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Les mines de lithium de Bougouni
A la UneÉconomie

À Bougouni, un bain de foule pour Assimi Goïta : le Mali inaugure sa deuxième mine de lithium et réaffirme sa souveraineté économique

by Chiencoro 3 novembre 2025
written by Chiencoro 5 minutes read

Bougouni a vibré au rythme d’une ferveur populaire rare pour accueillir le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, venu inaugurer la deuxième mine de lithium du Mali. Dans une atmosphère d’unité nationale et de défi adressé à ceux qui prédisaient l’isolement du pays, cette cérémonie symbolise la souveraineté retrouvée d’un État qui transforme ses ressources en moteur de dignité et d’espérance.

Sous un soleil de plomb, la population de Bougouni s’est massée par milliers le long des routes pour accueillir, dans une ferveur patriotique, le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta. Ce lundi 3 novembre 2025, la capitale du Banimonotié vibrait au rythme d’un événement à la fois politique, économique et symbolique : l’inauguration officielle des mines de lithium de Bougouni, la deuxième du pays après celle de Goulamina.


Au moment où certains chancelleries étrangères demandaient à leurs ressortissants de quitter le Mali, redoutant l’insécurité et la pénurie de carburant, le peuple, lui, répondait par un message sans ambiguïté : le Mali est debout, souverain et confiant.

Sous les cris de « Vive le Mali, vive Assimi ! Nous vous soutenons ! Nous sommes fiers de vous ! », le Chef de l’État s’est offert un long bain de foule, levant les mains pour saluer le peuple, saluant des femmes en pagne et des enfants agitant le drapeau national. L’émotion, palpable, traduisait un sentiment de fierté retrouvée : celle d’un peuple qui voit enfin ses ressources valorisées sur son propre sol.

Une cérémonie hautement symbolique

L’événement s’est tenu sur le site de Foulaboula, dans le cercle de Bougouni, en présence des membres du gouvernement, du corps diplomatique, des partenaires techniques et financiers, ainsi que d’une forte délégation chinoise et britannique.
L’ouverture de cette mine marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale de diversification minière et de souveraineté économique, portée par la vision du Président Goïta et mise en œuvre par le ministère des Mines.

Dans son mot de bienvenue, le chef de village de Bougouni, N’Togo Diakité, a exprimé sa reconnaissance : « Bougouni est fière aujourd’hui, car l’histoire retiendra que c’est ici qu’a été posée une nouvelle pierre du Mali nouveau. »

Le maire de la commune urbaine, quant à lui, a salué « un projet qui apporte de l’emploi, des infrastructures et la confiance en l’avenir », avant d’ajouter : « Quand d’autres fuient, nous, nous construisons. »

Les partenaires internationaux saluent un modèle de coopération

Le directeur général de Les Mines de Lithium de Bougouni SA (LMLB SA) a rappelé la portée internationale du projet : « Ce partenariat entre le Mali, la Chine et le Royaume-Uni prouve que l’exploitation minière peut être éthique, moderne et bénéfique pour tous. Le Mali n’est pas un terrain d’expérimentation, c’est un partenaire d’avenir. »

Fruit de la coopération entre Kodal Mining UK Ltd, Hainan Mining Co. Ltd (filiale du groupe chinois Fosun) et l’État malien (détenteur de 35 % du capital), le projet représente un investissement initial de 65 millions de dollars, avec une production annuelle prévue de 125 000 tonnes de spodumène dès la première phase, et jusqu’à 240 000 tonnes à terme.

Le ministre des Mines : « Le lithium, un levier de souveraineté »

Dans son discours, le ministre des Mines a replacé cette inauguration dans la dynamique de la Vision Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma, rappelant que le secteur minier est désormais un pilier de la refondation nationale : « Nous avons annulé plus de 120 titres miniers pour restaurer la discipline et la transparence. Désormais, chaque gramme extrait du sous-sol malien doit servir la Nation, et non l’enrichissement de quelques-uns. »

Il a insisté sur la dimension sociale du projet : plus de 500 emplois directs déjà créés, près de 317 millions FCFA investis dans le développement communautaire (routes, écoles, santé), et 446 millions FCFA de compensations versées aux populations. Des comités locaux assurent désormais le suivi environnemental et la transparence du recrutement.

Le Mali, puissance émergente du lithium

Le Projet de Lithium de Bougouni s’inscrit dans une perspective durable : 11 années d’exploitation prévues, 19,8 millions de tonnes de minerai à une teneur moyenne de 1,07 % en oxyde de lithium, et un revenu global estimé à 2,25 milliards de dollars.
Pour l’État malien, la part des retombées financières est estimée à 254,9 millions USD, entre impôts, taxes et dividendes.

Au-delà des chiffres, cette cérémonie consacre la montée en puissance du Mali dans la chaîne mondiale du lithium, métal clé de la transition énergétique planétaire.
En l’espace de deux ans, Bamako a réussi ce que beaucoup jugeaient impossible : devenir un acteur incontournable du marché mondial, sans renoncer à son indépendance politique.

Une victoire populaire et géopolitique

Alors que certains misaient sur un Mali fragilisé, la journée du 3 novembre a renversé les pronostics. Bougouni a offert au monde le visage d’un pays uni, fier et productif.
Au milieu des tambours et des chants, le message du peuple au Président a résonné fort : « Nous croyons en ce Mali-là. »

Dans cette région du sud, où les champs côtoient désormais les machines d’extraction, l’histoire s’écrit à la pelle et au cœur. Et dans le grondement des moteurs, il n’y avait pas que le bruit des engins : c’était celui d’une nation qui avance, sûre d’elle-même, vers son destin souverain.

Chiencoro Diarra 

3 novembre 2025 0 comments
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Pénurie du carburant au Mali
A la UneOpinion

Carburant, crise et cohésion : quand le Mali se découvre plus fort qu’on ne le croyait

by Mikailou Cissé 3 novembre 2025
written by Mikailou Cissé 4 minutes read

Ce n’est pas qu’une pénurie de carburant. C’est une épreuve nationale, un test de cohésion et de maturité pour le Mali. Dans les files d’attente, dans les convois escortés, dans la patience des citoyens comme dans la détermination de l’État, se joue bien plus que la logistique d’un approvisionnement : la réaffirmation d’une souveraineté qui se forge dans la crise. Le Mali, éprouvé mais debout, transforme l’adversité en leçon de dignité.

La crise énergétique que traverse le Mali est bien plus qu’un simple manque de carburant. Elle agit comme un miroir de la nation, révélant la solidité de ses institutions et la maturité morale de son peuple. Chaque décision, chaque geste, chaque effort collectif devient une réponse à cette épreuve nationale.

Chaque citerne arrivée, un acte de résistance civique

La rareté du carburant, les ruptures d’approvisionnement et les difficultés logistiques n’ont jamais été aussi sévères. Leurs effets dépassent les stations vides ou les longues files d’attente. Ils se mesurent dans les transports paralysés, les activités économiques ralenties et jusque dans le moral des familles. Cette crise met à nu nos fragilités, mais aussi notre résilience. Elle dévoile les manœuvres d’acteurs hostiles cherchant à affaiblir la République, parfois de l’intérieur même du pays. Pourtant, jamais le feu allumé contre le Mali n’a autant éclairé la défaite de ses adversaires. Ils finissent toujours brûlés par la flamme qu’ils ont eux-mêmes attisée.

Un tel incident, d’une ampleur inédite, rappelle que les menaces pesant sur la nation — qu’elles viennent de l’extérieur ou de l’intérieur — sont réelles et organisées. Dans ce contexte, la vigilance, la prudence et la discipline sont vitales. Car la sécurité et la souveraineté d’un État ne reposent pas seulement sur la force de ses armes, mais sur la responsabilité et la solidarité de ses citoyens.

À Bamako, l’arrivée progressive des convois de carburant a ramené la vie dans les rues. Le bruit des moteurs et la reprise du trafic ont offert un souffle nouveau, matériel et moral à la fois. Ces camions qui bravent la route sont les témoins du courage des chauffeurs, du dévouement des forces de sécurité et de l’engagement de l’État. Chaque citerne arrivée à bon port est une victoire collective, un acte de résistance civique.

La consolidation de la base de notre unité nationale

Cette reprise témoigne aussi du retour de l’autorité de l’État lorsqu’elle agit pour le bien commun. L’armée, au service du peuple, en est l’expression la plus visible. Chaque convoi protégé, chaque station réapprovisionnée, chaque difficulté surmontée renforce la confiance du peuple dans ses institutions et dans la République.

Mais cette crise met en lumière une autre bataille : celle contre la spéculation et le marché noir. Certains cherchent à tirer profit de la pénurie, d’autres s’organisent pour aider. C’est là que se joue le vrai combat — entre civisme et cupidité, entre solidarité et égoïsme. Malgré tout, l’amour du pays et le sens du devoir finissent toujours par triompher. Cette épreuve révèle à la fois ce que le Mali a de plus vulnérable et de plus noble. Elle rappelle que la première bataille à gagner est morale et intellectuelle avant d’être matérielle.

La leçon à tirer est qu’il faut une gestion plus souveraine, plus équitable et plus planifiée du carburant. Il ne s’agit pas seulement d’acheminer les citernes vers les grandes villes, mais de penser à une distribution juste, prenant en compte les besoins des zones rurales souvent oubliées. Car c’est dans ces territoires délaissés que naissent les frustrations, les trafics et parfois les résistances. Assurer l’approvisionnement du monde rural, c’est consolider la base même de notre unité nationale.

De cette crise naît une énergie nouvelle

Enfin, cette crise nous enseigne que la souveraineté ne se proclame pas, elle se prouve. Elle se construit par la discipline, la vigilance et la responsabilité de chacun. Chaque difficulté doit devenir une leçon, chaque épreuve une occasion d’avancer.

Le retour du carburant à Bamako et dans les régions n’est pas seulement un signe de normalité retrouvée. Il symbolise une souveraineté qui s’affirme. Chaque litre distribué est une victoire sur le doute. Le grondement des moteurs n’est plus seulement celui du transport, mais celui d’un peuple en marche — uni dans sa diversité, conscient de sa force et de son destin.

Le Mali se relève, apprend et s’organise. De cette crise naît une énergie nouvelle : celle de la solidarité, de la responsabilité et d’une souveraineté durable, fondée sur la justice sociale et la dignité nationale.

Mikaïlou Cissé 

3 novembre 2025 0 comments
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6ème rapport du GIEC sur le climat
Climat et environnement

Inaction climatique : le monde paie déjà le prix fort, selon l’OMS et le Lancet Countdown

by Chiencoro 2 novembre 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

L’inaction climatique n’est plus une abstraction. Elle tue, ici et maintenant. Selon le nouveau rapport du Lancet Countdown publié avec le soutien de l’OMS, le réchauffement de la planète provoque déjà des centaines de milliers de morts chaque année, mine les économies et épuise les systèmes de santé. Pendant que les subventions aux énergies fossiles explosent, les pays les plus vulnérables suffoquent. À la veille de la COP30 au Brésil, la science adresse un avertissement sans détour : protéger la planète, c’est désormais protéger la vie.

Le réchauffement climatique n’est plus une menace future : il tue déjà. C’est le constat glaçant dressé par le rapport 2025 du Lancet Countdown sur la santé et le changement climatique, publié le 29 octobre à Genève en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon cette étude mondiale, la dépendance persistante aux combustibles fossiles et le manque d’adaptation à un monde en surchauffe provoquent des conséquences dévastatrices sur la santé humaine et l’économie mondiale.

Une crise sanitaire avant tout

« La crise climatique est une crise sanitaire », a averti le Dr Jeremy Farrar, haut responsable de l’OMS. Chaque fraction de degré supplémentaire coûte des vies, souligne-t-il, alors que 546 000 décès liés à la chaleur sont désormais enregistrés chaque année, soit une augmentation de 23 % depuis les années 1990. En 2024, chaque être humain a subi en moyenne 16 jours de chaleur dangereuse, un niveau inédit.

Les feux de forêt, les sécheresses et l’insécurité alimentaire qui en découlent ont touché 124 millions de personnes supplémentaires en 2023. Sur le plan économique, l’exposition à la chaleur aurait fait perdre 640 milliards d’heures de travail dans le monde, pour un coût estimé à 1 090 milliards de dollars.

Des choix politiques en question

Le rapport fustige les gouvernements qui continuent de subventionner massivement les énergies fossiles : 956 milliards de dollars y ont été consacrés en 2023, soit trois fois plus que le financement annuel promis aux pays vulnérables au changement climatique. Quinze États ont même dépensé davantage pour ces subventions que pour leur budget national de santé.

Pourtant, les bénéfices de l’action climatique sont prouvés : la réduction de la pollution au charbon aurait permis d’éviter 160 000 décès prématurés par an entre 2010 et 2022. La production mondiale d’énergie renouvelable a atteint 12 % de l’électricité mondiale et créé 16 millions d’emplois.

Des signaux d’espoir

La directrice du Lancet Countdown, Dr Marina Romanello, estime que « l’abandon rapide des combustibles fossiles au profit des énergies propres demeure le levier le plus puissant pour protéger des vies ». Elle appelle aussi à repenser les systèmes alimentaires et agricoles : des régimes plus sains et respectueux du climat pourraient sauver jusqu’à 10 millions de vies par an.

Malgré le ralentissement de certains engagements politiques, le rapport note des avancées tangibles : 834 villes sur 858 ont évalué leurs risques climatiques, et le secteur de la santé a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 16 % entre 2021 et 2022. Plus de la moitié des pays membres de l’OMS disposent déjà d’un plan d’adaptation sanitaire.

En route vers la COP30

À l’approche de la COP30 qui se tiendra à Belém (Brésil) en 2025, l’OMS entend placer la santé au cœur des négociations climatiques. Le rapport du Lancet Countdown servira de référence pour le Plan d’action de Belém, attendu comme un tournant vers une action climatique fondée sur la justice et la santé.

Soutenue par Wellcome, pilotée par l’University College London et 71 institutions partenaires, cette neuvième édition du rapport se veut un avertissement sans appel : la santé mondiale dépend désormais de la rapidité avec laquelle l’humanité abandonnera les combustibles fossiles au profit d’un avenir propre, juste et vivable pour tous.

Chiencoro Diarra 

2 novembre 2025 0 comments
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Touristes russes à Tombouctou
ActuSeko ni Donko

Mali : La cité des 333 saints se rouvre au monde

by Sahel Tribune 2 novembre 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

On le disait isolé, replié, assiégé par les crises. Mais le Mali, fidèle à son génie de la résistance, surprend encore. À Tombouctou, trente-trois touristes russes viennent d’inaugurer le retour du pays sur la scène culturelle internationale. À la veille de la Biennale Artistique et Culturelle de 2025, le pays se redresse par la culture et la souveraineté, offrant au monde l’image d’un Mali debout, fier et maître de son destin.

Il est des symboles qui parlent plus fort que les discours. Dans la Cité mystérieuse de Tombouctou, berceau de savoirs et de civilisations, un convoi inattendu a résonné comme une réponse aux prophètes de malheur : trente-trois touristes russes foulant le sable d’un pays qu’on disait isolé, fatigué, replié. L’image est forte. Car au moment où certains chancelleries occidentales conseillaient à leurs ressortissants de quitter le Mali, d’autres — venues d’ailleurs — font le chemin inverse, guidées non par la peur, mais par la curiosité et la confiance.

Cette arrivée, fruit d’une collaboration entre Hogon Tours et le Festival Vivre Ensemble de Tombouctou, dépasse la simple anecdote touristique. Elle illustre le retour progressif du Mali sur la carte mondiale des destinations culturelles. Sous la houlette du Général d’armée Assimi Goïta, qui a décrété 2025 « Année de la Culture », le pays retrouve ce qui fait sa force depuis des siècles : l’alliance entre l’esprit, la création et la résistance.

Un voyage hautement symbolique

Ces visiteurs russes ne sont pas seulement venus admirer les mosquées de terre et les manuscrits anciens de la « ville aux 333 saints ». Leur périple a valeur de manifeste. Il dit que le Mali reste debout, ouvert, hospitalier, et qu’il ne cédera ni à la peur ni à l’isolement. Sous la protection vigilante des FAMa, ils ont visité les sites historiques et la Salle Ali Farka Touré, en cours de rénovation, qui accueillera la Biennale Artistique et Culturelle ainsi que le Forum Mondial des Civilisations prévus en décembre prochain. Deux événements phares qui entendent replacer le Mali au cœur du dialogue culturel mondial.

Le ministre Mamou Daffé, artisan infatigable de la renaissance culturelle, l’a souligné : « Cette visite positionne Tombouctou comme un pôle touristique majeur et confirme la relance du tourisme international. » Derrière cette phrase sobre, se cache une vérité plus profonde : celle d’un Mali qui transforme chaque épreuve en tremplin, chaque blocus en opportunité, chaque crise en démonstration de souveraineté. Là où d’autres voyaient la fin, Bamako écrit un recommencement.

Un Mali debout, fidèle à lui-même

On disait le pays replié sur lui-même ; il s’ouvre au monde par la culture. On le disait à genoux ; il se tient droit, sûr de ses choix et de ses alliances. On le disait isolé ; il accueille de nouveaux amis venus saluer la beauté de son patrimoine et la résilience de son peuple. C’est peut-être là, dans ce sable de Tombouctou foulé par des visiteurs étrangers, que s’écrit la véritable image du Mali : celle d’une nation fière, qui reconquiert sa place, non par la soumission, mais par la dignité.

Parce qu’au Mali, la résistance a toujours pris le visage de la culture. Et quand les armes se taisent un instant, ce sont les tambours, les mots et la mémoire des pierres qui rappellent au monde que ce pays, décidément, n’a jamais cessé de tenir debout.

A.D

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La mine de lithium de Bougouni en construction au Mali.
A la UneÉconomie

Inauguration de la deuxième mine de lithium du Mali : Le président Assimi Goïta attendu à Bougouni ce lundi 

by Cheickna Coulibaly 2 novembre 2025
written by Cheickna Coulibaly 2 minutes read

Le général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition, est attendu ce lundi 3 novembre 2025, dans la région de Bougouni, pour présider la cérémonie officielle d’inauguration de la mine de lithium de Bougouni, un projet stratégique pour l’économie nationale et le développement industriel du Mali. Cette inauguration intervient quelques mois seulement après celle de la mine de Goulamina, ouverte en décembre 2024, faisant du site de Bougouni la deuxième mine de lithium du pays.

Le projet, qui se déploie progressivement, est développé par Les Mines de Lithium de Bougouni SA (LMLB SA), filiale de Kodal Mining UK Ltd, en partenariat avec Hainan Mining Co. Ltd, filiale du groupe chinois Fosun. L’État malien et des investisseurs locaux détiennent 35 % du capital, garantissant ainsi une participation directe du pays à la gouvernance et aux retombées économiques.

Une cérémonie riche en symboles 

La première phase d’exploitation, centrée sur le gisement de N’Gouanala, permettra une production annuelle d’environ 120 000 tonnes de concentré de spodumène, un composant essentiel dans la fabrication des batteries au lithium. L’investissement initial pour cette phase est estimé à 65 millions de dollars américains, tandis que la phase 2, prévue à moyen terme, devrait porter la capacité totale à près de 250 000 tonnes par an.

L’arrivée du président de la Transition à Bougouni revêt une portée hautement symbolique, illustrant la volonté du gouvernement de valoriser les ressources naturelles nationales et de stimuler la création d’emplois durables. La cérémonie rassemblera les membres du gouvernement, les responsables de la société minière, les autorités locales et les populations de la région mobilisées pour l’événement.

Des retombées positives pour les communautés

Le projet minier de Bougouni génère déjà plusieurs centaines d’emplois directs et indirects et participe activement au développement local. Parmi les réalisations figurent la construction de routes communautaires, la réhabilitation d’écoles, l’appui aux services de santé, ainsi que des programmes de sensibilisation et de protection de l’environnement. L’entreprise met également en œuvre un plan de gestion environnementale axé sur le recyclage des déchets, le suivi de la qualité de l’eau et la réduction des nuisances sur les populations riveraines.

Après Goulamina, la mise en exploitation de Bougouni confirme sa place parmi les pays africains émergents dans le domaine du lithium, ressource stratégique pour la transition énergétique mondiale. Ce développement renforce la souveraineté économique du pays et ouvre la voie à une meilleure valorisation locale de ses ressources minières.

Cheickna Coulibaly, envoyé spécial à Bougouni 

2 novembre 2025 0 comments
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Penurie de carburant
A la UneAnalyses

Le Mali d’aujourd’hui, la Chine d’hier : l’histoire se répète, autrement

by Chiencoro 1 novembre 2025
written by Chiencoro 6 minutes read

L’histoire, dit-on, est la plus exigeante des maîtresses. Elle n’accorde sa clémence qu’à ceux qui acceptent d’apprendre d’elle. De la Chine de Mao Zedong au Mali du général Assimi Goïta, deux époques, deux contextes, deux civilisations – mais une même obsession : reconstruire un pays jadis humilié, affaibli, morcelé, en lui redonnant la maîtrise de son destin. La révolution chinoise fut un chemin de souffrance ; la refondation malienne, elle, est un chemin de lucidité. Les deux procèdent d’un même impératif : celui de la souveraineté retrouvée.

Lorsque Mao Zedong proclama la République populaire de Chine, le 1er octobre 1949, il ne promettait pas le confort. Il annonçait plutôt la douleur. Pendant une décennie, son peuple connut la faim, la peur, les purges et la désillusion. Le Grand Bond en Avant — qui devait transformer des paysans en sidérurgistes et une nation en empire industriel — se mua en catastrophe.

Mais, sous les cendres de cette tragédie, la Chine comprit qu’aucune souveraineté ne se gagne sans discipline collective, sans sacrifice, sans solidarité et sans endurance nationale. Aujourd’hui, dans le Sahel, c’est ce même principe, transposé au XXIᵉ siècle, que le Mali réapprend à incarner.

Le Mali et la tentation du Bond en Avant

Depuis 2020, Bamako avance à contre-courant du monde, frappé par des sanctions « illégales, illégitimes et inhumaines », fragilisé par la guerre qui lui a été imposée depuis plus d’une décennie par des partisans du chaos contrôlé, mais mû par la certitude qu’il faut se reconstruire par soi-même ou disparaître. Le général Assimi Goïta, à sa manière, mène une révolution silencieuse – non pas idéologique, mais souverainiste. Là où Mao exaltait la dictature du prolétariat, Goïta exalte la « dictature » du devoir national : celle d’un peuple qui refuse d’être administré depuis l’extérieur.

L’armée malienne n’est pas la Garde rouge, mais elle porte la même fonction symbolique. Car elle est aussi un instrument de régénération, un levier de refondation. Dans les casernes comme dans les villages, la conscience se forge. Dans ces endroits comme dans beaucoup d’autres, les uns et les autres commencent à comprendre que la souveraineté ne se décrète pas, mais qu’elle se construit dans la rigueur, la patience et parfois la douleur.

Du chaos à la reconstruction : la leçon chinoise

La Chine de Mao a saigné pendant dix (10) ans pour renaître. Ses campagnes ont été vidées de leurs forces, ses villes purgées de leurs élites, mais de ce chaos est née une structure d’État qui, quelques décennies plus tard, sous Deng Xiaoping, allait propulser le pays vers la première place mondiale.

Le Mali, lui aussi, traverse son moment dialectique : entre l’effondrement et la renaissance. Le terrorisme a érodé ses territoires, les sanctions économiques d’organisations sous-régionales inféodés aux parrains du terrorisme international, mécontents de leur départ du Mali et des pays du sahel, et donc de la fin de leur entreprise machiavélique dans ces zones, ont paralysé son commerce. Mais dans cette épreuve, un instinct collectif émerge : celui de ne plus confier son destin aux autres. C’est dans cette dynamique que les autorités maliennes de la transition ont ouvert dès leur arrivée au pouvoir un vaste chantier de refondation de l’État du fond en comble. Des réformes qui touchent jusqu’au comportement des citoyens. Car comme préfère le rappeler à juste titre le président de la transition, « il n’y a pas de Mali Kura sans le maliden kura ». Il faut refonder l’État en même temps que les citoyens afin d’éradiquer des maux qui entravent le développement du pays depuis des décennies, à savoir des pratiques de mauvaise gouvernance qui dilapidaient les fonds publics ou pire les extravertissaient. 

Les autorités maliennes ont donc entamé par refonder la loi fondamentale du pays. En juillet 2023, une nouvelle constitution a été adoptée afin de prendre en compte les nouvelles orientations du pays et le propulser au niveau des autres nations émergentes. Dans le secteur économique et financière, plusieurs réformes ont eu lieu, dont la relance des industries et entreprises (COMATEX, UMPP, etc) à l’arrêt depuis belle lurette. Il faut noter aussi la relance du chemin de fer mais aussi la réforme du Code minier et de son Contenu local afin d’augmenter les marges de l’État dans les entreprises minières. 

Aussi sur le plan de la défense et de la sécurité, le pays a directement entamé la dénonciation des accords léonins qui sous-traitaient sa sécurité. Ce qui a rapidement nourri des adversités visant à saboter le grand Bon en avant enclenché par les autorités maliennes de la transition. Mieux, la création du bloc tryptique avec le Niger et le Burkina Faso, dans le cadre de la Confédération des États du sahel (AES), créée le 6 juillet 2024, avec comme mission la restauration de la sécurité et le développement de ces nations sahéliennes longtemps victimes de la mainmise extérieure, a aggravé les choses.   

Comme la Chine, le Mali comprend donc que la souveraineté est un processus, non un slogan. Que la fierté nationale exige des fondations solides : école, armée, industrie, livre, et conscience historique. C’est dans cette dynamique que le président de la transition a entamé la rénovation des établissements scolaires du pays dès son investiture. Cette rénovation a concerné aussi bien les fondamentales que les secondaires, notamment les lycées afin de créer plus de conditions d’études pour les élèves.  

La souveraineté comme école de douleur et de dignité

Entre Mao et Goïta, il y a un demi-siècle et un monde de différences. Mais il y a aussi une vérité commune : toute refondation est une épreuve initiatique. La Chine a survécu à la famine, à la peur, à l’isolement international pour devenir la deuxième puissance mondiale. Le Mali, lui, affronte la pénurie du carburant, la guerre asymétrique, la reconstruction de l’État, également la tentative désespérée d’isolement international.

Les routes sont différentes, mais la destination reste la même : la maîtrise de son destin. Et si le Grand Bond en Avant a coûté à la Chine des millions de vies, il a aussi forgé un caractère national inébranlable. Le Mali, fort de sa mémoire, choisit la voie de la patience, de la cohésion et du savoir.

Les nations ne se construisent pas dans la facilité. Elles s’éprouvent dans la faim, dans la peur, dans le doute. Le Mali d’aujourd’hui, comme la Chine d’hier, apprend à vivre debout dans un monde qui le préfère à genoux. Mais là où Mao imposait le silence, le Mali choisit la conscience. C’est là toute la différence entre la révolution et la refondation : la première consume, la seconde éclaire. 

Entre l’ombre de Mao et la lumière de Bamako, il y a la même leçon universelle : aucune douleur n’est vaine quand elle accouche d’une souveraineté lucide.

Chiencoro Diarra 

1 novembre 2025 0 comments
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Pénurie du carburant au Mali
Économie

Vente de carburant au Mali : Le gouvernement met de l’ordre 

by Sidi Modibo Coulibaly 1 novembre 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

Face à la pénurie de carburant, les autorités nationales ont pris des mesures draconiennes pour réapprovisionner en quantité le pays. Et la situation est en train de revenir à la normale. Cependant, les populations peinent à obtenir du carburant tant le circuit de distribution est mal organisé pour diverses raisons. Pour mettre fin à cela, le gouvernement a pris un Arrêté interministériel.

Qui d’entre nous ne vit pas le calvaire dans la recherche du carburant ? Pourtant, les autorités se battent quotidiennement pour que les populations soient ravitaillées. Cette volonté de satisfaire les populations avait été affirmée par le Premier ministre en ces termes : « Même s’il faut aller chercher du carburant avec des cuillères, nous le ferons. » C’est ainsi que des centaines de citernes, sous bonne escorte militaire, ont pu rallier Bamako et d’autres localités de l’intérieur. 

À titre d’illustration, un convoi de 1 233 citernes de carburant a fait son entrée à Bamako dans la nuit du 29 au 30 octobre 2025. Un réapprovisionnement du pays qui se fait au péril de la vie des chauffeurs et des forces de défense et de sécurité. Ce qui a fait dire au Premier ministre : « Le carburant que nous recevons, c’est du sang humain. » Malgré ce réapprovisionnement à hauteur, les populations peinent à obtenir le précieux liquide ou l’obtiennent dans des conditions les plus difficiles, à cause d’une spéculation et d’une anarchie créées autour de la chaîne de distribution.

Spéculation spontanément créée 

Dans le but de se procurer le précieux liquide, les citoyens ont pris d’assaut les stations-service. Beaucoup d’entre eux ont stationné leurs engins motorisés de part et d’autre des voies menant à ces stations. Ce qui a créé de très longues files d’attente d’engins motorisés. Une occasion trouvée par des individus sans foi ni loi pour créer la spéculation. Ces individus arrivent à se procurer facilement du carburant et les revendent à des prix exorbitants. Ainsi, le bidon de 20 litres d’essence qui coûte normalement 15 500 F CFA est revendu à 50 000 voire 60 000 F CFA. Le bidon de 1,5 litre est cédé à 5 000 voire 6 000 F CFA. 

Ces transactions, dans la plupart des cas, se font tout juste à côté des stations-service à la barbe et au nez de citoyens n’ayant pas de moyens financiers nécessaires. Des citoyens qui ont passé des nuits entières à veiller dans ces stations. Cette situation ne pouvait prospérer pour un gouvernement qui a le souci permanent de satisfaire les besoins des populations. C’est pourquoi, les autorités nationales ont frappé fort en prenant l’Arrêté interministériel N° 4930/MIC-MEF-MM-MSPC-MATD-SG du 30 octobre 2025. Un Arrêté qui est signé par cinq (05) ministres de la République.

Distribution permanente obligatoire décidée 

Désormais, les établissements de distribution de produits pétroliers visés par l’Arrêté interministériel, sont tenus de vendre le carburant 24 h sur 24 sur l’ensemble du territoire national. Autrement dit, les stations-service ont l’obligation de travailler de façon permanente jusqu’à nouvel ordre (article 2 de l’Arrêté). En outre, elles sont tenues de communiquer par semaine aux services du commerce leur situation sur les quantités reçues et vendues par catégorie de produit et les stocks restants ( article 3 de l’Arrêté). 

Selon l’article 4, la vente de carburant dans les bidons et autres récipients est formellement interdite, excepté celle destinée à alimenter les groupes électrogènes et les machines à usage domestique et professionnel. Toutefois, l’acheteur est tenu de présenter au gérant de la station-service tout document justifiant de l’exercice de ses activités ou de l’utilisation du produit. 

La nouvelle disposition souligne aussi que les services de sécurité et de protection civile assurent la sécurité dans les établissements de distribution de produits pétroliers. Comme pour lier l’écrit à l’acte, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile a effectué, le 31 octobre 2025, une visite de terrain dans deux stations-service de Bamako pour évaluer les conditions d’approvisionnement et de sécurité.

Il faut signaler que cette mesure vient s’ajouter à celle instruisant à la police militaire de veiller à ce qu’aucun porteur d’uniforme ne vienne semer l’anarchie dans les stations-service. Des stations-service avaient été, aussi, indiquées pour le ravitaillement de telle ou telle catégorie d’engins motorisés. 

Sidi Modibo Coulibaly

1 novembre 2025 0 comments
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