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Carburant : un retour à la normale se profile dans les stations maliennes

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La crise du carburant marque une pause au Mali. Porté par une hausse des importations et la création de stocks de sécurité, le gouvernement veut transformer cette accalmie en stabilité durable, à l’approche du Ramadan.

Après plusieurs semaines de tension autour de la distribution des hydrocarbures, les files d’attente se sont nettement résorbées dans les stations-service du pays. Selon les données rendues publiques lors de la 12ᵉ réunion du cadre de concertation entre le ministère de l’Industrie et du Commerce et les acteurs du secteur pétrolier, la situation s’améliore de manière tangible.

Réunis le 22 janvier 2026, le Groupement professionnel du pétrole (GPP) et le Groupement malien des professionnels du pétrole (GMPP) ont dressé un bilan jugé « encourageant » de la semaine écoulée. Les chiffres confirment la tendance : 40,3 millions de litres d’hydrocarbures ont été importés entre le 12 et le 18 janvier, soit l’équivalent de 875 camions-citernes, puis 14,4 millions de litres supplémentaires entre le 13 et le 21 janvier. Résultat : le taux de ravitaillement des stations atteint près de 75 % sur la période cumulée, signe d’une normalisation progressive de l’approvisionnement.

Les stations reprennent souffle

Sur le terrain, la différence est visible. Les longues files de véhicules observées début janvier ont quasiment disparu cette semaine dans les grandes villes. Cette amélioration est le fruit d’une accélération des livraisons et d’une meilleure coordination entre les importateurs et les distributeurs, selon la direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence.

La tendance est positive. Le flux des citernes entrant sur le territoire a nettement augmenté, ce qui réduit les points de tension. 

Si les acteurs du secteur se félicitent de cette accalmie, le gouvernement reste vigilant. Le ministre de l’Industrie et du Commerce a insisté sur la nécessité de constituer un stock de sécurité commercial, afin d’anticiper les pics de consommation, notamment à l’approche du mois de Ramadan, période traditionnellement marquée par une forte demande en carburant et produits de première nécessité.

Le rationnement temporaire et la mise en réserve stratégique sont considérés comme des leviers de stabilité, permettant de garantir un cadre d’approvisionnement « sécurisé et contrôlé ». Cette approche, combinée à la reprise des importations, nourrit l’espoir d’un retour durable à la normale.

Une dynamique encourageante

Depuis le 12 janvier, le nombre de camions-citernes entrant sur le territoire a sensiblement augmenté, traduisant une amélioration des flux logistiques. Les professionnels du secteur saluent une coordination plus fluide entre les différents acteurs — importateurs, transporteurs et gestionnaires de dépôts — qui a permis de désengorger les circuits de distribution.

Pour les automobilistes, cette accalmie reste toutefois fragile. Mais dans les stations-service de Bamako à Kayes, un constat s’impose : l’essence et le gasoil coulent de nouveau sans tension.

Si le gouvernement se montre prudent, la situation de cette semaine contraste avec la pénurie qui avait frappé le pays à la fin de 2025. L’augmentation des volumes importés et la stratégie de rationnement concertée semblent porter leurs fruits.

Reste à transformer cette embellie en stabilité durable, dans un contexte mondial toujours marqué par la volatilité des prix du pétrole et les aléas du transport régional.

A.D


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