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Sommet des chefs d'Etats de l'AES
A la UneOpinion

AES : l’irréversible basculement qui fait trembler Paris et rassure l’Afrique

by Chiencoro 15 septembre 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Deux ans après sa création, l’Alliance des États du Sahel (AES) fascine bien au-delà de ses frontières. Un sondage exclusif réalisé pour Jeune Afrique, révèle que, malgré les critiques officielles et les mises en garde occidentales, les opinions publiques ouest-africaines plébiscitent ce bloc sahélien. Symbole d’une souveraineté reconquise et d’un rejet des tutelles anciennes, l’AES s’impose comme le laboratoire d’une nouvelle ère géopolitique africaine.

Il est des chiffres qui valent plus que de longs discours. 77 % des citoyens interrogés dans six pays francophones d’Afrique de l’Ouest jugent l’Alliance des États du Sahel (AES) « bonne ou très bonne », selon les résultats d’un sondage publié ce lundi 15 septembre 2025 par le média panafricain Jeune Afrique. Même en Côte d’Ivoire, fief d’Alassane Ouattara et bastion de l’orthodoxie pro-CEDEAO, 66 % des sondés affichent leur approbation. Deux ans après sa création à Bamako, l’AES est devenue plus qu’une alliance militaire. Elle incarne une idée-force, une alternative, presque un rêve collectif, expliquent nos confrères de Jeune Afrique, à la veille du deuxième anniversaire de la signature de la Charte du Liptako-Gourma, le 16 septembre 2023.

S’inventer un destin sans béquilles occidentales

Ce n’est pas un détail. Car ce plébiscite populaire survient alors même que les chancelleries occidentales, relayées par certaines ONG, tentent de réduire l’expérience sahélienne à un « espace de non-droit ». Or, la perception est têtue. Ce que voient et retiennent les peuples, ce sont les images fortes — le départ des troupes françaises, la reprise en main des mines d’uranium et d’or, la fin probable du système CFA en ligne de mire, l’affirmation d’une souveraineté assumée. Autant de gestes vécus comme une reconquête de l’indépendance, là où Paris et ses alliés ne veulent y voir qu’un « populisme autoritaire ».

La force de l’AES tient à ce paradoxe, selon les auteurs du sondage. En se libérant du joug françafricain, elle ne convainc pas seulement ses propres citoyens, mais suscite l’admiration des voisins. Et pour cause : dans une Afrique où la jeunesse étouffe sous le chômage, l’endettement et l’arrogance des vieilles élites, l’expérience sahélienne agit comme un électrochoc. Elle prouve qu’il est possible de dire non, de rompre les chaînes et de s’inventer un destin sans béquilles occidentales.

L’AES, le tombeau définitif de la Françafrique

On le sait, à Paris comme à Abidjan, ce message dérange. Car derrière le sondage, c’est une lame de fond qu’il faut lire : la fin de l’hégémonie française et la décomposition progressive du système CEDEAO. La popularité de l’AES, loin d’être un feu de paille, traduit une recomposition géopolitique irréversible. Une Afrique francophone qui, pour la première fois depuis soixante ans, regarde son avenir sans demander la permission.

Reste une évidence : l’AES n’est pas un épiphénomène, mais le symptôme d’un basculement irréversible. Là où les élites pro-occidentales parlent encore de « sanctions » ou de « retour à l’ordre constitutionnel », les peuples, eux, célèbrent une souveraineté retrouvée. Et si l’Occident, englué dans ses obsessions sécuritaires, voit dans l’alliance sahélienne une menace, les populations y lisent au contraire une promesse — celle d’un avenir où les décisions ne se prennent plus à Paris, mais à Bamako, Ouagadougou ou Niamey.

C’est cette réalité têtue qui ronge aujourd’hui l’influence française et fissure le vieux système CEDEAO. L’histoire retiendra que l’AES a été le tombeau définitif de la Françafrique. Et que, deux ans après sa naissance, ce bloc sahélien aura su imposer à ses voisins — et au monde — une vérité simple : la souveraineté, même balbutiante, reste infiniment plus séduisante que la tutelle éternelle.

Chiencoro Diarra 

15 septembre 2025 0 comments
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Se marier ou rester celibataire
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Pourquoi de plus en plus de jeunes Maliens choisissent de rester célibataires

by Cheickna Coulibaly 14 septembre 2025
written by Cheickna Coulibaly 4 minutes read

À Bamako, le célibat volontaire prend de l’ampleur. Selon la Septième Enquête Démographique et de Santé du Mali (EDSM-VII 2023–2024, INSTAT), la proportion de célibataires est plus élevée chez les hommes (47 %) que chez les femmes (21 %). Pour certains, ce célibat s’explique par des contraintes économiques ou des expériences douloureuses ; pour d’autres, il s’agit d’un choix réfléchi, inspiré par la quête de liberté, de réussite professionnelle ou d’indépendance. Le mariage n’est donc ni rejeté ni abandonné, mais redéfini selon les priorités de chacun.

Dans les rues animées de la capitale, des grins aux marchés bondés, les jeunes discutent, travaillent ou prennent le thé. La statistique officielle révèle que près d’un homme sur deux reste célibataire, contre une femme sur cinq. Derrière ces chiffres se cache une mosaïque de motivations, entre désir de liberté, difficultés financières et prudence face à l’engagement.

Stabilité financière et respect mutuel

Pour beaucoup, rester seul n’est pas un choix mais une nécessité. Amadou Traoré, 27 ans, conducteur de moto-taxi à Djaneguela, rêve de mariage. « J’aimerais me marier, mais je n’ai pas encore les moyens de payer la dot ni de m’installer », confie-t-il. Aminata Coulibaly, 22 ans, vendeuse de beignets, ajoute : « Beaucoup de jeunes filles veulent se marier, mais elles savent que sans moyens, ça restera un rêve. Alors elles attendent, parfois longtemps. »

D’autres, au contraire, privilégient leur liberté. Fatoumata Diarra, 24 ans, étudiante en commerce, explique : « Être mariée signifie moins de liberté. Je préfère profiter de ma vie et faire ce que je veux. » Souleymane Koné, 29 ans, employé dans une librairie, abonde dans le même sens : « Pour moi, le mariage n’est pas une obligation. Je préfère voyager, travailler, rencontrer des gens, avant de me lancer dans une vie de couple. »

Certaines jeunes femmes, elles, voient dans le célibat une stratégie. Aïssatou Sangaré, 26 ans, employée dans une agence de communication, affirme : « Je ne veux pas m’engager à n’importe quel prix. Je préfère attendre quelqu’un qui pourra m’offrir une sécurité. » Kadiatou Cissé, 27 ans, complète : « J’ai des exigences claires pour mon futur mari : stabilité financière et respect mutuel. Si ça ne correspond pas, je préfère rester célibataire. »

Entre expériences passées et modèles de célébrités

Pour d’autres encore, ce choix découle d’expériences douloureuses. Moussa Diarra, 30 ans, se souvient : « Je me suis marié très jeune et ça n’a pas marché. Depuis, je préfère rester seul. » Mariam Bengaly, 28 ans, confie : « J’ai vécu une relation difficile qui m’a appris à ne pas me précipiter. Désormais, je prends le temps de me connaître avant de songer au mariage. »

Les modèles de célébrités influencent aussi les jeunes. Ousmane Traoré, 23 ans, étudiant en finance, explique : « Je regarde Sidiki Diabaté, Cristiano Ronaldo… Ils ont tout pour eux et pourtant, ils repoussent le mariage pour leur carrière. Ça m’inspire. Je veux réussir d’abord, faire fortune, avant de me marier. Comme on dit : “Si tu veux changer le monde, fais-le en étant célibataire. Une fois marié, même ta télécommande ne t’appartiendra plus.” »

Pressions sociales et sagesse des aînés

À ce tableau s’ajoute la pression sociale. Ibrahim Sangaré, 25 ans, raconte : « Dans ma famille, le mariage est obligatoire à un certain âge. Mais je ne me sens pas prêt. Pour éviter les conflits, je reste célibataire et j’encaisse la pression de mes parents. » Fatou Coulibaly, 23 ans, étudiante en droit, nuance : « Beaucoup de jeunes filles subissent les pressions familiales, mais choisissent d’attendre pour éviter un mariage malheureux. »

Le regard des aînés apporte une note d’équilibre. Mariama Diarra, 52 ans, mariée depuis 30 ans et mère de trois enfants, conseille : « Je ne juge pas les jeunes qui restent célibataires. Chacun a ses raisons. Mon conseil, c’est de ne pas se précipiter et de construire son avenir avant de s’engager. »

Ainsi, à Bamako, le célibat — qu’il soit choisi ou subi — ne reflète pas seulement un rejet du mariage. Il traduit un mélange complexe de contraintes économiques, de stratégies personnelles, d’expériences passées, d’attentes sociales et culturelles, mais aussi de nouvelles aspirations portées par les jeunes générations.

Cheickna Coulibaly

14 septembre 2025 0 comments
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SENARE 2024
A la UnePolitique

SENARE 2025 : Quand l’héritage culturel rassemble les Maliens et les peuples de l’AES

by Cheickna Coulibaly 14 septembre 2025
written by Cheickna Coulibaly 3 minutes read

Le Mali s’apprête à vivre, du 15 au 21 septembre 2025, la quatrième édition de la Semaine nationale de la Réconciliation. Cette initiative, née d’une volonté politique et citoyenne de tourner les pages douloureuses du passé, veut offrir à tous les Maliens, ainsi qu’aux peuples frères du Burkina Faso et du Niger, un espace de rencontre, de dialogue et de partage autour d’un bien commun : la culture.

Le thème retenu cette année, « Héritage culturel : facteur de paix et de cohésion sociale dans l’espace AES », traduit l’ambition d’aller puiser dans les racines profondes des sociétés sahéliennes des réponses aux défis du présent. Car depuis toujours, les alliances traditionnelles, les pactes de cousinage, les danses populaires, les contes et les récits transmis par les anciens ont servi de repères et de garde-fous pour préserver la paix et désamorcer les conflits.

La jeunesse et les femmes 

La cérémonie d’ouverture, prévue le lundi 15 septembre au Centre International de Conférences de Bamako, se déroulera sous le haut parrainage du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, et sous la Haute Présidence du Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga. Cette rencontre solennelle marquera le coup d’envoi d’une semaine dense et riche en activités.

Conférences, panels, débats citoyens, expositions, projections artistiques, caravanes de sensibilisation et prières collectives jalonneront le programme. Dans les rues de Bamako comme dans les villages les plus reculés, dans les espaces publics comme dans les orphelinats, des voix multiples s’élèveront pour rappeler que la paix n’est pas seulement une affaire d’État, mais aussi un engagement quotidien porté par chaque citoyen.

Les jeunes auront une place de choix dans cette édition. À travers des compétitions sportives, des ateliers artistiques et des espaces de dialogue, ils seront invités à réfléchir sur leur rôle dans la transmission des valeurs de tolérance et de solidarité. Les femmes, quant à elles, animeront des panels sur leur rôle central dans la réconciliation, elles qui portent la mémoire des familles et qui tissent les liens invisibles entre les générations.

La SENARE, une grande fête nationale

Un moment fort sera sans doute la Nuit de la Réconciliation, organisée au CICB. Entre prestations artistiques, causeries et remise du Prix annuel de la Paix, cette soirée se veut à la fois festive et symbolique. Elle mettra en lumière celles et ceux qui, dans l’ombre, œuvrent chaque jour pour préserver la paix, renforcer la cohésion sociale et donner un sens concret à l’unité nationale.

Mais la SENARE 2025 ne se limite pas à Bamako. Dans toutes les régions du Mali, des activités adaptées aux réalités locales seront organisées : plantation d’arbres symboliques, veillées de contes, matchs de football intercommunautaires, concerts, cérémonies de bénédictions. Même la diaspora, à travers les ambassades et missions diplomatiques, prendra part à cette dynamique collective.

Plus qu’un calendrier d’événements, la SENARE se veut une grande fête nationale de la mémoire et de l’espérance. Elle rappelle à chacun que les valeurs héritées des ancêtres ne sont pas de simples souvenirs, mais des ressources précieuses pour reconstruire le tissu social et tracer la voie d’un avenir commun.

En 2025, année de la Culture au Mali, cette édition revêt une signification particulière. Elle est une invitation à transformer les chants, les danses, les récits et les symboles en outils de réconciliation et de développement. À travers elle, le Mali affirme son rôle de pionnier dans la diplomatie culturelle et son attachement indéfectible à la paix.

Cheickna Coulibaly 

14 septembre 2025 0 comments
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Le Colonel Assimi Goïta au Sommet Russie-Afrique.
A la UneÉconomie

Au Mali, le coup de maître de Bamako face au géant Barrick

by Chiencoro 13 septembre 2025
written by Chiencoro 2 minutes read

En débauchant Hilaire Diarra, figure respectée du secteur minier et ancien cadre stratégique de Barrick, les autorités maliennes de la transition marquent un point décisif dans le bras de fer engagé avec le géant canadien. Désormais, c’est l’État malien qui impose son tempo et non les multinationales.

Nouvelle déconvenue pour Barrick Mining. Après avoir vu, le 16 juin dernier, la mine stratégique de Loulo-Gounkoto placée sous administration provisoire, le groupe canadien vient de subir une nouvelle perte symbolique, mais hautement politique.  Hilaire Bebian Diarra, ex-directeur général de la mine d’or de Tongon (Côte d’Ivoire), a été nommé en août conseiller spécial du président de la Transition, le général Assimi Goïta.

Un choix hautement stratégique

Spécialiste reconnu en sciences de la Terre, Diarra n’est pas un technicien ordinaire. C’est l’un des cadres les plus expérimentés du secteur aurifère ouest-africain, ayant longtemps travaillé au cœur des opérations de Barrick. Son ralliement à Bamako consacre une bascule. Le Mali, troisième producteur d’or du continent, démontre qu’il n’entend plus laisser à des sociétés étrangères le monopole du savoir-faire et du pilotage stratégique.

Cette nomination intervient dans un contexte où les autorités de Transition ont multiplié les signaux de fermeté vis-à-vis des multinationales extractives. L’or, ressource vitale qui représente près de 75 % des recettes d’exportation du pays, ne peut plus être un simple gisement de rente pour des intérêts extérieurs. L’arrivée de Diarra au palais de Koulouba illustre une logique désormais assumée. Il s’agit de transformer le capital humain et l’expertise locale en levier de souveraineté.

Un signal au-delà du Mali

Pour Barrick, la perte est double. D’un côté, le groupe est affaibli par la mise sous tutelle de Loulo-Gounkoto, fleuron de sa présence au Mali ; de l’autre, il voit l’un de ses anciens piliers régionaux rejoindre l’adversaire. Au-delà du symbole, c’est tout un rapport de force qui bascule. À Bamako, certains évoquent déjà « la fin du temps des concessions » où les États se contentaient de royalties symboliques en échange de ressources stratégiques.

Avec ce recrutement, le Mali laisse comprendre que le temps de la dépendance est révolu, place à l’affirmation souveraine. Dans le Sahel confédéré au sein de l’AES (Mali, Burkina Faso, Niger), cette décision est perçue comme une étape supplémentaire d’un processus irréversible, à savoir la maîtrise nationale des ressources naturelles.

Chiencoro Diarra 

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Le president francais Emmanuel Macron
A la UneAnalyses

Dette, colère sociale et institutions à bout de souffle: la France au bord du gouffre

by Sahel Tribune 13 septembre 2025
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Sous tension politique, enlisé dans la dette et miné par une société en colère, l’Hexagone vit en 2025 l’une des crises les plus profondes de son histoire contemporaine. Entre fragilité économique, effondrement institutionnel et perte d’influence en Europe, la France se découvre au bord d’un déclassement irréversible.

L’histoire s’écrit parfois dans le silence d’un désert et la poussière d’un convoi militaire. Ce 16 septembre 2023, à Bamako, Ouagadougou et Niamey, les chefs de l’État décident d’unir leur destin et de signer ce qui, rétrospectivement, apparaîtra comme un acte fondateur : la naissance de l’Alliance des États du Sahel (AES). Officiellement conçue comme un pacte de solidarité militaire et politique, cette confédération est devenue, deux ans plus tard, l’un des principaux catalyseurs de l’affaiblissement structurel de la France en Afrique et, par ricochet, sur la scène mondiale.

La crise française est totale

Bien avant la création de cette alliance, la perte d’influence de la France dans ces pays avait déjà commencé à travers notamment l’éviction de Barkhane et des bases françaises. Une perte qui s’est acceléré avec la perte progressive des gisements stratégiques comme l’uranium nigérien, l’érosion inexorable des parts de marché françaises et la montée en puissance de nouveaux partenaires — Russie et Chine en tête. Des situations qui ont redessiné les équilibres d’une région longtemps considérée comme l’arrière-cour de Paris. L’AES, par son existence même, a transformé le Sahel en laboratoire d’émancipation postcoloniale, révélant aux yeux du monde l’obsolescence d’un système françafricain à bout de souffle.

Car la rupture ne se limite pas à la sphère économique ou militaire. Elle est symbolique et presque civilisationnelle. Pour la première fois depuis l’indépendance, des États sahéliens imposent leur tempo et contraignent la France à réagir, souvent trop tard, toujours en position défensive. L’Hexagone, affaibli à domicile par une dette abyssale et une crise institutionnelle rampante, ne peut plus maintenir ses positions extérieures. Le Sahel est devenu le miroir cruel d’une puissance en déclin, incapable d’empêcher l’inévitable recomposition géopolitique en cours.

On le répète depuis des mois, mais les chiffres, eux, ne mentent pas. Jamais, depuis 1958, la Cinquième République n’avait traversé une telle zone de turbulences. Politique, économique, sociale : la crise française est totale, systémique, et pose une question qui dépasse la seule actualité conjoncturelle — le modèle hexagonal, longtemps célébré pour son équilibre entre État fort, protection sociale et vitalité démocratique, est-il encore viable ?

Les racines d’un mal ancien

Tout commence avec une réalité budgétaire implacable : depuis 1974, aucun budget équilibré. Une trajectoire de dette publique passée de 14 % du PIB il y a un demi-siècle à plus de 113 % aujourd’hui, soit 3 345 milliards d’euros. Les crises successives — 2008, le Covid — n’ont fait qu’accélérer une pente déjà glissante. Mais réduire le mal français à ses chiffres de dette serait réducteur. Car le pays souffre d’un double handicap : une compétitivité industrielle en berne et un système partisan laminé.

Pendant que Berlin s’appuyait sur son Mittelstand pour imposer une industrie à forte valeur ajoutée, Paris s’est contenté d’un « milieu de gamme » peu compétitif. Résultat : déficit commercial chronique et taux d’emploi faible (68 %, contre 77 % outre-Rhin).

Et puis, il y a l’explosion du vieux système politique : PS et LR relégués à des marges microscopiques, et à la place, un triangle infernal — macronistes au centre, RN à droite, LFI à gauche. Tripolarisation brutale, fin du compromis, paralysie institutionnelle.

Économie et société en apnée

Au sommet de cette pyramide vacillante, un président, Emmanuel Macron, qui aura incarné à la perfection l’hybris jupitérienne. Dissolution en juin 2024, faite presque par convenance personnelle, chute successive de cinq Premiers ministres en moins de deux ans, multiplication des 49.3 et des ordonnances… jamais la personnalisation du pouvoir n’avait atteint un tel degré. Le problème de la France, diront certains, se résume à un seul homme : un chef de l’État qui n’écoute rien ni personne et dont l’autorité ne tient plus que par la répression.

Avec une croissance attendue de 0,6 % en 2025 — la plus faible depuis 2012 hors Covid — et une productivité en recul, la France est menacée d’une « stagnation séculaire ». Le chômage des jeunes explose (+8,5 % fin 2024), la pauvreté ne recule pas, et la colère sociale gronde. Le 10 septembre dernier, entre 175 000 et 250 000 manifestants ont défilé sous la bannière « Bloquons tout », énième symptôme d’une société fragmentée, désabusée, qui ne croit plus aux promesses d’un État incapable de réformer autrement qu’à coups de rustines. Après cette mobilisation du mercredi dernier, ce mouvement de contestation veut s’inscrire ses actions dans la durée. Plusieurs actions sont prévues ce samedi 13 et dimanche 14 septembre.

Risques systémiques

Tout y est : dette insoutenable, déficit abyssal, menace de déclassement par les agences de notation, taux d’emprunt supérieurs à ceux de l’Italie. Et surtout une architecture institutionnelle incapable de gérer la tripolarisation. « Crise constitutionnelle », alerte Robert Boyer, du CNRS, qui voit converger crises économiques, sociales, politiques et budgétaires dans un tourbillon dangereux.

À Bruxelles, Paris n’impressionne plus. Pendant que Giorgia Meloni, en Italie, projette une image de solidité, la France devient le « malade de l’Europe ». Affaiblie à l’intérieur, marginalisée à l’extérieur, le pays risque la double peine : perdre sa cohésion et son influence.

Et maintenant ?

À Paris, certains veulent croire à une parenthèse, à un accident de l’histoire que de nouvelles générations d’élites africaines refermeront. Mais il s’agit là d’un malentendu. Ce qui se joue au Sahel, avec l’AES comme étendard, relève moins d’un simple rééquilibrage que d’un basculement durable. La perte de ressources, de marchés et d’influence n’est pas réversible. Elle traduit une dynamique structurelle où la souveraineté africaine avance au rythme où recule la rente géopolitique française.

L’AES aura donc précipité le déclin français en révélant la réalité. Loin d’être l’exception, elle annonce ce que sera demain la relation de l’Afrique avec l’Occident — une relation débarrassée de ses tutelles, ouverte à d’autres horizons, ancrée dans l’idée de dignité retrouvée. Pour la France, l’histoire est peut-être cruelle, mais elle est implacable : le temps des protectorats déguisés est révolu. Le Sahel en aura été l’acte de décès officiel.

Mais rien n’est irrémédiable, mais le temps presse. Réformer, simplifier, innover, redresser les finances, restaurer la compétitivité, repenser les institutions — autant de chantiers herculéens, que Macron n’aura sans doute pas la légitimité pour mener à terme.

La France est à la croisée des chemins : électrochoc salvateur ou prélude à un déclin durable. Une certitude demeure : le modèle actuel, fait d’un État obèse, d’institutions présidentialistes et d’une économie qui s’essouffle, a atteint ses limites.

A.D

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Convoi de ravillaement à Kidal
Sécurité

Kidal ravitaillé : une véritable démonstration de force logistique 

by Sahel Tribune 12 septembre 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

À Kidal, l’arrivée d’un convoi de vivres et de carburant, escorté par les FAMa, dépasse la simple logistique. Dans une région longtemps perçue comme ingouvernable, le geste orchestré par le général Assimi Goïta résonne comme une démonstration de souveraineté retrouvée.

Un convoi de sept camions, escorté par les FAMa, chargé de riz, de farine, de carburant. Rien, à première vue, qui puisse faire trembler les colonnes des chancelleries occidentales ni émouvoir les stratèges des grandes capitales. Et pourtant, l’arrivée de ce convoi à Kidal, le 10 septembre dernier, relève d’un acte politique au sens le plus fort du terme. Un geste qui, dans l’histoire récente du Mali, pèse plus lourd qu’un communiqué diplomatique ou qu’une déclaration solennelle, surtout à un moment où l’on désinforme en annonçant des blocus sur des régions.

Une réaffirmation de l’autorité de Bamako

Kidal n’est pas une ville comme les autres. Cité emblématique du septentrion malien, longtemps sanctuaire des rébellions touarègues et caisse de résonance des ingérences extérieures, elle a cristallisé toutes les fractures du pays. Y voir passer, en toute sécurité, des camions de vivres et de carburant sous escorte nationale, c’est bien plus qu’un ravitaillement.  C’est la réaffirmation de l’autorité de Bamako, la preuve tangible que l’État ne se contente plus de proclamer sa souveraineté mais qu’il l’exerce, concrètement, sur le terrain.

Sous l’impulsion du général Assimi Goïta, chef de l’État et président de la Transition, l’opération est venue rappeler deux vérités. La première : le Mali, désormais membre de la Confédération des États du Sahel (AES), n’a plus le luxe du symbolique creux. Chaque action est conçue comme une réponse directe aux pénuries, aux menaces, aux doutes. La seconde : l’ennemi, qu’il soit terroriste ou commanditaire étranger, doit comprendre que les lignes rouges bougent. Kidal, naguère hors de portée, jusqu’au 14 novembre 2023, est depuis un maillon réintégré dans la chaîne nationale.

L’État par le réel 

En réalité, l’image des camions arrivant à Kidal ne prend tout son sens qu’à la lumière d’un précédent fondateur : la reprise de la ville par les Forces armées maliennes en novembre 2023. Depuis, après plus d’une décennie d’absence, l’administration nationale avait fait son retour dans cette cité longtemps considérée comme l’épicentre des rébellions et l’angle mort de la souveraineté malienne. Gouverneur, préfets, services techniques et forces de sécurité avaient réinvesti les lieux, rétablissant le drapeau national sur les bâtiments officiels et marquant, pour Bamako, la fin d’un cycle d’humiliation. Depuis, chaque acte posé à Kidal — qu’il s’agisse de l’approvisionnement en vivres ou de la reprise des services sociaux de base — n’est pas un simple geste de gestion. C’est une confirmation que l’État malien, après avoir regagné le terrain par les armes, entend l’occuper durablement par l’administration et le service public.

Pour les populations, qui ont enduré la rareté des produits de première nécessité après la fermeture de la frontière algérienne, l’arrivée de ces camions a valeur de souffle. Pour Bamako, elle équivaut à une proclamation silencieuse : le temps des zones grises est terminé. L’État revient, par l’alimentation, par le carburant, par l’armée. Bref, par le réel.

A.D

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Cavaliers
A la Une

Mali : pourquoi le 65 ᵉ anniversaire de l’indépendance s’annonce historique

by Chiencoro 12 septembre 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

À Bamako, les répétitions militaires ne trompent personne. Le 22 septembre sera célébré avec éclat. Plus qu’une fête, un message politique et militaire : le Mali, debout, entend rappeler aux terroristes et à leurs parrains qu’aucune force n’entamera sa souveraineté.

Mercredi matin, les Bamakois matutinaux ont cru un instant que la capitale s’était figée. Le boulevard de l’Indépendance, du génie militaire à l’École normale supérieure, n’était plus qu’un fleuve de kaki, saturé de porteurs d’uniforme. Même la place de l’Indépendance, sur les berges du fleuve Niger, s’était muée en camp retranché. Nulle circulation possible, nul passage autorisé. La raison ? Une répétition grandeur nature, réglée comme une parade, en prélude aux festivités du 22 septembre.

Le retour du faste après l’austérité

Depuis plus d’une décennie, les commémorations de l’indépendance se faisaient discrètes, presque effacées. En 2023, le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, avait annulé, après avoir annoncé une commémoration fastidieuse,  les cérémonies du 63 ᵉ anniversaire pour affecter le budget prévu au soutien des victimes d’attentats terroristes. Un geste fort, qui traduisait à la fois l’austérité patriotique et la solidarité nationale. Mais cette année, les signaux ne trompent pas ; le 22 septembre 2025 promet d’être célébré avec éclat, solennité et faste, comme pour réaffirmer une souveraineté conquise de haute lutte et jamais négociable.

Le choix est politique autant que symbolique. Faire défiler les troupes, occuper l’espace public, hisser haut les drapeaux. Autant de signes adressés aux groupes armés terroristes et à leurs commanditaires étrangers. Le message est limpide : ni leurs embuscades, ni leurs propagandes ne viendront entamer la détermination des Forces armées maliennes (FAMa) et de leurs alliés de l’Alliance des États du Sahel (AES). Dans cette guerre de longue haleine, la parade militaire devient aussi une parade psychologique. Il s’agit de montrer que l’État est debout, que le territoire est tenu, que l’armée est en ordre de bataille, que le moral est au beau fixe et que la victoire sur le mal est certaines et pas lointaine.

L’effacement d’un passé douloureux

Il n’est pas anodin, par ailleurs, de rappeler que la « fête de l’Azawad » — cette commémoration annuelle du 6 avril instaurée par le MNLA depuis 2012 — appartient désormais au passé. Plus personne ne l’évoque. Le temps des proclamations séparatistes est clos, et celui de l’unité nationale a repris ses droits. C’est d’ailleurs dans cette volonté d’unir les Maliens que les autorités ont élaboré la Charte pour la paix et la reconciliation nationale, issu du Dialogue inter-maliens. Cette évolution, largement saluée par les patriotes de l’intérieur comme de la diaspora, consacre une victoire silencieuse mais décisive. Le Mali célèbre une seule et même indépendance, celle de 1960.

Les Bamakois contraints à l’immobilité ce mercredi l’ont compris : ces embouteillages militaires annoncent sûrement un 22 septembre pas comme les autres. Le pouvoir de transition a choisi de renouer avec la grandeur symbolique d’une date fondatrice, tout en assumant l’héritage des sacrifices récents. Dans les défilés à venir se lira à la fois la mémoire des martyrs et l’affirmation d’un avenir commun, arrimé à la souveraineté retrouvée.

Ici, l’indépendance n’est plus une fête routinière ; elle devient une arme, un manifeste et une promesse.

Chiencoro Diarra 

12 septembre 2025 0 comments
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