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Audience vice president de la transition
Politique

Mali : le soutien de la Maison de la presse à la Transition, un signal fort !

by Sahel Tribune 20 février 2021
written by Sahel Tribune 2 minutes read

La visite du nouveau bureau de la Maison de la presse, conduit par son président, Bandiougou Danté, au vice-président de la transition malienne, le colonel Assimi Goïta, mercredi 17 février 2021, est un signal fort qui laisse entrevoir de beaux jours.  

Le président de la Maison de la presse, M. Danté a exprimé le désir de son équipe d’accompagner les autorités de la Transition en général et plus particulièrement les Forces de Défense et de Sécurité dans l’accomplissement quotidien de leurs multiples et difficiles missions. « Nous sommes venus briser le mur de la méfiance pour la réussite de la Transition dont la mise en œuvre s’effectue dans un contexte sociopolitique et sécuritaire très difficile », a d’entrée de jeu, indiqué le Président de la Maison de la Presse avant de préciser que cette démarche était bien sincère et sans arrière-pensées.

Pour sa part, le Vice-Président de la Transition a salué cette initiative patriotique tout en insistant sur l’accompagnement indispensable des Forces de Défense et de Sécurité, qui font face à des menaces multiformes depuis quelques années. Aussi, a-t-il ajouté que « l’Armée est le dernier verrou pour le renforcement duquel tous les fils du pays doivent se mobiliser. »

Cette première rencontre augure d’un lendemain meilleur quant à la consolidation des liens de confiance entre l’instance dirigeante de la Maison de la Presse, pierre angulaire des organisations faîtières des médias au Mali et les autorités de la Transition.

Au-delà des mots, la Maison de la presse est vivement attendue sur le terrain des propositions concrètes dans le sens d’une professionnalisation accrue de la presse malienne en général afin de contribuer au renforcement du processus de stabilisation de la Transition qui fait face à d’énormes défis.

L’accompagnement de ce processus de la Transition est une nécessité pour la presse malienne qui s’est toujours battue pour la paix, la stabilité et le développement du Mali. Or, accompagner cette transition dans la mise en œuvre de ses actions, c’est ouvrir la voie à la paix, à la stabilité et au développement durable.

Cette visite du nouveau bureau de la Maison de la presse intervient à la suite des visites de prise de contact auprès des familles fondatrices de Bamako et du chef du Gouvernement.

Correspondance particulière

20 février 2021 0 comments
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Ousmane Sy ex ministre de lAdministration territoriale 1
Politique

Ousmane Sy (1) : « Le pouvoir n’est valide que lorsqu’il y a un pays »

by Chiencoro 20 février 2021
written by Chiencoro 9 minutes read

Ousmane Sy a occupé des postes ministériels au Mali, dont l’Administration territoriale. Cet acteur de la politique de la décentralisation au Mali nous indique dans cette interview, qu’il nous a accordée le 15 février 2021, sa vision du G5 Sahel, de la crise malienne ainsi que des risques que court le Mali en tant qu’État.

Phileingora : le Tchad a accueilli, les 15 et 16 février dernier, le sommet du G5 Sahel. Quelle analyse faites-vous du G5 dans la résolution de la crise dans cette région ?

Ousmane Sy : au début, le G5 était une approche essentiellement militaire. Cette approche a été accompagnée plus tard par une approche du développement.

Quand le G5 Sahel a été mis en place, je l’ai beaucoup interrogé parce que je me sentais gêné par ce concept derrière lequel je sentais une volonté de l’État français de prendre une initiative à la place des pays du Sahel. En plus, je n’ai jamais compris pourquoi le Sénégal, en tant que pays sahélien, ne fait pas partie de ce groupement.

J’ai beaucoup interrogé au Mali aussi qu’à l’extérieur sur cette absence sénégalaise. Mais je n’ai obtenu aucune réponse convaincante. Du coup, je soupçonne une volonté de séparer le Sénégal des autres pays du sahel.

Pensez-vous donc que le G5 est aussi un instrument de la France ?

Bien sûr que oui. Pour moi, le G5 Sahel est un instrument de plus pour la France non seulement pour se maintenir en Afrique, mais aussi pour ses besoins de protection personnelle.

De protection personnelle ?

La France aussi bien que l’Europe est très préoccupée aujourd’hui par deux questions fondamentales : le djihadisme et la migration. Voyant les difficultés que nous avons à gérer ces problèmes au Mali, la France anticipe pour venir les gérer à notre place de peur d’être touchée par les effets de ces crises.

Je mets le G5 Sahel et tout ce qui a suivi dans le cadre de la géopolitique. Toutefois, cela ne m’amène pas à dire que c’est la France qui constitue notre problème. Car si elle vient chez nous pour faire sa politique, c’est que nous avons été incapables de faire notre politique. Aussi longtemps que nous serons incapables de définir nos propres intérêts et de rencontrer la France avec ces intérêts, nous allons être des victimes.

Donc le G5 Sahel ne pourra pas apporter de solution à la crise malienne ou sahélienne ?

La solution à la crise malienne est au Mali. La solution à la crise du sahel est au sahel. Les réponses sont sahéliennes, elles sont maliennes. Elles ne peuvent pas venir de la France. Si la France apporte des réponses, c’est d’abord dans ses propres intérêts.

Si aujourd’hui Macron s’agite autant, c’est parce qu’il a des échéances électorales. Les Français l’interrogent sur l’intervention au Sahel. Ce qui fait que ces derniers mois, il met la pression afin de pouvoir montrer un trophée comme résultat de l’intervention de la France dans le sahel.

D’autre part, le président français Macron essaie de trouver d’autres alternatives pour retirer l’armée française parce que la mort d’une cinquantaine de soldats français au sahel crée des problèmes au sein de l’opinion publique française. 

Puisqu’on se rapproche du débat électoral, Macron joue son mandat. Toutes les initiatives récemment prises sont beaucoup plus pour répondre aux Français qu’aux Sahéliens.

Comment comprenez-vous alors son absence au sommet du G5 Sahel à N’Djamena ?

Je l’ai déjà dit. C’est parce qu’il répond aux Français et non aux Sahéliens. Macron n’a pas de compte à rendre aux Sahéliens, mais plutôt aux Français.

Quel est le fond de cette crise malienne et sahélienne ?

Notre crise est le résultat du mauvais fonctionnement de nos États. Le fond de cette crise, c’est l’incapacité de nos États à mobiliser les communautés.

Ces communautés ont subi l’État depuis les indépendances. Aujourd’hui, l’évolution a fait de telle sorte que nous sommes dans des États de droit où on peut moins réprimer qu’auparavant. Ce qui fait que les communautés sont moins soumises. Or, nos États ne sont préparés qu’à gérer des communautés soumises. C’est cela le fond de cette crise.

Mais vous dites que la solution à ces crises est sahélienne et malienne. Quelle est cette solution ?

Pour moi, au lieu d’aller chercher des secours à l’étranger, nos États devraient aller négocier avec les communautés afin de s’adapter à elle. L’État doit se réconcilier avec ces communautés, chercher l’adhésion de ces communautés en engageant une véritable négociation avec elles, tant au niveau urbain que rural. C’est cela la refondation. 

La véritable refondation consiste en l’acceptation par toutes les élites : politiques, sociales, militaires, administratives, d’aller s’asseoir avec les communautés et décider avec elles ce qu’est l’État malien. Cela demande une véritable négociation afin de sortir le pays de la crise. Sans cela, nous allons rester dans une répétition perpétuelle de crise.

Une répétition perpétuelle de crise, dites-vous ?

Oui. De l’indépendance du Mali à nos jours, tous les dix ans, nous sommes tombés dans une crise. Ce genre de schéma ne favorise pas le développement. Car chaque crise nous ramène à la case de départ. Elle ne provoque pas de véritable changement.

Si aujourd’hui les djihadistes, Amadou Kouffa ainsi que Iyad Ag Ghaly, arrivent à chasser l’État des territoires, c’est parce que les communautés ne tiennent plus. Nous avons installé un système sans pour autant les impliquer. Elles ont donc fini par s’en détacher. Et c’est cette faille que nos adversaires, nos ennemis internes et externes exploitent contre nous.

Nous savons que le dialogue avec les djihadistes divise également les opinions. Quelle chance pour l’option militaire ?

Aujourd’hui je ne parle même pas de dialogue, mais plutôt de négociation. Je ne suis pas en train d’exclure l’option militaire. Mais cette option ne doit pas être exclusive. La négociation doit précéder.

Il ne s’agit pas pour moi d’aller négocier avec les djihadistes, mais plutôt avec les communautés. Ce sera en fin de compte aux communautés de chasser les djihadistes. En ce moment, la France partira d’elle-même.

Depuis près de six mois, le Mali est gouverné par un régime de transition qui devra procéder à de grandes réformes. Cette transition pourrait-elle être à la hauteur des défis ?

Je pense que la Transition est un moment de refonte et de refondation. Depuis 1960, nous sommes dans les crises. Cela ne permet pas d’avoir la stabilité qui doit conduire au développement. Ce processus de développement nécessite la durée et la stabilité. 

Aujourd’hui nous sommes dans une crise profonde qui est en train de remettre en cause l’existence même de notre nation.

Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?

 Notre pays est en train de s’émietter en de petits territoires contrôlés par des chefs de bande. Chacun se constitue son petit territoire et le gère selon ses règles. Nos communautés qui ont toujours vécu ensemble dans la cohésion, le vivre ensemble, sont en train de s’éclater.

Comment recoudre la cohésion de notre territoire ? C’est cela le véritable défi que nous devons aujourd’hui relever. Comment renouer le lien entre des communautés qui ont toujours vécu ensemble ? C’est cela aussi l’enjeu.

Donc les élections ne constituent pas pour vous un enjeu ?

L’enjeu n’est pas les élections. Pour le moment, nous avons un autre problème plus important à résoudre. La transition est normalement faite pour cela.

La transition consiste à quitter un point A pour un point B.  C’est un temps pour mettre en place de nouveaux systèmes. Les penser d’abord pour ensuite les mettre en place. C’est une période qui demande le minimum de temps.

Quelle est la durée que vous envisagez pour cela ?

Après le coup d’État du 18 août, je voyais cette transition jusqu’en 2023. Cela donnait le temps aux organes de la transition de réfléchir avec les Maliens pour redéfinir les nouvelles bases sur lesquelles on allait reconstruire l’État malien. C’est ce qu’on a fait en 1991. La Conférence nationale a installé les bases sur lesquelles la Troisième république a démarré.

Cette transition aurait pu faire la même chose en installant les bases sur lesquelles la Quatrième république allait démarrer. Les élections allaient être organisées après avoir réussi toutes les réformes institutionnelles et politiques. Mais si on ne fait rien de tout cela, on va se précipiter d’aller aux élections sans se soucier comment les organiser dans le contexte actuel du pays, cela nous conduira à organiser des élections sur une partie du territoire en abandonnant l’autre partie.

Cela pose un véritable problème. Car ceux qui seront élus de ces élections auront difficilement l’adhésion de leur communauté.

Mais on est tellement obnubilé par l’accès au pouvoir qu’on oublie tout le reste. Or le pouvoir n’est valide que lorsqu’il y a un pays.

Tout le monde passe à côté de l’essentiel qui est de reconstruire ce pays, de le réorganiser pour que nous arrivions à le préserver dans son entité actuelle et à réunir les communautés maliennes.

Quels sont les dangers de ces crises répétitives pour le Mali ?

La situation du Mali est tellement grave à l’interne que nous constituons une menace pour nos voisins. C’est pourquoi la plupart des pays qui nous entourent sont en train de faire monter leurs militaires à nos frontières pour se protéger. Nous sommes également devenus un problème pour le monde.

Il y a donc deux schémas possibles : la disparition du Mali en tant qu’État ou notre mise sous tutelle directe.

Je le dis la mort dans l’âme, si les tendances actuelles se poursuivent, dans un an ou deux, nous n’aurons plus de pays et même la carte du sahel va se redessiner. 

L’autre risque est de nous voir mis sous tutelle par les Nations unies. Si on estime que les Maliens sont incapables de résoudre cette crise, le Conseil de sécurité des Nations peut faire une résolution pour mettre le Mali sous tutelle.

Cette tutelle peut être confiée soit à une organisation comme la MINUSMA, qui va remplacer le gouvernement malien pour gérer le pays pendant une période bien déterminée. Ou encore on peut être confié à un autre pays comme la France.

Cette mise sous tutelle a déjà eu lieu dans certains pays. Le Cambodge a déjà été mis sous tutelle pendant un certain nombre d’années. Le Timor également.

Réalisée par Fousseni Togola

20 février 2021 0 comments
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Mikailou Cisse professeur de philosophie au secondaire au Mali. 1
Opinion

Crises au Sahel : l’ex-colonisateur et sa volonté d’éternel dominant

by Mikailou Cissé 19 février 2021
written by Mikailou Cissé 5 minutes read

La politique africaine de la France est devenue une véritable problématique de casse-tête qui donne lieu à plusieurs interprétations. Mikailou Cissé est professeur de philosophie au Mali au niveau secondaire. Dans cet article, il estime que cette présence de l’ex-colonisateur dans ses ex-colonies n’est qu’une stratégie pour maintenir sa domination sur ces pays.

La présence française sur le sol africain à travers ses forces armées est de plus en plus décriée. Elle a fait couler beaucoup d’encre ces derniers temps. Cette présence a également fait l’objet de nombreuses manifestations populaires. Elle est la manifestation de toute l’opposition des Africains de la politique africaine de la France. Parce qu’on estime que cette présence sur notre sol n’est que le bras visible de cette politique française en Afrique. Cela, sur tous les plans : politique, économique, culturelle et même militaire, comme c’était le cas pendant la période coloniale.

« Était-elle même partie de chez nous ? »

 À travers cette présence de plus en plus problématique, la France signe son retour en Afrique. Était-elle même partie de chez nous ? J’ose affirmer qu’elle a juste changé la forme de domination pendant un laps de temps. La France n’a jamais abandonné sa volonté de domination sur le peuple africain et ses richesses. Elle a toujours cherché à maintenir sa présence.

Pendant les premières heures des indépendances en Afrique, elle s’est faite moins présente physiquement. Mais le départ de ses administrateurs et ses soldats n’était que stratégique. Car elle a trouvé des moyens pour acquérir des hommes politiques du continent à sa cause. Une initiative qui a bien fonctionné dans certains pays et dans d’autres non.

Jouer sur la stabilité et le développement

Dans tous les pays où elle a pu se faire représenter, la stabilité politique et économique ainsi que le développement ont été relativement un acquis. Ce qui lui a permis de s’installer durablement. Le Sénégal et le Congo Brazza sont des exemples du genre.

Par contre, tous les pays qui ont manifesté leur volonté de se désolidariser réellement de la France et/ou d’entretenir des relations avec d’autres puissances ont fait l’objet de déstabilisation jusqu’à ce qu’ils changent de caps. Le Mali et le Burkina Faso sont des exemples du type. Peut-être l’Algérie est une exception.

Quant aux pays qui ont accepté sa politique au départ pour ensuite s’en désolidariser, ceux-ci ont été déstabilisés à travers des rébellions. La Centrafrique est une illustration parfaite. La Côte d’Ivoire sous Laurent Gbagbo peut être citée aussi parmi ce cas.         

En fin, les pays qui n’ont connu aucune stabilité politique ni de développement économique sont ceux dans lesquels elle s’est butée dès le départ à la résistance du peuple. La Guinée Conakry en est un cas précis de ce type. Un pays qui a toujours jeté l’anathème sur la politique française en Afrique. Son état actuel en témoigne. Les pays qui font actuellement face à des troubles peuvent être classés également dans le lot. Un petit regard rétrospectif sur l’histoire récente des états africains qui étaient sous la domination française surtout sur leur évolution politique peut nous aider à mieux comprendre de quoi il s’agit.

Changement de stratégie

Le changement n’a pas été facile dans la pratique. Les dirigeants qui n’ont pas voulu devenir des marionnettes de la France ont été les premiers à subir les foudres de ses politiques.

Pendant les premières ères qui ont suivi les indépendances, l’ex-colonisateur signe son retour à travers les coups d’état militaire dans les pays qui ont été hostiles à sa politique. Elle est passée par les militaires, ayant pour la plupart suivi des formations chez elle, pour faire partir ceux qui ne voulaient pas coopérer avec elle. Les coups contre Modibo Keita, Thomas Sankara, en sont des illustrations parfaites.

Mais au fil du temps, elle a dû changer de stratégie parce que beaucoup de coups d’État avaient été déjoués. À la place de cette méthode d’infiltration, elle a opté pour les rébellions ou les soulèvements populaires. Elle arme quelques hommes sous le contrôle d’un dirigeant, acquis à sa cause, pour faire partir les pouvoirs politiques qui se désolidarisent d’elle. Le départ de Hissène Nabré et celui précipité de Dadis Camara sont des exemples de cette nature.

S’implanter et protéger ses intérêts

Mais dans ces derniers temps, on assiste à une nouvelle forme d’implantation. La France se fait passer pour une force d’interposition entre les communautés en conflit dans nos pays ou pour une force de lutte contre les extrémistes ou des djihadistes pour mieux s’implanter.

La récente sortie du chef français, la DGSE, au cours de laquelle il dévoile l’ambition des chefs terroristes au Mali d’élargir leur zone de contrôle sur le golfe de guinée, confirme que la France n’est pas au sahel pour combattre les terroristes. Mais juste pour s’implanter durablement dans le continent et protéger ses intérêts.

À chaque fois, elle profite des problèmes de gouvernance nationale ou locale pour se faire une place considérable. Pourtant, le plus souvent, c’est elle-même qui est à la base de ces problèmes.

Le cas spécifique de la crise que le Mali traverse depuis 2012 en est une illustration parfaite. Elle a commencé après que le président malien, à l’époque Amadou Toumani Touré (ATT), avait affiché son soutien à Mouammar Kadhafi, ex-guide libyen, qui faisait face à une rébellion fomentée par le dirigeant français Nicolas Sarkozy.

La présence française au Mali vu tous ces angles nous permet de dire que la lutte pour la libération totale de l’Afrique de la domination française, que mènent certains mouvements dans certains pays, est un combat noble. C’est une lutte que les Africains peuvent gagner si toutefois ils se dressent comme un seul homme contre toutes les forces de domination qu’elle soit de l’intérieur ou de l’extérieur.

En aucun instant, l’ex-colonisateur n’a abandonné sa volonté de maintenir ses ex-colonies sous sa domination. Il n’a jamais quitté l’imaginaire de ses dirigeants politiques. Elle a juste changé de forme après que les Africains ont acquis leur indépendance politique.  

Mikaïlou Cissé

Les opinions exprimées dans cet article ne sont nullement celles de Phileingora

19 février 2021 0 comments
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Session douverture du CSA a Kidal jeudi 11 fevrier 2021
Politique

Paix et réconciliation au Mali : privilégier le dialogue pour entretenir la confiance

by Bakary FOMBA 19 février 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

La 5e réunion de haut niveau du Comité de Suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger s’est tenue à Kidal, 8e région administrative du Mali, jeudi 11 février 2021. C’était sous la présidence de Sabri Boukadoum, Chef de file de la Médiation internationale. La réunion a également enregistré la participation de plusieurs hautes personnalités.

Cinq ans après sa signature pour le retour de la paix au Mali, la mise en œuvre des recommandations de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger peine à se concrétiser.

Au-delà de l’insécurité, le Mali est fragilisé, depuis plusieurs années par des tensions multiformes. La tenue de cette session du CSA à Kidal a été pour les partenaires du Mali un symbole positif dans le processus du retour de la paix et la réconciliation nationale. Surtout lorsqu’il s’agit d’une première depuis la signature de cet Accord en 2015.

À l’issue des travaux de cette 5e réunion du CSA qui a vu le drapeau malien flotté à nouveau au-dessus de Kidal, les participants ont formulé plusieurs recommandations.

Pour une sortie de crise définitive

Les parties prenantes ont été invitées à privilégier le dialogue afin d’entretenir la confiance et bannir toute initiative susceptible de la rompre, précise-t-on dans le communiqué final de cette réunion. La mise en œuvre de la feuille de route a été également une des recommandations fortes.

Malgré sa courte durée de 18 mois, la transition actuelle est vue comme une opportunité pour planter les jalons du développement durable au Mali, souligne-t-on.

Sur le volet « Défense et de Sécurité », les autorités politiques maliennes ont été engagées à reprendre la concertation afin de surmonter les préoccupations persistant dans ce secteur.

Vu l’ampleur des défis à surmonter, la communauté internationale a été invitée à poursuivre son accompagnement du Mali durant cette phase de la transition. Cela est important pour aboutir rapidement au retour de la paix au Mali, estime-t-on.

Bakary Fomba

19 février 2021 0 comments
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Niagale Bakayoko et Alioune Tine membres de la Coalition citoyenne pour le sahel
Sécurité

Sommet du G5 Sahel : réactions de membres de la Coalition citoyenne pour le Sahel

by Sahel Tribune 19 février 2021
written by Sahel Tribune 4 minutes read

Dans les conclusions du sommet du G5 Sahel de N’Djamena (Tchad) qui a réuni, les 15 et 16 février dernier, les dirigeants sahéliens, français, de l’Union africaine et de l’Union européenne, des membres de la Coalition citoyenne pour le Sahel se réjouissent de certaines avancées qui pourraient aller dans le sens d’un changement d’approche réclamé par leur Coalition, afin de la centrer sur les besoins des populations.

Le communiqué final du sommet fait référence à la protection des civils, à la nécessité de s’attaquer aux causes profondes de la crise notamment la gouvernance, l’urgence humanitaire et la lutte contre l’impunité, qui sont les quatre priorités identifiées par la Coalition citoyenne pour une réponse plus efficace à la crise sécuritaire dans la région (les Piliers citoyens) – voir points 9, 15, 17, 19, 24, 26, 27, 32 du communiqué.

Niagalé Bagayoko, Présidente de l’African Security Sector Network (ASSN) et Alioune Tine, Fondateur d’Afrikajom Center ; réagissent sur les conclusions de ce sommet de N’Djamena. Ils sont tous les deux membres « Coalition citoyenne pour le Sahel ».  

Niagalé Bagayoko : « plus de transparence financière dans le secteur de la sécurité »

« Le sommet de N’Djamena a réaffirmé la priorité donnée à la lutte anti-terroriste au Sahel. Mais au-delà de la dimension militaire, les chefs d’État de la région et leurs partenaires ont aussi abordé des questions essentielles jusque-là largement ignorées, comme la protection des civils, la gouvernance, le respect des droits de l’Homme et la lutte contre l’impunité pour les exactions commises par les forces de défense et de sécurité qui, il faut le répéter, ont tué plus de civils l’année dernière que les attaques djihadistes.

Face aux détournements massifs des budgets de la défense révélés ces derniers mois au Niger, au Mali et au Burkina Faso, ils ont aussi, pour la première fois, pris des engagements pour plus de transparence financière dans le secteur de la sécurité.

C’est un signe très positif d’un changement d’approche afin de mieux prendre en compte les besoins des populations pour résoudre la crise au Sahel. La société civile sera vigilante pour s’assurer que ces engagements nouveaux ne soient pas que des mots sur une feuille de papier. »

Alioune Tine : « le sommet a débouché sur des engagements nouveaux »

« Le sommet de Pau il y a un an avait été celui du “sursaut militaire”. Au sommet de N’Djamena, le président Macron a parlé de “décapiter” les groupes terroristes. Mais il a aussi parlé de la nécessité d’un “sursaut civil”. Et effectivement, le sommet a débouché sur des engagements nouveaux pour la protection des civils, le respect des droits humains et du droit international humanitaire.

Je suis très encouragé par la volonté affichée par les chefs d’État de lutter contre l’impunité face aux exactions des forces de défense et de sécurité. Ils ont évoqué les premiers procès à venir des soldats maliens accusés de crimes. Il faut maintenant fixer une date pour ces procès, et aussi obtenir l’ouverture d’enquêtes au Niger et au Burkina Faso.

L’année dernière, plus de civils ont été tués au Sahel par des hommes en uniforme que par des terroristes. C’est une situation désolante qui sape la confiance des populations dans les autorités qui sont censées les protéger, et qui entretient un cycle de violences en facilitant le recrutement par les groupes extrémistes.

Si on commence à s’attaquer sérieusement à cette question, alors on s’approche d’une solution à la crise du Sahel, qui ne peut pas être résoudre uniquement par les armes. La Coalition citoyenne pour le Sahel, dont je fais partie, attend maintenant des éléments concrets de mise en œuvre de cet engagement de N’Djamena. »


A propos de la Coalition citoyenne

La Coalition citoyenne pour le Sahel est une alliance informelle de plusieurs dizaines d’organisations de la société civile sahéliennes et ouest africains, soutenues par des ONG internationales, dont l’objectif est de convaincre les gouvernements d’adopter une nouvelle approche au Sahel qui permette de mieux protéger les populations civiles. La Coalition citoyenne a été lancée en juillet 2020, avec la publication des Piliers citoyens, les 4 priorités qui devraient orienter toute réponse à la crise au Sahel. La Coalition publiera le mois prochain son premier rapport d’évaluation de l’impact des interventions au Sahel, à l’aune des Piliers citoyens. 

 Coalition pour le Sahel

19 février 2021 0 comments
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Moussa Mara president sortant du parti Yelema
Opinion

Face à la terreur, il faut de l’intelligence

by Sahel Tribune 19 février 2021
written by Sahel Tribune 6 minutes read

Pour réduire significativement l’impact terroriste au Mali et dans le Sahel, nos États sont dans l’obligation d’intégrer le fait que les forces étrangères ne sauraient suffire. Il leur est tout aussi indispensable de noter que le seul usage de la force non plus ne suffira pas, au contraire !

Contre un terrorisme aux relents insurrectionnels, nous sommes condamnés à rechercher constamment le soutien des populations. Cela nécessite des stratégies dont certaines remettront forcément en question d’importants paradigmes de fonctionnement de nos États.

Communication et renseignement

Ceux-ci doivent intégrer la dimension de la communication et accorder une plus forte importance au renseignement. L’utilisation de la presse et des radios locales, le passage régulier des forces de sécurité et des agents publics sur les plateaux, l’utilisation de langages accessibles aux populations, la collaboration avec les autorités politiques et traditionnelles ou encore un partenariat avec les sociétés civiles sont des pistes à explorer.

Les milices locales sont à éviter car elles sont contreproductives. Certains acteurs de ces milices, intégrés dans le dispositif étatique, peuvent par ailleurs être utiles dans le renseignement.

La lutte contre les exactions éventuelles des forces régulières constitue un facteur efficace de communication. Il convient de communiquer sur cet aspect, de veiller à l’indemnisation des victimes et ne pas perdre de vue que les populations sont des alliés et non des suspects.

« En finir avec les grandes messes régionales »

Il faut mettre fin aux conflits intercommunautaires et à la stigmatisation ethnique. Aucune communauté ne doit plus être ni ciblée ni indexée, au niveau local ou national. Il convient d’ouvrir les discussions inter communautaires et retenir l’échelle communale pour ce faire. Cela fut engagé avec succès, dans le cercle de Koro avec le soutien d’ONG de médiation et déboucha sur la conclusion d’accords locaux dans les communes de Barapireli, Koro, Dangatene ou Madougou.

Il faut en finir avec les grandes messes régionales qui ne débouchent que sur des engagements, au final non tenus car les protagonistes n’ont ni la volonté ni le pouvoir de les tenir. Les conventions locales conclues entre les représentants légitimes des populations et garanties par l’État auront plus de chance d’être appliquées.

L’État doit avoir ensuite l’intelligence d’orienter tous ces projets et programmes vers la satisfaction des attentes exprimées à son égard dans les accords ainsi conclus. Il n’y a pas de doute que si au Mali, on arrivait à conclure une entente dans chacune des 113 communes de la zone de Mopti et que l’État mettait en œuvre les engagements qui lui reviennent d’ici six mois, on ferait baisser les tensions et on créerait les conditions d’une action plus efficace contre les groupes terroristes.

« Présence satisfaisante de l’administration »

Le déploiement de l’État sur le territoire est un aspect qu’il faut poursuivre avec vigueur et résolution. La prise en charge des engagements ne peut être effective sans une présence satisfaisante de l’administration dans ces zones de tension. On comprend le souci de sécurité des agents mais cela doit être surpassé. C’est pourquoi il faut changer de fusil d’épaule en la matière. L’État doit exceptionnellement envoyer dans une zone donnée, du personnel qui en est originaire et cela à tous les niveaux (représentant administratif, justice, services sociaux…). Ces agents sont davantage concernés par la stabilité et l’harmonie dans leur contrée. Ils sont moins enclins à certaines attitudes reprochables, seront mieux acceptés et seront donc plus en sécurité. Ils auront enfin une meilleure perception des risques et seront donc moins enclins à se replier à la moindre rumeur.

Nous devons savoir remettre en cause certains dogmes administratifs pour mettre en place cette dynamique dans toutes les zones d’insécurité de nos pays, même s’il faut recourir à des recrutements spéciaux à cette fin. Et pour le cas sensible de l’administration de la justice, il peut être retenue des services mobiles et itinérants comme c’est le cas dans la Région de Tillabéri au Niger.  

Prioriser la satisfaction des populations

Il faut ensuite tendre vers la fourniture de l’ensemble des services de base, pierre angulaire de la bataille pour gagner les cœurs de nos compatriotes. Les administrations doivent fonctionner, et la satisfaction des attentes des populations est à prioriser. A ce titre, la réponse aux doléances contenues dans les accords de paix inter communautaires est une base à retenir.

De manière structurelle, l’État doit cibler le renforcement des voies de communication, l’amélioration de l’accès aux zones et la question centrale de l’accès à l’eau pour les populations et le bétail.

Compte tenu de l’insécurité, l’utilisation de nos services de génie militaire sera stratégique. Il faut les renforcer dans l’urgence, les équiper et les doter en effectifs adéquats pour leur permettre de reprendre les nombreux chantiers à l’arrêt et les achever rapidement, quel qu’en soit le coût ! Les États doivent se réorganiser avec cette perspective.

L’amélioration des routes et des voies de communication sera un facteur clé de relance économique, d’accroissement des interactions sociales et même d’amélioration des actions sécuritaires.

« Des unités plus légères et mieux aguerries »

Les actions militaires, dans le cadre de ces stratégies contre-insurrectionnelles, doivent-elles aussi, sortir du cadre classique et s’engager dans la voie d’une plus grande agilité de nos forces, et d’amélioration de leurs capacités d’anticipation. Nous devons tendre vers la même souplesse que nos ennemis. Cela nécessitera des unités plus légères et mieux aguerries.

Les forces spéciales de nos armées doivent disposer d’effectifs plus nombreux et l’amélioration de leurs performances doit constituer une priorité. Le nombre de snipers (tireurs d’élite) est à accroitre de manière significative. Nous devons donc appuyer les efforts dans ce sens et orienter les appuis extérieurs vers ces directions. Cela permettra à nos armées d’être plus adaptées au terrain.

Des programmes rigoureux sont à établir dans ce sens pour que, dans un court délai, on puisse disposer de forces de ce type et en nombre de plus en plus important. C’est ce qui permettra à nos États de changer de posture face aux insurgés, de prendre des initiatives, de savoir infiltrer l’ennemi, le surprendre, porter l’affrontement dans son camp et l’éloigner du nôtre et donc d’améliorer nos chances de succès.

Toutes ces initiatives seront conduites de manière résolue, sous l’égide de nos institutions politiques avec un monitoring serré des actions de terrain. C’est à ce prix que nous nous donnerons des atouts pour pouvoir suppléer à moyen terme les forces étrangères et retrouver ainsi la plénitude de notre souveraineté sur nos territoires. C’est également à ce prix que nous pourrons faire face durablement aux actions terroristes avec lesquelles nous devrons malheureusement apprendre à vivre.

Moussa MARA www.moussamara.com

19 février 2021 0 comments
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Eleves en Examen
Éducation

Excellence à l’école malienne : bientôt, des dispositions contre les fuites de sujets et la fraude

by Bakary FOMBA 18 février 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

La lutte pour l’excellence dans les écoles maliennes se poursuit. Pour plus de crédibilité des différents examens, les autorités éducatives sont plus que résolues à éradiquer la fraude et la fuite des sujets. Des phénomènes déplorables qui salissent l’image de l’école malienne depuis plusieurs années.

Depuis plus d’une décennie, on assiste, lors des examens de fin d’année, notamment l’examen du Diplôme d’Étude fondamentale (DEF) et celui du Baccalauréat, à des anomalies visant à saboter et mettre en cause leur crédibilité. Des situations qui sacrifient la volonté des autorités maliennes de créer de l’excellence dans les écoles maliennes.

En vue de résoudre ces anomalies et atteindre cet idéal d’excellence, les autorités décident de se donner une nouvelle vision en veillant sur le déroulement des examens de fin d’année. Le Directeur du Centre National des Examens et Concours de l’Éducation (CNECE), à travers une lettre du 17 février 2021, a demandé aux Directeurs d’Académie d’Enseignement et aux Secrétaires généraux des différents Syndicats de l’Éducation à s’engager durablement pour assainir le secteur éducatif de notre pays. Cela passe par l’éradication de la fraude et des fuites de sujets qui contribuent de plus en plus à la fragilisation de ce secteur.

« Je vous demande d’organiser des rencontres au niveau des établissements d’enseignement secondaire technique et professionnel et des Centres d’Animation pédagogique qui feront l’objet d’une synthèse au niveau des Académies d’Enseignement sous forme de propositions de solutions qui peuvent être physiques ou numériques », a lancé Pr Mohamed Maiga, Directeur du Centre National des Examens et Concours de l’Éducation (CNECE) à l’endroit des Directeurs d’Académie d’Enseignement et des Secrétaires généraux des différents Syndicats de l’Éducation. Après ces travaux, les responsables éducatifs ci-dessus mentionnés sont invités à faire un compte rendu au CNECE, au plus tard le 26 février de ce mois, précise M. Maiga.

Cependant, bannir ces pratiques dans le secteur éducatif de notre pays et être en phase avec l’harmonisation de l’examen du Baccalauréat dans l’espace UEMOA dans quelques années restent les raisons qui ont motivé cette initiative, a-t-il fait savoir à travers la même lettre.

L’excellence dans l’école malienne passe nécessairement par l’encouragement du don de soi, du travail bien fait qui passe par la relégation de la fraude et des fuites de sujets.

Bakary Fomba

18 février 2021 1 comment
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