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Des civils et des autorites locales
Sécurité

Mali : restaurer la confiance entre gouvernants et gouvernés, un gage de stabilité

by Sahel Tribune 26 avril 2021
written by Sahel Tribune 3 minutes read

Au Mali, plusieurs efforts sont déployés pour le retour de la stabilité. Malgré tout, l’insécurité se ramifie et multiplie le nombre de veuves et d’orphelins. Le retour à la stabilité passera par la restauration de la confiance entre gouvernants et gouvernés.

Depuis 2012, le Mali s’embourbe dans une crise sécuritaire complexe que d’aucuns appellent multidimensionnelle. D’abord au nord, l’épicentre de cette crise s’est rapidement délocalisé au centre du pays vers les années 2015. Depuis, la situation sécuritaire ne cesse de se dégrader. La crise se prolonge de plus en plus vers le sud du pays menaçant du coup le vivre-ensemble des communautés ayant toujours su cohabiter pacifiquement. Que s’est-il donc passé pour que le Mali tombe, ces dernières années, dans de telles crises sécuritaires ? S’agirait-il d’un échec du système démocratique en place ?

De la mauvaise gouvernance

Depuis la première république, le Mali a certes connu des crises sécuritaires, mais très vite résolues par les régimes en place, aussi bien par le socialisme de Modibo Kéïta que par la dictature de Moussa Traoré. « Les régimes de parti unique ont su contenir la rébellion et préserver l’unité du peuple malien et l’intégrité de son territoire national ; les régimes issus du pluralisme politique ont échoué face aux poussées sécessionnistes », soulignent Choguel Kokalla Maïga et Issiaka Singaré, dans leur ouvrage coédité. S’agit-il d’une apologie des régimes de parti unique ? Nous estimons ce passage une interpellation à réfléchir sur ce qui n’a pas marché avec le système démocratique mis en place au Mali. 

La corruption à outrance, l’impunité, le favoritisme, etc., sont des maux qui caractérisent ce système politique au Mali et qui provoquent par la même occasion des inégalités et des injustices. Des mécontentements qui ne peuvent qu’exploser tôt ou tard.

La crise sécuritaire qui met l’existence du Mali, en tant qu’État-nation, en danger est en grande partie tributaire de la mauvaise gouvernance, notamment de la corruption à outrance. Cette pratique à laquelle se livrent généralement des autorités locales instaure un manque de confiance entre elles et les populations locales, victimes de leurs mauvais agissements. En 2020, dans la région de Ségou, alors que des hommes ont mis à sac le camp des eaux et forêts de Djoforogo, des habitants de la zone étaient euphoriques. « Ces hommes [les agents des eaux et forêts ndlr] ne sont là que pour extorquer nos maigres ressources. Au lieu de brûler seulement leur camp, on devrait plutôt les tuer une bonne fois pour toutes », indiquait à l’époque un habitant de la zone.

Restaurer la confiance

Dans la quasi-totalité des régions où persiste la crise sécuritaire au Mali, il est possible de se rendre compte de ce divorce entre les populations, qui ont trop supporté, et les autorités. Du coup, celles-ci bénéficient difficilement de l’accompagnement de ces populations qui préfèrent s’allier aux groupes terroristes avec l’idée d’avoir une revanche sur ces autorités. En 2015, si Amadou Koufa a pu avoir la confiance de la population de la région de Mopti, c’est parce qu’il a prôné plus de justice et d’égalité auxquelles les populations rêvaient. L’attaque contre Bounty en janvier est une preuve assez palpable de ce mariage entre des civils et des groupes rebelles.

Face à de telles situations, le retour à la stabilité s’obtiendra difficilement avec les armes. La priorité doit être accordée aux actions de restauration de la confiance entre les gouvernants et les gouvernés. Ce qui ne peut se faire sans la lutte contre la corruption et l’impunité. Des enquêtes doivent être menées sur les allégations d’exactions des forces de sécurité contre les civils afin de placer les responsables entre les mains de la justice. C’est seulement à partir du règne de la justice que les autorités pourront compter sur les populations comme un véritable allié. Après des années de collaboration avec les groupes armés terroristes, il paraît plus qu’important que ces hommes se sentent au préalable en sécurité pour vouloir appuyer leur armée au retour à la stabilité.

Fousseni Togola

Source: Maliweb.net

26 avril 2021 0 comments
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Guterres
Santé

Antonio Guterres : « Chaque année, le paludisme fait plus de 400 000 morts »

by Sahel Tribune 25 avril 2021
written by Sahel Tribune 1 minutes read

Malgré la pandémie de COVID-19 et les multiples crises qu’elle a entraînées, le nombre de pays qui ont éliminé le paludisme ou sont en bonne voie d’y parvenir ne cesse de croître. Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, nous félicitons tous les pays qui ont atteint cet objectif ambitieux : ensemble, ils montrent au monde qu’un avenir sans paludisme est possible.

Dans les pays maintenant exempts de paludisme, les services de prévention, de diagnostic et de traitement nécessaires ont été mis à la disposition de toutes celles et tous ceux qui risquaient de contracter la maladie, et ce sans considération de nationalité ou de moyens financiers. Un financement durable, des systèmes de surveillance solides et une population mobilisée ont également été les clés du succès.

À l’heure où nous célébrons ces avancées, nous ne pouvons toutefois oublier les millions de personnes qui, partout dans le monde, continuent de souffrir de cette maladie et d’en mourir. Chaque année, le paludisme fait plus de 400 000 morts, et la majorité des victimes sont de jeunes enfants en Afrique. Et chaque année, on dénombre plus de 200 millions de nouveaux cas de cette maladie parasitaire mortelle.

Mais le paludisme peut être vaincu. C’est par un engagement politique fort, des investissements suffisants et un arsenal de stratégies que nous pourrons atteindre notre objectif commun : un monde exempt de paludisme.

Source : MINUSMA

Message du secrétaire général de l’ONU à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, le 25 avril. Le titre est de notre rédaction

25 avril 2021 0 comments
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Said Djabelkhir
Sécurité

Pour « offense à l’islam », un islamologue algérien condamné à trois ans de prison

by Bakary FOMBA 25 avril 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Pour avoir « exprimé ses opinions sur des textes religieux », dans de commentaires publiés sur le réseau social Facebook, l’algérien Said Djabelkheir, islamologue de renom, a été condamné, jeudi 22 avril 2021, à trois ans de prison.

Malgré l’adoption de textes visant à défendre les hommes de média dans l’exercice de leur métier, force est de remarquer que ceux-ci continuent à subir des violences dans l’exercice de leur profession. Dans le classement 2021 de Reporter sans Frontière (RSF) sur la liberté de la presse, sur 180 pays en lice, l’Algérie arrive à la 146e place. « Les poursuites judiciaires et les condamnations de journalistes pour des publications portant “atteinte à l’unité nationale” ou “atteinte à l’ordre public et à la sûreté de l’État” sont récurrentes », indique RSF dans son classement.

« Dénigrer le dogme ou les préceptes de l’Islam »

Dans ce pays de l’Afrique du Nord, les pressions handicapent le travail des journalistes et des médias, précise-t-on. « Un durcissement visible de la répression envers toutes les voix dissidentes est à l’œuvre alors que les citoyens algériens ne cessent de revendiquer davantage de libertés », souligne la même source.

Selon Amnesty International, la condamnation de Said Djabelkheir, en raison de commentaires qu’il a publiés sur Facebook, constitue un revers inquiétant pour les défenseurs de la liberté d’expression en Algérie.

En janvier 2020, M. Djabelkheir aurait publié, sur le réseau social Facebook, trois textes dans lesquels il aurait établi des parallèles entre les célébrations de l’Aid El Adha et celles du Nouvel An berbère ; qualifié de « mythes » certains passages du Coran ; et déclaré qu’il considérait que certains hadiths étaient « apocryphes ».

Suite à ces propos considérés comme attaque contre l’Islam, le tribunal de première instance de Sidi Mhamed l’a déclaré, jeudi dernier, coupable d’avoir « offensé le prophète » et « dénigrer le dogme ou les préceptes de l’Islam ».

Une « violation flagrante des droits à la liberté d’expression »

« Il est choquant que Said Djabelkheir risque de passer trois ans en prison pour avoir simplement exprimé son opinion sur des textes religieux », déplore Amna Guellali, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International. Et de préciser : « Sanctionner une personne pour son analyse des doctrines religieuses est une violation flagrante des droits à la liberté d’expression et à la liberté de conviction, même si les commentaires en question sont considérés comme offensants par certains ».

Amnesty International demande l’annulation de la « déclaration de culpabilité de Said Djabelkheir ». « Toutes les dispositions du Code pénal algérien érigeant en infraction les droits à la liberté d’expression, d’opinion ou de conviction doivent être abrogées de toute urgence », indique Amna Guellali.

En raison de ses opinions exprimées dans de commentaires publiés sur Facebook, Said Djabelkheir est, depuis longtemps, victime de harcèlement en ligne et hors ligne, indique Amnesty International. En 2007, date à laquelle il aurait rejoint la plateforme, M. Djabelkheir aurait déclaré à Amnesty International, la réception de nombreuses menaces de mort sur Facebook.

Bakary Fomba

25 avril 2021 0 comments
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Au Mali la revente de pesticides perimes est une activite lucrative
Climat et environnement

Pesticides obsolètes : près de 80 % utilisés dans la culture du coton

by Chiencoro 25 avril 2021
written by Chiencoro 2 minutes read

Au Mali, la gestion des pesticides obsolètes reste toujours un problème de santé publique malgré les nombreuses initiatives de la Banque mondiale en collaboration avec le Mali.

L’agriculture constitue un secteur clé de l’économie et la sécurité alimentaire au Mali. L’utilisation de produits toxiques dans ce domaine présente pourtant des dangers pour les consommateurs. Dans ce pays, environ 200 personnes meurent chaque année d’intoxication et plusieurs milliers contractent des maladies dues à l’utilisation intensive de pesticides souvent périmés, souligne la banque mondiale.

Des récipients réutilisés

Cette situation s’explique par l’existence d’un véritable problème de gestion des engrais périmés. Selon la banque mondiale, 580 tonnes de produits impropres à l’utilisation, dont certains datent de plusieurs décennies, ont été recensées au Mali. Des produits périmés qui sont pourtant vendus par des jeunes.

L’institution monétaire internationale précise dans sa publication du 21 avril 2021 que près de 80 % des « pesticides périmés sont utilisés dans la culture du coton, polluant les terres et les sources d’eau avec des conséquences dramatiques sur le bétail et la chaîne alimentaire ». Les emballages de pesticides, les déchets résiduels, les récipients ayant contenu des substances toxiques se comptent en dizaines de tonnes au Mali. Les récipients sont dans la plupart des cas utilisés pour stocker de l’eau, indique-t-on.

Pour minimiser les dangers liés à la gestion de ces produits périmés, le Mali et la Banque mondiale ont adopté plusieurs initiatives, dont l’élaboration d’une « approche intégrée de gestion des stocks afin de prévenir leur accumulation, contrôler l’importation et homologuer les intrants chimiques ». Ce n’est pas tout : « La formation d’agents phytosanitaires et la sensibilisation de la population aux risques sanitaires a complété cette initiative ».

Plusieurs initiatives adoptées

À travers le projet d’élimination des pesticides obsolètes (PEPPO), des centaines de tonnes de produits dangereux ont été traitées et la réglementation renforcée.

Selon les précisions de Maria Sarraf, responsable du pôle environnement pour l’Afrique de l’Ouest : « Ces projets ont renforcé les capacités institutionnelle, réglementaire et technique dont le secteur avait besoin pour remédier à la pollution de l’environnement et l’empoisonnement des communautés ». 

Dr Ousmane Cissé, directeur de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), indique qu’au niveau de sa structure, dorénavant, les pesticides utilisés « sont recommandés par le comité sahélien et homologués, donc autorisés à la vente ». Et d’ajouter : « Nous animons aussi régulièrement des sessions d’information avec les agriculteurs et incitons nos fournisseurs en phytosanitaires à y participer ».

Malgré la pandémie de covid-19, les initiatives de formation sur la gestion de ces produits nuisibles se poursuivent. Mais avec un nombre réduit de personnes, conclut la banque mondiale.

Togola

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la force conjointe du G5 Sahel dans la zone des trois frontieres
Sécurité

Sahel : opération majeure de la force conjointe du G5 Sahel dans la zone des trois frontières

by Sahel Tribune 24 avril 2021
written by Sahel Tribune 1 minutes read

En coopération avec les différentes armées partenaires, les forces armées sahéliennes poursuivent leurs efforts dans la région dite des « trois frontières » en menant des opérations de harcèlement dans le Gourma et le Liptako. La semaine a été marquée par la fin d’une opération majeure conduite par la force conjointe du G5 (FCG5) Sahel au sud du Mali. Nous vous invitons à lire cet extrait du communiqué du 23 avril 2021 de l’opération Barkhane.

La première phase d’une opération menée par la force conjointe du G5 Sahel s’est achevée cette semaine avec plusieurs résultats opérationnels positifs dans la région d’Ouanzerbé et de Boulikessi. L’action du bataillon tchadien (BAT Tchad), accompagné des forces armées maliennes (FAMA), burkinabè et en partenariat avec le groupement tactique désert (GTD) Chimère a permis de sécuriser la frontière malo-burkinabè dans la zone des trois frontières. Durant cette opération, l’ensemble des forces armées ont neutralisé plusieurs groupes armés terroristes et saisi 2 AK47, 26 motos, 150 obus et 3 Engins explosifs improvisés (EEI), un minibus, 20 équipements de télécommunication et des munitions.

Le BAT Tchad a subi une attaque d’EEI qui a fait un mort et cinq blessés. Ces derniers ont été pris en charge par l’équipe médicale de BARKHANE sur la plateforme opérationnelle désert (PfOD) de Gao. Les militaires de la base aérienne projetée (BAP) de Niamey ont rendu hommage au soldat tchadien décédé.

Source : opération Barkhane

Notre rédaction a apporté des modifications au communiqué

24 avril 2021 0 comments
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La Cour des comptes
Sécurité

Sahel : la Cour des comptes décèle des lacunes dans la stratégie de la France dans la région

by Chiencoro 24 avril 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

L’enquête de la Cour des comptes sur la stratégie de la France dans les pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) et la cohérence des actions civiles et militaires dans la région, au service de la sécurité de ces États et du développement économique et social de leurs populations, révèle des lacunes dans l’aide au développement.

L’espace sahélien a été déclaré par la France, l’une des régions du monde les plus déshéritées avec de forts taux de fécondité. Dans le classement mondial des indicateurs du développement humain (IDH) du programme des Nations unies pour le développement (PNUD), les États membres du G5 occupent le dernier rang. Cette région est déclarée prioritaire pour l’aide publique au développement depuis 2009 et 2011. Sauf que cette « priorité a tardé à se traduire dans les faits ».

Les dépenses militaires en hausse au détriment de la stabilisation

Dans son nouveau rapport, publié le 23 avril dernier, le gendarme des finances publiques en France indique que « les grands acteurs de l’aide publique au développement, bilatérale comme multilatérale, dirigent spontanément leurs actions vers des pays dont l’économie est plus avancée et la situation géopolitique plus stable ».

Dans cette région, entre 2012 et 2018, les dépenses françaises ont presque doublé, passant de 580 millions d’euros à 1,35 milliard d’euros. 60 % de ces sommes concernent des dépenses militaires. Pendant ce temps, l’aide accordée à la stabilisation et au développement suit une trajectoire descendante. « Les dépenses de l’aide publique française au développement n’ont pas suivi la même progression, et la priorité affichée en faveur de la zone Sahel ne s’est pas traduite dans les faits », souligne la Cour qui indique qu’en 2018, les pays du G5 Sahel représentaient 10 % de l’aide publique au développement française en Afrique et le Mali 2,5 %. « Des proportions inchangées par rapport à 2013 », indique la Cour.

Quatre recommandations

La Cour des comptes exprime également ses inquiétudes quant à « l’extension progressive du périmètre d’intervention et la diversification des objectifs » qui « rendent incertains les critères qui permettront d’évaluer si un terme satisfaisant a été atteint, pour la France et pour le Sahel ». Une telle inquiétude l’amène à juger important l’élaboration d’un « bilan d’étape ». En plus de cet aspect, la Cour estime que « les complémentarités entre actions militaires et civiles d’aide à la stabilisation et au développement doivent être recherchées et se traduire dans l’organisation de la réponse française ».

Suite à ces constats, le gendarme des finances publiques a formulé quatre recommandations :

  • mettre en cohérence les financements publics avec les priorités fixées pour les pays du G5 Sahel ;
  • en assurer le suivi au moyen de tableaux
    de bord et d’indicateurs par État bénéficiaire ;
  • charger l’ambassadeur, envoyé spécial pour le Sahel, d’une mission interministérielle formalisée par une lettre de mission signée du Premier ministre ;
  • s’assurer que l’Union européenne maintienne le caractère prioritaire des pays du G5 Sahel dans la programmation des budgets d’APD ; réaliser un bilan de l’exécution à ce jour de l’opération Barkhane au vu des objectifs assignés, des moyens déployés et des résultats obtenus.

Fousseni Togola

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Fama
Sécurité

Mali : l’armée de nouveau accusée d’allégations d’abus (HRW)

by Bakary FOMBA 24 avril 2021
written by Bakary FOMBA 4 minutes read

Dans le cadre d’opérations militaires antiterroristes menées dans la région de Mopti, l’armée malienne est suspectée de meurtres et « disparitions » causées dans les villes, villages ou hameaux de Boni, Feto Hore Niwa, Kobou, Libé, Solla et Sokoura ; et à proximité. Des incidents qui ont eu lieu entre octobre 2020 et mars 2021.

Entre octobre 2020 et mars 2021, les forces de sécurité maliennes ont mené, dans la région de Mopti, 5e région administrative du pays, plusieurs opérations de lutte contre le terrorisme. Au cours de ces opérations antiterroristes, plusieurs personnes ont perdu la vie, d’autres sont disparues.

Pour mettre en lumière les circonstances de ces incidents, Human Rights Watch invite le gouvernement malien de transition à mener des enquêtes crédibles et impartiales. Surtout lorsque ces incidents sont tous perpétrés depuis sa prise de pouvoir, le 18 août dernier, en faveur d’un coup d’État.

L’armée soupçonnée de tueries et de mauvais traitements

En réponse à la présence de groupes armés islamistes, en grande partie liée à Al-Qaida, les forces de sécurité maliennes auraient commis des exactions au cours d’opérations militaires antiterroristes menées dans la région de Mopti. Des soldats maliens auraient tué au moins 34 villageois. Ils auraient également fait disparaitre, de force, au moins 16 personnes et infligé de mauvais traitements à des détenus, a indiqué Human Rights Watch dans un nouveau rapport publié le 20 avril 2020.

« Les forces de sécurité maliennes n’ont guère respecté la vie humaine lors de récentes opérations de lutte contre le terrorisme », a déclaré Corinne Dufka, directrice pour le Sahel de Human Rights Watch. Selon l’ONG Armed Conflict Location et Event Data Project (Acled), entre 2017 et 2020, au moins 500 civils auraient été tués au Mali par les forces de sécurité.

Des allégations d’abus commises entre octobre 2020 et mars 2021

À Boni, les exactions sont commises courant mars 2021. Le 18 mars, les forces de sécurité maliennes basées à Boni, dans le cercle de Douentza, auraient commis des exactions sur des ressortissants de ladite localité, a déclaré l’organisation de défense des droits de l’homme.

Dans le Hameau de Feto Hore Niwa, indique Human Rights Watch, l’Armée est soupçonnée d’avoir entraîné des disparitions de personnes, le 28 janvier 2021. Quant au village de Kobou, HRW souligne qu’au cours d’une opération de bouclage et de fouille, le 13 janvier 2021, des éléments des forces de sécurité maliennes auraient arrêté des villageois et les ont embarqués à bord d’au moins deux véhicules de l’armée malienne avant de se diriger vers le Nord. Dans le hameau de Solla, dont les incidents se sont déroulés le 12 janvier 2021, Human Rights Watch indique qu’un convoi de soldats patrouillant dans ce hameau a tiré sur un petit groupe d’hommes rassemblés près du puits local pour y abreuver leurs animaux. Elle aurait exécuté trois d’entre eux.

S’agissant du cas de Sokoura qui a eu lieu le 11 janvier 2021, Human Rights Watch souligne la découverte des corps, au périphérique de la ville de Sokoura, dans la matinée du 12 janvier 2021. Quant à celui du village de Libé, dans le Cercle de Bankass, celui-ci a lieu le 22 octobre 2020. À ce sujet, Human Rights Watch dit s’être entretenu avec 10 villageois présents lors de l’attaque. Selon leurs précisions, les forces de sécurité maliennes auraient tué, au cours de cette attaque, 25 villageois, incendié de nombreuses maisons et greniers et pillé du bétail et des objets de valeur.

« Le gouvernement malien n’a pas tenu de nombreux engagements »

Suite à ces incidents survenus dans la région de Mopti, le gouvernement a dit avoir ouvert des enquêtes afin d’identifier et suspendre les officiers impliqués dans de tels « graves abus ». Toutefois, les membres des familles des victimes ont déclaré n’avoir pas été contactés par les autorités, a détaillé Human Rights Watch, qui dit avoir transmis, le 7 avril dernier, une lettre au gouvernement malien, précisant les allégations d’abus figurant dans son rapport. En réponse à cette lettre, précise l’organisation de défense de droits humains, le gouvernement aurait promis l’ouverture d’enquêtes, tout en déclarant que « les investigations sont en cours ».

La partie gouvernementale aurait précisé dans sa correspondance que les enquêtes sur les allégations concernant Libé et Kobou ont été gênées par la situation sécuritaire qui reste précaire, et par « la réticence de certaines personnes à témoigner », rapporte HRW.

« Promettre d’enquêter sur les abus est une étape positive, mais le gouvernement malien n’a pas tenu de nombreux engagements antérieurs de ce type », a relevé Corinne Dufka.

Selon Mme Dufka, ces exactions perpétrées contre les populations « au nom de la sécurité ne fait qu’alimenter le recrutement dans les rangs de groupes armés qui commettent leurs propres exactions, et sapent la confiance des populations locales ». Elle juge important que les autorités maliennes reprennent « le contrôle des unités qui commettent des abus et faire bien plus pour garantir la discipline dans le cadre des opérations, exiger des comptes des auteurs d’abus, et prévenir de nouvelles atrocités ».

Bakary Fomba

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