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Défécation à l'air libre
Climat et environnement

Santé mondiale : pourquoi des millions d’êtres humains défèquent encore dehors

by Sahel Tribune 28 août 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Un chiffre que l’on croyait relégué aux archives d’un autre âge : 354 millions d’êtres humains défèquent encore chaque jour à l’air libre. Derrière ce constat brutal, l’aveu d’un échec planétaire : l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement d’ici 2030, promesse des Nations unies, s’éloigne inexorablement.

Les statistiques, lorsqu’elles se glacent, valent parfois mieux qu’un reportage. Une personne sur vingt-cinq, sur cette planète en 2025, n’a d’autre choix que de s’accroupir à ciel ouvert pour se soulager. Dans un monde saturé de discours sur la modernité numérique et la conquête spatiale, cette réalité nue dit tout. L’humanité avance, mais laisse derrière elle des centaines de millions de corps dans la poussière, l’eau souillée et l’humiliation.

Le rapport conjoint de l’OMS et de l’UNICEF publié le 26 août est sans appel. Malgré quelques progrès, la défécation à l’air libre concerne encore 354 millions de personnes. En 2015, elles étaient 429 millions. La baisse est réelle, mais lente, trop lente. Chaque latrine construite, chaque puits protégé, semble immédiatement rattrapé par l’explosion démographique, l’urbanisation sauvage, les guerres qui détruisent, et les États qui promettent plus qu’ils n’agissent.

Un enjeu de dignité autant que de santé

Car derrière les chiffres, il y a les conséquences telles que les diarrhées mortelles pour les enfants, la contamination des nappes phréatiques, les maladies hydriques qui continuent de tuer en silence. L’OMS rappelle que l’eau potable et l’assainissement ne sont pas des privilèges, mais des droits humains fondamentaux. Pourtant, le monde s’accommode d’un paradoxe. Alors que l’on parle d’intelligence artificielle et de voitures autonomes, des villages entiers vivent encore dans une promiscuité où les excréments sont à portée de main.

La défécation à ciel ouvert est aussi une question de dignité. Pour les femmes et les jeunes filles, la situation est doublement violente : contrainte de s’isoler à l’aube ou à la nuit tombée pour échapper aux regards, elles s’exposent aux agressions sexuelles. Et pendant leurs règles, l’absence de toilettes adaptées devient un facteur supplémentaire d’exclusion scolaire et sociale.

Loin des promesses de 2030

Depuis 2015, près d’un milliard et demi d’êtres humains ont gagné un accès à des installations sanitaires améliorées. Mais l’ONU l’admet aujourd’hui. Au rythme actuel, l’objectif d’un accès universel en 2030 est devenu « de plus en plus hors de portée ». La formule est diplomatique ; la réalité est plus crue. Il est en train de glisser entre les doigts.

Le nombre de pays ayant éliminé la défécation à l’air libre est passé de 142 à 154. Une avancée, certes, mais qui laisse encore des millions dans la boue. Pour Cecilia Scharp, directrice du programme WASH à l’Unicef, le verdict est sans appel : « Lorsque les enfants n’ont pas accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène, leur santé, leur éducation et leur avenir sont menacés. »

Un miroir de nos inégalités

Au fond, la défécation à ciel ouvert est plus qu’un problème sanitaire. C’est le symbole extrême des inégalités mondiales. D’un côté, une humanité connectée, qui s’inquiète de savoir si son smartphone est étanche. De l’autre, des millions de familles qui se demandent où soulager un enfant sans le condamner à une infection.

La défécation à l’air libre n’est pas seulement un scandale de santé publique. C’est un scandale politique, celui d’un monde qui, malgré ses milliards de dollars de croissance et ses sommets internationaux, tolère encore que des centaines de millions de ses citoyens vivent comme si la promesse de dignité n’avait jamais existé.

A.D

28 août 2025 0 comments
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Toilettes publiques
A la UneClimat et environnement

Mali : toilettes publiques, un luxe à ciel ouvert

by Chiencoro 28 août 2025
written by Chiencoro 4 minutes read

Au Mali, où un million de personnes pratiquent encore la défécation à l’air libre, les toilettes publiques sont rares, insalubres, parfois payantes. Derrière ce paradoxe se cache une réalité brutale : dans un pays où l’assainissement reste le parent pauvre des politiques publiques, se soulager dignement relève souvent du privilège.

À Bamako, devant les rares toilettes publiques du CHU Gabriel Touré, les files s’allongent. En 2022, c’était seulement cinq cabines fonctionnelles sur dix pour des centaines de patients et d’accompagnants : trois heures d’attente, parfois, pour accéder à une installation qui n’a plus rien de sanitaire. Ailleurs, à Faladiè Garbal, site de déplacés, 335 familles se partagent 35 latrines. Résultat : cinq cents personnes par toilette. Ce n’est plus de l’hygiène, c’est une roulette russe sanitaire.

Dans ce pays où seulement 45 % de la population dispose d’un service d’assainissement de base, plus d’un million de Maliens continuent à déféquer à l’air libre. La statistique dit tout : l’infrastructure n’existe pas, ou si peu, et quand elle existe, elle se dégrade, faute d’entretien, de financement, de volonté politique. Les toilettes publiques, censées être un bien commun, deviennent un luxe à ciel ouvert.

La honte des « foutoirs publics »

À Bamako, l’expression revient dans les témoignages : « foutoirs ». Pas de savon, pas d’eau courante, pas d’entretien. Les lieux censés protéger la dignité se transforment en foyers de contamination. Fuites, stagnations, déchets abandonnés, parfois même des vers grouillant au sol. Ici, les toilettes ne préviennent pas la maladie, elles l’installent.

Et quand il ne s’agit pas d’hygiène, c’est l’argent qui pose problème. Dans un pays où la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, on exige 50 à 100 francs CFA pour chaque passage. L’équation est absurde : choisir entre se soulager dignement ou économiser pour manger.

Femmes, enfants, déplacés : les oubliés

Les premières victimes sont connues : femmes, enfants, personnes déplacées. À Faladiè, encore, ce sont les mères qui s’inquiètent le plus pour leurs filles, contraintes d’attendre la nuit pour se soulager, au risque d’agressions. Les personnes handicapées, elles, se voient privées de tout accès, faute d’installations adaptées. La défécation à l’air libre devient alors la seule alternative.

Les inégalités ne sont pas seulement sociales, elles sont aussi géographiques. À Koulikoro, seulement 14 % des zones rurales disposent d’un service d’assainissement. Dans ces villages, la latrine n’est pas une évidence, mais un luxe.

Un choix politique

Le paradoxe est connu : l’État dépense deux fois plus pour l’eau que pour l’assainissement. Les chiffres du budget 2018 en témoignent : 4,2 milliards pour l’assainissement, 7,6 pour l’eau. Résultat : des projets en retard, des communes sans moyens, et une Direction nationale de contrôle des pollutions incapable d’imposer ses directives.

Pourtant, tout est une question de priorité. Construire un bloc de trois latrines publiques coûte un peu plus d’un million de francs CFA. Une somme importante pour une mairie, certes, mais ridicule au regard du coût social et sanitaire des diarrhées, de la malnutrition et des infections que provoque l’absence de toilettes.

Un enjeu de dignité nationale

Il existe bien des solutions. L’Assainissement total piloté par la communauté (ATPC) a permis de certifier 750 villages comme « fin de la défécation à l’air libre ». Des partenariats public-privé émergent ici et là, entre communes, ONG et micro-entreprises. Mais ces efforts restent marginaux. Sans volonté nationale forte, ils sont des gouttes d’eau dans un océan de boue.

Au Mali, aller aux toilettes ne devrait pas être une affaire de chance ou de portefeuille. C’est une question de dignité humaine et de santé publique. Tant que l’assainissement restera le parent pauvre des politiques, la promesse des Objectifs de développement durable de 2030 – l’accès universel à l’eau et à l’hygiène – restera une chimère.

Le paradoxe est que dans un pays où l’on parle de modernisation, il suffit d’entrer dans un hôpital ou un camp de déplacés pour comprendre la vérité. Le Mali ne gagnera pas sa bataille contre la pauvreté et les maladies tant qu’il n’aura pas gagné celle, plus discrète mais tout aussi cruciale, de ses toilettes publiques.

Chiencoro Diarra 

28 août 2025 0 comments
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Aéroports du Mali
A la UneÉconomie

Aéroports du Mali : un premier semestre 2025 marqué par la hausse du trafic passager

by Chiencoro 27 août 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

À Bamako, la 72 ᵉ session du conseil d’administration des Aéroports du Mali s’est tenue pour la première fois dans un siège flambant neuf. L’occasion pour le Colonel Lassina Togola, PDG des aéroports du Mali, de livrer un bilan chiffré… et d’affirmer qu’en matière de rigueur budgétaire et de souveraineté aérienne, le Mali n’a pas vocation à rester sur le tarmac.

Le décor avait tout d’une déclaration : un siège tout neuf pour une institution qui, hier encore, donnait l’impression de voler au ralenti. À la tribune, un colonel — Lassina Togola — qui n’a pas l’air de vouloir diriger les ADM comme une simple régie de piste d’atterrissage. Et des chiffres, précis, froids, implacables : 8 116 mouvements d’avions (-11,7 %), 466 128 passagers (+15 %), 4,3 millions de kilos de fret (+1,67 %), et un trafic postal en pleine ascension (+51 %). De quoi rappeler que ce qui compte, ce n’est pas seulement le nombre d’avions qui atterrissent, mais ce qu’ils transportent et qui voyage à leur bord.

Des aéroports, pas des gares routières

Pendant longtemps, les aéroports maliens ont ressemblé à ces gares routières saturées, mal entretenues, où le voyageur n’est qu’un figurant malmené. Des toilettes bouchées de Sénou aux files interminables pour un contrôle, le contraste avec Abidjan ou Dakar faisait sourire les passagers pressés, mais grinçait côté malien. Togola le sait. L’aéroport est une vitrine. Et ce qu’on y voit dit plus du pays que mille discours.

Sa lecture des chiffres est stratégique : moins d’avions, mais plus de passagers — preuve d’une rationalisation des flux —, plus de fret et surtout une explosion du courrier. En clair, le ciel malien n’est pas vide, il se densifie. Et lui entend transformer cette dynamique en arme de souveraineté.

La rigueur militaire appliquée au civil

Lassina Togola a des manières de chef d’état-major : discipline dans l’exécution budgétaire, anticipation des turbulences, objectif clair fixé au 31 décembre 2025 : tenir, et si possible dépasser, les promesses. Dans un Mali où la gestion publique est souvent synonyme de dérapage, cette rigueur sonne comme une rupture. On ne s’attend pas à ce que le colonel disserte sur la « gouvernance participative » — ce n’est pas son style —, mais plutôt à ce qu’il impose une méthode militaire à un secteur longtemps laissé au pilotage automatique.

Dans un pays enclavé, l’avion n’est pas un luxe. C’est une nécessité vitale. Commerce, diplomatie, tourisme, diaspora. Tout passe par ces pistes d’atterrissage. En faire des instruments de souveraineté, voilà le pari de Togola. À l’heure où le Sahel revendique son autonomie, quoi de plus symbolique qu’un aéroport qui fonctionne, qui accueille et qui inspire confiance ?

Bien sûr, les défis restent là : infrastructures vieillissantes, concurrence d’Abidjan ou de Lomé, aléas sécuritaires. Mais dans ce ciel-là, Togola montre que le Mali n’est pas condamné à l’escale.

Un colonel sur le tarmac de l’avenir

En refermant cette 72 ᵉ session, une impression domine : les Aéroports du Mali, hier parents pauvres de l’État, veulent redevenir une fierté nationale. Et Togola réussira son pari. Car il donne le sentiment que désormais, aux ADM, le pilote est bien dans le cockpit et qu’il a un cap.

Le reste ? Un peu d’ironie soudanesque suffit. Au Mali, les avions atterrissent peut-être moins souvent, mais les passagers sont plus nombreux. Et c’est peut-être ça, la meilleure définition de la Transition : moins de bruit, plus de monde à bord.

Chiencoro Diarra 

27 août 2025 0 comments
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Bassirou DIomaye Faye, président de la République du Sénégal.
A la UneÉconomie

Sénégal : vote historique des lois anticorruption de Diomaye Faye

by Chiencoro 27 août 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Le 25 août, l’Assemblée nationale sénégalaise a voté deux textes phares du vaste arsenal anticorruption voulu par Bassirou Diomaye Faye. Un geste politique fort, mais qui pose déjà une question : entre promesse de rupture et inertie des pratiques, la transparence peut-elle devenir une réalité au pays de la Teranga ?

L’image a valeur de symbole. Moins de seize mois après son arrivée au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye obtient enfin le vote de ses premières grandes réformes. L’Assemblée nationale, souvent accusée de complaisance envers les exécutifs successifs, a adopté le 25 août deux textes centraux de son programme : la refondation d’un Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) indépendant et l’instauration élargie de la déclaration obligatoire de patrimoine.

Une genèse politique

Dès son investiture en avril 2024, l’ancien prisonnier politique avait promis de moraliser la vie publique. Sa méthode : rompre avec l’impunité et la connivence. Après des mois de concertation avec la société civile et les corps de contrôle, quatre projets de loi furent ficelés puis adoptés en Conseil des ministres le 30 juillet 2025. Moins d’un mois plus tard, deux piliers sont gravés dans le marbre législatif.

L’OFNAC nouvelle version n’a plus rien d’un organisme décoratif. Accès direct aux données bancaires, pouvoir d’audition, possibilité de geler les avoirs suspects. Autant d’attributions qui font frémir certains barons de la République. Signe de rupture, ses douze membres seront désormais désignés par appel à candidatures pour un mandat unique de cinq ans, afin d’éviter la capture politique.

Patrimoine : la fin de l’ombre

La deuxième loi élargit considérablement le spectre des assujettis à la déclaration de patrimoine. Le seuil est abaissé de 1 milliard à 500 millions FCFA, et l’obligation s’étend désormais aux magistrats, chefs de juridictions, responsables des secteurs stratégiques (mines, hydrocarbures) et à tous les gestionnaires de budgets publics importants. Autrement dit, une partie de l’élite jusque-là à l’abri du regard public devra désormais rendre des comptes.

Pour Diomaye Faye, la bataille ne fait que commencer. La société civile, à commencer par le Forum Civil, exige que ces textes ne restent pas lettre morte. Car l’Afrique regorge de lois ambitieuses restées dans les tiroirs d’administrations complaisantes. Le Sénégal, lui, a la possibilité d’écrire un autre scénario : celui d’une démocratie qui se donne enfin les moyens de prévenir l’enrichissement illicite, de protéger les deniers publics et de restaurer la confiance dans ses institutions.

Le pari Diomaye

En votant ces lois, l’Assemblée a donné corps à une promesse de campagne. Mais l’essentiel reste devant : l’application. Car dans ce Sénégal où les scandales politico-financiers rythment les mandats, la transparence n’est pas une option morale, elle est une urgence politique.

La rupture proclamée par Bassirou Diomaye Faye sera jugée non pas à la beauté des textes, mais à la solidité de leur mise en œuvre. L’histoire dira si, à Dakar, la transparence restera un mot creux ou deviendra enfin une pratique quotidienne.

Chiencoro Diarra 

27 août 2025 0 comments
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Ministre de l'Economie et des FInances
A la UneÉconomie

SIGRH : suspension des salaires de 36 151 fonctionnaires non recensés

by Chiencoro 26 août 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Le 26 août, le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a annoncé la « suspension immédiate des salaires » de plus de 36 000 agents publics non enrôlés dans le SIGRH. Une décision prise sur instructions du Président de la Transition, le général Assimi Goïta, qui entend mettre fin à l’hémorragie financière provoquée par les « fonctionnaires fantômes ».

Le couperet est tombé. Par une circulaire datée du 26 août et adressée aux directeurs financiers, aux maires, aux gestionnaires d’institutions et aux responsables d’administrations, le ministre de l’Économie et des Finances a ordonné l’arrêt du paiement des salaires de 36 151 agents publics non recensés dans le cadre du recensement biométrique.

Ce processus, lancé dans le cadre du Système intégré de gestion des ressources humaines (SIGRH), avait permis de comptabiliser 158 317 agents de la fonction publique, dont seulement 122 166 ont répondu au contrôle biométrique. Résultat : une saignée estimée à 48,28 milliards de francs CFA par an, payés à des agents introuvables.

Double sanction : absents et doublons

Le communiqué ne s’arrête pas aux absents. Le ministère révèle aussi la découverte de cas de doublons parmi les agents enrôlés, certains avec, d’autres sans numéro d’identification nationale (NINA). Là encore, la sanction est claire : suspension des salaires jusqu’à clarification administrative.

« Il s’agit d’une suspension provisoire », précise le texte, qui accorde un délai de grâce de trois mois aux agents concernés. Passé ce délai, les suspensions deviendront définitives.

Cette décision traduit la fermeté du Chef de l’État, le Général Assimi Goïta. Dix jours après avoir reçu le rapport du SIGRH, il a instruit son gouvernement de passer à l’action, exigeant l’application stricte des recommandations. Le Premier ministre, Abdoulaye Maïga, lors d’une audience accordée par le président de la transition, le 25 août dernier, avait confirmé que des mesures sont en préparation et qu’elles allaient être rendues publiques « dans les prochains jours ».

Un signal fort

Dans un Mali où l’administration a longtemps toléré les fantômes de service, l’annonce a l’effet d’un électrochoc. En s’attaquant à un mal systémique, la Transition cherche à redonner crédibilité et discipline à l’État. Mais elle prend aussi un risque politique : celui d’affronter de front un système de connivences installé depuis des décennies.

En stoppant les salaires des absents et en traquant les doublons, Assimi Goïta veut démontrer qu’il ne gouverne pas par les armes, mais par la rigueur budgétaire. Pour lui, la lutte contre la corruption administrative est désormais une bataille aussi décisive que celle contre les jihadistes.

Le ministère de la refondation a mis au point un logiciel du SIGRH, développé localement et financé exclusivement par le budget national, et qui centralise les données biométriques, connecte les ministères, sécurise les salaires. À terme, même les concours d’entrée dans la fonction publique pourraient y passer.

Un outil souverain, que le président de la Transition présente comme le cœur de sa stratégie de refondation. « Nous disposons désormais d’un instrument capable d’instaurer une gouvernance saine et rigoureuse », a martelé Goïta, lors de la réception du rapport le 15 aout dernier.

Chiencoro Diarra 

26 août 2025 0 comments
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Armée ivoirienne
Sécurité

Difita endeuillée : la première attaque meurtrière en Côte d’Ivoire depuis 2021

by Sahel Tribune 26 août 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Quatre paysans tués, une femme brûlée vive, des cases en cendres. La nuit du 24 au 25 août, un hameau ivoirien s’est réveillé en champ de ruines. Officiellement, des « individus armés non identifiés ». Officieusement, la preuve qu’en Côte d’Ivoire, malgré les discours rassurants d’Abidjan et ses alliances occidentales, la menace jihadiste rôde toujours.

Le communiqué de l’armée ivoirienne se veut sec et factuel : quatre morts, un disparu, un bétail emporté, les assaillants en fuite. Mais derrière ces lignes sèches, Difita rejoint la longue liste des villages sahéliens martyrisés. Première attaque meurtrière depuis 2021 sur le sol ivoirien, l’événement sonne comme un rappel brutal : la frontière de 600 km avec le Burkina Faso n’est pas une ligne sur une carte, mais une plaie ouverte.

Un modèle sécuritaire en question

À Abidjan, on répète que « la situation est préoccupante, mais sous contrôle ». Formule rassurante, répétée à l’envi depuis 2020, date de l’attaque de Kafolo qui avait décimé une garnison entière. Depuis, la Côte d’Ivoire a multiplié les coopérations internationales, invité la France à rester son parapluie sécuritaire, lancé des programmes sociaux dans le Nord pour occuper la jeunesse. Résultat ? Difita est en cendres.

La vérité est plus crue : la dépendance à des partenariats déséquilibrés n’a jamais protégé un pays de la pluie des balles. L’armée ivoirienne est vaillante, mais elle reste corsetée dans une stratégie qui n’est pas la sienne.

AES : l’autre pari

À Ouagadougou, Bamako et Niamey, les dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont choisi une autre voie : souveraineté militaire, mobilisation populaire, partenariats débarrassés des complexes coloniaux. On peut ironiser sur la rhétorique martiale des autorités sahéliennes, mais force est de constater que leur réponse est de combattre l’ennemi sur le terrain, avec leurs propres règles.

Là où Abidjan continue de se blottir sous le parapluie occidental, ses voisins sahéliens ont décidé de marcher sous l’orage sans parapluie. Risqué, mais assumé. Et, surtout, porteur d’une idée qui séduit : celle d’une Afrique qui prend son destin en main.

Une leçon de Difita

Le drame de Difita n’est pas qu’un fait divers. C’est un révélateur. La Côte d’Ivoire est rattrapée par la même réalité que ses voisins. Le terrorisme ne s’arrête pas aux frontières, il s’y faufile. Et la souveraineté n’est pas un slogan de tribune, mais une stratégie de survie.

Abidjan a deux options : persister dans une sécurité sous-traitée à Paris et aux ONG, ou regarder du côté de l’AES, qui a fait de la souveraineté un étendard. Difita, petit hameau oublié du nord-est ivoirien, pose une grande question politique : faut-il rester sous tutelle ou apprendre à marcher seul, au risque de se mouiller ?

A.D

26 août 2025 0 comments
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Le capitaine Ibrahim Traoré et le Colonel Assimi GOÏTA
A la UneSécurité

Sommet d’Abuja : Mali et Burkina refusent-ils de siéger avec la CEDEAO ? 

by Sahel Tribune 26 août 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Alors que s’ouvrait à Abuja, du 25 au 27 août, une conférence militaire africaine sur la sécurité, le Mali et le Burkina Faso ont refusé d’y participer. Un geste interprété par certains comme une crispation, mais qui traduit en réalité la ligne claire de l’Alliance des États du Sahel (AES) à savoir ne plus se diluer dans les cénacles régionaux jugés inféodés aux agendas extérieurs, et affirmer leur propre stratégie souveraine de défense.

La capitale nigériane s’est transformée, le temps de trois jours, en grand carrefour militaire africain. Chefs d’état-major venus de tout le continent, promesses de « solutions locales » et appels à « une architecture sécuritaire dirigée par l’Afrique ». Dans ce décor solennel, deux absences ont fait grand bruit : celles du Mali et du Burkina Faso, tous deux membres de l’Alliance des États du Sahel, qui ont décliné l’invitation.

Officiellement, seul le Niger — représenté par son attaché de défense à Abuja — a pris part aux discussions. Mais Bamako et Ouagadougou avaient déjà donné le ton. Depuis leur retrait de la CEDEAO en janvier dernier, ces deux capitales n’entendent plus s’asseoir à des tables où les décisions, selon elles, sont influencées de l’extérieur.

Un choix politique assumé

À Abuja, le général Christopher Musa, chef d’état-major nigérian, a rappelé que « la véritable sécurité ne s’obtient pas dans l’isolement ». Une formule qui sonnait comme un reproche voilé à l’adresse des pays de l’AES. Mais pour Bamako et Ouagadougou, la véritable question est ailleurs : comment construire une sécurité crédible quand ceux qui organisent les sommets sont les mêmes qui, hier encore, menaçaient d’envoyer leurs troupes renverser des régimes voisins ?

Car au Sahel, la mémoire est tenace. En 2023, c’est bien sous l’égide du Nigeria que la CEDEAO avait brandi la menace d’une intervention armée contre Niamey. Et si la tempête diplomatique s’est depuis apaisée, l’épisode a scellé une conviction à Bamako comme à Ouagadougou : la sécurité sahélienne ne se décrète pas depuis Abuja, Accra ou Abidjan, elle se construit sur le terrain, dans le sang versé face aux jihadistes.

AES : une autre voie

Pour les trois pays sahéliens, la création de l’AES en septembre 2023 est plus qu’une alliance militaire; c’est une déclaration d’indépendance. Refuser Abuja, ce n’est pas s’isoler, mais marquer une différence. Là où certains prônent la coopération régionale sous bannière CEDEAO — perçue comme le prolongement de vieilles tutelles —, le Mali, le Burkina et le Niger revendiquent une logique de souveraineté, quitte à s’attirer les critiques.

Leur credo : s’appuyer d’abord sur les forces nationales, sur la mobilisation populaire et sur des partenariats choisis — Moscou, Ankara, voire Téhéran — pour bâtir une défense débarrassée des agendas extérieurs.

Le symbole d’Abuja

Difita, Gao, Djibo ou Tillabéri : sur le terrain, la guerre continue. Mais sur le plan politique, l’absence de Bamako et Ouagadougou à Abuja envoie un signal. L’AES ne veut plus être spectatrice dans des conférences où l’on parle en son nom, mais actrice d’un destin commun forgé par ceux qui paient le prix fort de la guerre contre le terrorisme.

Au-delà des formules diplomatiques, la fracture est nette. D’un côté, une CEDEAO sous parapluie occidental, cherchant encore à se poser en garante de la stabilité. De l’autre, une AES qui, au nom de la souveraineté, préfère l’action au terrain des palabres.

Dans ce bras de fer silencieux, le rendez-vous d’Abuja restera comme une illustration. Parfois, l’absence en dit plus long que tous les discours.

A.D

26 août 2025 0 comments
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