2e partie : la vie après la mort, un grand mystère pour l’homme

Date:

Share post:

À lire Mikailou Cissé, les conceptions sur l’après-mort diffèrent selon les croyances. Mais ce que le professeur de philosophie essaie de faire comprendre aux lecteurs est que cette vie après la mort demeure toujours un mystère pour l’homme — l’être qui paraît le plus curieux.

S’agissant de la vie de l’homme après la mort, aucune civilisation ou culture n’est parvenue à développer des théorèmes acceptés par tous. Les civilisations ou cultures se sont certes influencées sur la question de la mort, mais chacune d’elles développe son argumentaire. Cette diversité de théories sur le saut dans l’inconnu auquel conduit la problématique de la mort révèle que le sujet dépasse l’entendement humain. Mieux, elle montre aussi que les hommes disposent de peu d’informations sur ce voyage dans l’inconnu.

Fin d’existence ou changement de monde ?

De ce fait, la perception qu’avaient autrefois les hommes sur le phénomène de la mort est-elle toujours d’actualité ?

Parmi les théories qui ont été développées sur l’existence d’une vie après la mort, ce sont celles développées par les religions monothéistes qui ont le plus marqué les esprits si l’on peut se référer au nombre de personnes qui croient à l’existence du Divin en tant qu’être Absolu révélé. Celles développées par les religions polythéistes, bien avant les religions révélées et même après, ont-elles aussi certains poids dans certaines communautés ? Toutefois, bien que les religions monothéistes et polythéistes admettent toutes l’existence d’une vie après la mort, elles n’ont pas les mêmes appréhensions sur ce que pourrait être une personne après sa mort.  

Elles se retrouvent certes sur le fait que l’être humain est immortel, mais se distingue aussi sur la destinée de l’âme pendant son existence à l’au-delà. Elles partagent ensemble l’idée selon laquelle la vie d’une personne dans le monde sensible déterminera son existence en tant qu’être spirituel. Les actes dits bons, par exemple, venir en aide aux personnes démunies en leur apportant assistance, auxquels se livrent des croyants, se justifient par ce fait. Toutefois, il s’agit des actes faits uniquement dans l’intention de faire du bien à autrui. Ceux faits dans l’intention d’attirer le regard des autres sur soi, dans l’intention de se faire une notoriété dans la société, ou encore pour avoir l’admiration de ses compères n’en font pas partie.

Des récompenses ou le vide ?

Presque toutes les explications que donnent les religions polythéistes indiquent que la mort ne devrait pas être terrifiante pour les hommes. L’être humain rejoint ses ancêtres s’il se comporte selon les enseignements de ces derniers. S’il les dérobe, il ne se reposera pas tranquillement après sa mort et son âme s’égarera entre le monde visible et le monde invisible. Telle est l’idée principale des explications que donne la religion authentique Dogonne. Elle est aussi ce qu’on retrouve pratiquement dans presque toutes les religions polythéistes.

À la différence des religions polythéistes, les grandes religions monothéistes soulignent que l’être humain sera jugé après sa mort et récompensé en fonction de ses bienfaits. Le divin le jugera comme un juge questionne un délinquant sans assistance.

Les explications que donnent ces religions monothéistes sur la vie de l’homme après la mort ne sont pas rassurantes. Elles évoquent l’existence d’un enfer et d’un paradis. Le dernier est la demeure des bénis, de ceux-là qui ont mené une vie pieuse tout en respectant les préceptes de Yahvé selon le judaïsme, de Dieu selon le christianisme et d’Allah selon l’islam. Et le premier est la demeure des damnés, de ceux-là qui ont refusé de se soumettre aux messages des prophètes envoyés par le divin et de ceux-là qui ont transgressé leurs dits.

À côté de ces deux, il a y a aussi les théories soutenues par les non-croyants sur l’existence du Divin. À leurs yeux, il n’y a rien après la mort. L’homme cessera simplement d’exister en tant qu’être sensible pour être une matière.

À suivre…

Mikailou Cissé

Mikailou Cissé
Mikailou Cissé
Mikailou Cissé est professeur de philosophie de niveau secondaire au Mali. Après des études de Master à l'Ecole Normale supérieure (ENSUP) de Bamako, quelques mois de stage à Phileingora lui ont suffi pour faire de l'écriture sa passion. Mikailou produit des articles d'analyse sur la politique et la société.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Dernières publications

Vie de couple : la rupture amoureuse, une expérience ou un échec ?

Rompre avec la personne avec laquelle l’on comptait construire un avenir est une épreuve difficile que traversent bon nombre de personnes. Pourtant, la rupture amoureuse est d’autant plus une expérience qu’un échec.

[Billet fictif] Tué dans une attaque et obligé de rendre compte de son vécu

A son procès, dans le monde des morts, il fait le bilan de son règne, devant les patriarches. Un billet qui donne à réfléchir sur la lourde responsabilité d’être chef, surtout dans un pays où la sécurité reste encore un idéal.

Fête de la nativité : au Mali, Noël, moment de communion entre communautés

Demain, la communauté chrétienne célèbre la fête de la nativité. Au Mali, le Noël est un moment de communion entre différentes communautés.

Salif Sacko, enseignant-chercheur : « Le conflit est une négation des droits de l’homme »

Le conflit est une négation des droits de l’homme. En temps de conflit, la violation des droits de l’homme est très fréquente, car les personnes civiles sont massacrées, elles sont violées, torturées, leur dignité est bafouillée.
%d blogueurs aiment cette page :