Libération d’otages au Mali : Algérie dénonce les conditions de négociation

Libération d’otages au Mali : Algérie dénonce les conditions de négociation
Insécurité entre avril et juin 2020 632 violations et abus de droits de l’homme commis au Mali. Image d'illustration

L’arrestation du « terroriste » Mustapha Derrar, par les services de sécurité algérienne, a donné l’occasion au ministère de la Défense de ce pays de dénoncer les conditions dans lesquelles la libération de l’otage malien, français ainsi que des otages italiens a été négociée, au début de ce mois d’octobre.

La liberté de Mustapha Derrar a été de courte durée. Quelques jours après sa libération dans le cadre d’un échange de prisonniers au Mali, Derrar s’est fait arrêter, mardi 27 octobre 2020 en Algérie. En tout cas, c’est ce qui ressort d’un communiqué du ministère de la Défense algérien, le mercredi dernier. Une arrestation survenue, poursuit la même source gouvernementale, « suite à une surveillance permanente dudit criminel depuis son entrée via les frontières nationales jusqu’à la collecte des renseignements relatifs à ses mouvements suspects ».  

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Le ministère de la Défense algérienne a saisi cette occasion pour dénoncer les conditions de libération de « plus de (200) terroristes », au début du mois d’octobre. En effet, cette libération a été faite en échange de quatre otages : Soumaïla Cissé, Sophie Pétronin, Pierluigi Maccalli et Nicola Chiacchio. Mieux, en plus des plus de 200 terroristes libérés, une « rançon conséquente » a été payée « aux groupes terroristes », indique le ministère de la Défense algérienne.

Selon notre source algérienne, « Ces pratiques [sont ndlr] inadmissibles et contraires aux résolutions de l’Organisation des Nations Unies [qui ndlr] incriminent [ndlr] le versement de rançons aux groupes terroristes ». Ce n’est pas tout. Algérie exprime sa crainte. À en croire le communiqué dudit ministère, ces conditions de négociation pour la libération d’otages « entravent les efforts de lutte contre le terrorisme et [le ndlr] tarissement de ses sources de financement ».

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Ce dernier point trouve confirmation dans les révélations faites par le djihadiste mauritanien, Fawaz Ould Ahmed alias « Ibrahim 10 ». Interrogé par le juge, au cours de son procès à la cour d’assises de Bamako, mercredi 28 octobre 2020, sur les « attentats » des hôtels Radisson Blue et du Restaurant-Bar « La Terrasse » à Bamako en 2015, sur la source de leur financement pour l’achat des armes, « Ibrahim 10 » répond : « Avec l’argent des rançons des personnes prises en otages ».

Toutefois, il convient de rappeler que les sources de financement du terrorisme sont nombreuses : le commerce et autres activités lucratives, certaines ONG et les prélèvements caritatifs, la contrebande d’armes, le trafic de drogues, la contrefaçon de divers produits, dont les médicaments et les psychotropes, la piraterie, la prise d’otages contre rançons, le trafic de biens culturels, la migration illégale, le transfert de fonds et la mendicité. Face à cette multiplicité de sources de financement, nous pouvons dire que le chemin reste toujours long dans la lutte contre ce phénomène.

Fousseni Togola

Sahel Tribune

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