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Des méthodes de contraception.
A la UneSanté

Amélioration de la santé de la reproduction : plus de 82 millions de FCFA d’équipements médicaux pour 33 structures sanitaires de l’intérieur 

by Sidi Modibo Coulibaly 17 juin 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 3 minutes read

La santé de la reproduction au Mali fait face à des défis importants, notamment en ce qui concerne l’accès aux services de santé reproductive, particulièrement pour les jeunes et les adolescents. Bien que le Mali ait réussi à réduire la mortalité maternelle de moitié, la santé reproductive reste un domaine préoccupant, avec des taux de natalité élevés, des connaissances limitées sur la planification familiale et des difficultés d’accès aux services de santé. C’est pour toutes ces raisons que l’État a décidé de doter certaines structures d’équipements adéquats. 

La cérémonie de réception de cet important lot de matériels et équipements médicaux d’une valeur de 82 965 000 FCFA s’est déroulée le jeudi 12 juin 2025. Ce lot d’équipements fourni par l’organisation mondiale de la santé (OMS) est destiné  à 30 Centres de Santé Communautaire (CSCom) et 3 Centres de de santé de Référence (CSRéf), situés dans les districts sanitaires de Kita, Bougouni et San.  

Au cours de la cérémonie, le représentant de l’OMS au Mali a réaffirmé l’engagement de l’organisation à soutenir le gouvernement dans la mise en place de soins de santé maternelle, néonatale et infantile de qualité. Quant au secrétaire Général du ministère de la Santé représentant le Ministre, il a salué un geste qui illustre une coopération exemplaire, tout en rappelant que cette dotation contribuera à renforcer la performance du personnel de santé, tout en réduisant la morbidité et la mortalité maternelle et néonatale. 

Réduire les avortements et la mortalité maternelle et infantile

Cette remise de lots de matériels et d’équipements s’inscrit dans le cadre de l’initiative intitulée « Garantir l’accès universel aux droits sexuels et reproductifs grâce à des systèmes de santé intégrés centrés sur la personne ». Une initiative soutenue et mise en œuvre avec l’appui de l’OMS. Son objectif est de réduire les avortements à risque et la mortalité maternelle et infantile dans 18 pays d’Afrique, dont le Mali. Le projet s’étend d’août 2023 à septembre 2025. 

Au Mali, force est de reconnaître que l’accès aux services de santé de reproduction est limité en raison de plusieurs causes. De nombreuses études soulignent les difficultés d’accès des jeunes aux services de santé reproductive, notamment en raison de la stigmatisation. Selon ces études, seule une faible proportion de jeunes utilise les services de santé reproductive, une majorité de jeunes n’a qu’une connaissance limitée de la santé sexuelle et reproductive. Ce qui débouche sur des grossesses précoces et non désirées, ainsi que les violences basées sur le genre, en particulier chez les jeunes filles.

Les mutilations génitales féminines et d’autres pratiques néfastes persistent et ont des conséquences graves sur la santé des femmes. Bien que réduite, la mortalité maternelle reste élevée, avec un ratio de 325 pour 100 000 naissances vivantes, selon l’Office national de la Santé de la reproduction. Autrement dit, le Mali a réussi à réduire de moitié la mortalité maternelle entre 2010 et 2023 grâce à des efforts soutenus, avec l’aide de l’UNICEF. 

Des efforts restent à déployer 

Malgré ces progrès, le Mali devrait intégrer davantage l’éducation à la sexualité dans les programmes scolaires et les campagnes de sensibilisation, en particulier pour les jeunes. Il devrait aussi améliorer l’accès et la qualité des services de santé reproductive pour les jeunes et les adolescents, en tenant compte de leurs besoins spécifiques ; mettre en œuvre des actions pour prévenir et lutter contre les violences basées sur le genre, en particulier en milieu scolaire. De plus, il faudrait qu’il augmente la sensibilisation du public sur les questions de santé reproductive, en mettant l’accent sur les jeunes et les adolescents. 

Sidi Modibo Coulibaly

17 juin 2025 0 comments
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Pose de la première pierre de la raffinerie d'or du Mali
A la UneÉconomie

Construction de la raffinerie d’or du Mali : la fin du tout-export, le début du raffinement national

by Sahel Tribune 16 juin 2025
written by Sahel Tribune 5 minutes read

À Bamako, le 16 juin 2025, le Président Assimi Goïta a lancé les travaux d’une infrastructure stratégique : la première raffinerie d’or du Mali. Portée par un partenariat inédit avec le groupe russe Yadran, cette initiative marque un tournant décisif dans l’histoire industrielle et économique du pays.

Dans la douceur d’un ciel couvert, mais dans l’éclat des grandes décisions et devant une assistance mêlant autorités, diplomates et figures coutumières, le Général d’armée Assimi Goïta, Président de la Transition, a posé la première pierre de ce qui s’annonce comme le joyau industriel du Mali post-refondation : une raffinerie d’or d’une capacité annuelle de 200 tonnes, située à Senou, en commune VI du district de Bamako.

La symbolique est forte. Pour un pays classé 3 ᵉ producteur d’or d’Afrique, mais longtemps confiné à l’exportation de minerai brut, cette raffinerie incarne un saut qualitatif vers la souveraineté économique. L’État malien en détiendra 62 % du capital via la société SOREM S.A., tandis que Yadran — partenaire russe stratégique — apportera l’expertise technologique et financière.

L’or du Mali, enfin raffiné au Mali

« Ce que nous construisons, ce n’est pas simplement une usine. Nous construisons des emplois, des recettes pour l’État, et une nouvelle économie où le Mali n’est plus un simple fournisseur de matière première, mais un acteur industriel respecté dans la région » a affirmé Sedan Veselinovic, représentant du groupe Yadran. Sa prise de parole, ponctuée de promesses concrètes, a dressé le portrait d’un complexe ultramoderne sur 5 hectares, doté de laboratoires, d’entrepôts, de systèmes logistiques aux standards internationaux — et surtout, de capacités d’accueil pour former et insérer les jeunes maliens dans la chaîne de valeur aurifère.

Le projet n’a rien d’un simple chantier d’apparat. « La raffinerie pourra traiter non seulement l’or malien, mais également celui des pays voisins comme le Burkina Faso, qui produit plus de 57 tonnes par an. Ce sera un centre régional de transformation des métaux précieux, » a renchéri Irek Salikhov, président du groupe Yadran. Avant de conclure : « Ce projet est le premier résultat concret du dialogue stratégique russo-malien. »

Une vision souverainiste traduite en actes

Cette raffinerie s’inscrit dans la continuité des réformes initiées par le gouvernement de Transition sous la houlette du ministre des Mines, Amadou Keïta. Depuis 2022, Bamako multiplie les initiatives : audit des contrats miniers, création de la SOREM, relèvement des parts de l’État dans les projets miniers, obligation pour les exploitants d’affiner l’or localement… Une ligne claire s’impose : faire de l’or un levier de développement maîtrisé et redistributif.

« Cette usine est la réponse concrète à des décennies d’attentes populaires. Elle est l’incarnation matérielle d’un Mali qui ne brade plus son sous-sol, mais en fait le socle d’une économie souveraine, intégrée et résiliente, » a martelé le ministre Amadou Keïta dans un discours empreint de détermination.

Il a rappelé que, malgré ses 55 tonnes d’or annuelles, le Mali perdait jusqu’à présent une part substantielle de sa richesse dans l’export brut, sans transformation locale. Ce « manque à gagner », selon ses termes, sera désormais converti en infrastructures, en formations, et en revenus budgétaires durables.

Un projet pour l’économie… et la mémoire

Ce chantier industriel, voulu par les plus hautes autorités du pays, revêt également une portée sociale et identitaire. La maire de la commune VI, Mme Coulibaly Salimata Traoré, l’a souligné avec émotion : « Ce projet d’envergure n’aurait pu voir le jour sans le leadership visionnaire du président Goïta. Il marque le retour de l’État dans ses fonctions stratégiques et le début d’une nouvelle ère pour notre jeunesse. »

Un espoir partagé par les populations locales, qui voient déjà poindre les opportunités : création d’emplois directs et indirects, réduction du chômage, dynamisation de l’économie locale, et renforcement de la formation professionnelle.

Dans un style direct et sans détours, le Général d’Armée Assimi Goïta a rappelé le sens historique du lancement des travaux de construction de la raffinerie d’or de Sénou. « Depuis 1980, l’or du Mali est affiné ailleurs, vendu ailleurs, enrichissant d’autres économies. Aujourd’hui, nous mettons fin à cette anomalie », a-t-il déclaré.

Fruit des recommandations des Assises nationales de la Refondation, ce projet est l’aboutissement d’une série d’actions souverainistes : audit du secteur minier, refonte du Code minier, création d’une société publique d’exploration (SOREM), loi sur le contenu local, renégociation des contrats léonins. 

L’objectif est limpide : que l’or du Mali brille enfin pour les Maliens. Et cette raffinerie, appelée à devenir la seule autorisée à affiner l’or extrait sur le territoire, permettra de contrôler la traçabilité, de rapatrier les revenus, et de créer des milliers d’emplois pour la jeunesse. Au-delà, c’est aussi une déclaration géopolitique : « Nos partenaires russes ne nous livrent pas seulement une usine, mais aussi leur expertise et un transfert de compétences. » 

Russie-Mali : une alliance pragmatique

La cérémonie du 16 juin n’était pas seulement nationale — elle était géopolitique. Avec la raffinerie de Senou, le Mali envoie un signal clair à ses partenaires : l’heure est à la coopération équitable et respectueuse des souverainetés. Le partenariat avec Yadran illustre cette volonté d’un nouveau deal africain, libéré des asymétries héritées des anciennes puissances tutélaires.

« Le Mali peut compter sur la Russie comme sur un véritable partenaire stratégique et ami, » a déclaré Veselinovic. Le ton est donné. Et dans les pas de cette raffinerie, d’autres projets structurants sont déjà en préparation — dans l’énergie, l’agro-industrie, la défense ou encore la formation.

Le lancement de la raffinerie d’or de Senou est bien plus qu’un événement industriel. Il est une déclaration d’intention, une démonstration de souveraineté, un pari sur l’avenir. Assimi Goïta, saluant la coopération renforcée avec la Fédération de Russie, conclut : « Ce rêve longtemps attendu par notre peuple est en train de devenir réalité. »

A.D

16 juin 2025 0 comments
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Lancement du dialogue inter-malien
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Légitimités traditionnelles et coutumières : encore des actes de valorisation posés par le général d’armée Assimi Goïta

by Sahel Tribune 16 juin 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Depuis la mémorable et inédite rencontre entre le Président de la transition et les légitimités traditionnelles des 19 régions administratives et du district de Bamako, le vendredi 12 novembre 2021, plusieurs actes de valorisation ont été posés. Le dernier date du jeudi 12 juin 2025 avec la pose de la première pierre du vestibule des légitimités traditionnelles de San par le Premier ministre, en marge de la commémoration de l’événement culturel « Sanké Mo ».

L’infrastructure, dont les travaux vont durer six mois, va coûter plus de 742 millions de FCFA sur financement du gouvernement, à travers l’ANICT (Agence nationale d’investissements des collectivités territoriales) avec la contribution de la mairie de la commune urbaine de San, de la KFW (coopération financière allemande). Cet acte est le deuxième posé par les autorités en cette année 2025. 

Le premier a été fait le mercredi 15 janvier 2025 par le Chef de l’État en personne, en marge de sa visite à Koulikoro, en compagnie du président du Conseil National de Transition (CNT), des autorités locales et des légitimités traditionnelles. Il s’agit de la pose de la première pierre de la construction du vestibule de cette région, qui comprendra un bâtiment moderne doté d’une salle de réunion, de bureaux, de logements, et d’espaces fonctionnels tels qu’un parking et des espaces verts. 

Ces deux actes posés en l’espace de six mois montrent à suffisance la volonté du président Goïta de valoriser les légitimités traditionnelles du pays. Tout a commencé par une rencontre avec celles-ci dans la salle de banquets sus palais présidentiel de Koulouba.

Rencontre inédite et mémorable 

Ce jour-là, les légitimités traditionnelles ont, à l’unanimité, témoigné qu’une telle rencontre relevait « du jamais vu dans notre pays », car selon leurs précisions, c’était la toute première fois qu’un Président réunissait les représentants des terroirs ainsi que les notabilités sous un même toit. 

D’après, Bajan Ag Hamatou, de la délégation de Ménaka, « les Chefs traditionnels ont toujours été écartés de la gestion du pouvoir, notamment dans le processus de prise de décisions. Une erreur qui est en train d’être corrigée progressivement par le Président de la Transition, depuis son investiture. » Et El Hadji Djibril Diarra, patriarche des familles fondatrices de Koulikoro de renchérir : « La prolongation de la Transition est une logique qui s’impose de facto aux Maliens au regard du contexte socio-politique, sécuritaire et humanitaire difficile que vit le pays. »  Quant à Zantigui Diakité, Chef de la délégation de Bougouni, il a estimé que les Maliens doivent prendre le temps de balayer d’abord la maison commune avant de songer à des élections. 

En réponse à ses hôtes, le chef de l’État a affirmé que : « Votre engagement au quotidien est une chance énorme pour l’équilibre social qui est un facteur déterminant au sein de toute collectivité ». Et le président Goïta de poursuivre ne disant : « Chacun de vous aura, dans un avenir très proche, en plus d’un macaron, un drapeau que chacun fera flotter en un endroit visible de sa maison, de préférence à la porte d’entrée ou au milieu de la cour ». Une annonce qui a été suivie par une ovation de plusieurs minutes.

Promesse tenue en moins de 9 mois

Le lundi 18 juillet 2022, le Chef de l’État a procédé au lancement officiel de la cérémonie de remise symbolique des insignes, certificats et drapeaux pour à plus de 18 000 autorités traditionnelles. Ce jour, il a remis des insignes, certificats et le drapeau national à 60 chefs de quartier de Bamako. 

Au total, 10 mille chefs de village, 664 chefs de fraction et plus de 8 mille chefs de quartier se verront attribuer ces symboles par les différentes autorités administratives régionales et locales. Pour le Président de la transition, la remise de ces insignes témoigne à suffisance le début de la valorisation de ces autorités traditionnelles. Elles sont les garants de la cohésion sociale, de la stabilité, du vivre ensemble, avait indiqué le chef de l’État. 

Renforcer davantage le rôle des légitimités traditionnelles

Le Président a aussi rappelé le rôle de ces hommes dans la prévention et la gestion des conflits dans leurs localités. En remettant ces symboles, le Chef de l’État a tenu une forte promesse qu’il avait faite, le vendredi 12 novembre 2021 lors de sa première rencontre avec les autorités traditionnelles et coutumières du pays. Il faut signaler que cette remise d’insignes et autres vise à renforcer davantage le rôle des légitimités traditionnelles dans la gestion des affaires publiques à la base.

Il faut indiquer que pour valoriser davantage les autorités traditionnelles et coutumières, le chef de l’État, à travers le décret n° 2022 -0128/PT-RM du 04 mars 2022, a institué le 11 novembre comme « Journée nationale des Légitimités traditionnelles ». Depuis cette journée est célébrée. La dernière qui est la 4e édition a été célébrée en 2024 sous le thème « Rôle et Responsabilité des Autorités et des Légitimités traditionnelles dans la préservation et l’éducation aux valeurs socio-culturelles ». 

Sidi Modibo Coulibaly

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Sanké Mô
ActuSeko ni Donko

Sanké Mô : Le rite qui murmure encore au cœur du Mali

by Sahel Tribune 16 juin 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

À San, au cœur du Mali profond, le Sanké Mô a célébré en 2025 sa 625ᵉ édition. Dans une mare sacrée fragilisée par le climat, mais sanctuarisée par la ferveur, des milliers de fidèles, pêcheurs, danseurs et dignitaires ont renoué avec un rite millénaire. Entre spiritualité, cohésion sociale et affirmation culturelle, la cérémonie, portée cette année par la dynamique de l’Année de la culture décrétée par le président de la Transition, a vibré comme un manifeste d’identité et de résilience.


Dans une mare asséchée mais jamais vidée de son âme, San a de nouveau honoré le pacte ancestral. Le 13 juin 2025, sous le regard attentif des esprits, des notables et des tambours, le Sanké Mô a tenu sa 625ᵉ édition. Une célébration à la fois rituelle, culturelle et politique, au cœur d’un Mali en quête de renaissance. Cette année, plus encore, le rite millénaire a résonné comme un acte de foi collective dans l’avenir d’un pays qui veut bâtir sur ses racines.

Dans une mare qui s’assèche mais dont l’âme déborde encore, le Mali rejoue chaque année un vieux pacte entre les vivants, les morts, les ancêtres et les esprits de l’eau. Le Sanké Mô, rite séculaire des terres de San, n’est pas qu’une pêche sacrée. C’est une leçon d’histoire sans parchemin, un poème anthropologique, une mémoire vivante que le temps, les sécheresses et les bulldozers n’ont pas encore réduite au silence.

Une tradition millénaire menacée par le feu du ciel

Le Sanké Mô n’est pas un simple folklore. Il est inscrit depuis 2009 au patrimoine mondial de l’UNESCO, non pour sa beauté pittoresque, mais parce qu’il est menacé. Le danger ne vient pas seulement de la mondialisation, mais du ciel : températures insoutenables, pluies trop rares, et argile pillée pour construire des maisons sans mémoire.

En 2024, le thermomètre a frôlé les 49 degrés. La mare, jadis vivante, se craquelle. Et pourtant, les tambours résonnent encore. Les filets glissent, les sacrifices se renouvellent, et les danseurs Bwa — peuples oubliés des manuels scolaires — tracent encore leurs cercles autour de la tradition.

Une liturgie communautaire entre sacré et politique

Le Sanké Mô, c’est d’abord un rituel. Celui d’un peuple qui interroge l’eau avant de l’approcher. Celui d’une ville, San, qui ne célèbre pas un passé figé mais une filiation avec l’invisible. On y sacrifie des coqs, on y interroge les ancêtres, on y pêche à plusieurs centaines. On y danse, masqués, pour faire vivre les morts, et on y débat aussi, désormais, de l’AES, de la cohésion et du devenir d’un Sahel qui cherche son nouveau souffle.

Depuis quelques années, sous l’impulsion des autorités de la Transition, le Sanké Mô est aussi devenu un levier d’affirmation nationale. Ce n’est pas un hasard si le gouvernement y assiste régulièrement. Il y voit, comme Assimi Goïta, une boussole dans le brouillard des recompositions géopolitiques : le développement durable commence par l’enracinement culturel.

De la mare aux marchés : quand l’identité devient économie

Autour du rituel, un festival. Autour du festival, des stands. Et autour des stands, une économie locale vivante : artisanat, gastronomie, tourisme, artisanat encore. Pour la région de San, le Sanké Mô est bien plus qu’un héritage culturel : c’est une plateforme de revenus, de visibilité, de rayonnement.

Mais cela ne tiendra que si la mare tient. Or, elle meurt. Lentement, mais sûrement. L’argile arrachée, l’eau qui ne s’infiltre plus, les poissons qui désertent. On promet des travaux, on propose de creuser, mais rien n’est encore fait. L’UNESCO l’a dit. Les anciens l’ont redit. Les enfants l’ont vu.

Un legs menacé, un avenir à sauver

Le Mali traverse une Transition politique. Il ne doit pas laisser mourir une Transition culturelle. Si le Sanké Mô s’éteint, c’est un fil qui se rompt, entre ceux qui sont là et ceux qui ne sont plus. C’est un trait d’union identitaire qui disparaît, au moment même où le pays revendique une souveraineté à la fois minière, militaire et culturelle.

Le Sanké Mô est un marqueur. Il dit qui nous sommes, d’où nous venons, ce que nous avons résisté à perdre. Il ne demande pas la compassion des bailleurs. Il exige la responsabilité des nôtres. Et des actes. Pas seulement des discours.

On peut vivre sans or, sans lithium, sans pétrole. Mais un peuple sans mémoire ? Il s’évapore. Comme la mare de Sanké. Le Mali, qui aspire à la refondation, doit s’assurer que le Sanké Mô, lui, ne devienne pas un simple souvenir archivé à l’UNESCO.

A.D

16 juin 2025 0 comments
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Une graphique réalisée pour illustrer les édito sur notre site.
A la UneÉconomieEdito

Révolution minière : enfin le temps des Africains

by Chiencoro 16 juin 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Dans un secteur longtemps dominé par les grandes compagnies étrangères, le Mali entreprend une révolution minière sans précédent. Nouveau code fiscal, création d’une société publique, diversification vers le lithium, partenariat stratégique avec la Russie. La Transition malienne affirme une souveraineté assumée sur ses ressources. Mais ce recentrage étatique se heurte aux résistances des multinationales. Entre bras de fer, diversification et transformation locale, le pays trace sa propre voie vers l’indépendance économique.

À Bamako, ce que certains appellent « bras de fer minier » est, pour les autorités de la Transition, un acte de redressement. Une reconquête économique menée à la houe fiscale et au marteau diplomatique, au nom d’un mot aujourd’hui omniprésent dans les discours comme dans les décisions : souveraineté. Le Mali, troisième producteur d’or du continent, ne veut plus se contenter d’extraire pour d’autres. Il veut transformer chez lui, encadrer, fiscaliser, et peser.

Un code minier qui redistribue les cartes

En août 2023, la Transition malienne a fait voter un code minier dont la portée dépasse les chiffres. La nouvelle loi impose un cadre plus contraignant : fin des exonérations massives, obligation de raffinage local, et montée de l’État à hauteur de 35 % dans chaque projet nouveau. Autrement dit : l’époque des contrats léonins est révolue.

Les résultats ne se sont pas fait attendre. Malgré une baisse de 23 % de la production industrielle en 2024, les recettes minières ont bondi de 52,5 %, pour atteindre 835 milliards de francs CFA. Comment ? Par une révision lucide des rapports de force, un encadrement rigoureux des exonérations, et la fin d’un régime de faveur qui avait trop profité aux grandes compagnies.

Barrick, Resolute et le pari du rapport de force

Mais toute révolution a ses secousses. En janvier 2025, le gouvernement bloque les exportations de Barrick Gold, saisit trois tonnes d’or, et gèle les opérations de Loulo-Gounkoto. Une décision ferme, qui fait vaciller les marchés et agite les ambassades. Au Mali, désormais, on ne négocie plus avec un révolver fiscal sur la tempe.

D’autres, comme Resolute Mining, ont compris la nouvelle donne. Un accord à 160 millions USD, une négociation discrète, une sortie honorable. Deux stratégies, deux résultats : la confrontation pour les uns, la coopération pour les autres.

Goulamina : le lithium malien entre en scène

Mais l’or n’est plus seul sur l’échiquier stratégique. En décembre 2024, la mine de lithium de Goulamina est lancée, opérée par les Chinois de Ganfeng, avec une participation malienne de 30 %. Là encore, le contrat est clair : la transformation commence sur le sol malien, et les retombées (emplois, sous-traitance, fiscalité) sont garanties. Le Mali s’impose comme futur leader du lithium ouest-africain, alors que le monde entier cherche du minerai pour ses batteries.

SOREM et la raffinerie : les outils d’un Mali maître de son destin

Au cœur de ce repositionnement stratégique, la création de SOREM — bras public d’exploration et d’exploitation — et surtout, le projet de raffinerie d’or avec la Russie. 200 tonnes de capacité annuelle, 62 % de capital détenu par l’État, et le lancement des travaux de construction prévu ce 16 juin 2025 par le président Assimi Goïta. Ce geste, au-delà du symbolique, est l’acte fondateur d’un Mali qui ne veut plus exporter son or brut, mais le transformer, le certifier, et en maîtriser la chaîne de valeur.

Le choix de Moscou comme partenaire n’est pas neutre. Il s’inscrit dans une redéfinition des alliances, post-françafrique, post-MINUSMA. Le Mali trace sa voie, assume ses choix, et cherche désormais l’efficacité dans le respect de ses intérêts fondamentaux.

Une souveraineté minière à consolider

Mais la souveraineté ne s’exerce pas qu’avec les multinationales. Sur les sites d’orpaillage artisanal, où travaillent des milliers de Maliens, la Transition a lancé une série de réformes : sécurité des sites, encadrement environnemental, et création de cinq fonds spécialisés. Une réponse urgente à une série de drames humains — comme les effondrements meurtriers de Koulikoro et Kayes — et à un enjeu écologique majeur.

Ce que vit aujourd’hui le Mali n’est pas une crise minière. C’est un rééquilibrage historique. Un acte de souveraineté économique dans un secteur longtemps dominé par des logiques extraterritoriales. Certes, les tensions sont réelles. Certes, la production vacille. Mais l’État assume, reprend la main, renégocie, et s’investit. Entre pragmatisme et fermeté, la Transition trace sa ligne : celle d’un pays qui veut cesser d’être un gisement sous contrôle étranger, pour devenir une nation pleinement maîtresse de ses richesses.

Le pari est ambitieux. Mais dans ce moment de bascule où l’Afrique réinvente son rôle dans l’économie mondiale, le Mali joue une carte que d’autres n’ont jamais osé poser sur la table.

Chiencoro Diarra 

16 juin 2025 0 comments
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Croissance économique
A la UneÉconomie

Croissance, dette, réformes : ce que le FMI pense du Mali

by Chiencoro 15 juin 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Alors que le Mali tente de naviguer entre rigueur budgétaire, réformes structurelles et résilience économique, la mission annuelle du FMI vient d’achever sa visite à Bamako. Derrière les chiffres, un message implicite : le pays tient debout, mais la route vers une stabilité durable reste semée d’obstacles.
À Bamako, ils étaient nombreux à guetter les conclusions de cette mission annuelle comme on attend un bulletin de santé dans un service de soins intensifs. Les équipes du Fonds monétaire international (FMI), emmenées par Wenjie Chen, ont achevé, ce vendredi 13 juin, leur mission de consultation 2025 au titre de l’article IV. Une mission technique, certes, mais au poids politique et économique décisif, tant elle trace en creux la trajectoire budgétaire, monétaire et sociale d’un Mali en quête d’équilibre.

Une économie qui résiste, malgré les tempêtes

Car derrière les chiffres, souvent polis, se dessine un diagnostic nuancé, entre vigilance et encouragement. Oui, le Mali tient debout, et c’est déjà une performance. Avec une croissance maintenue à 4,7 % en 2024, malgré une crise énergétique sévère, des inondations récurrentes et la baisse de régime de son moteur aurifère, l’économie malienne fait preuve d’une résilience qui force le respect. Mieux : les projections pour 2025 tablent sur 5 % de croissance, avec un possible rebond à 5,4 % dès 2026, si les conditions minières se rétablissent.

Mais l’équation budgétaire demeure précaire. Certes, le déficit a été réduit à 2,6 % du PIB, et les recettes fiscales ont connu un sursaut, aidées par des contributions exceptionnelles des secteurs minier et télécom. Mais l’absence d’aide budgétaire extérieure — un fait aussi politique que financier — et les conditions de financement tendues dans l’espace UEMOA rendent les marges de manœuvre étroites. Le coût de la dette, lui, s’alourdit.

Dans ce contexte, les recettes du FMI sont connues : rigueur budgétaire, efficacité des dépenses, élargissement de l’assiette fiscale (notamment dans les mines), et protection des plus vulnérables. La ligne de flottaison reste le cap des 3 % de déficit exigé par l’UEMOA. Un objectif que les autorités maliennes affirment vouloir respecter, même si les impératifs climatiques et sociaux — à l’image des récentes inondations — pèsent lourd sur les dépenses publiques.

Des réformes attendues, des marges réduites

Sur le fond, le FMI encourage les autorités à poursuivre les réformes structurelles, avec un accent particulier sur la gouvernance des entreprises publiques, à commencer par la très symbolique et problématique Énergie du Mali (EDM). La vulnérabilité chronique de l’entreprise électrique reste un caillou dans la chaussure de toute stratégie de développement. Même tonalité sur la transparence budgétaire, la gestion des finances publiques, et la nécessité d’un cadre réglementaire rassurant pour les investisseurs étrangers.

Mais au-delà des lignes comptables, le vrai défi est politique : faire exister une vision à long terme dans un pays en transition, dont les partenaires scrutent les équilibres institutionnels autant que les chiffres macroéconomiques. La « Vision 2063 » et la stratégie nationale pour le développement durable 2024-2033, portées par Bamako, sont saluées sur le papier. Mais pour qu’elles deviennent des leviers crédibles de croissance inclusive, encore faut-il que les conditions de confiance — stabilité, prévisibilité, réformes concrètes — soient réunies.

La visite du FMI n’a pas donné lieu à de critiques frontales, ni à des annonces fracassantes. Elle s’est conclue, comme souvent, par des propos mesurés, des remerciements convenus, des recommandations bienveillantes. Mais pour qui sait lire entre les lignes, un message clair : le Mali n’est pas hors-jeu, mais il joue sur un fil tendu. Entre ambition et rigueur, souveraineté revendiquée et dépendance financière contenue, la marge d’erreur est mince.

Chiencoro Diarra 

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Cheick Tidiane Seck
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Année de la culture : Cheick Tidiane Seck plaide pour la professionnalisation des métiers de la musique

by Ibrahim Kalifa Djitteye 14 juin 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 2 minutes read

Dans le cadre de « 2025, Année de la Culture », décrétée par le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition, le Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté a accueilli la conférence du parrain du mois de juin,  le vendredi 13 juin 2025. Le claviériste de renommée internationale Cheick Tidiane Seck, a partagé son expérience et sa vision pour l’avenir des métiers de la musique au Mali devant une assemblée attentive.

Placée sous le thème : « Demain le Mali, professionnalisation dans les Métiers de la musique : expérience de Cheick Tidiane Seck », la conférence a réuni un public éclectique, incluant le Directeur général de l’établissement, le Conseiller technique Abdoulaye Diombana (représentant le Ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou Daffé), ainsi que les élèves et étudiants de l’Institut National des Arts (INA) et du Conservatoire, des hommes de culture et des professeurs. Dès son entrée en scène, « Le Guerrier », comme il est affectueusement surnommé, a captivé l’audience par son charisme et son savoir-faire claviériste, offrant un aperçu de la maîtrise qui a jalonné sa carrière.

Au cours de son intervention, Cheick Tidiane Seck a mis en lumière l’importance cruciale du professionnalisme dans le monde du spectacle. Il a insisté sur la nécessité de structurer l’environnement musical, soulignant que « pour qu’un événement soit bien coordonné et ficelé, il est indispensable de réunir divers éléments et rôles clés ».

Réinventer l’héritage musical malien

Cheick Tidiane Seck a également exhorté la nouvelle génération à s’approprier et à réinventer le patrimoine musical malien. Abordant l’influence des musiques occidentales, il a rappelé que « nous jouions déjà ça au Mali dans les années 70, sous le nom de « highlive », en référence au hip-hop ». Il a appelé les beatmakers à s’inspirer des instruments traditionnels pour « les revisiter et affirmer notre identité musicale malienne ».

La conférence de Cheick Tidiane Seck a été un puissant plaidoyer pour une professionnalisation accrue des métiers de la musique au Mali. Son message était clair : la passion doit s’accompagner de rigueur, de discipline et d’une solide compréhension des rouages de l’industrie. Les étudiants et les professionnels présents ont pu puiser une inspiration précieuse auprès d’un artiste dont la carrière est une leçon vivante de persévérance et d’excellence.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

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