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Attaque de Tessit
Sécurité

Frappes aériennes au Mali : la France doit faire toute la lumière sur les évènements du 3 janvier 2021

by Chiencoro 1 avril 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

Huit (8) ONG sahéliennes et internationales ont réagi, jeudi 1er avril 2021, au rapport d’enquête de l’ONU sur les frappes aériennes française du 3 janvier à Bounti, dans la région de de Douentza. Ces ONG invitent à faire toute la lumière sur cette frappe. Nous vous invitons à lire le communiqué.

Paris le 1er Avril 2021 – Un rapport d’enquête de la Mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA) publié le 30 mars fait état de 19 civils tués, et au moins huit autres blessés lors de frappes aériennes de la Force Barkhane le 3 janvier 2021 à Bounti, dans la région de Douentza au Mali. Les éléments de l’enquête permettent de confirmer la tenue d’une célébration de mariage rassemblant une centaine d’hommes âgés de 23 à 71 ans sur le lieu de la frappe. Parmi eux, cinq personnes étaient des membres présumés d’un groupe armé selon les enquêteurs de l’ONU. La frappe aurait causé la mort de trois d’entre eux, portant le nombre de personnes tuées à 22.

Dans son communiqué en réaction à la sortie de ce rapport, le ministère français des Armées maintient sa position et confirme avoir « neutralisé » des éléments identifiés comme appartenant à un groupe armé « terroriste ». Le ministère assure également avoir effectué la frappe selon le processus de ciblage aux normes de l’OTAN, dans le strict respect du droit international humanitaire. 

« La France devrait montrer l’exemple de bonnes pratiques »

Les ONG signataires rappellent que les opérations de lutte contre le « terrorisme » ne peuvent se conduire au détriment du Droit international Humanitaire (DIH) et du Droit International des Droits de l’Homme (DIDH). Sur la base des résultats de l’enquête de la MINUSMA les dommages civils, d’une frappe ciblant un rassemblement d’une centaine de personnes, parmi lesquelles cinq membres présumés d’un groupe armé identifié comme « terroriste », paraissent disproportionnés par rapport à l’avantage militaire qui en résulte.

Cette attaque souligne, une fois de plus, que l’utilisation d’armes explosives à large rayon d’impact dans des zones où se concentrent des civils engendre des conséquences disproportionnées ou indiscriminées. Toutes les parties au conflit doivent placer la protection des civils et la sécurité humaine au cœur de toute intervention au Sahel, dans le strict respect du DIH et du DIDH.

Nos ONG demandent à ce que toute la lumière soit faite sur les frappes du 3 janvier 2021 à Bounti, et soutiennent la recommandation de la MINUSMA exhortant la France et le Mali à mener une enquête indépendante et transparente sur les circonstances de cette frappe et les dommages causés aux civils. La France devrait montrer l’exemple de bonnes pratiques en matière de protection des civils en partageant, en toute transparence, les éléments d’information liés à ces frappes pour rendre compte de l’impact des opérations militaires sur les civils et en versant des dédommagements aux victimes et à leurs familles.

ONG signataires

  1. Association Malienne des Droits de l’Homme 
  2. Action Contre la Faim
  3. CARE France
  4. Fédération Handicap International – Humanité et Inclusion
  5. Fédération internationale pour les droits humaine (FIDH)
  6. Observatoire Kisal
  7. Oxfam France
  8. African Security Sector Network (ASSN)

Ces organisations sont membres de la Coalition citoyenne pour le Sahel, une alliance informelle de plusieurs dizaines d’organisations de la société civile sahélienne et ouest africaine, soutenues par des ONG internationales.

Le chapô et l’intertitre sont de la rédaction

1 avril 2021 0 comments
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Jean Pierre Lacroix chef du departement des operations de paix des Nations Unies
Sécurité

Maintien de la paix : les sept (7) nouveaux domaines prioritaires de l’ONU

by Bakary FOMBA 31 mars 2021
written by Bakary FOMBA 2 minutes read

En vue d’assurer aux missions de maintien de la paix dans le monde une parfaite réussite, les Nations Unies (ONU) entendent mettre l’accent sur certaines nouvelles priorités. Jean-Pierre Lacroix, le chef des opérations de maintien de paix, évoque sept (7) domaines prioritaires.

Certes, des résultats satisfaisants ont été engrangés dans le processus de maintien de la paix, mais d’énormes défis persistent et semblent d’ailleurs se multiplier. « Des défis importants pour le maintien de la paix demeurent et nous sommes confrontés à de nouveaux défis », a signalé Jean-Pierre Lacroix. Au cours de cette cérémonie, le lundi dernier, M. Lacroix a invité à mettre désormais l’accent sur « sept nouveaux domaines prioritaires ».

Les sept (7) nouvelles priorités

Selon M. Lacroix, il est important de développer une meilleure cohérence collective. « Les missions de maintien de la paix de l’ONU doivent adhérer en interne à une stratégie commune et… utiliser notre capacité unique à rassembler tous les partenaires afin de mobiliser nos ressources collectives », a-t-il indiqué.

Cette nouvelle priorité des missions de maintien de la paix est suivie par deux autres : la « planification intégrée renforcée pour obtenir un plus grand impact et la mise à la disposition des missions de maintien de la paix des “capacités et de mentalités” adéquates ».

Il convient également, précise Lacroix, travailler à assurer plus de protection aux Casques bleus. Selon Jean-Pierre Lacroix, citant les récentes attaques contre les soldats de la paix en République centrafricaine (RCA) et au Mali, il faut faire « en sorte que les auteurs de crimes contre les Casques bleus rendent des comptes ».  

La cinquième priorité concerne notamment la reddition des comptes « par les Casques bleus en matière de conduite et de discipline tout en reconnaissant les bonnes performances ». Une initiative visant à mettre l’accent « sur la prévention, le respect des règles et les mesures correctives. Nous devons renforcer notre réponse aux victimes d’exploitation et d’abus sexuels ».

Selon le chef des opérations de paix, il faudrait également veiller aux communications stratégiques « dans nos cycles de planification et nos efforts de gestion des risques ».

Quant à la septième priorité, elle concerne le renforcement de la « coopération constructive avec les pays hôtes ». Une coopération censée « accroître la sûreté et la sécurité des soldats de la paix, renforcer les performances et soutenir les transitions réussies ».

D’autres priorités s’y ajouteraient

En dehors de ces priorités, Jean-Pierre Lacroix indique qu’en matière d’alerte précoce et de prévention, « le maintien de paix va s’appuyer davantage sur les données et la technologie ». Il précise également que le « programme sur les femmes, la paix et la sécurité dans le maintien de la paix » serait intégré dans les priorités.

M. Lacroix a alors invité à un « engagement collectif » pour la réussite dans la mise en œuvre de ces priorités. « Les millions de personnes que nous servons et qui dépendent de nous n’en attendent pas moins », a-t-il conclu.

Bakary Fomba

31 mars 2021 0 comments
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Amadou Aya Sanogo a Segou
Politique

Le procès Amadou Aya Sanogo serait-il le miroir de la laideur d’un système ?

by Chiencoro 31 mars 2021
written by Chiencoro 4 minutes read

Près de deux semaines après sa libération des poursuites judiciaires, le général Amadou Aya Sanogo est allé à la rencontre de ses soutiens à Ségou, samedi dernier. Le discours de l’auteur du putsch contre l’ex-président Amadou Toumani (ATT), à cette occasion, a défrayé la chronique.

Accusés d’assassinant de 21 bérets rouges, dont les corps avaient été découverts dans une fosse commune à Diago, près de Kati lors des événements du coup d’État de 2012, Amadou Aya Sanogo et Coaccusés sont libérés des poursuites judiciaires. L’argument de la défense évoquant la Loi d’entente nationale, qui « prévoit d’exonérer de poursuites pénales les personnes impliquées dans les événements de 2012, ainsi que l’accord d’indemnisation des parties civiles », a convaincu les juges.

« Je fais ce que je veux »

Ce traitement de l’affaire est pourtant controversé. Les organisations de défense des droits humains, notamment la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) estime que « le Mali n’a pas besoin d’une telle injustice, d’une telle impunité qui marque vraiment un recul profond en matière de respect et de protection des droits de l’Homme ». Ce verdict de la justice est également dénoncé par certaines personnes, comme Aminata Soumaré, qui se présente comme victime et menace d’ailleurs de saisir la « justice internationale ».

C’est dans une telle atmosphère de mécontentement que Amadou Aya Sanogo est sorti de son silence, dans la 4e région du Mali, le samedi 27 mars 2021, en s’adressant à ses soutiens. Au cours de cette rencontre, à l’aune d’une campagne politique, le « général 4 étoiles » est revenu sur ces derniers événements le concernant tout en jetant des pierres dans le jardin de ses critiques : « Des gens ont parlé parce qu’ils ont l’art de parler, certains parce qu’ils ont l’art de mentir, d’autres parce qu’ils ne savent pas de quoi ils se mêlaient, d’autres encore dans le seul but de me jeter du discrédit ».

Cette tentative de justification est suivie par un discours de glorification pour la « trentaine d’années » qu’il aurait passé au service de l’armée malienne. « Je suis adulte, général 4 étoiles, fils du Mali sans reproche, je fais ce que je veux », a-t-il fait savoir à ceux qui traduiraient cette visite comme un début de campagne politique.

Faille d’un système de gouvernance

Cette sortie de l’auteur du putsch contre feu Amadou Toumani Touré a été largement commentée ce week-end au Mali, sur les réseaux sociaux aussi bien que dans les médias. Beaucoup ont estimé qu’Amadou Aya a raté l’occasion de se taire. Mais ce qu’il convient de comprendre au préalable, c’est qu’il est difficile, voire impossible d’obtenir une bonne conclusion de mauvaises « prémisses ». Le « général 4 étoiles », même s’il n’a pas connaissance de la « Loi du Talion », s’en est très bien servi : « Œil pour œil, dent pour dent ». Dans l’affaire qui l’impliquait depuis 2012, l’exception semble avoir primé sur la généralité. La Loi d’entente nationale semble avoir annulé certaines dispositions de la « loi fondamentale ».

Le premier article de la Constitution de 1992 indique que « la personne humaine est sacrée et inviolable » et que « tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à l’intégrité de sa personne ». Lors de l’élaboration de la Loi d’entente nationale n’avions-nous pas connaissance de cette disposition de la « loi fondamentale » de la République du Mali ou a-t-on fait exprès d’aller aux exceptions ? Qu’a-t-on fait de l’article 3 de cette Loi d’entente nationale qui délimite le champ d’application de cette loi : « Sont exclus du champ d’application de la présente loi, les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les viols et tout autre crime réputé imprescriptible. » ?

Dans un pays où les citoyens se rendent comptent qu’en cas de délit, les exceptions primeront en leur faveur, comment voulez-vous que ces rescapés de la justice se comportent. Amadou Aya Sanogo est un symbole, celui de la faillite d’un système de gouvernance politique. Pour paraphraser un adage bien connu, au lieu de s’en prendre à là où l’on est tombé, mieux vaut s’en prendre à l’endroit où l’on a trébuché.

Fousseni Togola

Source : maliweb.net

31 mars 2021 0 comments
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Dr Yacouba Dogoni enseignant chercheur a la FSHSE
Sécurité

Yacouba Dogoni : « L’armée tchadienne viendrait appuyer la force Barkhane »

by Chiencoro 31 mars 2021
written by Chiencoro 6 minutes read

La levée du blocus sur Farabougou (dans la région de Ségou), l’arrivée de 1200 soldats tchadiens dans le Liptako-Gourma ainsi que les accusations de bavures contre la force Barkhane, etc. C’est les questions que nous abordons avec Dr Yacouba Dogoni, enseignant-chercheur au département de sociologie à la Faculté des sciences humaines et des sciences de l’éducation (FSHSE) de Bamako.

Phileingora : Quelle analyse faites-vous de l’intervention du Haut Conseil Islamique à Farabougou ?

Yacouba Dogoni : ce geste est salutaire parce que la population de Farabougou était prise au piège par les djihadistes et même les chasseurs. Une situation qui empêchait les habitants de vaguer à leurs occupations. D’autres problèmes sociaux surgissaient également.

Ce qu’il faut comprendre dans la situation de cette zone, c’est que nous tendons vers une problématique religieuse parce que de plus en plus les djihadistes prônent la vertu religieuse. Le haut conseil islamique, qui n’est pas à sa première intervention dans ce sens, est donc dans ses droits. Car si le problème est religieux, la solution ne peut être que religieuse. Le plus important est qu’il ait réussi à résoudre cette crise. 

La levée de ce blocus permettra de relancer les bases du développement économique. Les populations pourront ainsi avoir accès aux services sociaux de base, certaines infrastructures pourront également être renforcées.

Pensez-vous que cette crise de Farabougou est définitivement résolue ?

Dans cette zone, il est important qu’il y ait une rencontre beaucoup plus formelle, un cadre beaucoup plus idéal et dans un espace beaucoup plus ouvert au dialogue pour une résolution définitive de ce conflit.

Mais si au lieu de cela, on autorise les groupes djihadistes à faire des prêches dans la ville, alors il faut se dire que le problème ne serait pas résolu. Car si les citoyens n’adhèrent pas aux idéologies de ces hommes, il pourrait y avoir des actes de répression. C’est pourquoi il serait important que l’État prenne toutes ses responsabilités pour recadrer tous les acteurs qui interviennent dans la localité en les inculquant les valeurs de la laïcité.

Quelle est votre appréciation de l’arrivée du contingent tchadien de 1200 soldats pour le renforcement de la sécurité dans le Liptako-Gourma ?

Cette arrivée pourrait contribuer à la stabilité de la zone. Mais il convient de rappeler que les Maliens n’ont pas oublié ce qui s’est passé en 2013. Cette armée tchadienne avait beaucoup d’histoires à Kidal, notamment à Aguelhoc.

Après la libération des différentes villes, Gao, Tombouctou, etc., l’armée tchadienne s’est retrouvée seule avec l’armée française dans la région de Kidal. Qu’est-ce que ces armées faisaient dans cette zone ? Beaucoup de questions se sont posées autour de cette situation.

Pensez-vous que cette intervention est purement « géostratégique » ?  

Aujourd’hui, la force Barkhane concentre de plus en plus ses efforts sur la zone des trois frontières. C’est la raison pour laquelle je pense que cette nouvelle intervention ne serait qu’une stratégie pour appuyer Barkhane. Ce qui m’amène à parler plutôt de mercenaires (des gens recrutés par la France et mis au service de l’armée française) que d’armée tchadienne.

Nous sommes dans une perspective géostratégique. À ce titre, on ne peut pas exclure l’hypothèse selon laquelle l’armée tchadienne vient appuyer la force Barkhane.

Les « termes d’intervention » ne sont donc pas clairs selon vous ?

Si c’est pour sécuriser le Liptako Gourma, il doit forcément y avoir une coordination des opérations entre l’armée malienne et l’armée tchadienne. Ces opérations doivent être dirigées par le commandant de la zone qui ne sera pas choisi en dehors de l’armée malienne.

Il faut donc éclaircir les termes d’intervention. Cette intervention ne doit pas se concentrer sur une seule zone comme l’armée française l’avait fait à Konna avec l’opération Serval. Une opération qui a d’ailleurs permis aux groupes djihadistes d’occuper les régions du centre. Cela parce que la stratégie adoptée n’était pas adaptée.

À quoi faut-il s’attendre si cette intervention se concentrait sur une seule zone ?

Au lieu de contribuer à la sécurisation du Liptako-Gourma, elle contribuera à la dissémination des groupes djihadistes. Si les opérations ne sont pas bien coordonnées, on risque de voir encore des groupes envahir davantage la zone.

N’oublions pas surtout que l Liptako-Gourma est une zone stratégique, une zone tampon. La France, engagée dans des exploitations de ressources minières au Niger aussi bien qu’en Mauritanie, a besoin de plus de sécurité dans la zone du Liptako-Gourma afin de réussir ses activités. L’armée tchadienne vient dans ce cadre pour lui prêter main-forte.

Cette intervention a lieu surtout pendant une période difficile pour la force Barkhane qui est accusée de plus en plus de bavure. S’agirait-il d’une simple coïncidence ?

Ce sont ces mêmes reproches, qu’on faisait à l’armée malienne, qui ont contribué à la création de beaucoup de milices au centre du Mali. Aujourd’hui, nous sommes en face d’un fait similaire.

Si aujourd’hui on parle de plus en plus de bavure, d’exaction, c’est pour pousser la population à la révolte contre une armée française qui est mal vue au Mali parce que l’objet et les résultats de son intervention ne sont pas appréciés par le peuple malien qui aspire à la paix et à la sécurité, que cette force était censée lui en procurer.

Au Mali aussi bien que dans le reste du sahel, on parle de plus en plus de l’implication des civils dans la gestion de la crise sécuritaire. Quelle est votre position à ce sujet ?

Les civils sont incontournables dans la gestion de la crise sécuritaire. Sécuriser n’est pas toujours de prendre les armes. C’est aussi prendre en compte les aspects sociaux qui ne peuvent être gérés que par des civils.

Il faut une implication effective des populations de la localité. Cela ne doit pas se faire sur la seule base des renseignements fournis. D’ailleurs, généralement, ceux qui vont sur cette base se retrouvent assassinés par des groupes djihadistes.

Alors à quoi doit donc consister cette implication des civils ?

Il faut permettre à la population de se sécuriser, c’est-à-dire lui permettre de s’organiser en groupes d’auto-défense. On se rappelle le conflit dans les régions du Nord ainsi que du centre où il y a eu des initiatives locales de sécurité qui ont porté des fruits.  

Nous devons aller vers une décentralisation de la sécurité. Un aspect qui n’est pas pris en compte dans la politique actuelle de sécurité au Mali. À travers cette décentralisation, on adoptera une approche par proximité. Cela voudrait dire que les décisions concernant la sécurité ou la paix viendront des gouverneurs des régions, des présidents des conseils régionaux ainsi que des élus locaux au niveau des cercles et des communes. Cela permettra à ceux-ci d’avoir leur propre armée ainsi que des équipements de sécurité afin de pouvoir sécuriser la population de plus près.

Cette décentralisation ou même régionalisation permettra d’avoir au moins 20 militaires à proximité, prêts à intervenir à tout moment sans avoir besoin d’attendre la décision de l’État central ou du chef d’État-major général des armées. Mais si on doit rester dans la politique de l’État qui gère la sécurité, on prendra encore du temps avant d’arriver à un véritable règne de cette sécurité.

Propos recueillis par Fousseni Togola

31 mars 2021 0 comments
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Une equipe detablissement des faits de la MINUSMA a Bounti
Sécurité

Bounti : au-delà de Barkhane, l’autre inquiétude dans le rapport de la Minusma

by Chiencoro 30 mars 2021
written by Chiencoro 4 minutes read

Les conclusions du rapport de la division des droits de l’homme et de la protection de la MINUSMA sur la frappe survenue à Bounti, le 3 janvier 2021, sont assez inquiétantes pour le retour de la sécurité au Mali. Ce rapport confirme une frappe contre des hommes, dont certains armés, lors d’une cérémonie de mariage dans cette localité de la région de Mopti.

Survenue le 3 janvier 2021, cette frappe à Bounti a fait couler beaucoup d’encre et de salive et pourrait continuer d’en faire couler. La conclusion de l’équipe d’enquête de la MINUSMA, publiée ce mardi 30 mars 2021, confirme « la tenue d’une célébration de mariage qui a rassemblé sur le lieu de la frappe, une centaine de civils parmi lesquels se trouvaient cinq personnes armées, membres présumés de la Katiba Serma ». Ce rapport vient ainsi mettre à nu la version défendue jusqu’ici par les autorités françaises quant aux cibles de cette opération menée par la force Barkhane.

19 civils et 3 hommes armés tués à Bounti

Selon les précisions de la MINUSMA, 19 personnes ont été tuées, dont 16 civils et 3 des 5 personnes armées, au cours de cette frappe. « Trois (3) autres civils ont succombé à leurs blessures au cours de leur transfèrement pour des soins d’urgence », précise-t-on. Ce qui fait porter le nombre de civils tués au cours de cette attaque à 19 contre un bilan total de 22 morts. Le rapport indique que les « deux autres individus armés auraient quitté le lieu du rassemblement avant la frappe ».

À travers ce rapport, la MINUSMA rappelle que « la présence supposée ou avérée de membres de la Katiba Serma dans cette zone n’est pas un élément suffisant pour affirmer l’appartenance de facto de tout individu observé dans cette même zone. »

Les autorités françaises n’ont pas pris de temps pour réagir à ce rapport. Le Ministère des Armées françaises maintient sa position initiale : « Cette frappe a suivi un processus de ciblage robuste qui permet d’assurer le strict respect des règles du droit des conflits armés ».

Des conclusions inquiétantes

Au-delà de l’éclairage que ce rapport apporte sur cette frappe à Bounti, un autre fait assez inquiétant apparait. Un aspect qui pourrait d’ailleurs semer le pessimisme dans les cœurs par rapport à l’issue de cette crise sécuritaire que traverse le Mali.

En effet, une analyse approfondie de ce rapport révèle une certaine complicité entre des civils de ces zones de conflits avec les groupes armés terroristes (GAT). Ceux-ci sont les cibles des forces militaires qui interviennent dans ces localités. Les populations en sont conscientes et continuent malgré tout de garder le silence sur les mouvements de ces hommes armés. Alors pourquoi gardent-elles le silence sur ces mouvements ? La réponse qui peut paraître vraie est que ces groupes les maintiendraient dans la terreur.

Réaction du ministre français des Armées

Parmi les raisons du doute des autorités françaises sur les conclusions de ce rapport, il y a bien cet aspect. « Les seules sources concrètes sur lesquelles se fonde ce rapport relèvent de témoignages locaux. Ils ne sont jamais retranscrits, l’identité des témoins n’est jamais précisée tout comme les conditions dans lesquelles ces témoignages ont été recueillis. Il est dès lors impossible de distinguer les sources crédibles des faux témoignages d’éventuels sympathisants terroristes ou d’individus sous influence (y compris la menace) des groupes djihadistes », a indiqué le ministère des Armées françaises dans son communiqué. Une éventualité à ne point négliger dans ces zones. Vivant dans la terreur, il serait difficile que ces populations acceptent de se confier en toute objectivité.

Dans un tel contexte, s’il y a un problème auquel il conviendrait de s’attaquer afin d’espérer dénouer cette crise sécuritaire, c’est bien d’user de méthodes permettant de mettre en confiance les populations de ces zones sous l’emprise des terroristes. Tant que ce combat ne sera pas gagné, non seulement les civils continueront à être la cible des frappes, mais aussi la crise sécuritaire ne ferait que s’empirer tout en renforçant le lien entre les terroristes et les civils.


Lire le rapport de la Minusma ici et le communiqué du ministère français  des Armées en réaction à ce rapport de la mission Onusienne au Mali là.

Fousseni Togola

30 mars 2021 0 comments
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Jean Pierre Lacroix chef du departement des operations de paix des Nations Unies
Politique

Dans les opérations de paix, l’ONU invite à une « participation pleine, égale et significative des femmes »

by Bakary FOMBA 30 mars 2021
written by Bakary FOMBA 3 minutes read

Malgré l’augmentation du nombre de femmes occupant des postes militaires dans les opérations de paix des Nations unies, le chef des opérations de paix a signalé, jeudi 25 mars 2021, la nécessité de redoubler d’efforts pour atteindre l’objectif de la parité femmes-hommes à ces postes.

« Accroître la participation pleine, égale et significative des femmes au sein du maintien de la paix des Nations Unies est devenu l’une des principales priorités de mon département », a déclaré Jean-Pierre Lacroix, chef du département des opérations de paix des Nations Unies, lors d’un événement en marge de la session de la Commission de la condition de la femme.

À cette occasion, il a rappelé que l’initiative « Action pour le maintien de la paix » du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres,  vise à augmenter le nombre de femmes civiles et en uniforme dans le maintien de la paix à tous les niveaux et aux postes clés.

Des progrès accomplis

« Si de grands progrès ont été accomplis pour atteindre la parité entre les sexes au sein de nos composantes en uniforme, les progrès restent lents, surtout pour les contingents » a fait remarquer M. Lacroix avant d’indiquer « en 2021, 17,8 % de femmes occupaient des postes d’experts militaires dans les missions et d’officiers d’État-major, et 5,4 % de femmes militaires étaient déployées au niveau des contingents », a noté M. Lacroix.

En plus de la nomination, mercredi, de la générale de division Ingrid Gjerde, de la Norvège, au poste de commandant de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre (UNFICYP), M. Lacroix a également apprécié celle de la commandante adjointe de la Force de la mission des Nations Unies au Sahara occidental (MINURSO). « Cela signifie que nous avons deux femmes qui occupent les postes militaires les plus élevés dans nos 12 missions sur le terrain », s’est-il réjoui. M. Lacroix estime donc qu’un « long chemin » reste à parcourir.

Selon les précisions de M. Lacroix, « des dirigeants et des équipes diversifiés apportent des perspectives diverses afin que nous puissions prendre de meilleures décisions et améliorer nos opérations. » C’est pourquoi le chef du département des opérations de paix de l’ONU invite à redoubler les efforts afin que « les barrières soient brisées et que davantage de femmes puissent accéder aux postes les plus élevés ».

Reconnaître le leadership des femmes

M. Lacroix invite à reconnaître le leadership des femmes dans les différents rôles et postes qu’elles occupent. Ce n’est pas tout. Le chef des opérations de paix de l’ONU a également souligné la nécessité de «  création d’environnements favorables, au Siège et dans nos missions, qui permettront aux femmes et aux hommes de s’épanouir». Une initiative qui devra permettre « en fin de compte, à nos opérations de paix d’être efficaces et de mener à bien leurs mandats. »

Toutefois, M. Lacroix souligne la nécessité pour son département d’être plus stratégique quant à la gestion des talents. Cette action passe par l’autonomisation des femmes en mission tout en leur demandant leurs expériences grâce à des enquêtes de sortie. Elle doit également favoriser le suivi de leurs trajectoires professionnelles après leur déploiement permettant de les considérer pour de futures opportunités.

Bakary Fomba

30 mars 2021 1 comment
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Monument de lindependance du Mali copie
Sécurité

Mali : sans esprit de tolérance, difficile d’arriver à une paix durable

by Chiencoro 30 mars 2021
written by Chiencoro 4 minutes read

De son éclatement en 2012 à nos jours, la crise malienne a fait de nombreux morts malgré la présence de partenaires militaires. Des citoyens trouvent cette situation incompréhensible alors qu’un véritable travail d’autocritique s’impose à tous.

Depuis 2012, on assiste à la cancérisation du Mali. Du nord du pays, la crise sécuritaire s’est vite étendue, vers 2015, sur le centre, notamment la 5e région (Mopti) avant d’envahir Ségou, la 4e région. Depuis quelques années déjà, on assiste également à l’infection des régions du sud.

Les civils, des principales victimes

Au 1er décembre 2020, la Minusma dressait un bilan de 182 civils tués, 175 blessés et 163 civils enlevés au Mali, uniquement au cours du dernier trimestre de l’année 2020.

À Kayes, 1re région administrative du pays, on a également assisté, ces dernières années au réveil du vieux démon de « l’esclavage par ascendance ». En 2019, dans cette région, au moins 110 personnes, principalement des femmes et des enfants, ont fui cette pratique dans leur village pour se réfugier à Diéma, une autre localité de la zone. Dans la région de Sikasso aussi bien de Koulikoro, des attaques sont de plus en plus signalées.

Les civils semblent pourtant les plus grandes victimes de cette crise multidimensionnelle. Dans son Plan de réponse humanitaire 2021, le Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires humanitaires (OCHA) au Mali laissait comprendre que le nombre de réfugiés maliens dans les pays voisins s’élevait à 142 000 personnes. Quant aux déplacés internes, leur nombre s’élevait à 333 000 personnes.

Les forces étrangères prises pour cible

Toutes ces situations sont tributaires de cette crise sécuritaire, qui coupe le sommeil aux populations des zones de conflit en les privant des besoins alimentaires, sanitaires, éducatifs, etc.  Ces crises ont détérioré davantage les valeurs du vivre-ensemble au Mali.

Face à cette situation persistante dans le pays, beaucoup de citoyens, au lieu de privilégier l’autoexamen critique, s’en prennent plutôt à des étrangers (des partenaires militaires du Mali) qu’ils accusent d’être à l’origine de ces conflits. Le vendredi 26 mars dernier, une grande mobilisation a regroupé des milliers de personnes à Bamako pour demander le départ des forces étrangères, notamment la France. Une mobilisation qui n’était d’ailleurs pas à sa première fois. Les citoyens à la base de cette mobilisation attribuent à ces forces étrangères une volonté politique de défense des intérêts de leur État et non pas le retour de la sécurité au Mali.  

Certes, ces forces étrangères pourraient traduire une tentative de « recolonisation », mais ce qu’il ne convient pas d’oublier non plus, c’est que lorsque le mur est fissuré, les margouillats l’y pénètrent pour en faire un lieu de refuge.

De l’auto-critique

L’une des causes cardinales de cette crise sécuritaire au Mali est la dislocation du tissu social. Une fois que l’individualisme prend le pas sur la défense de la chose commune, il est évident de s’attendre à des querelles intestines. « Les meilleures des créatures parmi nous seront celles qui vivront dans l’Amour et la Charité et dans le respect de leur prochain. Droites et lumineuses, elles seront comme un soleil qui se lève et qui monte droit vers le ciel », indique le Sage de Bandiagara, Tierno Bokar, rapporté par Amadou Ampaté Bâ. Cet « Amour » et cette « Charité », qui conduisent au règne de la tolérance, sont un chemin d’or vers l’acceptation des autres.

Ce ciment du vivre-ensemble est pourtant ce qui manque dans cette société malienne depuis belle lurette. Une société marquée davantage par l’individualisme, l’hypocrisie, l’injustice, l’inégalité et par ricochet la « médiocrité ». Comment vivre-ensemble, éviter des intrusions, si les citoyens eux-mêmes ne réussissent pas à consolider les liens sociaux en transcendant leur égo. Il suffit de jeter un regard rapide sur les grandes familles qui ont jadis fait la force de ces sociétés. Aujourd’hui, elles sont quasiment toutes disloquées. Sûrement que c’est la faute à l’autre aussi !

Au lieu des sempiternelles accusations des autres dans nos maux, il est temps que les Maliens se soumettent à une autocritique « sans complaisance ». Lorsque les uns et les autres réussiront à accepter leurs frères et sœurs malgré leur différence, le pays pourrait dénouer avec les crises qui l’étouffent.

« La paix n’est pas un vain mot, mais un comportement », disait l’ex-président ivoirien Houphouët Boigny. Sans esprit de tolérance entre les citoyens, il sera difficile d’arriver à une paix durable. Pour parler comme l’ancien ministre malien, Ousmane Sy, la « solution à la crise malienne » est entre les mains des Maliens.

Fousseni Togola

Source : maliweb.net

30 mars 2021 0 comments
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