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À Bamako, les Soninkés du Mali plaident pour la culture comme ciment national

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Une délégation de l’Association culturelle des Soninkés du Mali a été reçue lundi par le ministre Mamou Daffé. Entre valorisation du patrimoine, promotion des langues nationales et projets culturels, la rencontre s’inscrit dans un contexte où les autorités de transition placent la culture au cœur du récit national.

Une délégation de l’Association Culturelle des Soninkés du Mali (ACS-Mali), conduite par son président, le Dr Abdramane Sylla, ancien ministre, a été reçue en audience lundi 23 février à Bamako par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé.

Le préservation et la promotion de l’héritage culturel soninké, mais aussi la place de cette communauté dans le récit national malien et dans les dynamiques culturelles de la sous-région, étaient au coeur des échanges lors de cette rencontre.

Une association héritière d’une longue tradition

Créée en 1947 sous l’impulsion du premier président du Mali, Modibo Keïta, l’association œuvre depuis près de huit décennies à la sauvegarde de l’identité soninké, notamment à travers la promotion de la langue, des arts et des traditions héritées de l’ancien Empire du Wagadu.

Lors de la rencontre, les représentants de l’ACS-Mali ont présenté leurs actions et insisté sur la vocation de la communauté soninké à promouvoir le vivre-ensemble. Ils ont saisi l’occasion pour rappeler ses liens historiques avec plusieurs régions du Mali et de la sous-région ouest-africaine.

Le porte-parole de la délégation a également formulé des vœux pour le pays et rendu hommage aux disparus, tout en saluant la vision des autorités de transition, sous le leadership du général d’armée Assimi Goïta, de faire de la culture un levier de souveraineté et de reconstruction nationale.

Le Festival international soninké, vitrine culturelle

Le président Sylla est revenu sur le Festival International Soninké (FISO), considéré comme le plus grand rassemblement culturel de la communauté soninké à travers le monde.

La première édition s’est tenue à Bamako en 2016, tandis que la plus récente a eu lieu à Nouakchott en 2023. L’événement vise à pérenniser la langue et les traditions, tout en renforçant les liens entre les diasporas.

Parmi les projets évoqués figurent également la création d’une fondation Mama Dinga, l’édification d’un monument culturel et le financement d’un « rond-point du cheval » dans la capitale malienne par un mécène soninké.

La culture au cœur des priorités gouvernementales

De son côté, Mamou Daffé a salué l’engagement de l’association en faveur du patrimoine culturel et rappelé la décision des autorités de transition de décréter la période 2026-2027 comme l’année de l’éducation et de la culture.

Le ministre a réaffirmé le soutien de son département aux initiatives portées par la communauté soninké. Il a aussi mis l’accent sur la promotion des langues nationales et sur l’importance de l’unité culturelle dans la consolidation du tissu social malien.

Dans un contexte de redéfinition des priorités nationales, cette rencontre illustre la volonté des autorités et des acteurs culturels de faire du patrimoine et des identités locales des leviers de cohésion et de projection pour le Mali contemporain.

A.D


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