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Pénurie d'essence au Mali - Grande
A la UneÉconomie

Carburant : un retour à la normale se profile dans les stations maliennes

by Sahel Tribune 23 janvier 2026
written by Sahel Tribune 3 minutes read

La crise du carburant marque une pause au Mali. Porté par une hausse des importations et la création de stocks de sécurité, le gouvernement veut transformer cette accalmie en stabilité durable, à l’approche du Ramadan.

Après plusieurs semaines de tension autour de la distribution des hydrocarbures, les files d’attente se sont nettement résorbées dans les stations-service du pays. Selon les données rendues publiques lors de la 12ᵉ réunion du cadre de concertation entre le ministère de l’Industrie et du Commerce et les acteurs du secteur pétrolier, la situation s’améliore de manière tangible.

Réunis le 22 janvier 2026, le Groupement professionnel du pétrole (GPP) et le Groupement malien des professionnels du pétrole (GMPP) ont dressé un bilan jugé « encourageant » de la semaine écoulée. Les chiffres confirment la tendance : 40,3 millions de litres d’hydrocarbures ont été importés entre le 12 et le 18 janvier, soit l’équivalent de 875 camions-citernes, puis 14,4 millions de litres supplémentaires entre le 13 et le 21 janvier. Résultat : le taux de ravitaillement des stations atteint près de 75 % sur la période cumulée, signe d’une normalisation progressive de l’approvisionnement.

Les stations reprennent souffle

Sur le terrain, la différence est visible. Les longues files de véhicules observées début janvier ont quasiment disparu cette semaine dans les grandes villes. Cette amélioration est le fruit d’une accélération des livraisons et d’une meilleure coordination entre les importateurs et les distributeurs, selon la direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence.

La tendance est positive. Le flux des citernes entrant sur le territoire a nettement augmenté, ce qui réduit les points de tension. 

Si les acteurs du secteur se félicitent de cette accalmie, le gouvernement reste vigilant. Le ministre de l’Industrie et du Commerce a insisté sur la nécessité de constituer un stock de sécurité commercial, afin d’anticiper les pics de consommation, notamment à l’approche du mois de Ramadan, période traditionnellement marquée par une forte demande en carburant et produits de première nécessité.

Le rationnement temporaire et la mise en réserve stratégique sont considérés comme des leviers de stabilité, permettant de garantir un cadre d’approvisionnement « sécurisé et contrôlé ». Cette approche, combinée à la reprise des importations, nourrit l’espoir d’un retour durable à la normale.

Une dynamique encourageante

Depuis le 12 janvier, le nombre de camions-citernes entrant sur le territoire a sensiblement augmenté, traduisant une amélioration des flux logistiques. Les professionnels du secteur saluent une coordination plus fluide entre les différents acteurs — importateurs, transporteurs et gestionnaires de dépôts — qui a permis de désengorger les circuits de distribution.

Pour les automobilistes, cette accalmie reste toutefois fragile. Mais dans les stations-service de Bamako à Kayes, un constat s’impose : l’essence et le gasoil coulent de nouveau sans tension.

Si le gouvernement se montre prudent, la situation de cette semaine contraste avec la pénurie qui avait frappé le pays à la fin de 2025. L’augmentation des volumes importés et la stratégie de rationnement concertée semblent porter leurs fruits.

Reste à transformer cette embellie en stabilité durable, dans un contexte mondial toujours marqué par la volatilité des prix du pétrole et les aléas du transport régional.

A.D

23 janvier 2026 0 comments
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Paul Henri Damiba
A la UnePolitique

Burkina Faso – Extradition de Paul Henri Sandaogo Damiba : une coopération judiciaire exemplaire

by Ibrahim Kalifa Djitteye 22 janvier 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 5 minutes read

Le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba a été extradé du Togo vers le Burkina Faso le 17 janvier 2026, à la suite d’un mandat d’arrêt international lancé par les autorités burkinabè. Cette procédure fait suite à une dénonciation adressée le 5 janvier 2026 au parquet près le Tribunal de Grande Instance Ouaga I, mettant en lumière l’implication présumée de plusieurs personnes, civiles et militaires, dans des actes préparatoires portant atteinte à la sûreté et à la sécurité de l’État.

Face à ces accusations, le Procureur du Faso a immédiatement requis du juge d’instruction l’ouverture d’une information judiciaire. Il a également demandé la délivrance d’un mandat d’arrêt international contre Damiba et le recours à la coopération pénale internationale avec la République du Togo. L’objectif était clair : obtenir l’extradition de l’ancien chef militaire vers le Burkina Faso afin qu’il réponde des faits qui lui sont reprochés devant la justice.  

Lancement de la procédure judiciaire

Le 6 janvier 2026, le juge d’instruction a donné suite à cette requête en ouvrant une information judiciaire. Les charges retenues contre Damiba sont lourdes : détournement criminel de deniers publics, enrichissement illicite criminel, corruption, recel aggravé, incitation à la commission de délits et blanchiment de capitaux. Ces infractions sont prévues et réprimées par plusieurs articles du code pénal burkinabè ainsi que par la loi n°046-2024/ALT relative à la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme.  

Dans la foulée, un mandat d’arrêt international a été décerné contre Damiba. Le juge d’instruction a soumis aux autorités togolaises une demande officielle d’extradition. Cette démarche illustre la volonté du Burkina Faso de mobiliser les instruments de coopération judiciaire régionale pour lutter contre la criminalité financière et préserver la stabilité de l’État. La procédure s’est inscrite dans un cadre légal strict, respectant les conventions internationales en vigueur.  

La réponse des autorités togolaises

Le 12 janvier 2026, les autorités togolaises ont reçu la demande d’extradition. Après examen de sa régularité, elles ont donné suite conformément aux règles en matière d’extradition. Le 16 janvier, Damiba a été interpellé à Lomé en exécution du mandat d’arrêt. Il a ensuite été écroué, dans l’attente de la décision de la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Lomé, saisie pour statuer sur la requête introduite par le Burkina Faso.  

Lors de son audience publique tenue le 16 janvier 2026, la chambre d’instruction de la Cour d’appel de Lomé a rendu l’arrêt n°013/2026. Cette décision a validé l’extradition de Damiba vers le Burkina Faso. Les juges togolais ont fondé leur avis favorable sur l’offre de réciprocité des autorités burkinabè, sur les instruments internationaux auxquels le Togo est partie, ainsi que sur les garanties offertes concernant le respect des droits fondamentaux de l’intéressé.  

Garanties et respect des droits humains

Parmi ces garanties figuraient l’intégrité physique et la dignité de Damiba, son droit à un procès équitable et l’assurance de l’absence de peine de mort. Ces éléments ont été déterminants pour convaincre la juridiction togolaise de donner suite à la demande. Le respect des droits humains dans le cadre des procédures judiciaires internationales a été mis en avant comme une condition essentielle de la coopération entre États.  

Le 17 janvier 2026, Paul Henri Sandaogo Damiba a été remis aux autorités burkinabè. Son extradition effective marque une étape importante dans la lutte contre la corruption et le blanchiment de capitaux au Burkina Faso. Elle témoigne également de la solidité des relations judiciaires et diplomatiques entre le Burkina Faso et le Togo, deux pays qui ont su conjuguer leurs efforts pour faire aboutir cette procédure sensible.  

Reconnaissance officielle du Burkina Faso

Le gouvernement burkinabè, par la voix du ministre de la Justice, Maître Edasso Rodrigue Bayamo, a exprimé sa profonde reconnaissance aux autorités togolaises. Dans un communiqué daté du 20 janvier 2026, il a salué cette coopération exemplaire : « C’est le lieu de traduire, au nom du Gouvernement du Burkina Faso, toute notre reconnaissance aux autorités de la République sœur du Togo pour cette parfaite coopération judiciaire ».  

Du côté togolais, le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des droits humains, a également confirmé la régularité de la procédure. Dans un communiqué daté du 19 janvier 2026, il a rappelé que l’extradition s’était déroulée conformément aux instruments internationaux et aux garanties offertes par le Burkina Faso : « La chambre d’instruction a donné un avis favorable sur le fondement des garanties offertes quant au respect de l’intégrité physique et de la dignité de Monsieur Damiba ».  

Une coopération régionale renforcée

L’affaire Damiba illustre ainsi la capacité des États africains à coopérer efficacement dans le cadre de la lutte contre la criminalité organisée et la corruption. Elle démontre que les mécanismes juridiques régionaux peuvent être mobilisés avec succès pour garantir que nul ne soit au-dessus de la loi. Le processus d’extradition, mené dans le respect des droits fondamentaux, constitue un précédent important pour la région.  

Ainsi, l’extradition de Paul Henri Sandaogo Damiba vers le Burkina Faso représente bien plus qu’une simple procédure judiciaire. Elle incarne la volonté des États de défendre la probité publique, de protéger leurs institutions et de renforcer la coopération régionale. À travers cette affaire, le Burkina Faso et le Togo envoient un signal fort : « La justice reste un pilier incontournable de la stabilité étatique », selon les termes des autorités burkinabè.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

22 janvier 2026 0 comments
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Denrée alimentaire
ActuÉconomie

Ramadan 2026 : le gouvernement anticipe pour stabiliser le marché national

by Ibrahim Kalifa Djitteye 21 janvier 2026
written by Ibrahim Kalifa Djitteye 3 minutes read

Les préparatifs du mois de Ramadan s’organisent autour d’une priorité nationale : garantir aux citoyens un accès régulier aux denrées de première nécessité. C’est dans cette logique que le ministre Moussa Alassane Diallo a réuni importateurs, opérateurs économiques et acteurs de la chaîne d’approvisionnement. Cette rencontre a permis de dresser un état des lieux des stocks disponibles et d’annoncer les mesures fiscales et logistiques destinées à stabiliser le marché, dans un contexte de forte demande saisonnière.  

Le ministre Diallo a mis un accent particulier sur la mise en œuvre des dispositions fiscales visant à alléger les coûts pour les consommateurs. L’exonération de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et de la taxe conjoncturelle à l’importation (TCI) constitue une réponse directe aux inquiétudes des ménages. Ces mesures, intégrées à la stratégie gouvernementale, traduisent une volonté d’anticiper les tensions et de maintenir l’accessibilité des produits de grande consommation, considérés comme essentiels au quotidien des familles pendant le mois sacré.  

Mesures fiscales et stratégie gouvernementale

La question énergétique, souvent source de perturbations, a également été abordée. Moussa Alassane Diallo a rappelé les efforts colossaux engagés par le Gouvernement pour stabiliser l’approvisionnement en hydrocarbures. Le redémarrage annoncé du tronçon de Kayes, axe stratégique pour le transport des marchandises, devrait permettre de fluidifier la circulation des produits vers les marchés intérieurs. Cette décision est perçue comme une avancée majeure par les opérateurs, car elle conditionne la régularité des livraisons et la stabilité des prix.  

Dans son intervention, le ministre a tenu à saluer la résilience des opérateurs économiques. Depuis deux mois de Ramadan déjà, ces acteurs se mobilisent pour maintenir un approvisionnement correct du pays. Leur engagement est crucial pour préserver la stabilité sociale, car la disponibilité des denrées conditionne la sérénité des foyers. Le ministre a souligné que cette collaboration entre l’État et le secteur privé est indispensable pour répondre efficacement aux attentes des populations.  

Logistique et résilience des opérateurs

Afin de prévenir toute spéculation, un stock tampon de 25 000 tonnes de sucre a été annoncé. Ce produit, particulièrement sollicité durant le Ramadan, fait l’objet d’une attention particulière. La constitution de cette réserve stratégique vise à garantir la stabilité des prix et à protéger le pouvoir d’achat des ménages. Cette mesure illustre une anticipation pragmatique face aux réalités du marché et traduit la volonté du Gouvernement de sécuriser l’approvisionnement en produits sensibles.  

Le secteur agricole a également été mis en avant. L’Office du Niger, par l’interprofession riz, a annoncé une disponibilité de 15 000 tonnes de riz. Cette offre locale vient renforcer la capacité nationale à répondre à la demande accrue. Le riz, tout comme le sucre, est un pilier de l’alimentation durant le mois sacré. Sa mise à disposition traduit la complémentarité entre importations et production nationale, une articulation essentielle pour assurer la sécurité alimentaire et réduire la dépendance extérieure.  

Au terme de cette rencontre, les mesures annoncées dessinent une stratégie globale et coordonnée. Les exonérations fiscales, les efforts sur les hydrocarbures, la constitution de stocks stratégiques et la mobilisation du secteur agricole traduisent une approche intégrée. Le Gouvernement, en partenariat avec les opérateurs économiques, entend garantir un approvisionnement régulier et accessible. L’objectif est clair : permettre aux citoyens de vivre le Ramadan dans la sérénité, loin des inquiétudes liées aux denrées de première nécessité.

Ibrahim Kalifa Djitteye 

21 janvier 2026 0 comments
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Défilé militaire
A la UneOpinion

Tribune. Au Mali, l’armée comme fondement de la refondation nationale

by Mikailou Cissé 21 janvier 2026
written by Mikailou Cissé 6 minutes read

Dans cette tribune, Mikaïlou Cissé, professeur de philosophie au secondaire au Mali, examine le rôle de l’armée dans la refondation de l’État. À travers le prisme du discours du président Assimi Goïta lors du 65ᵉanniversaire des Forces armées, il interroge la fonction politique, morale et symbolique d’une armée devenue pilier de la souveraineté nationale et de la stabilité régionale.

Le 20 janvier représente une date charnière dans l’histoire politique et militaire sahélienne. C’est à la fois une cérémonie des armes, des armées du Sahel, et une occasion unique pour le peuple de méditer sur le sens de la souveraineté. En ce jour où l’État se raconte au peuple à travers son armée, la question centrale n’est plus seulement de savoir qui tient le fusil contre le terrorisme dans les campagnes sahéliennes, mais de comprendre comment la force armée sert l’État dans sa mission régalienne : pacifier le Sahel par les sahéliens, pour les sahéliens, et donner un contenu concret au projet de restauration politique porté par l’Alliance des États du Sahel (AES).

Cette date consacre, en effet, la loi historique N° 81/AN-RM portant organisation générale de la défense du Mali, adoptée pour « assurer en tout temps la sûreté et l’intégrité du territoire », ainsi que le proclamait l’Assemblée nationale souveraine après sollicitation du père de l’indépendance politique, le 3 août 1961. Aujourd’hui, en inscrivant la défense nationale au cœur du projet Mali Kura et de la souveraineté retrouvée, l’armée malienne se pose en rempart face à l’assaut du terrorisme politique, sous ses formes armée et économique.

L’armée, gardienne d’un projet national et culturel

Le Mali, projet ambitieux de mise en valeur de la diversité culturelle de l’empire dont il tient sa symbolique, occupe un territoire relativement vaste, hérité par l’armée républicaine après le départ du dernier soldat colonial, lorsque les anciens peuples du Soudan français se sont reconnus dans le projet « Mali » après la séparation avec le Sénégal. Ce projet réhabilite un État en dynamique constante avec un peuple de plus en plus urbanisé, des campagnes parfois hostiles à la vie républicaine et de larges zones désertées, qui constituent autant de terrains de garde pour l’armée nationale, en phase décisive de la perpétuation de sa légitimité.

Le peuple y exprime une confiance implicite envers l’autorité de l’État et ses alliances politiques, en phase avec la doctrine militaire, et une confiance civique qui se redéfinit dans son essence, en plaçant au premier plan l’intérêt général. Face aux récents incidents régionaux, où la souveraineté se renégocie sans cesse entre acteurs internationaux et armée nationale, les Forces armées et de sécurité incarnent un Mali debout dans le Sahel, qui tient par la vigilance de son peuple et la mobilisation intelligente de ses ressources internes – minières, agricoles – ainsi que par la valorisation de son caractère enclavé en couloir d’accès stratégique pour de nombreux pays vers les ports, grâce aux interconnexions régionales.

Les FAMa, pilier d’une refondation sahélienne

Au cœur de cette recomposition sahélienne se tient l’armée malienne, pilier de la refondation de l’autorité souveraine de l’État et de l’AES. Présentée par les autorités comme l’héritière d’une légitimité populaire – « issue du peuple et combattant pour le peuple », selon les mots du Général d’armée Assimi Goïta –, elle assure la protection physique du peuple et rétablit l’ordre républicain ainsi que la légitimité politique face aux puissances extérieures. Pourtant, les armées sahéliennes se heurtent à des réalités matérielles et morales : sauver des vies dans les périphéries des grandes agglomérations et dans les zones ravagées par la violence, pallier la déliquescence de certaines institutions, restaurer la présence de l’autorité de l’État. De force républicaine, elles deviennent ainsi des institutions de sauvegarde de l’autorité de l’État, des acteurs et cadres politiques par nécessité historique.-

Une armée réorganisée autour de la souveraineté

Les FAMa opèrent sur un théâtre étendu, où mobilité, maîtrise spatiale, logistique, aviation et renseignement sont essentiels. Depuis le début de la transition, l’État malien réaffirme sa souveraineté régalienne en matière de défense, en concertation avec le peuple et sous la direction unifiée de la hiérarchie militaire et politique. 

Les coopérations au sein de l’AES, le recrutement massif de soldats aguerris et mieux équipés, la modernisation constante de l’arsenal militaire illustrent cette dynamique : occupation effective du territoire, rôle de filet social, et garant de cadre politique permettant au peuple d’exprimer son adhésion à la doctrine des unités mobiles de lutte contre les groupes terroristes. Chaque soldat, chaque unité, chaque opération traduit la volonté générale d’une communauté aspirant à la paix sociale et au développement économique.

La souveraineté comme horizon concret

La souveraineté n’est plus une abstraction juridique, mais la maîtrise des choix sécuritaires, l’autonomie diplomatique et la liberté de choisir ses partenaires – comme l’illustre la rupture avec certains partenaires extérieurs, au profit d’une réappropriation des décisions. La guerre contre le terrorisme sahélien donne un sens profond à l’action de ses forces armées : elles se confrontent à une méthode asymétrique de guerre visant la désorganisation de l’État, la peur collective et la rupture du lien de confiance entre peuple et autorité. 

Les références politiques ne constituent souvent qu’un langage de mobilisation ; en réalité, ces groupes adaptent leurs tactiques aux milieux : prédation économique sur ressources, trafic de carburant ou contrebande de biens essentiels, violence psychologique pour imposer coercition et extraction. Ce modèle hybride, ancien dans ses racines, défie des armées historiquement formées à la confrontation frontale, mais que les sponsors directs ou indirects – groupes terroristes et intérêts géopolitiques – entravent dans leur marche vers la concorde sociale et le développement intégré entre les peuples de la sous-région, en prolongeant leur défiance envers des autorités pourtant admises et soutenues par le peuple, laissant des vides sécuritaires que les FAMa comblent patiemment.

Une armée, un peuple, une même mission de paix

La relation entre armée et peuple forme à la fois la condition et l’horizon de la sortie de crise imposée par les sponsors du terrorisme au Sahel. Dernier socle face à l’effondrement de l’ordre public, elle oriente et exprime la volonté générale du peuple, exprimée dans les assemblées populaires, et se traduit dans les opérations de sécurisation dynamique des territoires ruraux et des périphéries urbaines. La création de l’AES marque une réappropriation collective de la sécurité par des armées sahéliennes souveraines, symboliquement désignées comme Force Unifiée, cristallisée dans cette formule : « Personne ne viendra mourir à la place de nos peuples. »

Ainsi, la célébration du 20 janvier oblige à interroger la fonction de l’armée républicaine. Le défi des armées sahéliennes est immense : faire du bras armé du peuple un instrument véritablement souverain de protection civique, inverser les logiques des groupes armés et garantir une souveraineté ancrée dans l’avenir du peuple souverain.

Mikaïlou Cissé 

21 janvier 2026 0 comments
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Les élèves du Prytanée militaire de Kati
A la UneSeko ni Donko

La chorégraphie du vivre-ensemble : la fanfare du Prytanée militaire en scène pour la paix 

by Sahel Tribune 21 janvier 2026
written by Sahel Tribune 4 minutes read

À Bamako, le 65ᵉ anniversaire de l’armée malienne, commémoré ce 20 janvier 2026, au 34ème bataillon du régiment du génie militaire, s’est transformé en une démonstration de patriotisme artistique, portée par la fanfare des élèves du Prytanée militaire de Kati.

Le centre d’études stratégiques de l’Afrique a expliqué en juin 2024 le lien inextricable entre la culture et l’insécurité. Dans cette étude, il est indiqué : « […] La propagation de l’extrémisme violent au Sahel est fondamentalement une crise culturelle qui nécessitera des solutions culturelles. » Cette étude montre que le rôle prépondérant de la culture dans la lutte contre l’extrémisme violent: « La culture joue un rôle fondamental […] dans la lutte contre l’extrémisme violent. Lorsqu’on observe de près, en fait l’extrémisme violent s’attaque à la culture. D’où les attaques dirigées contre les écoles, donc contre le savoir. »

Un « cadeau symbolique » aux Forces armées 

Le rôle de l’armée — qui joue un rôle important dans le développement du pays — dans la promotion des valeurs culturelles de son pays n’est plus à démontrer. Dans son discours à la nation, le 19 janvier 2026, en prélude à la commémoration du 65ème anniversaire de l’armée malienne, le président de la transition, le général d’armée Assimi Goïta, a félicité et témoigné « la reconnaissance de la Nation [à l’armée malienne]pour la sécurisation exemplaire de la Biennale artistique et culturelle », qui s’est tenue à Tombouctou, après des années de troubles sécuritaires. 

Au cours de la commémoration du 65ème anniversaire de l’armée — à travers les élèves du Prytanée militaire de Kati — ce 20 janvier 2026, l’armée malienne a encore démontré qu’elle n’est pas qu’un outil de sécurisation ou de développement, mais qu’elle est aussi un instrument de promotion culturelle et artistique. En prélude au grand défilé militaire —défilé des troupes, des motards, des cavaliers ainsi des aéronefs — la fanfare du Prytanée militaire de Kati a offert aux Maliens un moment inattendu de grâce et de ferveur. Pendant près d’une dizaine de minutes, les jeunes musiciens en uniforme ont captivé l’assistance par une prestation alliant rigueur militaire et créativité artistique.

Sous les regards attentifs des autorités et des invités étrangers, les élèves du Prytanée ont offert un « cadeau symbolique » aux Forces armées maliennes (FAMa) : un spectacle chorégraphique et musical qui illustrait la diversité culturelle du Mali. Tambours, balafons, percussions et instruments modernes se mêlaient dans une harmonie surprenante, rappelant que la défense de la nation ne se joue pas seulement sur les champs de bataille, mais aussi sur le terrain de la culture et de la cohésion sociale.

Des artistes en uniforme

L’accès au Prytanée militaire, établissement d’excellence formant les futures élites de l’armée malienne, se fait sur la base du volontariat. La chorégraphie de la fanfare du génie militaire, minutieusement mise en scène, mettait en avant l’unité comme condition essentielle de la paix et de la stabilité.

Sur la pelouse, les enfants ont formé un tableau vivant : des foulards blancs agités en rythme symbolisaient le vivre-ensemble, tandis qu’un drapeau malien flottait fièrement au-dessus d’eux, figurant une nation debout la présence de l’Etat sur l’ensemble du territoire national malgré les épreuves. Comme quoi , « le bateau Mali peut tanguer, mais ne chavirera jamais ».

Cette performance, pensée comme un moment d’émotion collective, s’inscrivait dans une volonté plus large de réconcilier le militaire et le civil à travers l’expression artistique. Dans un contexte de transition politique et de tensions sécuritaires persistantes, les autorités maliennes cherchent à faire de la culture un levier de résilience et de fierté nationale. D’où le Décret du président de la Transition faisant de 2025, « l’année de la culture ». 

La représentation des élèves du Prytanée militaire faisait également écho à l’Alliance des États du Sahel (AES), organisation régionale regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger — depuis le 16 septembre 2023 — symbolisée au cours du spectacle par des drapeaux et des gestes de solidarité entre les jeunes interprètes. La fanfare du Prytanée a réussi, à travers une chorégraphie, à mettre en scène le soutien des populations aésiennes à cette initiative régionale.

Un message d’unité au-delà des armes

En intégrant la musique et le symbolisme dans une célébration militaire, l’armée malienne a voulu projeter une image différente : celle d’une institution ancrée dans la société, capable d’exprimer son attachement à la paix autant qu’à la défense du territoire. « Détruire parfois construire, mais toujours servir », comme indique le slogan des Forces armées et de sécurité. 

L’événement illustre la manière dont la culture devient un instrument de communication stratégique pour l’État malien, cherchant à renforcer la cohésion nationale par l’émotion et la mémoire collective.

Entre discipline et créativité, ces jeunes élèves-soldats ont montré qu’au Mali, la fierté militaire peut aussi se jouer sur une scène, et non uniquement sur un champ de bataille.

A.D

21 janvier 2026 0 comments
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Commémoration du 20 janvier 2026
A la UneSécurité

« Nous sommes condamnés à réussir et nous réussirons », Assimi Goïta

by Chiencoro 20 janvier 2026
written by Chiencoro 4 minutes read

Le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, célèbre le 65ᵉ anniversaire de l’armée malienne sous le signe de la résilience et de la souveraineté retrouvée.

Ce mardi 20 janvier 2026, la place d’armes du 34ᵉ bataillon du Génie militaire de Bamako a servi de cadre à la cérémonie de commémoration du 65ᵉ anniversaire de la création de l’armée malienne. L’événement, présidé par le président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta, chef suprême des armées, s’est déroulé en présence du Premier ministre, du président du Conseil national de Transition, du ministre de la Défense et des Anciens combattants, du chef d’état-major général des armées ainsi que de plusieurs membres du gouvernement.

Les chefs de services, directeurs d’unités militaires, diplomates et partenaires du Mali ont également pris part à cette cérémonie empreinte de solennité et de symboles patriotiques.

Une célébration placée sous le signe du devoir et du sacrifice

À son arrivée au Génie militaire, le président de la Transition a déposé une gerbe de fleurs au pied de la stèle du mémorial militaire, en hommage aux soldats tombés pour la patrie, avant de passer en revue les troupes après l’exécution de l’hymne national.

La cérémonie a été marquée par une remise de décorations à des militaires s’étant distingués par leur bravoure et leur sens du devoir. Parmi les distinctions remises figuraient la Croix de la valeur militaire, la médaille du Mérite militaire, la médaille de sauvetage et la médaille des blessés. Ces distinctions ont été attribuées par le chef d’état-major général des armées, le général de division Oumar Diarra, au nom de la nation reconnaissante.

Autre moment fort : la remise d’un chèque géant de plus de 17,2 milliards de F CFA par le président Goïta au ministre de la Défense, qui l’a ensuite transmis au directeur du service social des armées, en soutien aux familles de militaires. La cérémonie s’est clôturée par un défilé militaire et aérien, symbole de la discipline et de la modernisation progressive des Forces armées maliennes (FAMa).

Une armée au cœur de la reconquête nationale

À l’issue de la cérémonie, le président de la Transition a accordé une interview dans laquelle il a salué la mémoire du président Modibo Keïta et de ses compagnons, « artisans de la création de notre armée nationale, il y a 65 ans ».

« Le 20 janvier, a-t-il rappelé, demeure un moment de communion entre le peuple et son armée, mais aussi un temps de recueillement à l’endroit des braves femmes et hommes tombés au champ d’honneur. À leurs familles, nous exprimons la reconnaissance éternelle de la Nation. »

Le chef suprême des armées a également rendu hommage à la résilience du peuple malien depuis 2021, qui a permis d’engager des réformes profondes pour « disposer d’une armée bien équipée, modernisée, aguerrie et professionnelle ». Selon lui, ces transformations ont favorisé le retour de l’administration et des populations déplacées dans les deux tiers du territoire jadis sous domination terroriste.

Assimi Goïta a félicité les Forces armées et de sécurité pour leurs résultats « sur les différents théâtres d’opérations, que ce soit en autonome ou dans le cadre de la force unifiée de l’AES ». Ces opérations, a-t-il précisé, « ont permis la destruction de plusieurs sanctuaires terroristes et la neutralisation de nombreux combattants ».

Il a rappelé que la lutte contre le terrorisme « demeure un engagement national », et a annoncé que l’année 2026 sera marquée par l’intensification des opérations, le renforcement des effectifs et la construction de nouveaux camps sur tout le territoire.

« Un combat inscrit dans la durée »

Le président Goïta a également salué « l’engagement et la détermination » des acteurs de la presse, appelés à rester mobilisés face aux tentatives de déstabilisation du pays. Évoquant la stabilisation du territoire, il a souligné la complémentarité entre les opérations militaires et les initiatives de réconciliation destinées à encourager les combattants à déposer les armes. « Tous ceux qui refuseront de s’inscrire dans cette dynamique seront combattus avec détermination », a-t-il affirmé.

Face à une menace évolutive, le chef de l’État a exhorté les FAMa à rester vigilantes : « L’ennemi change de posture selon les orientations de ses sponsors, parfois étatiques, liés à des objectifs géopolitiques et géostratégiques. Nous devons rester unis et déterminés pour faire face à cette menace. »

Assimi Goïta a réaffirmé sa volonté de continuer à recruter et à équiper les forces armées jusqu’à la pacification totale du territoire : « C’est un combat inscrit dans la durée. Nous n’avons pas d’autre choix : nous sommes payés, soutenus, formés et soignés par le peuple malien. Cette guerre sera menée jusqu’à la victoire totale. Nous sommes condamnés à réussir, et nous réussirons. »

Chiencoro Diarra 

20 janvier 2026 0 comments
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Circus baobab
ActuSeko ni Donko

Qui est le Circus Baobab, la troupe qui a enflammé l’investiture de Mamadi Doumbouya ?

by Chiencoro 20 janvier 2026
written by Chiencoro 3 minutes read

Sous un soleil éclatant, le stade Lansana Conté de Conakry s’est transformé en piste de cirque le 17 janvier 2026. En quelques minutes d’une performance époustouflante, le Circus Baobab, fierté nationale et pionnier du cirque africain, — en collaboration avec petit Kandia — a conquis le public venu assister à l’investiture du président Mamadi Doumbouya. Une prestation haute en couleur qui rappelle le parcours exceptionnel de cette troupe guinéenne, entre art, engagement social et rayonnement international.

Le samedi 17 janvier 2026, le stade Lansana Conté de Conakry vibrait d’une énergie singulière. Alors que la Guinée célébrait l’investiture du président Mamadi Doumbouya, un moment d’art et de grâce a suspendu le temps : la performance envoûtante du Circus Baobab, en tandem avec petit Kandia. Pendant une dizaine de minutes, cette troupe de cirque guinéenne a captivé le public par un mélange d’acrobaties spectaculaires, de rythmes percussifs et de chorégraphies inspirées des traditions africaines, en mettant en valeur les quatre régions naturelles de la Guinée.

Une légende du cirque africain contemporain

Né en 1998, Circus Baobab est la première troupe de cirque itinérante d’Afrique de l’Ouest. Issue du Centre National des Arts Acrobatiques de Conakry, elle a su imposer un style unique, à la croisée des traditions africaines – danses, percussions, acrobaties au sol – et des techniques circassiennes occidentales, comme le trapèze volant et la contorsion.

Le projet est né d’une idée du réalisateur français Laurent Chevallier, qui rêvait de filmer un cirque africain itinérant. Avec le soutien de Telivel Diallo, alors directeur national de la Culture en Guinée, et de Pierrot Bidon, fondateur du célèbre cirque Archaos, 28 jeunes – 8 filles et 20 garçons – issus des rues de Conakry ont été sélectionnés pour former la première génération du Circus Baobab.

Après deux ans d’entraînement intensif, la troupe a donné sa première tournée en 2000, avec un décor monumental en forme de baobab sculpté dans le teck. Ce spectacle, immortalisé dans le documentaire Circus Baobab sorti en 2001, a marqué le début d’une aventure artistique et humaine sans précédent.

Des créations inspirées et engagées

Leur premier spectacle, La Légende du Singe Tambourinaire, s’inspire d’un mythe bambara et allie virtuosité acrobatique et musique traditionnelle. Puis viennent Les Tambours Sauteurs (2002-2004), une fresque satirique sur la vie urbaine guinéenne, et Nimba, hommage à la féminité et aux esprits protecteurs de la nature.

Leur création actuelle, Yé ! (L’Eau), explore la symbolique de l’eau en Afrique de l’Ouest à travers un mélange d’acrobaties aériennes, de breakdance et de rythmes électroniques. Treize artistes âgés de 18 à 32 ans y livrent une performance à la fois poétique et spectaculaire.

Après une période de silence à partir de 2009, le Circus Baobab a connu une véritable renaissance en 2021 sous l’impulsion de Kerfalla Bakala Camara et du collectif Terya Circus, avec la bénédiction des fondateurs. La troupe a retrouvé son souffle tout en assumant un rôle social fort. Elle forme désormais des enfants des rues et des jeunes filles aux arts du cirque, sur les plages de Conakry et au Centre Keïta-Fodéba.

Cette dimension humaniste, qui mêle insertion, éducation et valorisation des traditions, confère au Circus Baobab une place à part dans le paysage culturel africain.

Une étoile africaine au firmament du cirque mondial

Reconnue à l’international, la troupe a participé à de nombreux festivals en Europe, notamment à Monte-Carlo, à la Scala de Paris et dans plusieurs capitales africaines et européennes entre 2024 et 2026. En 2024, elle a été récompensée aux Victoires de la Musique guinéennes.

Aujourd’hui, le Circus Baobab prépare un nouveau spectacle, Yongo Yély, consacré à la lutte contre l’excision — un projet audacieux qui confirme son engagement pour une culture à la fois libre, moderne et profondément enracinée.

Symbole de la vitalité culturelle guinéenne, le Circus Baobab incarne la créativité, la jeunesse et la résilience d’un continent en mouvement. Leur performance lors de l’investiture du président Doumbouya n’était pas seulement un moment de divertissement : c’était une célébration de l’identité africaine dans toute sa puissance et sa beauté.

Chiencoro Diarra 

20 janvier 2026 0 comments
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