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Financement du terrorisme au Mali.
A la UneÉconomie

Flux financiers illicites : le Burkina a perdu l’équivalent de 88 000 écoles en dix ans

by Chiencoro 30 août 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Près de 5 milliards de dollars évaporés en dix ans. L’étude commandée par l’ITIE -Burkina Faso, avec le soutien de la CNUCED, révèle l’ampleur des flux financiers illicites dans le secteur minier, au cœur de l’économie nationale. Entre or, zinc et fraude organisée, c’est un pan entier du potentiel de développement du pays qui s’est dissous dans les sables mouvants de l’opacité.

Au Burkina Faso, l’or n’est pas seulement une ressource. C’est une rente nationale, un instrument de survie budgétaire et une obsession politique. En 2023, le secteur minier pesait 14,8 % du PIB, plus de 75 % des exportations et 20 % des recettes publiques. Mais derrière ces chiffres triomphants se cache une réalité plus sombre : l’artisanat minier, mal encadré, produit jusqu’à 30 tonnes d’or par an sans contrôle sérieux, échappant aux radars fiscaux et alimentant les flux financiers illicites, selon le rapport ITIE.

Une hémorragie chiffrée

Les conclusions de l’étude sont implacables : 4,93 milliards de dollars (près de 2 775 milliards de FCFA) de flux illicites entre 2012 et 2021. L’or concentre 61 % de ce total, suivi du zinc avec 32 %. Derrière les chiffres, des pratiques bien connues : sous-facturation systématique, contrebande, exportations non déclarées, factures truquées, sociétés-écrans et comptoirs clandestins.

Les divergences mises à jour entre les déclarations d’exportation du Burkina et les données d’importation des pays partenaires, notamment via la base UN Comtrade, trahissent l’ampleur du phénomène. Une mission d’enquête menée aux Émirats arabes unis, destination clé de l’or burkinabè frauduleux, a confirmé le rôle central de Dubaï comme hub de la contrebande.

Les exemples abondent. En 2022, 39 cas de fraude liés au commerce de l’or ont été documentés par l’ITIE, tandis que les autorités saisissaient des lingots contrefaits d’une valeur de 15 millions de dollars. Une étude de la Brigade nationale anti-fraude de l’or (BNAF), en 2023, a montré comment corruption et insécurité se nourrissent mutuellement, transformant certaines zones minières en caisses noires pour les groupes armés, précise le même document.

Ce qui aurait pu être…

Les 4,93 milliards disparus laissent songeurs : de quoi bâtir 88 589 écoles ou 15 867 centres de santé. À l’heure où l’État peine à financer ses dépenses sociales, ces chiffres donnent la mesure du manque à gagner.

Pour colmater la brèche, l’étude propose un arsenal de réformes :

  • formaliser l’exploitation artisanale, en attribuant des zones minières dédiées ;
  • digitaliser les titres miniers et la collecte des taxes ;
  • créer une structure autonome de surveillance du secteur ;
  • renforcer le partage de données entre douanes, fisc, mines et sécurité ;
  • intégrer une typologie des fraudes dans les rapports ITIE et promouvoir la redevabilité.

Le gouvernement, qui a inscrit la lutte contre les flux financiers illicites dans son agenda sécuritaire et économique, promet d’agir. Un plan d’action quinquennal est déjà lancé pour suivre les coûts et les acteurs des projets miniers.

L’enjeu de la souveraineté

Au-delà de la technique, c’est une bataille politique. L’or du Burkina finance aujourd’hui autant les caisses de l’État que celles des réseaux criminels. Le choix est simple : soit les milliards continuent de filer vers Dubaï et d’autres paradis opaques, soit ils sont réinvestis dans les écoles, les routes et les hôpitaux.

L’étude de l’ITIE et de la CNUCED met le pays devant son miroir : la richesse minière peut être une chance historique, ou une malédiction aggravant l’insécurité et la pauvreté. À Ouagadougou, le temps des rapports est passé ; celui des actes ne peut plus attendre.

Chiencoro Diarra 

30 août 2025 0 comments
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Sortie de la 4ème promotion de l'école de guerre
A la UneSécurité

AES : Bamako consacre la première promotion sahélienne de l’École de guerre

by Chiencoro 29 août 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Sortie de la 4 ᵉ promotion de l’École de guerre du Mali : une cérémonie solennelle, parrainée par le ministre de la Défense Sadio Camara, qui a ressemblé moins à un défilé académique qu’à une déclaration politique. Dans le Sahel en recomposition, l’institution s’affirme comme un levier doctrinal de l’Alliance des États du Sahel (AES).

La scène aurait plu à Modibo Keïta. Des officiers maliens, burkinabè et nigériens, réunis sous les drapeaux à Bamako, pour recevoir leur Brevet d’enseignement militaire supérieur de second degré, d’insignes et le Master en stratégie de défense, de sécurité et de développement. Cette 4 ᵉ promotion, baptisée AES, est tout sauf un hasard. Elle dit l’ambition d’un espace en quête d’autonomie, là où, hier encore, les élites militaires du Sahel n’avaient d’autre horizon que Paris, Moscou ou Ankara.

Montée des couleurs, discours calibrés, hymnes : le rituel est connu. Mais le message, lui, est nouveau. « Former chez nous, pour nous », a rappelé le chef d’état-major général des armées, le général Oumar Diarra. La formule, gaullienne dans l’esprit, tranche avec une époque pas si lointaine où l’on sous-traitait encore à l’étranger la pensée stratégique africaine.

AES, une école dans l’école

Quinze officiers maliens, cinq burkinabè, cinq nigériens. Voilà pour la composition. Mais derrière les chiffres, c’est la concrétisation, en salle de classe comme sur le terrain, de cette alliance sahélienne, créée à travers la Charte du Liptako Gourma en septembre 2023, qui veut tourner la page des tutelles extérieures. On ne disserte plus seulement sur Clausewitz ou Sun Tzu, mais sur l’expérience des guerres asymétriques de Mopti, Kidal et Tillabéri.

La conférence inaugurale sur la défense collective au sein de l’AES, animée conjointement par les centres stratégiques des trois pays, ressemblait à un manifeste : penser ensemble, agir ensemble, bâtir ensemble. Comme si cette école militaire, discrète mais ambitieuse, devenait le creuset doctrinal d’une confédération naissante.

Du factuel au symbolique

Le commandant de l’École, le général Oumar Dao, a présenté un bilan « globalement satisfaisant » : l’atteinte des objectifs académiques, progression « remarquable » des auditeurs, partenariats consolidés avec le Maroc, le Nigeria, la Chine et même l’Allemagne. À l’entendre, l’École de guerre n’est plus seulement une salle de cours : c’est un laboratoire de gouvernance de crise, où officiers et élèves fonctionnaires de l’ENA se sont frottés aux simulations de catastrophes.

Là où l’on formait jadis des bataillons entiers à l’art de la contre-insurrection importée, voilà qu’une institution bamakoise invente une doctrine endogène, adaptée, enracinée.

Souveraineté, le maître-mot

Dans son discours, le général Diarra a rappelé l’essentiel : « Il ne suffit plus d’être courageux au combat, il faut être lucide. » Autrement dit, le temps du seul héroïsme est révolu. Place à la stratégie, à la pensée, à l’anticipation. Un discours qui aurait pu sortir de la bouche d’un Senghor dans ses envolées panafricanistes, mais qui prend ici une dimension toute sahélienne.

La remise des prix d’excellence — un burkinabè pour la recherche, un malien pour l’opérationnel, un nigérien pour l’académique — a donné à la cérémonie des airs de vitrine régionale. Une mini-ONU militaire du Sahel, en uniforme, mais avec l’ambition de faire de l’École de guerre le poumon doctrinal de l’AES.

Photo de famille, insignes remis, sourires figés. Mais derrière le protocole, le constat d’un Mali qui ne veut plus importer ses stratèges, il veut les fabriquer. Et si cette 4 ᵉ promotion est un jalon, la prochaine s’annonce déjà plus large, ouverte à d’autres pays africains.

Un pied dans l’histoire, un autre dans l’avenir, l’École de guerre du Mali s’impose peu à peu comme ce que l’ENA fut pour la France des Trente Glorieuses : une fabrique d’élites, mais ici au service de la souveraineté sahélienne.

Chiencoro Diarra 

29 août 2025 0 comments
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Des femmes en formations
Économie

Irrégularités administratives et financières : le FAFE dans la tourmente

by Sahel Tribune 29 août 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Un milliard de francs CFA mobilisés, des projets pour les femmes et les enfants dans tout le pays… mais aussi des irrégularités administratives et financières de plus de 50 millions. Dans son rapport 2022-2025, le Vérificateur général épingle la gestion du Fonds d’Appui à l’Autonomisation de la Femme et à l’Épanouissement de l’Enfant (FAFE). Ce qui révèle les failles d’un dispositif pourtant vital pour l’avenir social du Mali.

Derrière l’acronyme lisse, FAFE — Fonds d’Appui à l’Autonomisation de la Femme et à l’Épanouissement de l’Enfant — se cache une ambition immense : donner aux femmes et aux enfants du Mali des leviers économiques et sociaux pour briser le cercle de la pauvreté. Créé en 2012, rattaché au ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, il devait être l’instrument phare de la politique genre et jeunesse. Mais voilà que le rapport publié en août 2025 par le Bureau du Vérificateur général (BVG) dresse un tableau contrasté, entre acquis tangibles et dérives préoccupantes.

Les chiffres d’abord

Sur la période 2022-2025 (au 31 janvier), le FAFE a mobilisé plus d’un milliard de francs CFA, dont 888 millions provenant du budget national et 134 millions des partenaires techniques et financiers. Dix-neuf ONG ont été sélectionnées pour déployer ces ressources dans onze régions du pays, de Kayes à Kidal en passant par Bamako. Objectifs : financer l’entrepreneuriat féminin, renforcer le leadership politique des femmes, et accompagner la réinsertion des enfants en difficulté.

Les ombres au tableau

Mais le Vérificateur général pointe des irrégularités administratives. Un Comité de pilotage qui ne s’est réuni que deux fois en trois ans au lieu des six sessions prévues, une Cellule technique qui s’arroge la sélection des fournisseurs à la place des ONG, et l’absence d’évaluations à mi-parcours des projets. Autant de manquements qui fragilisent la transparence et le suivi des actions.

S’y ajoutent des irrégularités financières évaluées à 50,6 millions de francs CFA. En cause : des marchés non enregistrés au fisc, régularisés partiellement, et surtout un dépôt à terme (DAT) de 50 millions de francs CFA consentis en 2022 au SFD Nyogondeme Soba qui n’a pas été remboursé à échéance en septembre 2024. Pire, les intérêts annuels dus (3,5 %) et les pénalités de retard n’ont pas été intégralement acquittés. Le BVG a saisi le procureur du Pôle économique et financier, indique-t-on dans le rapport.

Entre ambitions et réalités

Le rapport n’est pourtant pas qu’un réquisitoire. Il rappelle l’importance stratégique du FAFE dans un pays où les femmes représentent plus de la moitié de la population active et où les enfants constituent l’avenir d’une nation sous pression démographique. Des centaines de projets financés dans les régions rurales, des formations dispensées, des initiatives économiques accompagnées témoignent que le mécanisme peut fonctionner, à condition de corriger ses failles de gouvernance.

Le Vérificateur recommande la tenue régulière des sessions du Comité de pilotage, le respect des procédures de passation par les ONG, et des évaluations systématiques en cours de convention. En clair, il s’agit de remettre de la rigueur dans la gestion pour restaurer la confiance des partenaires et éviter que les fonds destinés aux plus vulnérables ne se diluent dans les sables du clientélisme ou de la négligence.

Un test politique

Au-delà du FAFE, ce rapport s’inscrit dans le chantier plus vaste de la refondation de l’État malien. À l’heure où Bamako proclame haut et fort sa volonté de souveraineté et d’autonomie, la transparence dans l’utilisation des ressources publiques devient un test de crédibilité, tant vis-à-vis des citoyens que des bailleurs internationaux. Le dossier du FAFE, par son objet — femmes et enfants — est hautement symbolique. Il incarne l’avenir social du pays.

Le Mali avance sur un fil : entre l’affirmation de politiques sociales ambitieuses et la persistance de pratiques administratives défaillantes. Le rapport du Vérificateur général, par sa précision et sa sévérité, n’est pas seulement un diagnostic technique; il sonne comme une alerte politique. 

A.D

29 août 2025 0 comments
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Remise du rapport du CINSERE-FNR
A la UnePolitique

Mali : le rapport qui mesure la refondation au millimètre près

by Chiencoro 29 août 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

En recevant, le 28 août, le troisième rapport annuel du Comité de suivi-évaluation des recommandations des Forums de la Refondation, le président Assimi Goïta a voulu montrer que derrière les chiffres et les indicateurs, c’est un projet politique qui se déploie, celui d’un Mali nouveau, plus transparent et plus souverain.

Ce n’était pas une cérémonie de plus dans l’agenda protocolaire d’Assimi Goïta. Ce jeudi 28 août, au Palais de Koulouba, le président de la Transition a reçu le 3ᵉ rapport annuel du Comité indépendant de suivi-évaluation (CINSERE-FNR). 

Un héritage devenu boussole

Le coordinateur général du comité, Amadou Tiéoulé Diarra, a rappelé le point de départ : les Assises nationales de la Refondation d’octobre-décembre 2021, voulues par Goïta. Elles avaient donné la parole à toutes les couches du pays, du paysan de Koutiala à l’universitaire de Bamako, en passant par la diaspora. Trois ans plus tard, le rapport s’appuie sur 517 recommandations, classées entre prioritaires, complémentaires et non prioritaires, et suivies par 1 340 indicateurs.

Le tableau est parlant : au 31 décembre 2024, 72 recommandations totalement exécutées, 315 en cours, soit un taux d’avancement de 74,85 %. Une précision quasi comptable, à laquelle le président tient, lui qui a fait de la redevabilité un étendard.

Les réalisations concrètes

Là encore, le rapport ne se limite pas à des intentions. Parmi les réalisations citées figurent la mise en service d’unités de dialyse, l’équipement en panneaux solaires de centres de santé et d’hôpitaux, la construction de plus de 400 forages en zones rurales et urbaines. Autant de symboles d’un État qui tente de reprendre pied dans la vie quotidienne des Maliens.

Le CINSERE-FNR a aussi multiplié les rencontres avec les populations, en ville comme dans les villages, pour écouter ce qui revient sans cesse : la soif d’eau potable, l’accès aux services de base, les papiers d’état civil pour les citoyens… et la reconnaissance de la diaspora.

Un État qui se numérise

L’autre axe mis en avant est la transformation numérique de l’administration : interconnexion des services, transparence accrue, lutte contre les lenteurs bureaucratiques. Une rupture culturelle dans un pays où la paperasse a longtemps été un fardeau et un prétexte à corruption.

Le rapport propose aussi de renforcer la coordination ministérielle via des Comités Techniques de Coordination (CTC) et salue la mise en route de la Vision 2063, ce document stratégique qui promet d’ancrer l’économie dans l’agriculture modernisée, l’industrialisation et l’exploitation raisonnée des ressources minières.

Goïta, arbitre et pédagogue

En recevant le rapport, Assimi Goïta a pris soin de replacer chaque chiffre dans une finalité sociale : chaque recommandation, a-t-il insisté, porte en elle une dimension humaine et économique. Dans son allocution, les termes de souveraineté, de transparence et de responsabilité reviennent comme des leitmotivs. Il a rappelé que le processus devait intégrer les autres cadres de concertation, y compris le Dialogue inter-Maliens.

Le président a félicité le comité pour son « sens de la redevabilité » et encouragé la poursuite des restitutions auprès des Maliens de l’intérieur et de la diaspora. Manière de dire que la refondation ne peut être une affaire d’experts cloîtrés, mais doit rester une pédagogie collective.

Au-delà des 517 recommandations et des 1 340 indicateurs, ce rapport est surtout un thermomètre politique. Il mesure une ambition, celle de bâtir un Mali nouveau. Les unités de dialyse, les forages, les panneaux solaires sont les preuves visibles ; la Vision 2063, l’horizon lointain. Entre les deux, le président de la transition veut montrer qu’au Mali, même la refondation s’évalue, se chiffre et s’écrit noir sur blanc.

Chiencoro Diarra 

29 août 2025 0 comments
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Pupilles de la nation.
A la UneÉconomie

ADM : le PDG offre un chèque et trois billets d’avion aux pupilles de la République

by Chiencoro 28 août 2025
written by Chiencoro 2 minutes read

Un chèque, trois billets d’avion et quelques mots bien placés. Voilà comment, le 28 août, le colonel Lassina Togola, PDG des aéroports du Mali, a transformé une visite de courtoisie en acte politique. Devant les Pupilles de la République, le patron des Aéroports du Mali a rappelé qu’en ces temps de guerre, la solidarité n’est pas une option mais une stratégie.

Dans les républiques fragiles, les discours se succèdent, souvent interchangeables, parfois creux. Mais il arrive qu’un geste, en apparence banal, dise plus que mille formules. Ce jeudi, au nouveau siège des Aéroports du Mali, le colonel Lassina Togola a remis à la directrice de l’ONAPUMA, Mme Koné Sissi Odile Dakouo, un chèque et trois billets d’avion. Montant discret, mais à portée symbolique. Il s’agit de récompenser les Pupilles les plus méritants par un séjour au Niger, pays frère de l’AES.

Ici, pas de grandes envolées lyriques. Juste l’idée que dans un Mali où la guerre a laissé des centaines d’orphelins, l’entreprise publique peut faire plus qu’additionner des passagers et du fret. Elle peut investir dans la mémoire et l’avenir.

Le poids des chiffres, le choc des symboles

Les chiffres, Mme Dakouo les connaît par cœur : 1 878 Pupilles accompagnés, dont 300 intégrés aux activités de vacances cette année. Mais ce que retiendront les enfants, ce n’est pas le tableur Excel; c’est plutôt l’hymne chanté, la minute de silence observée, et surtout ce billet qui dit que leur horizon ne s’arrête pas aux frontières du deuil.

En donnant un peu d’argent et un peu de ciel, Togola a rappelé qu’au Mali, la solidarité peut se mesurer autrement que dans les colonnes d’un budget.

ADM, plus qu’une tour de contrôle

À ses côtés, directeurs adjoints et chefs de service sont venus afficher une solidarité de circonstance. Mais ce qui compte, c’est la ligne tenue par leur patron : faire des Aéroports du Mali non seulement un gestionnaire de pistes, mais aussi une tour de contrôle morale. Ironie du sort : il aura fallu un colonel en uniforme recyclé en PDG pour rappeler qu’on ne construit pas une nation seulement avec des avions, mais aussi avec des enfants.

Un chèque symbolique, trois billets d’avion. Peu de choses, dira-t-on, face aux milliards engloutis ailleurs. Mais parfois, dans la mise en scène républicaine, ce sont les gestes modestes qui pèsent lourd.

Et dans ce Mali où la parole officielle a souvent trop volé bas, ce chèque signé Togola valait plus qu’un long discours.

Chiencoro Diarra 

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Centre Aoua Kéïta
A la Une

Rapport 2022-2025 : graves irrégularités financières au CFPAK

by Sahel Tribune 28 août 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Un rapport publié en juillet 2025 par le Bureau du Vérificateur général met en lumière de graves irrégularités dans la gestion du Centre de Formation professionnelle Aoua Keïta (CFPAK) entre 2022 et 2025. De comptes bancaires ouverts sans autorisation à des dépenses hors cadre légal, en passant par des postes vacants jamais pourvus, ce centre censé former les femmes et jeunes filles déscolarisées se retrouve au cœur d’un scandale de gouvernance.

À Bamako, l’épais document publié par le Bureau du Vérificateur général en juillet 2025 ressemble à une radioscopie crue d’une institution née avec de nobles ambitions, mais trahie par ses failles administratives et financières. Le Centre de Formation professionnelle Aoua Keïta (CFPAK), créé en 1999 pour donner une seconde chance aux jeunes filles et femmes déscolarisées, a vu ses pratiques épinglées au titre des exercices 2022, 2023, 2024 et 2025 (jusqu’au 31 janvier).

Les dysfonctionnements pointés

Conçu dans l’esprit de la Politique nationale Genre de 2011, le CFPAK devait répondre à un enjeu crucial : réduire la déperdition scolaire féminine dans un pays où à peine 25 % des femmes sont alphabétisées. Doté de crédits de l’État (plus de 107 millions de FCFA sur la période auditée) et de recettes propres issues de locations de salles (17 millions de FCFA), le centre devait incarner la promotion de la femme par la formation qualifiante. Mais derrière cette mission sociale, le rapport révèle une mécanique institutionnelle grippée.

La liste des irrégularités est longue. Absence de cadre organique, postes vacants non pourvus depuis 2022, inexistence de manuel de procédures administratives et financières. Autant de manquements qui sapent la performance du centre. Plus grave, l’ouverture irrégulière de comptes bancaires à la BDM, sans autorisation du ministère des Finances, viole frontalement la réglementation. Quant au comptable-matières du ministère de tutelle, il n’a ni codifié ni immatriculé les équipements, rendant impossible tout suivi rigoureux du patrimoine du centre.

Des dépenses hors cadre légal

Le rapport est sans appel. Le directeur général et l’agent comptable ont engagé des dépenses sur les recettes propres (carburant, fournitures, entretien), alors que celles-ci relevaient exclusivement de la Direction des Finances et du Matériel. En d’autres termes, des fonds ont été utilisés hors du circuit légal, fragilisant la transparence budgétaire.

Face à ce constat, le Vérificateur général recommande une relecture urgente des textes fondateurs du centre, la dotation d’un cadre organique, la nomination de responsables aux postes vacants, ainsi qu’une stricte régularisation de la comptabilité-matières. Les faits relatifs aux dépenses irrégulières ont été transmis à la Section des comptes de la Cour suprême, précise le BVG dans son rapport.

Le CFPAK reste pourtant un outil stratégique. Depuis sa création, il a formé 1 292 femmes et jeunes filles, dans la couture, la restauration ou l’hôtellerie. Mais aujourd’hui, miné par l’inaction institutionnelle et des pratiques financières contestables, le centre frôle l’abandon de sa mission première. Un paradoxe cruel : là où il devait être un levier d’émancipation et de dignité, il devient le miroir des pesanteurs bureaucratiques maliennes.

A.D

28 août 2025 0 comments
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Défécation à l'air libre
Climat et environnement

Santé mondiale : pourquoi des millions d’êtres humains défèquent encore dehors

by Sahel Tribune 28 août 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Un chiffre que l’on croyait relégué aux archives d’un autre âge : 354 millions d’êtres humains défèquent encore chaque jour à l’air libre. Derrière ce constat brutal, l’aveu d’un échec planétaire : l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement d’ici 2030, promesse des Nations unies, s’éloigne inexorablement.

Les statistiques, lorsqu’elles se glacent, valent parfois mieux qu’un reportage. Une personne sur vingt-cinq, sur cette planète en 2025, n’a d’autre choix que de s’accroupir à ciel ouvert pour se soulager. Dans un monde saturé de discours sur la modernité numérique et la conquête spatiale, cette réalité nue dit tout. L’humanité avance, mais laisse derrière elle des centaines de millions de corps dans la poussière, l’eau souillée et l’humiliation.

Le rapport conjoint de l’OMS et de l’UNICEF publié le 26 août est sans appel. Malgré quelques progrès, la défécation à l’air libre concerne encore 354 millions de personnes. En 2015, elles étaient 429 millions. La baisse est réelle, mais lente, trop lente. Chaque latrine construite, chaque puits protégé, semble immédiatement rattrapé par l’explosion démographique, l’urbanisation sauvage, les guerres qui détruisent, et les États qui promettent plus qu’ils n’agissent.

Un enjeu de dignité autant que de santé

Car derrière les chiffres, il y a les conséquences telles que les diarrhées mortelles pour les enfants, la contamination des nappes phréatiques, les maladies hydriques qui continuent de tuer en silence. L’OMS rappelle que l’eau potable et l’assainissement ne sont pas des privilèges, mais des droits humains fondamentaux. Pourtant, le monde s’accommode d’un paradoxe. Alors que l’on parle d’intelligence artificielle et de voitures autonomes, des villages entiers vivent encore dans une promiscuité où les excréments sont à portée de main.

La défécation à ciel ouvert est aussi une question de dignité. Pour les femmes et les jeunes filles, la situation est doublement violente : contrainte de s’isoler à l’aube ou à la nuit tombée pour échapper aux regards, elles s’exposent aux agressions sexuelles. Et pendant leurs règles, l’absence de toilettes adaptées devient un facteur supplémentaire d’exclusion scolaire et sociale.

Loin des promesses de 2030

Depuis 2015, près d’un milliard et demi d’êtres humains ont gagné un accès à des installations sanitaires améliorées. Mais l’ONU l’admet aujourd’hui. Au rythme actuel, l’objectif d’un accès universel en 2030 est devenu « de plus en plus hors de portée ». La formule est diplomatique ; la réalité est plus crue. Il est en train de glisser entre les doigts.

Le nombre de pays ayant éliminé la défécation à l’air libre est passé de 142 à 154. Une avancée, certes, mais qui laisse encore des millions dans la boue. Pour Cecilia Scharp, directrice du programme WASH à l’Unicef, le verdict est sans appel : « Lorsque les enfants n’ont pas accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène, leur santé, leur éducation et leur avenir sont menacés. »

Un miroir de nos inégalités

Au fond, la défécation à ciel ouvert est plus qu’un problème sanitaire. C’est le symbole extrême des inégalités mondiales. D’un côté, une humanité connectée, qui s’inquiète de savoir si son smartphone est étanche. De l’autre, des millions de familles qui se demandent où soulager un enfant sans le condamner à une infection.

La défécation à l’air libre n’est pas seulement un scandale de santé publique. C’est un scandale politique, celui d’un monde qui, malgré ses milliards de dollars de croissance et ses sommets internationaux, tolère encore que des centaines de millions de ses citoyens vivent comme si la promesse de dignité n’avait jamais existé.

A.D

28 août 2025 0 comments
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Sahel Tribune est un site indépendant d’informations, d’analyses et d’enquêtes sur les actualités brûlantes du Sahel. Il a été initialement créé en 2020, au Mali, sous le nom Phileingora…

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