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Résolution européenne sur Mohamed Bazoum : l’AES dénonce une « ingérence grave » 

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La Confédération des États du Sahel hausse le ton face à l’Union européenne. Dans un communiqué publié le 19 mars depuis Ouagadougou, l’organisation régionale regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger a vivement réagi à une résolution adoptée le 12 mars par le Parlement européen, portant sur la détention de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum.

La Confédération des Etats du sahel, créée en juillet 2024, exprime sa « vive indignation » face à ce qu’elle qualifie d’« ingérence grave, concertée et délibérée dans les affaires intérieures d’un État souverain ». La résolution européenne, intitulée « Résolution du Parlement européen sur la détention arbitraire du Président Mohamed Bazoum par la junte au Niger », est, selon la Confédération, une tentative d’influence extérieure sur une question relevant de la souveraineté nigérienne.

« Paternalisme » et double standard

L’organisation sahélienne critique également l’approche sélective des institutions européennes. Elle explique que le Parlement européen passe sous silence certaines violations du droit international, tout en se focalisant sur la situation au Niger.

L’AES dénonce un « paternalisme rétrograde » et évoque des « intérêts économiques et géostratégiques inavoués » qui sous-tendraient, selon elle, cette résolution. Elle estime que certains acteurs européens restent attachés à des logiques héritées du passé colonial, au détriment des aspirations des peuples sahéliens.

Dans cette optique, la Confédération va plus loin en accusant certains relais internationaux de participer à la diffusion de « fausses informations », appelant implicitement à une relecture critique des narratifs dominants sur la situation politique dans la région.

Une résolution jugée « sans effet »

Au-delà de la dénonciation, l’AES affirme clairement son refus de toute pression extérieure. « La Confédération AES n’a ni d’injonctions, ni de leçons de gouvernance à recevoir », insiste le communiqué, marquant une rupture assumée avec les partenaires occidentaux sur les questions de gouvernance politique.

Cette position s’inscrit dans une dynamique plus large de redéfinition des relations internationales par les pays de l’Alliance, qui revendiquent une plus grande autonomie stratégique et politique.

Malgré la portée symbolique de la résolution européenne, l’AES assure qu’elle restera sans impact sur sa trajectoire. Elle souligne que cette prise de position est « totalement en déphasage avec la nouvelle dynamique politique, économique et sociale » engagée dans l’espace confédéral.

Un contexte régional sous tension

Le communiqué se conclut sur une note de fermeté : les États membres entendent poursuivre leur marche, indépendamment des critiques extérieures, en s’appuyant sur la volonté souveraine de leurs peuples.

Cette réaction intervient dans un climat régional déjà marqué par des tensions diplomatiques croissantes entre les pays du Sahel central et plusieurs partenaires occidentaux. Depuis les changements de régime intervenus au Niger, au Mali et au Burkina Faso, les relations avec l’Union européenne se sont progressivement dégradées, sur fond de divergences politiques et sécuritaires.

En dénonçant publiquement la résolution du Parlement européen, l’AES confirme son positionnement : celui d’un bloc régional déterminé à défendre sa souveraineté, quitte à accentuer la rupture avec ses partenaires traditionnels.

A.D


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