Libération des soldats ivoiriens : la diplomatie africaine a payé

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Dans l’affaire des soldats ivoiriens au Mali, graciés par le président Goïta le 6 janvier 2023, les pays africains ont donné une leçon diplomatique au reste du monde.

La diplomatie africaine a montré ses preuves dans l’affaire des soldats ivoiriens, détenus au Mali depuis juillet 2022. Après six mois de ballet diplomatique, conduit notamment par le président togolais Faure Essozimna Gnassingbé, les 46 soldats ivoiriens ont foulé le sol ivoirien, après un séjour de quelques heures à Lomé, au Togo, dans la soirée du samedi 7 janvier 2023.

Les vertus de la diplomatie

À leur descente d’avion, sur le tarmac de l’aéroport Félix Houphouët Boigny de Port-Bouët, ces ex-prisonniers ont été accueillis par le président Alassane Ouattara ainsi que leurs familles respectives. À cette occasion, le chef de l’État n’a pas manqué à louer les vertus de la diplomatie. Un chemin qui a permis d’atteindre « ce dénouement heureux » dans ce dossier brûlant entre ces deux pays voisins.

Le président Ouattara estime dans cette affaire, « il ne pouvait pas en être autrement, car le Mali est un pays frère ». Et de poursuivre en indiquant que « Quelles que soient les incompréhensions, les frères arrivent toujours à se comprendre et à se retrouver. Nos soldats sont aujourd’hui de retour. La diplomatie a payé. Nous avons préféré cela. Nous estimons qu’avec un pays frère et ami, il n’était pas nécessaire d’avoir d’autre voie autre que celle de la diplomatie. La voie diplomatique était la seule à emprunter. »

Nous avions des solutions à nos problèmes

Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, à l’issue d’une audience à Koulouba, le 9 janvier 2023, a indiqué que c’est l’une des rares fois où l’on voit, sur le continent africain, une diplomatie africaine entre trois États (le Mali, la Côte d’Ivoire et le Togo) donné un tel résultat. « Parfois, entre nous africains, nous avions des solutions à nos problèmes », a-t-il indiqué avant de se réjouir que « la solution à la crise entre le Mali et la Côte d’Ivoire ait pu été trouvé grâce à la détermination de nos Chefs d’État, et à la volonté des Africains à trouver une solution à cette crise ».

Le président togolais Faure Essozimna Gnassigbé, médiateur dans le dossier des soldats ivoiriens, a remercié le président Assimi Goïta , pour la libération de ces 46 soldats ivoiriens.

Pour l’apaisement

Selon Robert Dussey, la grâce présidentielle accordée aux Ivoiriens par le président Goïta est un événement grandiose. Car il devra « contribuer à la cohésion entre les peuples ivoiriens et maliens et surtout au maintien de la paix, de la sécurité et de l’entente dans la sous-région ».

Rappelons dans ce dossier ivoirien plusieurs chefs d’État avaient effectué des déplacements au Mali et en Côte d’Ivoire en vue de trouver une issue favorable. Le 29 septembre, le président gambien, Adama Barrow, ensuite le chef d’État du Ghana, Nana Akufo Ado qui était accompagné du médiateur de la Cédéao pour le Mali, Goodluck Jonathan, ont rencontré le colonel Goïta à Koulmouba. Le ministre des Affaires étrangères du Togo, Robert Dussey ainsi que le président de la commission de l’Union économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Uemoa), Moussa Touré faisaient partie de cette délégation de haut niveau venue négocier la libération des « mercenaires » ivoiriens.

Le vendredi 30 septembre, le président de la Sierra LeoneJulius Maada Bio, avait lui aussi effectué le déplacement au Mali pour tenter un rapprochement entre Bamako et Abidjan.

Pour l’apaisement de la tension entre les deux pays, dans l’affaire des 46 « mercenaires ivoiriens », le Mali et la Côte d’Ivoire sont arrivés à la signature d’un mémorandum d’accord, le jeudi dernier, dans l’après-midi, à Koulouba.  

Mohamed Camara

Mohamed Camara
Mohamed Camarahttps://saheltribune.com
Mohamed Camara est détenteur d’une licence en lettres modernes, décrochée en 2019 à la Faculté des lettres, des langues et des sciences du langage (FSL), Université des lettres et des sciences humaines de Bamako (ULSHB). Il évolue dans la presse, son métier de prédilection, depuis 2018. En 2021, il est certifié journaliste culturel suite à une formation de la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ). Il a travaillé pour plusieurs journaux dont le projet Kéniéba Média dont il était le coordinateur, et lemalien.com. Il travaille actuellement pour Reflet d’Afrique (Journal hebdomadaire local de Bamako, depuis 2020) et Sahel Tribune (mai 2022). Mohamed Camara aime la lecture, la musique et les échanges interindividuels afin de mieux affiner ses connaissances.

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