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Mikailou Cisse
ActuAnalyses

Tribune. Pénurie de carburant : la crise qui révèle la maturité du Mali Kura

by Mikailou Cissé 21 octobre 2025
written by Mikailou Cissé 3 minutes read

Alors que le Mali, comme d’autres pays de part et d’autre le monde, fait face à une pénurie de carburant qui paralyse la vie économique et sociale, Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au secondaire, signe une tribune dans les colonnes de Sahel Tribune. Entre urgence énergétique et impératif souverain, il appelle à une gouvernance de discernement, où la force publique se conjugue à la justice, et où chaque litre de carburant devient symbole de dignité nationale.

La pénurie du carburant s’est muée en une crise aux ramifications profondes. Elle touche la vie quotidienne, paralyse l’économie, perturbe la sécurité. Depuis plusieurs semaines, au Mali comme d’autres pays dans le monde, les files s’allongent devant les stations-service. Cette pénurie ne se limite plus à une difficulté d’approvisionnement; elle bloque le transport, ralentit le commerce, freine les chaînes humanitaires et fragilise les zones rurales déjà vulnérables. Le carburant n’est pas une simple marchandise — il est l’énergie vitale qui relie les villages aux marchés, les campagnes aux villes, les forces armées à la nation. Son absence devient alors une asphyxie sociale autant qu’économique.

Le principe du discernement 

Cette crise met en lumière une vérité essentielle : gouverner, c’est arbitrer entre l’urgence vitale et l’enjeu secondaire. La maxime « Au peuple, le souffle ; aux ennemis, le blocus ; à l’État, le discernement » dessine à elle seule une doctrine d’action — morale, stratégique et politique. Elle rappelle les priorités de toute gouvernance souveraine : protéger la vie du peuple, contenir l’adversaire, et agir avec intelligence d’État. Il ne s’agit pas seulement de livrer du carburant, mais de garantir la justice dans sa distribution.

Le discernement, pour être opérant, suppose des principes d’action clairs. Il faut d’abord sécuriser les axes vitaux pour permettre l’acheminement du carburant vers les centres urbains, les sites industriels et les zones enclavées. Ensuite, neutraliser les réseaux illégaux sans pénaliser les citoyens. Enfin, mobiliser les moyens militaires et logistiques afin d’assurer la protection des convois et de garantir une distribution conforme à la loi.

Une distribution selon la loi 

Les grandes entreprises disposant de logistiques robustes — souvent mieux structurées que l’administration — doivent être intégrées dans un cadre public et transparent. Leur concours, encadré par l’État, permettrait la création de points de distribution décentralisés, réduisant ainsi la dépendance aux circuits longs. Mais cette collaboration ne saurait être sans garde-fous. La loi doit prévoir des mesures exceptionnelles, telles que la réquisition temporaire, assorties de garanties contre toute dérive.

Pour autant, la force publique ne doit jamais devenir instrument d’étouffement ou d’arbitraire. Militariser la distribution n’a de sens qu’adossé à une supervision civile et à un contrôle démocratique rigoureux. Des audits indépendants et des voies de recours citoyennes renforceraient la confiance, empêchant que la crise ne serve de prétexte à l’abus. Gouverner, c’est protéger — mais c’est aussi répondre et rendre compte.

Une pénurie qui ouvre une fenêtre d’opportunité

Cette pénurie révèle les fragilités de l’État : lenteurs bureaucratiques, dépendance logistique, pratiques de corruption locales. Mais elle ouvre aussi une fenêtre d’opportunité. Réorganiser la distribution, réduire les intermédiaires, responsabiliser les collectivités territoriales : autant de pas concrets vers une souveraineté énergétique réelle, enracinée dans les réalités du pays.

Car la souveraineté ne se mesure pas à la contrainte exercée, mais à la capacité de faire circuler le souffle vital du pays — cette énergie qui relie, nourrit et soutient. C’est ainsi que se bâtit la résilience au Sahel : par la lucidité des dirigeants, la vigilance du peuple et la justice des choix publics.

Mikailou Cissé 

21 octobre 2025 0 comments
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Un mécanicien en activité
Économie

Lutte contre le chômage : plus de 105 000 emplois créés en dix-huit mois

by Sidi Modibo Coulibaly 21 octobre 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

La dignité d’une personne se trouve dans l’exercice d’un emploi le permettant de ne pas dépendre de quelqu’un et de subvenir à ses principaux besoins. C’est pourquoi la quête d’emploi est de plus en plus le souci permanent des hommes, surtout des jeunes. Cette quête est valable sous tous les cieux. Préoccupées par cette situation, les autorités maliennes viennent de publier les efforts qu’elles ont consentis pour la création d’emplois.

C’était à la faveur de la session du conseil des ministres du mercredi 10 septembre 2025. D’après le communiqué qui en est ressorti, le ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle a informé le Conseil des ministres des créations et des pertes d’emplois enregistrées en 2024 et au premier semestre 2025. « Conformément à sa mission de collecte, de traitement, d’analyse et de diffusion des données statistiques sur le marché du travail, l’Observatoire national de l’Emploi et de la Formation réalise un suivi trimestriel des créations d’emplois effectuées par le secteur public et le secteur privé. » peut-on lire dans le communiqué. 

Ainsi, les données recueillies font ressortir que le secteur public et le secteur privé ont créé respectivement 32 019 et 32 292 emplois courant l’année 2024 ; 25 939 et 14 962 emplois au 1er semestre 2025. En récapitulant, il s’agit de 64 311 créés en 2024 (12 mois) et, 40 901 dans le premier semestre de l’année 2025. Ce qui fait un total de 105 212 emplois créés en dix-huit (18) mois. Cette performance peut sembler invraisemblable. Mais en prenant connaissance des normes internationales de qualification en emploi de telle ou telle activité, l’on peut comprendre.

Qu’appelle-t-on un emploi ?

Selon le BIT (Bureau International du Travail) qui assure le secrétariat permanent de l’organisation internationale du travail (OIT), pour être considéré comme chômeur, il faut remplir simultanément trois conditions : ne pas avoir travaillé, même pas une seule heure, durant la semaine de référence ; être disponible pour commencer un emploi dans un délai court (généralement deux semaines) ; avoir activement cherché un emploi au cours des quatre dernières semaines (candidatures, consultations d’annonces, démarches concrètes, etc.) 

En plus, quand un enquêteur sur le chômage se présente chez quelqu’un, il lui pose la question suivante : « Au cours des 7 derniers jours, avez-vous travaillé ? Ne serait-ce qu’une seule heure, en échange d’une rémunération ? » Dès que l’enquêté répond par l’affirmative, il n’est plus considéré comme un chômeur. En appliquant cette norme et les critères du BIT, le taux de chômage est, selon le ministre de l’Économie et des Finances, passé de 6,5 % en 2022 à 3,5 % en 2024 alors que le taux moyen dans la sous-région ouest-africaine est de 6,5 %. Ce taux pourrait même être plus bas si l’on prend en considération les nombreux emplois informels. À titre d’exemple, l’introduction récente des moto-taxis ainsi que la pratique de l’orpaillage traditionnel ont créé des milliers d’emplois informels.

Des milliers d’emplois formels en cours

En plus de ces emplois déjà acquis, on peut dire qu’il y a beaucoup d’emplois qui sont sur le point d’être pourvus tant dans le secteur public que dans le privé. Dans le secteur public, on peut citer, entre autres, le vaste programme de recrutement dans les rangs des forces de sécurité. En effet, un communiqué daté du 12 juin 2025 annonce le recrutement de 2000 policiers et de 1000 agents de la protection civile (sapeurs-pompiers). En sus, plusieurs concours de recrutement dans le secteur public sont en cours tels que pour ceux des auditeurs de justice de l’ordre judiciaire et de l’ordre administratif. 

Dans le secteur privé, on peut évoquer, entre autres, le cas de la compagnie minière B2GOLD qui a annoncé la création prochaine de 2000 emplois. Cette annonce a été faite à l’issue d’une audience que le Premier ministre avait accordée, le 23 juillet 2025, au vice-président de B2GOLD, Bill Lytle. Auparavant, à l’occasion du lancement officiel de la construction de la raffinerie d’or, il a été dit que cette structure créera 500 emplois directs et 2000 emplois indirects. 

Cependant, il faut noter que parallèlement à la création d’emplois, l’observatoire national de l’emploi a recensé des milliers de pertes d’emploi sur la même période. Les pertes enregistrées s’élèvent à 3 619 emplois pour 2024 et 2 037 emplois pour le 1er semestre 2025.

Sidi Modibo Coulibaly

21 octobre 2025 0 comments
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Les auditeurs reçus à Koulouba
A la UneÉconomie

À Bamako, la transparence prend ses quartiers : l’Afrique de l’Ouest en conclave sur l’audit interne

by Sahel Tribune 21 octobre 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Sous le sceau de la rigueur et de la transparence, le président de la Transition, le général Assimi Goïta, a reçu au palais de Koulouba, le vendredi 17 octobre 2025, une délégation de l’Union des Instituts d’Audit interne de l’Afrique de l’Ouest. À travers cette rencontre, en marge des 3ᵉ Journées ouest-africaines de l’audit interne, Bamako s’impose comme l’un des nouveaux pôles africains du contrôle public et de la gouvernance responsable. Loin d’un simple exercice protocolaire, cette audience traduit la volonté du Mali de faire de la bonne gouvernance non plus un slogan, mais une pratique souveraine et stratégique.

Dans un contexte continental où la transparence est devenue un mot d’ordre politique autant qu’un instrument de souveraineté, le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a reçu le vendredi 17 octobre 2025, une délégation de l’Union des Instituts d’Audit Interne de l’Afrique de l’Ouest (UAI-AO). Une rencontre tenue au palais de Koulouba, en marge de la 3ᵉ édition des Journées ouest-africaines de l’audit interne, accueillie cette année à Bamako, du 16 au 17 octobre.

« L’audit n’est pas un instrument de suspicion »

Derrière l’apparente technicité du sujet, l’enjeu est politique. Car en acceptant d’être parrain de cette édition régionale, le chef de l’État malien inscrit sa démarche dans la logique de la refondation morale et institutionnelle du Mali Kura, fondée sur la rigueur, la redevabilité et la gestion vertueuse des affaires publiques.

Conduite par le ministre du Commerce et de l’Industrie, Moussa Alassane Diallo, la délégation comprenait les principales figures du contrôle et de la gouvernance financière de la sous-région.

À l’issue de l’audience, Mme Traoré Hawaly Koné, présidente de l’Association des Contrôleurs, Inspecteurs et Auditeurs du Mali (ACIAM), a salué « l’attention personnelle du Président à la question de la transparence et de la bonne gouvernance. » Elle a saisi l’occasion pour rappeler que « l’audit n’est pas un instrument de suspicion, mais de performance, un levier essentiel pour des institutions fortes et responsables. »

Ancrer la gouvernance publique dans la reddition des comptes

L’Union, qui regroupe dix pays membres — les huit de l’UEMOA, plus la Guinée et la Mauritanie —, vise à renforcer la culture du contrôle et la compétence professionnelle dans les administrations et entreprises publiques ou privées. Ces Journées ouest-africaines de l’audit interne, expliquait Mme Koné, ont vocation à être « un espace de dialogue et de perfectionnement professionnel, mais aussi un outil d’intégration régionale par la transparence ».

Sous la Transition, le Mali a fait de la rigueur budgétaire et de la lutte contre la corruption un pilier de sa refondation. Dans le sillage des réformes économiques et institutionnelles initiées depuis 2022, Bamako affiche désormais la volonté d’ancrer la gouvernance publique dans la reddition des comptes. Et c’est ce message que le président Goïta a tenu à adresser, en recevant personnellement les représentants de l’audit ouest-africain : celui d’un Mali exemplaire, souverain, mais transparent.

L’audit interne, une arme stratégique de souveraineté et d’efficacité

«Promouvoir la pratique professionnelle de l’audit interne, c’est garantir la performance des organisations et la bonne gestion des ressources publiques », a expliqué Mme Koné, avant d’annoncer la tenue de la prochaine édition au Togo, en octobre 2026.

Bamako se positionne donc comme un pôle régional de réflexion sur la gouvernance, à l’heure où de nombreux États africains redécouvrent les vertus d’un contrôle autonome de leurs finances publiques.

À travers cet engagement, le chef de l’État indique donc que dans le Mali Kura, l’audit n’est plus un simple outil administratif, mais une arme stratégique de souveraineté et d’efficacité.

A.D

21 octobre 2025 0 comments
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Guerre psychologique
Sécurité

Face aux défaites, le JNIM se réfugie dans la désinformation et la guerre psychologique

by Sahel Tribune 20 octobre 2025
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Alors que le porte-parole du JNIM tente, Bina Diarra, dans deux nouvelles vidéos, publiées le 17 octobre 2025, d’imposer ses diktats non seulement à la société Diarra Transport mais aussi à l’État malien sous couvert de « pardon » et de « charia », il est important de faire voir derrière ces sorties sur les réseaux sociaux, une opération de propagande et de manipulation psychologique. À court d’arguments militaires, le groupe terroriste cherche désormais à semer la peur, à diviser les communautés et à affaiblir la confiance entre l’État et les citoyens. Mais le Mali, uni et lucide, ne se laissera pas piéger. La souveraineté ne se négocie pas avec les marchands de chaos.

Depuis vendredi 17 octobre 2025, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux et dans certaines messageries privées tentent de relayer les propos de Bina Diarra, se présentant comme « porte-parole du JNIM », un groupe terroriste affilié à Al-Qaïda. Sous des airs de prêche et de dialogue, cette communication n’est rien d’autre qu’une opération psychologique soigneusement calibrée, visant à tromper l’opinion, diviser la société et semer la peur dans un moment où le Mali consolide sa stabilité.

La stratégie du JNIM : séduire pour diviser

Les propos de Bina Diarra n’ont rien d’une main tendue ni d’une déclaration de paix. Ils s’inscrivent dans une logique de manipulation narrative, typique des organisations terroristes acculées. Les groupes armés terroristes ont mordu la poussière dans la guerre malsaine qu’ils ont imposés au Mali avec le soutien de leurs sponsors étatiques étrangers. Le sahel, notamment le Mali, est victime d’une guerre par procuration basée sur le chaos contrôlé mené par les groupes armés terroristes pour le compte des sponsors occidentaux. Dans leurs derniers gestes désespérés, l’objectif n’est plus de combattre militairement, mais de tenter de gagner la guerre psychologique en essayant de paraître légitimes, moralement supérieurs, ou en quête de justice.

En déclarant avoir « pardonné » la société Diarra Transport ou en imposant des conditions aussi absurdes que « le port obligatoire du voile pour toutes les femmes », le JNIM tente une fois de plus d’imposer son idéologie à travers la peur et la culpabilité, sous couvert d’un discours religieux.

Mais une question demeure : par quelle voie cette société de transport a-t-elle pu entrer en contact avec un groupe terroriste, sans passer par les autorités compétentes de l’État, qui étaient pourtant les seules habilitées à lui apporter assistance et protection ? Faut-il voir dans cette démarche une forme de complicité tacite ou une mise en scène maladroite, destinée à donner l’impression d’un soulagement retrouvé ?

Quoi qu’il en soit, l’État n’a pas dit son dernier mot. L’intensification récente des opérations de sécurisation et d’escorte en témoigne clairement.

Tout semble indiquer que la société a bel et bien communiqué avec le JNIM. Au lieu de publier un démenti formel, la direction de Diarra Transport s’est contentée d’un bref message annonçant la reprise de ses activités dès le lundi suivant. Une vidéo de réjouissance a même été diffusée avant d’être précipitamment retirée, le mal était déjà fait. Ce geste a été perçu comme un véritable affront aux efforts de la République.

Ce que Diarra Transport doit comprendre, c’est que la déclaration du JNIM n’est nullement un signe de pardon, mais bien une tentative de récupération symbolique, visant à utiliser l’entreprise comme instrument de propagande.

Plutôt que de prêter le flanc à de telles manipulations, la société aurait gagné à s’unir aux autres acteurs du secteur, notamment les chauffeurs de citernes, pour soutenir l’État et contribuer à la résistance collective contre le terrorisme.

Une guerre des mots pour masquer la défaite militaire

Depuis le début de la Transition dirigée par le général Assimi Goïta, les Forces armées maliennes (FAMa) infligent des revers majeurs aux groupes terroristes dans plusieurs zones du centre et du nord du pays. Les bases sont démantelées, les réseaux logistiques coupés, et les populations autrefois terrorisées commencent à reprendre confiance. Il faut souligner également le retour de l’administration dans toutes les zones jadis sous contrôle terroriste. 

Incapable de rivaliser sur le terrain, le JNIM tente aujourd’hui de se replier sur le champ symbolique et psychologique. Les vidéos de Bina Diarra ne sont pas des messages politiques. Ce sont des signaux de déroutes.

En utilisant des figures locales (donsos, commerçants, transporteurs), les terroristes cherchent à infiltrer la parole populaire pour créer la confusion. Ils veulent faire croire à une proximité avec le peuple, à une cause partagée. C’est une tactique classique de guerre asymétrique, où les civils sont transformés en boucliers ou en relais de discours pour briser le moral des populations.

L’art de la désinformation : la propagande travestie en dialogue

Les organisations terroristes ont compris l’importance des médias et des réseaux sociaux. Leur stratégie est désormais celle de la propagande déguisée en dialogue :

Ils emploient des termes comme « réconciliation », « pardon », « équité » pour juste tromper la vigilance. Aussi il s’agit de stratégies pour eux pour déplacer le débat du terrain militaire vers le terrain idéologique, là où l’émotion prime sur la raison. A travers ces méthodes, ils essaient de se présenter comme les garants d’une prétendue authenticité religieuse face à un État accusé d’être « laïc » ou « occidental ».

Ce récit, profondément propagandiste, ne vise pas à convaincre par la vérité, mais à fatiguer moralement les populations : faire douter, désorienter, décourager la résistance. Mais il y a un fait que Bina Diarra omet : aucune communauté malienne ne reconnaît le JNIM comme interlocuteur légitime. Les Maliens, toutes confessions confondues, ont fait le choix du vivre-ensemble, de la dignité et de la paix sous l’autorité de l’État.

La complicité des plateformes de réseaux sociaux 

Les réseaux sociaux, devenus les nouveaux champs de bataille de la guerre psychologique, portent une lourde responsabilité dans la diffusion des messages du JNIM. En laissant circuler, sans contrôle suffisant, des vidéos de propagande terroriste, ces plateformes deviennent les complices passifs d’une entreprise de manipulation et de déstabilisation. 

Sous couvert de liberté d’expression, elles offrent une tribune mondiale aux discours de haine. Ces plateformes amplifient ainsi la peur et brouillent la vérité. Chaque partage, chaque vue, chaque commentaire transforme ces réseaux en caisses de résonance du terrorisme numérique, où l’algorithme privilégie le choc et l’émotion au détriment de la sécurité et de la paix sociale. Laisser de telles vidéos proliférer, c’est trahir le principe même de responsabilité numérique et mettre en danger des sociétés déjà fragilisées par la désinformation et la violence symbolique. Les autorités maliennes de la transition devraient donc interpeler ces plateformes (Facebook, Tik Tok, YouTube, WhatsApp, etc), à travers une plainte ou tout au moins un dialogue afin qu’elles se désolidarisent de ces groupes terroristes à travers une régulation forte empêchant la diffusion de message de haine de ces groupes.

Le JNIM ne représente ni l’islam, ni le peuple, ni la justice. Il ne représente que la peur et la division. Derrière chaque mot de ses vidéos se cache une stratégie de désespoir, un effort ultime pour maintenir l’illusion d’un pouvoir perdu. Le Mali, lui, avance. Ses institutions se consolident, ses forces se renforcent, et sa jeunesse, consciente des enjeux, refuse désormais toute manipulation.

Le Mali ne pliera pas sous la peur. Il a déjà choisi sa voie, qui est celle de la souveraineté, de la vérité et de la vie.

A.D

20 octobre 2025 0 comments
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Mikailou Cisse professeur de philosophie au secondaire au Mali. 1
Analyses

Tribune | Mali : le pays qui a choisi de se tenir debout

by Mikailou Cissé 20 octobre 2025
written by Mikailou Cissé 4 minutes read

Dans cette tribune, Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au secondaire, signe un plaidoyer pour un Mali debout, maître de son destin et fidèle à son essence. Entre mémoire et modernité, il célèbre la diversité du pays, l’engagement de sa jeunesse et la loyauté de son armée, deux forces jumelles d’un même idéal : celui d’un Mali libre, multiple et souverain, résolu à inventer son avenir sans renier ses racines.

Sans littoral au sens propre, mais ouvert à tous les souffles du monde, le pays s’étend, vaste comme une promesse, dense comme une histoire. Les pères fondateurs l’ont voulu grand, digne et souverain — non pas comme un mot gravé sur un drapeau, mais comme une résolution intime.

Sa terre et son sous-sol regorgent de richesses, mais sa vraie fortune réside ailleurs : dans le peuple, patient, laborieux, résilient. Dans la dignité têtue du quotidien.

Un pays tissé de diversités

Du Sahel poussiéreux aux artères surchauffées de Bamako, du chef coutumier au responsable d’État, le fil de l’autorité tisse une responsabilité commune. La liberté de l’individu s’y conjugue avec la puissance du collectif — non en opposition, mais en équilibre. Dans les marchés et sur les routes, au cœur des foyers, se mêlent échanges et récits : le commerce des biens devient commerce des âmes.

Le Mali est multiple. Et cette multiplicité, loin d’être une dispersion, est respiration. Elle est le pouls du pays. Chaque langue, chaque coutume, chaque croyance, chaque manière d’être y devient visage de la même patrie. Ce pays n’a jamais craint la diversité. Il en a fait sa force. C’est de cette mosaïque que naît la cohésion nationale, vivante et têtue, tenace parce qu’humaine.

L’armée, incarnation du peuple

Dans ce tissu de différences, l’armée se dresse comme un miroir.
Elle n’est pas un corps étranger greffé à la société. Elle est la chair du peuple. Fils de cultivateurs, de bergers, d’artisans ou d’enseignants, les soldats sont le visage même du pays — la République en uniforme.

Dans ses rangs se fondent la mémoire et la rigueur, la diversité et la discipline. L’armée n’est pas un simple rempart. Elle est une conscience.

À chaque crise, elle s’avance pour rétablir l’équilibre d’où jaillit la paix. Ses chefs imposent cette paix non comme un trophée, mais comme un devoir. Car ici, la paix ne se décrète pas : elle s’arrache au prix du courage et se conserve par la fidélité.

L’armée ne défend pas seulement un territoire. Elle protège une mémoire, une idée : celle d’un Mali debout.

La jeunesse, souffle et promesse

Cette unité vécue dans l’armée trouve son écho dans la jeunesse.
Elle aussi est multiple. Elle est la main de l’artisan et la voix de l’étudiant, la force des champs et le souffle des cités. Partout présente, partout inventive, elle relie les générations comme un fil de sève.

Parce qu’elle est diverse, elle sait unir ; parce qu’elle est vigoureuse, elle bâtit.
La paix véritable ne naît pas d’un seul geste : elle est l’œuvre lente et obstinée de la jeunesse.

La liberté, au Mali, n’est pas un luxe. Elle est une culture.
Elle se partage, s’exerce avec responsabilité.

La guerre éprouve la jeunesse et l’armée ; le commerce révèle l’ingéniosité du peuple. Sur les routes, dans les ateliers, au bord des rivières, s’écrivent chaque jour des récits d’endurance et de création. Ce pays ne se plaint pas. Il persiste.

Les fractures et l’espérance

Mais le Mali n’est pas qu’espérance. Il est aussi traversé de contradictions.
La vie urbaine, hyperconnectée, bouscule la sérénité ; la vie rurale, isolée, freine la circulation des idées. Ces tensions creusent parfois des fractures — entre jeunes et anciens, entre héritage et modernité.

L’éducation, imparfaite et inégale, est au cœur de ces tensions.
Les écoles déconnectées parfois des réalités locales forment des esprits déracinés ; les talibés et les élèves déscolarisés peinent à trouver leur place. L’influence étrangère — européenne ou arabe — façonne parfois des imaginaires en rupture avec le vécu local. L’école, censée unir, devient alors fracture. Et pourtant, c’est par elle que la paix peut se reconstruire.

La paix, un art collectif

Ici, la paix n’est pas un état figé. Elle est discipline et apprentissage.
Quand la société vacille, c’est vers le terrain commun — le commerce, la parole, le respect des institutions — que revient l’espoir. La paix se cultive dans l’effort partagé.

L’armée et la jeunesse, deux forces, deux symboles : la stabilité et le renouveau. L’une protège, l’autre bâtit. Ensemble, elles assurent la continuité du pays. Car le Mali, riche de sa diversité et fort de sa jeunesse engagée, se tient debout.
Souverain, indomptable, libre — non pas par hasard, mais par choix.
Le choix de la persévérance. Le choix de la responsabilité. Le choix d’un avenir qui se conquiert autant qu’il se rêve.

Mikaïlou Cissé

20 octobre 2025 0 comments
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mine de lithium de Goulamina
A la UneÉconomie

Bougouni : départ du premier convoi de spodumène de lithium

by Chiencoro 20 octobre 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

À Bougouni, dans le sud du Mali, les premiers camions chargés de concentré de spodumène ont quitté le site minier en direction du port ivoirien de San Pedro. Derrière cette opération logistique, un symbole fort : celui d’un Mali qui entre de plain-pied dans l’économie mondiale du lithium, ce métal devenu l’or blanc de la transition énergétique. Avec le projet mené par Kodal Minerals et son partenaire Hainan Mining, le pays amorce une nouvelle ère — celle d’une souveraineté minière assumée et d’un repositionnement stratégique dans le concert des nations productrices de matières critiques.

C’est une image qui restera dans l’histoire industrielle du Mali : ce lundi 20 octobre 2025, indiqué Kodal Minerals dans un communiqué, les premiers camions chargés de concentré de spodumène ont quitté le site minier de Bougouni, dans le sud du pays, direction le port de San Pedro, en Côte d’Ivoire. Une étape décisive pour Kodal Minerals plc, le producteur ouest-africain de lithium coté à Londres, et son partenaire chinois Hainan Mining, filiale du groupe Fosun International.

Derrière cet acte logistique en apparence anodin se joue bien plus qu’un simple convoi minier. C’est le symbole d’un Mali qui transforme sa ressource en levier de souveraineté économique.

Une première exportation stratégique

Le convoi, composé de dizaines de poids lourds, transporte environ 30 000 tonnes de concentré de spodumène, premier lot d’une exportation attendue vers la Chine, principal marché mondial du lithium, selon un communiqué de Kodal Minerals, ce lundi 20 octobre 2025. À terme, 45 000 tonnes de minerai devraient rejoindre le port ivoirien pour être embarquées vers l’Asie.

Selon Bernard Aylward, PDG de Kodal Minerals, « cette étape concrétise des années de travail et marque le début d’une phase d’exportation régulière. Après la mise en service réussie de l’usine de séparation en milieu dense (DMS) et le traitement du minerai extrait à Ngoualana, nous entrons dans une phase de production stable et durable. »

Cette première expédition, qui devrait générer les premiers revenus dès le chargement au port de San Pedro, symbolise aussi le retour du Mali dans le cercle des acteurs majeurs du marché mondial du lithium, ce métal désormais surnommé « l’or blanc » de la transition énergétique.

Bougouni, moteur d’une ambition nationale

Situé à 180 km au sud de Bamako, le projet couvre une superficie de 350 km² dans le cœur du socle birimien ouest-africain. Conçu pour produire 125 000 tonnes par an de concentré de lithium (Li₂O) dès sa première phase, le site montera en puissance à 230 000 tonnes avec l’ouverture de la future unité de flottation prévue pour 2028.


L’exploitation est assurée par Les Mines de Lithium de Bougouni SA (LMLB), détenue à 49 % par Kodal Minerals et à 51 % par son partenaire malien, reflet d’un modèle de co-développement équilibré entre investisseurs étrangers et acteurs nationaux.

Pour Bamako, le lancement du transport marque aussi une victoire diplomatique et économiqu. C’est le fruit d’une stratégie d’ouverture vers de nouveaux partenaires, notamment asiatiques, dans un contexte de réorientation géopolitique majeure du pays.

Le Mali, nouvelle frontière du lithium africain

Avec Bougouni, le Mali se positionne désormais comme un futur pilier de la chaîne mondiale du lithium, aux côtés du Zimbabwe et de la Namibie. Le pays, longtemps dépendant de l’or, diversifie ainsi ses ressources et s’inscrit dans la nouvelle cartographie énergétique du continent.

Alors que la demande mondiale explose — portée par la production de batteries électriques et de technologies vertes —, le lithium malien offre une opportunité inédite de valorisation industrielle et de création d’emplois locaux.

Derrière les chiffres et les camions, c’est tout un symbole : celui d’un Mali qui choisit de transformer ses richesses en moteur de souveraineté, loin des schémas d’extraction à sens unique.

Le convoi parti de Bougouni n’emporte pas seulement du spodumène. Il transporte avec lui une idée — celle d’un Sahel productif, moderne et maître de ses ressources.

Chiencoro Diarra 

20 octobre 2025 0 comments
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Champ de riz
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Production de riz à Tombouctou : plus de 10 000 tonnes attendues à travers le PMPRT

by Sidi Modibo Coulibaly 20 octobre 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

Le Mali est le troisième producteur de riz en Afrique après le Nigéria et la Guinée. Il couvre environ 80 % de ses besoins en riz blanchi. Malgré cela, il importe du riz. Face à cette problématique, le gouvernement a élaboré son Programme national de mise à l’échelle du Système de Riziculture intensif (PN-SRI). Un aspect de la mise en œuvre de ce plan s’est concrétisé par le lancement du Projet de Mise en Valeur des Plaines rizicoles de Tombouctou (PMPRT).

C’était le 16 octobre 2025 dans le cadre de la visite du Premier ministre à Tombouctou. Le général de division Abdoulaye Maïga a donné le premier coup de pelle démarrant ainsi les activités du PMPRT qui couvre les plaines de Koriomé, Hamadia et Daye dans les communes de Tombouctou et Alafia. La mise en œuvre du PMPRT devrait remédier d’une part aux dégradations constatées sur le réseau hydraulique et d’autre part consolider les acquis du projet d’appui au développement rural des plaines de Daye, Hamadia et Koriomé exécuté entre 2001 et 2011. 

Il est financé par la Banque ouest-africaines de Développement (BOAD) à hauteur de 8 milliards de FCFA pour une période de 5 ans. Il ambitionne de produire 10 400 tonnes de riz et 2 500 tonnes de produits de maraichage. Il concernera 2 500 coopératives de producteurs et 15 000 exploitants. Les plaines rizicoles de Daye, Hamadia et Koriomé représentent le grenier de Tombouctou et jouent un rôle stratégique dans la sécurité alimentaire de la région.

En quoi consiste le système de riziculture intensif (SRI) ?

Le SRI est une méthode adaptée au changement climatique. Il offre un énorme potentiel pour intégrer des méthodes de culture adaptées au climat et écologiquement durables. Il s’avère être l’une des solutions fiables. En effet, les résultats de la recherche ont prouvé que le SRI est considéré comme une méthode innovante et intelligente face au changement climatique qui influence significativement les méthodes de culture conventionnelles du riz. 

En outre, le SRI permet d’augmenter la production tout en protégeant l’environnement grâce à une utilisation plus efficace des ressources et une réduction considérable de l’utilisation des produits chimiques. D’après le Premier ministre, les objectifs du SRI cadrent parfaitement avec le cadre de référence pour la politique de développement du Mali. Un cadre qui est constitué de la Vision « Mali Kura netaasira ka ben san 2063 ma » et la Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable 2024-2033. C’était à l’occasion de l’ouverture à Bamako, le 05 mai 2025, du « Forum régional sur la transformation vers des systèmes agricoles durables, partage d’expériences de mise à échelle, financement et institutionnalisation du système de riziculture intensif (PN-SRI) en Afrique de l’Ouest ». Un forum qui a regroupé treize (13) pays africains.

Le Mali a préparé le financement de son plan SRI

C’était le jeudi 17 avril 2025 à Bamako à travers un forum national. Au cours de ce forum, les experts maliens ont discuté de la mise en œuvre de la feuille de route de 10 ans initiée par le ministère de l’Agriculture avec l’appui de la coopération allemande (GIZ-Mali). Il est ressorti que la réalisation de cette feuille de route nécessitera un investissement total de 14,1 milliards de francs CFA. 

Le gouvernement s’engage à prendre en charge 60 % du budget et sollicite l’appui des partenaires techniques et financiers pour les 40 % restants. Avec cette mise en œuvre, les autorités envisagent d’augmenter la production locale de riz paddy de 83 %, à terme, pour atteindre 5,5 millions de tonnes, contre une récolte actuelle de 3 millions de tonnes. Cet objectif, s’il est atteint, devrait permettre au Mali de réduire considérablement sa dépendance aux importations, voire réaliser l’autosuffisance.

Signalons qu’il ressort des dernières projections formulées par le Département américain de l’Agriculture que le Mali devrait importer 420 000 tonnes de riz en 2025. Avec la mise en œuvre de son Programme national de mise à l’échelle du Système de Riziculture intensif (PN-SRI), le pays pourrait non seulement se libérer durablement de sa dépendance aux importations de riz, mais aussi positionner sa production excédentaire sur les marchés régionaux.

Sidi Modibo COULIBALY

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