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Manifestation en Côte d'Ivoire à la veille de l'élection présidentielle
Politique

Côte d’Ivoire : les vieux démons dansent encore avant le vote

by Chiencoro 11 octobre 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

À la veille d’une élection présidentielle, annoncée pour le 25 octobre 2025, et censée sceller la stabilité retrouvée d’un pays longtemps meurtri, la Côte d’Ivoire replonge dans ses vieux démons : méfiance, tension et litanie des promesses démocratiques jamais tenues. La rue, une fois encore, se charge de rappeler que le silence n’est pas synonyme de paix.

Il y a des jours où Abidjan ressemble à un orchestre sans chef. Ce vendredi, la partition était écrite d’avance : slogans rageurs, pancartes improvisées, drapeaux brandis comme des boucliers de papier. Des milliers de manifestants — militants de l’opposition, étudiants désabusés, vendeuses de marché devenues politologues à leurs heures — ont déferlé dans plusieurs villes du pays pour exiger ce que tout le monde promet mais que personne ne garantit vraiment : une élection transparente.

Officiellement, il ne s’agit que d’une mobilisation citoyenne. En réalité, c’est une motion de méfiance à ciel ouvert contre un processus électoral que beaucoup jugent biaisé, verrouillé, calibré pour produire le résultat que l’on connaît d’avance. Les Ivoiriens, eux, n’ont plus besoin d’explications techniques. Ils ont déjà vu le film. Il s’appelait 2010, il s’appelait 2020. Et il finit toujours mal.

Abidjan sous surveillance, la CEI sous pression

Devant les locaux de la Commission électorale indépendante (CEI), les forces de l’ordre, casques luisants et matraques au poing, ont formé une muraille silencieuse. On distribue des gaz lacrymogènes comme des bulletins de vote, au nom du maintien de l’ordre public.

Dans certains quartiers d’Abobo et de Yopougon, des heurts éclatent, vite contenus mais lourds de symboles. La démocratie ivoirienne, décidément, continue d’avancer avec un gilet pare-balles.

À Bouaké, Daloa ou Gagnoa, même scénario : foules compactes, slogans improvisés, colère polie mais palpable. Le mot d’ordre : « Non à la confiscation du vote ». Une phrase qui sonne comme un refrain d’Afrique francophone, de Dakar à Kinshasa, de Libreville à Lomé.

Le paradoxe ivoirien

Car c’est bien là tout le drame : la Côte d’Ivoire, vitrine économique de l’Afrique de l’Ouest, symbole de la réussite post-conflit, redécouvre que la croissance ne soigne pas tout. Le PIB grimpe, mais la confiance descend. Les ponts s’érigent, mais les passerelles entre pouvoir et opposition s’effondrent. On dit que le président sortant veut assurer la continuité. Ses opposants, eux, y voient une obsession du contrôle.

Entre les deux camps, une institution électorale à la crédibilité aussi fragile qu’une urne en carton mouillé. Officiellement indépendante, la CEI reste perçue par beaucoup comme un appendice administratif de la présidence, où l’arithmétique électorale sert souvent plus à rassurer qu’à compter.

La communauté internationale en spectatrice polie

À Bruxelles, à Paris, à Washington, on suit le dossier d’un œil distrait mais inquiet. On exhorte à « la retenue», à « la transparence », à « la maturité politique ». Ces mots, désormais usés à force d’être recyclés, tombent dans le vide ivoirien avec le poids d’une plume. Pendant ce temps, la rue, elle, dit autre chose : que la démocratie ne se décrète pas, elle se mérite.

Et si les diplomates occidentaux s’étonnent du scepticisme populaire, c’est qu’ils ont oublié que dans ce pays, on n’a jamais eu besoin d’un observateur étranger pour savoir quand une élection sent la poudre.

La veille du scrutin, l’heure du doute

À quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote, Abidjan retient son souffle. L’armée patrouille, les ONG observent, les chancelleries espèrent. Le pouvoir, lui, promet une élection « libre et apaisée » — une formule devenue, au fil du temps, l’antichambre du chaos.

Mais au fond, ce tumulte dit une chose simple : la démocratie ivoirienne ne meurt jamais, elle agonise souvent. Et si les urnes s’ouvrent demain, c’est avec la peur qu’elles accouchent encore d’un conflit, d’une contestation ou d’une énième promesse trahie.

Chiencoro Diarra 

11 octobre 2025 0 comments
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Coup d'Etat au Madagascar
A la UnePolitique

Madagascar : le pouvoir se dit “debout”, mais chancelle sur ses appuis

by Sahel Tribune 11 octobre 2025
written by Sahel Tribune 3 minutes read

À Antananarivo, le pouvoir malgache tente de reprendre la main après une journée de confusion et de rumeurs. Pendant que des militaires mutins proclament la “prise du pouvoir”, la présidence assure que tout va bien. L’orchestre continue de jouer, même si le bateau tangue.

Ce samedi 11 octobre 2025, Madagascar a connu l’un de ces jours où l’histoire hésite entre tragédie et comédie politique. En fin de matinée, des soldats du CAPSAT — le Corps d’administration des personnels et services de l’armée de terre —, déjà entrés dans la légende pour leurs mutineries passées, annoncent qu’ils “prennent leurs responsabilités” et déclarent le pouvoir “dissous”. Dans la foulée, ils instaurent un couvre-feu et appellent la population à “rester chez elle”, ce qui, à Antananarivo, signifie généralement descendre dans la rue.

Quelques heures plus tard, alors que la place du 13-Mai, symbole historique des révoltes malgaches, est envahie par une foule euphorique scandant la fin du régime, la présidence de la République sort enfin de son silence. Le message ? Non, le président Andry Rajoelina n’a pas fui. Oui, il est “au pays”. Et mieux encore : il “coordonne les affaires nationales” aux côtés de son Premier ministre, le général Fortunat Ruphin Zafisambo. Un communiqué à la tonalité plus rassurante que crédible, dans un pays où les démentis officiels précèdent souvent les ruptures de régime.

Un Premier ministre en funambule

Apparu à la télévision nationale, le général Zafisambo — raide comme un porte-drapeau — s’est voulu rassembleur : “Le pouvoir en place se tient debout et est prêt à écouter toutes les factions, qu’il s’agisse des jeunes, des syndicats ou des militaires.”

Un ton mesuré, presque apaisé, loin du lexique martial habituel. Comme s’il voulait convaincre que l’on peut encore dialoguer quand les fusils parlent. Le Premier ministre a même rappelé qu’une concertation nationale, sous l’égide du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes (FFKM), est “en cours de préparation”. Une manière de dire que la religion, une fois de plus, sert de planche de salut politique à un État dévissé.

Signe de lucidité ou aveu d’impuissance, Zafisambo a lancé un appel à ne pas “laisser les forces armées s’entretuer”. Une phrase lourde de sens, car elle trahit ce que tout le monde sait : le pouvoir ne contrôle plus totalement ses propres troupes.

Une présidence sur le fil

Rajoelina, l’homme de 2009 qui s’était hissé au pouvoir en renversant Marc Ravalomanana avec l’appui de ce même CAPSAT, est désormais rattrapé par sa propre histoire. Ironie du sort : ceux qui l’avaient jadis propulsé pourraient bien aujourd’hui le renverser.

Derrière le vernis des communiqués et les discours d’apaisement, la réalité malgache demeure brutale : une armée fracturée, une population épuisée, un président contesté, et une économie asphyxiée. Le tout sur fond de colère sociale nourrie par la pauvreté et les coupures d’électricité, dans un pays où les illusions de stabilité ne durent jamais plus qu’un cycle électoral.

Pour l’heure, Antananarivo retient son souffle. Le pouvoir dit qu’il “se tient debout”, mais à Madagascar, on sait depuis longtemps que la verticalité politique est un sport de déséquilibriste.

Entre démentis officiels et rumeurs virales, le flou règne, et c’est peut-être cela, le vrai pouvoir du moment : la confusion. Car à Madagascar, comme souvent, les crises politiques ne s’achèvent pas — elles changent simplement d’acteurs.

Chiencoro Diarra

11 octobre 2025 0 comments
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Inondation au Mali
Actu

Inondations au Mali : 28 morts, 38 blessés et plus de 20 000 sinistrés

by Ibrahim Kalifa Djitteye 11 octobre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Le Comité Interministériel de Gestion des Crises et Catastrophes s’est réuni le jeudi 9 octobre 2025 au Centre de Coordination et de Gestion des Crises (CECOGEC) pour faire le point sur la situation des inondations et planifier les interventions gouvernementales. 

Au cours de la période du 3 au 9 octobre 2025, trois nouveaux cas d’inondation ont été enregistrés. Depuis le début de la saison des pluies, le pays a connu 47 inondations, 10 incidents liés à la foudre et quatre épisodes de vent violent. Ces événements ont entraîné la mort de 28 personnes et fait 38 blessés.

En outre, 1 237 habitations se sont effondrées, touchant 2 751 ménages, soit environ 20 859 personnes sinistrées. Face à cette situation, le gouvernement a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et a souhaité un prompt rétablissement aux blessés.

Bilan et assistance aux sinistrés

Des mesures d’assistance ont été mises en œuvre. Parmi elles, la distribution de vivres a concerné 2 355 personnes, tandis que 1 689 autres ont bénéficié d’une aide en biens non alimentaires. Ces interventions visent à répondre aux besoins urgents des populations touchées et à limiter la détresse sociale.

Pour prévenir de nouveaux sinistres, le gouvernement poursuit les travaux de dégagement des lits de marigots dans le District de Bamako, notamment au niveau du marigot de Kalaban-Coura et de ses embranchements. Cette opération facilite l’écoulement des eaux et réduit le risque d’inondation dans certaines zones urbaines.

Parallèlement, la mobilisation de brigadiers citoyens et de volontaires dans le cadre du projet « Les mois citoyens » se poursuit. Ces acteurs participent à la sensibilisation des populations et à la mise en œuvre des mesures de prévention.

Sensibilisation et prévention

Des messages d’information sont diffusés sur les radios, la télévision, dans la presse écrite et via l’application digitale SOS Sécurité pour rappeler les comportements à adopter en période de fortes pluies. Les autorités insistent sur l’importance de libérer les voies d’écoulement des eaux et de respecter les zones à risque.

La saison des pluies 2025 suit une évolution normale et tend vers sa fin sur l’ensemble du territoire, mais des pluies orageuses restent possibles, notamment dans les régions du Nord : Tombouctou, Taoudéni et Kidal. La vigilance reste donc de mise.

La situation hydrologique nationale est caractérisée par une montée des niveaux d’eau dans tous les cours d’eau. Ces fluctuations sont liées aux pluies dans les hauts bassins du Niger, du Sénégal et du Bani.

Cours d’eau et vigilance

Le remplissage de la retenue de Manantali est effectif, tandis que celui de Sélingué se poursuit normalement. Des lâchers d’eau sont actuellement en cours, ce qui pourrait entraîner des montées d’eau importantes en aval, explique le communiqué.

Les autorités appellent donc les populations à la prudence et au respect des consignes de sécurité pour limiter les risques d’inondation et d’accidents. Elles rappellent que la situation reste évolutive et que le suivi hydrologique reste une priorité.

Parmi les recommandations : ne jamais s’engager sur une route ou une ruelle inondée, ne pas s’approcher des berges d’un cours d’eau ou des canaux d’évacuation, et ne pas s’arrêter sur un pont, que ce soit à pied ou en voiture.

Il est également déconseillé d’utiliser un téléphone ou un pare-soleil sous un orage et de toucher aux câbles électriques. En cas de forte pluie, il est recommandé de s’abriter dans un bâtiment ou un espace couvert, mais jamais sous un arbre.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

11 octobre 2025 0 comments
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Visa américain
A la UnePolitique

Visa américain : une caution désormais exigée pour les ressortissants maliens

by Cheickna Coulibaly 11 octobre 2025
written by Cheickna Coulibaly 2 minutes read

Le Département d’État américain a publié le vendredi 10 octobre 2025 un communiqué annonçant la mise en place d’un programme pilote de caution de visa destiné aux voyageurs maliens.

À compter du 23 octobre 2025, les ressortissants maliens jugés éligibles pour un visa B-1/B-2 (affaires ou tourisme) devront verser une caution pouvant atteindre 10 000 dollars américains (environ 6,1 millions FCFA) avant la délivrance du visa.

Selon le communiqué, ce programme pilote vise à renforcer l’engagement du gouvernement des États-Unis en matière de protection des frontières et de sécurité nationale.

Les pays peuvent être inclus dans le dispositif pour différentes raisons : un taux élevé de dépassement de séjour parmi leurs ressortissants, des lacunes dans les procédures de contrôle et de vérification, des préoccupations liées à la citoyenneté par investissement sans exigence de résidence, ou encore des considérations de politique étrangère. Le Département d’État se réserve la possibilité de mettre à jour la liste des pays participants tout au long de la période du programme pilote.

Les motifs évoqués 

Dans le cadre du programme, les agents consulaires exigeront de tout citoyen ou ressortissant voyageant avec un passeport malien, et jugé autrement éligible à un visa B-1/B-2, le versement d’une caution de 5 000 ou 10 000 dollars américains (environ 3,05 à 6,1 millions FCFA). Lors de la décision, l’agent consulaire prendra en compte la situation du demandeur au moment de l’entretien. Le demandeur devra également soumettre le formulaire I-352 du Département de la Sécurité intérieure, acceptant les conditions de la caution, via la plateforme de paiement en ligne du Département du Trésor, Pay.gov.

Cette exigence s’appliquera à tous les détenteurs de passeports maliens, quel que soit le lieu de dépôt de la demande de visa.

Le communiqué précise enfin que le Département d’État réévalue en permanence ses procédures de contrôle et de vérification à travers le monde, afin de garantir que le processus de visa respecte les normes les plus élevées en matière de sécurité nationale et de sécurité publique.

Cheickna Coulibaly 

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Sébatien Lecornu
Analyses

Come-back de Lecornu: l’art français de tourner en rond avec élégance

by Chiencoro 10 octobre 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

En Macronie, la tragédie politique vire à la comédie d’alcôve. Quatre jours après avoir claqué la porte de Matignon, Sébastien Lecornu y revient par la fenêtre, en mission commandée pour un président aux abois. Le tout sur fond de Ve République en état de décomposition avancée.

Il y a des come-backs qui forcent le respect, et d’autres qui forcent le rire. Celui de Sébastien Lecornu, reconduit à Matignon après avoir démissionné 96 heures plus tôt, appartient sans conteste à la seconde catégorie. En France, on ne gouverne plus, on recycle. À ce rythme, on finira par breveter la « démission circulaire » comme innovation politique made in Élysée.

Le 6 octobre, l’homme du moment quitte Matignon, lessivé par 27 jours de turbulences et de critiques sur un gouvernement « copié-collé » de celui de François Bayrou. Le 10 octobre, miracle républicain : le même Lecornu revient, flanqué d’un mandat tout neuf, après un conclave nocturne à l’Élysée où la classe politique — amputée de ses extrêmes — a joué les pompiers pyromanes. En vérité, personne ne voulait du fauteuil. Il brûle trop.

Macron, metteur en scène d’un théâtre d’ombres

Ce retour, c’est d’abord celui d’un président sans majorité, mais pas sans ego. Emmanuel Macron, incapable de trouver une figure consensuelle, a préféré réanimer un Premier ministre usé plutôt que d’affronter l’évidence : la France est ingouvernable.

Derrière la façade républicaine, c’est une monarchie présidentielle qui s’accroche, obsédée par la communication, déconnectée du réel et rongée par la peur d’une dissolution fatale.

Lecornu, en bon soldat, parle de « devoir » ; mais tout indique qu’il a surtout accepté « par résignation ». Ses quatre conditions — débats parlementaires, redressement budgétaire, déconnexion présidentielle, diversité gouvernementale — sonnent comme une lettre d’intention plus que comme un programme. La France adore les grandes déclarations ; elle redoute les petites décisions.

Lecornu, le pompier de service d’un incendie institutionnel

À Matignon, le pompier Lecornu hérite d’un brasier budgétaire et d’un champ de ruines politique. Il doit présenter la loi de finances 2026 à une Assemblée nationale prête à le renverser avant même qu’il n’ait posé ses valises. LFI promet une motion de censure « dès lundi », les communistes dénoncent un « entêtement inacceptable », les socialistes conditionnent leur soutien à un virage imaginaire. Bref, tout le monde est d’accord pour ne pas être d’accord.

La scène politique française ressemble désormais à un vieux bal masqué. On se déguise en responsable, on danse au son du chaos, et l’on espère que l’orchestre tiendra jusqu’à la présidentielle de 2027. Lecornu, lui, joue le rôle du fusible consentant, celui qui saute pour mieux être ressoudé.

La France, puissance moyenne et politique minée

Ce va-et-vient à Matignon ne serait qu’un épisode anecdotique s’il ne révélait pas un mal plus profond. La France n’est plus une puissance politique stable, ni même un modèle de gouvernance. Tandis que Berlin rationalise et que Londres improvise avec style, Paris tâtonne, tergiverse, se déchire — et s’écoute parler. L’arrogance technocratique a remplacé la vision gaullienne ; la communication de crise a pris le pas sur l’État stratège.

Sur le plan international, ce psychodrame hexagonal amuse à Moscou, laisse perplexe à Washington et inquiète à Bruxelles. Car un pays qui peine à se gouverner lui-même peine aussi à se faire entendre. La diplomatie française, naguère redoutée, n’est plus qu’une succession de « positionnements ».

Une comédie française sans fin

En reconduisant Lecornu, Macron a choisi la continuité : celle de l’improvisation et de l’usure. Le Premier ministre le plus éphémère de la Ve République redevient donc Premier ministre. La France, elle, reste suspendue à ses contradictions : un peuple las, des élites déconnectées et une République en quête d’un sens qu’elle a depuis longtemps perdu.

On disait autrefois que la France était un pays où tout finit par des chansons. En 2025, tout y commence par une démission… et se termine par une reconduction.

Chiencoro Diarra

10 octobre 2025 0 comments
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Exposition culturelle
A la UneSeko ni Donko

À Sikasso, la renaissance culturelle s’ancre dans les valeurs fondatrices du Mali

by Ibrahim Kalifa Djitteye 10 octobre 2025
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 6 minutes read

En marge de la 9 ᵉ édition du Festival Triangle du Balafon, la salle de conférence de la Chambre de commerce et d’industrie de Sikasso a abrité, le vendredi 10 octobre 2025, une conférence consacrée à la place et au rôle du Maaya et du Danbé dans la formation et l’éducation du Maliden Kura. Placée sous la présidence du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Mamou Daffé, cette rencontre s’est déroulée en présence de plusieurs autorités administratives et politiques, de personnalités du monde culturel, ainsi que d’un grand nombre d’élèves et d’étudiants venus échanger sur les valeurs fondatrices de la société malienne.

Organisée par le ministère à travers la Direction nationale du patrimoine culturel, cette conférence s’inscrit dans le cadre des Journées nationales du patrimoine culturel, tenues sous le slogan évocateur : « Il n’y a pas d’indépendance viable sans renaissance culturelle ».

Elle participe à la dynamique de renaissance culturelle prônée par les autorités de la Transition, soucieuses de replacer les valeurs traditionnelles au cœur de l’éducation et de la cohésion nationale.

Conférence sur le Maaya et le dansé
Le ministre Mamou Daffé participe à une conférence sur le Maaya et le danbé à Sikasso, le 10 octobre 2025. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/ Sahel Tribune.

Un appel à revenir à la source

Dans son mot de bienvenue, le 1er adjoint au maire de la Commune urbaine de Sikasso, M. Abdramane Sidibé, a rappelé toute l’importance d’un retour aux fondamentaux. Selon lui, le Maaya et le Danbé, valeurs de respect, d’honneur et de solidarité, sont indispensables à la cohésion sociale et à l’éducation de la jeunesse. « Il s’agit pour nous aujourd’hui de replonger dans nos racines, d’écouter ceux qui ont façonné cette société à travers leurs valeurs. La présence des élèves et étudiants dans cette salle traduit notre volonté de transmettre ces repères culturels, car ils constituent les véritables fondements de notre identité », a-t-il déclaré, avant d’appeler les jeunes à s’inspirer de ces modèles pour construire le Mali de demain.

Prenant la parole à son tour, la gouverneure de la région de Sikasso, Mme Kanté Marie Claire Dembélé, a déploré la perte progressive des repères éducatifs et moraux dans la société actuelle, notamment à cause de la dépendance aux technologies modernes. « Aujourd’hui, nos enfants sont collés à leurs téléphones. Ils peuvent tout chercher sur Internet, mais ils oublient l’essentiel : les valeurs qui font de nous des Maliens. Les parents ont démissionné. Il est temps de retourner à la source », a-t-elle martelé, appelant à une réappropriation collective du Maaya et du Danbé dans les familles et les écoles.

Cette exhortation à revenir aux fondamentaux culturels a trouvé un écho particulier dans le public, notamment chez les jeunes participants, invités à redécouvrir l’essence même de leur patrimoine immatériel.

Exposition au Musée national de Sikasso
Le ministre Mamou Daffé prend part au vernissage au Musée régional de Sikasso lors d’une exposition exceptionnelle consacrée au patrimoine culturel malien, le 10 octobre 2025. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/ Sahel Tribune.

Le ministre Mamou Daffé : « Cette journée, c’est la vôtre »

Dans son allocution, le ministre Mamou Daffé a placé la jeunesse au centre des préoccupations de son département. Il a rappelé que le patrimoine culturel ne se limite pas aux monuments ou aux objets matériels, mais englobe aussi les valeurs, savoir-faire et comportements qui façonnent l’identité nationale. « Depuis quelques années, nous avons voulu dédier cette journée entièrement à notre patrimoine, à ce que nous sommes. Le patrimoine, c’est ce qui nous permet de nous identifier, d’affirmer notre existence et de nous projeter vers l’avenir. Cette journée, c’est la vôtre », a-t-il lancé à l’endroit des élèves et étudiants.

Pour le ministre, le choix du thème Maaya et Danbé s’explique par l’urgence de rétablir les bases d’une éducation enracinée dans les valeurs traditionnelles. « Nous avons perdu certains repères, explique le ministre Mamou Daffé. Autrefois, l’éducation parentale et communautaire formait un tout cohérent : l’individu appartenait à la famille, au quartier, à la communauté. C’est ce tissu social qu’il nous faut restaurer si nous voulons construire le Maliden Kura, un Mali nouveau fondé sur la dignité, la solidarité et le respect mutuel ».

Mamou Daffé
Mamou Daffé, Ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie Hôtelière et du Tourisme, à la conférence sur le Maaya et le danbé à Sikasso, le 10 octobre 2025. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/ Sahel Tribune.

Le patrimoine malien s’invite au Musée régional de Sikasso

Tout juste après la conférence, le ministre Mamou Daffé s’est rendu au Musée régional de Sikasso pour procéder au vernissage d’une exposition exceptionnelle consacrée au patrimoine culturel malien. Organisée dans le cadre du Festival International Triangle du Balafon 2025, cette exposition met en lumière la diversité et la richesse du patrimoine national à travers des œuvres d’art, des objets anciens et des instruments traditionnels qui racontent l’histoire et l’identité du Mali. 

Ce moment, empreint d’émotion et de fierté, a offert aux visiteurs un véritable voyage dans le temps et dans les traditions. Il symbolise la volonté des autorités culturelles de faire du patrimoine un levier de cohésion sociale, d’éducation et de développement. Pour le ministre Daffé, cette exposition complète parfaitement la réflexion menée lors de la conférence. « Parler du Maaya et du Danbé, c’est aussi valoriser ce que nous avons de plus précieux : notre culture, nos créations, notre mémoire collective », a-t-il affirmé.

Photo de famille au musée national de Sikasso
Photo de famille après l’exposition exceptionnelle consacrée au patrimoine culturel malien, le 10 octobre 2025. ©Ibrahim Kalifa Djitteye/ Sahel Tribune.

Une réflexion ouverte sur l’avenir culturel du Mali

En liant les Journées nationales du patrimoine culturel au Festival Triangle du Balafon, le ministère a voulu créer une synergie entre la sauvegarde du patrimoine et la promotion des expressions culturelles contemporaines. Le ministre Daffé a salué la participation active des jeunes, des enseignants et des artistes, tout en rappelant que la renaissance culturelle doit être un chantier collectif et permanent. La journée s’est clôturée sur une note d’espoir, marquée par des échanges interactifs entre les panélistes et les participants. Tous ont convenu que la préservation du Maaya et du Danbé demeure une condition essentielle pour bâtir un Mali stable, solidaire et fier de son identité.

Ainsi, cette journée culturelle à Sikasso aura permis de remettre au goût du jour deux piliers fondamentaux du vivre-ensemble malien. En rappelant que la culture est le socle de toute refondation durable, les acteurs présents ont donné le ton d’une réflexion nationale profonde : celle d’un retour à l’essentiel, pour un Mali réconcilié avec ses valeurs et tourné vers l’avenir.

Ibrahim Kalifa Djitteye, envoyé spécial à Sikasso

10 octobre 2025 0 comments
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Visite du président de la Transition au doyen d'âge de Bamako
A la UneTaabolow ani Tabiaw

Le président Goïta, hôte du patriarche Namory Keïta : hommage à 113 ans de mémoire malienne

by Chiencoro 10 octobre 2025
written by Chiencoro 3 minutes read

Dans le cadre du lancement de la 30ᵉ édition du Mois de la solidarité et de la lutte contre l’exclusion, le Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, a rendu visite, ce vendredi 10 octobre 2025, au doyen d’âge du District de Bamako, M. Namory Keïta, âgé de 113 ans, à Djikoroni Para, en Commune IV. Cette visite a enregistré la présence de la ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-Major Assa Badiallo Touré, du Gouverneur du District, du Directeur de la Caisse malienne de sécurité sociale (CMSS), ainsi que des autorités administratives et coutumières locales.

Fidèle à une tradition bien ancrée dans la culture malienne, le Chef de l’État a choisi d’ouvrir les activités du Mois de la solidarité par la visite aux aînés, gardiens de la mémoire collective et piliers de la cohésion sociale. Cette première semaine du Mois de la solidarité est en effet dédiée aux personnes âgées, en reconnaissance de leur contribution à la société et de leur rôle dans la transmission des valeurs morales et culturelles.

Après le décès, en octobre 2024, de Mme Maïmouna Sangaré, doyenne d’âge de Bamako décédée à 115 ans, c’est désormais M. Namory Keïta, né vers 1912, père de 11 enfants et grand-père de 20 petits-enfants, qui détient ce titre honorifique. Homme jovial et passionné de radio, le doyen incarne cette sagesse tranquille que le Mali chérit comme un trésor national.

Un geste symbolique du Chef de l’État

Comme à l’accoutumée, le Président de la Transition n’est pas venu les mains vides. Il a offert au doyen un panier de colas, un bélier, une couverture, un tapis de prière, un chapelet, ainsi qu’une enveloppe symbolique. Ces présents, au-delà de leur valeur matérielle, traduisent la profonde considération du Chef de l’État pour les aînés, témoignant de la place centrale que leur accorde la société malienne.

Le général Assimi Goïta a souhaité à M. Keïta une longue vie, dans la santé et la sérénité, avant d’adresser à l’ensemble des personnes âgées du pays un message de reconnaissance et de solidarité.

Prières et bénédictions pour le Mali

Touché par cette marque d’attention, le doyen Namory Keïta a formulé des prières pour le Président de la Transition, pour la paix et la stabilité du Mali, ainsi que pour la cohésion et l’unité nationale. L’imam du quartier a, à son tour, invoqué les bénédictions divines pour la prospérité du pays et la réussite du processus de refondation engagé par les autorités.

La visite présidentielle s’est achevée dans une ambiance de ferveur, ponctuée de témoignages émouvants sur le parcours du doyen et sur la valeur symbolique du respect des anciens, véritable fondement de la solidarité intergénérationnelle.

La solidarité, pilier de la refondation sociale

Cette visite marque le lancement officiel d’un mois de mobilisation nationale autour de la solidarité, de la lutte contre l’exclusion et de la cohésion sociale. Le Mois de la solidarité, initié il y a trois décennies, illustre la volonté du Mali de placer l’humain au centre du développement.

En s’inclinant devant l’expérience et la sagesse d’un homme de 113 ans, le Président Assimi Goïta rappelle que la grandeur d’une nation se mesure aussi à la façon dont elle honore ses aînés.

Chiencoro Diarra

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