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Signature dun memorandum dentente entre lOMS et lOrganisation internationale de la Francophonie
Santé

Renforcement de l’accès à la santé dans les pays francophones : l’OMS et l’OIF signent un mémorandum d’entente

by Sahel Tribune 14 avril 2021
written by Sahel Tribune 3 minutes read

La promotion de l’équité en matière de vaccins anti-COVID-19, la lutte contre le paludisme et la progression sur la voie de la couverture sanitaire universelle sont des éléments clés du Mémorandum.

GENÈVE, le 14 avril 2021 : L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ont signé aujourd’hui un Mémorandum d’entente visant à intensifier leur collaboration et à améliorer l’accès aux services de santé dans les pays francophones.

L’accord, conclu lors d’une cérémonie qui s’est tenue au Siège de l’OMS à Genève, vise à progresser sur la voie de la couverture sanitaire universelle, à lutter contre le paludisme et à collaborer à la mise en place de l’Académie de l’OMS, dont l’objectif est de former des millions d’agents de santé dans le monde entier. Les activités de lutte contre la COVID-19 bénéficieront également d’un soutien, notamment concernant la promotion d’un accès équitable aux vaccins.

« Nos actions, portées par ce Mémorandum, doivent contribuer au développement d’une protection sociale et d’un accès universel aux services de santé publique dans l’espace francophone.», a déclaré Mme Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de l’OIF. « Il s’agit d’un droit fondamental pour les individus et d’une condition essentielle du progrès socio-économique de nos pays »

Mme Mushikiwabo a ajouté : « Ce mémorandum vise à apporter un appui politique et diplomatique à la mise en œuvre de  certaines des priorités de l’OMS. »

Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS, a expliqué que la signature du Mémorandum ne faisait que renforcer le partenariat déjà solide liant l’OMS à l’OIF, et que cet accord jouerait un rôle vital dans la promotion et la protection de la santé des personnes, notamment dans le cadre de la lutte contre la COVID-19.

« Le renforcement des relations entre l’OMS et l’OIF intervient à un moment crucial, alors que le monde a besoin d’une collaboration toujours plus étroite pour lutter contre la COVID-19 et relever les défis qui se présentent sur le plan sanitaire, qui vont du paludisme à l’accès inéquitable aux services de santé », a expliqué le Dr Tedros. « L’élargissement de la couverture sanitaire universelle et la dotation des systèmes de santé actuels et futurs à des agents de santé hautement qualifiés sont des étapes essentielles sur lesquelles l’OMS et l’OIF continueront de travailler main dans la main. »

Dans le cadre du Mémorandum d’entente , l’OIF mènera des actions de plaidoyer en faveur de la promotion et de la protection du droit fondamental de chacun à la santé et, de cette façon, elle appuiera les travaux de l’OMS auprès des autorités nationales, régionales et internationales afin de progresser sur la voie de la couverture sanitaire universelle. Le Mémorandum d’entente  mettra tout particulièrement en avant le multilinguisme, et notamment l’utilisation de la langue française dans les supports de promotion et de formation dans le domaine de la santé. Un autre axe clé est la promotion de l’éducation à la santé, notamment pour ce qui est de la santé sexuelle et reproductive.

L’une des missions de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui compte 88 États et gouvernements membres, est la promotion et la protection des droits fondamentaux, notamment le  droit à la santé. Plusieurs résolutions en la matière ont été adoptées par les Instances  de la Francophonie ; la dernière en date s’intitule « le Vivre ensemble pendant la pandémie de Covid-19 et dans le monde post-Covid » et a été approuvée  par la Conférence ministérielle de la Francophonie en novembre 2020.

Source : OMS

14 avril 2021 0 comments
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La devanture du cabinet Layidou de Kabala
Santé

« Exercice illégal de la médecine, faux et usage de faux » : le sort de M. Diarra entre les mains du tribunal de la commune V

by Chiencoro 14 avril 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

« Poursuivi pour exercice illégal de la médecine, faux et usage de faux », le propriétaire du cabinet médical Layidou de Kabala, dans le cercle de Kati, a interpellé et transféré au tribunal de grande instance de la commune V de Bamako, le 13 avril dernier.

Recalé au baccalauréat malien, en série Science biologie (SBT), il s’inscrit dans une école professionnelle où il sort avec un diplôme de brevet de technicien (BT2) en comptabilité. Motivé pour la profession médicale, Youssouf Diarra, puisque c’est de lui qu’il s’agit, fera des stages pratiques auprès de certains médecins, selon le commissaire principal de Kalaban-Coro, Amara Doumbia. Des formations qui vont conduire le jeune Diarra à la création et à l’ouverture du cabinet médical Layidou dans un quartier périphérique de Bamako, Kabala (cercle de Kati).  

En plus des consultations, des chirurgies

Tout porte à croire que ces temps de stages n’ont pas consisté uniquement en une formation en consultations et soins médicaux. Ils lui ont permis également de mieux s’informer sur les possibilités de contournement des rouages officiels pour la création et l’ouverture d’un établissement de santé de haut niveau. En effet, selon le commissaire principal de Kalaban-coro, Amara Doumbia, M. Diarra s’était doté d’un faux diplôme de doctorat en médecine. Outre cela, l’agrément du cabinet est enregistré sous le nom d’une autre personne qui ne gère pas l’établissement. Une personne dont M. Diarra a réussi à faire rêver afin d’obtenir son attestation.

Depuis au moins dix ans, M. Diarra exerce cette activité « illégale de la médecine ». Au cabinet Layidou, c’est lui-même qui est le médecin permanent. Il fait des consultations et prescrit des soins. Dans ce cabinet, selon nos informations, ce n’est pas que de simples consultations qui se font, mais également des chirurgies. M. Diarra se fait épauler par des chirurgiens venant d’hôpitaux ou de CSREF de la capitale.

« Exercice illégal de la médecine, faux et usage de faux »

Cette situation a été démantelée par l’ordre des médecins de Koulikoro à travers une mission d’inspection inopinée dans ce cabinet. A leur arrive, il trouve M. Diarra en blouse. Selon leur rapport d’inspection fourni au Commissaire principal de Kalaban-Coro, au cours des entretiens, M. Diarra n’a réussi à répondre convenablement à aucune des questions qui lui ont été posées. Il était partagé entre le tâtonnement et le reniement comme lorsqu’il lui a été demandé s’il y avait un médecin permanent dans ce cabinet. À cette question, il s’octroie ce privilège avant de renier rapidement sa réponse.

Des entretiens avec certains infirmiers de son cabinet, convaincus qu’il détenait un diplôme lui autorisant cette activité, ont permis de confirmer que M. Diarra est le médecin permanent de son cabinet. Le commissariat de police de Kalaban -coro a été saisi de cette affaire. Amara Doumbia a ordonné ses hommes de procéder à la fermeture du lieu et à l’interpellation de M. Diarra, le 7 avril dernier.

La poursuite des enquêtes du Commissaire principal Amara Doumbia a permis de prouver l’exactitude des faits reprochés à M. Diarra qui a fait fortune dans cette activité. Il a réussi à créer une annexe du cabinet vers l’université de Kabala. Au cours de l’interrogatoire, M. Diarra reconnait avoir enregistré deux morts au cours de l’exercice de cette fonction, mais tente de corriger rapidement le tir en précisant qu’il s’agissait de patients arrivés chez lui alors qu’ils étaient quasiment morts.

« Poursuivi pour exercice illégal de la médecine, faux et usage de faux », M. Diarra a été déféré au tribunal de grande instance de la commune V de Bamako, mardi 13 avril 2021. Celui-ci décidera désormais de son sort.

Fousseni Togola

14 avril 2021 0 comments
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Les membres du conseil dadministration du CENOU en viste dans les campus
Éducation

Campus universitaire : les membres du CA du CENOU en visite d’imprégnation

by Sahel Tribune 13 avril 2021
written by Sahel Tribune 2 minutes read

Les membres du Conseil d’administration du Centre national des œuvres universitaires (CENOU), accompagnés du directeur général, le colonel Ousmane Dembélé, ont effectué une visite au campus universitaire de Badalabougou, jeudi 8 avril 2021. Une visite qui intervient après celle effectuée à la résidence de l’IPR-IFRA de Katibougou. L’objectif de ces visites : s’imprégner des conditions de travail du CENOU dans les campus afin de mieux l’accompagner dans sa mission

Dans toutes les résidences déjà visitées, les problèmes révélés restent quasiment les mêmes. Il s’agit surtout « de problèmes qui existent depuis longtemps », a précisé M. Dembélé. La vétusté des résidences ainsi que leur faible capacité d’accueil face à l’augmentation de l’effectif des étudiants sont entre autres des problèmes détectés et qui nécessitent des investissements. « Depuis les indépendances, il n’y a pas eu de nouvelles constructions au niveau des résidences », a-t-il laissé entendre.  

À travers cette visite, le directeur général du CENOU entend attirer l’attention des plus hautes autorités sur ces problèmes et les inviter non seulement à la construction de nouvelles infrastructures, mais aussi à l’amélioration de celles qui existent déjà.

À la résidence de Badalabougou, le Colonel Major Ousmane Dembélé a rassuré les étudiants de la disponibilité de l’État à leur côté. Il précise que l’État se bat avec les moyens de bord pour l’amélioration de leurs conditions de vie et d’étude. C’est pourquoi il n’a pas manqué à demander de même de la part des étudiants : « Nous leur [les étudiants ndlr] demandons de bien prendre soin de ces biens que l’État met à leur disposition », a-t-il demandé avant de les appeler à soutenir l’État sur ce chantier.

Cette visite, indique le directeur général du CENOU, le colonel major Ousmane Dembélé, s’inscrit dans une série de visite initiée par la direction du CENOU en collaboration avec son Conseil d’administration. Ces visites ont commencé par l’IPR-IFRA de Katibougou et devront s’achever par la résidence de Kabala après celle de Badalabougou.

Correspondance particulière

13 avril 2021 0 comments
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Couverture du rapport de la Coalition pour le sahel
Actu

Crise sécuritaire : la société civile présente ses recommandations pour une nouvelle approche au Sahel

by Sahel Tribune 13 avril 2021
written by Sahel Tribune 8 minutes read

Une cinquantaine d’organisations de la société civile sahélienne et internationale ont présenté, ce mardi 13 avril 2021, leurs recommandations pour une nouvelle stratégie afin de ramener la paix au Sahel après 8 ans de conflit. C’était à l’occasion de la publication d’un nouveau rapport de la Coalition citoyenne pour le Sahel, « Sahel : Ce qui doit changer ». Lisez le communiqué !

 Le rapport « Sahel : Ce qui doit changer – Pour une nouvelle approche centrée sur les besoins des populations» se fonde sur une nouvelle analyse de données pour établir que les menaces contre les civils n’ont en fait cessé d’augmenter dans la région, malgré les efforts internationaux menés notamment par la France pour stopper l’avancée des groupes djihadistes à travers le Sahel, et plus particulièrement au Mali, au Burkina Faso et au Niger.   

  • Plus de 2 400 femmes, hommes et enfants ont été tués dans des attaques menées par des groupes armés et dans le cadre d’opérations antiterroristes en 2020 – soit l’année la plus sanglante jamais enregistrée et une multiplication par sept depuis 2017.  
  • Le nombre d’attaques des groupes dits djihadistes a été multiplié par cinq depuis 2016, atteignant plus d’un millier d’attaques en 2020.  
  • L’année dernière, davantage de civils ont été tués ou blessés par les forces de sécurité sahéliennes que par les groupes djihadistes. Rien qu’au cours des quatre dernières semaines, plusieurs soldats tchadiens ont été arrêtés au Niger pour le viol de plusieurs civils (dont une fille de 11 ans) qu’ils étaient censés protéger ; un rapport des Nations unies fait état de la mort de 19 civils dans une frappe aérienne française à Bounti, au Mali, en janvier 2021 ; et plus de 200 civils ont été tués en l’espace d’une semaine dans des attaques de villages dans les régions frontalières du Niger. 
  • Près de 2 millions de personnes (dont environ 1,2 million d’enfants) ont été contraintes de fuir leur domicile en raison des violences depuis 2018.  
  • Près de 15 millions de personnes ont désormais un besoin urgent d’assistance humanitaire- soit une augmentation de 60 % au cours de la seule année dernière.

Le rapport recommande une réorientation radicale de la stratégie actuelle, principalement axée sur la lutte contre le terrorisme, et préconise une approche qui privilégie la protection des civils, le dialogue entre toutes les parties au conflit, la lutte contre la corruption, l’amélioration de l’accès à l’aide humanitaire et la lutte contre l’impunité. Des indicateurs spécifiques, basés sur des données mesurables sont proposés pour mesurer et encourager les progrès dans chaque domaine sur une période de 6 à 12 mois (voir résumé des recommandations ci-dessous).

Soutenu par une coalition sans précédent de 48 organisations, le rapport réunit des associations locales tels que le Centre Diocésien de Communication (Burkina Faso), l’Association Malienne des Droits de l’Homme ou le Réseau Panafricain pour la Paix, la Démocratie et le Développement (Niger) ; des think tank ouest-africains tels que l’African Security Sector Network, AfrikaJom ou Wathi ; des organisations internationales de défense des droits humains (Human Rights Watch, FIDH), de construction de la paix (CIVIC) ou encore des ONG humanitaires (CARE, Médecins du Monde, NRC, Oxfam, entre autres).

Citations de représentants de la Coalition citoyenne pour le Sahel  

Niagalé Bagayoko, Présidente de l’African Security Sector Network :

« En février, à N’Djamena, les chefs d’État sahéliens et le président Macron ont appelé, avec raison, à un « sursaut civil et politique » au Sahel – après avoir poursuivi pendant des années une stratégie essentiellement militaire. Les leçons tirées de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Somalie et du Nigeria nous montrent que les campagnes de lutte contre le terrorisme qui ne mettent pas la protection des civils au cœur des interventions échouent à ramener la stabilité. 

« Ce nouveau rapport présente des recommandations concrètes se référant à des indicateurs précis, basés sur des données mesurables, pour mieux protéger les populations et s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité au Sahel, notamment la gouvernance. ». 

Abdoulaye Bathily (Sénégal), historien, ancien ministre, ancien Représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’ONU pour le Mali. 

« L’extrémisme au Sahel présente une menace bien réelle pour l’Afrique, la France, l’Europe et le reste du monde. Mais penser qu’il suffit de tirer sur les extrémistes ou de les bombarder pour les soumettre, c’est méconnaître complètement les problèmes de gouvernance qui alimentent la crise. Plus de civils été tués l’année dernière au Sahel par ceux qui sont censés les protéger des attaques djihadistes que par les djihadistes eux-mêmes. C’est le facteur de recrutement le plus efficace que les extrémistes puissent espérer. »

« Vaincre l’extrémisme nécessite un dialogue entre toutes les parties qui inclut les groupes de femmes et la société civile. Cela requiert une gouvernance solide pour réduire la corruption qui affaiblit les capacités de défense. Cela exige des mécanismes de suivi et une impunité zéro pour les violations des droits humains Cela nécessite aussi un meilleur accès à l’aide humanitaire et à l’éducation. »

« Si la France et d’autres partenaires internationaux peuvent travailler avec les gouvernements sahéliens, en coordination de l’Union africaine, pour atteindre ces objectifs et mettre en œuvre les recommandations de la Coalition citoyenne, alors la stabilisation de la région est à notre portée ». »

Assitan Diallo, Présidente de l’Association des Femmes Africaines pour la Recherche et le Développement (AFARD, Mali) :

« Quand un tambour prend un rythme endiablé, c’est le moment de s’arrêter, ou de voir le tambour s’éventrer. Nous vivons dans un contexte d’enfer au Sahel. Les populations civiles ne sont pas seulement des victimes à secourir, elles sont aussi partie prenante de leur propre destin. C’est pour cela qu’il faut écouter la société civile sahélienne. Les chefs d’État ont finalement reconnu que le tout militaire ne marche pas. Ils doivent maintenant mettre en œuvre la nouvelle approche que nous proposons ».

Recommandations clés du rapport « Sahel : ce qui doit changer »

  1. Placer la protection des civils au cœur de la réponse à la crise au Sahel
    1. Inscrire la protection des civils, pas seulement la lutte contre le terrorisme, au cœur du mandat de toutes les opérations militaires menées par les États sahéliens. 
    1. Mesurer systématiquement l’impact sur les civils des opérations militaires et rendre compte de ces données dans les communiqués publics. 
    1. Établir des mécanismes de suivi des dommages causés aux civils pour toutes les forces présentes au Sahel. 
    1. Étendre la pratique des dédommagements en cas de dommages contre des civils.
  2. Appuyer des stratégies politiques pour résoudre la crise de gouvernance au Sahel
    1. Un dialogue politique avec l’ensemble des parties aux conflits et la société civile, notamment des femmes et des jeunes, doit être activement soutenu et mis en œuvre par les gouvernements du Mali, du Burkina Faso et du Niger, aussi bien au niveau national que local, tout en étant publiquement encouragé par les partenaires internationaux.
    1. Les multiples initiatives de médiation et de réconciliation déjà engagées au niveau local gagneraient à être mieux coordonnées afin de pouvoir contribuer à un règlement politique global de la crise.
    1. Emblématique de la crise de gouvernance, le secteur de la défense et de la sécurité doit être rigoureusement soumis aux principes de bonne gestion des dépenses publiques.
  3. Répondre aux urgences humanitaires
    1. Assurer un financement de la réponse humanitaire à la hauteur des besoins, qui prenne en compte les besoins spécifiques des femmes et des filles.
    1. Faciliter l’accès des populations dans le besoin à l’assistance humanitaire, aux moyens d’existence et aux services sociaux de base, sans discrimination.
  4. Lutter contre l’impunité
    1. Seule une politique de tolérance zéro à l’égard des violations commises par les forces de défense et de sécurité et les milices, y compris concernant les violences sexuelles liées au conflit, permettrait de rompre le cycle de la violence et de restaurer l’autorité de l’État. 
    1. Pour que des enquêtes justes et impartiales puissent être menées et que les auteurs d’exactions quels qu’ils soient puissent rendre des comptes, il faut également renforcer les capacités et les ressources des systèmes judiciaires sahéliens, ainsi que la protection des victimes et des défenseurs des droits humains.  

Notes aux rédactions

Le rapport complet peut être téléchargé, en français, sur le site de la Coalition citoyenne. Une traduction en anglais est également disponible. 

 A propos de la Coalition citoyenne pour le Sahel

La Coalition citoyenne pour le Sahel est une alliance informelle de plusieurs dizaines d’organisations de la société civile sahélienne et ouest-africaine, soutenues par des ONG internationales, dont l’objectif est de convaincre les gouvernements d’adopter une nouvelle approche au Sahel qui permette de mieux protéger les populations civiles. La Coalition citoyenne a été lancée en juillet 2020, avec la publication des Piliers citoyens, les quatre priorités qui devraient orienter toute réponse à la crise au Sahel.  Pour en savoir plus sur la Coalition citoyenne : https://www.sahelpeoplescoalition.org/

Source : Coalition citoyenne pour le sahel

13 avril 2021 1 comment
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Lancement de Zero VBG lundi 12 avril. Togola
Sécurité

« Zéro VBG » : une plateforme web et une application mobile de lutte contre les VBG

by Chiencoro 13 avril 2021
written by Chiencoro 3 minutes read

L’association Musodev a procédé au lancement officiel de son application « Zéro VBG », lundi 12 avril 2021, dans la salle Baobab de l’hôtel Radisson blu de Bamako. Après quelques mois de test auprès des utilisateurs, les chiffres engrangés par cet outil de lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) sont assez « encourageants ».

37,7% des femmes âgées de 15 à 49 ans ont été victimes de violences physiques ou sexuelles au cours de leur existence. 41,3% des femmes âgées de 15 à 49 ans, en union ou en rupture d’union, ont subi des violences émotionnelles, physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire. 14% des femmes âgées de 15 à 49 ans ont été victimes de violences sexuelles au cours de leur vie. 32% ont été victimes de violences physiques depuis l’âge de 15 ans. Ces chiffres de l’Enquête par grappe à Indicateur Multiple –MICS 2018 sont assez parlant.

Zéro VBG, une plateforme web et une application mobile

Selon le rapport 2012-2013 de Demographic and health Survey (DHS), dès l’âge de 15 ans, près de 4 femmes sur 10 subit des violences physiques. Plus d’une femme sur 10, de 15 à 49 ans, a déclaré avoir subi un acte de violence.

Selon les Nations Unies, la pandémie de la covid-19 a aggravé cette situation des violences faites aux femmes. La plupart de ces femmes victimes d’acte de violence souffrent en silence.

Face à une telle situation, l’ONU femmes à travers le programme Spotlight pour l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles a noué un partenariat avec l’UNESCO afin d’appuyer des initiatives de jeunes allant dans le sens de l’élimination des VBG. La plateforme numérique et l’application mobile « Zéro VBG », disponible en téléchargement sur Playstore, est issu de ce partenariat.

« Zéro VBG est une plateforme web et une application mobile d’information, de sensibilisation et de dénonciation des violences basées sur le genre », a expliqué Porcho Marguerite Sogoba, présidente de l’association Musodev, à l’origine de cette application.

« Les nouvelles technologies au service de la lutte contre les VBG »

À travers cette application mobile, les victimes de violences peuvent non seulement faire des dénonciations, mais aussi discuter directement avec des psychologues, explique la secrétaire générale de Musodev, Aichatoun Amadou Touré qui a présenté l’application. Elle rassure que les dénonciations se font en toute anonymat.

En seulement quelques mois d’existence, l’application engrange des chiffres « remarquables » : 500 utilisateurs actifs, 20 cas d’alertes enregistrés, indique la présidente de Musodev. Selon ses précisions, à travers des campagnes de sensibilisation dans des écoles, universités et des lieux d’événements culturels, plus de 4 500 personnes ont été touchées.

Porcho Margueritte Sogoba est convaincue qu’une meilleure utilisation des nouvelles technologies peut contribuer à l’atteinte des objectifs en termes de lutte contre les violences basées sur le genre.

« Zéro VBG » contient également des modules ayant trait à la paix, au vivre ensemble ainsi qu’au bien-être.

Edmond Moukala, représentant de l’UNESCO au Mali, a laissé entendre au sujet de cet outil : « Zéro VBG est un produit malien, par des Maliens, pour des Maliens ainsi que la communauté internationale ». Selon lui, cela est la preuve que les crises ne sont jamais une fatalité mais une occasion de réfléchir, de repenser.

« Avec l’application zéro VBG, c’est les nouvelles technologies au service de la lutte contre les VBG », a conclu la présidente de Musodev qui rassure ses partenaires que ce lancement n’est qu’une première étape. Les initiateurs entendent améliorer d’avantage l’application en intégrant d’autres modules tout en multipliant les campagnes de sensibilisation, notamment dans les zones rurales.

Fousseni Togola

13 avril 2021 1 comment
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Manifestation en 2017 a Washington Etats Unis. On peut lire sur la pancarte Le climat change. Pourquoi pas nous shutterstock
Climat et environnement

Lutte contre le changement climatique : comment la gestion de crise peut nous aider

by Sahel Tribune 12 avril 2021
written by Sahel Tribune 6 minutes read

En 2020, l’anniversaire des cinq ans de l’accord de Paris aura été l’occasion de constater l’insuffisance des actions initiées pour lutter contre le réchauffement climatique. Toutes les voix se font entendre dans une surenchère de désolation ; on se réjouirait presque que la Covid-19 ait réussi, là où nous avons échoué, à réduire de 7 % en 2020 les émissions mondiales de gaz à effet de serre !

Quant à la « bonne nouvelle » du retour des États-Unis dans l’accord de Paris, elle se fracasse elle aussi au mur du réel : non seulement la prise de conscience du dérèglement climatique n’a que peu évolué, non seulement nos pratiques environnementales ne progressent pas suffisamment, et sur un certain nombre de comportements – comme la considération des produits d’emballage, la mise en veille des appareils électriques ou les transports en commun –, elles auraient même tendance à décroître.

Au moment où les enjeux environnementaux deviennent de plus en plus pressants, il peut être intéressant d’interroger ces blocages.

Alors que ce qui pouvait être perçu il y a encore quelques années comme un simple « réchauffement » s’apparente de plus en plus à une réelle « crise climatique », un rappel de quelques principes fondamentaux en matière de gestion de crise peut se révéler bien utile.

Les fondamentaux de la gestion de crise

L’analyse en profondeur d’un très grand nombre de crises, et ce dans l’ensemble des domaines politiques, industriels ou financiers, permet d’identifier des caractéristiques récurrentes.

• Le paravent du sentiment de l’urgence

Nous vivons dans un ultra court-termisme qui nous empêche de considérer les risques de moyen et long terme. L’urgence du jour se substitue ainsi facilement à l’urgence climatique et oppose de ce fait un solide bouclier à la prise de conscience des déséquilibres en train de se creuser.

Cette urgence du présent altère considérablement notre perception du risque climatique, vécu à la fois comme trop éloigné dans le temps – la quasi-totalité des conséquences se situant dans un avenir plus ou moins lointain, 2050 ou 2100 – et dans l’espace, puisqu’il suffit de faire une recherche « réchauffement climatique » sur un moteur de recherche pour ne visualiser que des ours polaires perdus sur un morceau de banquise.

• Le déni de réalité

Tous ceux qui veulent anticiper les crises savent qu’ils devront affronter le scepticisme de nombreux décideurs, persuadés qu’ils seront toujours en capacité de faire face, le cas échéant. N’oublions pas que les crises, quelles qu’elles soient, sont toujours le résultat d’une accumulation de dysfonctionnements, confinant à la rupture, et d’une accumulation d’ignorance sur ces dysfonctionnements, dont la reconnaissance serait quasi rédhibitoire sur le plan politique.

Sommes-nous prêts à assumer que l’impasse climatique devant laquelle nous nous trouvons ne résulte que de notre refus de répondre aux questions posées depuis près de trente ans ? Pas si sûr.

• La surcharge informationnelle

Le trop-plein d’information dans lequel nous aimons baigner pour soi-disant éclairer nos décisions, lamine en réalité notre discernement. Ceci est particulièrement frappant dans le cas de la pandémie actuelle ; notre capacité à diagnostiquer les informations réellement importantes pour identifier les signaux d’alerte se trouve réduite.

Utiliser les acquis de la gestion de crise pour dépasser ces blocages inhibiteurs de l’action peut aider.

Une sensibilisation désincarnée au risque

Les spécialistes de la gestion de crise savent que ce n’est pas en apportant davantage d’informations que l’on parvient à mobiliser les institutions publiques, les collectivités territoriales ou les entreprises autour des solutions pour surmonter le risque.

Si l’information en elle-même apporte une connaissance, pour passer à l’action, d’autres techniques doivent être mobilisées. Savoir n’est pas agir. Or le temps de l’action est largement arrivé !

On ne réussit non plus jamais à empêcher une crise en effrayant les gens. Or, en matière climatique, la communication reste essentiellement basée sur la peur. Cela se vérifie particulièrement dans le discours médiatique, friand d’événements météorologiques extrêmes.

Ce constat ne fait plus l’objet de discussion dans les laboratoires de recherche : la peur paralyse et inhibe toute velléité d’action.

Le seul paramètre réducteur de cet effet est d’adjoindre au message d’alerte une information visant à démontrer l’efficacité des solutions et la part de responsabilité de chacun. À défaut, tout message alarmiste procure des effets à l’inverse de l’objectif initial. La sensibilisation environnementale doit en finir avec le registre de la peur.

Il est nécessaire de connecter le risque aux réalités vécues par chacun et à l’image que nous avons de nous-mêmes. Il en est de l’environnement comme de la sécurité routière. Nous avons tous le sentiment d’être un bon écocitoyen, comme celui d’être un bon conducteur !

En conséquence, toutes les campagnes de sensibilisation atteignent difficilement leur objectif faute d’être suffisamment personnalisées.

Ne pas se tromper d’ennemis

La gestion de crise a franchi un palier majeur au début des années 2000, lorsqu’elle a arrêté de considérer l’anticipation des crises comme un problème purement technique basé sur des cartographies de risques toujours plus sophistiquées.

Les attentats du 11 septembre 2001 ont majoritairement contribué à cette évolution en faisant passer la gestion de crise d’une expertise pointue intéressant les organisations exploitant des technologies à risque (nucléaire, transports, agroalimentaires, etc.) à un savoir-faire managérial intéressant les organisations de toute nature et de toute taille.

Pour passer à l’action et réduire les risques de crise, il est nécessaire d’impliquer le plus grand nombre et non quelques décideurs et, surtout, donner envie.

En matière climatique, il est désormais impératif d’arrêter de faire référence à l’objectif de neutralité carbone en 2050 ou à celui du seuil des deux degrés d’élévation de température en 2100.

Les discours doivent en finir avec les registres psychologiques de l’alourdissement des contraintes (même si ceux-ci sont parfois justifiés) puisqu’ils connotent immédiatement une diminution de plaisir. Nous avons pu constater que toute nouvelle procédure de gestion de crise perçue par les salariés comme accroissant leur charge de travail était rapidement rejetée.

Dans le domaine économique, on ne mobilise pas une entreprise par l’évocation des risques évités. Il en est de même dans le domaine public : la parole politique – du moins celle faisant la promotion d’une société soucieuse des grands enjeux de la transition écologique – doit se réorienter pour se focaliser sur un modèle de société défendant une qualité de vie moins stressante, un air plus pur, une alimentation plus saine et une énergie plus propre.

Si nous voulons vraiment que les citoyens se mobilisent pour la transition écologique, arrêtons de considérer que notre principal ennemi s’appelle le CO2 et que notre objectif principal serait la neutralité carbone !

Thierry Libaert, Professeur en science de l’information et de la communication, Université catholique de Louvain and Christophe Roux-Dufort, Associate professor, Université Laval

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Mikailou Cisse professeur de philosophie au secondaire au Mali. 1
Politique

Le modèle démocratique à rude épreuve dans le monde

by Mikailou Cissé 12 avril 2021
written by Mikailou Cissé 10 minutes read

De principe, la démocratie paraît être le meilleur des régimes possibles. Mais dans la pratique, ce régime semble être en faillite partout dans le monde. L’autoritarisme semble de plus en plus prendre sa place. Une situation que Mikailou Cissé, professeur de philosophie au Mali, analyse pour dégager des raisons d’une telle dégringolade de la démocratie.  

L’homme est considéré comme le plus évolué de toutes les espèces. À la différence de beaucoup d’entre elles, il vit avec ses semblables en communauté, son existence est intimement liée à celle des autres. Toutes les études menées sur lui ont montré qu’il est un être social et sociable. Toutefois, il est le seul qui tient compte des aspirations du grand nombre en fonction de l’évolution de la société et des enjeux de l’heure pour ériger un modèle de société et un système de gouvernance.

Près de 167 pays dits démocratiques dans le monde

L’homme est la seule espèce qui compare son mode d’existence à celle de ses semblables en vue de l’améliorer davantage. Tout ce qui est jugé comme étant bon par plusieurs peuples en termes de mode de gouvernance ou de bonnes pratiques dans une société est considéré comme un modèle à suivre par les autres. De nos jours, les pratiques occidentales en matière de gouvernance sont celles qui sont prises pour modèles. Le respect des droits de l’homme, la démocratie, l’égalité entre l’homme et la femme sont entre autres quelques cas qui peuvent être cités.  

La particularité de l’homme par rapport aux autres espèces qui vivent en communauté est la spécificité de chaque société humaine. Chacune de ces sociétés a son modèle de gouvernance et ses mécanismes permettant au peuple de participer à la gestion des affaires publiques. De même, l’homme à la différence des autres espèces qui cohabitent ensemble aspire toujours à améliorer sa condition d’être, à vivre dans un environnement où chacun est libre, peut avoir une possession et une protection de son intégrité physique et morale.  

Le mode de gouvernance qui offre ces cadres à l’homme plus que tous les autres est la démocratie. C’est pourquoi ce régime est le système de gouvernance qu’on retrouve dans la plupart des sociétés contemporaines. Les décomptes récents des États dits démocratiques estiment qu’il y a environ 167 pays dits démocratiques dans le monde.

La démocratie en régression au Mali

Toutefois, le rapport de l’indice démocratique publié par le consortium The Economist Group sur la démocratie n’est pas réjouissant. Il montre une forte régression du respect des principes dits démocratiques. Il est en déca de l’indice de 2006, première année à partir de laquelle ce groupe de presse britannique a commencé à publier un rapport annuel sur la démocratie dans le monde. Sur les 167 pays, dont 165 sont membres de l’Organisation des Nations Unies, seulement 22 pays sont considérés comme pays de véritables démocraties. Ils sont appelés comme pays de « démocratie pleine ». Par contre, 54 pays sont considérés comme des pays dits de « démocraties autoritaires ». Et 54 pays comme des pays dits de « démocraties imparfaites » et 37 dits de « démocraties hybrides ».

Parmi les pays dits démocratiques, au total 50 pays du continent africain s’y figurent à l’exception de 5, dont les Seychelles, le Soudan du Sud, la Somalie et Sao Tomé-et-Principe. Toutefois, seule l’ile Maurice est considérée comme un pays dit de « pleine démocratie ». Il occupe le 20e rang mondial. Elle est suivie par sept (7) pays dits de « démocraties imparfaites » : Cap-Vert, Botswana, Afrique du Sud, Tunisie, Namibie, Ghana, Lesotho. Les pays dits de « démocraties hybrides » sont au nombre de treize (13). Enfin les pays dits de « démocraties autoritaires » sont au nombre de vingt-neuf (29). Le Mali est à la tête de cette dernière catégorie. Il occupe la 23e position en Afrique et la 111e dans le classement mondial. Et en dernière position en Afrique se place la République Démocratique du Congo (RDC), qui se positionne à la 131e place de ce classement mondial.

Dans ce récent classement, le Mali fait partie des pays africains, tout comme le Ghana et le Sénégal, qui ont fortement régressé ces dernières années. Pourtant, en 2010 le Mali figurait en bas du tableau des pays dits de « démocraties imparfaites ». Il occupait la 79e position mondiale. Il a chuté comme ce fut le cas de la Lybie après le coup de force militaire intenté contre le régime de Mouammar Kadhafi par Nicolas Sarkozy et ses alliés.

Les raisons de la chute

Les raisons qui justifient cette dégringolade sont nombreuses. L’élément déclencheur a été le coup d’État conduit par Amadou Aya Sanogo contre le régime d’Amadou Toumani Touré (ATT). L’élection d’Ibrahim Boubacar Keita (IBK) et son acceptation par son principal opposant malgré que le scrutin s’était déroulé dans un climat d’insécurité sur une grande partie du territoire du pays, mais avec un niveau de participation élevé, a permis au Mali de se classer à la 88e position mondiale en 2015.

Les manifestations conduites par le M5-RFP après les élections législatives de 2018 suivies par le coup d’État dirigé par Assimi Goita contre le régime IBK ont été le déluge qui a accéléré sa descente parmi les régimes démocratiques dits de « démocraties autoritaires ». Cette chute reflète parfaitement l’état du pays dans plusieurs domaines et secteurs.

En plus des deux raisons évoquées précédemment, l’insécurité sur une grande partie du territoire à cause des activités des djihadistes dans le pays et même au-delà des frontières du Mali, la répression des potentiels opposants au régime mis en place pour diriger la transition politique, et les interdictions de manifestation, peuvent également faire partie des raisons pouvant expliquer cette chute. Les restrictions des libertés imposées par les mesures contre la maladie à coronavirus peuvent s’ajouter à la liste. 

Dans les principes, le Mali est un pays démocratique, mais dans la réalité, rien ne marche comme telle. Il n’a jamais connu de stabilité politique pendant un long moment. Cela est révélateur d’un malaise. Il prouve que les politiques n’ont pas su mettre en pratique ce qui se trouve dans les textes. Les promesses qui ont mobilisé le peuple malien et conduit au départ du régime de Moussa Traoré ont été presque jetées dans des oubliettes. Toutes les élections qui ont été organisées ont été décriées, les perdants ont toujours refusé de reconnaître les résultats proclamés.

À part les élections présidentielles de 1992 et de 2013, toutes les élections ont été contestées dans ce pays. Cela montre que le jeu électoral est biaisé et aussi que la volonté populaire n’est pas ce qui est pris en compte dans la proclamation des résultats. À cela, il faudrait ajouter qu’au Mali le multipartisme est une illusion. Les partis d’opposition ne jouent que du cinéma. En aucun moment, ils n’ont joué pleinement ce rôle.  

« La démocratie a globalement reculé dans le monde »

Au-delà du cas malien, le constat fait dans le rapport annuel 2020 sur la démocratie dans le monde par Economist Intelligence Unit (EIU) et Freedom House est amer. Il est explicitement mentionné que « la démocratie a globalement reculé dans le monde [et plus encore] sur le continent africain et plus particulièrement en Afrique subsaharienne ».

En effet, la démocratie littéralement traduite peut désigner le gouvernement du peuple ou le gouvernement de la majorité. Son sens le plus connu est la connotation d’Abraham Lincoln. Elle est « le gouvernement du peuple, par le peuple, et pour le peuple ». Ce principe qui ressort de cette définition est-il mis en pratique dans nos démocraties ? Tout donne à croire que ce n’est que le contraire qui se passe dans nos États, surtout sur le continent africain où on ne consulte le peuple que dans l’apparence, c’est-à-dire on accorde rarement de l’importance à son verdict. Les crises après les élections présidentielles dans de nombreux pays en témoignent. Le changement brusque d’autorité politique que le Mali a connu récemment l’illustre également.  

 La différence fondamentale entre la démocratie et les autres formes de gouvernance est que dans un système de gouvernance dit démocratique, le pouvoir vient du peuple, il est exercé par lui, et en vue de ses propres intérêts. De même, dans une démocratie, et c’est ce qui fait sa spécificité par rapport aux autres formes de gouvernance, il y a le respect des Droits de l’homme, une séparation des pouvoirs et des lois qui réglementent la vie en communauté. À cela, il peut être noté qu’elle est un régime dans lequel c’est le peuple qui décide des orientations de la vie de la Nation et a le droit de regard sur tout. Il est celui qui désigne les autorités qui le gouvernent et peut les destituer. Tout part du peuple et tout lui revient. Il a le pouvoir absolu comme le Amma chez les Dogons.

« Il n’a jamais existé de véritable démocratie »

Toutefois, il y a différentes typologies de démocraties. Chaque peuple a donné à la démocratie sa touche particulière, et l’a adapté à son organisation sociale d’avant l’avènement de la démocratie, tout en donnant une place centrale au peuple. Chaque pays a sa démocratie, c’est-à-dire sa conception de ce qu’est la démocratie. Il convient de signaler qu’il n’y a pas une démocratie parfaite, elle est en construction perpétuelle dans tous les pays. L’émeute qu’a suivie la défaite de Donal Trump aux États-Unis en est un exemple.

Les prérogatives que la démocratie accorde au peuple, les expériences montrent qu’il est possible que celui-ci les assume pleinement durant une longue période dans la Nation. C’est toujours le petit nombre qui gouverne, qui décide tout. Le rôle que joue directement le peuple est minime dans la plupart des démocraties. Il varie d’une démocratie à une autre. Dans la majorité des cas, il se limite au choix des législateurs et du président. Mais avec les médias sociaux, le peuple joue son rôle d’une certaine façon.

Au-delà des critiques, il faut reconnaitre aussi que la vague de démocratisation qu’a connue l’Afrique au début des années 1990 a apporté un changement politique substantiel. Elle a permis la tenue d’élections multipartites régulières dans beaucoup de pays même si des contestations ont suivi après plusieurs élections. Elle a permis la reconnaissance et la légitimité des différents droits politiques et civils. Bien que les partis au pouvoir aient remporté la plupart des élections qu’ils ont organisées comme le cas au Rwanda, au Gabon, en Ouganda, etc. Elle a permis d’apporter un nombre significatif d’alternances politiques comme ce fut le cas au Ghana, au Sénégal, au Bénin.

En se fiant à ce qu’est la démocratie sur papier, aucune intelligence ne peut le désavouer tellement ce régime paraît si beau. Rousseau dira pour sa part dans son Contrat Social que « s’il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement ». Seulement, il reconnait en fin de compte qu’un « gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes ». Pour lui, « à prendre le terme dans la rigueur de l’acceptation, il n’a jamais existé de véritable démocratie, et il n’en existera jamais. »

Mikailou CISSE

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