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15ème session du Conseil supérieur de l'Agriculture
A la UneÉconomie

MITA 2025 à Bamako : Le Mali révolutionne la productivité agricole 

by Sidi Modibo Coulibaly 1 novembre 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

Le Mali est en train de devenir une locomotive dans l’amélioration de l’agriculture en Afrique à travers la tenue de plusieurs rencontres régionales chez lui. Et cela, à cause de ses performances innovantes. De mai à octobre 2025, il a abrité le forum sur le système de riziculture intensif, celui du développement de l’agriculture dans l’espace AES. Et du 20 au 24 octobre 2025, c’était la 5e édition du marché des innovations et technologies agricoles ( MITA).

L’agriculture en Afrique représente un potentiel immense, non seulement pour la sécurité alimentaire, mais aussi pour le développement économique. L’Afrique dispose d’un énorme potentiel agricole estimé à environ 60% des terres arables mondiales encore inexploitées. Pour libérer ce plein potentiel, un investissement massif et stratégique dans les infrastructures y compris d’innovation technologique est indispensable. Ainsi, le continent pourrait non seulement relever ses défis alimentaires, mais aussi créer des emplois diversifiés et de qualité, stimuler la croissance économique et se positionner comme un acteur incontournable sur la scène agroalimentaire mondiale. 

Pour sa part, le Mali a fait une avancée significative dans ce sens d’où sa sollicitation par les autres pays africains afin de bénéficier de son expertise et de son expérience. La tenue de la 5e édition du MITA couplée à la 2e édition du prix d’Innovation agricole « Abdoulaye TOURE » s’inscrit dans cette dynamique. 

L’agriculture au cœur des priorités du Mali 

Au Mali, l’agriculture occupe 70 % de la population active et contribue à plus de 40 % du PIB (produit intérieur brut). Elle représente la principale source de revenus pour 80 % des populations rurales et génère près de 30 % des recettes d’exportation. Le pays dispose de 43,7 millions d’hectares de terres agricoles utilisables, dont seulement 4,5 % sont cultivés ; de 2,2 millions d’hectares aménageables, dont 23,5 % sont exploités ; de 14 millions de bovins, 58 millions d’ovins et caprins, 1,3 million de camelins, 63 millions de volailles ; de 70 milliards de mètres cubes d’eaux de surface et 2 720 milliards de m³ d’eaux souterraines. 

En outre, il dispose d’un potentiel de production piscicole d’environ 200 000 tonnes par an et d’un potentiel forestier de 100 millions d’hectares, dont 17 % sont aujourd’hui productifs, avec 7 millions de tonnes par an de potentiel de régénération naturelle. Pour exploiter cet immense potentiel, le Mali a expérimenté beaucoup de stratégies qui ont été des réussites. 

Pour développer davantage le secteur, il l’a placé au cœur de la Vision « Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » et de son ambitieuse Stratégie nationale pour l’Émergence et le Développement durable (SNEDD 2024-2033). Dans cette stratégie, il est inscrit comme projet structurant sous le nom de  « FARAFINNA JIGINƐ » qui signifie « Nourrir le Mali et la Sous-région ». 

Les innovations maliennes fortement appréciées

Pendant cinq jours, plus de deux-cents (200) scientifiques, agriculteurs et entrepreneurs ont mené des réflexions pour répondre aux besoins immédiats des producteurs d’Afrique de l’Ouest et du centre, à travers des panels de haut niveau, des marchés B2B. Trente-trois (33) technologies dont 09 pratiques, 08 équipements/outils et 14 produits biologiques ont été présentées en plénière et 30 exposées dans les stands. Il y a eu également 24 engagements d’achat faits par les pays. Parmi ces innovations figurent celles du Mali qui ont été appréciées par les participants à l’occasion de la journée du Mali. Une journée qui s’est tenue le 23 octobre 2025 au parc des innovations et technologies de l’Institut d’Économie rurale (IER) à Sotuba. 

Ces innovations sont les variétés améliorées de maïs, mil, sorgo, fonio, niébé, arachide, sésame ; les spécimens d’élevage de haute qualité tels que les chèvres « Boers » et les poules « Wasase ». Le Mali a également présenté de nouveaux types d’aliments pour bétail optimisés et une variété de produits transformés. En outre, les innovations en matière de solutions digitales ont été une autre prouesse des chercheurs maliens. Les innovations technologiques maliennes ont été vivement saluées par les participants, car d’après eux, elles contribuent positivement à l’amélioration de la productivité agricole du continent africain.

Il faut noter que la présente édition est organisée par le Conseil Ouest et Centre Africain pour la Recherche et le Développement agricoles (CORAF), créé en 1987 et composé de 23 pays. Elle avait pour thème : « Facilitation de l’accès aux innovations et technologies agricoles de gestion intégrée des sols ». L’édition de 2026 se tiendra en Sierra Leone. 

Sidi Modibo Coulibaly

1 novembre 2025 0 comments
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Présentation des lettres de créance au Mali - Grande
A la UnePolitique

De nouveaux ambassadeurs accrédités auprès de Bamako : La diplomatie malienne fait respecter ses principes.

by Sidi Modibo Coulibaly 29 octobre 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

Dès leur installation à la tête de l’État le 24 mai 2021, les autorités nationales ont adopté des principes qui guident l’action publique en matière de diplomatie. Elles tiennent scrupuleusement au respect de ces principes. Même la première puissance du monde a tenu à les respecter en revenant sur sa décision de faire payer aux Maliens une caution pour la délivrance de visas. C’était le jeudi 23 octobre 2025. Et c’est ce même jour que plusieurs nouveaux ambassadeurs ont présenté leurs lettres de créance au Chef de l’État, le Général d’Armée Assimi Goïta.

Ils étaient huit (08) ambassadeurs de divers pays et continents à présenter leurs lettres de créance au Palais de Koulouba. Cette présentation de lettres de créance marque officiellement le début de leur mission au Mali. Lors de la cérémonie de présentation, le Général d’Armée Goïta a souhaité la bienvenue aux nouveaux ambassadeurs et les a assurés de la disponibilité du gouvernement à œuvrer avec eux pour le renforcement des liens d’amitié, de solidarité et de coopération entre le Mali et leurs pays respectifs. Des pays qui sont situés à peu près sur chaque continent.

Trois pays africains

Deux de ces trois pays sont les voisins immédiats du Mali : le Sénégal et la Guinée Conakry. Désormais, ces deux pays sont représentés au Mali respectivement par Madame Fatoumata Binetou Rassoul CORREA et Monsieur Ansoumane CAMARA. Le Sénégal et le Soudan (actuel Mali) ont accédé à l’indépendance en tant qu’une seule entité dénommée fédération du Mali. Quant à la Guinée Conakry, ses différents dirigeants ont toujours soutenu que le Mali et la Guinée sont comme deux poumons dans un même corps humain. 

Le Sénégal et la Guinée jouent un rôle important dans l’importation et l’exportation de marchandises entre le Mali et l’extérieur à cause des ports maritimes dont disposent ces deux pays. Le troisième pays africain est le Soudan, un pays situé à l’est du continent en proie à une guerre civile et qui a été, auparavant, amputé de sa partie australe qui a pris le nom de Soudan du Sud. Les relations diplomatiques entre le Mali et le Soudan ont pris une nouvelle tournure par la visite, en début d’année, à Bamako du Président Général Aftar. Il est désormais représenté au Mali par Monsieur Khalid Abdelgadir Shukri JADELHAG.

Un pays asiatique 

Il s’agit de l’Inde, le pays le plus peuplé du monde. Un pays qui est très important dans la géopolitique internationale. Avec l’Inde, le Mali entretient des relations diplomatiques dynamiques, surtout à travers de plus en plus la formation de jeunes maliens dans les universités indiennes. C’est Dr Nandakumar NAGENDRAN qui aura, désormais, la charge de renforcer les relations entre les deux pays.

Un pays du Proche-Orient 

C’est un pays qui est au centre de la diplomatie internationale depuis des décennies en raison de son conflit avec Israël. Bien avant que son statut d’État ne soit reconnu un tout petit peu à travers le monde, la Palestine entretenait de bonnes relations diplomatiques avec le Mali. Très longtemps, son ambassadeur, Abou Rabba, a été le doyen diplomatique du corps diplomatique au Mali. Le pays de feu Yasser Arafat, leader de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) est désormais représenté au Mali à travers Monsieur Hassan F. M. AL BALAWI.

Trois pays européens 

Ce sont deux royaumes et une République qui ont changé de représentants diplomatiques au Mali. Il s’agit du royaume uni de Grande-Bretagne (Angleterre, Écosse, Pays de Galle) et d’Irlande du Nord, et celui de Belgique. Ces deux royaumes européens entretiennent depuis longtemps des relations diplomatiques avec le Mali. Même si à un moment la représentation diplomatique britannique était installée au Sénégal. Quant au royaume de Belgique, il appuie beaucoup le Mali à travers son agence de coopération, ENABEL, qui est représentée à Bamako. Il revient, désormais, à Monsieur Michel André Arnaud DUSAUCY de renforcer cette coopération dynamique. Le royaume uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord aura comme représentant au Mali Monsieur Angus Philip MCKEE. 

Le troisième pays européen, la République fédérale d’Allemagne, a choisi de nommer un nouvel ambassadeur auprès du Mali qui est Dr Corina FRICKE. Ce pays a été le tout premier à avoir reconnu l’indépendance du Mali. Dès lors, elle entretient d’excellentes relations avec le Mali, surtout à travers une coopération au développement très dynamique. Deux agences de développement que sont la GIZ (coopération technique) et la KWF (coopération financière) sont représentées au Mali.

En décidant d’accréditer de nouveaux ambassadeurs auprès du Mali, on peut croire que ces huit pays ont compris et avalisé les principes constitutionnels qui guident, désormais, l’action publique du gouvernement malien. Ces principes, au nombre de trois, sont : le respect de la souveraineté du Mali ; le respect des choix souverains du peuple malien ; et la défense de ses intérêts. Loin d’un isolement sur la scène internationale, le Mali continue de nouer des relations diplomatiques respectueuses de sa souveraineté. 

Sidi Modibo Coulibaly

29 octobre 2025 0 comments
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Pénurie du carburant au Mali
ActuOpinion

Le Mali, au cœur de la tempête énergétique, forge les bases d’une nouvelle ère

by Mikailou Cissé 28 octobre 2025
written by Mikailou Cissé 4 minutes read

La pénurie de carburant qui frappe le Mali depuis plusieurs semaines ne relève pas seulement d’un aléa logistique. Elle met à nu les fragilités d’un modèle économique dépendant et invite à une refondation profonde. Derrière la crise, une opportunité se dessine : celle d’un pays qui peut apprendre à redevenir maître de son énergie et de son destin.

Depuis mi-octobre 2025, le Mali vit au rythme des files d’attente, des stations-service à sec et des transports paralysés. La crise énergétique agit comme un miroir tendu à la nation. Elle reflète à la fois ses vulnérabilités et ses forces latentes. Cette pénurie, plus qu’un simple dysfonctionnement, est une épreuve structurante, un « test grandeur nature » de la capacité du pays à s’adapter, à inventer et à se réorganiser.

Dans les rues de Bamako, l’économie s’ajuste. Des familles partagent leurs trajets, des commerçants rationalisent leurs déplacements, des enseignants improvisent des sessions locales. C’est dans l’adversité que s’exprime la résilience malienne, faite d’ingéniosité, de solidarité et de sens du devoir. Et c’est peut-être là le signe d’une maturité nouvelle : celle d’un peuple qui transforme la pénurie en discipline collective.

L’armée, l’État et la nation en première ligne

Au cœur de cette crise, l’État malien démontre une capacité d’action et de coordination rarement saluée à sa juste mesure. Les forces armées sécurisent les convois de carburant sur des axes rendus dangereux par les attaques terroristes ; les autorités politiques pilotent la réorganisation de la distribution ; et les acteurs économiques soutiennent la continuité des services essentiels.

Ce triptyque — armée, administration, citoyens — illustre une solidarité nationale qui dépasse la simple gestion d’urgence. Le Mali apprend à gérer la crise dans l’ordre et la souveraineté, sans agitation, sans dépendre de la panique extérieure. Le réalisme prévaut sur la précipitation. L’État choisit de ralentir pour mieux maîtriser.

Un potentiel énergétique encore sous-estimé

La crise actuelle a ceci de salutaire qu’elle remet la lumière sur une question stratégique : le Mali regorge d’énergie, mais pas encore d’énergie maîtrisée.
Sous son sol, des richesses inexplorées dorment — pétrole, lithium, hydrogène naturel. À Bourakébougou, à soixante kilomètres de Bamako, jaillit un souffle d’hydrogène presque pur, capable d’alimenter tout un village depuis plus d’une décennie. Cette découverte, unique au monde, témoigne du potentiel de l’Afrique à innover en dehors des modèles importés.

Valoriser ces ressources locales, bâtir une filière nationale d’extraction et de transformation, investir dans la formation technique et industrielle, voilà le véritable pari de souveraineté. Loin des discours abstraits sur la « transition énergétique », il s’agit ici d’une transition patriotique, où l’énergie devient un instrument d’indépendance, non de dépendance.

De la contrainte à la refondation

Ce que vit le Mali aujourd’hui n’est pas seulement une crise énergétique — c’est une leçon politique. Les grands tournants de l’histoire nationale ont souvent émergé de moments d’épreuve : la résistance de Soundjata, la lutte de l’indépendance, la reconquête de la souveraineté politique. Aujourd’hui, l’énergie devient le nouveau champ de bataille de cette indépendance retrouvée.

La refondation malienne, si souvent invoquée, trouve ici son terrain d’application concret : celui d’une autonomie énergétique, fondée sur l’exploitation raisonnée des ressources nationales et la transformation locale des richesses. Car il ne suffit pas de disposer du lithium ou de l’hydrogène ; il faut savoir en faire un moteur de développement, non un mirage extractif.

L’heure de la souveraineté mesurée

Dans un monde de flux tendus, où la dépendance énergétique dicte les rapports de force, le Mali n’a pas le luxe de l’attente. Il doit transformer la crise en opportunité — et la pénurie en planification. La souveraineté énergétique n’est pas un slogan : c’est un projet national à la croisée de la sécurité, de la science et de l’économie.

La leçon de cette crise, au fond, est simple : l’énergie ne se résume pas à l’essence. Elle réside dans le courage d’un peuple, dans la discipline d’un État, dans la lucidité d’une transition. Le Mali, confronté à ses limites, découvre qu’elles peuvent devenir ses forces. Car c’est souvent au bord de la rupture que naissent les refondations les plus durables.

Mikailou Cissé 

28 octobre 2025 0 comments
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Penurie de carburant
A la UneOpinion

Face à la pénurie du carburant, le Mali choisit la raison avant la précipitation

by Mikailou Cissé 27 octobre 2025
written by Mikailou Cissé 4 minutes read

Face à la pénurie de carburant qui paralyse le pays, Bamako a pris une décision rare : suspendre les cours dans toutes les écoles et universités pendant deux semaines. Un choix de lucidité, dicté par les réalités du terrain, qui en dit long sur la manière dont le Mali apprend à gouverner dans l’adversité — avec calme, méthode et souveraineté.

Dans les rues de Bamako, les files d’attente devant les stations-service sont devenues une pratique quotidienne. Des familles patientent des heures pour quelques litres d’essence, des enseignants laissent leurs motos à sec, des élèves parcourent des kilomètres à pied. La scène est connue, presque banale, mais cette fois, elle a pris une ampleur nationale.

Le gouvernement malien a tranché en décidant que les écoles et universités resteront fermées du 27 octobre au 9 novembre 2025. Non par renoncement, mais par réalisme. « Gouverner, c’est prévoir », disait l’adage. À Bamako, on dirait aujourd’hui : gouverner, c’est s’ajuster.

Cette décision, loin d’un simple geste administratif, relève d’une pédagogie de crise : alléger la pression sur les ménages, réduire la mobilité, préserver le peu de carburant encore disponible pour les services essentiels.Dans un pays où l’éducation reste le ciment de la cohésion nationale, ce choix symbolise une forme de discipline collective, signe d’un État qui assume ses contraintes au lieu de les nier.

L’école, miroir de la nation

Dans le silence des classes, c’est toute une société qui s’interroge sur sa propre endurance.
Le Mali suspend l’école, mais pas l’éducation. Dans les familles, les cahiers se ferment, mais la parole circule. Les discussions reprennent, les solidarités s’inventent, les mères s’improvisent enseignantes, les pères philosophes du quotidien.
La fermeture des établissements ne traduit pas un échec, mais une pause lucide, une respiration collective face à une tension logistique devenue insoutenable.

Au-delà de la mesure, c’est une leçon de maturité politique : celle d’un État qui accepte de ralentir pour mieux avancer. La pénurie de carburant n’est plus seulement une crise économique, elle devient un test de gouvernance.

Lucidité et responsabilité partagée

Le professeur Cheikh Yacoub Doucouré, figure morale respectée, le rappelle avec justesse : « Les moments difficiles font partie intégrante de la vie collective. La résilience nationale consiste à affronter l’adversité avec calme, discipline et foi en l’avenir. »

Ses mots résonnent comme un écho au pragmatisme du pouvoir malien.
Le pays n’est pas à genoux. Il s’adapte. Cette pause éducative n’est pas une rupture, mais un acte de gestion lucide d’un contexte régional où les défis énergétiques s’accumulent — du Sahel aux ports de la Méditerranée.

C’est aussi une manière d’exprimer la souveraineté du réel : ne pas céder à la panique, ne pas masquer les difficultés, mais les transformer en espace de réflexion collective. En ce sens, le Mali ne subit pas sa crise ; il l’utilise pour repenser sa trajectoire.

Une leçon africaine de maîtrise et de mesure

La décision de Bamako tranche avec les réflexes habituels des « États fragiles ».
Là où d’autres auraient improvisé, le Mali a choisi l’ordre et la cohérence.
Là où d’autres auraient masqué la crise sous le vernis de la communication, il a préféré la transparence et la prudence.

Cette approche, presque confucéenne, illustre une nouvelle pédagogie de la souveraineté. Une pratique qui consiste à assumer la contrainte comme un passage obligé vers la maîtrise de soi. L’État malien démontre qu’il ne s’agit plus d’obéir à la vitesse du monde, mais d’imposer son propre rythme — celui d’une refondation lente, mais consciente.

Le savoir comme énergie nationale

Dans cette parenthèse forcée, un symbole s’impose : l’école malienne reste debout, même les portes closes.Chaque élève, chaque enseignant, chaque parent porte la conviction que l’éducation est la première énergie d’un pays — plus précieuse encore que le carburant.

Car si le Mali manque aujourd’hui d’essence, il ne manque ni de foi, ni de raison, ni de mémoire. Et dans ce monde de vitesse et de vertige, cette leçon de mesure — presque philosophique — fait du Mali un pays qui, même ralenti, avance avec dignité.

Mikailou Cissé 

27 octobre 2025 0 comments
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Hydrogène naturel
ActuClimat et environnement

Pénurie de carburant au Mali : l’hydrogène naturel comme alternative durable

by Sidi Modibo Coulibaly 27 octobre 2025
written by Sidi Modibo Coulibaly 4 minutes read

La pénurie de carburant que vit le Mali depuis septembre 2025 a affecté tous les secteurs de la vie. Certes, les autorités sont au four et au moulin pour assurer l’approvisionnement rapide du pays. Cependant, elles devraient faire de cette crise une opportunité pour se tourner vers d’autres sources d’énergie dont dispose le pays, telles que l’hydrogène naturel.

Le Mali dispose d’énormes potentialités naturelles. Si, ce sont les ressources minières qui sont les plus connues, car les mieux exploitées, il y a l’hydrogène naturel. Cette source d’énergie peut constituer une sérieuse alternative à l’essence, au gaz-oil, etc. Elle avait déjà fait l’objet d’une expérimentation, même si c’était à un niveau moindre. Ce qui est un atout pour relancer son exploitation à grande échelle.

L’hydrogène malien découvert de façon inédite

Le Mali est une référence emblématique d’accumulations naturelles d’hydrogène. Son potentiel a été révélé de façon naturelle. C’était en 1987 à Bourakébougou (à environ 60 kilomètres au nord-ouest de Bamako, la capitale du Mali). C’est à travers un fait inédit : creusement d’un puits pour approvisionner en eau le village. Lorsque l’excavation dépasse cent mètres de profondeur, ce qui ressemble à un courant d’air remonte du puits. 

Pendant sa pause, un ouvrier, en tentant d’allumer sa cigarette, provoque une explosion soudaine. Dans la stupeur, le puits est fermé, cimenté et condamné. Vingt ans s’écoulent. En 2007, des scientifiques étrangers sur initiative de l’homme d’affaires malien, Alou Boubacar Diallo, viennent sur les lieux pour analyser le fameux courant d’air. Le résultat est sans appel : le courant d’air est composé à 98 % d’hydrogène et 2 % de méthane et de diazote.

Une première expérimentation réussie 

Dès 2012, de l’équipement est installé pour convertir cet hydrogène en électricité, ce qui a permis d’alimenter le village en électricité. Via un puits, l’équipement convertit la petite molécule en électricité, d’abord grâce à un générateur en combustion directe de 30 kW, puis, depuis 2022, grâce à l’installation d’une pile à combustible de 5 kW. Ce qui permet l’éclairage public du village et quelques appareils électroniques. Ce qui a fait du Mali, le seul pays au monde où un gisement d’hydrogène naturel est exploité. 

5,4 millions de tonnes exploitables

Cette exploitation à Bourakébougou a suscité la curiosité de la communauté scientifique internationale qui a, depuis fait un certain nombre d’études sur les lieux et découvert d’autres réserves d’hydrogène naturel dans les sous-sols d’autant plus importantes. En plus de ses réserves colossales d’hydrogène naturel, la région possèderait, selon l’équipe de chercheurs de l’Institut de Physique du Globe de Paris (citée dans la revue spécialisée « International Journal of Hydrogen Energy ») « les caractéristiques géologiques et géochimiques uniques d’un système d’hydrogène actif », soit une source de production continue, qui permettrait d’exploiter un flux inépuisable. Ce qui a fait dire aux scientifiques que la ressource exploitable estimée serait de 5,4 millions de tonnes, soit 5 % environ de la production mondiale d’hydrogène, toutes sources confondues. 

L’hydrogène naturel, un enjeu mondial

Plus de 95 % de l’hydrogène produit dans le monde est issu du méthane, du pétrole ou du charbon. C’est un hydrogène industriel. Alors que l’hydrogène naturel appelé hydrogène blanc, est un gaz invisible, inflammable et décarboné exploité sans une transformation industrielle lourde. Il est issu du sous-sol et n’émet quasiment pas de CO₂, car il ne nécessite ni combustion ni électrolyse pour être généré. On ne le trouve que très rarement sous sa forme pure (H2). Et, c’est ce type d’hydrogène qui se trouve au Mali. Potentiellement, l’hydrogène naturel pourrait alimenter des entreprises ou encore toutes sortes de transports (voitures, trains, bateaux, avions). 

Au regard de sa nature, on peut affirmer que l’hydrogène naturel est une ressource propre dans un contexte mondial de lutte contre le changement climatique. Celui, qui le maîtrise, pourrait bien s’imposer comme un acteur central de la transition énergétique mondiale. Donc, le Mali devra largement profiter de son potentiel pour assurer son indépendance partielle ou totale en termes d’énergies.

Sidi Modibo Coulibaly

27 octobre 2025 0 comments
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Une salle de classe vide a lecole de Dapchi au Nigeria
A la UneÉducation

Mali : Écoles et universités fermées jusqu’au 9 novembre à cause de la pénurie de carburant 

by Cheickna Coulibaly 27 octobre 2025
written by Cheickna Coulibaly 2 minutes read

En raison des perturbations dans l’approvisionnement en carburant, le gouvernement malien a décidé de suspendre toutes les activités pédagogiques sur l’ensemble du territoire. La mesure, annoncée dans un communiqué conjoint des ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, s’applique du 27 octobre au 9 novembre 2025 inclus.

Les ministères de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ont annoncé, dans un communiqué conjoint publié le dimanche 26 octobre 2025, la suspension de tous les cours sur l’ensemble du territoire national. Cette mesure exceptionnelle prend effet à partir du lundi 27 octobre 2025 et se poursuivra jusqu’au dimanche 9 novembre 2025 inclus.

Selon le communiqué, cette décision s’explique par les perturbations dans l’approvisionnement en carburant qui affectent depuis plusieurs jours les déplacements des élèves, des enseignants, des chercheurs et du personnel administratif. Ces difficultés logistiques compromettent le bon déroulement des activités pédagogiques dans les établissements scolaires et universitaires.

Retour rapide à l’approvisionnement normal en carburant 

Les autorités éducatives précisent que les cours reprendront le lundi 10 novembre 2025. En attendant, des dispositions sont en cours pour réaménager les calendriers scolaire et universitaire afin d’assurer la continuité des programmes d’études et de limiter les impacts de cette interruption.

Le communiqué souligne également que le gouvernement travaille activement à un retour à la normale de l’approvisionnement en carburant, afin de permettre une reprise sereine des activités éducatives sur tout le territoire.

Les ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur ont exprimé leur reconnaissance envers la communauté éducative : enseignants, étudiants, parents d’élèves et partenaires  pour leur compréhension, leur engagement et leur sens du devoir patriotique en cette période difficile. « Tout est entrepris par les autorités pour un retour rapide à l’approvisionnement normal en carburant », ont assuré les deux ministères.

Cette suspension temporaire des cours survient dans un contexte où plusieurs secteurs du pays subissent les conséquences de la pénurie de carburant, perturbant les transports et les activités économiques dans plusieurs régions.

La rédaction 

27 octobre 2025 0 comments
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Femmes rurales
A la UneOpinion

Tribune. La femme malienne, socle invisible de la souveraineté

by Mikailou Cissé 25 octobre 2025
written by Mikailou Cissé 3 minutes read

Dans un Mali en reconstruction, souvent décrit à travers ses crises, ses armées et ses réformes, on oublie parfois la colonne vertébrale silencieuse qui soutient la nation : la femme. Ni spectatrice, ni simple héritière, elle est la gardienne de la cohésion, la mémoire du courage et le ferment invisible de la souveraineté. Là où elle s’efface, c’est tout un pays qui vacille.

On la voit dans les champs, les marchés, les écoles ou les foyers — sans uniforme, sans tribune, mais omniprésente. La femme malienne ne gouverne pas, elle tient debout. C’est elle qui, dans les heures sombres, empêche les foyers de sombrer dans le chaos, qui nourrit l’espérance quand les vivres manquent, qui enseigne la patience quand la colère monte. Elle incarne cette stabilité souterraine qui empêche toute nation de se briser.

Dans un pays encore marqué par la guerre et la crise, elle ne se plaint pas — elle agit. Elle ne réclame pas la gloire — elle bâtit dans le silence. Elle est cette énergie sociale qui transforme l’épreuve en continuité, la douleur en résistance. Sans elle, le Mali ne serait pas un pays debout, mais un pays orphelin.

Entre liberté et devoir : la grandeur silencieuse

Soumise à des traditions souvent pesantes, à des normes qui la consultent rarement, la femme malienne vit dans un équilibre précaire : entre la liberté qu’elle aspire à conquérir et le devoir qu’elle refuse d’abandonner. Elle est à la fois fille du vent et gardienne du foyer.

Dans ce balancement entre émancipation et fidélité, elle incarne la plus haute forme de lucidité : celle de celles qui savent que le progrès n’a de sens que s’il respecte la mémoire.

La modernité lui offre des promesses, parfois des mirages. Mais dans le tumulte des influences étrangères, elle reste fidèle à sa source — cette foi, cette langue, cette tradition qui la relient à la matrice du Mali. Là où certains prêchent le changement par la rupture, elle rappelle que la véritable révolution se nourrit de continuité.

La femme, gardienne du lien et de la mémoire

Des plaines de Sikasso aux dunes de Tombouctou, le fil de l’histoire malienne est tissé par des mains féminines. Quand les hommes prenaient les armes, les femmes prenaient soin. Elles ont protégé la culture, la foi, les enfants, les livres. Elles ont gardé vivante l’idée même de nation — cette idée que l’on ne conquiert pas avec des fusils, mais avec la mémoire.

Aujourd’hui encore, dans les institutions, les champs, les marchés ou les salles de classe, elles perpétuent ce rôle invisible mais essentiel : celui de l’unité. Dans un pays en guerre contre le terrorisme et la pauvreté, elles sont le ciment moral d’une refondation lente mais réelle.

Une force tranquille pour un pays en transition

Dans le Mali de la Transition, où la souveraineté se décline désormais en actes — armée nationale, production locale, autonomie diplomatique —, la femme demeure la garante du sens. Elle rappelle que la force d’un pays ne se mesure pas seulement à ses blindés, mais à la stabilité de ses foyers. Que la véritable indépendance n’est pas seulement militaire, mais aussi morale. Et que l’avenir d’une nation dépend moins de ses conquêtes que de la manière dont elle élève ses enfants.

La femme malienne ne revendique pas le pouvoir. Elle l’exerce par sa seule présence, par la constance de ses gestes, par sa capacité à porter la vie et la mémoire dans un même souffle.

Tant qu’elle parlera au nom du silence, qu’elle préservera la dignité et élèvera la vie, le Mali gardera son âme invincible. Elle n’est ni l’ombre des hommes, ni la vitrine d’un féminisme importé : elle est le cœur battant d’une souveraineté intérieure, enracinée dans la foi, la patience et la dignité.

Dans un monde où les puissances s’effritent, le Mali tient encore debout parce qu’il a aussi des femmes debout. Et c’est peut-être là, dans cette discrétion héroïque, que réside le secret de sa véritable indépendance.

Mikailou Cissé

25 octobre 2025 0 comments
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