraineté nouvelle : l’adoption du passeport national et de la carte d’identité biométrique, désormais estampillés aux couleurs de la Confédération des États du Sahel (AES).

Ce que d’aucuns verraient comme un simple ajustement administratif est en réalité un geste politique ciselé, au cœur de la bataille du Sahel pour exister hors des cadres traditionnels, hors des tutelles anciennes, hors de la CEDEAO. L’Afrique de l’Ouest, naguère espace communautaire, se recompose à coups de décisions stratégiques — et de documents plastifiés.

L’identité AES, ou l’empreinte d’un nouvel ordre sahélien

La carte nationale d’identité biométrique malienne, tout comme le passeport désormais nationalisé, seront fabriqués selon les standards de l’OACI (Organisation de l’Aviation civile internationale). Rien d’anodin. Il s’agit de garantir aux ressortissants burkinabè, maliens et nigériens une reconnaissance technique mondiale — tout en affirmant, dans les moindres puces électroniques, l’existence d’un bloc politique nouveau.

C’est à Bamako, en novembre 2024, que les ministres de la Sécurité des trois pays avaient harmonisé leurs spécifications techniques. Et c’est par une décision présidentielle, en avril 2025, que le Président de la Confédération des États du Sahel (le même Goïta, en l’occurrence) a officialisé la création de deux nouveaux totems administratifs : le e-passeport AES et la carte d’identité biométrique AES.

Ces documents porteront, en plus des données classiques, les éléments graphiques propres à l’AES — comme autant de symboles d’une ambition : faire de l’identité sahélienne une réalité tangible, traçable, visible.

Contrôle, sécurité et affirmation politique

Dans un contexte régional où la circulation des personnes est à la fois un enjeu économique et sécuritaire, la fabrication de ces titres d’identité n’est pas un détail bureaucratique. C’est une question de souveraineté maîtrisée. Désormais, le Sahel entend contrôler lui-même les flux humains qui traversent ses frontières, sans en référer à Abuja, Niamey ou Accra.

Le Conseil des ministres parle d’« amélioration du contrôle de la libre circulation » et de « meilleure traçabilité des mouvements de populations ». L’objectif est donc de filtrer, d’identifier, de protéger. Ne plus dépendre de bases de données extérieures ou de sous-traitants étrangers.

Mais il y a plus. Ces documents incarnent la projection d’un État sahélien à venir, structuré, numérisé, interconnecté. Et dans cette projection, le Mali, le Burkina et le Niger n’attendent plus de consignes. Ils codent leur propre avenir.

Document comme déclaration d’indépendance

À l’heure où les grandes conférences internationales continuent de se perdre en promesses creuses sur le Sahel, le papier d’identité devient un manifeste politique. À défaut de reconnaissance diplomatique immédiate, l’AES imprime sa marque dans les passeports et les cartes nationales. Une diplomatie de la donnée, de la biométrie, du code QR.

Après le drapeau, l’hymne, la dévise, ainsi que le logo et les discours, l’État commence aussi par un numéro de série. Et c’est peut-être là que commence réellement l’émancipation.

A.D

16 juillet 2025 0 comments
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Sommet des chefs d'Etats de l'AES
Économie

BCEAO : une reconnaissance involontaire des réussites économiques de l’AES ?

by Sahel Tribune 16 juillet 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

À contre-courant des discours de rupture entre l’UEMOA et les pays de l’AES, le dernier rapport de la BCEAO publié le 14 juillet met en lumière les performances solides du Mali, du Burkina Faso et du Niger en matière de financement bancaire. Une reconnaissance implicite de leur résilience économique, malgré les tensions politiques croissantes avec l’Union.

Il y a les cris d’estrade et les communiqués rageurs, les bras de fer monétaires entre États frondeurs et institutions sous pression, mais il y a aussi les chiffres. Et les chiffres, eux, n’ont pas d’émotion. Ils photographient une réalité que la politique, parfois, préfère ignorer. C’est ce que vient de rappeler, presque en catimini, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) dans son rapport annuel publié le 14 juillet, moins d’une semaine après le dernier épisode du feuilleton houleux entre l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et les trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) — Mali, Burkina Faso et Niger.

Et quelle ironie du calendrier ! Alors même que ces trois pays sont accusés de prendre le large, de claquer la porte monétaire lors de la session du Conseil des ministres de l’UEMOA en guise de protestation contre le refus de la présidence, de droit, de l’organisation au Burkina Faso, voilà que la BCEAO, institution phare du bloc ouest-africain, loue noir sur blanc — sans tambours, ni trompettes — leurs performances bancaires. Loin d’être des parias de la finance, ces États sahéliens apparaissent, à travers le prisme du crédit bancaire et de la solidité du secteur financier, comme des acteurs toujours dynamiques, parfois exemplaires, au sein de l’Union.

Le Mali, premier de classe discret

Commençons par Bamako. Dans le long document de plus de 150 pages, le Mali est presque cité en modèle. Avec une part de 11,2 % de l’encours total des crédits dans l’UEMOA — soit la quatrième place après la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Burkina —, le pays a vu son volume de financement bancaire progresser de manière soutenue en 2023. Le rapport souligne la croissance « notable » des concours à l’économie, malgré un contexte politique et sécuritaire complexe.

Plus encore, le Mali affiche l’un des taux de couverture bancaire les plus satisfaisants de la région. Les banques y maintiennent des standards de solvabilité au-dessus des exigences réglementaires, et la qualité des portefeuilles de prêts, mesurée par le ratio des créances en souffrance, reste maîtrisée. Ce niveau de performance sonne comme un pied de nez aux détracteurs de l’AES.

Burkina Faso, le crédit comme levier de résilience

Le Burkina Faso, de son côté, confirme sa montée en puissance silencieuse. Avec 12,4 % de l’encours des crédits de l’UEMOA, il dépasse désormais le Mali et s’affirme comme le troisième bénéficiaire de financements bancaires dans la zone. Le rapport salue « une croissance robuste » de l’activité bancaire, alimentée en partie par les investissements dans les infrastructures, la consommation des ménages et le dynamisme du secteur agricole, malgré les contraintes sécuritaires qui pèsent sur le pays.

Autre fait marquant : le Burkina maintient un taux de bancarisation en hausse constante, dopé par la digitalisation des services financiers et une stratégie proactive d’inclusion portée par le Trésor public et la BCEAO. Comme quoi, même à Ouagadougou, entre menace terroriste et incertitude politique, les lignes de crédit ne se sont pas effondrées — bien au contraire.

Niger, la rigueur prudente

Quant au Niger, souvent relégué au second plan dans les radars économiques, il trace une trajectoire plus modeste mais disciplinée. Avec 3,2 % des crédits bancaires de la zone, le pays reste en queue de peloton. Toutefois, le rapport note des signes positifs : une gestion rigoureuse des risques, une baisse sensible des taux débiteurs appliqués aux PME locales, et une mobilisation croissante de l’épargne intérieure.

À Niamey, où la transition post-coup d’État a provoqué une rupture brutale avec certains bailleurs occidentaux, les banques ont paradoxalement renforcé leur prudence — tout en maintenant leur soutien à l’économie réelle, notamment dans les secteurs de l’énergie et des transports. Une résilience qui mérite d’être soulignée.

Ce rapport, technique en apparence, revêt une charge symbolique : il démontre que les États de l’AES, souvent peints comme des irréguliers du système financier régional, continuent non seulement de jouer le jeu bancaire, mais de le jouer avec efficacité. Loin du discours de rupture, les flux monétaires et les dynamiques de crédit dessinent une autre carte de la coopération.

Chiencoro Diarra 

16 juillet 2025 0 comments
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Accident de circulation
Sécurité

Sécurité routière : lutter contre l’excès de vitesse afin de réduire les accidents

by Sidi Modibo Coulibaly 16 juillet 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

Au Mali, les accidents de la circulation routière sont très fréquents. Ces accidents entraînent régulièrement des morts d’hommes et des blessés. Ces accidents sont essentiellement dus au facteur humain et particulièrement à l’excès de vitesse. Pour faire face à ce problème, le gouvernement, en organisant la 21e édition de la semaine nationale de la sécurité routière, y a consacré le thème.

De nos jours, il n’y a presque pas de famille au Mali, particulièrement dans les centres urbains, qui ne dispose pas au moins d’un moyen mobile de transport (mobylettes, véhicules). En plus de cela, les moyens de transport en communication urbains et interurbains se sont multipliés en peu de temps. Ce qui pose de sérieux problèmes dans la circulation routière comme les très fréquents accidents le plus souvent mortels. 

Face à cette situation, les autorités ne cessent de prendre des mesures telles que la construction de bonnes routes ou encore la réparation fréquente de celles qui sont endommagées, l’élaboration de textes pour encadrer la circulation routière. Parallèlement à toutes ces mesures, elles ne cessent de mener des campagnes de sensibilisation à l’endroit des usagers de la route. 

C’est dans ce cadre qu’elles organisent régulièrement la journée de la courtoisie dans la circulation routière, les journées de sensibilisation ciblées, et la semaine nationale de la Sécurité routière. Un événement national qui s’effectue simultanément sur l’ensemble du territoire national. Pour cette année, elle est à sa 21e édition.

« Excès de vitesse : un danger mortel sur la route »

Tel est le thème de la semaine de cette année. En choisissant ce thème, les autorités veulent interpeler les usagers de la route sur le dépassement des limites de vitesse prévues par la règlementation. Et de dire aussi que le respect de la vitesse règlementaire dans la circulation est gage d’une circulation sans risque. Une conduite responsable contribue à sauver des vies. 

Cependant, le non-respect de la règlementation en matière de vitesse conduit inéluctablement à des accidents le plus souvent mortels. En témoignent les statistiques de l’année 2024 : 7673 cas d’accidents corporels entrainant 8828 blessés et 682 tués. Il ressort de ces statistiques que 43 % des causes de ces accidents de la circulation routière sont dues à l’excès de vitesse. Donc, c’est dans cet esprit que la cérémonie de la 21e édition de la semaine nationale de la sécurité routière a été lancée, le lundi 14 juillet 2025, à Marakaforo sur l’axe routier Bamako-Koulikoro. Elle a été co-présidée par la ministre des Transports et des infrastructures et de son collègue de la Sécurité et de la Protection civile. 

Au cours de la cérémonie, Mme Dembélé Madina Sissoko, ministre des Transports et des Infrastructures, a remis un lot de matériels de sécurité routière à son collègue de la Sécurité et de la Protection civile, Général de division Daoud Ali Mohameddine. Ce lot est composé de 04 radars de dernière génération, des éthylotests, des testeurs de drogues, des cônes de balisage et des bâtons lumineux. 

Cette remise vient renforcer le dispositif de contrôle routier de la Police nationale, de la Gendarmerie et de la Protection civile. Il faut signaler que la semaine s’étend jusqu’au samedi 19 juillet 2025 avec un programme bien pensé.

Activités prévues 

Les activités de la Semaine nationale de la Sécurité routière seront consacrées à des séances de sensibilisation quotidiennes à l’endroit des chauffeurs, des gérants de compagnies de transport public de voyageurs et les passagers, en agglomération et en campagne. De plus, il est prévu des séances de contrôle de limitation de vitesse. Pour ce faire, des agents de l’Agence nationale de la Sécurité routière (ANASER) et leurs partenaires seront déployés sur le terrain et vont utiliser des radars, mais aussi des testeurs de drogue et d’alcootests sur plusieurs axes routiers du pays.

Rappelons que l’excès de vitesse est considéré comme une contravention de la circulation routière et est sanctionnée. L’Arrêté interministériel N° 2024-2477/MTI-MJDH-MSPC-MEF-SG du 25 juillet 2024 en la matière est clair. Il classe les contraventions routières en trois catégories, ainsi que les sanctions y afférentes : les contraventions de 1re classe, celles de seconde classe et de troisième classe. L’excès de vitesse est classé dans la catégorie des contraventions de troisième classe. Les amendes forfaitaires prévues pour les contraventions de troisième classe sont de 15 000 F CFA pour les véhicules légers et 18 000 F CFA pour les véhicules poids lourds. 

Sidi Modibo Coulibaly

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