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SIAMA 2025
A la UneSeko ni Donko

SIAMA 2025 : Le Burkina Faso et le Niger à l’honneur, entre coopération régionale et valorisation des savoir-faire

by Ibrahim Kalifa Djitteye 29 novembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

La 5ᵉ édition du Salon International de l’Artisanat du Mali (SIAMA) a consacré une journée spéciale au Burkina Faso et au Niger, invités d’honneur de l’événement. Entre cérémonies officielles, débats ministériels sur l’avenir de l’artisanat sahélien, animations culturelles et dégustations gastronomiques, cette rencontre a illustré la richesse des savoir-faire et la force de la coopération régionale. Le partenariat signé avec le SAFEM et l’hommage rendu au ministre Mamou Daffé ont marqué cette deuxième journée de la 5è édition.

La cérémonie d’ouverture, marquée par simplicité et chaleur, a réuni des personnalités importantes : le ministre malien de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, son homologue burkinabè Serge Gnaniodem Poda, ainsi que le représentant du ministre nigérien de la Culture. Les interventions et les animations ont donné le ton d’une journée dédiée à la coopération régionale et au rapprochement des peuples.

Un panel ministériel stratégique sur l’avenir de l’artisanat sahélien

Au cœur de cette journée, un panel ministériel de haut niveau s’est tenu sur le thème : « Artisanat et industrialisation dans l’espace du Sahel : quel défi pour le consommer local ? ». Les ministres Poda et Daffé ont échangé sur les enjeux cruciaux liés à la transformation des produits artisanaux, à la structuration des filières et à la nécessité de politiques concertées pour stimuler la consommation locale.  

Salon international de l'artisanat
Les trois ministres de la Culture de l’AES au SIAMA 2025, à Bamako, le 28 novembre 2025. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune.

Les débats ont mis en évidence l’importance d’une industrialisation adaptée aux réalités du Sahel, capable de préserver les savoir-faire traditionnels tout en favorisant leur modernisation. Les deux responsables ont insisté sur la nécessité de renforcer l’intégration économique régionale, afin que l’artisanat devienne un levier de développement durable et de souveraineté économique.  

Une immersion culturelle et artistique

Au-delà des réflexions stratégiques, la journée a été rythmée par des animations culturelles et des visites de stands. La troupe artistique du Burkina Faso et l’ensemble instrumental du Mali ont ouvert les festivités, offrant aux participants une immersion dans la diversité sahélienne. Les stands des pays invités ont mis en valeur la richesse des savoir-faire artisanaux, allant de la maroquinerie aux textiles, en passant par la bijouterie et la sculpture.  

Cette dimension culturelle a rappelé que l’artisanat n’est pas seulement une activité économique, mais aussi un vecteur de rapprochement entre les peuples et de préservation des identités.  

Un partenariat stratégique entre SIAMA et SAFEM

La Journée des pays invités d’honneur a également été marquée par un événement institutionnel majeur, notamment la signature d’une convention entre le SIAMA et le Salon International de l’Artisanat de la Femme (SAFEM). La cérémonie, présidée par le Secrétaire général du Ministère de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mahamadou dit Koumbouna Diarra, représentant le ministre Mamou DAFFÉ, a scellé un partenariat stratégique.  

Le Commissaire général du SIAMA, Mamadou Minkoro Traoré, et Mme Zeinabou Touré du SAFEM ont apposé leurs signatures en présence de l’ambassadeur du Niger au Mali, Son Excellence Adamou Abdou, et du Conseiller technique du ministère burkinabè en charge de l’artisanat. Cet accord illustre la volonté des deux institutions de renforcer la coopération artisanale et de valoriser le rôle central de la femme dans la promotion des savoir-faire traditionnels.  

Art culinaire des pays d'invités d'honneur
Valorisation de l’art culinaire des pays AES, au Salon international de l’artisanat à Bamako, le 28 novembre 2025. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/Sahel Tribune.

Gastronomie et reconnaissance des artisans

Le vendredi 28 décembre 2025, une autre activité phare a enrichi le programme : la dégustation des mets traditionnels du Burkina Faso et du Niger. Présidée par le ministre Mamou Daffé, cette rencontre gastronomique a offert aux participants un moment de découverte et de convivialité, mettant en lumière la richesse culinaire du Sahel.  

À l’issue de cette journée, le ministre a été honoré par les artisans touaregs de la Confédération des États du Sahel (AES). En turbané selon la tradition, il a reçu le sabre touareg, le drapeau de l’AES, ainsi qu’un tableau et un sac. Ces symboles de reconnaissance témoignent de l’engagement du ministre en faveur de l’artisanat et de la culture. Le représentant des donateurs a salué son soutien constant aux artisans et à la valorisation des savoir-faire, soulignant la force des liens entre institutions et acteurs du terrain.  

Une édition tournée vers l’avenir

La 5ᵉ édition du SIAMA s’est ainsi distinguée par sa capacité à conjuguer réflexion stratégique, célébration culturelle et reconnaissance institutionnelle. En mettant à l’honneur le Burkina Faso et le Niger, le Mali a réaffirmé son rôle de catalyseur dans la coopération régionale et la promotion de l’artisanat sahélien.  

Entre débats ministériels, partenariats institutionnels, animations artistiques et moments de convivialité, SIAMA 2025 s’impose comme une plateforme incontournable pour penser l’avenir de l’artisanat dans le Sahel. Plus qu’un salon, il devient un espace de dialogue, de créativité et de solidarité, où traditions et modernité se rencontrent pour bâtir une économie locale forte et intégrée.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

29 novembre 2025 0 comments
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Sortie de la 47ème promotion de l'EMIA
A la UneSécurité

Sous le signe du général Sangaré : la nouvelle génération d’officiers prête à défendre le Mali

by Chiencoro 28 novembre 2025
written by Chiencoro 6 minutes read

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28 novembre 2025 0 comments
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Les ministres des Affaires étrangères de l'AES.
ActuPolitique

Confédération du Sahel : les ministres préparent la deuxième session du Collège des Chefs d’État

by Ibrahim Kalifa Djitteye 28 novembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 4 minutes read

La capitale burkinabè a accueilli ce mercredi, 26 novembre 2025, une importante réunion des ministres des Affaires étrangères de la Confédération des États du Sahel (AES). Cette rencontre marque une nouvelle étape dans la coordination diplomatique et la consolidation de l’espace confédéral. Cette rencontre s’est tenue sous la présidence de Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali, chef de la délégation malienne.

La réunion a rassemblé les délégations des trois pays membres de l’AES. Le Burkina Faso était représenté par  Karamoko Jean Marie Traoré, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, tandis que le Niger était conduit par Bakary Yaou Sangaré, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur.  

Une rencontre de haut niveau

Précédée par une session des Hauts fonctionnaires des piliers Défense et Sécurité, Diplomatie et Développement, la rencontre ministérielle avait pour objectif principal de préparer la deuxième session ordinaire du Collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel, prévue du 22 au 23 décembre 2025, à Bamako.

La cérémonie d’ouverture a été ponctuée par les allocutions des trois ministres. Chacun a réaffirmé l’importance de cette étape dans la mise en œuvre de la vision des Chefs d’État de l’AES : le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition et Chef de l’État du Mali, également Président de la Confédération ; le Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso ; et Le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République du Niger.  

Tous ont insisté sur la nécessité de bâtir un espace souverain, sécurisé et prospère, au service des populations du Sahel, confrontées depuis des années aux défis du terrorisme et de l’instabilité.

Des avancées tangibles depuis Niamey

Les ministres ont salué les progrès enregistrés depuis le sommet du 6 juillet 2024 à Niamey, qui avait marqué une étape fondatrice pour l’AES. Sous la présidence du Général Assimi Goïta, la Confédération a consolidé son front commun dans la lutte contre le terrorisme, la coordination diplomatique et la promotion du développement socio-économique.  

Ils ont également examiné plusieurs projets d’instruments juridiques destinés à renforcer l’architecture institutionnelle de l’AES, en prélude à la prochaine session du Collège des Chefs d’État.

L’analyse des dynamiques géopolitiques régionales a mis en lumière l’évolution des modes opératoires des groupes terroristes, désormais orientés vers la perturbation des activités économiques dans l’espace confédéral. Les ministres ont dénoncé avec fermeté ce qu’ils qualifient de « terrorisme médiatique », visant à fragiliser les États membres par des campagnes de désinformation.  

Ils ont condamné la récente campagne dirigée contre le Mali, exprimant leur solidarité et leur soutien au gouvernement et au peuple maliens. La résilience et le courage des populations ont été salués comme un exemple de résistance face aux tentatives de déstabilisation.

Une réponse médiatique, la radio AES

Dans cette dynamique de riposte, les ministres ont salué le lancement officiel de la radio AES « Daandė Liptako », inaugurée à Ouagadougou le jour même. Ce nouvel outil de communication est destiné à promouvoir le narratif de la Confédération et à mobiliser les populations autour des idéaux de souveraineté, de dignité et de coopération.  

La création de ce média constitue une réponse stratégique à la désinformation et un instrument de cohésion pour les peuples du Sahel.

Enfin, les ministres ont réaffirmé leur engagement à poursuivre la construction de l’espace confédéral dans la continuité de la vision des trois Chefs d’État. Une motion spéciale de remerciements a été adressée au Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, pour son rôle déterminant dans la consolidation de l’AES et la défense de la souveraineté africaine.  

Cette réunion ministérielle, au-delà de son caractère préparatoire, apparaît comme une étape décisive dans la structuration de la Confédération des États du Sahel. Elle illustre la volonté des trois pays de transformer leur alliance en un véritable espace de stabilité et de prospérité partagée, malgré les défis sécuritaires et médiatiques.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

28 novembre 2025 0 comments
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Croissance économique
A la UneÉconomie

Leçon malienne : comment Assimi Goïta a fait mentir les pronostics économiques

by Sahel Tribune 28 novembre 2025
written by Sahel Tribune 5 minutes read

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28 novembre 2025 0 comments
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Sommet Afrique-Europe - Grande
Analyses

Afrique–Europe : le sommet du réalisme et des rééquilibrages

by Sahel Tribune 28 novembre 2025
written by Sahel Tribune 4 minutes read

À Luanda, entre promesses renouvelées et ambitions contenues, Africains et Européens ont tenté de redonner souffle à une relation vieille d’un quart de siècle. Plus qu’un sommet diplomatique, celui de 2025 s’est voulu un test grandeur nature pour un partenariat à la croisée des chemins.

Sous le soleil implacable de Luanda, les 24 et 25 novembre 2025, chefs d’État, diplomates et stratèges venus des deux rives de la Méditerranée ont célébré un anniversaire symbolique : 25 ans de partenariat UA-UE.

Mais derrière les sourires et les poignées de main, un constat s’imposait : l’Afrique n’est plus la même, et l’Europe non plus. L’une revendique son autonomie stratégique, l’autre cherche à préserver son influence dans un continent désormais convoité par Pékin, Moscou et Ankara.

Le thème choisi – « Promouvoir la paix et la prospérité grâce à un multilatéralisme effectif » – sonnait presque comme un plaidoyer : celui d’un multilatéralisme de survie, à l’heure où les fractures mondiales se creusent et où les alliances se recomposent.

Un partenariat en quête d’équilibre

João Lourenço, hôte du sommet et président angolais, a donné le ton d’entrée : « Ce partenariat doit désormais se penser d’égal à égal. » Les représentants européens ont acquiescé, parfois à contre-cœur. Car si le discours du respect mutuel s’impose, la réalité des rapports économiques et sécuritaires reste profondément asymétrique.

L’Europe, fidèle à sa stratégie de « Global Gateway » — son contrepoids au rouleau compresseur chinois des Nouvelles Routes de la soie —, a promis 150 milliards d’euros d’investissements sur le continent africain. Mais l’Afrique, de son côté, n’entend plus être une périphérie de la prospérité européenne : elle veut des transferts de technologie, une industrialisation réelle et une part plus équitable dans la création de valeur.

L’ombre du Sahel et la tentation de la souveraineté

Au cœur des échanges, les crises africaines ont plané comme des spectres familiers : Sahel, Soudan, RDC, Corne de l’Afrique. L’Europe plaide pour une stabilité régionale ; l’Afrique, elle, exige désormais la souveraineté dans la gestion de ses conflits.

L’échec des dispositifs de sécurité imposés par l’extérieur – du G5 Sahel à la MINUSMA – hante encore les esprits. L’UA réclame que les opérations de paix africaines soient financées directement par l’ONU, avec un soutien renforcé du Fonds européen pour la paix.

La guerre en Ukraine, omniprésente dans les discussions, a aussi révélé un clivage : l’Afrique refuse de s’aligner, préférant le pragmatisme des alliances multiples au suivisme diplomatique.

Du climat à la connectivité : les nouveaux chantiers

Le sommet a aussi voulu parler d’avenir. L’Afrique et l’Europe se sont engagées à fournir une énergie propre à 100 millions d’Africains d’ici 2030, tout en accélérant la transformation numérique du continent.

Mais derrière ces promesses se cache une bataille d’intérêts : celle des minéraux critiques, du lithium congolais au cobalt zambien, qui alimente les industries vertes européennes. L’Afrique réclame que cette transition écologique ne soit pas un nouveau pacte de dépendance, mais un levier d’industrialisation.

Sur le commerce, la ZLECAf (Zone de Libre-Échange Continentale Africaine) est apparue comme le grand pari africain, encore fragile mais porteur d’espoir. L’Europe, en retour, a promis d’adapter certaines de ses politiques commerciales, notamment sur la taxe carbone aux frontières, jugée injuste par les pays du Sud.

Une Afrique jeune, une Europe vieillissante

Entre les deux continents, le fossé générationnel saute aux yeux. L’Afrique, plus jeune que jamais, aspire à l’emploi, à la mobilité, à la reconnaissance. L’Europe, plus vieillissante, redoute l’immigration mais a besoin de talents et de main-d’œuvre. La question migratoire, abordée avec diplomatie, reste le grand non-dit de ce partenariat.

Les dirigeants africains ont insisté sur l’autonomisation des jeunes et des femmes, tandis que Bruxelles a mis l’accent sur la migration légale et maîtrisée — un euphémisme pour contenir sans fermer.

Un multilatéralisme à réinventer

Enfin, l’appel à une réforme du Conseil de sécurité de l’ONU et des institutions financières internationales a fait consensus. Les Africains veulent siéger à la table où se décident les règles du monde, et non plus dans la salle d’attente du développement. L’Europe, consciente de la perte de son monopole moral, s’y est montrée favorable… du moins sur le papier.

La déclaration finale, forte de 49 points, se veut ambitieuse. Mais à Luanda, chacun savait que la crédibilité du partenariat UA-UE ne se jouera plus sur les communiqués, mais sur les résultats tangibles. Le continent africain ne veut plus de promesses creuses : il veut des routes, des usines, des emplois, des satellites.

À l’heure où le monde entre dans une ère de compétition globale, le partenariat Afrique–Europe doit prouver qu’il peut encore être une alliance d’intérêt et non de dépendance. Ce sommet de 2025 aura au moins eu un mérite : rappeler que le temps des illusions postcoloniales est révolu, et que l’Afrique, désormais, parle d’égal à égal.

A.D

28 novembre 2025 0 comments
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Ouverture du Salon international de l'entrepreneuriat
ActuSeko ni Donko

SIAMA 2025 : L’artisanat malien au cœur d’une édition internationale

by Ibrahim Kalifa Djitteye 28 novembre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Le Parc des expositions de Bamako a abrité, ce jeudi 27 novembre 2025, la cérémonie d’ouverture de la 5ᵉ édition du Salon International de l’Artisanat du Mali (SIAMA). Placée sous le haut patronage du Président de la Transition, Chef de l’État, le Général d’Armée Assimi Goïta, la cérémonie a été présidée par le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga. 

Aux côtés du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou DAFFÉ, étaient présents plusieurs membres du gouvernement, le ministre du Burkina Faso en charge de l’Artisanat et le représentant du ministre du la Culture du Niger, pays invités d’honneur ainsi que de nombreuses personnalités politiques, diplomatiques et culturelles.  

Sous le thème « L’artisanat vecteur de développement et de sauvegarde de notre identité culturelle », le SIAMA 2025 s’impose comme un rendez-vous continental majeur. Cette édition réunit plus de 1 118 exposants venus de toutes les régions du Mali et de 15 pays étrangers, dont le Burkina Faso et le Niger comme pays d’honneur, et le Maroc comme invité spécial. Plus de 550 stands mettent en lumière la richesse du savoir-faire artisanal malien et africain, offrant aux visiteurs un panorama exceptionnel de créations, d’innovations et de traditions.  

Une édition d’envergure internationale

Le programme de cette édition est particulièrement riche et diversifié. Outre les expositions, les visiteurs pourront assister à des défilés de mode, des démonstrations de transformation dans la métallurgie, la fabrication de mobiliers et de machines agricoles, ainsi que des concours et ateliers de formation. Des panels et conférences animés par des experts viendront approfondir les réflexions sur le rôle de l’artisanat dans le développement économique et culturel. Par ailleurs, plusieurs conventions de partenariat seront signées, notamment avec des institutions régionales et internationales, afin de renforcer la formation des artisans et consolider la coopération entre les pays participants.  

Le Commissaire général du Salon, Mamadou Minkoro Traoré, a salué la résilience des artisans maliens et la solidarité des pays partenaires. Il a rappelé que l’artisanat est un pilier de la création de richesses et un vecteur de souveraineté culturelle.  

Tradition et innovation au cœur du SIAMA

Le ministre Mamou Daffé, dans son allocution, a insisté sur l’importance de l’innovation et de la créativité comme ressources essentielles pour l’avenir du Mali et du Sahel. Il a également rendu hommage aux forgerons, symboles historiques de l’ingéniosité malienne, dont les techniques et savoir-faire sont mis en valeur cette année.  

Le Burkina Faso, représenté par une délégation de plus de cent personnes, et le Niger, également invité d’honneur, témoignent de la vitalité de la coopération régionale. Le Maroc, invité spécial, participe à travers la Chambre d’artisanat de Rabat-Salé-Kénitra, qui propose des formations en mécatronique, en réparation de téléphonie mobile et en procédés de tannage de maroquinerie. Ces initiatives permettront de renforcer les capacités de dizaines d’artisans maliens et d’ouvrir de nouvelles perspectives de collaboration.  

Une vitrine de la créativité africaine

Au-delà de la dimension économique, le SIAMA 2025 se veut un espace de rencontre entre tradition et innovation, où l’identité culturelle se conjugue avec les défis contemporains. La région de Ségou, désignée « région parrain » de cette édition, illustre l’ancrage territorial du salon et la volonté de valoriser toutes les régions du Mali. Les animations culturelles, les échanges professionnels et les opportunités de partenariat font du SIAMA une plateforme incontournable pour l’artisanat africain.  

Le Salon, qui se poursuivra jusqu’au 7 décembre 2025, s’affirme comme une vitrine de la créativité africaine et un levier économique et culturel pour le Mali. Plus qu’un simple événement, il incarne la détermination des artisans maliens et africains à se tenir debout, à innover et à protéger l’identité culturelle du continent.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

28 novembre 2025 0 comments
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Oleg Nesterenko, Président du CCIE
A la UneAnalyses

Le futur de l’armée ukrainienne : le zugzwang pour l’UE

by Oleg Nesterenko 28 novembre 2025
written by Oleg Nesterenko 7 minutes read

Le zugzwang est une situation dans le jeu d’échecs dans laquelle le joueur n’a aucun mouvement favorable possible – toute action qu’il fera entraînera une détérioration imminente de sa position sur le plateau de jeu.

Dans le cadre des actuelles négociations officieuses de l’accord de paix entre l’Ukraine et la Fédération de Russie ou, pour être plus précis, entre le bloc de l’OTAN et Moscou, la question du nombre du contingent de l’armée ukrainienne de la période post-guerre est présentée comme un des points clés du désaccord entre les Russes et les Ukrainiens, avec les « va-t-en-guerre » européens derrière. 

Sans présenter l’analyse de l’ensemble des clauses d’un éventuel accord de paix, je m’arrêterai sur la question quantitative de la future armée ukrainienne, dont l’importance, singulièrement sous-estimée, transcende les narrations propagandistes des grands médias occidentaux.

Le récit dominant oppose la volonté de Moscou de minimiser le nombre de militaires dans l’armée ukrainienne à la position du camp ukraino-européen, réticent à toute réduction d’effectifs.

Le plan de paix proposé par l’administration Trump préconise une réduction de l’armée ukrainienne à 600 000 militaires actifs, tandis que les exigences de l’Union Européenne oscillent autour de 800 000 individus. 

Cela étant, il est à souligner que la focalisation sur l’aspect sécuritaire de cette question s’avère non seulement fallacieuse, mais aussi déconnectée des impératifs socio-économiques de la réalité que l’Ukraine connaîtra dans un avenir proche. L’équation est considérablement plus complexe.

Les effectifs de l’armée 

Aujourd’hui, le nombre exact de soldats et d’officiers servant dans l’armée ukrainienne reste indéterminé. Les estimations, issues de sources officielles et non officielles, suggèrent une fourchette de 800 à 950 mille individus, incluant un nombre significatif de déserteurs, estimé entre 200 et 300 mille selon diverses sources ukrainiennes (le chiffre officiel de plus de 120 000 poursuites judiciaires intentées contre des militaires ayant déserté les rangs de l’armée ukrainienne ne reflète guère l’ampleur réelle de l’exode).

En conséquence, l’effectif réel de l’armée ukrainienne se situerait entre 500 et 750 mille personnes, dont environ 200 mille sont directement engagées dans les combats sur la ligne de front.

Quelle est la signification de ces chiffres présentés ? 

Le fait que ces effectifs s’inscrivent bien dans la « zone de marchandage » proposée par Washington, suggérant une absence de demande de sacrifices en termes d’effectifs de la future armée ukrainienne, constitue un aspect non éclairé par les médias mainstream occidentaux, mais, néanmoins, secondaire de la problématique.

Il est pertinent de rappeler qu’avant l’entrée de la Russie en guerre, l’ensemble des forces armées ukrainiennes comptait environ 200 mille soldats et officiers. Ce chiffre tenait déjà compte de la guerre menée par Kiev dans la région du Donbass depuis avril 2014.

Parallèlement, les armées les plus importantes des pays de l’Union Européenne en termes d’effectifs actifs, telles que celles de la France et de la Pologne, comptent également près de 200 mille militaires chacune. Cette taille relativement réduite s’explique par le fait qu’en temps de paix, des armées plus importantes pour des pays ayant le poids démographique et économique de la France constitueraient une charge économique excessive. Une augmentation hypothétique des effectifs militaires français de 200 à 300 mille serait fortement préjudiciable à une économie se situant déjà au bord de la récession. 

L’Ukraine, confrontée à un effondrement économique et démographique avéré, ne sera pas en mesure de financer une armée de 800 mille hommes, ni même de maintenir un effectif de 200 mille militaires actifs comme avant 2022. À l’issue du conflit, le pays sera plongé dans une récession profonde et durable.

Qu’ils le veuillent ou non, même une fois le conflit actuel achevé, les contribuables européens devront inéluctablement continuer de financer Kiev par le biais de dotations massives, se chiffrant à plusieurs dizaines de milliards d’euros par an et crevant ainsi durablement les finances publiques des pays européens. 

Le piège ukrainien : zugzwang

Les narratifs véhiculés par les canaux de propagande du bloc otanien quant au rôle futur et crucial de l’armée ukrainienne dans la défense de l’Union Européenne divergent considérablement de la réalité. Contrairement aux affirmations publiques, aucun gouvernement européen, aussi russophobe soit-il, ne consentira à des sacrifices substantiels au profit d’une armée étrangère, dont la fonction se limite à constituer un rempart temporaire face à l’armée russe, un « consommable » stratégique pendant les quelques années nécessaires au renforcement des forces armées nationales.

A l’issue de ce processus, il est certainement prévu que l’armée ukrainienne, déjà chroniquement sous-alimentée même en période de guerre, soit progressivement abandonnée à son propre sort, faute d’une dotation annuelle de plusieurs dizaines de milliards d’euros, indispensable au maintien du niveau de capacité affiché dans les déclarations officielles.

Cela étant, le futur drame réputationnel des capitales européennes réside dans le fait que, sans reléguer l’Ukraine au statut d’État paria et sans fermer hermétiquement sa frontière avec l’UE, l’interruption des perfusions financières susmentionnées s’avérera irréalisable, même en cas d’accession massive au pouvoir, dans les pays de l’Union, de gouvernements souverainistes, voire ouvertement anti-ukrainiens.

Pourquoi ? 

Actuellement, la rémunération d’un soldat de rang directement engagé dans les zones de combat excède fréquemment 100 000 hryvnias, soit près de 2 000 euros par mois. Depuis plusieurs années, plus de 200 000 individus, sur un effectif total estimé entre 500 000 et 750 000 militaires d’active au sein de l’armée ukrainienne, se sont non seulement familiarisés avec la confrontation directe à la mort et l’acte de tuer, mais également habitués à percevoir une rétribution qui, pour la majorité d’entre eux, représente un multiple de 5 par rapport à leurs revenus civils antérieurs au conflit. À titre indicatif, le revenu moyen de la population ukrainienne en 2021 s’élevait à 14 018 hryvnias par mois, soit environ 434 euros bruts (ministère des Finances de l’Ukraine, 2021).

Au sortir du conflit armé, des centaines de milliers de combattants retrouveront une vie civile désenchantée, confrontés à une économie en ruines et à la quête ardue d’un emploi précaire, rétribué au mieux quelques centaines d’euros mensuels. 

Les sondages déjà réalisés en Ukraine sont sans équivoque et n’ont aucun effet de surprise : tout au moins, plusieurs dizaines de milliers de personnes habituées à tuer, et avec la psyché détruite par la guerre, prendront le chemin de l’Union Européenne afin d’y retrouver le niveau de rémunération auquel elles se sont habituées depuis des années de guerre, et ce par tous les moyens qui seront à leur disposition.  

Les capitales européennes seront alors confrontées à un choix très restreint : soit maintenir un financement substantiel et pérenne de l’armée et de l’économie ukrainiennes, soit accueillir sur leur sol des dizaines de milliers d’individus déséquilibrés ayant l’expérience de tuer, en quête d’un niveau de vie confortable, soit, comme mentionné plus haut, mettre l’Ukraine sous le statut d’état paria et fermer sa frontière à la libre circulation avec l’UE.

Au regard des politiques menées ces dernières années par Bruxelles et la majorité des gouvernements européens, et considérant les risques inhérents pour les « élites » à la seconde option, le maintien d’un financement conséquent de Kiev apparaît comme le moindre mal.  

Cependant, l’indignation affichée par les décideurs européens face à la proposition de l’administration Trump de ramener les effectifs de l’armée ukrainienne à 600 000 hommes à la fin du conflit relève d’une grossière chimère dont l’objectif véritable serait d’empêcher la signature d’un accord de paix et de faire perdurer la guerre le temps nécessaire pour l’Union Européenne de restructurer ses armées au prix de sacrifices socio-économiques que ses contribuables feront de gré ou de force.

Oleg Nesterenko, Président du CCIE (www.c-cie.eu)

(Ancien directeur de l’MBA, ancien professeur auprès des masters des Grandes Ecoles de Commerce de Paris)

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