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Polycrises 2025
Analyses

Monde en surchauffe : polycrises et fractures d’un ordre international en décomposition

by Chiencoro 11 septembre 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale la planète n’avait affronté un tel enchevêtrement de crises simultanées. En 2025, guerres conventionnelles, terrorisme, déplacements massifs, famines climatiques, menaces cyber et nucléaires dessinent les contours d’un monde au bord de l’implosion.

En apparence, rien ne relie les chars russes embourbés dans le Donbass, les drones du JNIM dans le Sahel, les avions chinois frôlant le ciel taïwanais, ou les déplacés climatiques du Soudan et du Bangladesh. Pourtant, tout se tient : une mécanique de polycrises où chaque fracture en alimente une autre, dans un système global fragilisé par la fragmentation géopolitique et l’épuisement des mécanismes multilatéraux. L’indice d’incertitude des politiques économiques n’a jamais été aussi élevé, et 305 millions d’êtres humains dépendent déjà d’une aide humanitaire d’urgence.

Les nouveaux épicentres du désordre

À l’Est, l’Ukraine demeure le champ de bataille d’un affrontement de civilisation : redéfinir les règles héritées de la guerre froide au prix d’un demi-million de morts. Au Moyen-Orient, l’onde de choc du 7 octobre 2023 a embrasé Gaza, le Liban et fait basculer la Syrie post-Assad dans l’inconnu. Plus au Sud, le Soudan détient le triste record de « plus grande crise humanitaire du monde » : 25 millions de personnes en insécurité alimentaire, 12 millions de déplacés. Quant au Sahel, 4,5 millions de déplacés, une insécurité endémique, et trois États (Mali, Burkina, Niger) qui, en claquant la porte de la CEDEAO, mettent en place une confédération militaire et politique, dénommée la Confédération des États du sahel (AES), créée en juillet 2024.

À ces foyers s’ajoute un accélérateur : le climat. Températures multipliées par 1,5 au Sahel, nappes phréatiques qui s’effondrent, désertification qui gagne. Chaque année, 22 millions de déplacés climatiques. Demain, 216 millions d’êtres humains contraints de migrer à l’intérieur de leurs frontières. En Afrique subsaharienne, ils pourraient être 86 millions d’ici 2050. L’insécurité alimentaire touche déjà 295 millions de personnes, la moitié des terres arables de la planète est dégradée.

Nouvelles conflictualités, nouveaux arsenaux

La cyberguerre est devenue le cinquième front : intelligence artificielle, deepfakes, attaques ciblées, malwares polymorphes — l’invisible est désormais stratégique. En parallèle, l’arsenal nucléaire mondial (12 200 ogives, dont 2 000 en alerte) repart à la hausse. La Chine, avec 100 nouvelles ogives par an, rejoindra bientôt le club fermé des parités avec Washington et Moscou. Et l’affrontement indo-pakistanais de mai 2025 a rappelé que l’arme nucléaire n’est pas un tabou, mais une tentation.

Dans ce puzzle chaotique, l’ordre multilatéral se délite. Les BRICS s’élargissent, l’AES s’alie derrière de nouveaux partenariats « gagnat-gagnat », la France se retire d’Afrique de l’Ouest, les États-Unis doutent de leur rôle global. Les règles se dissolvent, les arbitrages s’épuisent, la violence reprend ses droits comme outil de régulation des rapports de force.


Le monde de 2025 ressemble à une poudrière aux mèches multiples. Les crises s’additionnent, se croisent, s’amplifient. À moins d’une diplomatie préventive vigoureuse et d’une coopération internationale refondée, l’alternative est claire : la table des négociations ou le champ de bataille.

Chiencoro Diarra 

11 septembre 2025 0 comments
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Port du Hidjab à Bamako
A la UneSeko ni Donko

Hidjab ou tresses : les dilemmes identitaires des jeunes filles de Bamako

by Cheickna Coulibaly 11 septembre 2025
written by Cheickna Coulibaly 5 minutes read

Traditionnellement, le port du hidjab intégral s’intensifiait pendant le mois de Ramadan, période de grande piété collective. Mais à Bamako, la pratique dépasse le seul calendrier religieux. Le regard est vite attiré par de jeunes filles enveloppées de noir de la tête aux pieds. Certaines portent le hidjab par foi, d’autres par habitude familiale ou par choix personnel, entre modernité, traditions et influences extérieures.

Dans les rues de la capitale malienne, certaines jeunes filles ne laissent apparaître que leurs yeux, d’autres ajustent leur voile, seules ou en groupe, d’un pas pressé vers l’école ou vers les marchés animés. Ici, on parle de hidjab, même si ailleurs on l’appelle niqab. Dans certaines familles, le phénomène est visible tout au long de l’année, bien au-delà du seul mois de Ramadan.

Plus une fille se voile tôt, plus elle grandira dans la piété

Pour comprendre pourquoi certaines jeunes filles choisissent de porter le hidjab, nous avons rencontré Aïssata Traoré, 28 ans, qui explique son expérience personnelle. « Au départ, c’était pendant le Ramadan, pour montrer plus de respect à Dieu », raconte Aïssata. Mais rapidement, elle a gardé la tenue au-delà du mois sacré. Aujourd’hui, elle confie qu’il y a aussi une part de style dans ce choix : « J’aime le design et la légèreté de certains hidjab modernes. Ils ne sont pas trop voyants et ne sont pas lourds à porter, donc c’est plus facile de les garder toute la journée. Mon mari aussi aime me voir couvert pour sortir. »

Pour d’autres, le hidjab cache une partie de leur identité esthétique. Mariam Coulibaly, 16 ans, adore se faire tresser. Mais dès qu’elle enfile son hidjab, ses longues tresses disparaissent sous le tissu. « Franchement, je n’aime pas me voiler quand je suis superbement tressée. Ça gâche la beauté », glisse-t-elle, un peu gênée.Malgré ses réticences, Mariam finit souvent par porter le hidjab pour sortir de chez elle. « Ce n’est pas vraiment mon choix, mais dans la rue, les regards sont insistants si tu ne le mets pas », explique-t-elle. À cela s’ajoute la conviction de son père : « Mon père est persuadé que plus une fille se voile tôt, plus elle grandira dans la piété. Alors, par respect pour lui, je le mets, même si parfois j’aimerais sortir juste avec mes tresses. »

Le poids de la famille

Dans les familles, les avis divergent. Hawa Koné, mère de trois filles, adopte une approche détendue : « Chez moi, je laisse mes enfants choisir. Si elles veulent porter le hidjab, très bien. Si elles ne veulent pas, ça me va aussi. Je leur explique simplement que c’est un signe de respect et de piété, mais que cela ne doit jamais devenir une contrainte. Je veux qu’elles associent le hidjab à un choix personnel, pas à une obligation. »

À l’inverse, dans les familles wahhabites, le port du voile intégral est imposé dès le plus jeune âge. Pour Aminata Diarra, 20 ans, cette rigueur a un poids réel : « Si tu ne portes pas le hidjab, les voisins commencent à dire que tu n’es pas sérieuse. Même pour le mariage, certains hommes demandent d’abord si la fille est voilée ou pas. »

Moussa Sangaré, homme pieux et père, rappelle le sens du voile : « Le hidjab est avant tout un acte d’obéissance à Dieu. Mais il doit être porté avec sincérité, pas par simple mode ou par peur des critiques. » Selon lui, les réseaux sociaux influencent beaucoup la jeunesse : « Certaines jeunes filles le mettent parce qu’elles voient des modèles sur TikTok. Si ce n’est pas accompagné de foi, cela n’a pas de valeur. »

La perception des jeunes hommes

Oumar Diallo, 28 ans, étudiant en économie, explique : « À Bamako, on remarque tout de suite si une fille est voilée ou pas. Pour certains jeunes, c’est une preuve de sérieux et de respect. Mais pour d’autres, ça n’a pas d’importance : ils préfèrent qu’une fille soit libre de choisir. Moi, je pense que ça dépend de la conviction personnelle. Si c’est seulement par pression, ça se voit dans le comportement. »

Pour d’autres hommes, le voile n’est pas toujours un gage de moralité. Ibrahim Traoré, 25 ans, ajoute : « Je me méfie parfois des filles qui se voilent. Sous ce voile, certaines affichent une image pieuse, mais dans la réalité, elles peuvent être dénuées de tout sens moral. Ce n’est pas systématique, mais il faut savoir que le voile ne révèle pas toujours le vrai caractère d’une personne. »

Le commerce du hidjab

Aux Halles de Bamako, les vendeurs de tissus et de voiles nuancent la tendance. Mamadou Sidibé, commerçant depuis dix ans, confie : « Les ventes montent surtout à l’approche du Ramadan. En réalité, beaucoup de jeunes filles portent le hidjab par habitude familiale ou par plaisir personnel, d’autres par respect pour leurs parents. Quelques-unes suivent aussi les tendances venues de l’Occident, où les marques de mode proposent des modèles plus modernes et plus légers. Mais ce n’est pas un marché qui explose, ça reste assez stable. »

Entre la fierté de leurs coiffures et la sobriété du tissu noir, entre liberté personnelle et respect des traditions familiales, les jeunes filles de Bamako avancent voilées ou non selon leurs convictions et leurs habitudes. Le hidjab intégral, autrefois surtout porté pendant le Ramadan, s’impose désormais comme un choix personnel et social, reflet d’une jeunesse qui conjugue foi, modernité et identité dans la capitale malienne.

Cheickna Coulibaly

11 septembre 2025 0 comments
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Soirée Dior
A la UneSeko ni Donko

Soirées Dior : la réponse ferme des autorités maliennes face à la provocation sociale

by Sahel Tribune 10 septembre 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Entre indignation populaire et dérives festives, les « soirées Dior » viennent d’être interdites à Bamako par décision du gouverneur et appui du ministre de la Justice. Une mesure qui replace la question des valeurs, des traditions et du vivre-ensemble au cœur du débat, et illustre la volonté des autorités maliennes de préserver la cohésion sociale face à des influences importées.

Le Mali traverse une époque charnière. Entre redressement sécuritaire, souveraineté réaffirmée et résilience populaire, le pays tente de reprendre le contrôle de son destin. Et voilà qu’une affaire de soirées dansantes enflamme la toile et provoque l’ire des autorités. Faut-il y voir une crispation morale, un excès de zèle ? Non. L’interdiction des soirées Dior, décidée le 8 septembre dernier par le gouverneur du district de Bamako et appuyée sans détour par le ministre de la Justice et des Droits de l’homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, est tout sauf anecdotique. Elle dit quelque chose d’essentiel : le refus d’une société de se laisser coloniser par une sous-culture algorithmique qui n’a ni sens ni racines.

Nées sur les réseaux sociaux, ces soirées exclusivement féminines s’organisent autour d’une esthétique ostentatoire et d’un goût assumé pour l’excès. Boubous chamarrés, danses suggestives, scénographies millimétrées, le tout capté, monté et diffusé à grand renfort de filtres numériques pour récolter des likes et des abonnés. Un folklore de l’égo, vidé de toute substance, et qui fait de l’exhibition une forme de rébellion molle. Pour beaucoup, ce n’est qu’un divertissement. Pour d’autres, une affirmation de soi. Mais pour l’État malien, c’est une dérive.

Et il n’a pas tort.

Il n’est pas question ici de moraliser la société à coups de décrets. Il s’agit de dire que toutes les modernités ne se valent pas. Que dans une nation où les repères sont encore tissés dans la tradition, où l’autorité parentale n’est pas un concept dépassé et où la pudeur reste une valeur, on ne peut pas normaliser l’indécence au nom d’un pseudo-émancipation. L’émancipation véritable ne passe pas par l’imitation caricaturale de modèles culturels importés, mais par la réappropriation fière de ce que l’on est.

Ce que le Mali refuse, c’est l’invasion insidieuse de son espace social par un mimétisme sans conscience. Et il faut saluer ce refus.

À ceux qui crient à l’atteinte aux libertés, rappelons ceci : toute société a le droit de définir ses limites. L’ordre public, ce n’est pas l’ordre imposé, c’est le cadre partagé. Et ce cadre, au Mali, ne se reconnaît pas dans les vidéos TikTok qui mettent en scène de jeunes femmes célébrant le luxe et la provocation comme unique projet de société. Il est loisible d’être moderne sans être vulgaire. D’être jeune sans être indécent. D’être libre sans être vide.

Le Mali, une nation en reconstruction 

Au-delà du cas malien, cette affaire illustre un débat plus vaste : celui du rapport entre cultures africaines et globalisation numérique. Dans combien de capitales du continent tolère-t-on que les codes sociaux soient redéfinis par des influenceuses sponsorisées depuis Dubaï ou Atlanta ? À quand une réponse politique à la mesure de l’enjeu culturel que pose cette guerre silencieuse des valeurs ?

Le Mali, en interdisant les soirées Dior, n’a pas cédé à la tentation autoritaire. Il a simplement rappelé que la liberté d’expression n’est pas la liberté d’opprimer le sens commun. Qu’il existe un lien entre la forme et le fond. Et que dans une période où la nation est en reconstruction, la distraction ne peut être érigée en modèle.

Il n’est pas interdit de faire la fête. Il est interdit de ridiculiser ce que nous sommes.

A.D

10 septembre 2025 0 comments
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Lithium Goulamina au Mali
Économie

Lithium au Mali : Bougouni décroche son permis d’exportation 

by Chiencoro 9 septembre 2025
written by Chiencoro 2 minutes read

Le Mali franchit une étape décisive dans sa quête de souveraineté minière. Avec l’octroi du permis d’exportation du concentré de spodumène pour le projet de Bougouni, Bamako s’invite dans la compétition mondiale autour du lithium, ce métal stratégique pour la transition énergétique. Entre encadrement des prix, contenu local obligatoire et retombées fiscales, l’État malien impose désormais ses règles et entend transformer l’« or blanc » en véritable levier de puissance nationale.

Il faut parfois savoir lire entre les lignes d’un communiqué sec et technique pour en mesurer la portée géopolitique et économique. En l’occurrence, c’est une petite révolution discrète qui s’annonce à Bougouni, dans le sud du Mali. Kodal Minerals Plc, société britannique cotée à Londres, a confirmé le 4 septembre avoir obtenu le précieux permis d’exportation pour le concentré de spodumène – autrement dit, du lithium, ce métal rare devenu l’or blanc de la transition énergétique mondiale.

Lithium de Bougouni, une étape cruciale franchie 

Derrière cette autorisation officielle, signée de la main du ministre malien des Mines, le professeur Amadou Keïta, se dessine un tournant stratégique pour Bamako. Car le permis ne se limite pas à donner le feu vert à l’expédition des 125 000 tonnes initiales de concentré : il impose aussi un cadre de souveraineté renforcée. Le mécanisme de tarification suivra désormais les références du Shanghai Metal Market (SMM), tout en laissant aux autorités maliennes le droit de corriger et vérifier les prix. Le transport, lui, devra obligatoirement passer par des sociétés de logistique locales, en vertu de la loi sur le contenu local votée en août 2023. Et, bien entendu, impôts, taxes et prélèvements alimenteront directement le Trésor public malien.

C’est dire si ce feu vert traduit une volonté politique claire de l’État malien : tirer parti de la ruée mondiale sur le lithium, tout en s’assurant que la manne profite à l’économie nationale. Kodal, qui détient 49 % de sa filiale malienne Les Mines de Lithium de Bougouni SA, ne s’y trompe pas. « L’octroi de cette licence est une étape cruciale pour le développement du projet Bougouni », a reconnu son PDG, Bernard Aylward, saluant au passage le soutien appuyé du gouvernement de transition.

Le Mali n’entend pas rater le train de la révolution énergétique mondiale

Dès l’achèvement des dernières formalités administratives, une flotte de camions maliens prendra la route vers le port d’Abidjan pour exporter les premières cargaisons. Le Mali, jusque-là géant de l’or, s’apprête donc à devenir une puissance montante du lithium. Et cette bascule intervient à un moment où la Confédération des États du Sahel (AES) entend affirmer son autonomie économique face aux dépendances anciennes.

Une page est en train de s’écrire à Bougouni : celle d’un pays qui transforme ses ressources en leviers de souveraineté, et d’un Sahel qui, pour une fois, entend ne pas rater le train de la révolution énergétique mondiale.

Chiencoro Diarra 

9 septembre 2025 0 comments
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Les deux otages libérés à côté du ministre
Sécurité

Mali : Assimi Goïta reçoit deux policiers libérés des mains des terroristes

by Chiencoro 9 septembre 2025
written by Chiencoro 2 minutes read

Deux mois après leur enlèvement, deux policiers maliens ont été libérés grâce à une opération coordonnée des services de renseignement. Présentés à Assimi Goïta, chef suprême des armées, ils symbolisent la détermination des FAMa à ne céder ni au terrorisme ni à la peur.

Bamako, mardi 9 septembre. Dans les couloirs sobres de Koulouba, l’image restera : le général Assimi Goïta, Président de la Transition et chef suprême des armées, accueillant deux fils du pays rendus à la liberté après plus d’un mois de captivité. Le commissaire principal de police Abdramane Dembélé et le sergent de police Boubacar Dabo, enlevés le 6 août dernier près de Bamara Maoudé, sur l’axe Tombouctou-Douentza, ont été présentés au chef de l’État par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Daoud Aly Mohammedine.

L’émotion fut à la hauteur de l’épreuve. « Par la grâce de Dieu et grâce à l’implication totale de nos forces de défense et de sécurité, singulièrement nos services de renseignement, ils ont été libérés hier [lundi 8 septembre 2025] », a déclaré le ministre devant la presse. Derrière cette sobriété de ton, une réalité : celle d’un combat souterrain, acharné, mené par les unités de renseignement, dont le professionnalisme a été unanimement salué.

Aucune captivité ne sera éternelle

Le ministre a rappelé aux deux rescapés la dure vérité de la vocation militaire : servir sous l’uniforme, c’est accepter les risques de la guerre asymétrique qui ronge encore le Sahel. Mais aussi, leur a-t-il dit, c’est appartenir à une famille nationale qui ne laisse jamais les siens. La suite, déjà programmée, sera médicale et psychologique avant le retour tant attendu dans leurs foyers.

Au-delà de ce dénouement heureux, le message politique est que la machine sécuritaire malienne, désormais arrimée à la dynamique de l’Alliance des États du Sahel (AES), ne cède rien. Ni aux rumeurs de blocus, ni aux assauts des groupes armés terroristes. L’ennemi, désormais acculé, se replie dans la terreur et les attaques lâches contre des civils ou des infrastructures. Mais, comme l’a martelé le ministre, « cela ne nous découragera pas, cela ne nous détournera pas de notre mission régalienne ».

Dans cette mise en scène maîtrisée – libération, audience, hommage et rappel à l’unité – se lit l’un des traits saillants du régime de transition : assumer les coups, magnifier les victoires, partager le deuil. Car le colonel devenu général sait que, dans cette guerre longue, chaque otage libéré vaut comme un symbole. Celui de la résistance, de la dignité et de la promesse faite aux Maliens : aucun sacrifice ne sera oublié, aucune captivité ne sera éternelle.

Chiencoro Diarra 

9 septembre 2025 0 comments
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Alassane Ouattaram dans son adresse à la nation, à l'occasion du 31 décembre, évoque une croissance économique durable en Côte d'Ivoire.
A la UneAnalyses

Présidentielle ivoirienne : le sacre annoncé d’Ouattara face à une opposition décapitée

by Sahel Tribune 9 septembre 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

À Abidjan, tout semble déjà joué : le 25 octobre, Alassane Ouattara, 83 ans, part pour un quatrième mandat, adoubé par un Conseil constitutionnel docile et débarrassé de ses rivaux. Une victoire annoncée qui interroge : la Côte d’Ivoire s’offre-t-elle la stabilité, ou s’enferme-t-elle dans une démocratie sans alternance ?

À Abidjan, rien ne change et tout recommence. Le 25 octobre prochain, les électeurs ivoiriens iront voter, ou plutôt se résigneront à déposer un bulletin dont l’issue ne fait guère de doute. Alassane Ouattara, 83 ans, brigadera un quatrième mandat, validé sans sourciller par un Conseil constitutionnel désormais réduit au rôle de chambre d’enregistrement. Comme en 2020, comme en 2015, l’argument est rodé : la continuité, l’expérience, la stabilité. Mais derrière cette façade rassurante, l’air sent de plus en plus le renfermé.

Une opposition décapitée

Laurent Gbagbo, radié pour une condamnation qu’il n’a jamais reconnue. Tidjane Thiam, écarté au nom de sa double nationalité. Deux figures majeures éliminées du jeu politique par un cocktail de manœuvres juridiques et d’arguties administratives. Résultat : un champ de bataille déserté, où s’avancent quelques candidatures marginales – Simone Gbagbo en ombre portée, Jean-Louis Billon en entrepreneur reconverti, Ahoua Don Mello en dissident orphelin. Face à ce paysage désolé, Ouattara est seul en scène. Une victoire assurée, mais sans adversaire. Un sacre, mais sans ferveur.

Treize ans de pouvoir, bientôt seize si tout se déroule comme prévu. Le vieil économiste formé au FMI est devenu ce qu’il avait juré de ne jamais être : un chef d’État accroché au fauteuil, brandissant la Constitution comme un bouclier à géométrie variable. Officiellement, son quatrième mandat est légal. Politiquement, il est une gifle à ceux qui espéraient un souffle nouveau. Le discours de la stabilité masque mal l’usure d’un système qui, à force de verrouiller la scène, étouffe toute alternance et entretient le spectre de nouvelles violences post-électorales.

Un pays sur la corde raide

Car la Côte d’Ivoire n’est pas une île. Le Sahel voisin s’embrase, les djihadistes gagnent du terrain vers le sud, et les frontières du nord sont des passoires. Grand-Bassam en 2016, Kafolo en 2020 : les attaques ne sont pas un souvenir lointain, elles rappellent que l’éléphant ivoirien est vulnérable. Ajoutez à cela un contexte régional bouleversé : le Mali, le Burkina et le Niger, désormais ligués dans la Confédération des États du Sahel, tournent le dos à la CEDEAO et s’arriment à Moscou. Dans ce nouvel échiquier, Abidjan reste la pièce maîtresse de l’influence française et occidentale. Un atout stratégique, mais aussi une cible.

Premier producteur mondial, la Côte d’Ivoire continue de dépendre d’une fève qui ne nourrit plus ses planteurs. Six millions de personnes vivent du cacao, mais plus de la moitié sous le seuil de pauvreté. Sécheresse, qualité en baisse, transformation locale insuffisante : le modèle s’essouffle. Derrière les tours vitrées du Plateau, la jeunesse gronde, entre chômage chronique et inégalités régionales criantes. La croissance à 7 % ne se mange pas à table.

L’ultime paradoxe

Ouattara gagnera, sans doute dès le premier tour. Mais ce sera une victoire par défaut, plus proche d’une confirmation administrative que d’un véritable plébiscite. Le pays, lui, restera suspendu entre deux réalités : vitrine de stabilité pour les investisseurs étrangers, poudrière sociale et politique pour ses propres citoyens. Dans ce contraste se joue l’avenir ivoirien : celui d’un État présenté comme modèle régional mais prisonnier de ses vieux démons, incapable de penser la relève.

En Côte d’Ivoire, la présidentielle d’octobre 2025 n’est pas seulement une élection. C’est un révélateur : celui d’une démocratie qui tourne à vide, d’un pouvoir qui se survit à lui-même et d’un peuple qui, une fois encore, doit voter sans vraiment choisir.

A.D

9 septembre 2025 0 comments
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deuxième Sommet africain sur le climat
Climat et environnement

Nous ne négocions pas notre survie, mais qui écoute encore l’Afrique ?

by Sahel Tribune 8 septembre 2025
written by Sahel Tribune 2 minutes read

À Addis-Abeba, plus de quarante chefs d’État africains ont ouvert, le 8 septembre, le deuxième Sommet africain sur le climat. Un rendez-vous placé sous le signe de l’urgence : le continent, responsable de seulement 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, est déjà en première ligne des catastrophes climatiques. Entre indignation, hypocrisie et appels à l’unité, l’Afrique cherche à transformer sa vulnérabilité en levier de puissance face au reste du monde.

Ils étaient là, alignés comme à la parade : Ismaïl Omar Guelleh, le vieux lion de Djibouti, Abiy Ahmed, le jeune prix Nobel de la paix reconverti en chef de guerre, William Ruto, l’hyper-président kényan à l’énergie inépuisable. Plus de quarante dirigeants, tous rassemblés à Addis-Abeba pour parler climat, cette plaie béante dont l’Afrique n’est pas responsable mais dont elle paie la facture. Quatre petits pourcents d’émissions mondiales de gaz à effet de serre – mais chaque année 2 à 5 % du PIB qui s’évapore dans les sécheresses et les inondations. Le compte est vite fait : nous saignons pour les excès des autres.

Des financements extérieurs pour une souveraineté énergétique

Alors oui, Abiy Ahmed claque la formule du jour : « Nous ne sommes pas là pour négocier notre survie. » Mais qui le croit encore ? Les besoins sont d’un trillion de dollars, les promesses plafonnent à 300 milliards. À l’aumône des grandes puissances, les chefs d’État africains opposent de belles indignations. Mais dans combien de capitales – Dakar, Kinshasa, Luanda – signe-t-on encore, avec le sourire, des contrats léonins bradant lithium, cobalt, manganèse, gisements critiques pour l’économie verte ? On dénonce les bulldozers occidentaux, mais on ferme les yeux sur les nôtres, qui éventrent forêts et tourbières.

Ce sommet, le deuxième du genre, deux mois avant la COP30 en Amazonie, est une énième tentative d’afficher une unité africaine qui n’existe que sur le papier. L’Afrique veut parler d’une seule voix, mais ses dirigeants passent plus de temps à rivaliser de courbettes devant Pékin, Dubaï ou Bruxelles qu’à investir eux-mêmes dans leurs barrages solaires ou dans l’éolien. Le paradoxe est là, brutal : nous exigeons des financements extérieurs pour une souveraineté énergétique que nous refusons d’assumer.

Pour que la belle indignation ne reste pas lettre morte

L’Afrique a pourtant des atouts colossaux : une jeunesse qui fourmille d’ingéniosité, 300 jours de soleil par an, des terres arables à perte de vue. Si nous ne transformons pas cela en économie climatique, alors Addis ne sera qu’un sommet de plus, une tribune où l’on crie sa colère avant de reprendre, docile, le chemin des impuissances. L’Afrique doit cesser de mendier et apprendre à imposer. Sinon, la belle indignation restera lettre morte, emportée par le vent chaud de la Corne de l’Afrique et oubliée sitôt les portes du Centre de conférences refermées.

Chiencoro Diarra 

8 septembre 2025 0 comments
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