Aller au contenu principal
Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel
samedi,23 mai , 2026
  • A propos
  • Notre équipe
  • Contactez-nous !
Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel
Sahel Tribune
Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel

Copyright 2022 - All Right Reserved. Designed and Developed by PenciDesign

Dr Yacouba Dogoni enseignant chercheur a la FSHSE
Sécurité

Yacouba Dogoni : « L’armée tchadienne viendrait appuyer la force Barkhane »

by Chiencoro 31 mars 2021
written by Chiencoro 6 minutes read

La levée du blocus sur Farabougou (dans la région de Ségou), l’arrivée de 1200 soldats tchadiens dans le Liptako-Gourma ainsi que les accusations de bavures contre la force Barkhane, etc. C’est les questions que nous abordons avec Dr Yacouba Dogoni, enseignant-chercheur au département de sociologie à la Faculté des sciences humaines et des sciences de l’éducation (FSHSE) de Bamako.

Phileingora : Quelle analyse faites-vous de l’intervention du Haut Conseil Islamique à Farabougou ?

Yacouba Dogoni : ce geste est salutaire parce que la population de Farabougou était prise au piège par les djihadistes et même les chasseurs. Une situation qui empêchait les habitants de vaguer à leurs occupations. D’autres problèmes sociaux surgissaient également.

Ce qu’il faut comprendre dans la situation de cette zone, c’est que nous tendons vers une problématique religieuse parce que de plus en plus les djihadistes prônent la vertu religieuse. Le haut conseil islamique, qui n’est pas à sa première intervention dans ce sens, est donc dans ses droits. Car si le problème est religieux, la solution ne peut être que religieuse. Le plus important est qu’il ait réussi à résoudre cette crise. 

La levée de ce blocus permettra de relancer les bases du développement économique. Les populations pourront ainsi avoir accès aux services sociaux de base, certaines infrastructures pourront également être renforcées.

Pensez-vous que cette crise de Farabougou est définitivement résolue ?

Dans cette zone, il est important qu’il y ait une rencontre beaucoup plus formelle, un cadre beaucoup plus idéal et dans un espace beaucoup plus ouvert au dialogue pour une résolution définitive de ce conflit.

Mais si au lieu de cela, on autorise les groupes djihadistes à faire des prêches dans la ville, alors il faut se dire que le problème ne serait pas résolu. Car si les citoyens n’adhèrent pas aux idéologies de ces hommes, il pourrait y avoir des actes de répression. C’est pourquoi il serait important que l’État prenne toutes ses responsabilités pour recadrer tous les acteurs qui interviennent dans la localité en les inculquant les valeurs de la laïcité.

Quelle est votre appréciation de l’arrivée du contingent tchadien de 1200 soldats pour le renforcement de la sécurité dans le Liptako-Gourma ?

Cette arrivée pourrait contribuer à la stabilité de la zone. Mais il convient de rappeler que les Maliens n’ont pas oublié ce qui s’est passé en 2013. Cette armée tchadienne avait beaucoup d’histoires à Kidal, notamment à Aguelhoc.

Après la libération des différentes villes, Gao, Tombouctou, etc., l’armée tchadienne s’est retrouvée seule avec l’armée française dans la région de Kidal. Qu’est-ce que ces armées faisaient dans cette zone ? Beaucoup de questions se sont posées autour de cette situation.

Pensez-vous que cette intervention est purement « géostratégique » ?  

Aujourd’hui, la force Barkhane concentre de plus en plus ses efforts sur la zone des trois frontières. C’est la raison pour laquelle je pense que cette nouvelle intervention ne serait qu’une stratégie pour appuyer Barkhane. Ce qui m’amène à parler plutôt de mercenaires (des gens recrutés par la France et mis au service de l’armée française) que d’armée tchadienne.

Nous sommes dans une perspective géostratégique. À ce titre, on ne peut pas exclure l’hypothèse selon laquelle l’armée tchadienne vient appuyer la force Barkhane.

Les « termes d’intervention » ne sont donc pas clairs selon vous ?

Si c’est pour sécuriser le Liptako Gourma, il doit forcément y avoir une coordination des opérations entre l’armée malienne et l’armée tchadienne. Ces opérations doivent être dirigées par le commandant de la zone qui ne sera pas choisi en dehors de l’armée malienne.

Il faut donc éclaircir les termes d’intervention. Cette intervention ne doit pas se concentrer sur une seule zone comme l’armée française l’avait fait à Konna avec l’opération Serval. Une opération qui a d’ailleurs permis aux groupes djihadistes d’occuper les régions du centre. Cela parce que la stratégie adoptée n’était pas adaptée.

À quoi faut-il s’attendre si cette intervention se concentrait sur une seule zone ?

Au lieu de contribuer à la sécurisation du Liptako-Gourma, elle contribuera à la dissémination des groupes djihadistes. Si les opérations ne sont pas bien coordonnées, on risque de voir encore des groupes envahir davantage la zone.

N’oublions pas surtout que l Liptako-Gourma est une zone stratégique, une zone tampon. La France, engagée dans des exploitations de ressources minières au Niger aussi bien qu’en Mauritanie, a besoin de plus de sécurité dans la zone du Liptako-Gourma afin de réussir ses activités. L’armée tchadienne vient dans ce cadre pour lui prêter main-forte.

Cette intervention a lieu surtout pendant une période difficile pour la force Barkhane qui est accusée de plus en plus de bavure. S’agirait-il d’une simple coïncidence ?

Ce sont ces mêmes reproches, qu’on faisait à l’armée malienne, qui ont contribué à la création de beaucoup de milices au centre du Mali. Aujourd’hui, nous sommes en face d’un fait similaire.

Si aujourd’hui on parle de plus en plus de bavure, d’exaction, c’est pour pousser la population à la révolte contre une armée française qui est mal vue au Mali parce que l’objet et les résultats de son intervention ne sont pas appréciés par le peuple malien qui aspire à la paix et à la sécurité, que cette force était censée lui en procurer.

Au Mali aussi bien que dans le reste du sahel, on parle de plus en plus de l’implication des civils dans la gestion de la crise sécuritaire. Quelle est votre position à ce sujet ?

Les civils sont incontournables dans la gestion de la crise sécuritaire. Sécuriser n’est pas toujours de prendre les armes. C’est aussi prendre en compte les aspects sociaux qui ne peuvent être gérés que par des civils.

Il faut une implication effective des populations de la localité. Cela ne doit pas se faire sur la seule base des renseignements fournis. D’ailleurs, généralement, ceux qui vont sur cette base se retrouvent assassinés par des groupes djihadistes.

Alors à quoi doit donc consister cette implication des civils ?

Il faut permettre à la population de se sécuriser, c’est-à-dire lui permettre de s’organiser en groupes d’auto-défense. On se rappelle le conflit dans les régions du Nord ainsi que du centre où il y a eu des initiatives locales de sécurité qui ont porté des fruits.  

Nous devons aller vers une décentralisation de la sécurité. Un aspect qui n’est pas pris en compte dans la politique actuelle de sécurité au Mali. À travers cette décentralisation, on adoptera une approche par proximité. Cela voudrait dire que les décisions concernant la sécurité ou la paix viendront des gouverneurs des régions, des présidents des conseils régionaux ainsi que des élus locaux au niveau des cercles et des communes. Cela permettra à ceux-ci d’avoir leur propre armée ainsi que des équipements de sécurité afin de pouvoir sécuriser la population de plus près.

Cette décentralisation ou même régionalisation permettra d’avoir au moins 20 militaires à proximité, prêts à intervenir à tout moment sans avoir besoin d’attendre la décision de l’État central ou du chef d’État-major général des armées. Mais si on doit rester dans la politique de l’État qui gère la sécurité, on prendra encore du temps avant d’arriver à un véritable règne de cette sécurité.

Propos recueillis par Fousseni Togola

31 mars 2021 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Une equipe detablissement des faits de la MINUSMA a Bounti
Sécurité

Bounti : au-delà de Barkhane, l’autre inquiétude dans le rapport de la Minusma

by Chiencoro 30 mars 2021
written by Chiencoro 4 minutes read

Les conclusions du rapport de la division des droits de l’homme et de la protection de la MINUSMA sur la frappe survenue à Bounti, le 3 janvier 2021, sont assez inquiétantes pour le retour de la sécurité au Mali. Ce rapport confirme une frappe contre des hommes, dont certains armés, lors d’une cérémonie de mariage dans cette localité de la région de Mopti.

Survenue le 3 janvier 2021, cette frappe à Bounti a fait couler beaucoup d’encre et de salive et pourrait continuer d’en faire couler. La conclusion de l’équipe d’enquête de la MINUSMA, publiée ce mardi 30 mars 2021, confirme « la tenue d’une célébration de mariage qui a rassemblé sur le lieu de la frappe, une centaine de civils parmi lesquels se trouvaient cinq personnes armées, membres présumés de la Katiba Serma ». Ce rapport vient ainsi mettre à nu la version défendue jusqu’ici par les autorités françaises quant aux cibles de cette opération menée par la force Barkhane.

19 civils et 3 hommes armés tués à Bounti

Selon les précisions de la MINUSMA, 19 personnes ont été tuées, dont 16 civils et 3 des 5 personnes armées, au cours de cette frappe. « Trois (3) autres civils ont succombé à leurs blessures au cours de leur transfèrement pour des soins d’urgence », précise-t-on. Ce qui fait porter le nombre de civils tués au cours de cette attaque à 19 contre un bilan total de 22 morts. Le rapport indique que les « deux autres individus armés auraient quitté le lieu du rassemblement avant la frappe ».

À travers ce rapport, la MINUSMA rappelle que « la présence supposée ou avérée de membres de la Katiba Serma dans cette zone n’est pas un élément suffisant pour affirmer l’appartenance de facto de tout individu observé dans cette même zone. »

Les autorités françaises n’ont pas pris de temps pour réagir à ce rapport. Le Ministère des Armées françaises maintient sa position initiale : « Cette frappe a suivi un processus de ciblage robuste qui permet d’assurer le strict respect des règles du droit des conflits armés ».

Des conclusions inquiétantes

Au-delà de l’éclairage que ce rapport apporte sur cette frappe à Bounti, un autre fait assez inquiétant apparait. Un aspect qui pourrait d’ailleurs semer le pessimisme dans les cœurs par rapport à l’issue de cette crise sécuritaire que traverse le Mali.

En effet, une analyse approfondie de ce rapport révèle une certaine complicité entre des civils de ces zones de conflits avec les groupes armés terroristes (GAT). Ceux-ci sont les cibles des forces militaires qui interviennent dans ces localités. Les populations en sont conscientes et continuent malgré tout de garder le silence sur les mouvements de ces hommes armés. Alors pourquoi gardent-elles le silence sur ces mouvements ? La réponse qui peut paraître vraie est que ces groupes les maintiendraient dans la terreur.

Réaction du ministre français des Armées

Parmi les raisons du doute des autorités françaises sur les conclusions de ce rapport, il y a bien cet aspect. « Les seules sources concrètes sur lesquelles se fonde ce rapport relèvent de témoignages locaux. Ils ne sont jamais retranscrits, l’identité des témoins n’est jamais précisée tout comme les conditions dans lesquelles ces témoignages ont été recueillis. Il est dès lors impossible de distinguer les sources crédibles des faux témoignages d’éventuels sympathisants terroristes ou d’individus sous influence (y compris la menace) des groupes djihadistes », a indiqué le ministère des Armées françaises dans son communiqué. Une éventualité à ne point négliger dans ces zones. Vivant dans la terreur, il serait difficile que ces populations acceptent de se confier en toute objectivité.

Dans un tel contexte, s’il y a un problème auquel il conviendrait de s’attaquer afin d’espérer dénouer cette crise sécuritaire, c’est bien d’user de méthodes permettant de mettre en confiance les populations de ces zones sous l’emprise des terroristes. Tant que ce combat ne sera pas gagné, non seulement les civils continueront à être la cible des frappes, mais aussi la crise sécuritaire ne ferait que s’empirer tout en renforçant le lien entre les terroristes et les civils.


Lire le rapport de la Minusma ici et le communiqué du ministère français  des Armées en réaction à ce rapport de la mission Onusienne au Mali là.

Fousseni Togola

30 mars 2021 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Jean Pierre Lacroix chef du departement des operations de paix des Nations Unies
Politique

Dans les opérations de paix, l’ONU invite à une « participation pleine, égale et significative des femmes »

by Bakary FOMBA 30 mars 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Malgré l’augmentation du nombre de femmes occupant des postes militaires dans les opérations de paix des Nations unies, le chef des opérations de paix a signalé, jeudi 25 mars 2021, la nécessité de redoubler d’efforts pour atteindre l’objectif de la parité femmes-hommes à ces postes.

« Accroître la participation pleine, égale et significative des femmes au sein du maintien de la paix des Nations Unies est devenu l’une des principales priorités de mon département », a déclaré Jean-Pierre Lacroix, chef du département des opérations de paix des Nations Unies, lors d’un événement en marge de la session de la Commission de la condition de la femme.

À cette occasion, il a rappelé que l’initiative « Action pour le maintien de la paix » du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres,  vise à augmenter le nombre de femmes civiles et en uniforme dans le maintien de la paix à tous les niveaux et aux postes clés.

Des progrès accomplis

« Si de grands progrès ont été accomplis pour atteindre la parité entre les sexes au sein de nos composantes en uniforme, les progrès restent lents, surtout pour les contingents » a fait remarquer M. Lacroix avant d’indiquer « en 2021, 17,8 % de femmes occupaient des postes d’experts militaires dans les missions et d’officiers d’État-major, et 5,4 % de femmes militaires étaient déployées au niveau des contingents », a noté M. Lacroix.

En plus de la nomination, mercredi, de la générale de division Ingrid Gjerde, de la Norvège, au poste de commandant de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP), M. Lacroix a également apprécié celle de la commandante adjointe de la Force de la mission des Nations Unies au Sahara occidental (MINURSO). « Cela signifie que nous avons deux femmes qui occupent les postes militaires les plus élevés dans nos 12 missions sur le terrain », s’est-il réjoui. M. Lacroix estime donc qu’un « long chemin » reste à parcourir.

Selon les précisions de M. Lacroix, « des dirigeants et des équipes diversifiés apportent des perspectives diverses afin que nous puissions prendre de meilleures décisions et améliorer nos opérations. » C’est pourquoi le chef du département des opérations de paix de l’ONU invite à redoubler les efforts afin que « les barrières soient brisées et que davantage de femmes puissent accéder aux postes les plus élevés ».

Reconnaître le leadership des femmes

M. Lacroix invite à reconnaître le leadership des femmes dans les différents rôles et postes qu’elles occupent. Ce n’est pas tout. Le chef des opérations de paix de l’ONU a également souligné la nécessité de «  création d’environnements favorables, au Siège et dans nos missions, qui permettront aux femmes et aux hommes de s’épanouir». Une initiative qui devra permettre « en fin de compte, à nos opérations de paix d’être efficaces et de mener à bien leurs mandats. »

Toutefois, M. Lacroix souligne la nécessité pour son département d’être plus stratégique quant à la gestion des talents. Cette action passe par l’autonomisation des femmes en mission tout en leur demandant leurs expériences grâce à des enquêtes de sortie. Elle doit également favoriser le suivi de leurs trajectoires professionnelles après leur déploiement permettant de les considérer pour de futures opportunités.

Bakary Fomba

30 mars 2021 1 comment
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Monument de lindependance du Mali copie
Sécurité

Mali : sans esprit de tolérance, difficile d’arriver à une paix durable

by Chiencoro 30 mars 2021
written by Chiencoro 4 minutes read

De son éclatement en 2012 à nos jours, la crise malienne a fait de nombreux morts malgré la présence de partenaires militaires. Des citoyens trouvent cette situation incompréhensible alors qu’un véritable travail d’autocritique s’impose à tous.

Depuis 2012, on assiste à la cancérisation du Mali. Du nord du pays, la crise sécuritaire s’est vite étendue, vers 2015, sur le centre, notamment la 5e région (Mopti) avant d’envahir Ségou, la 4e région. Depuis quelques années déjà, on assiste également à l’infection des régions du sud.

Les civils, des principales victimes

Au 1er décembre 2020, la Minusma dressait un bilan de 182 civils tués, 175 blessés et 163 civils enlevés au Mali, uniquement au cours du dernier trimestre de l’année 2020.

À Kayes, 1re région administrative du pays, on a également assisté, ces dernières années au réveil du vieux démon de « l’esclavage par ascendance ». En 2019, dans cette région, au moins 110 personnes, principalement des femmes et des enfants, ont fui cette pratique dans leur village pour se réfugier à Diéma, une autre localité de la zone. Dans la région de Sikasso aussi bien de Koulikoro, des attaques sont de plus en plus signalées.

Les civils semblent pourtant les plus grandes victimes de cette crise multidimensionnelle. Dans son Plan de réponse humanitaire 2021, le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires humanitaires (OCHA) au Mali laissait comprendre que le nombre de réfugiés maliens dans les pays voisins s’élevait à 142 000 personnes. Quant aux déplacés internes, leur nombre s’élevait à 333 000 personnes.

Les forces étrangères prises pour cible

Toutes ces situations sont tributaires de cette crise sécuritaire, qui coupe le sommeil aux populations des zones de conflit en les privant des besoins alimentaires, sanitaires, éducatifs, etc.  Ces crises ont détérioré davantage les valeurs du vivre-ensemble au Mali.

Face à cette situation persistante dans le pays, beaucoup de citoyens, au lieu de privilégier l’autoexamen critique, s’en prennent plutôt à des étrangers (des partenaires militaires du Mali) qu’ils accusent d’être à l’origine de ces conflits. Le vendredi 26 mars dernier, une grande mobilisation a regroupé des milliers de personnes à Bamako pour demander le départ des forces étrangères, notamment la France. Une mobilisation qui n’était d’ailleurs pas à sa première fois. Les citoyens à la base de cette mobilisation attribuent à ces forces étrangères une volonté politique de défense des intérêts de leur État et non pas le retour de la sécurité au Mali.  

Certes, ces forces étrangères pourraient traduire une tentative de « recolonisation », mais ce qu’il ne convient pas d’oublier non plus, c’est que lorsque le mur est fissuré, les margouillats l’y pénètrent pour en faire un lieu de refuge.

De l’auto-critique

L’une des causes cardinales de cette crise sécuritaire au Mali est la dislocation du tissu social. Une fois que l’individualisme prend le pas sur la défense de la chose commune, il est évident de s’attendre à des querelles intestines. « Les meilleures des créatures parmi nous seront celles qui vivront dans l’Amour et la Charité et dans le respect de leur prochain. Droites et lumineuses, elles seront comme un soleil qui se lève et qui monte droit vers le ciel », indique le Sage de Bandiagara, Tierno Bokar, rapporté par Amadou Ampaté Bâ. Cet « Amour » et cette « Charité », qui conduisent au règne de la tolérance, sont un chemin d’or vers l’acceptation des autres.

Ce ciment du vivre-ensemble est pourtant ce qui manque dans cette société malienne depuis belle lurette. Une société marquée davantage par l’individualisme, l’hypocrisie, l’injustice, l’inégalité et par ricochet la « médiocrité ». Comment vivre-ensemble, éviter des intrusions, si les citoyens eux-mêmes ne réussissent pas à consolider les liens sociaux en transcendant leur égo. Il suffit de jeter un regard rapide sur les grandes familles qui ont jadis fait la force de ces sociétés. Aujourd’hui, elles sont quasiment toutes disloquées. Sûrement que c’est la faute à l’autre aussi !

Au lieu des sempiternelles accusations des autres dans nos maux, il est temps que les Maliens se soumettent à une autocritique « sans complaisance ». Lorsque les uns et les autres réussiront à accepter leurs frères et sœurs malgré leur différence, le pays pourrait dénouer avec les crises qui l’étouffent.

« La paix n’est pas un vain mot, mais un comportement », disait l’ex-président ivoirien Houphouët Boigny. Sans esprit de tolérance entre les citoyens, il sera difficile d’arriver à une paix durable. Pour parler comme l’ancien ministre malien, Ousmane Sy, la « solution à la crise malienne » est entre les mains des Maliens.

Fousseni Togola

Source : maliweb.net

30 mars 2021 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
corruption
Politique

Mali : la « médiocrité » est-elle devenue une vertu ?

by Chiencoro 29 mars 2021
written by Chiencoro 4 minutes read

La justice sociale est également gage de développement et de stabilité dans les États démocratiques. Mais au Mali, il parait évident que l’on se plait à promouvoir la médiocrité à travers le favoritisme ou les petits arrangements. L’avènement du Mali nouveau passe alors aussi par la promotion du mérite.

« Le premier à l’école n’est pas le premier dans la vie », dit un adage bien connu de chez nous. Comment voulez-vous qu’il en soit autrement ? Tout premier à l’école, qui a mérité son rang cultive en lui une véritable aversion contre certaines pratiques, devenues pourtant la mode dans la quasi-totalité des sociétés maliennes. Il tente tant bien que mal de cultiver autour de soi l’amour pour l’excellence, le respect aux lois de la république.

Les citoyens maliens qui décident de suivre cette voie de l’excellence et de respect aux normes réglementaires réussissent difficilement. Ils sont laissés pour compte, parce qu’ils n’ont pas de bras long, parce qu’ils refusent de glisser des pots-de-vin lors des concours de recrutements ou pour toute autre opportunité, parce qu’ils veulent se conformer aux lois.

La « médiocrité » a acquis valeur de vertu au Mali. Elle est devenue un modèle pour la gestion de la quasi-totalité des affaires publiques. Même sur la scène politique, il est très rare de voir des hommes de grande culture intellectuelle réussir. Car du moment où la politique est devenue le lieu par excellence du mensonge et où le peuple ne souhaiterait entendre que ce qui plait à l’ouïe, il est difficile qu’un homme de bonne moralité y fasse carrière.

De la corruption à ciel ouvert

Les recrutements, les nominations sont rarement fonction des compétences au Mali. Ils se dont par affinités ou à travers de petits arrangements. Au fond, la construction de l’État n’est plus un souci, mais plutôt ces arrangements qui tuent à petits feux la démocratie. « Tout se vend et tout s’achète », voilà la norme dans notre république. La dégénérescence semble atteindre le summum. L’inversion des valeurs semble consommée.

Au Mali, même l’accès à un stage est tributaire de relations et non plus de compétences. Les compétents sont délaissés au détriment de ceux qui ne sont pas aptes à exercer les fonctions qui leur sont assignées. Cette situation, qui n’est qu’un encouragement à la médiocrité, a comme conséquence la corruption à ciel ouvert et la mauvaise gouvernance.

Érigée en norme politique et sociale, la médiocrité a pris d’assaut des appareils de l’État, des organisations de la société civile, des partis politiques, etc. Les quelques personnes de bonne moralité qui se sont imposé une certaine ascèse intellectuelle peineront alors, même si elles sont nommées à un poste de responsabilité, de coïncider parfaitement avec elles-mêmes. C’est pourquoi elles préfèrent dans la plupart des cas de démissionner le plus tôt que possible. Car le risque de cohabiter avec des carnivores, c’est de devenir comme eux ou de se laisser dévorer.

« Rendre à César ce qui appartient à César »

Cet encouragement à la médiocrité s’est propagé à tous les niveaux. Des associations, des mouvements fleurissent comme des champions en vue de la défense de tel ou tel intérêt public. Mais au fond, ils ne visent que la satisfaction d’intérêts personnels. À chaque fois que des opportunités se présentent, priorité aux membres, même s’il se trouve que ceux-ci n’ont pas le niveau requis pour exécuter le projet pour lequel ils sont sollicités.

Dans la société tout comme sur les réseaux sociaux, seuls ceux qui parlent sans arguments ni cohérence sont écoutés ou suivis. On n’accorde plus de valeur à la compétence, mais aux relations individuelles. Dans les médias, tout le monde est devenu spécialistes parce qu’on invite là aussi par affinité lors des débats. 

De telles situations ne peuvent nullement permettre un développement durable et par ricochet la stabilité tant recherchée devient un mirage. Ce n’est pas fortuit si des intellectuels de l’antiquité, comme Platon, avaient demandé à confier le pouvoir politique à ceux ayant acquis une certaine maturité intellectuelle. Une manière d’inviter à la culture de l’excellence dans la gouvernance. Mais dans la démocratie malienne, cette culture de l’excellence reste au stade de la theoria sans jamais atteindre la praxis. Il est difficile qu’un pays se construise si les citoyens ne sont pas traités selon le mérite. 

Pour arriver au Mali nouveau, chanté sur tous les toits, il convient de réussir au préalable ce changement de comportement en rendant à « César ce qui appartient à César ». L’intérêt public doit primer aussi bien que les compétences. Pour paraphraser un penseur de l’Antiquité grec, les maux ne cesseront que lorsque le premier à l’école sera le premier dans la vie, tant qu’il le mérite.

Fousseni Togola

Source : maliweb.net

29 mars 2021 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Porte parole des syndicats
Éducation

« Menaces contre l’article 39 » : les enseignants invitent au respect des lois

by Bakary FOMBA 28 mars 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Au Mali, la crise scolaire semble loin d’être terminée. Jeudi 25 mars 2021, les Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 ont organisé une réunion au cours de laquelle ils ont décidé de ne pas participer à l’atelier national de réflexion sur « les conditions de vie et de travail dans les secteurs public et privé. » Un atelier dont les travaux doivent démarrer, lundi 29 mars 2021.

Pour l’harmonisation des grilles salariales, consistant à relever les grilles inférieures à 1382, le gouvernement du Mali a souhaité organiser un atelier de réflexion sur les « les conditions de vie et de travail dans les secteurs public et privé ». Estimant avoir été écartés dans l’élaboration des termes de référence de cet atelier, les Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 ont déclaré leur refus d’y prendre part au même titre que d’autres syndicats.

« Exigence d’un syndicat de la place »

Au cours d’une conférence de presse conjointe avec la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) et la Centrale démocratique des travailleurs du Mali (CDTM), samedi 27 mars 2021, la synergie des syndicats de l’éducation a indiqué des menaces contre le statut autonome des enseignants. Selon les précisions du porte-parole de la synergie syndicale de l’éducation, Ousmane Almoudou, cette situation n’est qu’une « exigence d’un syndicat de la place, qui a remué terre et ciel pour empêcher l’application de l’article 39 » des enseignants.

Rappelons que l’article 39 est une disposition de la Loi N 2018-007 du 16 janvier 2018 portant statut du personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental et de l’Éducation préscolaire et spéciale. Il stipule que : « Toute majoration des rémunérations des fonctionnaires relevant du Statut général s’applique de plein droit au personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental et de l’Éducation préscolaire et spéciale ».

« Ne touchez pas à mon article 39 »

Alors qu’une augmentation est en vue au profit du Statut général, alors les enseignants doivent automatiquement recevoir cette augmentation, a laissé entendre la synergie syndicale. Pour ne pas donner aux enseignants leur dû, le gouvernement utiliserait des astuces ainsi que les Maliens pour se soustraire de ses responsabilités, selon la synergie syndicale.

Sur les réseaux sociaux, les mis en garde se sont multipliés ce week-end, après la conférence de presse. Sur la page Facebook « Collectif des enseignants du Mali », on titrait : « Alerte ! L’école malienne : les grèves en vue, une perturbation de l’année scolaire 2020-2021 pointe à l’horizon ». Un autre internaute prévient : « Ne touchez pas à mon article 39. Non à l’éventuelle abrogation de l’article 39 ».

Les Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 se disent prêts à mener une autre lutte comme en 2019-2020 sous le régime déchu, si jamais la disposition en question était abrogée. Ils interpellent alors le gouvernement au respect des lois afin d’éviter à l’école malienne cette nouvelle crise.

Bakary Fomba

28 mars 2021 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Une salle de classe vide a lecole de Dapchi au Nigeria
Éducation

Sahel/insécurité : 4 millions de filles en abandon scolaire

by Chiencoro 28 mars 2021
written by Chiencoro 2 minutes read

Dans un nouveau rapport publié à la mi-mars, l’Organisation Plan international met le doigt sur la déscolarisation croissante des filles au sahel en raison de la crise sécuritaire. Les gouvernements sont interpellés.

La crise sécuritaire au sahel, avec son corollaire de crise humanitaire, compromet de plus en plus l’avenir des États de cette zone. En plus des civils de façon générale, les filles constituent de principales victimes de cette situation, en raison de l’augmentation des fermetures d’école depuis 2017.  

Menaces contre le futur des filles au sahel

Au sahel central (le Mali, le Burkina Faso ainsi que le Niger), plus de 13,4 millions de personnes, dont 7,2 millions d’enfants, sont dans un besoin humanitaire « d’urgence », conséquence de la fermeture de plus de 4 000 écoles dans la zone en 2020. Parmi ces enfants, les filles constituent la couche la plus vulnérable. Celles-ci sont exposées à plusieurs formes de violences, dont les mariages d’enfants avec comme conséquence des grossesses précoces et la déscolarisation. « 50 % des femmes de 20 à 24 ans se marient avant 18 ans au Mali. 18 % s’y retrouvent contraintes avant 15 ans », souligne l’ONG Plan international dans un nouveau rapport publié à la mi-mars.

4 millions de filles ont été dans l’obligation d’abandonner l’école au Mali, au Niger et au Soudan du Sud, explique Plan international. Comme cause : les attaques récurrentes de groupes terroristes et l’émergence de la pandémie de Covid-19. Au Mali, lors des examens de juin 2020, au moins 27 attaques contre des collèges ont été signalées, précise la même source. Les constats révèlent une multiplication des attaques contre les écoles dans ce pays menaçant ainsi le « futur des enfants, en particulier des filles ».

Les gouvernements interpellés

Intitulé « Les filles dans la crise : Voix du Sahel », ce rapport invite les gouvernements à assurer aux filles dans les zones de conflits un accès sécurisé à l’éducation. Selon Plan International, il est important également que les gouvernements tiennent compte des « besoins spécifiques des adolescents et des filles ». Fatoumata Haidara, directrice de Plan International au Sahel, a également laissé entendre : « Plan International appelle tous les gouvernements et tous les acteurs humanitaires à placer la protection des filles au cœur de leur action et à lutter contre les inégalités de genre ».

L’ONG Plan international intervient déjà auprès de ces enfants victimes à travers plusieurs programmes. Malgré tout, les gouvernements doivent travailler davantage à la protection des enfants, notamment des filles et leur accès à une « éducation sûre, de qualité, et aux services de santé de base ». Car « sans accès à l’éducation, toute une génération risque de grandir privée des compétences nécessaires pour contribuer au développement du pays ».

Fousseni Togola

28 mars 2021 0 comments
0 FacebookTwitterPinterestEmail
Newer Posts
Older Posts

A propos

Sahel Tribune est un site indépendant d’informations, d’analyses et d’enquêtes sur les actualités brûlantes du Sahel. Il a été initialement créé en 2020, au Mali, sous le nom Phileingora…

derniers articles

Au Conseil de sécurité, l’AES défend la souveraineté du Sahel et la protection des...
Mali : comment le gouvernement prépare des examens apaisés sur tout le territoire
Mali : l’INPS rapproche ses services des retraités en région

Contact

© 2025 Sahel Tribune. Tous droits réservés. Design by Sanawa Corporate

Facebook Twitter Youtube Linkedin Envelope
Sahel Tribune
Politique de confidentialité
Lors de l’utilisation de nos sites, des informations de navigation de votre terminal sont susceptibles d’être enregistrées dans des fichiers « Cookies ». Ces fichiers sont installés sur votre terminal en fonction de vos choix, modifiables à tout moment. Un cookie est un fichier enregistré sur le disque dur de votre terminal, permettant à l’émetteur d’identifier le terminal pendant sa durée de validation.
Fonctionnel Toujours activé
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’internaute, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou la personne utilisant le service.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’internaute sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
  • Gérer les options
  • Gérer les services
  • Gérer {vendor_count} fournisseurs
  • En savoir plus sur ces finalités
Voir les préférences
  • {title}
  • {title}
  • {title}
Sahel Tribune
  • Actu
    • Exclusif
    • Sport
    • Santé
  • Politique
  • Sécurité
  • Économie
  • Seko ni Donko
  • Climat et environnement
  • Éducation
  • Chroniques
    • Billet d’humeur
    • Edito
  • Investigations
    • Analyses
    • Enquête
    • Opinion
  • Taabolow ani Tabiaw
  • Sahel Tech.
    • Les démystificateurs du Sahel

Shopping Cart

Close

Votre panier est vide.

Close