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La Coalition des organisations sedentaires Songhoy reunie au sein du Collectif  Songhoy Chaawara Batoo 
Politique

Accord pour la paix : « Songhoy Chaawara Batoo » préconise la relecture

by Chiencoro 7 février 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

La Coalition des organisations sédentaires de culture Songhoy s’érige contre « la partition du Mali », à travers la mise en œuvre de l’Accord pour la paix. Elle a tenu, samedi 6 février 2021, un point de presse à la Maison de la presse de Bamako pour inviter les autorités politiques à la relecture du document.

Cinq ans après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger, la mise en œuvre fait couler beaucoup d’encre. Les pros et les antis ne cessent de se jeter des pierres. Certains estiment que la mise en application des recommandations de ce document ne conduira qu’à la « partition du Mali et au fédéralisme ».

« Plus de centre au Mali »

La Coalition des organisations sédentaires Songhoy réunie au sein du Collectif « Songhoy Chaawara Batoo » s’oppose à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix en l’état. Elle estime qu’il comporte plusieurs insuffisances qui expliqueraient les difficultés liées à son application depuis cinq ans.

 « Cinq ans après sa mise en application, nous avons enregistré dans notre pays plus de 5000 morts civils et militaires. Cinq ans après sa signature, plus de 900 écoles fermées. Cinq ans après la signature de l’Accord, plus de centre au Mali. Plus de 400 villages, dans le centre, effacés de la géographie du Mali », déplore Abdoul Kader Maïga, président de l’Association Gao Lama avant de se demander s’il fallait continuer la mise en œuvre de cet Accord.

« Partition programmée et fédéralisme »

Selon Songhoy Chaawara Batoo, la mise en œuvre de ce document comporte des dangers pour le Mali. Aliou Badra Sacko, président de la Coalition An ko Mali, estime que l’Accord est « illégitime et illégal ». Quant à Abdoul Kader Maïga, il précise qu’il comporte beaucoup de zones d’ombre qui expliquent la multiplicité d’interprétations dont il fait l’objet. En plus de la « partition programmée du Mali », ce document prévoit le « fédéralisme dont le Mali n’est pas préparé ». 

La frustration et l’indignation sont des mots qui peuvent caractériser le sentiment qui traverse les membres de cette coalition après des promesses non tenues de la part des autorités politiques du Mali. Malgré de nombreux soulèvements du peuple maliens pour signaler les dangers liés à la mise en œuvre de ce document ainsi que ses insuffisances, la coalition affirme assister à une volonté de mise en œuvre intégrale de l’Accord tout en voulant réviser la constitution pour l’y adapter.

Deux voies s’ouvrent au Mali

Dans sa Déclaration, la Coalition a indiqué : « Ce que les groupes armés terroristes n’ont pas obtenu par les armes, c’est dans nos bureaux et administrativement que l’État les a octroyés ». 

Aujourd’hui, au sujet de cet Accord, deux voies s’ouvrent aux autorités politiques maliennes. « Il faut soit relire cet Accord ou tout simplement l’abandonner », recommande la Coalition des sédentaires de culture Songhoy. L’unité et la paix au Mali passent, selon elle, par cette voie. Pour cette relecture, la Coalition préconise le cantonnement et le désarmement de tous les groupes armés, comme préalable.

 Abdoul Kader Maïga a précisé l’intention de la Coalition des organisations sédentaires Songhoy en ces termes : « Nous ne sommes pas là pour combattre une ethnie. Nous ne demandons pas de ségrégation. Nous ne demandons pas de favoritisme. Nous ne faisons pas de l’aumône. Nous nous assurons. Nous nous affirmons. Nous défendons la patrie malienne ».

Fousseni Togola  

7 février 2021 0 comments
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Des hommes en armes. 1
Sécurité

Mali : Faire de la lutte contre l’impunité une priorité

by Sahel Tribune 7 février 2021
written by Sahel Tribune 5 minutes read

Ce projet est mis en œuvre avec le soutien financier de l’Union européenne.

(Bamako, Dakar, Montréal, Paris) 4 février 2021 – Avocats sans frontières Canada (ASFC), la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH) et Amnesty International annoncent aujourd’hui le lancement d’un projet qui vise à renforcer la lutte contre l’impunité au Mali.

Nos organisations reconnaissent le rôle essentiel de la lutte contre l’impunité en vue de répondre aux droits des victimes et à la protection des populations. Elles souhaitent contribuer à la sécurité en mettant leur expertise au bénéfice de la protection des droits humains dans le pays.

« La lutte contre l’impunité des auteurs des crimes les plus graves doit être intensifiée pour que les victimes accèdent à la vérité et obtiennent justice et réparations, pour que les plus hauts responsables de ces abus soient dûment sanctionnés et pour que les Maliennes et les Maliens puissent poursuivre le processus de paix et réconciliation », a déclaré Me Pascal Paradis, directeur général d’ASFC.

Financé par l’Union européenne et doté d’un budget de 2 millions d’euros (plus de 1.3 milliards FCFA), ce nouveau projet s’articule autour de quatre volets principaux, mis en œuvre avec la coopération des acteurs de la société civile et de la communauté internationale :

  • La documentation des crimes internationaux et des cas les plus graves des violations des droits humains ;
  • L’accompagnement judiciaire des victimes ;
  • Le plaidoyer auprès de l’État et des instances nationales, régionales et internationales ;
  • L’éducation aux droits humains pour la lutte contre l’impunité.

Ce projet offre l’opportunité de s’adresser à divers publics au Mali et de plaider pour que la lutte contre l’impunité pour les crimes de droit international ne reste pas en marge des priorités politiques et judiciaires.

«Accompagnant des victimes, y compris celles de crimes sexuels, devant la justice malienne, nous constatons que ces procédures n’ont pour l’instant donné lieu qu’à peu de procès. Nous appelons les autorités maliennes à renforcer leurs efforts pour que les auteurs d’exactions, depuis la période d’occupation de 2012-2013 jusqu’aujourd’hui, soient poursuivis et jugés pour leurs crimes», a déclaré Me Moctar Mariko, président de l’AMDH.

Depuis 2012, de graves violations et abus des droits humains, dont certains peuvent être qualifiés de crimes relevant du droit international, sont commis au Mali. Des civils, y compris des enfants, sont victimes de tueries et de violences sexuelles. De nombreuses procédures judiciaires ont été ouvertes contre des membres de groupes armés mais aussi contre des éléments des forces armées maliennes. Des enquêtes sont ouvertes mais rares sont les procédures qui aboutissent à des procès. L’impunité demeure trop souvent la règle. Pourtant, le processus judiciaire doit être encouragé et facilité afin que les auteurs des crimes les plus graves soient traduits en justice.

« Dans le cadre de ce projet, Amnesty International intervient exclusivement pour contribuer à la sensibilisation des populations, et en particulier de la jeunesse, sur la thématique de la lutte contre l’impunité. Cette approche doit permettre une mobilisation renforcée pour obtenir des autorités des avancées plus grandes en la matière et à terme, l’enracinement d’une culture pleinement respectueuse des droits humains, » a déclaré Marceau Sivieude, directeur régional adjoint d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

Associée au rétablissement des services sociaux de base tels que l’éducation et la santé, la lutte contre l’impunité est un pilier fondamental du respect des droits humains et de la sécurité au Mali. Nos organisations affirment leur mobilisation pour la consolidation au Mali d’une justice efficace et respectueuse des droits humains en collaboration avec la société civile et les institutions maliennes.

En consacrant le lancement officiel de ce projet lors de la cérémonie du 4 février 2021, L’Ambassadeur de l’Union européenne au Mali, M. Bart OUVRY, a notamment déclaré : « Le combat pour la stabilité et le retour à une paix durable au Mali ne se gagne pas uniquement sur le terrain de la sécurité. Et il ne saurait être gagné sans le soutien de la population malienne, dans le plein respect de ses droits. C’est une exigence de la population malienne, pour retrouver la confiance dans ses institutions, et dans les forces qui assurent sa sécurité. C’est pourquoi la lutte contre l’impunité doit figurer au cœur des engagements des autorités maliennes, et pas seulement des partenaires qui les accompagnent. »


A propos de nos organisations

ASFC est une organisation non gouvernementale de coopération internationale dont la mission est de contribuer à la mise en œuvre des droits humains des personnes en situation de vulnérabilité, par le renforcement de l’accès à la justice et à la représentation juridique.

La FIDH est une ONG internationale de défense des droits humains. Elle regroupe 192 organisations nationales de défense des droits humains dans 117 pays. Depuis 1922, la FIDH est engagée dans la défense de tous les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels tels que définis dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme. L’AMDH est l’organisation membre au Mali travaillant avec des points focaux dans neuf régions du pays.

Amnesty International est un mouvement mondial réunissant plus de sept millions de personnes qui agissent pour que les droits fondamentaux de chaque individu soient respectés. La vision d’Amnesty International est celle d’un monde où chacun peut se prévaloir de tous les droits énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et dans d’autres textes internationaux relatifs aux droits humains.

7 février 2021 0 comments
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Mutilations genitales feminines
Santé

L’excision, une « violation manifeste des droits humains »

by Chiencoro 6 février 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

Malgré de nombreuses initiatives pour éradiquer l’excision, la pratique reste toujours d’actualité dans plusieurs pays. À l’occasion de la Journée internationale contre les mutilations génitales féminines (MGF), le 6 février, l’ONG Plan international a exprimé ses inquiétudes sur le sujet.

Des problèmes vaginaux, des saignements abondants, des infections, voire de la déscolarisation ainsi que des douleurs en urinant ou pendant les rapports sexuels et les menstruations, voilà des conséquences, peut-être inconnues, liées à l’excision. Selon l’ONG Plan international, elles sont 200 millions de filles et de femmes à être touchées par cette pratique dans 30 pays du monde.

L’Afrique est la plus touchée

L’Afrique, où près de 91,5 millions de femmes et de filles de plus de 9 ans vivent avec les conséquences de cette pratique, est la région où le plus d’efforts restent à consentir dans la lutte contre ce fléau. Dans cette région du monde, chaque année, environ 3 millions de filles courent des risques d’excision. « Si les tendances actuelles se poursuivent, 86 millions de filles supplémentaires âgées de 15 à 19 ans risquent, elles aussi, de subir des mutilations génitales d’ici à 2030 », alerte l’ONG Plan international.

Au Mali, la pratique reste toujours d’actualité. Selon une démographique de la santé en 2018, le taux de la pratique des mutilations génitales s’élevait à 96 % dans les régions de Koulikoro et Sikasso, et 95 % à Kayes.

Malgré toutes ces conséquences et l’urgence de la question, le Libéria, la Sierra Leone et le Mali n’ont toujours pas adopté de loi contre les mutilations génitales féminines. « Cette forte propension à l’excision dans ces pays s’explique essentiellement par la dimension traditionnelle, culturelle et/ou religieuse de la pratique, en place depuis des siècles », explique Plan international.

Mais de nos jours, l’excision a perdu ce côté traditionnel. Dans la plupart des localités où elle est pratiquée, l’opération est réalisée « avant l’âge de 5 ans en milieu rural et dans les 40 jours suivant la naissance en milieu urbain ». Pourtant, elle faisait partie du rituel de passage à l’âge adulte.

Des « problèmes ne survenant » qu’au moment de la puberté 

Malgré tout, cette pratique à la peau dure résiste à l’usure du temps. « [ndlr] les amalgames avec la religion musulmane, les croyances et les superstitions très ancrées dans les communautés font de l’excision une des pratiques traditionnelles néfastes les plus difficiles à éradiquer au monde », souligne Plan international qui indique qu’il s’agit pourtant d’« une violation manifeste des droits humains ». Selon Henrietta Fore, directrice générale de l’UNICEF, « les professionnels de la santé formés qui pratiquent les MGF violent les droits fondamentaux, l’intégrité physique et la santé des filles ». 

 Notons que l’ONG Plan International mène plusieurs actions afin de mettre fin à cette pratique. Elle travaille auprès des mères, des pères, des chefs de communautés ainsi que des chefs religieux. Dans ses sensibilisations, elle tente de faire changer les opinions sur cette pratique ancestrale en attirant l’attention des communautés sur les conséquences de cette pratique traditionnelle. Cette ONG forme également des bénévoles pour la diffusion des messages aux populations.

Malgré tous ces efforts, il faut souligner que la majorité des femmes excisées qui rencontrent des « problèmes ne savent pas que ceux-ci sont liés à l’excision dont elles ont été victimes enfants, ces problèmes ne survenant pour la plupart qu’au moment de la puberté ».

Fousseni Togola

6 février 2021 0 comments
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Des miches de pain disposees dans une boulangerie
Actu

Mali : ce qu’il faut savoir sur la grève des boulangers et pâtissiers

by Bakary FOMBA 6 février 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Pour protester contre la hausse du prix de la farine de blé, des boulangers et des pâtissiers du Mali ont déclenché, le 1er février 2021, une grève de 48 heures. Cette rupture du pain a impacté sur plusieurs les ménages.

Au Mali, le pain constitue l’un des produits alimentaires les plus convoités. Mais, depuis près d’une semaine, les assiettes des consommateurs sont restées nostalgiques de cet aliment à base de farine ; des vendeurs d’aliments au bord des voies publiques ainsi que des distributeurs voire des boutiquiers, ont vu leurs revenus diminués en raison de la grève des boulangers.

Une crise à multiples conséquences

Depuis le déclenchement de ce mouvement de grève, plusieurs familles dans la capitale malienne ont été confrontées à des difficultés, le matin, pour se faire un petit déjeuner, rapidement, et vaguer aux occupations quotidiennes. « Cette grève a plus impacté sur les pauvres qui n’ont pas de moyens pour s’acheter des repas de qualité au petit déjeuner », déplore Djénéba Sammy, femme de ménage à Kalaban Coro, qui souligne également les souffrances que cette grève avait imposé aux femmes en cette période de fraîcheur.

Les consommateurs n’ont pas été les seules victimes de cette grève. Les distributeurs ainsi que les ouvriers travaillant dans les boulangeries ont également été touchés. « Cette grève a complètement saboté mon économie. Toutes les deux boulangeries dans lesquelles je travaille avaient été toutes fermées », regrette Gouro Kanta, ouvrier.

En raison de la gravité de la situation, des livreurs de pain ont invité les autorités de l’État à « déployer tous les moyens nécessaires afin de trouver une solution définitive à cette crise ». « Des Maliens ne vivent que des activités liées au pain », souligne Nassim Boré, livreur dans une boulangerie à Kalaban Coro.

Ce cri de cœur de Nassim ainsi que des consommateurs a vite été entendu par les autorités de la transition qui n’ont point tardé à manifester toute leur sensibilité aux souffrances des Maliens. Afin de trouver des solutions permettant la stabilisation des prix de la farine boulangère et du pain, principal motif de la grève, une rencontre a eu lieu, le vendredi dernier, entre le gouvernement et les acteurs de la filière farine et pain.

« Atténuer les effets de l’envolée du prix du blé »

Au cours de cette rencontre avec le gouvernement, les industriels ont donné des explications sur la hausse du sac de farine. De 17 000, le prix de la farine locale est passé à 19 000 voire 20 000 FCFA. Cette augmentation s’explique par la hausse progressive du cours du blé sur le marché mondial depuis le 3e trimestre 2020.

Le cours mondial du blé, qui est la matière première de la farine boulangère, est de 280 euros la tonne contre 164 euros la tonne au mois de mars 2020, a-t-on expliqué avant de préciser que cette augmentation « devra se poursuivre jusqu’à la prochaine récolte prévue le mois de juillet 2021 ».

Cette situation ne peut nullement laisser les boulangers indifférents. Car une fois qu’un maillon de la chaîne est atteint, tout le reste reçoit les répercussions.

En plus de cette situation liée au prix du blé tendre, les acteurs de la filière farine et pain expliquent être victimes également de l’augmentation des frais de transport terrestre et maritime ainsi que des frais financiers auprès des banques maliennes.

C’est suite à toutes ces difficultés que les boulangers, réunis au sein d’une organisation appelée cadre de concertation de la filière pain, ont décidé d’« appliquer les prix consensuels issus des négociations de 2011 à savoir la miche de 300 g à 300 FCFA aux consommateurs ».

Toutefois, le gouvernement Moctar Ouane s’est engagé à éviter l’enlisement des prix. En attendant, des « efforts ont été demandés à chaque maillon de la filière pour atténuer les effets de l’envolée du prix du blé sur le marché international ».

Bakary Fomba

6 février 2021 0 comments
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IPR ISFRA de Katibougou
Éducation

Résidence universitaire IPR/IFRA : six membres de l’AEEM placés sous mandat de dépôt suite à une plainte du CENOU

by Chiencoro 6 février 2021
written by Chiencoro 4 minutes read

Pour des faits d’incitation à la violence et d’entrave à la liberté de travail, dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations du forum sur l’insécurité dans les espaces scolaires et universitaires, six membres de l’AEEM ont été placés sous mandat de dépôt, le mardi dernier, suite à une plainte du CENOU.

La mise en œuvre des recommandations du forum sur l’insécurité dans les espaces scolaires et universitaires commence à faire des frustrés dans les rangs de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM). Certains membres de cette association se voient déjà priver de certaines sources de revenus. Une frustration qu’ils manifestent à travers des tentatives d’empêchement de la mise en œuvre desdites recommandations.  

À la résidence universitaire de Katibougou, sis à l’Institut Polytechnique Rural de Formation et de Recherche appliquée (IPR/IFRA), la tension restait vive depuis un certain temps. À la suite des événements, six étudiants de cet institut, dont le secrétaire général, ont été placés sous mandat de dépôt, le mardi dernier, à la maison d’arrêt de Souban, suite à une plainte du Centre régional des œuvres universitaires de Koulikoro (CROU-K). Des faits d’incitation à la violence et d’entrave à la liberté de travail des agents du CROU-K leur sont reprochés.

« Faire face au CROU-K »

« Suite à la fin du protocole d’accord entre le CENOU [Centre national des œuvres universitaires ndlr] et l’AEEM, des décisions inadéquates sont prises envers les étudiants par le CROUK », déclarait le comité AEEM de l’IPR/ISFRA de Katibougou dans un avis aux étudiants, le 29 janvier 2021. À travers le même avis, ce syndicat invitait les étudiants à occuper les chambres pour « faire face au CROUK ». Une manière d’empêcher les agents de cette structure de travailler à la mise en œuvre des recommandations issues du forum.

Pourtant, depuis le 14 janvier, le CROU-K avait précisé que « le CENOU demeure le seul organe habilité à attribuer le logement à un étudiant dans les résidences universitaires ». Et d’ajouter : « Toute attribution de lit à un étudiant par le fait du comité AEEM est nulle et de nul effet ». D’ailleurs, le 23 janvier, le chef du CROU-K, Bakari Diakité invitait les membres de l’AEEM de l’IPR/IFRA, qui désiraient « obtenir un logement au campus, à déposer des demandes de logement conformément aux textes en vigueur, au plus tard le 21 janvier 2021 ». Chose que l’AEEM n’a pas du tout appréciée, souligne le chef du CROU-K.

Privés de lits supplémentaires

L’installation des étudiants bénéficiaires de logement était prévue pour le 28 janvier 2021. En raison de l’occupation « illégale » des résidences, cette installation n’a pas pu démarrer. Pour autant, le CROU-K n’a pas renoncé à la mise en œuvre de la feuille de route pour la sécurisation de l’espace universitaire.

Le 2 février dernier, Bakari Diakité a lancé une invitation aux occupants « illégaux » des résidences universitaires de Katibougou à libérer les chambres au plus tard le 4 février. Par la même occasion, il invitait les bénéficiaires de ces résidences, dont la liste avait été publiée auparavant, de s’acquitter des frais de logement de 10 000 FCFA afin de permettre leur installation. 

Selon les explications du chef du CROU-K, l’implication de l’AEEM dans la gestion des résidences universitaires ne repose sur aucun fondement juridique. Elle est d’ailleurs considérée, selon lui, comme l’un des facteurs aggravants de l’insécurité dans le milieu universitaire. D’où l’une des recommandations fortes du forum de leur retirer la gestion de ces résidences.

Dans chaque chambre, les membres de ce comité estudiantin faisaient entrer des lits supplémentaires, qu’il cédait aux étudiants en raison de 10 000 FCFA l’unité, révèle M. Diakité. Suite à la fin du protocole qui les liait au CENOU, les membres de ce comité estudiantin se voient priver de ce privilège. Ce qui expliquerait cette attitude de leur part.

En tout cas, le CENOU se dit déterminer à mettre en œuvre toutes les recommandations du forum pour une école apaisée au Mali.

Fousseni Togola

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Cancer du sein
Santé

Cancer du sein : un centre de recherche prône la prévention primaire

by Bakary FOMBA 5 février 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Aujourd’hui, le cancer du sein féminin est devenu le type de cancer le plus couramment diagnostiqué dans le monde, dépassant même le cancer du poumon.

La pandémie de la covid-19 n’est pas la seule maladie qui coupe le sommeil à l’humanité. « Le cancer du sein touche désormais plus de patients dans le monde et dépasse même celui du poumon, comme première cause de cancer à l’échelle mondiale », selon une nouvelle étude publiée, jeudi 4 février 2021 par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Rien qu’en 2020, près de 846 000 cas ont été notifiés dans la région africaine de l’OMS.

Les pays à revenu faible plus touchés

Toutefois, cette maladie représente aujourd’hui la forme la plus courante, soit environ 11,7 % de toutes les tumeurs déclarées chez les hommes et les femmes. Suivi du cancer colorectal, 10 % ; du cancer de la prostate, 7,3 % et de celui de l’estomac, 5,6 %, indique l’OMS.

Cette maladie touche plus les pays à faible revenu que ceux à revenu élevé. « Seulement 30 % des enfants africains atteints de cancer survivent à cette maladie, contre 80 % dans les pays à revenu élevé », explique Dre Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS.

Cette situation en Afrique est liée au fait que les populations peinent à « accéder aux services de dépistage, de détection précoce, de diagnostic et de traitement du cancer ». La pandémie du coronavirus est venue foutre le pied dans tout le plat. En raison de cette maladie, les communautés sont confrontées à des difficultés d’accès aux soins du cancer.

1re ou 2e cause de décès du cancer chez les femmes

Avec 70 % de décès dans les pays à faible et moyen revenu, cette maladie constitue la deuxième cause de décès dans le monde. De nos jours, une personne sur cinq dans le monde développe un cancer au cours de sa vie. Un homme sur huit et une femme sur onze en meurent, explique-t-on.

En Afrique subsaharienne, le cancer du sein est la première ou la deuxième cause de décès du cancer chez les femmes, dans la plupart des pays, note l’OMS.

Selon Dre Matshidiso Moeti,« les facteurs de risque associés au cancer comprennent le vieillissement et les antécédents familiaux, la consommation de tabac et d’alcool, une alimentation riche en sucre, en sel et en matières grasses, le manque d’exercice physique, le surpoids et l’exposition à certains produits chimiques. »

« Agir sur la prévention primaire »

Pour mener une lutte efficace contre ce fléau, le CIRC préconise d’« agir sur la prévention primaire en limitant au mieux les facteurs de risque et miser sur la prévention secondaire en améliorant les chances de survie des patientes ».

Le CIRC coordonne également, avec des partenaires dans cinq pays africains, un projet de recherche appelé « Cancer du sein africain, disparités de résultats. » Cette étude intitulée « ABC-DO » vise non seulement à examiner dans quelle mesure, la suivie au cancer du sein diffère entre les femmes et entre les pays, mais également ces variations.

Bakary Fomba

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covid 19 4987726 1920
Santé

La lutte contre la covid-19 doit passer par celle de la corruption

by Chiencoro 5 février 2021
written by Chiencoro 2 minutes read

Dans son rapport annuel, publié le 28 janvier 2021, Transparency international souligne l’impact de la corruption dans la lutte contre la pandémie du coronavirus.

Alors que la pandémie de la covid-19 fait plus de deux millions de décès dans le monde, les pays sont frappés par une récession économique occasionnée par cette pandémie. Une crise qui handicape l’accès de plusieurs pays aux vaccins anti-covid. Dans un tel contexte, la corruption persistante dans le secteur de la santé ne peut que contribuer à fragiliser davantage les systèmes de santé, selon l’Indice de perception de la corruption (IPC).

« La COVID-19 n’est pas seulement une crise sur le plan sanitaire et économique. C’est également une crise sur le plan de la corruption », a souligné Delia Ferreira Rubio, présidente de Transparency International.

500 milliards de dollars chaque année

« La corruption représente une menace critique pour la vie et les moyens de subsistance des citoyens, surtout lorsqu’elle est associée à une urgence de santé publique », explique Transparency international dans un communiqué. Le programme Santé mondiale de cette organisation révélait que dans le monde, la corruption prive le secteur de la santé de 500 milliards de dollars américains, chaque année. 

Les pays où la corruption persiste sont confrontés à d’énormes difficultés pour faire face à cette pandémie en raison de la corrélation qui existe « entre le niveau de corruption du secteur public et la hauteur des investissements dans les soins de santé ».

En 2020, les cas de corruption les plus fréquemment signalés dans le secteur de la santé sont entre autres : des demandes de paiements informels imposées aux patients, des détournements et des vols, l’absentéisme, la surfacturation, le favoritisme et la manipulation de données, rapporte Transparency international.

Renforcer la démocratie et les organes de contrôle

Certes, « aucun pays n’est à l’abri de la corruption », mais il est important de travailler à réduire le phénomène et booster le secteur de la santé. Un secteur majeur dans le développement des nations.

Les organes de contrôle doivent être renforcés. En plus, les ressources, les fonds ainsi que l’indépendance nécessaire doivent être mis à la disposition de ces organes de contrôle ainsi que des autorités de lutte contre la corruption pour leur bon fonctionnement. 

Outre toutes ces recommandations, Transparency international invite à garantir « la transparence des contrats pour lutter contre les malversations, identifier les conflits d’intérêts et assurer une tarification équitable ». La défense de la démocratie et la promotion de l’espace civique doivent occuper une place considérable dans ce combat contre la corruption. Des créneaux doivent exister pour permettre de demander des comptes aux gouvernements. Pour y réussir, l’accès aux données et aux informations doit être garanti.

Togola

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